Notes sur la définition des principales notions sur les libertés publiques, Notes de Droit. Université de Toulouse
Violette_Toulouse
Violette_Toulouse7 January 2014

Notes sur la définition des principales notions sur les libertés publiques, Notes de Droit. Université de Toulouse

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Notes du droit public sur la définition des principales notions sur les libertés publiques. Les principaux thèmes abordés son les suivants: contexte de la notion des libertès publiques; nature la notion des libertès publ...
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Définition des principales notions La matière a évolué depuis les années 80 de part un enrichissement des sources, de part un élargissement  de son domaine et de part le fait que le régime des libertés publiques ne cessent de se ramifier. On fait face  à une spécialisation des savoirs. Par ailleurs, plus  le socle de  la matière progresse plus on peut constater  une maturité de l’état de droit. 

Précisons les notions qui, selon les manuels, changent d’appellation. Le fait est que jusqu’au années 1980 la  terminologie reconnue était celle de « liberté publique ». La notion de « Liberté Publique » n’a pas disparue,  mais sa portée a été affaiblie, elle qui fut un pilier du système juridique français. Quand on en parle en tant  que concept juridique on fait référence à deux choses : 

‐ La  nature  de  ces  libertés :  de  prérogatives  données  aux  individus  et  qui  sont  laissées  sans  contraintes :  sans que  l’Etat n’intervienne,  il  a même une obligation d’abstention. Cela  implique  deux choses : 

o Il  n’y  a  pas  réellement  de  liberté  publique  dès  lors  qu’on  instaure  une  autorisation  préalable par  l’administration. Exemple de  la disposition d’origine du Code Pénal  relative  aux associations et autorisation nécessaire du préfet

o On ne met pas dans cette catégorie  les « droits‐créances » que  l’individu a sur  la société,  exemple :  le droit à  l’emploi, à  l’éducation etc. (2e génération), ce ne sont pas des  libertés  publiques au sens strict

‐ La protection des « libertés publiques » est assurée par  la  loi (d’où  le fait de tradition républicaine  de  ces  libertés,  cela date de  la 3e République). Quand on parle de « libertés publiques » on  s’en  remet à la loi. Article 4 de la DDHC : « La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, ainsi  l’exercice des droits naturels de chaque hommes n’a de bornes que celles qui assurent aux autres  membres de la société la jouissance de ces droits ». 

Cette double  assise des  libertés publiques  est de nos  jours  remise  en  cause,  tout d’abord parce que  la  doctrine a fait ressortir l’idée qu’il est impossible de limiter complètement le rôle de l’Etat et d’en avoir une  conception  totalement négative  (c’est apparu à  l’expérience  insuffisant que  l’Etat  se contente d’énoncer  des  libertés publiques). Il y a différents exemples comme  la HALDE (une AAI  importante) pour  l’égalité, ou  les  libertés  de  la  presse  et  de  l’enseignement :  financements  et  régimes  particuliers. De  ce  fait  une  des  caractéristiques des libertés publiques s’en trouve affaiblie. 

Mais  la plus affaiblie sera  la 2nd : au fil du temps on s’est aperçu des  insuffisances des  lois protégeant ces  libertés  et dans  le même  temps  le  champ de  ces  libertés  s’est  étendu. De  ce  fait  la  réponse  à  cela  fut  d’augmenter  le niveau de protection dans la hiérarchie des normes. On a érigé de plus en plus de libertés  nommées fondamentales et protégées au niveau constitutionnel ou conventionnel. 

La notion de « droits fondamentaux ». Comment est elle née ? La France est arrivée un peu en retard sur  cette notion, laquelle est apparue tout de suite après la 2nd Guerre Mondiale. Exemple : en RFA est adoptée  en 1949 la loi fondamentale (« constitution »), la CJCE concevant des droits de cette nature sous la forme de  principes juridiques. Arrivée en France à partir des années 1980 par une décision du Conseil Constitutionnel  (10 et 11 octobre 1984 à propos d’une loi sur la liberté de la presse, grande décision n°36) dont on trouve  énonciation dans  le considérant 37 où  il considère que  le  législateur ne peut  intervenir que pour  rendre  plus aisé l’exercice de ce droit car c’est basé sur la conciliation avec d’autres droits. A partir du moment où 

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le Conseil Constitutionnel a fait référence de façon plus régulière à cette notion,  la doctrine en a fait une  théorie des droits fondamentaux. 

Quels sont les éléments essentiels de cette théorie ? Les caractéristiques : 

‐ Si  l’on regarde  l’ordre normatif,  il est retenu un énoncé et des garanties des droits qui ne doivent  pas être  fournies uniquement dans  la  loi mais aussi et  surtout dans  la Constitution et  les  traités  internationaux.  Une  liberté  publique  c’est  uniquement  dans  la  loi  voir  subsidiairement  par  des  principes  du  Conseil  d’Etat.  Les  droits  fondamentaux,  vis‐à‐vis  de  l’ordre  normatif,  ce  n’est  pas  uniquement dans la loi mais aussi à un niveau constitutionnel ou international. 

o Si  on  énonce  des  droits  fondamentaux  c’est  qu’on  veut  qu’ils  soient  protégés  non  seulement du pouvoir exécutif mais aussi du législatif. 

‐ Si  l’on  se  situe  dans  l’espace/domaine  normatif,  la  notion  a  une  vocation  très  extensionniste.  Quand on parle de liberté fondamentale c’est comme les libertés publiques, mais aussi les droits de  participation comme  les  libertés politiques, également  les droits‐créances (droit syndical, droit au  logement etc.). Exemple : droit au  juge, droit à  l’égalité (principe plusieurs fois nommé). La  liberté  publique était uniquement individualiste avec un devoir d’abstention de l’Etat. La notion de liberté  fondamentale est beaucoup plus large. 

‐ Dans  le  système de garantie : quels  sont  les  titulaires. Donc qui est bénéficiaire de  ces droits et  libertés ; qui  est  créancier ? Dans  les  libertés  fondamentales  c’est  encore  très  large,  les  libertés  publiques  c’est  uniquement  un  rapport  individu‐Etat.  Quand  on  parle  des  libertés  et  droits  fondamentaux on est plus dans un  rapport exclusif Etat‐individu,  le  champ des bénéficiaires des  droits fondamentaux est très large : des personnes morales peuvent les revendiquer.  Même chose du côté des débiteurs, on vise plus  large, on va viser très  large : bien sur  l’Etat droit  garantir, mais beaucoup de ces droits et  libertés sont aussi opposables aux personnes  (exemple :  principe de non discrimination, employeur, personne etc.). 

Donc pourquoi parler de  la notion de « liberté publique » ? Car elle n’a pas disparu  (Cf.  article 34 de  la  Constitution)  en  droit  français.  Selon  cet  article  « entre  dans  le  domaine  de  la  loi  la  fixation  des  règles  concernant  notamment  les  droits  civiques  et  les  garanties  fondamentales  accordées  aux  citoyens  pour  l’exercice  des  libertés  publiques ».  Etant  dans  l’article  34,  c’est  du  ressort  législatif,  puisque  l’article  37  accorde le principe à l’ordre règlementaire et l’attribution (par l’article 34) à l’ordre législatif. 

Qu’est ce qu’on veut dire quand on parle de « droit de  l’homme » ? On renvoi à une certaine éthique, on  renvoi à une certaine philosophie. Ce sont d’ailleurs les philosophes qui les définissent le mieux : « ce sont  des valeurs qui stimulent les individus en société dans des institutions justes ». Donc que l’on se situe à une  échelle d’Etat ou de communauté  internationale, cette notion prend sens  lorsque qu’il y a  réalisation de  valeurs,  d’idéaux.  C’est  une  sorte  de  « programme »,  de  « repère »  qui  devrait  inspirer  les  Etat  sur  le  contenu de leurs normes. Beaucoup de valeurs véhiculées par les droits de l’homme renvoient à une idée  directrice : la personne humaine possède une dignité qui lui est propre (Exemple : le débat régulier sur les  animaux,  personnes  ou  non ?).  Et  face  à  cela  les notions que  ce  soit de  « droits  fondamentaux » ou  de  « libertés  publiques »  sont  des  notions  plus  juridiques.  L’idée  c’est  que  les  systèmes  juridiques  vont  incorporer  la  suprématie des droits de  l’homme en donnant corps à un concept comme celui des droits  fondamentaux. On  va mesurer  le  degré  de  progrès  et  d’approfondissement  de  la  protection  des  droits  fondamentaux à  travers un certain nombre d’indices  (exemple :  la  fonction  juridictionnelle est exercée de  manière  indépendante,  effectivité  de  l’exercice  des  droits  fondamentaux,  etc.).  Le  cap  important  est  la 

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reconnaissance et  la garantie  juridictionnelle de ces droits,  il n’y a de droits fondamentaux qu’à partir du  moment où il y a des juges pour les garantir. 

 

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