Notes sur l’évolution des libertés-droits aux libertés-prestations - Libertés publiques, Notes de Droit
Violette_Toulouse
Violette_Toulouse7 January 2014

Notes sur l’évolution des libertés-droits aux libertés-prestations - Libertés publiques, Notes de Droit

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Notes du droit public sur l’évolution des libertés, droits aux libertés, prestations, libertés publiques. Les principaux thèmes abordés son les suivants: L’orientation générale; L’exemple de la liberté de culte; L’exempl...
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Aperçu historique et perspectives contemporaines : les différentes générations des droits de l’Homme 

Section 1 : La première génération des droits de l’Homme 

Libertés publiques 05 

Mercredi 23 février 2011 

 

§3 L’évolution des libertés‐droits aux libertés‐prestations 

 

On pourrait parler de libertés‐autonomie aux libertés‐prestations. 

 

A L’orientation générale 

 

Parler de liberté droits ou autonomie dans la philosophie libérale des droits de l’Homme, ça signifie  évoquer une série de droits prestations qui sont garantis aux individus sur la base de l’abstention des  pouvoirs publics. Exemple type : la sûreté personnelle, garantissant la prévention des arrestations et  détentions arbitraires. 

La crainte qui a motivé certains mouvements révolutionnaire fin 18e c’est cet arbitraire ; certaines des  libertés conquises entre fin 18e et début 19e vont évoluer dans leur nature jusqu’à devenir ce que l’on peut  appeler des libertés prestations. Ces libertés ne peuvent être assurées sans un appui, une aide, de l’Etat.  Exemple : la liberté de la presse ne serait rien sans les aides publiques attribuées aux quotidiens. 

On va étudier cela au travers de 2 exemples : B et C 

 

B L’exemple de la liberté de culte 

 

Liberté qui se fonde en France d’une part sur l’article 10 de la DDHC de 1789 et d’autre part sur l’article 1er  de la Constitution du 4 octobre 1958. Cette liberté est principalement régie sur des bases d’ordre législatif  et règlementaire : la principale législative étant la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des  Eglises et de l’Etat complétée par une loi du 2 janvier 1907 relative à l’exercice des cultes. 

Cette liberté de culte, composante de la liberté de religion, peut être considérée comme une véritable  liberté fondamentale, non seulement au regard de ses bases, mais aussi et surtout compte tenu de son  inscriptions dans différentes normes internationales ratifiées par la France. Exemple : 16 décembre 1966  Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ONU, article 18 ; Conseil de l’Europe : CEDH du 4  novembre 1950, article 9. 

Voila pour les sources ; en quoi cette liberté de culte peut être qualifiée aujourd'hui de liberté prestation ? 

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Il faut regarder son cadre juridique, on a 2 sortes de prérogatives s’exerçant : 

‐ Soit on se situe à l’intérieur des édifices cultuels, on reste dans le cadre d’une liberté autonomie :  de sorte que la police intérieure des lieux de culte revient exclusivement au ministre du culte sauf  en cas de menace ou trouble à l’ordre public trouvant son origine dans l’édifice et se manifestant  vers l’extérieur. 

‐ Si on se place dans l’édification des lieux de culte on sort de la liberté autonomie pour aller vers  une liberté prestation. Le cas intéressant pouvant être les règles d’application de l’urbanisme,  celles‐ci devant être purement neutre par rapport au principe de l’exercice de la liberté de culte. Il  n’empêche que le contentieux en la matière révèle une approche compréhensive du juge  administratif par rapport aux projets d’équipements cultuels. Ce juge a admis que certains projets  intégrant des édifices cultuels puissent bénéficier d’aides publiques malgré l’interdiction des  subventions publiques aux cultes par la loi de 1905, car considérés comme entrant dans des  équipements d’intérêt général (on en admet presque une certaine priorité à l’urbanisme). 

Il y a donc une évolution vers une liberté prestation, évolution plus nettement avancée et marquée sur  certains points si on regarde les règles en matière d’inhumation : il y a un certains nombre de règle qui  concerne le régime des funérailles où des garanties sont apportées à la liberté de culte et au principe  d’égalité entre les cultes (code général des collectivités territoriales). Il y a des règles prévoyant des  aménagements à la liberté de culte qui font qu’on est dans domaine qui regarde la liberté prestation. Ici et  là, sur la base de circulaires ministérielles et de décisions prises au plan local ont été aménagés des carrés  confessionnels qui ne sont rien d’autre qu’une dérogation à la neutralité confessionnelle des cimetières  municipaux résultant d’une vieille loi de la 3e République (14 novembre 1881). 

Propositions faites, principalement dans le rapport MACHELON remis en 2006 qui se prononce en faveur  d’une profonde révision de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905. Le fond du rapport avance  qu’il conviendrait de supprimer la règle d’interdiction de financement public des cultes. Les pouvoirs  publics iraient donc au‐delà de simple prérogatives de polices. 

 

C L’exemple de la liberté de l’enseignement 

 

2e exemple, plus net d’une liberté droit/autonomie vers une liberté prestation. C’est l’exemple d’une  liberté qui ne vivrait pas aujourd'hui s’il n’y avait pas de financements publics (comme la liberté de la  presse) accordé à l’enseignement privé sous certaines conditions. On est toujours dans la 1ère génération  des droits de l’Homme mais on est passé d’une conception à une autre. 

En France, cette liberté a été très difficilement reconnue. Napoléon a posé le monopole de l’Etat sur  l’organisation de l’enseignement, dès le début 19e. Donc la liberté de l’enseignement ne sera acquise  qu’après plusieurs lois successives sous différents régimes depuis la monarchie de juillet jusqu’à la 3  République. Elle ne sera reconnue comme une véritable liberté fondamentale que sur la base d’une  décision du Conseil Constitutionnel rendue le 23 novembre 1977 à propos d’une loi établissant le régime  des établissements privés sous contrat, l’ayant considéré comme un PFRLR (principe à valeur  constitutionnelle, une des catégories). C’est donc une reconnaissance tardive car il a du être concilié avec  d’autres principes et obligations pesant sur l’Etat. Dans cette même décision le Conseil constitutionnel a dit 

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que l’obligation de l’Etat d’organiser un service public d’enseignement n’interdisait pas à l’Etat (et  collectivité territoriale) d’attribuer des aides publiques à l’enseignement privé. 

Tout comme la liberté de religion, la liberté d’enseignement a aussi des sources en droit international  évoquant cette liberté. C’est d’abord une liberté donnée aux parents de choisir le mode d’éducation de leur  enfant : elle est ainsi entendue par nombre de convention internationale (Pacte international relatif aux  droits civils et politiques, article 13 §3 ; Et dans le 1er protocole additionnel à la Convention EDH, article 2). 

Au départ, lorsqu’elle commence a être affirmée, elle est clairement entendue comme une liberté  autonomie, exemple : la 1ère loi la reconnaissant en France dans le domaine de l’instruction primaire, loi  GUIZOT 28 juin 1833 : invitant les communes à ouvrir des écoles. Ce sera par la suite étendu au reste de  l’enseignement toujours sur la base libérale. L’Etat n’exercait qu’une police de l’enseignement, réduite au  respect des normes d’hygiène dans ces établissements d’enseignement privé. 

Une évolution importante va se produire dans la 2e moitié du 20e siècle. Déjà une loi du régime de Vichy  avait permis des subventions aux écoles primaires privées. En 1951 on permet que des établissements  d’enseignement secondaire privés accueillent des élèves boursiers de l’Etat. Puis on ira progressivement  plus loin jusqu’à la loi DEBRE du 31 décembre 1959 prévoyant un régime d’aides publiques aux  établissements d’enseignement privé en passant un contrat (d’association ; contrepartie : la collaboration  avec l’enseignement public). 

 

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