Charles baudelaire entre romantisme et symbolisme, Lectures de . Alta Scuola Politecnica (ASP)
carla_kohlheim
carla_kohlheim19 September 2016

Charles baudelaire entre romantisme et symbolisme, Lectures de . Alta Scuola Politecnica (ASP)

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Charles Baudelaire

Charles Baudelaire

Les Fleurs du Mal 1857

Publié le 21 août 1857 par La Gazette des tribunaux et par L’Audience. En ce qui touche le délit d’offence à la morale religieuse :

Attendu que la prévention n’est pas établie, renvoie les prévenus des fins

de poursuites ;

En ce qui touche la prévention d’offence à la morale publique et aux bonnes mœurs :

« Attendu que l’erreur du poète, dans le but qu’il voulait atteindre et dans la route qu’il a suivie, quelque effort de style qu’il ait pu faire, quel que soit le blâme qui

précède ou qui suit ses peintures, ne saurait détruire l’effet funeste des tableaux

qu’il présente au lecteur, et qui, dans les pièces incriminées, conduisent

nécessairement à l’excitation des sens par un réalisme grossier et offensant

pour la pudeur ; Attendu que Baudelaire, Poulet-Malassis et

De Broise ont commis le délit d’outrage à la morale publique et aux

bonnes mœurs, savoir : Baudelaire, en publiant ; Poulet-Malassis en publiant,

vendant et mettant à la vente, à Paris et à Alençon, l’ouvrage intitulé :

Les Fleurs du mal, lequel contient des passages ou expressions obscènes

ou immorales ;Que lesdits passages sont contenus dans les pièces portant

les numéros 20, 30, 39, 80, 81, 87 du recueil ; Vu l’article 8 de la loi du 17 mai

1819, l’article 26 de la loi du 26 mai 1819 ;Vu également l’article 463 du

Code pénal ; Condamne Baudelaire à 300 francs d’amende, Poulet-Malassis et

De Broise chacun à 100 francs d’amende ;Ordonne la suppression des pièces

portant les numéros 20, 30, 39, 80, 81 et 87 du recueil,

« Condamne les prévenus solidairement aux frais. »

Romantisme et poésie

• Lamartine 1820Méditationspoétiques de Lyrisme (tourments d’une âme)

Réconfort dans la nature

• Alfred de Musset Les Nuits (1835-37)

• Vigny Poèmes antiques et modernes (1826- 1837), ou Les Destinées (1864, posthume)

Hugo Orientales (1829), Les Rayons et les Ombres, Les Châtiments (1853), Les Contemplations (1856)

L'isolement Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m'assieds; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds. Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ; Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ; Là le lac immobile étend ses eaux dormantes Où l'étoile du soir se lève dans l'azur. Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, Le crépuscule encor jette un dernier rayon ; Et le char vaporeux de la reine des ombres Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon. Cependant, s'élançant de la flèche gothique, Un son religieux se répand dans les airs : Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts. Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente N'éprouve devant eux ni charme ni transports ; Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante : Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts. De colline en colline en vain portant ma vue, Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant, Je parcours tous les points de l'immense étendue, Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m'attend. »

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, Vains objets dont pour moi le charme est envolé Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé Que le tour du soleil ou commence ou s'achève, D'un œil indifférent je le suis dans son cours ; En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève, Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours. Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière, Mes yeux verraient partout le vide et les déserts : Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire ; Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère, Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux, Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre, Ce que j'ai tant rêvé, paraîtrait à mes yeux ! Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ; Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour, Et ce bien idéal que toute âme désire, Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour ! Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore, Vague objet de mes vœux, m'élancer jusqu'à toi ! Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ? Il n'est rien de commun entre la terre et moi. Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

Victor Hugo, Préface des Orientales (1829)

• " Tout est sujet, tout relève de l’art ; tout a droit de cité en poésie".

• " Le domaine de la poésie est illimité. Sous le monde réel, il existe un monde idéal qui se montre resplendissant à l'œil de ceux que des méditations graves ont accoutumés à voir dans les choses plus que les choses…«

• le poète romantique doit être un mage, un voyant, qui doit guider le peuple et remplir une mission à la fois politique, religieuse et poétique.

Victor Hugo, FONCTION DU POËTE, 1839Peuples ! écoutez le poëte !

Écoutez le rêveur sacré ! Dans votre nuit, sans lui complète, Lui seul a le front éclairé. Des temps futurs perdant les ombres, Lui seul distingue en leurs flancs sombres Le germe qui n'est pas éclos. Homme, il est doux comme une femme. Dieu parle à voix basse à son âme Comme aux forêts et comme aux flots.

C'est lui qui, malgré les épines, L'envie et la dérision, Marche, courbé dans vos ruines, Ramassant la tradition. De la tradition féconde Sort tout ce qui couvre le monde, Tout ce que le ciel peut bénir. Toute idée, humaine ou divine, Qui prend le passé pour racine A pour feuillage l'avenir.

Il rayonne ! il jette sa flamme Sur l'éternelle vérité ! Il la fait resplendir pour l'âme D'une merveilleuse clarté. Il inonde de sa lumière Ville et désert, Louvre et chaumière, Et les plaines et les hauteurs; A tous d'en haut il la dévoile; Car la poésie est l'étoile Qui mène à Dieu rois et pasteurs !

Charles Baudelaire L’albatros

• Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers.

• A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avirons traîner à côté d'eux.

• Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule! Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid! L'un agace son bec avec un brûle-gueule, L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

• Le Poète est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles Baudelaire L’albatros

• Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers.

• A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avirons traîner à côté d'eux.

• Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule! Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid! L'un agace son bec avec un brûle-gueule, L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

• Le Poète est semblable au prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer; Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles Baudelaire (1821-1867) par Etienne Carjat

Les Fleurs du Mal «Spleen et Idéal» (poèmes I à LXXXV) «Tableaux parisiens» (poèmes LXXXVI à CIII) «Le Vin» (poèmes CIV à CVIII) «Les Fleurs du mal» (poèmes CIX à CXVII) «Révolte» (poèmes CXVIII à CXX) «La Mort!» (poèmes CXXI à CXXVI

Spleen Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que de l'horizon embrassant tout le cercle II nous verse un jour noir plus triste que les nuits; Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l'Espérance, comme une chauve-souris, S'en va battant les murs de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris; Quand la pluie étalant ses immenses traînées D'une vaste prison imite les barreaux, Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux, Des cloches tout à coup sautent avec furie Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Ainsi que des esprits errants et sans patrie Qui se mettent à geindre opiniâtrement. - Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir, Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

La Cloche fêlée II est amer et doux, pendant les nuits d'hiver, D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume, Les souvenirs lointains lentement s'élever Au bruit des carillons qui chantent dans la brume. Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante, Jette fidèlement son cri religieux, Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente! Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits, II arrive souvent que sa voix affaiblie Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.

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