Le testament politique de Richelieu, Projets de Histoire française. Università di Verona
tiziana_bettinelli
tiziana_bettinelli7 avril 2017

Le testament politique de Richelieu, Projets de Histoire française. Università di Verona

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analyse du traité de Richelieu à propos de la pratique des duels
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Texte 1: TESTAMENT Politique de Richelieu

Qui traite des moyens d’arrêter les Duels

Dans ce texte je vais analyser le point de vue du Cardinal de Richelieu en ce qui

concerne la pratique des duels. Je me concentrerai sur les cas dans lesquels, selon

lui, un combat peut être acceptable ou, au contraire, il est blâmable et illégitime.

Je présenterai aussi les considérations qu’il fait en distinguant les deux concepts

de « particulier » et de « général ».

La figure d’Armand du Plessis, Cardinal, Duc de Richelieu (1585-1642) domine

la première moitié du 17ème siècle en étant l’un des plus lucides représentants de

la Raison d’Etat.

Dans son Testament Politique – composé entre 1635 et 1638 – le célèbre Ministre

de Louis XIII décrit les points fondamentaux de sa politique, qui a aidé la France,

bouleversée et divisée, à redevenir une grande puissance à niveau européen. Les

points les plus importants de sa pensée sont quatre: ruiner les protestants, ramener l’aristocratie à l’obéissance au roi (rabaisser l’orgueil des nobles), réduire les

Sujets en leur devoir et relever le nom de Louis XIII.

Dans cette œuvre, dans la seconde partie du troisième chapitre, où il parle de la

noblesse, Richelieu réfléchit sur les moyens nécessaires pour mettre fin aux duels,

grande plaie de l’époque.

Il y avait déjà été beaucoup d’édits rédigés afin d’interdire les duels. Parmi eux il

y en avait un qui prévoyait la peine de mort contre les meurtriers ; toutefois pour

les Grands la loi continuait à être simplement une vaine menace. En conséquence

la folle tendance aux duels s’étendait de plus en plus.

Richelieu utilise de différentes expressions en se référant aux duels: il parle de

« rage », de «dangereux mal», d’ « usage de la barbarie ». En utilisant ces

locutions il souligne sa désapprobation et son hostilité envers cette pratique qu’il

décrit comme « illicite par nature ». On sait que Richelieu a une raison

personnelle qui le pousse à conduire cette campagne : son père avait tué un

homme et son frère ainé avait perdu sa vie pendant un de ces duels. La douleur

personnelle, donc, s’ajoute à la raison d’Etat : en effet le but principal de

l’interdiction des duels était celui de limiter la disparition de la noblesse et la perte

inutile des meilleurs soldats du roi.

1

Richelieu prend en considération deux conceptions différentes du combat

individuel et il souligne qu’il y a une « très grande différence entre faire battre

deux particuliers pour éviter une bataille et finir une guerre, et les faire battre pour

éviter les duels ».

Il soutient que la première modalité est permise et, quelquefois, souhaitable, du

moment qu’il pense qu’il est juste pour un « particulier » de se sacrifier pour le

« général ». Pour donner une plus grande validité à cette thèse, il fait référence

aux Saintes Lettres dans lesquelles on peut trouver des exemples concernant ce

sujet (je pense par exemple à l’épisode de David et Goliath). Dans des

circonstances de ce genre, en effet, le sacrifice d’un seul homme est héroïque,

béni de Dieu, parce qu’il sauve la vie à un grand nombre de personnes et, en

même temps, il met fin à de guerres qui dans le cas contraire pourraient s’avérer

longues et sanglantes.

La deuxième circonstance, au contraire, est considérée « illicite par nature », parce qu’elle « expose déterminément les particuliers à leur perte », elle cause la

mort de personnes innocentes. D’après Richelieu ce combat n’a pas une utilité

publique. Le Premier Ministre de Louis XIII avait dans un premier temps pensé

que faire battre deux hommes pouvait être une solution pour arrêter les duels.

Toutefois, après une plus profonde réflexion, il se rend compte que cela n’était pas

du tout une solution valide au problème car, en effet, elle est contraire à l’intérêt

de l’état. Pour le Cardinal, c’est l’utilité envers l’Etat le critère de jugement de

chaque action.

Il est motivé par la conviction que la poursuite des intérêts nationaux justifie les

actions de l’Etat, même si aux dépenses de l’éthique, du droit et d’autres

impératifs moraux. C’est pourquoi dans cet extrait il fait une distinction très

précise entre le « particulier » et le « général ».

Le particulier est l’intérêt privé; le général est l’intérêt de l’Etat, de la

communauté. Il est possible et, parfois, conseillé de sacrifier le particulier pour le

bien de l’Etat.

L’Etat, à son tour, doit agir pour garantir l’ordre et la sécurité de chaque individu,

en interdisant la pratique des duels comme solution à des questions personnelles

et en suggérant, comme alternative, l’intervention des juges qui proposent des

accords justes et appropriés pour les deux parties. On peut parler bien sûr de

« raison d’Etat », parce que le sacrifice d’une seule personne sauve la collectivité

2

et met fin aux guerres rapidement et efficacement. Il s’agit de mettre la sureté de

l’Etat avant tout, de la privilégier par rapport aux autres motivations.

D’autre part, trouver une vie légale et judiciaire qui soit fonctionnelle et de

substitution à la pratique des duels c’est, sans doute, un moyen pour affirmer à

nouveau la supériorité de L’Etat et son contrôle total sur la vie de tout citoyen.

Il faut rappeler que l’un des buts de Richelieu est celui de réduire tous les Sujets

en leur devoir.

Pour faire ça il est souvent nécessaire de recourir à d'actes rigoureux, parfois

terribles et voués à abattre l’orgueil des Grands.

Les nobles, en effet, sont très attachés à leur honneur. Ils aiment plus l’honneur que leur propre vie. Richelieu exprime cette considération dans la première partie

de ce chapitre : « l’honneur leur devant être plus cher que la Vie, il vaudroit

beaucoup mieux les châtier par la privation de l’une que de l’autre1». Une perte

de statut est donc une menace plus utile que la perte de la vie et Richelieu veut

s’en servir pour les assujettir.

Richelieu reprend la même idée dans cet extrait aussi : « l’honneur leur était en

plus grande recommandation que leur vie, étant plus capable de perdre les

commodités sans lesquelles ils peuvent vivre heureux en ce monde, que de mourir

hors de la grâce de dieu, sans laquelle ils seront malheureux dans l’autre. La

crainte de perdre leur charges, leurs biens et leurs libertés a fait plus d’effet sur

leurs esprits que celle de perdre la vie ». Et encore « l’aveuglement de la noblesse

est si grande que beaucoup estimant que, demander le combat par cette voie serait

chercher le moyen de ne se battre pas [sic], feraient vanité de prendre un chemin

plus court pour tirer raison de leurs injures, et donner des preuves de leur

courage »

C’est souvent la défense de l’honneur la cause principale des duels: les nobles ne

peuvent pas supporter des offenses et cherchent, avec les duels, de venger

l’orgueil blessé ou bien de regagner le respect. Ils n’hésitent pas à mettre l’épée à

la main pour des motifs futiles en se battant dans les rues et sur les places

publiques, sans tenir compte des lois2.

3

1 De Richelieu. Testament Politique. Chapitre III, première partie.

2 Knecht, R. J. Richelieu. Harlow, England : Pearson Education, 1991

En effet, la noblesse dans cette période pense que son service envers le roi est

quelque chose de personnel et volontaire ; pour la noblesse le roi est seulement un

« primus inter pares3 ».

Richelieu ne peut pas permettre que cette situation continue, surtout face à

l’objectif d’accentuer le caractère absolutiste de la monarchie française.

On ne doit pas voir le Cardinal comme un ennemi de la noblesse, surtout puisqu’il

était noble lui-même, élevé aux armes et fier de sa gentilhommerie.

Comme on a vu en classe, dans la première partie du même chapitre du Testament

Politique (qui traite de « divers moyens d’avantager la Noblesse e la faire

subsister avec dignité »), il décrit la noblesse comme une force potentielle, le

« nerf de l’état », la colonne vertébrale de l`armée. Elle a un rôle très important et

donne des contributions favorables à la nation.

Non seulement Richelieu n’est pas hostile au deuxième état, mais il cherche aussi

de l’aider retrouver le prestige de ses ancêtres.

Il pousse le roi pour promouvoir sa reprise à travers de différents moyens : en

nommant seulement des nobles aux fonctions de gouvernement, en créant une

sorte d’armée permanente, des compagnies de gendarmes, n’ouvrant la Maison

Royale qu’aux nobles. Il s’agit de valoriser la naissance plutôt que l’argent.

Cette générosité apparente a, toutefois, un deuxième but : celui de pouvoir

asservir les Grands et les contrôler de très près.

Donc on peut voir comment le Cardinal cherche à assujettir la noblesse au pouvoir

du roi par différentes moyens : en lui interdisant les duels ou bien en l’aidant économiquement. Encore une fois, il est confirmé comment le particulier (dans ce

cas l’entière classe nobiliaire) est fonctionnel au général et donc comment il peut

aider à valoriser l’importance d’un Etat absolutiste.

Nombre de mots: 1492

BIBLIOGRAPHIE

4

3 Corne, Hyacinthe. Le cardinal de Richelieu. Paris: Hachette, 1856

Bonney, Richard. Society and government in France under Richelieu and Mazarin, 1624-61. Houndmills, Basingstoke: The Macmillan Press, 1988

Corne, Hyacinthe. Le cardinal de Richelieu. Paris: Hachette, 1856

Knecht, R. J. Richelieu. Harlow, England : Pearson Education, 1991

Labrune, Gerard ; Toutain, Philippe. L’histoire de France. Paris : Nathan, 2010.

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