Capitolo V di Dei verbum, Recherche de Théologie. Pontificia Università Gregoriana
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jameson-pierre13 mai 2017

Capitolo V di Dei verbum, Recherche de Théologie. Pontificia Università Gregoriana

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La rivelazione nel Nuovo Testamento
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Pontificia università Gregoriana FACOLTÀ DI TEOLOGIA

Seminaire sur la revelation ______________________________________________________________

Jameson PIERRE 164164

TST121 Révélation divine, Tradition, Ecriture,

Magistère

Chapitre V : Le Nouveau Testament

Prof.: Rév. Père Matthieu Rouillé d'Orfeuil

Anno Accademico 2016/2017

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

CHAPITRE V :

Nouveau Testament

17. Excellence du Nouveau Testament

La Parole de Dieu, qui est une force divine pour le salut de tout croyant (cf. Rm 1,

16), se présente dans les écrits du Nouveau Testament et sa puissance s’y manifeste de

façon singulière. Dès que fut venue, en effet, la plénitude des temps (cf. Ga 4, 4), le

Verbe de Dieu s’est fait chair, et il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité

(cf. Jn 1, 14). Le Christ a instauré le règne de Dieu sur terre ; par ses gestes et ses

paroles, il a révélé et son Père et lui-même ; par sa mort, sa résurrection, son ascension

glorieuse et par l’envoi de l’Esprit Saint, il a parachevé son œuvre. Élevé de terre, il

attire à lui tous les hommes (cf. Jn 12, 32 grec), lui qui seul possède les paroles de la vie

éternelle (cf. Jn 6, 68). Mais ce mystère n’a pas été dévoilé aux autres générations

comme il l’a été désormais dans l’Esprit Saint à ses saints Apôtres et prophètes

(cf. Ep 3, 4-6 grec), afin qu’ils proclament l’Évangile, qu’ils suscitent la foi en Jésus,

Christ et Seigneur, et qu’ils rassemblent son Église. De ces réalités, les écrits du

Nouveau Testament présentent un témoignage permanent et divin.

18. L’origine apostolique des Évangiles

Il n’échappe à personne qu’entre toutes les Écritures, même celles du Nouveau

Testament, les Évangiles possèdent une supériorité méritée, en tant qu’ils constituent

le témoignage par excellence sur la vie et sur la doctrine du Verbe incarné, notre

Sauveur.

Toujours et partout l’Église a tenu et tient l’origine apostolique des quatre

Évangiles. Ce que les Apôtres, en effet, sur l’ordre du Christ, ont prêché, eux-mêmes et

des hommes de leur entourage nous l’ont, sous l’inspiration divine de l’Esprit, transmis

dans des écrits qui sont le fondement de la foi, à savoir, l’Évangile quadriforme selon

Matthieu, Marc, Luc et Jean.

19. Leur caractère historique

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

La sainte Mère Église a tenu et tient fermement et, avec la plus grande constance, que ces quatre Évangiles, dont elle affirme sans hésiter l’historicité, transmettent

fidèlement ce que Jésus, le Fils de Dieu, durant sa vie parmi les hommes, a réellement

fait et enseigné pour leur salut éternel, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel (cf. Ac 1, 1-

2). En effet, ce que le Seigneur avait dit et fait, les Apôtres après son Ascension le

transmirent à leurs auditeurs avec cette intelligence plus profonde des choses dont

eux-mêmes, instruits par les événements glorieux du Christ et éclairés par la lumière de

l’Esprit de vérité, jouissaient. Les auteurs sacrés composèrent donc les quatre Évangiles,

choisissant certains des nombreux éléments transmis soit oralement soit déjà par écrit,

rédigeant un résumé des autres, ou les expliquant en fonction de la situation des

Églises, gardant enfin la forme d’une prédication, de manière à nous livrer toujours sur

Jésus des choses vraies et sincères. Que ce soit, en effet, à partir de leur propre mémoire

et de leurs souvenirs, ou à partir du témoignage de ceux qui « furent dès le début

témoins oculaires et serviteurs de la Parole», ils composèrent leurs écrits dans le but de

nous faire éprouver la « vérité » des enseignements que nous avons reçus (cf. Lc 1, 2-4).

20. Les autres écrits du Nouveau Testament

Le canon du Nouveau Testament, outre les quatre Évangiles, comprend aussi des

épîtres de saint Paul et d’autres écrits apostoliques, composés sous l’inspiration de

l’Esprit Saint ; ces écrits, selon les sages dispositions de Dieu, confirment ce qui touche

au Christ Notre Seigneur, présentent sa doctrine authentique avec des précisions toujours plus grandes, font connaître aux hommes l’œuvre divine du Christ avec sa

puissance de salut, racontent les débuts de l’Église et son admirable expansion, et

annoncent par avance sa glorieuse consommation. Le Seigneur Jésus en effet, comme il

l’avait promis, est resté présent auprès de ses Apôtres (cf. Mt 28, 20) et il leur envoya

l’Esprit consolateur qui devait les introduire dans la plénitude de la vérité (cf. Jn 16,

13).

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

INTRODUCTION

Nombreux sont les détracteurs tenant à affirmer le caractère non historique des

évangiles. Certains arrivent à dire que le Nouveau testament, en particulier les évangiles

ne sont que des récits mythiques, et Jésus, simple fiction. D’autres encore dans «leur

explication des évangiles discréditent la foi humaine qui leur est due en détruisant la foi

divine»1. Face à ces multiples affirmations, plus d’un siècle avant Vatican II, l’Eglise ne

cesse de publier des encycliques et d’autres textes afin de défendre, soit par des

condamnations ou des éclaircissements, certaines critiques portant sur les évangiles.

Dans ses différents textes, elle tient à affirmer le rapport existant entre les évangiles et

l’histoire. Elle donne aussi des pistes de réflexion ayant rapport à l’historicité des

évangiles, tel était le cas du décret Lamentabili2, publié le 3 juillet 1907. Enfin, le Pape

Benoit XV parle de l’historicité des quatre évangiles dans l’encyclique Spiritus

paraclitus, publié à l’occasion du quinzième bicentenaire de la mort de saint Jérôme 3.

Passant par Vatican I pour arriver au concile Vatican II, l’Eglise continue à

expliciter l’historicité des évangiles. C’est sur les traces de plusieurs documents

ecclésiaux, en particulier le document de l’Instruction Sancta Mater Ecclesia que le

Concile Vatican II va examiner la Révélation dans le Nouveau Testament. Pour arriver

à parler de la Révélation, le concile met en exergue les écrits néotestamentaires, en particulier les évangiles tout en tenant compte du problème de leur historicité. Il aborde

ce chapitre en quatre paragraphes : le premier paragraphe affirme la suprématie du

Nouveau Testament ; «les deux suivants donnent des enseignements sur l’origine

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

1

Z. Alszeghy, A. Anton, … sous la direction de René LATOURELLE, Vatican II Bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), série 15, Ed. Cerf, Paris, 1988, p.310.

2

Dans ce décret : lamentabili, le Pape Saint Pie X condamne les principales erreurs du modernisme dont six se rapportent au problème de l’historicité des évangiles.

3

Z. Alszeghy, A. Anton, … sous la direction de René LATOURELLE, Vatican II Bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), p. 309.

apostolique et sur l’historicité des évangiles (18-19)»4; et le dernier embrasse

l’ensemble des autres écrits. De ce fait, plusieurs questions peuvent surgir dans notre

mémoire : pourquoi le concile met beaucoup l’emphase sur le Nouveau Testament pour

parler de la Révélation? Et pourquoi fait-il éloge des évangiles tout en se contentant de

mentionner les autres écrits ? Etait-il important de retourner à ce problème

d’historicité ?

Dans une analyse profonde, nous allons essayer d’entrer dans l’esprit du concile

pour pouvoir arriver à nous éclaircir sur le sens profond de ce 5ème chapitre de la

constitution dogmatique Dei Verbum.

I-

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

4

Xavier Léon-Dufour, Vatican II: la Révélation divine, Tome II, Ed. Cerf, 1968, p. 403.

Analyse des schémas préparatoires Le premier schéma intitulé De fontibus revelationis, élaboré par une commission

théologique, constitue une phase emblématique de mode apologétique. Il n’est pas privé

de polémique et de condamnation5. Les auteurs de ce schéma voient dans le concile une

occasion pour l’Église de réaffirmer une doctrine sûre et traditionnelle en mettant en

exergue l’historicité des évangiles. De ce fait, le No19 qui traite de l’historicité des

évangiles, est considéré comme le point central de tout le chapitre. Dès la première

session, un débat surgit sur le premier schéma ou les prépositions seront renvoyées à

une commission renouvelée sur la demande du pape Jean XXIII.

Dans le deuxième schéma, la commission dans le nouveau titre : de Divina

revelatione, cherche à utiliser un langage moins violent face à ceux qui se déclarent

chrétiens et en même temps qui doutent du fait historique des évangiles6. Par rapport au

premier schéma, il y a des changements qui ont été faits en ce qui concerne les deux

sources de la Révélation et sur l’historicité des évangiles. Ainsi, « le nouveau schéma ne

fait pas mention de la condamnation des erreurs sur la vérité historique des évangiles. Il

la supprime en donnant une orientation à l’étude des évangiles en précisant la position

de l’Eglise sur leur valeur historique. C’est pourquoi, il substitut l’expression credidit et

credit du schéma I par Tenuit ac tenet7. Toutefois, ce schéma n’a pas été discuté en

réunion plénière, il a été envoyé à chacun des pères conciliaires pour une observation

écrite. Cela n’empêche pas qu’il y ait des divergences et des propositions sur ce dernier

et qui conduisent à l’élaboration d’un troisième schéma.

Dans l’élaboration de ce dernier, la commission se sert du document de la

commission biblique pontificale titré Instructio de historica Evangeliorum veritate

commençant par ces mots : Sancta Mater Ecclesia8. Ce document, traitant de l’histoire

des évangiles, a joué un rôle important dans la rédaction définitive de Dei Verbum. Sous

son emprise, ce qui était un simple avant-propos, dans le schéma II, devient

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

5

Cf. Pier Luigi Ferrari, La Dei Verbum, Ed. Queriniana, Brescia, 2005, p. 153.

6

Cf. Xavier Léon-Dufour, Vatican II: la Révélation divine, p. 404. 7

Cf. Z. Alszeghy, A. Anton, … sous la direction de René LATOURELLE, Vatican II Bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), p.312.

8

Cf. Ibidem, p. 312.

l’importance du premier chapitre Ipsa revelatione dans le troisième schéma. De plus, il y a un recul et une augmentation d’autres chapitres. Donc, «le chapitre quatre du

schéma II, qui traitait de l’historicité des évangiles sous le titre DeNovo Testament,

devient le chapitre cinq du schéma III tout en conservant cependant le même titre»9.

Ensuite vient le quatrième schéma. A cause de la forte dépendance du texte de

l’instruction Sancta Mater Ecclesia, certains pères manifestent un esprit défavorable au

schéma III en demandant de retourner aux termes credidit et credit. Ce qui n’a pas été

fait puisque l’historicité des évangiles n’est pas seulement une chose de foi. D’autres suggèrent l’introduction des termes histoire ou historique à la fin du numéro 19. C’est

en ce sens qu’on parvient à insérer cette expression dans le texte : «vera et sincera de

Iesu nobiscum communicarent»10. Donc, de nouvelles versions ont été élaborées sans

pour autant être en mesure de modifier l’orientation générale du texte. Enfin, le

cinquième schéma a été préparé sur les différentes recommandations de la troisième

session conciliaire. Il a trouvé un vote favorable quasi unanime auquel a succédé la

publication de tout le document par le pape Paul VI le 18 novembre 1965.

I- Définition de quelques termes a) Testament

Le mot Testament est fondamental dans la Bible. Elle constitue la plus commune

spécification de la Sainte Ecriture. Dans son étymologie grecque diathèkè, il signifie

disposition en ce qui a trait à la disposition des livres testamentaires. Dans le langage

biblique, il renvoie au mot hébraïque : berît, désignant d’une part un pacte bilatéral entre

deux parties (Gen 31,44-52) et d’autre part une promesse, un engagement unilatéral

d’une personne envers une autre. En fait, Testamentum au-delà de son sens juridique :

dernière volonté d’un mourant formulée dans un document et qui pourrait servir après

sa mort (Gal 3,15.17), est aussi l’engagement à travers lequel Dieu s’engage

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

9

Cf. Z. Alszeghy, A. Anton, … sous la direction de René LATOURELLE, Vatican II Bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), p.313.

10

Ibidem, p. 317.

unilatéralement afin de remplir son peuple de ses bienfaits (Gen 15,17-18)11. Donc, le

mot Testament qu’identifie la Bible est une alliance entre Dieu et son peuple. «Une

alliance qui comporte des promesses de la part de Dieu et des obligations et de la

fidélité de la part des hommes»12. Cependant, cette alliance est constituée dans un

processus d’intervention de Dieu dans l’histoire de l’humanité. D’où la division entre

l’Ancien et le Nouveau Testament. La première constitue la phase préparatoire à la

réalisation de la dernière. Et la dernière elle-même achève la première tout en

établissant le rapport de l’homme à Dieu dans son don gratuit et total (Lc 1,72).

b) Nouveau Testament Le Nouveau Testament ne signifie pas celui qui remplace l’ancien, mais celui

qui vient dans une parfaite continuité avec la précédente. Ainsi, parler du Nouveau

Testament, c’est parler du renouvellement et de l’accomplissent de l’alliance que Dieu

stabilise avec le peuple d’Israël et qui s’étend jusqu’à nous. Le Nouveau Testament est

en lui-même l’alliance de Dieu à son peuple qui arrive à son achèvement en Jésus. Cette

expression «Nouvelle Alliance» se trouve déjà dans l’Ancien testament, en particulier

dans le livre de Jérémie mettant en lumière le rapport futur de Dieu avec son peuple :

«Voici venir des jours oracle de Yahvé où je conclurai avec la maison d'Israël et

la maison de Juda une alliance nouvelle. … Je mettrai ma Loi au fond de leur

être et je l'écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon

peuple» (Jer. 31,31-33).

Cette prophétie de Jérémie sera réalisée le jour du Jeudi Saint par les propres paroles de

Jésus : «le sang de la Nouvelle Alliance éternelle…» ; une parole qu’a été déjà

prononcée par Moïse (Ex 24,8) : «Ceci est le sang de l’alliance que Yahvé a conclue

avec vous»13. Par cette parole Nouvelle Alliance, Jésus rétablit le nouveau rapport entre

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

11

Cf. Massimo Grilli, Vangeli sinottici e Atti degli apostoli, Ed.fondamenta EDB, Ferrara, 2016, p. 25-26.

12

Antonio M. Javierre, In La costituzione dogmatica sulla divina rivelazione : Esposizione e commento, Ed. III. - Torino-Leumann : Elle di Ci, 1967, p. 370.

13

Cf. Ibidem p. 371

Dieu et les hommes ; un rapport définitif et éternel qui complète celui de l’Ancien Testament.

c) La supériorité du Nouveau Testament Dans la Bible, le Nouveau Testament se comprend comme l’accomplissement de

l’Ancien. Il se réalise dans l’abolition des péchés (Rom 11,27), dans l’habitation de

Dieu au milieu des hommes (2 Cor 6,16) dans la transformation intérieure que l’Esprit-

Saint apporte aux hommes (Rom 5,5) etc… En ce sens, le Nouveau est la

complémentarité de l’Ancien. Il est celui qui vient pour accomplir la prophétie de

l’Ancienne Alliance réalisant en la personne de Jésus. C’est ce que nous trouvons dans

la lettre aux Hébreux 9,15 : «Voilà pourquoi il est médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, sa mort ayant

eu lieu pour racheter la transgression de la première alliance, ceux qui sont

appelés reçoivent l’héritage éternel promis». Donc, Cette supériorité du

Nouveau Testament qu’affirme Dei Verbum sur l’Ancien a un fondement

biblique. Elle se comprend dans la médiation même de Jésus qui s’offre lui-

même en sacrifice : «de Jésus médiateur d'une alliance nouvelle, et d'un sang

purificateur plus éloquent que celui d'Abel» (He 12:24).

Qu’en est-il du texte final ?

II- L’excellence du Nouveau Testament (DV 17) Juste avant d’entrer dans l’analyse de ce numéro, il est important de porter une

différence entre Evangile et Evangiles.

a) Différence entre Evangile et Evangiles Tout d’abord, le mot Evangile vient du grec : evanggelion qui signifie

Bonne Nouvelle. Ainsi, c’est un mot qu’on utilisait dans l’Antiquité pour

annoncer une bonne nouvelle qui concerne l’empereur et ses activités

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

commençant par sa naissance14. A ce moment, l’empereur était considéré comme

un sauveur. Dans le monde chrétien ce mot a été utilisé pour la première fois par

l’Apôtre Paul dans sa lettre aux Romains pour parler de la dynamique de la

Parole de Dieu : une force créatrice qui possède toute sa puissance. Donc, dès

l’origine, ni dans le monde païen, ni dans le monde chrétien, évangile ne

désignait un livre, mais plutôt une annonce15. C’est en 165 après Jésus-Christ

que Justin va parler de l’évangile en tant que livre. Dès ce moment, on utilise ce

mot pour identifier la mise par écrit de l’Evangile. D’où la différence entre

l’Evangile et les évangiles.

En fait, les évangiles sont le passage de l’oralité à l’écriture. Ils

comprennent à la fois la prédication de Jésus et celle sur Jésus. C’est-à-dire,

dans leur dimension missionnaire, les évangiles incluent les paroles que Jésus

avait Lui-même prononcées y compris ses actes et celles prononcées sur Jésus

par ses disciples. Donc, les évangiles ne sont pas des biographies de Jésus, mais

l’annonce de l’Evangile, la mise par écrit de la Bonne nouvelle du Christ afin de susciter la foi. Bref, la vie de Jésus n’est pas un Bios mais le message du Salut

pour celui qui croit.

b) Analyse du No 17 Relié au numéro trois parlant de la plénitude de la Révélation, le numéro 17 est «riche

d’une théologie biblique et présente une grande valeur doctrinale»16. Analysons-le en

deux étapes :

La force de la Parole de Dieu Dans le but d’affirmer la prééminence du Nouveau Testament, le concile affirme

à l’instar de l’Apôtre Paul : La Parole de Dieu est une force divine pour le salut de tout

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

14

Cf. Carlo Maria Martini et al., Il Messaggio della Salvezza, Nuovo Testamento, Tome 4, Ed. Elledici-Leumann, 1968, p. 20.

15

Cf. Massimo Grilli, Vangeli sinottici e Atti degli apostoli, p.31. 16

Pier Luigi Ferrari, La Dei Verbum, p. 156.

croyant (cf.Rm1,16). Il reconnaît dans le Nouveau Testament la Parole divine comme une force rédemptrice qui agit au milieu de nous. Pour le concile, l’excellence du

Nouveau Testament ne vient pas en premier lieu des écrits, mais plutôt du contenu : une

Parole manifestée concrètement pour le salut de tous. Autrement dit, cette Parole s’est

humanisée par l’intermédiaire de Jésus-Christ afin que s’accomplisse le dessein de

Dieu. Donc, le concile met l’accent sur le caractère christologique du Nouveau

Testament. Ce dernier contient le témoignage éternel et divin des œuvres accomplies en

la personne du Christ.

Auto-communication et Plénitude de la Révélation Le concile nous présente, la Révélation comme une épiphanie, c’est-à-dire la

manifestation de Dieu «par les actions et les paroles de Jésus et elle a pour objet et le

Père et Jésus en personne»17. Ainsi, l’œuvre du Christ n’est pas caractérisée par un

enseignement d’abord, mais par un acte. Car la Révélation est une rencontre : Jésus est

celui qui s’incarne dans notre monde afin de nous révéler Dieu et lui-même. Par ses

différentes œuvres consommées par sa mort, sa résurrection, son ascension et l’envoi du

Saint Esprit, il instaure le Royaume de Dieu sur cette Terre18.

Enfin, le concile voit dans les actes de Jésus le temps du dévoilement du mystère divin : «un mystère caché aux générations précédentes et qui se communique en la

personne du Christ»19. Ce mystère est désormais manifesté et présent, sous la mouvance

de l’Esprit-Saint, en ses «apôtres et ses prophètes»20, nous dit Dei Verbum. En ce sens,

les premiers chrétiens, reçoivent la responsabilité de continuer la mission du Christ par

une triple activité : prédication de l’Evangile, susciter la foi en Jésus-Christ,

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

17

Xavier Léon-Dufour, Vatican II: la Révélation divine, p 405. 18

Cf. Ibidem, p. 405. 19

Ibidem, p. 406. 20

Selon Antonio M. Javierre, Apôtres et prophètes que mentionnent le No 19 ne veulent pas signifier le collège des douze et les prophètes de l’A.T ; mais ce sont tous les disciples et ceux qui ont le charisme de prophétiser.

rassemblement de l’Eglise21. Autrement dit, les apôtres n’ont reçu qu’une tâche de

proclamer le contenu du mystère ou l’Evangile afin de faire disciples pour le Christ.

Ainsi, l’Eglise est présentée comme le signe visible du mystère, de l’économie du salut.

Elle est le fruit de la prédication qu’a confiée le Christ à ses apôtres. Dans cette

optique, le concile cherche à éviter à prendre parti pour ceux qui disent qu’il n’y a pas

de distance entre l’Eglise et Jésus à l’encontre de ceux qui soutiennent un fossé entre

Jésus et l’Eglise. Pour cela, il inclut tout dans l’œuvre du Christ. Car, tout ce qui est

réalisé après l’ascension constitue la continuité d’une seule œuvre dont Jésus est la pierre angulaire.

III- L’origine apostolique des évangiles (DV 18) La première partie du numéro 18 se trouve dans la lignée du schéma

préparatoire. Il «donne au lecteur attentif l’impression d’une redondance»22. Ainsi, le

concile nous présente cette partie dans un style simple en respectant ce que l’Eglise a

déjà enseigné. Pour le concile, les Evangiles sont le cœur du Nouveau Testament et ils

sont d’origine apostolique. Car, ils constituent le principal témoignage sur le mystère du

Christ.

Dans la deuxième partie, le concile tient à démontrer les valeurs authentiques et antiques des Evangiles. Il ne veut pas d’abord donner un enseignement de foi aux

évangiles, mais plutôt il leur donne tout leur sens historique. Il tient aussi à mentionner

l’origine apostolique des quatre évangiles afin d’affirmer leur canonicité. Parler de

l’origine apostolique, ce mot ne veut pas signifier que les évangiles ont été écrits par les

apôtres ; mais ce qui est sûr c’est que leur mise par écrit provient de la prédication

apostolique.

Ensuite en suivant le premier schéma préparatoire, il fait un retour dans la

tradition pour parler de «l’Evangile quadriforme»23, selon saint Irénée. Par cette

formule, le concile tient compte de la différence qui existe entre l’Evangile et les

évangiles. Pour les pères conciliaires, «ce qui est premier ce ne sont pas les évangiles

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

21

Cf. Pier Luigi Ferrari, La Dei Verbum, p.157. 22

Xavier Léon-Dufour, Vatican II: la Révélation divin, p. 408. 23

Irénée, Adv.Haer., III, 11, 8: EP 215.

écrits, mais l’Evangile en tant que Verbe de Dieu avant les évangiles en tant que prédication apostolique»24. Donc, le concile montre comment que l’Evangile est unique,

car il a une seule origine qu’est le Christ, mais il s’exprime sous une forme quadruple

sous l’action de l’Esprit-Saint. Il s’est transmis comme fondement de la foi.

IV- Leur caractère historique (DV 19) a) Différence entre Histoire et historicité

En considérant la parole moderne historicité, dans son sens latin (historicitas),

dérivée de l’adjectif historicus : elle signifie la qualité d’un fait qui a eu lieu dans le

passé et non un fait mythique. Tandis que, le mot histoire signifie enquête. Elle est la

connaissance du passé. Elle contient un ensemble d’évènements qui se succèdent et

s’enchaînent dans le temps et que les historiens racontent dans le but de faire la

mémoire25. Donc, l’histoire est un récit des faits réels qui s’oppose à des faits

imaginaires. Toutefois, elle reste une synthèse faite en vue de répondre au besoin de la

communauté. Ainsi, la différence existant entre histoire et historicité, c’est que la

première requiert, dès la narration, la pensée de transmettre un fait qui s’est produit dans

le temps, tandis que la deuxième consiste dans la reconnaissance de l’existence de ce

fait dans le passé de l’humanité.

b) Analyse du texte Dans l’élaboration de ce texte, le concile tient compte du genre littéraire unique

des évangiles: le témoignage du kérygme chrétien qui s’est transmis par écrit sous la

forme d’une prédication. Dans ce cas, elle ne répond pas aux normes de

«l’historiographie moderne»26. C’est pourquoi le concile évite le mot histoire pour céder

place au mot historicité. Par ce mot, il cherche à affirmer avec fermeté l’historicité des

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

24

Xavier Léon-Dufour, Vatican II: la Révélation divin, p. 410. 25

Cf. Antonio M. Javierre, In La costituzione dogmatica sulla divina rivelazione : Esposizione e commento, p. 392.

26

D. Mongillo et Manna, o.p. Constituzione dogmatica Dei Verbum, Ed. Domenicane italiane, Napoli, 19687, p. 160.

évangiles. Car, ils nous transmettent fidèlement ce que Jésus, le Fils de Dieu, durant sa vie parmi les hommes, a réellement fait et enseigné pour leur salut éternel, jusqu’au jour

où il fut enlevé au ciel (Dei Verbum 18). Donc, l’intention théologique ne doit pas être

un handicap à leur histoire puisqu’ils racontent des faits concrets qui ont été réalisés :

enseignement, passion, apparitions et l’ascension du Christ.

Cependant, les évangiles ne sont pas des narrations racontées avec une précision

chronologique, mais la narration d’une synthèse de faits qui se fait dans une intelligence

profonde sous l’inspiration de l’Esprit-Saint à fin théologique. Autrement dit, la

transmission qu’ont faite les apôtres, n’est pas une retransmission de toutes les œuvres

de Jésus dans le sens de la biographie, mais une synthèse de ses œuvres visant à

consolider la foi chrétienne. Bref, les évangiles sont une interprétation des premiers

chrétiens dans le but d’actualiser la mémoire de Jésus dans la vie de la communauté.

C’est pourquoi, sur les traces de l’instruction Sancta Mater Ecclesia, le concile admet

trois phases dans la rédaction des évangiles : l’évènement de Jésus, l’évangile oral,

l’évangile écrit27. En fait, tout examen historico-critique des évangiles doit se faire à

«l’intérieur de leur intention de foi»28.

V- Les autres écrits du Nouveau Testament (DV 20) Le but de ce numéro est simplement indiquer l’existence des autres écrits dans le

canon du Nouveau Testament. Dès la première phrase, il mentionne les concepts de la

canonicité, de l’apostolicité et de l’inspiration afin de rendre crédible ces écrits en

affirmant implicitement leur rôle dans le développement de la Révélation divine. Donc,

l’inspiration est le terme qui relie ces livres aux apôtres et au canon de l’Eglise. Ainsi,

l’apostolicité est le fait que ces livres ont été écrits dans l’ère de la prédication

apostolique toujours sous l’action de l’Esprit-Saint. Et la canonicité est la

reconnaissance ecclésiale de l’inspiration de ces livres. En ce sens, «la canonicité est

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

27

Cf. Z. Alszeghy, A. Anton, … sous la direction de René LATOURELLE, Vatican II Bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), p.313 -314.

28

Ibidem, p. 419.

l’identification publique et aussi l’autorité que possède l’Eglise pour affirmer l’inspiration d’un livre et son appartenance à la Sainte Ecriture»29.

Le concile tient à énumérer trois dimensions dans les autres écrits du Nouveau

Testament : une dimension christologique, une dimension prophétique et une dimension

historique. Ils sont christologiques puisqu’ils contiennent la confirmation de la personne

et du mystère du Christ. Ils sont le développement des évangiles dans lesquels nous

trouvons l’annonce explicite du Règne de Dieu. Par son caractère prophétique ou

eschatologique, ils mettent en exergue, en particulier dans le livre apocalyptique, l’annonce de la consommation glorieuse (Ap 20,2)30. Et ils sont historiques, puisqu’ils

marquent le début même de l’Eglise. C’est dans cette perspective que le concile a

changé le mot Institutio en Début afin de parler de la fondation de l’Eglise et de son

expansion dans le monde occasionnée par l’annonce de la Bonne Nouvelle.

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

29

Antonio M. Javierre, In La costituzione dogmatica sulla divina rivelazione : Esposizione e commento, p. 405.

30

Cf. Xavier Léon-Dufour, Vatican II: la Révélation divine, p 431.

CONCLUSION

En définitive, dans ce chapitre, le concile présente tout le contenu du Nouveau

Testament. Il est l’alliance nouvelle et la plénitude de la Révélation. Ainsi, la Révélation

est christocentrique. Elle est le temps du Verbe fait chair, celui qui est venu pour

montrer le vrai visage de Dieu et de lui-même. C’est pourquoi, dès le premier

paragraphe, les pères conciliaires mentionnent le fondement même du Nouveau

Testament. Son fondement n’est que le titre de ce document : La Parole de Dieu. Une

parole humanisée qui possède toute sa puissance d’action et qui vise le salut du genre

humain. Au-delà de cette préférence, ils poursuivent pour faire une différence à

l’intérieur même de cette portion d’écriture en mettant les évangiles au-dessus de tout.

Pour eux, les évangiles constituent des récits de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ qui

a été prêchée dès la Pentecôte. Pendant un temps, elle a été transmise oralement par les

apôtres avant d'être mise par écrit. Il n'y a en fait qu'un Evangile. Mais quatre auteurs sacrés différents en ont rendu compte, chacun à sa façon, en pensant sans doute à des

lecteurs différents, mais toujours avec le même souci : faire connaître Jésus, le Christ au

monde et appeler les hommes à la foi en lui. D’où le problème de son historicité. Face à

ce problème, le concile réaffirme, sur les traces des textes précédents, le caractère

historique des évangiles. Car, ils constituent une transmission des choses qui ont été

faites réellement dans le temps. Cependant, cette transmission ne veut pas dire une

narration exacte du fait, mais plutôt une narration de la vérité en ce qui concerne le salut

du monde. En dernier lieu, pour parler des autres écrits, le concile les présente comme

le déroulement, le développement de la doctrine du Christ dans l’Eglise. Ainsi, l’Eglise

est le lieu de la pérennité de l’Evangile. Car, sa mission c’est de rendre continuellement

plus explicite la Révélation définitive réalisée en Jésus.

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

BIBLIOGRAPHIE

___________________, Bible de Jérusalem.

___________________, Constitution dogmatique Dei Verbum.

Benoît XV, Encyclique Spiritus Paraclitus, 15 septembre 1920, Librairie

Vaticane.

D. Mongillo et Manna, o.p. Constituzione dogmatica Dei Verbum, Ed. Domenicane italiane, Napoli, 1987.

Ferrari Pier Luigi, La Dei Verbum, Ed. Queriniana, Brescia, 2005.

Grilli Massimo, Vangeli sinottici e Atti degli apostoli, Ed.fondamenta EDB,

Ferrara, 2016.

Javierre Antonio M., In La costituzione dogmatica sulla divina rivelazione :

Esposizione e commento, Ed. III. Torino-Leumann : Elle di Ci, 1967.

Léon-Dufour Xavier, Vatican II: la Révélation divine, Tome II, Ed. Cerf,

1968.

Martini Carlo Maria et al., Il Messaggio della Salvezza, Nuovo Testamento,

Tome 4, Ed. Elledici-Leumann, 1968.

Pie X, Décret Lamentaili, 3juillet 1907, Librairie vaticane

Z. Alszeghy, A. Anton, … sous la direction de René LATOURELLE, Vatican

II Bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), Ed. Cerf, Paris, 1988.

ST121 : Révélation divine, Tradition, Ecriture, Magistère

1 CHAPITRE V : 3 2 Nouveau Testament 3

3 4 INTRODUCTION 5

5 Analyse des schémas préparatoires 7 6 Définition de quelques termes 8

7 Testament 8 8

9 Nouveau Testament 9 10

11 La supériorité du Nouveau Testament 10 12 L’excellence du Nouveau Testament (DV 17) 10

13 Différence entre Evangile et Evangiles 10 14 Analyse du No 17 11

15 La force de la Parole de Dieu 11 16 Auto-communication et Plénitude de la Révélation 12

17 L’origine apostolique des évangiles (DV 18) 13 18 Leur caractère historique (DV 19) 14

19 Différence entre Histoire et historicité 14 20 Analyse du texte 14

21 Les autres écrits du Nouveau Testament (DV 20) 15 22

23 CONCLUSION 17 24 BIBLIOGRAPHIE 18

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