Le roman français au XX siècle (Dominique Viart), Résumés de Littérature française. Università degli Studi di Palermo
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Le roman français au XX siècle (Dominique Viart), Résumés de Littérature française. Università degli Studi di Palermo

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Résumé du livre Le roman français au XX siécle de Dominique Viart
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LE ROMAN FRANÇAIS AU XXe SIÈCLE

L’aube d’un nouveau siècle

( de la Belle époque aux années folles)

I- Les héritages du XIXe siècle.

1) Le réalisme et la crise du naturalisme

Au XIXe : roman, genre dominant avec une naissance obscure.

Il a toujours eu une place secondaire, Diderot « par un roman, on a entendu, jusqu’à ce jour un tissu d’événements chimériques et frivoles dont la lecture était dangereuse pour le goût et les mœurs. »

La diversité du roman a constitué sa force. Pour Stendhal : le roman = miroir de la réalité

Balzac est réaliste : le roman est « concurrent de l’État-Civil », il n’est pas seulement le peintre de la société, il est aussi celui qui sait l’analyser, la contempler, en démasquer la profondeur.

2) Le symbolisme et la tentation d’un roman poétique

.dandysme et décadence

Appelés « romans décadents » hyperbole du symbolisme, pas de réalisme, fascinés ( Les auteurs ) par la luxure et la mort. On peut observer ce phénomène dans la poésie aussi ( « Sixtine » )

.Vers le roman poétique : A. Gide et A. Fournier

Gide : inspiré par les réflexions mallarméennes, recherche de la pureté et élan lyrique.

II- Pro commencements du roman

1) L’innovation proustienne et les débats formels

.À la recherche du temps perdu

Dans ce roman il y a : la passion amoureuse, la jalousie, les mœurs sexuelles et sociales avec bcp de précisions. L’œuvre tente une ressaisie du monde par le seul regard d’un homme et par l’effort de son écriture. Une primauté accordée à la subjectivité. On observe un ensemble d’analyses psychologiques et sociales + le lyrisme d’une écriture poétique, il y a une structure apparente Bildungsroman et une réflexion ultime sur la création littéraire et artistique. Proust sous l’influence de Bergson, sur la question du temps car celui-ci a une dimension psychique.

Le projet de Proust : jouer la force de l’art contre les altérations du temps auxquelles le roman consacre une superbe méditation finale. Il donne au narrateur l’épaisseur d’un passé perdu.

. Le roman en procès : A.Breton et P.Valéry

Ils s’attaquent à l’aspect gratuit du roman. Breton en 1924 reprochait son aspect anecdotique et le manque d’intérêt de ses descriptions.

Pour Valéry, seule la poésie par son travail de la forme est digne d’intérêt. Le roman n’à rien de nécessaire.

Le roman met en question son ou des projets mais surtout il s’interroge sur son essence et sa légitimité.

Celui-ci est critique et non seulement critiqué.

.L’apparition du « monologue intérieur »

C’est une forme narrative, apparue en 1887 avec le petit roman de Dujardin.

III- Les triomphes de l’imaginaire

1) Le surréalisme du récit

Cf l’ancienne biblio.

2) Poésie du roman

.Pierre Reverdy et le roman-poème

Mélange poésie et fantaisie romanesque. Le poète Reverdy avait en 1917 écrit un étrange roman ou on avait des courts chapitres peu narratifs précédés de brefs poèmes en carrés : relation poésie-roman.

Il s’agit de donner à la prose un rythme, une scansion, une fragmentation : comme Rimbaud

Dans son œuvre : abondance d’une syntaxe grammaticale.

.Joe Bousquet : féerie et fantasme

Il manipule la prose, 1re fantaisie historique La Fiancée du vent.

Une sensualité, exacerbée d’être physiquement empêchée ( blessé pendant la 1ere Guerre Mondiale) marque nombre de ses autres textes. Il est influencé par les drogues.

3) Le récit poétique

.Un art de conteur, Colette, M.Aymé et Jules Supervielle

Colette et Ayme : catégorie : « récit poétique en prose qui emprunte au poème ses moyens d’action et ses efforts. » . Les années 20 : consécration de Colette, il y a une intensité lyrique du souvenir dans ses œuvres. Colette : idéaliste et lucide + esthétique de la simplicité.

Aymé demeure célèbre pour ses romans-contes.

J.Supervielle : + connu comme porte que comme prosateur est aussi un écrivain de l’onirisme et de l’enfance.

.Jean Giraudoux : entre préciosité et légèreté

Dramaturge mais mal connu entant que romancier. La « poésie » de ses récits ne tient pas seulement à la préciosité dont il est souvent qualifié, il a un regard ironique sur le monde, il réactualise les mythes Antiques.

Le roman ne survit pas de cultiver IL classicisme de sa forme mais de donner force à une écriture autant qu’à un univers imaginaire.

.Le lyrisme de la nature : Charles F. Ramuz et Jean Giono

Ils font une poésie romanesque, + lyrique que fantaisiste et leur écriture est un chant du monde.

Ramuz cherche un langage juste mais en même temps approximatif. Il se base essentiellement sur la narration.

.La veine « rustique »

George Sand, Alphonse de Chateaubriand… : inspiration : terroir ( en gros notre M.Grandcoing à nous �� )

4) Séduction du roman

. Le roman cosmopolite : Blaise Cendrars et Paul Morand

L’imaginaire se nourrit de modernisme et préfère l’exotisme à la France profonde.

Apollinaire et Cendras chantent la modernisation. Morand s’inspire des voyages pour écrire mais reste classique sur la forme.

. Le libertinage romanesque

Morand : attrait pour le libertinage scabreux. Son style : assez ambivalent, son art de la formule ferait de lui un moraliste. Il exprime les années folles et leur inconséquence.

. Les ambivalences de la virtuosité

Les romans de l’imaginaire sont : romans fascinés par l’univers qu’ils dessinent. C’est là leur force et leur faiblesse.

Les surréalistes innovent une forme particulière d’imaginaire où se dissout l’opposition entre écriture lyrique et ludique, entre création et critique.

** C’est autour de cette question que dans les années 30, le roman entre dans une nouvelle période : celle de l’inquiétude morale ET des débats idéologiques

Éthiques du roman

( des année trente à la guerre froide)

I- Psychologies individuelles, familiales et sociales

1) Roman de l’individu

. Les tourments Dostoievskiens : François Mauriac et Julien Green

On peut débuter ce « chapitre » en invoquant Bel Ami et depuis il y a eu une évolution.

Cette nouvelle littérature psychologique se soucie de profondeur et délaisse le trop grand rationalisme de Bourget.

Mauriac : origine bourgeoisie catholique ( des romans moralistes lucide, admirateur de Pascal). Il donne une autre dimension à ses romans psychologiques ; une dimension métaphysique ( en lien avec les conflits qui perturbent les années 30).

** Plus pessimiste encore, Julien Green plonge ses personnages dans la folie, l’angoisse ou l’enfermement. La sexualité est confondue avec le mal.

. George Bernanos et le vertige de la foi

Romancier des prêtres en vertige de la foi. Inspiration spiritualiste + une rhétorique de polémiste. Il condamne une religion ralliée à la République. Son chef-d’œuvre : Monsieur Ouine, une écriture toujours en travail, + la fragmentation + obscurité.

. Emmanuel Bove ou le roman coupable

10 livres entre 1927-1928, bel accueil littéraire grâce à Colette. Il écrit pour vivre donc vite et bcp. Ses personnages sombrent dans une vanité monotone. Les rapports sociaux sont inconfortables. Un univers pauvre et une écriture plate ( qui fascine Beckett ). Il ne donne pas un aspect « dramaturge »à ses personnages et histoires , différent de Dostoïevski. Il refuse d’aller dans le sens du public.

2) Romans du peuple

. Le roman populiste : Eugène Dabit et Louis Guilloux

« Le roman est fait pour donner une image de la vie. »

Le peuple : garant de vraies vertus.

Thérive, 1927, dans un article : rassemble autour de lui des écrivains qui pensaient que la « crise du roman » était dûe à l’abandon du réalisme.

Dans cette lignée, seule Eugène Dabit arrive à se faire connaître.

. Henri Poulaille et le « roman prolétarien »

Il développe ses idées dans Nouvel Âge, 1930 , en faveur d’une littérature « prolétarienne ». Il réclame une littérature de classe mais non strictement partisane. Une littérature engagée.

. Le roman populaire : Francis Carco, Pierre Mac Orlan, George Simenon

Pratiquent le réalisme sans le théoriser. Ces écrivains sont « populaires » et non populistes, écrivent dans les marges du peuple, parlent de la prostitution.

Les roman de Simenon lient intrigue et réalisme.

Esthétiques du roman

( Les Trente Glorieuses )

I- Autonomies de la fiction : les réinventions du romanesque

1) Stylistes du roman

. Jeux et parodies : Raymond Queuneau et Boris Vian

R. Queuneau : étrange personnage : mélange existence et humour. Auteur des « romans-poèmes ». Il ne fait pas de différence entre les deux genres. Il fréquentait dans les années folles les surréalistes. Il refuse une forme romanesque et invente des orthographes purement phonétiques.

Un autre fantaisiste du roman : Boris Vian. Auteur de romans policiers provocateurs ( inspiré par Jarry ). Il se moque de « Jean Sol Partre » car il refuse son engagement. Mais c’est un clown triste.

. Sensualité et sensibilité : André Pieyre et Mandiargues

Ils pensent qu’il y a une oscillation permanente du poème au roman. Leur attrait pour une certaine sensualité peut atteindre l’érotisme. Le fantasme rejoint le fantastique.

Sensible aux envoûtements du monde : André Dhôtel conjugue les attraits de la légende au vérisme campagnard. Se laisse emporter dans le surréalisme.

Ce moment d’histoire : un lent aggiornamento ( redistribution des critères esthétiques )

Les années 50 : le passage à une nouvelle culture du roman.

2) Élans romanesque

. Giono renouvelé

Une mutation silencieuse. Giono renaît transformé, ses personnages : identités multiples.

. Roger Nimier et les « hussards »

Nimier, Blondin, Fraigneau : ils rêvent de légèreté et d’inconséquence en des temps assombris.

Ces auteurs et leur génération, pour la plupart n’ont pas fait la guerre ou bien ont participé à la fin pour y triompher facilement. Mort à 36ans : laisse 10 livres dont plusieurs romans, le 1er Les Épées : s’ouvre sur la masturbation d’un adolescent qui rate son suicide ( L’ambiance de foooooolie !! ).

. De Jacques Laurent à… Paul Morand

J. Laurent : dresse à son tour le portrait de cette génération, née dans les années 20s, attachée à des valeurs de droite. Les « hussards » : hostiles à toute forme d’engagement.

Paul Morand, très apprécié par Nimier. Son talent est reconnu dès la publication de Hecate et ses chiens en 1954. C’est un roman pervers, une femme, Clothilde, séduit de jeunes arabes et les met dans son lit.

. Une jeunesse romanesque : Françoise Sagan, Jean-René Huguenin, Roger Vailland

La célébrité de Sagan est venue du jour au lendemain. Son roman sentimental Bonjour tristesse, séduit par la figure de son auteur, un récit aisé. Elle montre que la jeunesse de ce temps est aux prises avec l’ennui.

Huguenin : meurt très jeune, est sévère avec le génération précédente et prône une renaissance de la littérature contre l’abandon auquel se complaît le génération des hussards. Il incarne une sorte de romantisme régénéré. Son seul roman : La Côte sauvage .

Vailland : il est l’exemple d’une tension entre les deux mondes : engagement et plaisir libertin. Il faut des références à Stendhal et admire Laclos.

3) Puissance du roman

. Le suspens gracqien

Julien Gracq, grand lecteur de Stendhal. Mais aussi Poe, Breton… Il met en résonance ses lectures avec la nature. Son premier roman est marqué par l’atmosphère des récits gothiques du XVIIIE.

Il prive ses personnages de toute assise sociale. Il reste flou. Ses personnages sont happés par leurs fantasmes et voient sous la seule

puissance du désir, DE lever au loin les signes qui les convient à leur destin. Il est un admirable styliste de la langue. IL délaisse les romans pour les essais.

. Le classicisme de Marguerite Yourcenar

Elle se soucie de la Belle langue. Esprit cultivé et la 1ere académicienne de France. Influencée par Gide, ses roman : un mélange de savoir et d’histoire ET un talent d’analyste et moraliste.

. La verve d’Albert Cohen

Le Livre de ma mère, 1954 donne une importante clef de l’œuvre et sa complexe relation aux deux cultures, juive te chrétienne. C’est une synthèse des formes romanesques de premier demi-siècle, mêlant tradition et novation. Le lyrisme côtoie l’ironie.

On constate une séparation entre les année 50 et les années 70 car dans les années 60 : irruption d’un mouvement important qui renouvelle aussi bien la création que la critique.

II- Les expérimentations formalistes

1) La question du « nouveau roman »

. Deux « nouveaux romanciers » : Alain Robbe-Grillet et Jean Ricardou

Grillet et au principe même du « nouveau roman ». Les Gommes paru en 1953 , est construit en cinq temps comme une tragédie. Cette œuvre a une ingéniosité formelle mais aussi une novation stylistique. Il défend les descriptions et écrit des romans pervers et sadiques mais toujours contrôlés.

Ricardou d’impose un temps comme le « théoricien du nouveau roman ». Il tente d’imposer la définition et les limites. C’est un analyste remarquable du détail. Sa contribution reste capitale en ce qui concerne tout le travail de « contestation du récit ».

Une autre fin de siècle

( le vacillement des idéologies )

I- Le retour au roman : le sujet, le réel, le récit

1) Le retour au sujet

À la fin des années 70, la notion du roman s’est transformée en « texte ».

Les années 80 : retour de l’individualisme car jusqu’aux années 70 le moi était haïssable. Roland Bartes publie Roland Barthes par Roland Barthes en 1975 et donne l’exemple.

. De l’autobiographie à l’autofiction : Jacques Borel et Serge Doubrovsky.

La part autobiographique est très importante dans le roman. Mais suspecte comme l’avait remarqué Proust dans son Contre Sainte-Beuve qui établit une séparation radicale entre le « moi » qui écrit et la personne réelle. Borel publie en 1960 L’Adoration avant de reconnaître en 1965 que c’était une autobiographie. Or c’est au cours des années 70 que la critique définit l’autobiographie par des critères formels ( P. Lejeune, Le Pacte autobiographique ) notamment celui de l’identité explicite de l’auteur, du narrateur et du personnage. Ce principe permet de faire la différence avec la biographie et avec le roman en 1re personne.

S. Doubrovsky invente « l’autofiction », forme romanesque qui respecte le pacte de l’autobiographie mais la mêle de fiction. Mais ces « fictions » existent de longue date car toutes les autobiographies ont une part de fiction en elle.

. Entre libertinage et fantasmes : Philippe Sollers et Alain Robbe -Grillet

Sollers : libertinage

Grillet : nomme ses romans romanesques alors que ce sont des autobiographies.

. Le roman exhibitionniste : Tony Duvert, Pierre Guyotat, Renaud Camus, Hervé Guibert

Ils sont exhibitionnistes et provocateurs. Pour la plupart homosexuels qui poussent à la libération des mœurs et imposent une littérature gay moins soumise aux faux semblants que celle de Green et se refusent les elégances de Proust. Les 1ers sont Duvert et Guyotat.

Mais cette littérature rencontrera le drame du sida, c’est ce qui inspire Guirbert.

. La mémoire imparfaite : Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, Claude Simon, Louis-René des Forêts

Une autre forme d’autofiction se développe sans se focaliser sur la question sexuelle. Leurs œuvres cherchent une origine de l’écriture, laquelle se confond bien souvent avec la conscience identitaire d’un sujet qui a eu, à un moment donné, le sentiment de naître à lui-même. Cette méditation de l’enfui, Louis-René des Forêts le fait advenir sous une forme fragmentée dans Ostinato.

. Fictions familiales : le roman, symptôme d’un état de la société

Claude Simon a donné une légitimité moderne aux questions de filiation. Simon souligne, dénonce et utilise à la fois ces méditations auxquelles le sujet ne cesse de recourir parfois dans même s’en rendre compte.

Après les conflits militaires, le sujet cherche à reconstruire l’histoire dont il est issu.

. Le roman des fils : Jean Rouaud, P. Bergounioux, Charles Juliet

2) Retour au réel

. Le basculement du siècle : De Pierre Bergounioux à François Bon

Le réel « historique », celui des générations passées ou de l’enfance, est forcément présent dans les romans dont on vient de parler. Mais il n’est pas simplement l’objet d’évocation plus ou moins pittoresque. Car la conscience contemporaine se situe dans une telle fracture qu’elle ne peut se contenter de dire le réel, le temps et son écoulement, sur une simple modalité nostalgique. Bergounioux montre que la modernisation et la mécanisation font irruption dans les campagnes et brisent les traditions.

François Bon fait le même constat à propos des univers urbains et du monde industriel. Dans ses romans, l’univers des usines est omniprésent. Mais ce sujet ne le désigne comme étant le nouveau réaliste de cette fin de siècle. Il préfère travailler la langue en elle-même.

. Fractures sociales et culturelles : Annie Ernaux, Nina Bouraoui, Danièle Sallenave…

Ernaux croise l’écrit personnel et le témoignage social.

Bouraoui : une vraie violence révoltée, écrit des récits entre deux mondes voire deux civilisations.

Convaincue que c’est dans la banalité répétée des choses et dans les détails de la vie que se manifeste le plus intime des sujets, Sallenave comme Ernaux disent une autre réalité du qotidien. Elles portent une attention aux exclus de la société : les personnes âgées.

. Le « polar » engagé : Jean-Patrick Manchette, ADG, Didier Daenincks

Renouvellement depuis les années 70.

Manchette est l’un des premiers à inscrire ses romans dans la réalité sociopolitique française.

Daenincks décidé à traquer les mensonges politiques, à démasquer les non- dits de l’histoire officielle, il revisite à travers ses romans la Première Guerre Mondiale et des exécutions de militants communistes…

3) Retour à l’Histoire

C’est dû aux récits de filiation de Daenincks. Les deux dernières décennies du XXe siècle ouvrent ainsi sur de nouvelles écritures littéraires de l’Histoire, lesquelles se prolongent au début du siècle suivant.

. Le roman « archéologique » : La Grande Guerre revisitée

Les écrivains cherchent d’autres voies pour évoquer une Histoire complexe, c’est pourquoi ils préfèrent le plus souvent afficher danse leurs livres les incertitudes qui sont les leurs. Cela donne lieu à des romans d’enquête. Une société traumatisée par les deux guerres. Les auteurs emblématiques : Claude Simon, Bergounioux et Lydie Salvayre.

. Écrire le Shoah : témoignages et polémiques

1985 : « Shoah » un film de Claude Lanzmann. L’effet produit par ce film : historiens + philosophes publient des travaux sur et des réflexions sur ce sujet. Mais la génération du XXIème siècle ne pense pas posséder une légitimité sur cette histoire même si c’est une histoire commune. Les livres publiés par cette jeune génération font souvent polémique.

. Le scrupule contre le silence

Dès les années 1980, la question historique est au cœur même de l’inspiration et écriture littéraire et toutes les périodes du passé sont envisagées, la Guerre d’Algérie par exemple.

. Alain Nadaud, Olivier Rolin : explorer tous les procédés

L’écriture littéraire de l’Histoire finit par rejoindre le présent, Alain Nadaud L’Envers du temps : un roman métaphysique, il interroge les acquis de la modernité et ses fondements. Le récit conjugue fiction, savoir et mémoire, avec une volonté manifeste de desenfouir les choses.

4) Retour au récit

Il avait été si malmené par les expérimentations textualistes que la linéarité narrative s’en trouvait dépassée. La période du « récit empêché » a vu d’abord s’installer dans « le texte du roman » un régime de concurrence interne. Les auteurs n’utilisaient plus la narration.

. La tradition romanesque et « l’école de Brive »

De tels livres remettent à l’honneur et le récit et le sujet en tant qu’ils sont porteurs de mémoire. Une ancienne littérature renaît : celle qui raconte des histoires et rapporte des légendes et les anecdotes du passé. Au cours des mêmes années se multiplient des « récits de vie » qui n’ont rien à voir avec les autofictions.

. Raconteurs d’histoires, « nouvelle fiction »

C’est LE retour à un plaisir narratif, une joie du récit. Les dernières décennies de ce siècle ont ainsi connu un renouveau du romanesque. Les auteurs revendiquent le simple droit de plaire et se refusent à lier l’acte d’écriture à une critique du genre. Mais il y a une autre « nouvelle fiction », rassemblés ( Les auteurs ) sous l’égide d’une « nouvelle fiction » dont la formule entend bien évidemment se démarquer de ce que fut le « nouveau roman », ils prétendent reconquérir les espaces littéraires perdus au profit des formalismes textuels. Non plus écrire le roman du roman, mais écrire des fictions pour le plaisir de la fiction. Ils se réclament de Romain Gary et Robert- Louis Stevenson. Le modèle ultime de la « nouvelle fiction » serait finalement le mythe car le mythe est d’abord un récit imaginaire qui excède l’anecdote.

. Tradition orales : les voix du Maghreb et les « marqueurs de paroles » antillais

La tradition orale du Maghreb se trouve revisitée par des écrivains qui la transforment en pratique d’écriture. L’écrivain Tahar Ben Jelloun conjugue l’agilité du conte et la substance du roman.

Récit et conte seraient aussi les autres noms du roman aux Antilles

Toute une littérature francophone émerge dans cette fin de siècle.

II- Esthétiques de la nostalgie : le « roman cultivé »

1) Le roman cultivé

. Renaud Camus et le roman crypté

Camus subvertit le genre du roman historique tout en produisant une réflexion cryptée sur l’état du roman contemporain.

. Pascal Quignard et le roman lettré

Romancier, essayiste, il a plusieurs registres. Dans ses œuvres : collaboration entre la modernité et érudition. Son langage a la forme d’une investigation.

. Claude Louis-Combet et les perversions du roman hagiographie

Plusieurs de ses romans : croisement d’une enquête sur le passé et d’un questionnement du présent. Utilise une langue savante et sensuelle.

III-

IV- Les fantaisies et les troubles du réel

La moindre des inventions est celle qui associe un univers et un ton : des personnages et une façon d’en parler. D’une certaine façon, c’est la tradition dans l’invention. À chaque époque, paraissent ainsi des écrivains qui suscitent l’engouement par leur capacité à « faire vivre un monde ». C’est souvent le gage d’un succès populaire à l’instar de Daniel Pennac ou Émile Ajar.

Plus ambiguë est la création romanesque de Marie Ndiaye, dont le réalisme apparent dérive volontiers vers l’étrangeté. Mais pas de récit fantastique. Sa fantaisie un brin perverse se saisit du monde et démasque les détresses ordinaires.

V- Le roman ou l’invention permanente

La permanente remise en question du roman n’aboutit jamais à la stérilité mais témoigne de l’infime variabilité du genre. Antoine Volodine en est un exemple. Il a publié ses romans dans une collection de science-fiction dans répondre aux critères.

Multiplication des pseudonymes.

Olivier Rolin cite l’écrivain italien Italo Calvino « la littérature ne peut vivre que si on lui assigne des objectifs démesurés, voire impossible à atteindre. »

CONCLUSION :

L’histoire du roman au XXème témoigne de l’inventivité qui se déploie dans le cadre d’une forme littéraire toujours en mouvement. Rebelle à toute définition. On lui refuse tantôt le personnage tantôt la description. On veut limiter l’importance de l’intrigue, on récuse sa linéarité narrative, on conteste sa vocation à dire le réel…

Le roman présente un reflet de la société non seulement parce qu’il veut en être le miroir comme dans les esthétiques réalistes mais surtout parce que la production romanesque d’une époque donnée correspond à un état des mœurs, de la culture et des préoccupations de cette époque.

C’est dire que le genre préserve la part de l’imaginaire en même temps qu’il enregistre les mutations cultuelles.

Le travail sur la narration constitue la part la plus importante des innovations formelles du siècle.

Le roman rassemble 4 questions :

1- Les incertitudes majeures du narrateur

2- Une interrogation sur la façon dont il va faire le récit

3- Une interrogation sur les modes d’appropriation

4- Une interrogation sur le présent de l’individu

Mais l’innovation n’est pas liée qu’à ces questions. Elle est liée au plaisir même d’inventer, de transformer, d’expérimenter.

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