Dispensa per esame di Francese - Storia dell'immigrazione in Francia - Prof.ssa Silletti - Università di Bari, Lectures de . Università di Bari
simonekevin
simonekevin2 January 2015

Dispensa per esame di Francese - Storia dell'immigrazione in Francia - Prof.ssa Silletti - Università di Bari, Lectures de . Università di Bari

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Documento contenente riassunti fatti a mano degli 8 testi, forniti dalla Prof.ssa Silletti a lezione, necessari per preparare l'esame ORALE di Lingua Francese all'Università di Bari per i FREQUENTANTI. I riassunti sono s...
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France 1. Situation géopolitique Le système politique de la France est une république parlementaire à deux chambres. Le pays est administrativement découpé en 100 départements, regroupés en 26 régions. Aujourd'hui, on compte généralement plusieurs départements dans une région. Les territoires d'outre-mer font partie intégrante de la France, ce qui lui donne voix au chapitre presque partout. Grâce à ces territoires d'outre-mer, la France demeure une grande puissance maritime dans le monde, sans lesquels elle serait une puissance de seconde zone dans le monde d’aujourd’hui.

Les langues de France La majorité (82 %) des Français parlent le français comme langue maternelle, mais il y a aussi des «langues régionales», des «langues étrangères» et des «langues immigrantes». Les langues régionales ou minoritaires sont parlées traditionnellement par des citoyens français sur le territoire de la République, et ne sont langue officielle d’aucun État», mais elles constituent un bien commun et une partie du patrimoine de l’humanité. Les habitants des territoires d’outre-mer parlent aussi plusieurs langues locales. À ces langues dites «historiques» s’ajoutent des langues immigrantes: celles-ci sont parlées par personnes qui se sont installées en France depuis longtemps, dont la progéniture est arrivée à la 3eme ou 4eme génération, est française à tous les effets et peut avoir conservé la langue originaire. Exception faite des minorités immigrantes très récentes, tous les Français parlent aussi la langue nationale en tant que langue seconde. On ne parle dans le contexte de la Francophonie, c’est-à-dire les territoires qui ont eu, et parfois ont encore, un lien avec la France: dans ces territoires, généralement ex-colonies, ce sont ceux qui ont un niveau élevé d’éducation qui parlent français, car le français est enseigné à l’école.

2. La France, terre d’immigration La France est le plus ancien pays d’immigration en Europe. À partir du XIXe siècle, l'immigration est indissociable des cycles d'activité du pays. Les différentes vagues d'immigration contribuent donc au développement des industries et de l'agriculture et participent à l'effort de guerre et de reconstruction.

1860-1910, un pays d’immigrants dans un continent d’émigrants Les effets de la révolution industrielle déclenchent des appels d’air de population dans la première partie du XIXe siècle. C’est le temps de l’immigration des Belges, des Italiens, des Allemands et des Suisses vers les mines et les industries. Ces arrivées régulières et massives sont liées à trois facteurs:

• Les conséquences négatives démographiques des guerres napoléoniennes; • La résistance des paysans français à l’exode rural; • Les révolutions de 1830 et 1848, qui permettront aux ouvriers de faire reconnaître des droits plus

favorables.

Soutenue par une forte croissance économique, la France est un pays d’immigrants dans un continent d’émigrants. Cette main d’œuvre étrangère est accusée par les travailleurs français de faire diminuer («dumping») les salaires. Parallèlement, durant cette période agitée, les étrangers chercheront à conforter leur situation personnelle et familiale en vue de leur naturalisation. La loi du 26 juin 1889 sur le droit du sol définit les conditions d’obtention de la nationalité française et de naturalisation: l’immigration de main-d’œuvre se conjugue avec l’immigration de peuplement. La première guerre mondiale clôt les frontières et entame une «immigration choisie», c’est-à-dire une limitation de l’immigration à certaines catégories d’immigrés en fonction des besoins de l’économie. On recoure aux travailleurs européens alliés et aux populations de l’empire colonial. La plupart de cette main d’œuvre étrangère sera rapatriée en 1919.

Français et immigrés La France n’est pas, par exemple, à comparer aux États-Unis, où les immigrés ont colonisé l’Amérique, l’ont peuplée et ont participé à la constitution de la nation américaine. En France, les immigrés ont depuis longtemps dû trouver leur place dans une nation déjà constituée depuis des siècles. les problèmes de la cohabitation entre immigrés et français se posent donc sous des auspices défavorables dans un cadre social où l’exigence de profit domine.

à’ la lumière de ce contexte, il faut s’interroger sur les grandes questions d’actualité: problème de l’ identité culturelle et des conditions d’un libre choix des immigrés quant à leur insertion dans la société française laïque. Se posent ici les conditions concrètes que réserve la société d’accueil aux migrants et à leur famille.

3. La France, premier pays d’immigration entre les deux guerres L’immigration s’est diversifiée à la fin du XIXe siècle pour répondre aux besoins de reconstruction du pays. La guerre de 1914 se conjugue avec une stagnation, voire une légère baisse, de la population française dans les années 1930. Il y a un fort besoin de main-d’œuvre. Au cours des années 1920 sera pensée cette «immigration choisie», qui aboutit à une différenciation entre les immigrés aptes à jouer un rôle actif dans l’industrie et l’agriculture et les «indésirables» issus des races dites «antagonistes» et des races dites «inférieures», les indigènes des colonies. L’immigration s’internationalise. Les frontaliers sont relayés par d’autres migrants en provenance des pays d’Europe centrale et orientale. Cet important flux migratoire s’explique également par la fermeture des frontières américaines. La France devient alors le pays privilégié des immigrants. La Société générale d’immigration (SGI) voit le jour en 1924. Liée à la fois aux pouvoirs publics, au comité des Houillères et aux agriculteurs du nord-est, elle a cette mission:

• Elle fait arriver les travailleurs étrangers en France (le recrutement); • Elle différencie les travailleurs étrangers en fonction des besoins de l’agriculture et de l’industrie; • Elle accompagne les travailleurs étrangers sur le lieu de travaille et s’occupe de leur logement

(l’accueil);

Elle fera venir un tiers des étrangers présents sur le territoire français entre 1924 et 1930: les autres viendront par leurs propres moyens ou avec l’aide de futurs employeurs qui cherchent à s’exonérer du paiement des redevances. Parallèlement, la France devient une terre d’asile pour les Russes chassés par le bolchevisme, les Italiens fuyant le fascisme et les réfugiés arméniens victimes de la répression turque. Dans les années 1930, ce sera au tour des républicains espagnols et des victimes du nazisme de tenter leur chance de l’autre côté de la frontière.

L’immigration algérienne (première partie) Ni Français, ni étrangers jusqu’en 1962, les Algériens sont tour à tour "indigènes", "sujets français" puis "Français musulmans d’Algérie". Cette immigration connaît pourtant les difficultés de l’exil et impulse de la métropole le combat pour l’indépendance. L’Algérie devient une colonie de peuplement et une terre d’immigration. La mise en place du système colonial sur ce territoire, administré en tant que département français, aggrave considérablement la situation des populations autochtones et entraîne un double phénomène d’ exode rural et d’émigration à la fin du XIXe siècle. Majoritairement Kabyles, des hommes dans la fleur et la force de l’âge fournissent un apport de main- d’œuvre. La veille de la Première Guerre mondiale révèle l’implantation en métropole d’une véritable communauté algérienne: ils ne sont pas distingués des Français mais apparaît la mention de "travailleurs originaires d’Algérie". Ils restent bien loin derrière les migrants européens. Le patronat apprécie l’apport de cette main-d’œuvre docile et bon marché, non négligeable eu égard aux forts besoins de l’industrie, et souhaite également y recourir pour briser les grèves ouvrières. Mais c’est la Grande Guerre qui amorce un mouvement migratoire représentatif vers la France. Les pouvoirs publics renvoient après l’armistice tous les travailleurs et soldats dans leurs pays d’origine, même si quelques-uns parviennent à rester en France. Les Algériens ont la nationalité française et ne sont donc pas des étrangers, tout en ne bénéficiant pas des droits des citoyens français. Les flux sont soumis à une sévère réglementation. L’immigration de l’entre- deux-guerres reste une immigration de travail, masculine et jeune, rythmée par de nombreux allers-retours. L’inauguration de la Grande Mosquée de Paris (1926) puis de l’hôpital franco-musulman (1935) et du cimetière musulman (1937) situés à Bobigny témoigne d’une intention des pouvoirs publics d’assister et de protéger ses "sujets musulmans". Cependant, ces initiatives ne sont pas exemptes d’une volonté de contrôle et de surveillance de la communauté immigrée. 4. La tradition de terre d’accueil de la France en cause Le cosmopolitisme parisien des années 1920 contraste avec une certaine tradition d’hostilité populaire à l’égard des étrangers. La France serait devenue «l’hôpital du monde».

En 1927, une nouvelle loi sur la naturalisation fait preuve d’un certain libéralisme, facilitant l’accès à la nationalité. Un fort élan de xénophobie populaire traverse le pays à partir de 1931, accompagnant la crise économique et financière: cette fois, la situation s’aggrave car c’est tout secteur de l’opinion qui s’empare de la «dénationalisation» de la France. La loi du 10 août 1932 sur le contingentement des étrangers, votée à l’unanimité:

• Est limitée au secteur industriel; • Crée des quotas (10-15-20%) de travailleurs étrangers dans les usines et les mines; • Ne regarde pas l’agriculture.

Il est désormais possible de refuser le séjour d’un étranger sur des critères arbitraires et de l’expulser sans possibilités de recours: peu à peu, des pans entiers de la vie économique échappent aux étrangers. Le Front Populaire de Léon Blum, une coalition de gauche, introduit les congés payés et réduit les heurs de travail par semaine à 40 heurs. Il modifie en rien l’application de la loi du 10 août 1932. Tout au plus, elle est mise en œuvre avec moins de sévérité. Cette pause dans les mesures restrictives sera de courte durée. Le gouvernement Daladier publie en mai et en novembre 1938 des décrets-lois distinguant les «parties saines et laborieuses de la population étrangère» des «individus moralement douteux, indignes de notre hospitalité». Les premiers camps d’internement sont ouverts, et la terminologie parle déjà de «camps de concentration», qui doivent accueillir ceux que l’on ne peut renvoyer dans leur pays sur le champ. Ceux-là seront détenus comme de véritables prisonniers. La tradition d’accueil de la France est remise en cause. Le régime vichyssois de la «Révolution nationale», un régime filo-nazi:

• Tend à redonner vie à la France; • Réaffirme les valeurs chrétiennes (la famille), le travail, les tradition rurales; • La devise française devient «Famille, patrie, travail»; • Réalise une révision des naturalisations de la loi de 1927;

Il met peu à peu en œuvre son idéologie xénophobe à l’encontre de ceux, étrangers ou naturalisés, qui représentent «la monstrueuse alliance du communisme moscoutaire, du radicalisme maçonnique et de la finance juive».

Crise des années 1930 et immigration en France Durant la crise économique des années 1930, l’immigration continue alors que le chômage augmente, sur fond de manque d’hommes et de faiblesse de la natalité. La crise des années 1930 inverse cette évolution: les pouvoirs publics vont procéder au congédiement et au rapatriement d’étrangers et cherchent à protéger la main-d’œuvre nationale en créant un contingentement des immigrés par la loi du 10 août 1932. Mais ni l’immigration clandestine, ni les demandes de régularisation ne sont désarmées par les mesures d’arrêt ou de renvoi. La loi de 1932 fixe les quotas, mais l’agriculture n’est pas concernée et l’industrie applique mollement la loi. L’action des pouvoirs publics est incohérente, obéissant à trois logiques, partiellement contradictoires: éthique (réfugiés), démographique (choix «ethniques»), économique (choix d’hommes). Dès 1938, du fait du manque de main-d’œuvre, le système des quotas est assoupli et en 1939 il y a reprise négociée de l’immigration par les pouvoirs publics. Les procédures sont interrompues en 1940 car les Allemands font pression au nom de préférences ethniques. Dans le désordre qui a présidé à la décision publique va naître la nouvelle donne de 1945, marquée par une volonté explicite de reprise en main par l’État de l’ouverture-fermeture des frontières. Et le manque d’hommes et la faiblesse de la natalité sont toujours là.

5. La reconstruction Quand la guerre prend fin en Europe le 8 mai 1945, la France a été vidée de sa substance par les prélèvements allemands. Après la guerre, l’industrialisation du pays attire un nombre croissant d’étrangers à la recherche d’un emploi. Un contexte nouveau se dessine : le Conseil National de la Résistance est favorable à l’arrivée des étrangers. L’opinion publique s’estime redevable à leur égard. Les industriels manquent désespérément de bras. Le principe est posé que l’État doit désormais avoir la maîtrise d’une politique globale d’immigration. Deux organismes sont créés à cet effet : le Haut comité de la population et de la famille et le Secrétariat général à

la famille et à la population. L’ordonnance du 19 octobre 1945 définit les conditions d’accès à la nationalité française:

• Un enfant né d’un père ou d’une mère française devient automatiquement français; • Par mariage après six mois; • Possibilité d’avoir une double nationalité.

L’ordonnance du 2 novembre 1945 définit les conditions d’entrée et de séjour en France des étrangers. Le recrutement est soumis à des conditions strictes : contrat de travail, garanties de logement, certificat médical. Une innovation est introduite : la dissociation de la carte de séjour et de la carte de travail. L’Office national d’immigration (ONI), créé en 1945, prend le relais de la Société générale d’immigration d’avant-guerre. Mais l’ONI édicte des règles complexes et contraignantes, donc les employeurs seront rapidement tentés de s’en affranchir. Ils mettront également en place des circuits clandestins de recrutement de travailleurs. Un lien est ainsi maintenu avec les familles qui reçoivent des fonds, préservant les employeurs des risques de tensions sociales. Tous les partenaires tirent donc profit de la situation. Avec la reconstruction de la France débute une période de forte croissance économique appelée les Trente Glorieuses. La main-d’œuvre étrangère est requise pour le bâtiment, les mines et l’industrie lourde. Les grandes entreprises recrutent directement dans les pays d’émigration. Les migrants proviennent d’Europe du Sud et d’Afrique du Nord.

La France face aux deux guerres mondiales Les guerres du XXe siècle ont provoqué des destructions à une échelle inconnue des autres périodes. Si l’on prend en compte les deux après-guerres qui concernent la France, le constat est que les destructions, des points de vue quantitatif et qualitatif, sont très différentes en 1918 et en 1945:

• Dans la Première Guerre mondiale, ce sont les zones rurales d’un seul tenant, concentrées sur 13 départements, qui ont le plus souffert, alors qu’en 1945, ce sont des villes entières qui ont été coventrysées. Le paysage qui en découle fait aujourd'hui partie de notre patrimoine mental; ces images terribles font d'autant plus partie de notre passé et ont été utilisées afin de susciter la compassion et l'aide à la reconstruction de puissances étrangères;

• En 1918, ces destructions sont cantonnées à la région Nord-Est, théâtre principal des opérations; en 1945, elles sont beaucoup plus diffuses et se prolongent jusqu'aux principales infrastructures, volontairement détruites à l’extrême fin du conflit, par un camp ou l’autre, le plus souvent pour des raisons stratégiques;

• Dans la Seconde Guerre mondiale plus d’exploitations agricoles ont été atteintes que dans la Première, endommagées pour les mêmes raisons que précédemment.

6. Les Trente Glorieuses et l’immigration La population française augmente après 1945 avec la reprise de la natalité, la progression constante de l’espérance de vie et l’afflux de populations des anciennes colonies. Les accords franco-espagnols de 1961 et franco-portugais de 1963 amplifient cette immigration. Grands chantiers de travaux publics et du bâtiment, entreprises industrielles de biens de consommation et de l’automobile recrutent au Portugal et au Maghreb une main d’œuvre réputée souple, peu onéreuse et provisoire, souvent employée à des tâches dévalorisées et mal rémunérées. Suite à ces nouveaux flux migratoires la France des années 1960 traverse une grave crise du logement. Portugais et Maghrébins immigrés s’installent dans des meublés, des foyers, des habitats insalubres des grandes villes ou dans des bidonvilles en banlieue. Pour combattre la crise du logement, de grands ensembles de béton sont construits à la hâte, mais, surpeuplés, la réglementation intérieure y est très stricte et les conditions matérielles se détériorent rapidement. L’image de l’immigré, à la fin des années 1960, est celle d’un homme jeune, célibataire, peu qualifié, d’origine maghrébine, vivant dans un foyer ou dans un logement précaire et destiné à repartir dans son pays. L’immigration française s'accélère donc avec la décolonisation mais aussi par le droit d’asile, voté à l’ONU en 1951, et par le « principe de libre circulation » instauré par le Traité de Rome.

L’immigration algérienne en France (seconde partie) Les départs vers la métropole reprennent à partir de 1946, facilités par la liberté de circulation. La guerre d’indépendance ne marque aucun temps d’arrêt dans les migrations algériennes. Mais la misère et la violence

coloniale sont évidemment exacerbées. C’est le cas notamment avec la politique des camps de regroupement. L’armée française intervient des zones interdites, vidées de leurs habitants qui se retrouvent dans des campements sous surveillance militaire. Si l’immigration algérienne demeure une migration économique, le contexte éclaire les nouvelles tendances: la présence s’allonge, les régions de départ se diversifient, les hommes émigrent de plus en plus avec leurs familles. Le FLN s’enracine au sein de l’immigration. Elle devient une force d’appui essentielle à la conduite de la guerre d’indépendance par son apport financier, son poids idéologique et la pression politique contrôlée. Les autorités françaises décident donc de mettre en place des services sociaux spécifiques assurant une prise en charge mirée des Algériens mais remplissant officieusement une mission de renseignement, associés à une répression sévère. Le 5 juillet 1962, l’indépendance est célébrée par les immigrés algériens en France. Après l’indépendance, les gouvernements algériens et français signent des accords juridiques pour réguler les flux migratoires, les conditions et les durées de séjour.

7. Le coup d’arrêt à la politique d'immigration En 1974, Valéry Giscard d'Estaing est élu président de la République. Le choc pétrolier de 1974 et surtout la très forte augmentation du chômage mettent un coup d’arrêt à l’immigration économique: le gouvernement Chirac décide de fermer les frontières. En 1977, Lionel Stoléru, secrétaire d'État, instaure même une "aide au retour", attribuant une prime de 10 000 francs aux immigrés rentrant définitivement et volontairement dans leur pays d'origine (le «million Stoléru»). La France veut fixer ses travailleurs étrangers et favoriser leur intégration en faisant venir leur famille. Le mythe du retour au pays touche à sa fin: l’immigration de main-d’œuvre se transforme en immigration de peuplement. Dans ce contexte, les demandes d’asile émanent notamment de réfugiés du sud-est asiatique, les ressortissants d’origine européenne est en baisse constante et la composition de l’immigration non européenne s’ouvre à l’Afrique subsaharienne, en particulier.

Le regroupement familial On définit le regroupement familial la venue légale de membres de la famille à la demande d’un autre membre de la famille, souvent le père, déjà entré légalement. En effet, la suspension de l’immigration de travail a eu tendance à mettre fin aux allers et retours des travailleurs étrangers qui avaient laissé leur famille au pays et à les inciter à demander le regroupement familial. Le droit de vivre en famille est un principe constitutionnel inscrit également dans le droit européen. Toutefois, la législation française en a restreint plus d’une fois les critères. En particulier, ces critères ont surtout visé les ressortissants des États tiers. La loi de novembre 2003 accorde, désormais, la délivrance d’une carte de résident aux familles rejoignantes au bout de 2 ans de présence en France et à la condition d’une bonne intégration dans la société française; les dispositions de la loi de novembre 2007 concernent principalement l’immigration familiale avec le renforcement des mesures permettant d’évaluer les notions d’intégration.

8. La politique d’immigration pendant les années 1980 La gauche prend jusqu'en 1983 le contre-pied de la politique précédente: l'aide au retour est supprimée et le regroupement familial est facilité, la loi du 9 octobre 1981 supprime le régime dérogatoire des associations étrangères. La loi du 17 juillet 1984 crée une carte de résident pour tout étranger qui réside en France régulièrement depuis plus de trois ans et qui est délivrée de plein droit à tous ceux qui ont des attaches personnelles ou familiales en France, en reconnaissant au titulaire de cette carte le droit d'exercer sur l'ensemble du territoire la profession de son choix. Suite à les élections municipales de mars 1983, sous l'impulsion de l'extrême-droite, les contrôles sont renforcés et les vérifications d'identité multipliées, et en 1984 l'incitation au départ volontaire est rétablie sous le nom d'"aide à la réinsertion". D'autre part, les travailleurs immigrés commencent à exprimer davantage leurs revendications pour l'amélioration de leurs droits. Les jeunes «issus de l’immigration» revendiquent leur appartenance à la société française et la reconnaissance de leurs droits de citoyens.

De grandes marches sont organisées, des moyens supplémentaires sont accordées aux établissements accueillant une proportion importante d’élèves d’origine étrangère, la politique de développement social des quartiers (DSQ) vise à lutter contre l’exclusion et la ghettoïsation des quartiers défavorisés. En 1985 tous les partis de droite inscrivent dans leur programme la nécessité de modifier le droit de la nationalité: la naissance en France n'entraîne plus de plein droit l'acquisition de la nationalité française. La droite revient au pouvoir en mars 1986. La loi Pasqua:

• Rend aux préfets le droit de prononcer la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière;

• Rétablit le régime de l'expulsion; • Restreint la liste des étrangers qui obtiennent de plein droit une carte de résident et celle des

étrangers protégés contre les mesures d'éloignement du territoire.

Prenant prétexte de la vague d'attentats terroristes le gouvernement décide de rétablir l'obligation du visa d'entrée sur le territoire français pour tous les étrangers qui en étaient jusque-là dispensés: l'obligation restera définitivement en vigueur pour les ressortissants des pays dits "à risque migratoire".

La marche pour l’égalité et contre le racisme Le 3 décembre 1983 les enfants d’immigrés maghrébins organisent une marche pacifique pour l’égalité des droits et contre le racisme et les violences policières. Le 15 octobre 1983, après de graves émeutes suite à des violences policières et à des crimes racistes, 32 personnes entament à Marseille une «Marche pour l’égalité et contre le racisme». Le président accorde aux marcheurs une carte de séjour de dix ans. Une victoire pour les marcheurs, même si cela ne faisait pas partie de leurs revendications. Avec cette Marche acquiert pour la première fois une visibilité devant l’opinion publique la «deuxième génération d’immigrés». Les médias la dénommant rapidement «Marche des Beurs». Les marcheurs revendiquent au contraire leur appartenance à la société française et exigent la reconnaissance de leurs droits de citoyens. Ce qui les rassemble tous est d’abord la volonté de prendre la parole à la première personne. C’est la force et la nouveauté de cette initiative: l’affirmation de ces jeunes en tant que sujets politiques autonomes.

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