Notes sur La continuité historique de l’idée européenne  - Droit communautaire, Notes de Droit de l'Union européenne. Université de Toulouse
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Violette_Toulouse7 January 2014

Notes sur La continuité historique de l’idée européenne - Droit communautaire, Notes de Droit de l'Union européenne. Université de Toulouse

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Notes sur La continuité historique de l’idée européenne - L’échec des projets européens avant la 2° partie du 20e siècle Les principaux thèmes abordés sont les suivants: - les projets d’union avant le 20e siècle --- Proj...
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§3 L’échec des projets européens avant la 2nd partie du 20e siècle Cette idée d’unification traverse l’intégralité de l’histoire européenne : cette idée 

par la paix et par le droit peut être retrouvée jusqu’au 13e siècle. Les 1ers projets attestent  de cette continuité historique de l’idée européenne. Ceux entre le début du 20e et milieu  du 20e montrent que ça a été le temps des occasions gâchées. 

A La continuité historique de l’idée européenne : les projets d’union avant le 20e siècle

Projets en exemple : 

1. Projet proposé par Pierre Dubois (1250‐1320) Légiste‐conseiller de Philippe le Bel (roi de France) : il propose une confédération 

des nations chrétiennes. Elle reposerait sur un concile des princes (forum diplomatique), et  une cour d’arbitrage (cour de justice) composée de laïques et d’ecclésiastique (elle aurait  servie à trancher juridiquement les conflits entre les princes). Projet non retenu par le roi. 

2. Georges Podiebrad (roi électif de bohème : république tchèque) 1420‐1471 Il élabore entre1462 et 1463 un traité d’alliance et de confédération entre son 

royaume, celui de Louis 11 (France), et la Seigneurie de Venise. Le projet vise notamment à  résister à l’avancée des Turcs. Mais par delà, il propose surtout d’une confédération  européenne dotée de véritable attributs étatiques puisqu’elle disposerait d’un Parlement  (sens ancien régime : doté de pouvoir judiciaire), un conseil permanent des ambassadeurs  (sorte de gouvernement). Dans ce projet, la confédération aurait eu une armée, un budget,  un sceau. Projet rejeté par Louis 11, car il préfère travailler à renforcer l’unité et la  centralisation au sein de son royaume. 

3. Emeric Cruce (ou Delacroix) (1575 – 1648) Ce moine français rédige un ouvrage en 1623 : « un nouveau Cynée » : le contenu 

met avant sa réflexion sur une politique commune à l’échelle européenne. Il propose la  libre circulation des biens et des personnes, un plan de développement agraire et artisanal  commun (ancêtre de la PAC), un plan d’éducation commun, une monnaie unique, et  l’uniformisation du système de poids et de mesures. Ce projet prévoit également un volet  institutionnel, avec une représentation des exécutifs : une assemblée permanente des  ambassadeurs et une des princes (leur objectifs serait de régler les problèmes non pas par  la force, mais par la négociation et les règles de droit). La nouveauté de sa pensée, c’est de  ne pas faire de la chrétienté le ciment de l’Europe : car dans son projet il veut y associer les  espagnol (encore sous domination musulmane, il appelle les mahométans), les juifs, les  turcs. Les fondements de son idée son principalement politiques et économiques, il n’y a  pas de fondements religieux. Ce projet restera au stade d’ouvrage et ne sera pas mis en  œuvre. 

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4. Sully (1560‐ 1641) Personnalité politique de 1er plan : le grand intendant d’Henry IV : mélange de 

ministre des finances et de 1er ministre. Ce projet se trouve dans ses mémoires, et il  l’adresse à son souverain. Son idée est de faire la paix entre les nations et les religions afin  d’augmenter la puissance, et conserver la chrétienté. Pour se faire il propose un  redécoupage des frontières en 15 Etats, de manière à équilibrer les puissances et résoudre  les conflits territoriaux. Il propose une structure institutionnelle qu’il nomme  confédération dotée d’un gouvernement nommé Conseil de l’Europe. Ce conseil se  découpage en 2 catégorie d’institutions : un Sénat (composé d’une 40aine de personne,  hauts responsables politiques, juridiquement compétent pour trancher les litiges entre les  états, et entre un souverain et son peuple ou une partie), en dessous de ce Sénat on aurait  des conseils provinciaux, qui seraient des juridictions de 1er ressort. Lui aussi prévoit la  mise en place d’une véritable armée européenne. Ce projet n’est pas dénué d’arrière  pensée politique, surtout lorsqu’on regarde le redécoupage : augmenter la puissance  française, baisser l’allemande. 

5. Abbé de Saint Pierre, 1658‐1743 Abbé de cour et aussi un intellectuel. Auteur d’un mémoire pour rendre la paix 

perpétuelle en Europe. Cet ouvrage est publié en 1713 en Allemagne. Dedans il propose la  création d’une société européenne dans laquelle les princes se réuniraient régulièrement  pour s’entendre sur la paix européenne. Par ailleurs, elle sera également composée d’un  Sénat avec des représentants permanent des Etats, une sorte de gouvernement continu de  l’Europe. Ce projet prévoit également l’existence d’un budget commun, et d’une armée en  cas de nécessité. Ce projet provoque un enthousiasme chez les intellectuels comme  Rousseau, donc l’abbé l’envoi à Frédéric 2, roi de Prusse, qui l’exécute dans une phrase  dans une lettre à Voltaire : « ce projet est très bien, mais il manque une chose : le  consentement des Etats européens et autre bagatelles de ce genre. ». 

6. Emmanuel Kant, 1724‐1804 Rédigé en 1795, un projet de paix perpétuel. Il ne propose pas de créer un super 

Etat. Il propose une fédération des peuples, un fédéralisme d’Etats libres : alliance entre  les états mais qui doit conserver l’existence des peuples et des Etats qui sont à son origine.  Il n’apporte pas beaucoup d’élément sur le plan institutionnel, il se centre sur les objectifs  et les moyens pour l’atteindre. Il propose de dépasser un simple traité de paix toujours  révocable et de les remplacer par une sorte de « Constitution », par des règles de droit qui  s’imposerait à tous les Etats, de manière obligatoire. Il veut remplacer les relations de  force et diplomatique par des relations de droit. Autre originalité est de proposer des  droits cosmopolitique : droits auxquels auront droit n’importe quel citoyen quelque soit sa  nationalité et le pays où il se trouve. 

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7. Claude Henri de Rouvroy (1760‐1825) Comte de Saint Simon, diplomate, il a participé au Congrès de Vienne. Il propose de 

réorganiser l’Europe autour d’une réconciliation franco‐britannique. Il propose un quasi‐ Etat fédéral entre la France et le Royaume‐Uni. Dans un premier temps un abaissement  des droits de douanes pour favoriser les échanges et le développement économique.  Ensuite la mise en place d’une structure étatique : une chambre des députés commune  aux 2 Etats, reprise sur le modèle de la chambre des communes, elle aurait un pouvoir  législatif. Mais aussi une chambre des pairs avec un rôle de modérateur et pour mission de  prévenir les conflits entre les Etats, c’est encore une reprise du modèle anglais. Là où il est  très fort, et va très loin c’est qu’il propose un roi de l’Europe avec un 1er ministre qui serait  chargé du pouvoir exécutif. Cette sorte d’entité fédérale ouverte, car place pour  l’Allemagne une fois que son unité sera faite. Proposition rejetée par le Congrès de Vienne.  L’idée d’une construction fédéraliste européenne se retrouve dans le courant romantique  (Victor Hugo et ses Etats Unis d’Europe), les socialistes français de l’époque, bref c’est une  idée très présente dans le champ intellectuel de l’époque. 

Synthèse 2 points communs essentiels : 

‐ Europe par la paix et le droit  ‐ et l’ensemble de ces appels resteront lettre morte. 

En pratique les dirigeants européens préfèrent mener des politiques de puissance,  nationaliste et de concurrence. L‘idéologie nationaliste a été un facteur déterminant pour  l’émancipation des peuples, mais par la suite elle va poser de nombreux problèmes :  justifier une concurrence effrénée et augmenter la fragmentation (chaque minorité va  vouloir son Etat, et sera soutenu par …). 

Bref, après 1870 et 14‐18 l’Europe est tentée par le spectre de son déclin : l’émergence de  nouvelles puissances extra‐européenne (USA, Japon, 1ère fois depuis 4 siècles) et ce devait  être la « der des der ». André Gide (intellectuel de 1er plan) disait voila on assiste à la fin  d’un monde, d’une culture, tout doit être remis en question. Un autre disait (Gaston Riou) :  il faut s’unir ou mourir

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