Docsity
Docsity

Prépare tes examens
Prépare tes examens

Étudies grâce aux nombreuses ressources disponibles sur Docsity


Obtiens des points à télécharger
Obtiens des points à télécharger

Gagnz des points en aidant d'autres étudiants ou achete-les avec un plan Premium


Guides et conseils
Guides et conseils


Rimbaud, Abbe prevost, Lectures de Français

Manon lescaut et Les Cahiers de Douais

Typologie: Lectures

2025/2026

Téléchargé le 30/06/2026

nana-2jv
nana-2jv 🇫🇷

3 documents

1 / 2

Toggle sidebar

Cette page n'est pas visible dans l'aperçu

Ne manques pas les parties importantes!

bg1
ANALYSE LINÉAIRE : « AU CABARET-VERT »
Arthur Rimbaud, Les Cahiers de Douai (1870)
Introduction
Situation : Écrit en octobre 1870 à Charleroi lors de l'une des fugues de Rimbaud. Ce sonnet réaliste
célèbre la liberté retrouvée du poète vagabond et les plaisirs simples de la vie matérielle.
Problématique : Comment Rimbaud transforme-t-il une scène de taverne triviale en un espace de
bonheur poétique et de liberté ?
Mouvements :
Strophe 1 (v. 1-4) : La fin d'une errance douloureuse et l'arrivée dans un refuge.
Strophe 2 (v. 5-8) : L'attente gourmande et l'installation du confort.
Strophe 3 (v. 9-11) : L'apparition de la servante et l'éveil des sens.
Strophe 4 (v. 12-14) : Le festin simple et l'accès à une plénitude joyeuse.
1. L'arrivée du rôdeur fatigué (v. 1-4)
« Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottes » (v. 1) : Entrée directe dans le récit de voyage (*in
media res*). Le détail des « bottes déchirées » ancre le poème dans le réalisme de la fugue et de la
pauvreté.
« Aux cailloux des chemins. J'entrai à Charleroi » (v. 2) : Utilisation du passé simple pour marquer
l'action. L'allitération en [k] (« cailloux », « chemins », « Charleroi ») imite la dureté de la marche.
« — Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines / De beurre... » (v. 3-4) : Le tiret introduit la rupture
temporelle et l'entrée dans le lieu. La demande de nourriture simpletartines de beurre ») est mise
en valeur par un rejet gourmand.
2. L'installation et l'attente (v. 5-8)
« Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table / Verte » (v. 5-6) : L'adjectif « Bienheureux »
résume le soulagement immédiat du corps. Le rejet de « Verte » fait écho au nom du cabaret et
souligne l'harmonie colorée du lieu.
« Je regardai les sujets très naïfs / De la tapisserie » (v. 6-7) : Rimbaud pose un regard amusé sur
la décoration populaire et sans prétention (« sujets très naïfs »), rejetant l'art académique.
« Et ce fut adorable » (v. 7) : L'adjectif exprime un enthousiasme presque enfantin pour cette scène
triviale.
« Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs » (v. 8) : Portrait réaliste et sensuel de la
servante. L'expression crue (« tétons énormes ») rompt avec l'idéalisation romantique de la femme.
3. L'éveil des sens et le service (v. 9-11)
« Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'effraie ! » (v. 9) : L'incise au style direct ou pensé
montre la complicité populaire et la liberté de mœurs revendiquée par le jeune poète.
« Apporta des tartines de beurre, du jambon / Rose et blanc » (v. 10-11) : L'abondance de
nourriture est soulignée. Les adjectifs de couleur Rose et blanc »), placés en rejet, rendent le
jambon appétissant et presque pictural.
1
pf2

Aperçu partiel du texte

Télécharge Rimbaud, Abbe prevost et plus Lectures au format PDF de Français sur Docsity uniquement!

ANALYSE LINÉAIRE : « AU CABARET-VERT »

Arthur Rimbaud, Les Cahiers de Douai (1870)

Introduction

Situation : Écrit en octobre 1870 à Charleroi lors de l'une des fugues de Rimbaud. Ce sonnet réaliste célèbre la liberté retrouvée du poète vagabond et les plaisirs simples de la vie matérielle. Problématique : Comment Rimbaud transforme-t-il une scène de taverne triviale en un espace de bonheur poétique et de liberté? Mouvements : Strophe 1 (v. 1-4) : La fin d'une errance douloureuse et l'arrivée dans un refuge. Strophe 2 (v. 5-8) : L'attente gourmande et l'installation du confort. Strophe 3 (v. 9-11) : L'apparition de la servante et l'éveil des sens. Strophe 4 (v. 12-14) : Le festin simple et l'accès à une plénitude joyeuse.

1. L'arrivée du rôdeur fatigué (v. 1-4)

« Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottes » (v. 1) : Entrée directe dans le récit de voyage (in media res). Le détail des « bottes déchirées » ancre le poème dans le réalisme de la fugue et de la pauvreté. « Aux cailloux des chemins. J'entrai à Charleroi » (v. 2) : Utilisation du passé simple pour marquer l'action. L'allitération en [k] (« cailloux », « chemins », « Charleroi ») imite la dureté de la marche. « — Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines / De beurre... » (v. 3-4) : Le tiret introduit la rupture temporelle et l'entrée dans le lieu. La demande de nourriture simple (« tartines de beurre ») est mise en valeur par un rejet gourmand.

2. L'installation et l'attente (v. 5-8)

« Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table / Verte » (v. 5-6) : L'adjectif « Bienheureux » résume le soulagement immédiat du corps. Le rejet de « Verte » fait écho au nom du cabaret et souligne l'harmonie colorée du lieu. « Je regardai les sujets très naïfs / De la tapisserie » (v. 6-7) : Rimbaud pose un regard amusé sur la décoration populaire et sans prétention (« sujets très naïfs »), rejetant l'art académique. « Et ce fut adorable » (v. 7) : L'adjectif exprime un enthousiasme presque enfantin pour cette scène triviale. « Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs » (v. 8) : Portrait réaliste et sensuel de la servante. L'expression crue (« tétons énormes ») rompt avec l'idéalisation romantique de la femme.

3. L'éveil des sens et le service (v. 9-11)

« — Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'effraie! — » (v. 9) : L'incise au style direct ou pensé montre la complicité populaire et la liberté de mœurs revendiquée par le jeune poète. « Apporta des tartines de beurre, du jambon / Rose et blanc » (v. 10-11) : L'abondance de nourriture est soulignée. Les adjectifs de couleur (« Rose et blanc »), placés en rejet, rendent le jambon appétissant et presque pictural.

« parfumé d'une gousse d'ail » (v. 11) : Utilisation d'un détail olfactif fort et rustique (« ail »), antithétique avec la poésie noble traditionnelle, mais synonyme de plaisir authentique.

4. La plénitude du repas (v. 12-14)

« Et m'emplit une chope immense, avec sa mousse » (v. 12) : Le verbe « emplit » indique la générosité de la servante. L'adjectif « immense » montre la satisfaction disproportionnée du poète assoiffé. « Que dorait un rayon de soleil en retard » (v. 14) : Le dernier vers apporte une touche esthétique lumineuse. Le soleil transfigure la bière triviale en un liquide précieux (« dorait »). C'est l'alchimie poétique de Rimbaud : trouver l'or du bonheur dans la simplicité d'un instant partagé au cabaret.

Conclusion

Bilan : « Au Cabaret-Vert » se présente comme un contre-blason rigoureux. Rimbaud subvertit le mythe de la beauté idéale pour faire entrer de force le réalisme cru, la laideur et la trivialité dans l'espace du poème. Ouverture : Ce texte s'inscrit dans la lignée directe de la modernité baudelairienne (comme « Une charogne » dans Les Fleurs du Mal ), illustrant la capacité du poète à métamorphoser la laideur en objet d'art et de révolte littéraire.