Notes sur le syndicalisme en Europe , Notes de Droit
Violette_Toulouse
Violette_Toulouse8 January 2014

Notes sur le syndicalisme en Europe , Notes de Droit

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Notes du droit du travail sur le syndicalisme en Europe. Les principaux thèmes abordés sont les suivants: Les grandes tendances du syndicalisme en Europe; Un point sur le syndicalisme en France.
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Chapitre 2 : Les syndicats

Section 1 : Le syndicalisme en Europe

§1 : Les grandes tendances du syndicalisme en Europe

En gros il y en a 3 qui sont le fruit des particularités historiques, sociales, politiques, et

économiques de chaque pays.

Le modèle anglais :

En Angleterre il n’y a qu’une seule grande centrale syndicale : le TUC (Trade Union Congress). C’est

le TUC qui a créé le parti travailliste en 1905 afin de porter les revendications des travailleurs sur

l’arène politique. Mais les TUC ont été durement frappés par le gouvernement Tatcher qui a

démantelé les entreprises où ils étaient implantés. En 2004 le congrès des TUC a décidé de sa

désaffiliation au parti travailliste. Syndicalisme extrêmement centralisé et bureaucratique. Même si

c’est un syndicalisme de type majoritaire, le nombre de ses adhérents est passé de 13,5 millions à 7

millions en 25 ans. Actuellement le taux de syndicalisation est de 28%.

Les pays latins (Portugal, Espagne, Italie, France) :

Syndicalisme de type minoritaire (les syndicats ne regroupent pas la majorité des salariés). Le taux

français de syndicalisation est le plus faible de l’Europe : 8% au total (public inclut), secteur privé

seul : 5%. Mais c’est le plus grand nombre de syndicats, c’est très éparpillé. Les syndicats des pays

latins n’ont pas de liens organiques avec les partis politiques. L’influence des syndicats est plus

forte que le nombre relativement faible de leurs adhérents.

Les autres pays (comme Allemagne, Belgique, Pays-Bas, pays nordiques) :

Syndicalisme de type majoritaire : exemple : Suède – 76% de syndiqués, Danemark – 72%,

Allemagne – 21%. Dans ces pays ce sont les partis politiques qui ont créés les syndicats à la fin du

19e siècle. Les confédérations syndicales sont puissantes et la pratique des négociations prime

(naturellement) mais comme en France le pouvoir politique a imposé des reculs sociaux et on peut

dire que même si le taux de syndicalisation est important, la confiance dans les organisations

syndicales a faibli et ce même si les organisations offrent des services à leurs membres. Forme de

syndicalisme très bureaucratique, co-gestionnaire, et peu militant.

§2 : Un point sur le syndicalisme en France

Un bref rappel historique de l’évolution du syndicalisme salarié. 1884, pour la 1ère fois les syndicats

professionnels sont autorisés, ils peuvent se constituer librement et ils ont la personnalité morale. Cette

liberté ne devient constitutionnelle qu’en 1946.

Pour tracer l’évolution : 2 grandes périodes :

1884-1919 :

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C’est une période de formation et d’unité du mouvement syndical ouvrier. Très tôt les syndicats ont

éprouvé le besoin de s’unir pour renforcer l’efficacité de leur action. Cet effort de fédération s’est

fait dans un triple sens/ à 3 niveaux :

Plan géographique et local : l’union s’est fait à l’intérieur des bourses du travail. A la bourse

était centralisé l’enseignement syndical, la presse syndicale, et pouvaient se tenir les

réunions syndicales. Et ces différentes bourses se sont regroupées en 1892 en une

puissante fédération des bourses. Aujourd'hui ces bourses du travail se retrouvent dans les

unions locales et départementales.

L’union va se faire par affinités professionnelles : le syndicalisme d’industrie, qui l’emporte

sur le syndicalisme de métier. 2 structures qui caractérisent les syndicats encore à l’heure

actuelle. Une structure verticale qui relie les fédérations qui regroupent les syndicats d’une

même branche d’industrie. Et une structure horizontale constituée au départ par les

bourses du travail, maintenant par les unions locales et départementales.

Le congrès de Limoges en 1895 qui a créé la CGT. C’est la 1ère grande confédération

(générale du travail) de créée. Et le congrès d’Amiens en 1906 avec le triomphe de

l’apolitisme syndical. Aux dernières élections prud’homales, la CGT est arrivée 1ère 33,97%.

1919 à nos jours :

Période de pluralisme avec 2 composantes :

La création de la CFTC en 1919 : confédération française des travailleurs chrétiens. Elle s’est

créée dans la continuité du catholicisme social, à l’époque c’est considéré comme le

véhicule de la doctrine sociale de l’Eglise dans les milieux du travail. Actuellement, la CFTC

est en déclin et est confrontée à un problème d’identité (résultat 2008 : 8,70%, 4e place).

Les scissions :

Tout d’abord la scission de la CGT (CGT et CGTU avec le Front populaire, fini) 1947 :

la CGT et la CGT-FO (FO : tradition de l’apolitisme, anticommunisme notoire,

maintien du statut quo, pour le maintien des acquis sociaux, 3e rang en 2008,

15,81%).

Ensuite la scission de la CFTC, beaucoup plus récente, qui a donné la CFDT :

confédération française démocratique du travail, 1964. C’est en quelques sortes le

produit de la déconfessionnalisation de la CFTC, élimination de toutes références

confessionnelles, considéré comme un syndicat réformiste. 2e rang, 21,80%, mais

baisse par rapport à 2002.

En dehors de ces 4 grandes confédérations, il y a d’autres organismes syndicats qui se sont créés,

comme des syndicats catégoriels (exemple : CFE-CGC : confédération française de l’encadrement -

confédération générale des cadres, 5e rang des prud’hommes : 8%). Il y a aussi ce que l’on appelle

les syndicats autonomes : qui refusent de s’affilier à une centrale en particulier. Exemple : l’UNSA

(Union Nationale des Syndicats Autonomes), SUD (Solidaires, Unitaires, Démocratiques :

syndicalisme qui déborde largement l’entreprise, très proche de la société civile : défense des sans-

papiers), FSU (Fédération Syndicale Unitaire : éducation et recherche).

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Du côté patronal : le MEDEF (Mouvement des Entreprises de France) créé en 1998, mais a pris la

suite du CNPF (confédération nationale du patronat français), CG-PME (confédération générale des

petites et moyennes entreprises), l’UPA (Union professionnel Artisanal), créé en 1975.

Conclusion sur le paysage syndical français : morcelé, surtout pour le syndicalisme salarié, ce qui bien

évidemment aggrave la relative faiblesse numérique des organisations syndicales, elle-même aggravée par

la crise…

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