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texte fr rostand bac, Lectures de Français

texte vierge rostand bac de francais.

Typologie: Lectures

2025/2026

Téléchargé le 10/06/2026

emmy-groussard
emmy-groussard 🇫🇷

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Théâtre: parcours associé: Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, III, 7 (1897)
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ROXANE
Eh bien ! si ce moment est venu pour nous deux,
Quels mots me direz-vous ?
CYRANO
Tous ceux, tous ceux, tous ceux
Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe,
Sans les mettre en bouquet : je vous aime, j’étouffe,
Je t’aime, je suis fou, je n’en peux plus, c’est trop ;
Ton nom est dans mon coeur comme dans un grelot,
Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,
Tout le temps, le grelot s’agite, et le nom sonne !
De toi, je me souviens de tout, j’ai tout aimé.
Je sais que l’an dernier, un jour, le douze mai,
Pour sortir le matin tu changeas de coiffure !
J’ai tellement pris pour clarté ta chevelure
Que, comme lorsqu’on a trop fixé le soleil,
On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil,
Sur tout, quand j’ai quitté les feux dont tu m’inondes,
Mon regard ébloui pose des taches blondes !
ROXANE, d’une voix troublée.
Oui, c’est bien de l’amour…
CYRANO
Certes, ce sentiment
Qui m’envahit, terrible et jaloux, c’est vraiment
De l’amour, il en a toute la fureur triste !
De l’amour, – et pourtant il n’est pas égoïste !
Ah ! que pour ton bonheur je donnerais le mien,
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Théâtre : parcours associé : Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac , III, 7 (1897) texte 12/ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27

ROXANE

Eh bien! si ce moment est venu pour nous deux, Quels mots me direz-vous? CYRANO Tous ceux, tous ceux, tous ceux Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe, Sans les mettre en bouquet : je vous aime, j’étouffe, Je t’aime, je suis fou, je n’en peux plus, c’est trop ; Ton nom est dans mon coeur comme dans un grelot, Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne, Tout le temps, le grelot s’agite, et le nom sonne! De toi, je me souviens de tout, j’ai tout aimé. Je sais que l’an dernier, un jour, le douze mai, Pour sortir le matin tu changeas de coiffure! J’ai tellement pris pour clarté ta chevelure Que, comme lorsqu’on a trop fixé le soleil, On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil, Sur tout, quand j’ai quitté les feux dont tu m’inondes, Mon regard ébloui pose des taches blondes! ROXANE , d’une voix troublée. Oui, c’est bien de l’amour… CYRANO Certes, ce sentiment Qui m’envahit, terrible et jaloux, c’est vraiment De l’amour, il en a toute la fureur triste! De l’amour, – et pourtant il n’est pas égoïste! Ah! que pour ton bonheur je donnerais le mien,

Quand même tu devrais n’en savoir jamais rien, S’il se pouvait, parfois, que de loin, j’entendisse Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice!

  • Chaque regard de toi suscite une vertu Nouvelle, une vaillance en moi! Commences-tu À comprendre, à présent? voyons, te rends-tu compte? Sens-tu mon âme, un peu, dans cette ombre, qui monte ?… Oh! mais vraiment, ce soir, c’est trop beau, c’est trop doux! Je vous dis tout cela, vous m’écoutez, moi, vous! C’est trop! Dans mon espoir même le moins modeste, Je n’ai jamais espéré tant! Il ne me reste Qu’à mourir maintenant! C’est à cause des mots Que je dis qu’elle tremble entre les bleus rameaux! Car vous tremblez, comme une feuille entre les feuilles! Car tu trembles! car j’ai senti, que tu le veuilles Ou non, le tremblement adoré de ta main Descendre tout le long des branches du jasmin! ( Il baise éperdument l’extrémité d’une branche pendante. ) ROXANE Oui, je tremble, et je pleure, et je t’aime, et suis tienne! Et tu m’as enivrée! CYRANO Alors, que la mort vienne! Cette ivresse, c’est moi, moi, qui l’ai su causer! Je ne demande plus qu’une chose… CHRISTIAN , sous le balcon. Un baiser!