Notes sur les impôts sur les produits non agricoles - 2° partie, Notes de Management
Sylvestre_Or
Sylvestre_Or10 January 2014

Notes sur les impôts sur les produits non agricoles - 2° partie, Notes de Management

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Notes de gestion sur les impôts sur les produits non agricoles - 2° partie. Les principaux thèmes abordés sont les suivants: les propriétés distinctives de la valeur des richesses, les diffèrentes doctrines.
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pourraient éprouver une grande gêne, sans que néanmoins la valeur du capital national en

souffrit beaucoup, et sans que la quantité de la production annuelle se trouvât diminuée[79].

Une guerre qui éclate après une longue paix, ou une paix qui succède à une longue guerre,

occasionne en général une grande détresse dans le commerce. Ces événements changent

considérablement la nature des emplois auxquels les capitaux étaient consacrés auparavant

dans chaque pays ; et pendant que s’en opère le nouveau classement, le capital fixe dort,

s’anéantit même parfois, et les ouvriers n’ont plus assez de travail. La durée de cette crise sera

plus ou moins longue, selon le degré de répugnance que la plupart des hommes éprouvent à

quitter le genre d’industrie dans lequel ils ont pendant longtemps été dans l’habitude

d’employer leur capital. La détresse est souvent aussi prolongée par les restrictions et

prohibitions auxquelles donnent naissance les jalousies absurdes qui existent entre les diffé-

rents états de la république commerciale.

La détresse qui provient d’un changement dans les voies du commerce est souvent confondue

avec celle qui accompagne une diminution du capital national et un état rétrograde de la

société ; et il serait difficile d’indiquer des signes certains au moyen desquels on pût distinguer

l’une de l’autre.

Cependant, lorsque cette détresse se fait sentir immédiatement à la suite du passage de la

guerre à la paix, la connaissance que nous avons de l’existence d’une pareille cause rend très-

probable cette opinion que les fonds pour l’entretien des travailleurs ont plutôt été détournés

de leurs canaux ordinaires que notablement entamés, et fait espérer qu’après quelques souf-

frances passagères, la nation reprendra de nouveau sa prospérité. Il faut aussi se rappeler que

l’état rétrograde d’une nation est toujours un état anormal. L’homme parvient de l’enfance à

l’âge viril, et alors il décline jusqu’à la mort ; mais cette marche n’est pas celle des nations. Une

fois qu’elles sont parvenues à leur plus grande force, il se peut qu’elles ne puissent plus

avancer au delà de ce terme ; mais leur tendance naturelle est de continuer pendant des siècles

à maintenir leur richesse et leur population dans le même état de prospérité.

Dans les pays riches et puissants, où il y a de grands capitaux placés en machines, la détresse

provenant d’un changement de direction dans le commerce sera plus sensible que dans des

pays plus pauvres, où il y a proportionnellement une moindre valeur en capital fixe, et une plus

grande en capital circulant, et où par conséquent il se fait plus d’ouvrage par la main des

hommes. Il n’est pas aussi difficile de retirer un capital circulant qu’un capital fixe, de l’emploi

dans lequel il peut être engagé. Il est souvent impossible de faire servir à un genre de

manufacture les machines construites pour un autre ; mais l’habillement, la nourriture et le

logement d’un ouvrier quelconque, peuvent lui servir également dans toute branche de travail ;

- en d’autres termes, le même ouvrier peut recevoir la même nourriture, le même habillement,

le même logement, quoiqu’il soit employé à un autre genre d’occupation. Ce mal est cependant

un de ceux auxquels une nation riche doit se soumettre, et il ne serait pas plus raisonnable de

s’en plaindre, qu’à un riche négociant de s’affliger que son navire soit exposé aux dangers de

la mer, pendant que la chaumière de son pauvre voisin se trouve à l’abri de tout risque.

L’agriculture même n’est pas à l’abri de ces accidents, quoique à un moindre degré. La guerre,

qui interrompt les relations d’un pays commercial avec les autres États, empêche souvent

l’exportation du blé, des pays où il peut être produit à peu de frais, dans d’autres pays qui,

sous ce rapport, sont moins favorisés de la nature. Dans de pareilles circonstances, une

quantité extraordinaire de capital est dirigée vers l’agriculture dans le pays qui importait

auparavant du blé, et qui devient par là indépendant des secours de l’étranger. À la fin de la

guerre, les obstacles à l’importation cessent, et une concurrence funeste au producteur national

commence ; il ne peut s’y soustraire sans faire le sacrifice d’une partie de son capital. Le

meilleur expédient pour un État, serait de mettre un impôt dont la valeur décroîtrait de temps

en temps, sur l’importation des blés étrangers, pendant un nombre limité d’années, afin d’offrir

au cultivateur national l’opportunité de retirer graduellement son capital de l’agriculture[80]. En

adoptant une pareille mesure, le pays pourrait ne pas faire de son capital, la distribution la plus

avantageuse, mais l’impôt temporaire auquel il se trouverait assujetti serait avantageux à une

classe particulière de la société, à celle dont le capital aurait été consacré à faire croître les

subsistances nécessaires au pays pendant la suspension de l’importation. Si de pareils efforts,

faits dans un moment critique, entraînaient le risque de se trouver ruiné au moment où les

besoins cesseraient, personne ne voudrait exposer son capital dans un pareil emploi. Outre les

profits ordinaires des capitaux, le fermier s’attendrait à être indemnisé du risque auquel il

serait exposé par une affluence subite de blé, et par conséquent le prix pour le consommateur,

dans la saison où celui-ci aurait le plus besoin d’approvisionnement, éprouverait une hausse

due non-seulement, au renchérissement de la culture du blé dans le pays, mais encore à la

prime d’assurance qu’il serait obligé de payer, pour le risque particulier auquel cet emploi

expose le capital. Et quoiqu’il résultât un plus grand avantage pour le pays de l’importation du

blé à bon marché, il serait peut-être convenable de mettre, pendant quelques années, un droit

sur l’importation de cette denrée.

En traitant de la rente nous avons vu qu’à chaque augmentation de l’approvisionnement du blé,

et à chaque diminution de son prix, qui en est la suite, on dégagera les capitaux employés sur

les mauvaises terres ; et les terrains d’une qualité supérieure qui, dans ce cas, ne paieraient pas

de rente, deviendraient la mesure commune par laquelle se réglerait le prix naturel du blé.

Quand il serait à 4 l. le quarter, des terres inférieures, que l’on peut désigner par le n° 6,

pourraient être cultivées ; on s’arrêterait au n° 5 à 3 l. au n° 4 et ainsi de suite. Si le blé, par

l’effet d’une abondance permanente, tombait à 3 l. 10 sch., le capital employé dans le n° 6

cesserait son emploi ; car ce n’est que quand le blé vaut 4 l., que ce capital peut rapporter les

profits ordinaires, même étant exempt de rente. Il serait donc déplacé pour être employé à

fabriquer les produits avec lesquels on achèterait et l’on importerait tout le blé que l’on

récoltait sur le n° 6. Dans ce nouvel emploi, il deviendrait nécessairement plus lucratif pour le

capitaliste ; car, s’il pouvait obtenir plus de blé par la culture de la terre dont il ne paie pas de

rente, que par la fabrication d’un produit quelconque avec lequel il peut acheter du blé, son

prix ne pourrait pas être au-dessous de 4 l.

On a pourtant prétendu que l’on ne pouvait pas retirer le capital engagé dans la terre, parce

qu’il se convertit en dépenses qu’on ne peut plus recouvrer, telles que celles des engrais, des

clôtures, des desséchements, etc., qui s’incorporent à la terre, et en deviennent inséparables.

Cela est vrai jusqu’à un certain point ; mais le capital qui se compose de bétail, de moutons, de

meules de foin ou de blé, de charrettes, etc., peut être retiré ; et il reste à calculer, si ces objets

doivent continuer à être employés sur la terre, malgré le bas prix du blé, ou s’il ne vaut pas

mieux les vendre, et employer leur valeur à autre chose.

Supposons, cependant, que le fait soit tel qu’on l’énonce, et qu’aucune partie du capital ne

puisse être retirée[81], le fermier, dans ce cas, continuerait à cultiver du blé, et à en récolter

précisément la même quantité, quel qu’en fût le prix ; car il ne serait pas de son intérêt d’en

récolter moins, puisque, s’il n’employait pas son capital de cette manière, il n’en obtiendrait

aucun profit. Il n’y aurait aucune importation de blé, car on le vendrait au-dessous de 3 l. 10

sch., plutôt que de ne pas le vendre ; et, dans le cas supposé, le négociant qui en importerait

de l’étranger ne pourrait point le donner au-dessous de ce prix. À la vérité, les fermiers qui

cultiveraient des terres de cette qualité inférieure, souffriraient de la baisse dans la valeur

échangeable de leurs denrées ; mais quel effet en éprouverait le pays ? Nous aurions pré-

cisément la même quantité de toutes sortes de produits ; mais les produits immédiats de la

terre, et le blé, se vendraient à bien meilleur marché. Le capital d’un pays se compose de ses

produits ; et comme ils seraient les mêmes qu’auparavant, la reproduction s’en ferait toujours

dans la même proportion. Le bas prix du blé ne rapporterait cependant les profits ordinaires

des capitaux que sur les terres n° 5, qui, dans ce cas, ne paieraient pas de rente, et celle de

toutes les terres d’une qualité supérieure baisserait ; les salaires baisseraient en même temps,

tandis que les profits monteraient.

À quelque bas prix que tombât le blé, si le capital ne pouvait être retiré de la terre, et si la

demande n’augmentait pas, l’importation du blé serait impossible, car le pays en produirait la

même quantité qu’auparavant. Bien qu’il y eût un partage différent du produit, bien que

quelques classes de la société y gagnassent, et que d’autres y perdissent, la somme totale de la

production serait exactement la même, et la nation, prise collectivement, ne se trouverait ni

plus riche ni plus pauvre.

Mais une baisse relative dans le prix du blé a toujours cet heureux résultat d’accroître le fonds

destiné à payer le travail ; car, sous le nom de profits, une part plus considérable reviendra à la

classe productive, et une moindre part, sous le titre de rente, à la classe improductive.

Cela est vrai, même en admettant que le capital ne peut pas être retiré de la terre, et qu’il doit y

être employé ou rester sans emploi. Si pourtant une grande partie de ce capital pouvait être

retirée, comme il est évident que cela est possible, elle ne le sera cependant que lorsqu’elle

rapportera davantage au propriétaire dans un autre emploi. Cette portion de capital ne sera

donc retirée que lorsqu’elle pourra être employée d’une manière plus productive et pour le

propriétaire et pour le public. Le propriétaire consent à perdre la portion de capital qu’il ne peut

dégager de la terre ; car avec la portion qu’il lui est possible d’en retirer, il peut obtenir une

plus grande valeur et une plus grande quantité de produits agricoles, que s’il voulait tirer parti

de la portion de capital qu’il laisse dans la terre. Il se trouve précisément dans la position d’une

personne qui aurait construit à grands frais des machines dans une manufacture, machines qui

auraient été tellement perfectionnées par de récentes découvertes, qu’il en serait résulté une

diminution dans le prix de ses produits. Ce serait un sujet bien digne de calcul pour lui, de

savoir s’il doit abandonner ses vieilles machines, et les remplacer par d’autres plus parfaites, en

perdant toute la valeur des anciennes, ou continuer à tirer parti de leur puissance,

comparativement faible. Quel serait l’homme qui, dans de telles circonstances, s’aviserait de lui

conseiller de ne point adopter les nouvelles machines, par la raison que cela diminuerait ou

détruirait même la valeur des anciennes ?

Tel est cependant le raisonnement de ceux qui voudraient que l’on défendit l’importation du

blé, raisonnement fondé sur ce qu’elle tend diminuer ou même à anéantir cette partie du capital

du fermier qui est pour jamais identifiée avec la terre. Ils ne voient pas que tout commerce tend

à augmenter la production, et que, par cet accroissement, le bien-être général est augmenté,

quoiqu’il puisse en résulter quelque perte partielle. Pour être d’accord avec eux-mêmes, ils

devraient chercher à arrêter tout perfectionnement en agriculture et en manufactures, et toutes

les inventions de machines ; car, quoique tous ces perfectionnements contribuent à

l’abondance générale, et par conséquent au bonheur de toute la société, ils ne manquent

pourtant jamais, au moment où ils sont introduits, de détériorer ou d’anéantir une partie du

capital existant des cultivateurs et des manufacturiers.

La culture des terres, ainsi que tous les autres commerces, surtout dans un pays commerçant,

est sujette à une réaction, qui, dans un sens opposé, succède à l’action produite par une forte

cause excitante. C’est ainsi que, si une guerre interrompt l’importation du blé, la hausse de prix

qui s’ensuivra attirera les capitaux vers l’agriculture, par l’appât des gros profits qu’un tel

emploi présente. Il en résultera probablement qu’il y aura plus de capital employé, et qu’il sera

apporté au marché plus de denrées du sol qu’il n’en faut pour la demande du pays. Dans ce

cas, le prix du blé tombera par l’effet de la surabondance, et jusqu’à ce que le terme moyen de

l’offre se trouve de niveau avec celui de la demande, les cultivateurs seront sous le coup d’une

crise douloureuse.

Chapitre 20 - Des propriétés distinctives de la valeur des richesses

« Un homme est pauvre ou riche, dit Adam Smith, selon le plus ou moins de choses

nécessaires, utiles ou agréables, dont il peut se procurer la jouissance. »

La valeur diffère donc essentiellement de la richesse ; car la valeur ne dépend pas de

l’abondance, mais bien de la difficulté ou de la facilité de production. Le travail d’un million

d’hommes produira toujours la même valeur industrielle, sans produire toujours la même

richesse. Par l’invention de machines, par plus d’habileté, par une division mieux entendue du

travail, ou par la découverte de nouveaux marchés où l’on peut faire des échanges plus

avantageux, un million d’hommes peut, dans un état donné de la société, doubler ou tripler les

richesses, les choses nécessaires, utiles ou agréables, que produisait auparavant le même

nombre d’ouvriers ; mais on n’ajouterait rien par là à la valeur des produits. En effet, tout

augmente ou baisse de valeur à proportion de la facilité ou de la difficulté de production, ou, en

d’autres mots, à proportion de la quantité de travail employée dans la production.

Supposons qu’avec un capital donné, le travail d’un certain nombre d’ouvriers puisse produire

mille paires de bas ; et que, par des inventions de machines, le même nombre d’hommes

puisse en produire deux mille paires, ou qu’en continuant à produire mille paires, il puisse, de

plus, fabriquer cinq cents chapeaux. Dans ce cas, la valeur des deux mille paires de bas, ou

celle des mille paires de bas jointe à celle des cinq cents chapeaux, sera exactement la même

qu’avaient les mille paires de bas avant l’introduction des machines, parce que ces différents

produits seront le résultat de la même quantité de travail. Mais la valeur de la masse générale

des denrées se trouvera cependant diminuée ; car, quoique la valeur des produits, augmentés

par suite des procédés perfectionnés, soit exactement égale en valeur à la quantité produite

avant ce perfectionnement, il y a aussi un effet produit sur la portion de marchandises non

encore consommées, et qui ont été fabriquées avant l’introduction des procédés perfectionnés.

La valeur de ces marchandises se trouvera réduite ; car il faut qu’elle tombe, à quantités égales,

au niveau de celle des marchandises produites sous l’influence des procédés perfectionnés ; et

la société, malgré la quantité augmentée de ses produits et le surcroît de richesse et de moyens

de jouissance, aura, somme totale, moins de valeurs. En augmentant constamment la facilité de

production, nous diminuons constamment la valeur de quelques-unes des choses produites

auparavant, quoique, par ce même moyen, nous accroissions non-seulement la richesse

nationale, mais encore la faculté de produire pour l’avenir.

Grand nombre d’erreurs, en économie politique, ont pris leur source dans cette manière fausse

de regarder l’augmentation de la richesse et l’augmentation de la valeur comme des

expressions synonymes, et dans les fausses notions sur ce qui constitue la mesure commune

de la valeur. L’un, regardant le numéraire comme la mesure de la valeur, croit qu’une nation

devient riche ou pauvre, selon que ses produits, de quelque nature qu’ils soient, peuvent

s’échanger contre plus ou moins de numéraire. D’autres regardent le numéraire comme un

agent très-commode d’échange, mais non comme une mesure convenable, par laquelle on

puisse estimer la valeur des choses ; d’après eux, la véritable mesure de la valeur, c’est le

blé[82], et un pays est riche ou pauvre, selon que ses produits peuvent lui procurer en échange

plus ou moins de blé. Il en est encore d’autres qui regardent un pays comme pauvre ou riche,

selon la quantité de travail qu’il peut payer[83]. Mais pourquoi l’or, le blé ou le travail, seraient-

ils la mesure commune de la valeur plutôt que le charbon ou le fer, que le drap, le savon, la

chandelle, ou tout autre objet nécessaire à l’ouvrier ? Comment, en un mot, une denrée

quelconque, ou toutes les denrées ensemble, pourraient-elles constituer une mesure com-

mune, lorsque la mesure elle-même se trouve être sujette à éprouver des variations dans sa

valeur ? Le blé, ainsi que l’or, peut, par la difficulté ou la facilité de sa production, varier de 10,

20 ou 30 pour 100, relativement aux autres choses ; pourquoi donc dire toujours que ce sont

ces autres choses qui ont varié, et non le blé ? Il n’y a de denrée invariable que celle qui, dans

tous les temps, exige pour sa production le même sacrifice de travail et de peines. Nous n’en

connaissons point de semblables, mais nous pouvons en parler et en raisonner, par hypothèse,

comme si elle existait ; et nous pouvons perfectionner la théorie de la science en faisant voir

clairement que toutes les mesures adoptées jusqu’à présent pour apprécier la valeur sont

absolument inapplicables[84].

Et en supposant même qu’une de ces mesures fût une mesure exacte de la valeur, elle ne le

serait cependant pas de la richesse ; car la richesse ne dépend pas de la valeur. Un homme est

riche ou pauvre, selon l’abondance des choses nécessaires ou d’agrément dont il peut disposer,

et elles contribuent également aux jouissances du possesseur, que leur valeur échangeable

contre de l’argent, du blé ou du travail, soit forte ou faible. C’est en confondant les idées de

valeur et de richesse qu’on a prétendu qu’en diminuant la quantité des marchandises, c’est-à-

dire des choses nécessaires, utiles ou agréables à la vie, on pouvait augmenter les richesses. Si

la valeur était la mesure de la richesse, on ne pourrait pas nier cette proposition, car la rareté

des choses en augmente la valeur. Mais si Adam Smith a raison, si la richesse se compose des

choses de nécessité et d’agrément ; dans ce cas elle ne saurait augmenter par la diminution de

ces choses.

Il est vrai qu’une personne qui possède un objet rare, est plus riche, si, au moyen de cet objet,

elle peut se procurer une plus grande quantité de choses nécessaires et agréables à la vie ;

mais le fonds général duquel est tirée la richesse des autres personnes s’en trouve

nécessairement diminué.

« Que l’eau devienne rare, dit lord Lauderdale, et qu’elle soit le partage exclusif d’un seul

individu, sa richesse personnelle croîtra ; car l’eau, dans ce cas, aura une valeur ; et si la

richesse nationale se compose de la somme des fortunes individuelles, par ce moyen la richesse

générale se trouvera aussi augmentée. »

La richesse de cet individu augmentera, nul doute ; mais comme il faudra que le fermier vende

une partie de son blé, le cordonnier une partie de ses souliers, et que tout le monde se prive

d’une partie de son avoir dans l’unique but de se procurer de l’eau qu’ils avaient auparavant

pour rien, ils seront tous appauvris de toute la quantité de denrées qu’ils sont forcés de

consacrer à cet objet, et le propriétaire de l’eau aura un profit précisément égal à leur perte. La

société jouira toujours de la même quantité d’eau et de la même quantité de denrées; mais la

distribution en sera différente. C’est cependant dans la supposition qu’il y a seulement

monopole d’eau, et non disette ; car si l’eau manquait, la richesse nationale et individuelle se

trouverait réellement réduite, en tant qu’elle serait privée d’une portion d’un des objets qui

servaient aux jouissances générales. Non-seulement le fermier avait moins de blé à donner en

échange pour les autres denrées qui pourraient lui être nécessaires ou agréables ; mais il

éprouverait, comme tout autre individu, une diminution dans la jouissance d’un objet aussi

essentiel à son bien-être. Il y aurait donc, non-seulement une répartition différente des

richesses, mais il y aurait encore perte réelle de richesse.

C’est pourquoi l’on pourrait dire de deux pays qui posséderaient une quantité égale de toutes

les choses nécessaires, utiles ou agréables à la vie, qu’ils sont également riches ; mais la valeur

de leurs richesses respectives dépendra de la facilité ou difficulté comparative avec laquelle ces

richesses sont produites. Si une machine perfectionnée nous donnait le moyen de faire deux

paires de bas, au lieu d’une, sans employer plus de travail, on donnerait double quantité de bas

en échange d’une aune de drap. Si une pareille amélioration avait lieu dans la fabrication du

drap, les bas et le drap s’échangeraient dans les mêmes proportions qu’auparavant ; mais ils

auraient tous les deux baissé de valeur, puisqu’il faudrait en donner double quantité en les

échangeant contre des chapeaux, de l’or ou d’autres marchandises en général, pour obtenir

une quantité déterminée de ces objets. Que l’amélioration s’étende à la production de l’or et de

toute autre denrée, et les anciennes proportions seront de nouveau rétablies. Il y aura double

quantité de produits annuels, et par conséquent la richesse nationale sera doublée ; mais elle

n’aura point augmenté de valeur[85].

Quoique Adam Smith ait donné de la richesse une idée exacte et dont j’ai déjà plus d’une fois

fait mention, il en donne ensuite une explication différente, en disant « qu’un homme doit être

riche ou pauvre, selon qu’il peut disposer de plus ou moins de travail. » Cette manière de voir

est essentiellement différente de la première, et est certainement inexacte ; car, supposons que

les mines fussent devenues plus productives, en sorte que l’or et l’argent eussent baissé de

valeur, par la plus grande facilité de leur production ; ou que le velours étant fabriqué avec

beaucoup moins de travail qu’auparavant, la valeur en tombât de moitié ; la richesse de tous les

consommateurs de ces articles se trouverait augmentée. Un particulier pourrait, dans ce cas,

augmenter la quantité de sa vaisselle ; un autre pourrait acheter une quantité double de

velours ; mais, quoique possesseurs de cette quantité additionnelle de vaisselle et de velours,

ils ne pourraient pas employer plus d’ouvriers que par le passé ; car la valeur échangeable du

velours et de la vaisselle ayant baissé, ils seraient obligés de sacrifier une plus grande portion

de cette sorte de richesse au paiement de la journée de l’ouvrier. La richesse ne saurait donc

être estimée par la quantité de travail qu’elle peut payer.

De tout ce qu’on vient de dire, il résulte que la richesse d’un pays peut s’accroître de deux

manières : par l’emploi d’une portion plus considérable de revenu consacré à l’entretien des

travailleurs, - ce qui non-seulement augmentera la quantité, mais encore la valeur de la masse

des produits : ou encore, par l’augmentation des forces productives du même travail, - ce qui

ajoutera à l’abondance, mais n’augmentera point la valeur des produits.

Dans le premier cas, non-seulement un pays deviendra riche, mais encore la valeur de ses

richesses s’accroîtra. Il s’enrichira par l’économie, en réduisant ses dépenses en objets de luxe

et d’agrément, et en employant le fruit de ses épargnes à la reproduction.

Dans le second cas, il se peut qu’il n’y ait ni réduction dans les dépenses de luxe et d’agré-

ment, ni augmentation de travail productif employé ; mais avec la même quantité de travail, les

produits seront plus considérables : la richesse s’accroîtra, mais non la valeur[86].

De ces deux manières d’augmenter la richesse, on doit préférer la seconde, puisqu’elle produit

le même effet sans nous priver de nos jouissances ni les diminuer, ce qui est inévitable dans la

première.

Le capital d’un pays est cette portion de sa richesse qui est employée dans le but d’une

production à venir. Il peut s’accroître de même que la richesse. Un surcroît de capital contri-

buera aussi effectivement à la production de la richesse future, qu’il provienne des amélio-

rations dans les connaissances pratiques et dans les machines, ou de l’emploi d’une plus

grande partie du revenu dans la reproduction ; car la richesse tient toujours à la quantité des

produits, sans égard pour la facilité avec laquelle on peut s’être procuré les instruments qui

servent à la production. Une certaine quantité de vêtements et de vivres suffira aux besoins et à

l’entretien d’un même nombre d’hommes, et fera faire la même quantité d’ouvrage, que ces

objets soient le fruit du travail de cent hommes ou de deux cents ; - mais ces vêtements et ces

subsistances auront double valeur si les deux cents hommes ont été employés à les produire.

Malgré les modifications qu’il a introduites dans la quatrième et dernière édition de son Traité

d’Économie politique, M. Say me paraît avoir été très-malheureux dans sa définition de la

valeur et des richesses. Il considère ces deux termes comme synonymes et déclare que tout

homme est riche en proportion de l’accroissement de valeur que reçoivent ses propriétés et de

l’abondance des marchandises qu’il peut acheter. « La valeur des revenus s’accroît, dit-il, dès

que, par des causes quelconques, ils peuvent nous donner une plus grande quantité de

produits. » D’après M. Say, si donc la difficulté de produire du drap venait à doubler, et si, par

conséquent, le drap s’échangeait contre une quantité de marchandises deux fois plus grande, il

doublerait de valeur : cela est incontestable. Mais dans le cas où la production de ces

marchandises se trouverait facilitée sans que celle du drap devînt plus coûteuse, et où, par

conséquent, le drap s’échangerait encore contre une quantité de marchandises double, M. Say

soutiendrait encore que la valeur du drap a doublé ; tandis que, d’après mes propres vues sur

la matière, il devrait dire que le drap a conservé sa valeur première, et que ces marchandises

ont baissé de moitié. M. Say ne manque-t-il pas de logique lorsqu’il dit que les progrès de la

production peuvent faire qu’on crée, avec les mêmes procédés, deux sacs de blé au lieu d’un,

que la valeur de ces sacs baisse conséquemment de moitié, et que, néanmoins, le drapier, qui

échange ses étoffes contre deux sacs de blé, obtiendra une valeur double de celle qu’il recevait,

alors qu’il recevait un seul sac de blé pour son drap. Si deux sacs ont maintenant la valeur

qu’un seul sac avait précédemment, il recevra exactement la même valeur, et rien de plus : il

obtient, sans doute, une somme de richesse et d’utilité double, il reçoit deux fois plus de ce

qu’Adam Smith appelle valeur en usage, mais non de ce qu’on entend par valeur en échange,

ou valeur proprement dite. C’est pourquoi M. Say a tort quand il considère comme synonymes

les termes de valeur, d’utilité ; de richesse. Je pourrais même en appeler à M. Say, et emprunter,

au bénéfice de ma cause et de la différence essentielle qui existe entre la valeur et les

richesses, plusieurs chapitres de ses ouvrages ; tout en reconnaissant, cependant, que dans

d’autres passages il combat mes idées. Il m’est, on le pense bien, impossible de concilier ces

pages contradictoires, et je les désigne à M. Say lui-même, pour qu’il me fasse l’honneur de

discuter mes observations dans une édition future de son ouvrage, et qu’il y introduise les

explications que tout le monde, comme moi, juge nécessaires pour la parfaite entente de ses

doctrines.

1. Dans l’échange de deux produits, ce que nous échangeons réellement ce sont les services

productifs qui ont servi à les créer. Traité d’Économie politique, édit. GUILLAUMIN, p. 346.

2. Il n’y a cherté véritable que celle provenant des frais de production : et une chose réellement

chère est celle qui coûte beaucoup à produire.

3. La valeur de tous les services productifs nécessaires pour la création d’un produit, constitue les

frais de production de cet article.

4. C’est l’utilité qui détermine la demande d’une marchandise : mais ce sont les frais de

production qui servent de limite à cette demande. Quand son utilité ne suffit même pas pour

élever la valeur au niveau des frais de production, cette chose ne vaut pas ce qu’elle a coûté ; et

il y faut voir la preuve que les mêmes services productifs auraient pu être employés plus

avantageusement dans une autre branche d’industrie. Les propriétaires des fonds productifs,

ceux qui disposent de capital, de terre ou de travail, sont constamment occupés à comparer les

frais de production avec la valeur d’échange, ou, ce qui retient au même, la valeur des

différentes marchandises entre elles. En effet, les frais de production ne sont autre chose que la

valeur des services productifs consacrés à la création d’une marchandise ; et la valeur d’un

service productif n’est autre chose que celle de la marchandise produite. D’où il suit que la

valeur d’une marchandise, la valeur d’un service productif, la valeur des frais de production

sont des valeurs équivalentes, toutes les fois qu’on laisse prendre aux choses leur cours

naturel.

5. La valeur des revenus s’accroît donc du moment où ils nous procurent - n’importe par quels

moyens - une plus grande somme de produits.

6. Le prix sert de mesure à la valeur des choses, et leur valeur sert à mesurer leur utilité.

7. L’échange fait librement montre pour le temps, le lieu, la situation sociale où l’on se trouve, le

prix que nous attachons aux choses échangées.

8. Produire, c’est créer de la valeur en donnant de l’utilité aux choses qui n’en ont pas, ou en

augmentant celle qu’elles ont déjà, et par conséquent en faisant naître des demandes.

9. L’utilité créée constitue un produit. La valeur échangeable qui en résulte est seulement la

mesure de cette utilité et de la production qui vient d’avoir lieu.

10. L’utilité que les habitants de certaines contrées reconnaissent à une chose, ne peut être

appréciée que par le prix qu’ils consentent à en donner.

11. Le prix est la mesure de l’utilité que notre jugement attache a un produit, et de la satisfaction

que nous éprouvons en le consommant : en effet personne ne se livrerait à cette consommation

si, pour le même prix, on pouvait se procurer une utilité, une jouissance plus grande.

12. Une valeur incontestable est la quantité de toute autre chose qu’on peut obtenir, du, moment

qu’on le désire, en échange de la chose dont on veut se défaire, p. 314, édit. Guillaumin.

S’il n’y a réellement de cherté que celle qui naît des frais de production, comment dire qu’une

marchandise peut hausser de valeur sans que les frais de production augmentent, et par cela

seul qu’elle s’échangera contre une quantité plus grande de certaines denrées dont le coût aura

diminué ? Quand je donne deux mille fois plus de drap pour une livre d’or que pour une livre de

fer, cela prouve-t-il que j’accorde à l’or une utilité deux mille fois plus grande qu’au fer ?

Certainement non : cela prouve simplement - comme l’a reconnu M. Say au paragraphe 2, - que

la production de l’or est deux mille fois plus difficile, plus coûteuse que celle du fer. Si les frais

de production de ces deux métaux étaient les mêmes, j’en donnerais le même prix ; mais si

l’utilité était réellement le fondement de la valeur des choses, il est probable que je donnerais

davantage pour le fer. C’est la concurrence des producteurs « perpétuellement occupés, dit

l’auteur, à comparer les frais de production avec la valeur de la chose créée, » qui règle la

valeur des différentes marchandises. Si donc je donne un shilling pour un pain et 21 shillings

pour une guinée, il ne faut pas y voir la mesure de l’utilité que j’attribue à chacune de ces

denrées.

Dans le numéro 4 M. Say défend, presque sans modification, la doctrine que j’ai émise

relativement à la valeur. Au rang des services productifs il place ceux qu’on retire de la terre,

du capital, du travail : je n’admets, moi, à l’exclusion complète de la terre, que le capital et le

travail. La différence provient ici de la diversité de nos vues sur la rente territoriale. Je la

considère, moi, comme le résultat d’un monopole partiel qui, loin de régler les prix, en subit au

contraire l’influence. Je crois que si tous les propriétaires renonçaient, par un généreux effort, à

toutes leurs rentes, le prix des produits agricoles ne baisserait pas : car il y aurait toujours une

certaine proportion de ces produits créés sur des terres qui ne paient pas et ne peuvent pas

payer de rentes, - l’excédant du produit sur les frais suffisant à peine pour couvrir les profits

du capital.

Pour conclure, et quoique personne n’estime plus haut que moi les avantages qui peuvent

résulter pour toutes les classes de consommateurs de l’abondance et du bas prix réel des

marchandises, je ne puis tomber d’accord avec M. Say quand il évalue le prix d’une mar-

chandise par l’abondance des autres marchandises contre lesquelles elle s’échange. Je suis, à

cet égard, de l’avis d’un écrivain distingué, M. Destutt de Tracy, qui dit que « mesurer une

chose, c’est la comparer avec une quantité donnée de cette autre chose qui nous sert de terme

de comparaison, d’étalon, d’unité. Mesurer, déterminer une longueur, une valeur, un poids,

c’est donc rechercher combien ils contiennent de mètres, de francs, de grammes, en un mot,

d’unités d’une même nature[87]. » Le franc n’est une mesure de valeur, que pour une certaine

quantité du métal dont sont faits les francs, à moins que les francs et la chose qu’on doit

mesurer ne puissent être rapportés à quelqu’autre mesure commune aux deux. Or, je crois

qu’on peut effectivement trouver ce terme de comparaison, car les francs et la marchandise

déterminée étant le résultat de la même somme de travail, le travail peut être considéré comme

une mesure commune servant à déterminer leur valeur réelle et relative. Ceci, je suis heureux

de le dire, me paraît être aussi l’avis de M. Destutt de Tracy. Il dit : « Comme il est certain que

nos facultés physiques et morales sont nos seules richesses primitives, l’emploi de ces facultés

constitue aussi notre seul trésor à l’origine des sociétés ; et c’est par consé quent de notre

activité, de notre intelligence, que découlent les choses que nous nommons richesses, aussi

bien celles qui sont le plus nécessaires que celles qui sont simplement une valeur d’agrément. Il

est évident, aussi, que toutes ces choses représentent uniquement le travail qui les a créées ; et

si elles ont une valeur, ou deux valeurs différentes, elles les reçoivent de la somme de travail

dont elles émanent[88]. »

M. Say, en parlant du mérite et des imperfections du bel ouvrage d’Adam Smith, l’accuse d’avoir

commis une erreur, en attribuant au seul travail de l’homme le pouvoir de produire des valeurs.

« Une analyse plus exacte, dit M. Say, prouve que ces valeurs sont dues à l’action du travail, ou

plutôt de l’industrie de l’homme combinée avec l’action des agents que lui fournit la nature, et

avec celle des capitaux…. Ce principe méconnu l’empêche d’établir la vraie théorie des

machines, par rapport à la production des richesses. »

En contradiction avec l’opinion d’Adam Smith, M. Say, dans le quatrième chapitre du premier

livre de son Traité d’Économie politique, parle de la valeur que les agents naturels, tels que la

lumière du soleil, l’air, la pression de l’atmosphère, donnent aux choses, en remplaçant souvent

le travail de l’homme, et quelquefois en travaillant à la production en communauté avec lui[89].

Mais ces agents naturels, quoiqu’ils ajoutent beaucoup à la valeur d’utilité n’augmentent jamais

la valeur échangeable d’une chose, et c’est celle dont parle ici M. Say. Aussitôt qu’au moyen de

machines, ou par nos connaissances en physique, nous forçons les agents naturels à faire

l’ouvrage que l’homme faisait auparavant, la valeur échangeable de cet ouvrage tombe en

conséquence. S’il fallait dix hommes pour faire tourner un moulin à blé, et qu’on découvrît que,

par le moyen du vent ou de l’eau, le travail de ces dix hommes pourrait être épargné, la farine

qui serait le produit de l’action du moulin tomberait dès ce moment de valeur, en proportion de

la somme de travail épargné ; et la société se trouverait enrichie de toute la valeur des choses

que le travail de ces dix hommes pourrait produire, - les fonds destinés à l’entretien des

travailleurs n’ayant pas éprouvé par là la moindre diminution M. Say méconnaît toujours la

différence qui existe entre la valeur en échange et la valeur d’utilité.

M. Say accuse le docteur Smith de n’avoir pas fait attention à la valeur donnée aux choses par

les agents naturels et par les machines, en raison de ce qu’il considérait la valeur de toutes

choses comme étant dérivée du seul travail de l’homme ; mais il ne me paraît pas que cette

accusation soit prouvée ; car, dans aucun endroit de son ouvrage, Adam Smith ne déprécie les

services que ces agents naturels et les machines nous rendent, mais il caractérise avec

beaucoup de justesse la nature de valeur qu’ils ajoutent aux choses. Ils sont utiles, en ce qu’ils

augmentent l’abondance des produits, et qu’ils ajoutent à notre richesse en augmentant la

valeur d’utilité ; mais, comme ils travaillent gratuitement, comme on ne paie rien pour l’usage

de l’air, de la chaleur du soleil, ni de l’eau, les secours qu’ils nous prêtent n’ajoutent rien à la

valeur échangeable[90].

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