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HUMANISME- RENAISSANCE, Schémas de Langue Française

Du Bellay (1522-1560) affirme, lui, que le français vaut bien le latin. ... BIOGRAPHIE Joachim du Bellay naît au château de La Turmelière sur les bords de ...

Typologie: Schémas

2021/2022

Téléchargé le 03/08/2022

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L’HUMANISME ET LA RENAISSANCE
HISTOIRE :
LES
GUERRES
D'ITALIE
Ecritures pages 88-89
Louis XI avait cherché à affirmer l'autorité royale contre la tentative des grands seigneurs
de constituer des états indépendants. Il avait ainsi jeté les bases de l'unité du territoire
français. Ses successeurs, Charles VIll (1483-1498), Louis Xll (1498-1515) et François
1er (1515-1547) se tournent vers l'extérieur et s'engagent dans une série d'opérations
militaires en Italie, à Gènes, dans le royaume de Naples et à Milan. Victoires et défaites
alternent pour la France jusqu'au traité de Cateau-Cambrésis en 1559 par lequel la France
doit renoncer à toute possession en Italie. Ces guerres, très couteuses pour la France,
déchirent et ravagent l'Italie. Mais elles favorisent les contacts et les échanges artistiques et
littéraires entre les deux pays.
Le XVI siècle est une période de grande instabilité politique. En France il y a la naissance
du français qui devient langue nationale et la naissance de l’humanisme. François I (1494-
1547) est un grand roi :
1) il est resté dans les mémoires comme le promoteur de la Renaissance française.
François Ier prend goût à la « dolce vita ». Il rencontre Léonard de Vinci et le ramène
avec lui à Amboise, l’installe au Clos-Lucé où il finira ses jours, sans cesser de
peindre et d’inventer. Dans ses bagages, le vieux maître emporte La Joconde. Une
affection filiale lie le souverain à cet ingénieur et esthète, figure éclatante d’une
époque de changements et d’innovations. A
2) il autorise la liberté des croyances dans son royaume : donc les français pouvaient
être catholiques ou protestants. François Ier fait la paix avec le pape Léon X et obtient
par le Concordat de 1516, en vigueur jusqu’à Napoléon, de nommer le haut clergé.
La même année, il signe, avec les cantons suisses, la « paix perpétuelle » de
Fribourg, qui dure toujours.
1) François 1er en 1539 avec l’édit de Villiers-Cotterêtes stipule que le français devient
obligatoire pour toutes les procédures de justice : le français devient la langue
nationale.
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L’HUMANISME ET LA RENAISSANCE

HISTOIRE : LES GUERRES D'ITALIE Ecritures pages 88- 89

Louis XI avait cherché à affirmer l'autorité royale contre la tentative des grands seigneurs de constituer des états indépendants. Il avait ainsi jeté les bases de l'unité du territoire français. Ses successeurs, Charles VIll (1483-1498), Louis Xll (1498-1515) et François 1er (1515-1547) se tournent vers l'extérieur et s'engagent dans une série d'opérations militaires en Italie, à Gènes, dans le royaume de Naples et à Milan. Victoires et défaites alternent pour la France jusqu'au traité de Cateau-Cambrésis en 1559 par lequel la France doit renoncer à toute possession en Italie. Ces guerres, très couteuses pour la France, déchirent et ravagent l'Italie. Mais elles favorisent les contacts et les échanges artistiques et littéraires entre les deux pays. Le XVI siècle est une période de grande instabilité politique. En France il y a la naissance du français qui devient langue nationale et la naissance de l’humanisme. François I (1494-

  1. est un grand roi :
  2. il est resté dans les mémoires comme le promoteur de la Renaissance française. François I er^ prend goût à la « dolce vita ». Il rencontre Léonard de Vinci et le ramène avec lui à Amboise, l’installe au Clos-Lucé où il finira ses jours, sans cesser de peindre et d’inventer. Dans ses bagages, le vieux maître emporte La Joconde. Une affection filiale lie le souverain à cet ingénieur et esthète, figure éclatante d’une époque de changements et d’innovations. A
  3. il autorise la liberté des croyances dans son royaume : donc les français pouvaient être catholiques ou protestants. François I er^ fait la paix avec le pape Léon X et obtient par le Concordat de 1516, en vigueur jusqu’à Napoléon, de nommer le haut clergé. La même année, il signe, avec les cantons suisses, la « paix perpétuelle » de Fribourg, qui dure toujours.
  4. François 1er en 1539 avec l’édit de Villiers-Cotterêtes stipule que le français devient obligatoire pour toutes les procédures de justice : le français devient la langue nationale.

LE MOYEN FRANCAIS DEVIENT LA LANGUE NATIONALE

Le moyen français est une variété historique du français qui était parlée à la fin du Moyen Âge et à l'époque de la Renaissance. Le changement le plus important par rapport à l'ancien français est la disparition définitive de la déclinaison. Le latin était la langue habituellement utilisée par l'élite dans le domaine de l'éducation, de l'administration et de la bureaucratie jusqu'à l'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, par laquelle François Ier^ fait du français l'unique langue juridique et légale du royaume. Les limites exactes du moyen français varient et font encore l’objet de débats entre historiens. On retrouve plusieurs fois les dates suivantes « environ de 1340 à 1611 » sans que ces dates en correspondant à des événements particuliers. C'est une période durant laquelle la langue française se différencie pour le changement le plus important par rapport à l'ancien français qui est la disparition définitive de la déclinaison. Si l’ancien français distinguait encore deux cas issus du latin, le français moderne (dès le 16è siècle), ne distingue plus que le singulier et le pluriel. Dès la fin du XIIe, la "langue du roi", c'est-à-dire le parler de la cour et d'Ile de France, est mieux reconnu, et elle devient une langue de prestige élargissant ainsi son domaine. C'est à partir de la Renaissance, quatre siècles plus tard, que la question de la fixation de la "langue du roi" se pose fortement, Le latin était la langue habituellement utilisée par l'élite dans le domaine de l'éducation, de l'administration et de la bureaucratie jusqu'à l' ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, par laquelle François 1er fait du français l'unique langue juridique et légale du royaume. C’est dans son château de Villers-Cotterêts (à 75 km au nord de Paris, à l'ouest de Reims) que François Ier signa, entre le 10 et le 15 août 1539, la célèbre ordonnance qui imposa le français comme langue administrative au lieu du latin. L'ordonnance fut enregistrée au Parlement de Paris, le 6 septembre 1539. L'ordonnance royale obligeait également les curés de chaque paroisse à tenir un registre des naissances: ce fut le début de l'état civil. L'ordonnance de Villers-Cotterêts fut rédigée en «moyen français» par le chancelier Guillaume Poyet (connu aussi sous le nom de Guilelmine ou Guillemine), avocat et membre du Conseil privé, premier personnage du royaume après le roi. Voici les articles 110 et 111 dans leur version originale (et en transcription moderne): Texte original

  1. Que les arretz soient clers et entendibles. Et affin qu'il n'y ayt cause de doubter sur l'intelligence desdictz arretz. Nous voulons et ordonnons qu'ilz soient faictz et escriptz si clerement qu'il n'y ayt ne puisse avoir aulcune ambiguite ou incertitude, ne lieu a en demander

Transcription moderne

  1. Afin qu'il n'y ait cause de douter sur l'intelligence des arrêts de nos cours souveraines, nous voulons et ordonnons qu'ils soient faits et écrits si clairement, qu'il n'y ait ni puisse avoir ambiguïté ou incertitude, ni lieu à demander interprétation.

Le mot ne figure plus que sous une seule forme, celle de l'ancien cas régime; « s » devient alors, dans la langue écrite, la marque du pluriel. Ex : la forme li murs (cas sujet) est abandonnée, et ne s'emploie plus que le mur (cas régime) à toutes les fonctions grammaticales; de même au pluriel, le cas sujet li mur a disparu, et il ne reste plus que le cas régime les murs.

4. Emploi des prépositions, pronoms et articles au lieu des cas L'article et les pronoms montent en grade. Cette u tilisation de plus en plus systématique de l'article ou du pronom personnel , alors que ces mots étaient fréquemment omis en ancien français, tout comme en latin, rendirent la phrase plus complexe. L'article défini se limite aux trois formes, le, la, les. L'article indéfini perd ses formes du pluriel ( uns, unes ), pour ne conserver que le singulier, un, une. Par contre, du, de, de la, des se développent. Les démonstratifs cil, cest, cestuy, etc., disparaissent. Les possessifs tendent à se limiter aux séries mon, ton, son..., ma, ta, sa..., mien, tien, sien..., mais les anciennes tournures subsistent: un mien ami (mon ami), être mien (être à moi), etc. 5. Le pronom sujet n'est pas encore complètement nécessaire : "Et telle s'estime femme de bien, qui n'a pas encore sceu comme ceste cy resister jusque au sang. Parquoy se fault humillier ..." = "C'est pourquoi il faut s'humilier 6. simplification des conjugaisons Les conjugaisons verbales se régularisèrent et se simplifièrent. Elles diffèrent en moyen français, mais on peut les reconnaître quand même avec un peu de pratique! -oit comme désinence de l'imparfait au lieu de -ait "elle aimoit si fort" au lieu de "elle aimait si fort" - "il dist" pour "il dit" 7. Pluriel du participe passé en « z » : "confisquez" pour "confisqués". Les traits les plus marquants du moyen français concernent le lexique et l'orthographe. **DIFFERENCE AVEC LE FRANÇAIS MODERNE

  • y »** à la fin des mots, parfois aussi à l’intérieur, au lieu de « i ». On trouve aussi « i » à la place de « y ». Exemples : "son mary" au lieu de "son mari"
  • le « s » qui sera remplacé plus tard par le circonflexe : "evesque" (évêque), "tost" (tôt).
  • on trouve souvent "es" au début d'un mot au lieu de "é" : "esté" (été), "despescher" (dépêcher).
  • "z" est souvent la marque du pluriel (au lieu de "s") : "mariz" (maris)
  • Lettres qu'on utilise pour souligner une étymologie et qui ont disparu du français moderne : Exemple : "se doubter" (se douter), du lat. dubitare "debvoir" (devoir) du lat. debere

"lict" (lit), du lat. lectum "poinct" (point), du lat. punctum "nuict" (nuit), (lat. noctem) "faict" (fait), du lat. factum. "je sçay" (je sais), par faux rapprochement avec le latin scire. Relatinisation Dès le XIIIe siècle, le latin savant faisait son apparition dans le vocabulaire français, mais, au XIVe siècle, ce fut une véritable invasion de latinismes. Un grand nombre de ces mots ne connut qu'une existence éphémère (intellectif; médicinable, suppécliter), mais d'autres réussirent à demeurer (déduction, altercation, incarcération, prémisse). Du Bellay (1522-1560) affirme, lui, que le français vaut bien le latin. Toutefois, langue et culture latines restent exemplaires. On justifie donc l’orthographe par l’étymologie et on invente des séries de mots sur leur modèle latin.

LES GUERRES DE RELIGION Ecritures pages 90 - 91

Tout le monde pouvait constater que le grand idéal médiéval de l'unité était en train de disparaître. Le Moyen Âge avait cherché à réaliser le rêve de l'unité universelle :

  1. Unité de la foi dans l'Eglise de Rome 2) Unité de la politique sous la direction de l'empereur. 3) Unité de la culture enseignée par les clercs et cimentée par une langue commune : le latin. On assistait à l'effritement progressif de cet idéal, remplacé par d'autres aspirations. L'Eglise traversait une période de crises graves : schismes et hérésies, divisions entre les papes et antipapes. …………………………………………………….. REFORME PROTESTANTE En 1517, un moine allemand, Martin Luther , condamne les superstitions et le pouvoir de I ‘Eglise, et demande un retour au christianisme des origines. Il y a la naissance du Luthéranisme :1) les Protestantisme luthérien ne reconnaît pas l’autorité du Pape. 2) Il ne donne pas valeur à la confession devant aux prêtres, parce que selon le Luthéranisme la confession est individuelle et donc c’est de l’homme devant Dieu. La confession ne lave pas les péchés, mais c’est Dieu qui décidera qui sera sauvé (prédestination). Excommunié par la papauté, Luther brille publiquement le texte de sa condamnation. La chrétienté se divise alors en deux communautés : les catholiques, favorables à l'autorité romaine, et les protestants, favorables à I ‘Eglise réformée. François ler au début autorise la liberté de croyance dans son royaume. REFORME CALVINISTE Les idées de Luther pénètrent rapidement en France au début du

l'expansion des commerces, elle s'enrichit et obtient du roi la possibilité d'acheter des terres et d'accéder aux charges administratives. Ces nouvelles richesses permettent de financer des activités artistiques et intellectuelles. Quant au monde rural, il est divisé en fermiers aisés et paysans en miséreux. Ceux-ci cherchent refuge dans les villes et deviennent des chômeurs ou des mendiants.

LITTERATURE : HUMANISME ET RENAISSANCE Ecritures pages 92

Le XVe et le XVIe siècle est une période de transition entre le Moyen Âge et les Temps Modernes. Cette période, appelé Renaissance est caractérisée par une série de changements politiques, économiques, sociaux et intellectuels. A cette époque apparaît également le mouvement humaniste : une philosophie qui place l'être humain et les valeurs humaines au centre de la pensée. L'humanisme se caractérise par un retour aux textes antiques, et par la modification des modèles de vie, d'écriture, et de pensée. L'Empire byzantin était depuis longtemps entré en décadence. Les débuts de la crise remontent à la prise de Constantinople par les croisés en 1204. Les barons latins ruinèrent la ville qui ne se releva jamais complètement de ce pillage. En outre, le fossé entre riches et pauvres se creusait de plus en plus alors que les ressources de l'État diminuaient dangereusement. Incapable d'assurer la défense de ses propres frontières, l'empereur devait acheter la paix aux autres souverains. Il dut se résoudre à confier l'armée à des mercenaires. Très vite les Turcs menacèrent la ville. Assiégée de 1394 à 1402, Constantinople fut miraculeusement sauvée par l'invasion mongole de Tamerlan. Le répit fut de courte durée. L'avènement d'un énergique sultan, Mehmet II, à la tête de l'armée turc, précipita le dénouement. En 1453, une puissante armée ottomane s'installe sous les murs de la ville. Constantinople finit par tomber sous la pression des janissaires. La chute de Constantinople, apparemment, ne bouleversa pas l'Occident : les souverains chrétiens laissèrent s'écrouler le vieil Empire d'Orient. Toutefois, cet événement eut d'importantes conséquences pour les pays d'Europe. De nombreux prélats, artistes et hommes de science byzantins se réfugièrent en Occident, et notamment en Italie. Ils apportaient leurs connaissances, leurs idées et leurs bibliothèques de manuscrits antiques. Les savants et artistes italiens tirèrent profit du savoir accumulé en Orient. Ainsi la chute de l'Empire byzantin accélérait-elle la renaissance culturelle de l'Occident. Au XVe siècle, l'Europe était en pleine expansion économique. Les villes italiennes, favorisées par leur situation géographique, avaient les premières tiré avantage des transformations économiques que connaissait l'Occident vers la fin du Moyen

Âge. Il fallait de l'argent pour payer les peintres et les sculpteurs, les architectes, les savants, les musiciens de cour… Et l'argent ne manquait pas. L'avancée économique et bancaire de l'Italie fut ainsi la base matérielle de l'explosion artistique que connut la péninsule sous la Renaissance. C'est à partir du XVème siècle que l'Italie commença à perdre sa primauté économique. D'autres régions d'Europe prirent alors leur essor : les Flandres, la France, l'Allemagne, l'Angleterre, etc. La découverte du Nouveau Monde et la conquête des grands empires coloniaux marquèrent le début d'une prospérité et d'une puissance colossale. Du Moyen Age, le XVIe siècle hérite aussi la conception de l'homme. Créé par Dieu à son image, l'homme a lui aussi un pouvoir créateur et participe à la construction de la civilisation et de l'histoire. Mais le Moyen Age, avait surtout mis l'accent sur la faiblesse de l'homme qui, à cause du péché originel, avait toujours besoin de l'intervention de la grâce divine.…Au plaisir de l’esprit, François 1er, en force et en beauté, joint celui d’une compagnie galante. « Une cour sans dames est un jardin sans fleurs », dit- il.Séducteur, il aime être entouré de jolies femmes, les courtiser, converser avec elles et plus si affinités. Il exige qu’elles soient traitées avec « grand honneur et respect ». Compose rondeaux et sonnets à leur gloire. S’affiche avec sa maîtresse en titre du moment dont certaines, comme la duchesse d’Étampes, jouent un rôle politique.…………………………………………………..

  • L’homme est au centre de l’univers : Au Moyen-âge Dieu était donc le centre de l'Univers et le seul moteur de toute réalité. Peu à peu cette conception évolue vers une vision plus optimiste valorisant la liberté de l'homme et toutes ses facultés. Chaque individu devient ainsi maitre de son destin. On exalte alors les valeurs humaines, comme la beauté physique, la grâce, la richesse, l'activité politique, la création artistique. On exalte la beauté et la dignité de cette vie et non seulement de celle de l'au-delà. Si dans le Moyen-âge Dieu et la religion sont au centre de la littérature, dans l’Humanisme et la Renaissance au centre de l’univers est l’homme. L’homme est faber fortunae suae, maître de son destin (fauteur de son bonheur ).
  • L’homme est microcosme : l’homme est l’image de Dieu en petit. L’homme est le microcosme d’un macrocosme, qui est le monde et Dieu. Considéré comme un microcosme, l'homme est l'image de l'univers entier, le macrocosme. Cette correspondance se traduit dans l'intérêt que le XVIe siècle manifeste pour l'homme vu dans sa totalité, corps et âme, et pour tout ce qui l'entoure, la nature. En étudiant la nature dans tous ses aspects, l'homme parvient à une meilleure connaissance de lui-même.

- L’héliocentrisme : Dans le monde ancien et au Moyen-âge on croyait que la terre était au centre de l’univers et que le soleil tournait autour de la terre (géocentrisme). En 1543 paraît le célèbre ouvrage de Nicolas Copernic dédicacé au pape Paul III, grand protecteur des arts et des sciences, celui-là même qui engagea Michel-Ange pour décorer la chapelle Sixtine. Cet ouvrage bouleverse les dogmes de la science officielle, en exposant le système héliocentrique. Ce dernier, pourtant présenté prudemment comme une hypothèse de travail mathématique, et non pas comme une réalité physique, va soulever des polémiques scientifique-religieuses pendant le siècle qui va suivre. Il va finalement triompher dans le monde scientifique, mais non sans avoir fait des victimes très célèbres comme Galilée, qui eurent l'imprudence de le défendre trop vigoureusement contre les dogmes ecclésiastiques. En réalité, ce que l'on appelle révolution copernicienne est l'ensemble des transformations des méthodes scientifiques et des idées philosophiques du XVIe au XVIIIe siècle. Ces transformations ont accompagné le changement de représentation de l'univers, faisant passer les représentations d'un modèle géocentrique, selon Ptolémée (Terre au centre de l'Univers), au modèle héliocentrique (Soleil au centre du monde) défendu par Nicolas Copernic, puis perfectionné par Johannes Kepler, Galilée, et Isaac Newton. - Les apports de l’Italie : L’Italie est la capitale européenne de la culture et de la littérature. Surtout Florence du XIIe au XVI e siècle (de Dante à Machiavel) est la capitale culturelle de l’Europe. L’Humanisme et la renaissance sont deux mouvements artistico-littéraires nés à Florence. Voilà pourquoi les contacts avec l'Italie sont à la base de l’Humanisme et de la renaissance français. En France l’Humanisme et la Renaissance sont repris de l’Umanesimo et du Rinascimento italiens. Grace aux nombreux érudits grecs qui se réfugient en Italie après la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, les humanistes italiens découvrent d'inestimables manuscrits des auteurs de l'Antiquité. Ébloui par les palais qu'il découvre à l'occasion des guerres d'ltalie, François l" souhaite que l’art italien soit un modèle pour les artistes français. Ensuite, le XVIe siècle italien marque le triomphe du Rinascimento , de ce renouveau de la civilisation qui s'exprime dans les œuvres de Leonardo da Vinci, Raffaello, Ariosto, Tasso, Machiavel et Guichardin. C'est cette civilisation somptueuse et raffinée que les Français, encore liés à la culture médiévale, découvrent lors des guerres d'Italie. Ils retournent en France chargés d'œuvres d'art et de manuscrits, accompagnés d’artistes, et, surtout, désireux de suivre l'exemple de l'Italie et ils fondent la Renaissance en France.

FRANÇOIS RABELAIS Ecritures page 94

François Rabelais est un médecin et écrivain français de la Renaissance, l'un des humanistes les plus connus de la Renaissance, qui luttent avec enthousiasme pour renouveler, à la lumière de la pensée antique, l'idéal philosophique et moral de leur temps. Son œuvre principale est Pantagruel (1532) et Gargantua (1534). Rabelais raconte les faits et gestes de deux géants, Pantagruel et Gargantua, depuis leur naissance jusqu'à leur maturité. BIOGRAPHIE François Rabelais naît au sein d'une famille aisée, d'un père avocat. Il se passionne très tôt pour l'érudition et suit une scolarité franciscaine. Il étudie des ouvrages hellénistiques puis adhère à l'ordre des bénédictins dès 1524. Il semble alors avoir rejoint Paris sous l'habit de prêtre séculier et avoir eu deux enfants. Sans doute trop avide de savoir, il bifurque peu de temps après vers le domaine médical, obtenant son diplôme à l'université de Montpellier. En 1532, il pratique à l'Hôtel-Dieu de Lyon. Il commence à cet instant la rédaction de nombreux ouvrages, dont Pantagruel , sous un pseudonyme anagramme (afin d'éviter la censure de la Sorbonne). Il décide ensuite de suivre Du Bellay en Italie en tant que médecin particulier. A son retour à Lyon, il écrit Gargantua , faisant toujours preuve d'humour et de finesse. Après s'être rendu une fois de plus à Rome, il rejoint Montpellier pour y pratiquer la médecine. En 1546, il publie Tiers Livre , ouvrage à la fois populaire et savant. Il se rend alors à Metz où il devient secrétaire général de la ville. C'est durant un dernier voyage à Rome qu'une partie de Quart Livre paraît (la totalité ne sera publiée qu'en 1552). L'œuvre reçoit de sévères critiques et est censurée. Inscrit dans un courant humaniste, Rabelais démontre toujours dans son œuvre une connaissance excessivement riche et un art remarquable de l'écriture. THEMATIQUES FONDAMENTAUX

  • Le rire est le propre de l’homme : L'œuvre de Rabelais se présente comme un << éclat de rire énorme » (Victor Hugo). Affirmant que le « rire est le propre de l'homme >>, Rabelais déclare qu'il entend s'adresser aux « buveurs très illustres >> et amuser ses lecteurs. Doué d'une imagination débordante et d'une grande fantaisie créatrice, il crée des personnages comiques et un style burlesque, joue avec les mots, invente des noms caricaturaux. Le rire est propre de l’homme (Aristote) et son œuvre fait rire.

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ces centres est auguste par une grande fonction lui est propre; le cerveau a la pensée, le cœur a l'amour, le ventre a la paternité et la maternité.

  • Satire de la société : il se moque de l’église, de la chevalerie, de la beauté.
  • Exaltation des besoins humains et réhabilitation de la chair : l’homme a des besoins comme manger, boire et faire l’amour. Pour Rabelais la vie doit être vécue avec de la joie.. Il faut signaler la prédominance exceptionnelle, dans l'œuvre de Rabelais, du principe de la vie matérielle et corporelle: images du corps, du manger et du boire, de la satisfaction des besoins naturels, de la vie sexuelle. Certains ont baptisé Rabelais le très grand poète «de la chair » et «du ventre » Les autres auteurs de la Renaissance (Boccace, Shakespeare, Cervantès) ont révélé une pareille propension, quoique moins affirmée. Son œuvre est une <<réhabilitation de la chair>> propre à cette époque, comme une réaction à l'ascétisme du Moyen Age. Le corps n’est pas la prison de l’âme, mais il est à disposition de l’homme pour jouir.
  • Pédagogisme : Rabelais avec Erasme de Rotterdam fonde la pédagogie humaniste, qui, s’opposant au modèle médiéval fondé sur la répétition et la mémoire, vise à développer chez l’enfant ses tendances naturelles positives et à sa formation intellectuelle et morale à travers l'acquisition de la culture (CPR. Montaigne/Rousseau/Prévert/Pennac).
  • Mélange des registres linguistiques : Quant au langage, il se laisse entrainer par sa verve : il multiplie les énumérations, invente des mots, mélange tous les registres de langue, du terme le plus familier, aux mots latins et grecs les plus recherchés ; des mots tirés des différents patois, aux mots techniques. Il utilise le langage du médecin, du juriste, du philosophe, mais d’une manière parodique. - Optimisme : Rabelais réalise un nouveau genre de comique, où se mêlent fantastique et réalisme, rire grossier et satire, farce et réflexion morale. Mais au -delà de la satire, au-delà d'un certain scepticisme qui transparait toute l'œuvre de Rabelais reflète une vision du monde fondamentalement optimiste. ŒUVRE L’ouvrage de Rabelais se compose de cinq livres. Le premier a pour titre Gargantua , et les quatre autres Pantagruel. Le titre complet du premier est : Pantagruel. Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel Roi des Dipsodes, fils du Grand Géant Gargantua. Composés nouvellement par maitre Alcofribas Nasier. Il sera suivi du Tiers livre en 1546 ( Le Tiers Livre des faits et dits Héroïques du noble Pantagruel, composés par M. François Rabelais, docteur en médecine et Calloier des Iles d'Hyères ),

du Quart livre en 1552 ( Le Quart Livre des faits et dits Héroïques du noble Pantagruel. Composé par François Rabelais, Docteur en Médecine et Calloier des Iles d'Hyères ) et du Cinquième livre , posthume. Pantagruel, élevé tout autrement que ses contemporains, est un prince juste, bienfaisant, humain surtout. Il voyage, parcourt le monde et rencontre partout des abus, des iniquités, des superstitions grossières ou ridicules. Il trouve sur son chemin des juges de toute classe, les uns grotesques, comme Bridoye qui fait apporter les sacs contenant les dossiers, les soupèse, puis tire au sort des dés l’arrêt qu’il doit rendre ; les autres rapaces et sanguinaires, comme Grippeminaud, l’archiduc des chats fourrés et ses acolytes. Il se heurte aux Chicanoux, huissiers et sergents, qui vivent et s’engraissent aux dépens des malheureux plaideurs. Nous ne le suivrons pas dans l’Île sonnante, au pays des papimanes, où l’auteur attaque d’une manière hardie les cruautés de la cour de Rome. L’un des personnages les plus connus de Rabelais est Panurge, type de tous ceux qui, pauvres, intelligents mais dissipateurs, luttent sans cesse pour se faire une position. Quand Pantagruel fit sa rencontre, il était en fort piteux état. Il arrivait du pays des Turcs, où ces mécréants l’avaient mis à la broche après l’avoir bien garni de lardons, car il était fort maigre. Pantagruel entreprend de le marier, chose peu facile ; ne faut-il pas consulter tous les sages, tous tes devins? la question est si grave! Après les avoir écoutés, Panurge ne sait s’il fera bien ou mal de se marier. En attendant, Pantagruel lui fait cadeau d’une châtellenie, mais en moins de quatorze jours le nouveau châtelain avait dilapidé le revenu de trois ans, « prenant argent d’avance, achetant cher, vendant à bon marché, et mangeant son blé en herbe ». Dans une autre circonstance, le philosophe nous montre Panurge affichant une effronterie et une malice cyniques. Dans un voyage sur mer, la tempête éclate ; la peur de mourir lui arrache aussitôt des plaintes et des gémissements ; il veut à toute force qu’on le mette à terre, sur le plancher des vaches. Quand la tempête est apaisée, il reproche à l’équipage la poltronnerie que lui seul a montrée et cherche un mauvais tour à faire à quelqu’un. C’est sur Dindenaut, le marchand de moutons, que s’exerce sa malice. Il obtient à grand peine que celui-ci lui vende un mouton. Il le paye au poids de l’or puis, le prenant entre ses bras, le jette à la mer. Aussitôt, d’un bond, tout le troupeau se précipite à la suite du noyé et Dindenaut éperdu, se cramponnant au bélier, est emporté avec lui dans les flots. Panurge, du haut du pont, se rit de son malheur et lui débite un beau discours sur les misères de cette vie et les félicités de l’autre. Ce trait est passé en proverbe dans notre langue ;

le corps de l'élève, dans le respect de ses dispositions naturelles. L'accès direct aux textes par l'étude des langues permet de développer l'esprit critique et toutes les potentialités de l'individu. Croyant en la bonté de Dieu et de l'homme, il voit dans l'approfondissement encyclopédique des connaissances le moyen pour réaliser le progrès de l'humanité. Selon Rabelais tout apprentissage doit être dominé par une exigence morale; il ne peut pas y avoir de savoir sans morale : les connaissances doivent être intégrées à la vie morale et l’éducation doit rendre la personne meilleure. L’éducation doit former autant le corps que l’esprit. Les exercices physiques ont une large place dans son programme éducatif tout comme l'art de la chevalerie et des armes (comme Pantagruel est appelé à succéder à Gargantua sur son trône, son père lui rappelle qu’il lui faut aussi apprendre l’art de la guerre, nécessaire à la défense de son royaume). La culture sacrée n'est pas du tout séparée de la culture profane; le savoir n’est rien sans la sagesse et le respect des devoirs moraux et religieux (Pantagruel ne doit pas seulement être parfait intellectuellement mais aussi moralement : un équilibre entre l’esprit et l’âme). Les idées nouvelles de Rabelais sur la pédagogie prévoient que :

  • sur le plan des apprentissages, la mémorisation n’est pas abandonnée, mais elle est utilisée comme soutien : l’acquisition des connaissances doit être réfléchie et elle doit conduire à une véritable compréhension des contenus ainsi qu’à l’élaboration d’un esprit critique;
  • sur le plan des contenus, on privilégie la lecture directe des textes anciens, où l’on voit les sources de la sagesse; on ne néglige pas les disciplines sportives non plus que l’hygiène, qui n’avaient aucune place au Moyen Age; on n’oublie pas l’enseignement des sciences ni celui des règles sociales;
  • sur le plan des méthodes, les penseurs privilégient un enseignement individualisé, une éducation par la douceur et une progression de l’élève, qui ne peut s'appliquer que dans le cadre d’un préceptorat : d’ailleurs, Gargantua comme Pantagruel (Rabelais) se préparent à être princes. Dans l’œuvre, Rabelais se moque de certaines pratiques religieuses de l'époque, critique l'ignorance du clergé et certains aspects de la vie religieuse, comme les monastères qui éloignent les religieux des hommes. Rabelais ne s'attaque jamais à la doctrine catholique, mais il prône une vie religieuse plus personnelle ; il conseille aussi de renoncer à toutes les cérémonies inutiles et de s'en tenir à la lecture du Nouveau Testament et à la prière. Politiquement, Rabelais est monarchiste : pour lui, le roi ne doit pas être un tyran mais un

souverain cultivé et raisonnable, un bon père pour ses sujets. Les guerres picrocholines sont l'occasion pour condamner les guerres féodales et les guerres d'Italie, qui détruisent la nature et le travail des paysans, et pour affirmer son idéal de paix qui seul garantit la prospérité générale. Dans l'abbaye de Thélème, il fait la description d'une cité idéale, utopique. Symbole de la Renaissance, l'abbaye est un château, espèce de paradis sur terre, où vit une élite de personnes qui ont reçu une éducation humaniste. Leur morale se fonde sur la liberté individuelle, le respect des autres et de la nature. Il n'y a pas de chapelle à Thélème car la foi est un acte individuel.