Le vocalisme et le consonantisme du français aujourd'hui (1), Notes de Langue Française. Università di Pisa
Simona929
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Le vocalisme et le consonantisme du français aujourd’hui

Phonétique et phonologie

14.11.11

Le langage humain

C’est une capacité spécifique à l’espèce humaine de communiquer au moyen d’un système des signes vocaux. Même les animaux ont leur façon de communiquer, mais il s’agit d’un «langage» différent e pas articulé.

Quand on parle, au niveau du corps, il y a la mise en jeu d’une complexe technique corporelle, qui présuppose l’existence d’une fonction symbolique et de centres nerveux, qui donnent la symbolisation.

L’émission des signes vocaux est réalisée à travers des organes, dont le but principal n’est pas seulement de parler. On parle grâce à l’air qui sort des poumons; le souffle expiratoire et l’intervention de toute une séries d’organes qui se disposent d’une certaine manière. Les éléments les plus important du procès sont :

• l’émission des vibrations sonores produites par l’intervention du souffle expiratoire ;

• la vibration des cordes vocales (muscles au niveau du larynx) ;

• la cavité buccale, qui sert de résonateur, où se termine le son. Dans la cavité buccale facteurs importants sont le mouvements des lèvres et de la langue. Elle peut se déplacer en avant (vers les dents) ou en arrière (se soulève vers le voile du palais). La langue, les lèvres et le voile du palais sont important pour l’articulation du langage, ainsi que les fosses nasales pour ce qu’on appelle les voyelles nasales; pour les produire, le voile du palais s’abaisse et laisse une partie l’air passer dans les fosses nasales. Même le polonais et le portugais possèdent des voyelles nasales, mais c’est le français qui en a plus.

Rem. La définition « h aspiré » (le héros, le hangar, le Hollandais) c’est phonétiquement faux; on préfère h consonne ou h disjonctif. Ce h se comporte comme une consonne; on ne fait pas la liaison avec h consonne (les héros vs leszéros).

Le système de signes vocaux utilisés par un groupe social, une communauté linguistique, constitue une langue particulière. La langue est un instrument de communication, dont la première manifestation est orale; les enfants apprennent à parler par imitation avant d’écrire. La langue maternelle c’est la langue en usage dans le pays d’origine du locuteur. Le français c’est une langue vivante, le latin au contraire c’est une langue morte (il a évolué dans les langues romanes ou vulgaires: italien, français, espagnol, portugais et roumain).

Les langues utilisent des sons pour transmettre du sens.

Ferdinand de Saussure

Au XIX on était des philologues; on s’occupait et on étudiait l’origine et l’ évolution des langues et on travaillait en diachronie, alors que les linguistes travaillent en synchronie, c’est-à-dire qu’ils ne considèrent pas le temps.

Saussure (1857-1913) était un linguiste, professeur à l’université de Genève. Il n’a pas publié d’études de linguistique pendant sa vie, mais ce sont ses étudiants, Charles Bally (devenu un grand grammairien), et Albert Sechehaye, qui ont publié son cours et ont choisi comme titre Cours de linguistique générale (1916). Ils ont reconstitué le cours de leur maitre, en mettant ensemble leurs notes. Dans les années Cinquante Saussure a été beaucoup critiqué (Chomsky), mais il n’avait rien publié de sa main; peut-être que ses étudiants ont réinterprété la pensé de leur maitre et ont changé ses idées. On a reproché à Saussure de ne pas avoir étudié à fond, mais il a élaboré quand même les bases et les principes fondamentaux de la linguistique moderne (par exemple la définition de la langue comme système des signes, donc de mots mais aussi de pictogrammes).

Selon Saussure le langage présente deux composantes: langue et parole. La langue est de nature sociale ; c’est un système de signes articulés qui sert à transmettre desmessages humains. La langue est partagée par une communauté, qui en admet les conventions et les règles. C’est une partie du langage qui existe dans la conscience de tous les membres de la communauté linguistique en question. Les conventions linguistiques peuvent évidemment évoluer, puisque la grammaire et la prononciation changent dans le temps. La langue est virtuelle et potentielle, c’est-à-dire qu’elle donne la possibilité potentielle de créer un nombre infini et incalculable d’énoncés. La réalisation personnelle de la langue c’est la parole (discours), La parole est de nature individuelle; elle est l’actualisation de la langue, sa réalisation concrète. La parole ou le discours désigne les énonces (unités linguistiques) produits par un locuteur. Le locuteur a à sa disposition une connaissance implicite de la langue, qui réalise grâce à la parole.

La langue c’est un code de signes conventionnels. Le signe linguistique est l’association du signifiant et du signifié. Le signifiant c’est la forme sonore (ou écrite), l’image acoustique du signe, tandis que le signifié indique le concept, l’image mentale. Le signifiant se situe au niveau de l’expression, tandis que le signifié se situe au niveau du contenu. Par conséquent le signe linguistique c’est l’association d’une expression à un contenu, de forme et idée. La forme peut être visuelle (à l’écrit) ou sonore (à l’oral). Saussure a été contesté par certains linguistes, selon qui l’association du signifiant et du signifié signe n’est pas toujours conventionnelle. Le signe n’est pas arbitraire dans le cas des onomatopées, qui imitent les sons ou les bruits de quelque chose (flicflac ; boom etc.) et ne sont pas les mmes dans toutes les langues.

16.11.11

Chaque réalisation phonique, chaque énoncé linguistique, fournit un message conceptuel, plus d’autres informations extralinguistiques (le sexe, l’âge, la personnalité, l’état d’âme, le groupe social et parfois même l’état de santé). Quand on parle on se trahit !

Les branches de la linguistique

La linguistique c’est une science, née au XX siècle, dont l’étude est l’ensemble des signes linguistiques. C’est au XX siècle qu’on on a commencé à parler de sémiologie, l’étude des signes en sens large (la linguistique s’occupe seulement des signes linguistiques). La linguistique sépare la langue en différentes parties, qui sont étudiées par les branches de la linguistique. La branches de la linguistique sont : la phonétique, la phonologie, la sémantique, la grammaire (morphologie et

syntaxe), la pragmatique et la sémiologie ou sémiotique. La morphologie et la syntaxe font partie de la grammaire ; la morphologie s’occupe par exemple de la formation des temps verbaux, du pluriel et du féminin, tandis que la syntaxe étudie la structure des phrases. La sémantique s’occupe du sens des énoncés. La pragmatique est l’étude de la communication et de l’interaction linguistique.

Phonétique et phonologie

La phonétique c’est l’étude des sons et des articulations du langage, indépendamment de leur fonction dans la communication (elle étudie les sons sans s’occuper du sens). Elle s’applique à toutes les langues, puisqu’elle s’intéresse aux sons purs, indépendamment de la langue). C’est pour cela qu’il faut des appareils et des outils techniques pour l’analyse des sons et des différences entre eux. Traditionnellement on divise la phonétique en deux secteurs :

• La phonétique articulatoire: elle s’occupe des mouvements des organes phonateurs (ces organes qui permettent de produire des sons) lors de l’émission. La première fonction des organes avec lesquels on articule les sons, n’est pas parler: les poumons servent principalement à respirer, la bouche à manger etc. Elle s’occupe de la production et de l’émission des sons.

• La phonétique acoustique: elle s’occupe de la transmission du message et de la réception des sons de la part du locuteur.

« La phonétique est la science de la face matérielle des sons du langage humain. » (N. S. Trubeckoj - linguiste du cercle de Prague) La phonétique étudie l’aspect purement matériel des sons du langage humain, sans tenir compte de leur valeur linguistique.

On peut bien faire de la phonétique historique (l’évolution diachronique des sons d’un système linguistique particulier) ou de la phonétique descriptive ou statique (description des caractéristiques des sons).

La phonologie (ou phonétique fonctionnelle) c’est une branche de la phonétique, qui étudie les sons du point de vue de leur fonction dans une langue donnée. Elle étudie les différences de son qui provoquent des différences de sens. C’est pour cette raison qu’elle ne peut que s’occuper d’une langue particulière. Elle s’occupe de la forme de l’expression : l’arrangement selon laquelle s’établit la fonction distinctive des phonèmes. C’est l’étude des sons d’après leur fonction dans la communication.

Les différences de son provoquent des différences de sens dans une langue donnée. Exemples : je parlerai (futur) vs je parlerais 0 25 B (conditionnel); c’est la différence entre [e] et [ ] qui provoque la différence de sens; ils sont vs ils ont, poisson vs poison où il y a l’opposition [s] - [s]. Ces énoncés ont tous leurs phonèmes en commun, sauf un ; ce sont des paires minimales.

Dans la phonologie il y a deux branches:

• La phonologie segmentale (voyelles, consonnes, semi-consonnes)

• La phonologie suprasegmentale (intonation, accent, le ton etc.). Cette terminologie vient de l’école américaine : il y a quelques années la phonologie ne s’occupait pas du tout de traits suprasegmentaux, mais il faut les étudier car il font partie de la communication. L’intonation est expressive et porteuse de sens (ils viennent vs ils viennent ?). On parle aussi

de prosodie et aspects prosodiques. Accent (intensif ou tonique, en italien) et intonation ont une fonction distinctive au même titre que les phonèmes.

La double articulation du langage (A. Martinet)

(cf. les photocopies)

C’est André Martinet, un linguiste français, qui a proposé cet hypothèse fonctionnaliste dans son ouvrage Elément de linguistique générale (1960). Tout énoncé s’articule en unités chargées de sens. Le plus petit élément chargé de sens s’appelle un morphème ou monème (première articulation).

Exemple : dans l’énoncé « L’enfant dormira » il y a 5 morphèmes (l’-enfant dorm-ir-a). On distingue entre morphèmes lexicaux et morphèmes grammaticaux. Dans l’énonce précédent l’ et -a ce sont des morphèmes grammaticaux, tandis que enfant et dorm- ce sont des morphèmes lexicaux. On peut bien inventer des mots nouveaux (en effet des nouvelles découvertes sont toujours faites !), mais on ne peut pas créer de nouveaux morphèmes grammaticaux (articles, pronoms, prépositions etc.). Les morphèmes grammaticaux sont bien déterminés dans les langues et leur nombre est limité. Les marques du pluriels, les désinences verbales ce sont des morphèmes grammaticaux puisque elles indiquent des catégories grammaticales et transmettent des informations comme le nombre, le genre, le temps verbal, la personne etc. Dans le verbe nous mangeons il y a 3 morphèmes: nous (pronom personnel 1e pers. du pluriel) mang- (verbe) -eons (désinence de la première pers. du pluriel du présent de l’indicatif). A l’intérieur du même classe (paradigme) on peut remplacer un mot par un autre (à la place de enfant on pourrait mettre homme, fille etc., c’est-à-dire des substantifs ou des pronoms avec la fonction de sujet) ; il y a des paradigmes fermés (articles, prépositions, adjectifs possessifs, pronoms etc. ; bref, tout ce qui fait partie du domaine de la morphologie) et des paradigmes ouverts (les substantifs, les adjectifs, les verbes etc.). L’axe paradigmatique est l’axe vertical, tandis que l’axe horizontal s’appelle axe syntagmatique.

21.11.11

Les morphèmes lexicaux appartiennent à une classe ouverte, car on peut toujours créer des néologismes (avion, ordinateur etc.). La langue n’est pas statique, mais elle évolue et suit les découvertes de la technique et des sciences.

Sur l’axe paradigmatique on peut changer les morphèmes entre eux : les verbes, les substantifs et les adjectifs ce sont des paradigmes ouverts, tandis que les paradigmes grammaticaux sont une classe fermée (articles, prépositions, conjonctions etc.) puisque on ne peut pas y ajouter des nouveaux éléments ou créer des nouveaux morphèmes.

Chaque morphème s’articule dans son signifiant en unités dépourvues de sens, mais qui sont quand même fonctionnellement distinctives : les phonèmes. Les phonèmes sont en nombre limité dans la langue.

La double articulation est économique, car avec un nombre limité de phonèmes qui se combinent ensemble on peut former illimité de signes linguistiques. Parfois un phonème peut être un morphème : dans l’énoncé « il a faim » il y a 5 phonèmes (ils ne sont pas de lettres !), a c’est un

morphème qui indique la 3e pers. singulière du présent du verbe avoir, mais il est qund même le phonème [a].

Phonèmes et paires minimales

Pour identifier les phonèmes dans une langue on repère les paires minimales, où la fonction distinctive des phonèmes est bien évidente. Une paire minimale est constituée « deux quasi- homonymes » (A. Martinet). C’est un couple de signes presque identiques du point de vue de la forme (ils ont tous leurs phonèmes en commun sauf un), mais différent du point de vue du sens. Exemples : boule vs bulle, poule vs boule, ils sont vs ils ont, les vs le etc.

Quand on parle, on met les mots les uns après les autres dans un certain ordre (chaine parlée) ; le discours se déroule sur l’axe syntagmatique (axe horizontal). C’est l’axe de la succession, de l’ordre logique. L’opération de déplacement d’un mot sur l’axe syntagmatique s’appelle permutation, puisque on ne change rien sur l’axe paradigmatique (axe vertical). Seulement certaines permutations sont possibles, tandis que d’autres n’ont pas de sens ou sont inexactes du point de vue grammatical. Exemple : « le chat mange le poisson » sur l’axe paradigmatique on peut changer les substantifs ou bien le verbe, on peut changer le nombre de l’article etc. Cette opération s’appelle commutation et peut s’appliquer seulement à l’intérieur dumême paradigme. A travers la commutation on individualise les phonèmes d’une langue.

Les phonème est la plus petite unité dépourvue de sens que l’on puisse délimiter dans la chaine parlée ; l’unité distinctive minimale (cf. A. Martinet « un ensemble des traits distinctifs qui se réalisent simultanément »). Les phonèmes sont la représentation abstraite d’un son (M. Nespor). Les phonèmes ce sont des représentations abstraites parce que ils peuvent avoir des variantes concrètes ( par exemple, le phonème [R] peut être prononcé roulé ou ovulaire) , des réalisations différentes, qui ne changent pas la substance du phonème donne et n’empêchent pas la compréhension ; ces variantes sont appelées des allophones.

Le vocalisme français : introduction

Il ne faut pas confondre les sons (phonies) avec la graphie (lettres ou graphèmes)! Au Moyen Age on prononçait les finales des mots ; aujourd’hui en est restée une trace dans le phénomène de la liaison. La graphie française n’a pas suivi la prononciation ; il y a 26 lettres (majuscules et minuscules) contre 36 phonèmes.

Les voyelles phoniques sont différentes des voyelles graphiques (en italien il y a 5 voyelles 0 2 5 B

0 2 5 4graphiques (a, e, i, o, u), mais 7 voyelles phoniques /a, , e, i, , o, u/ tandis qu’en français il y a 6

voyelles graphiques (a, e, i, o, u, y) contre 16 voyelles phoniques. Par rapport à l’italien, le vocalisme français est plus riche. Quand on prononce les voyelles françaises la tension des organes phonateurs est très forte.

Quand on prononce les voyelles, l’air expiré qui sort des poumons ne rencontre aucun obstacle dans son passage (l’expiration est libre). Quand on prononce les consonnes et les semi-consonnes l’air n’est pas libre, mais il est bloqué (par les dents, par les lèvres etc.).

23.11.11

Pour reconnaitre les paires minimales on opère une commutation sur l’axe paradigmatique, opération qui s’oppose à la permutation, qu’on fait sur l’axe syntagmatique.

Paul Passy dans les années 1880 a inventé l’Alphabet phonétique international (API), où l’on représente un son par un symbole conventionnel. Pour représenter toutes les langues (6.000 environ) il faut à peu près 500 symboles. En français il y a 36 phonèmes et 26 lettres. A partir de la fin on a commencé à se poser le problème de la représentation des sons et au debout on a choisi comme symboles, ceux des langues européennes, les langues qu’on connaissait le mieux (langues classiques mais aussi les langues germaniques et scandinaves). On utilise comme symboles aussi des lettres renversées (par exemple, le symbole 0 28 1[ ] indique la variante pharyngale du phonème [R]).

Le vocalisme français est très riche par rapport à l’italien (16 phonèmes vocaliques français vs 7 phonèmes vocaliques italiens). Les voyelles françaises sont prononcées avec la même tension du debout à la fin ; une tension considérable des organes phonateurs. D’autre part il y a des caractéristiques importantes à remarquer ; c’est-à-dire qu’à l’intérieur des 16 voyelles (toutes produites avec vibrations des cordes vocales) il y a une distinction à faire. Il y a 12 voyelles orales et 4 voyelles oralo-nasales. Lorsqu’on prononce une voyelle orale le voile du palais est relevé, mais dans le cas des 4 voyelles oralo-nasales il est abaissé. Quand on prononce les voyelles orales l’air ne rencontre aucun obstacle et passe librement par la cavité buccale, par contre lorsqu’on prononce les voyelles oralo-nasales une partie de l’air passe par les fosses nasales. Les voyelles oralo-nasales sont typiques du français, mais elles existent aussi en polonais et en portugais.

Le classement des voyelles

On classe les voyelles d’après des traits distinctifs :

• Le lieu d’articulation : les voyelles sont articulées dans la zone qui va du voile du palais au palais dur. Elles sont articulées en avant ou en arrière de la bouche. Lorsque la langue se soulève et va vers le palais dur, on a les voyelles antérieures . Au contraire, quand la langue se soulève et va vers le voile du palais, il y a les voyelles postérieures (cf. trapèze vocalique v. photocopies). La majorité des voyelles du français sont antérieures.

• L’aperture : il s’agit de la distance qui sépare le point d’articulation (l’endroit où le canal buccale est le plus rétréci) du palais dur. On distingue entre voyelles fermées (distance réduite entre le point d’articulation et le palais) et voyelles ouvertes (distance majeure entre le point d’articulation et le palais). La voyelle la plus fermée du français est [i]. Il y a des nuances intermédiaires et par conséquent des voyelles mi-ouvertes et mi-fermées.

• Le rôle des lèvres (ou résonateurs labiales) : Il faut tenir compte de l’arrondissement des lèvres : on distingue des voyelles labialisées ou arrondies et des voyelles non labialisées. Quand on dit [o] ou [u] les lèvres sont arrondies, quand on dit [i] ils ne sont pas arrondies ; dans le cas de la voyelle [y] les lèvres sont arrondies et il y a projection en avant.

Les mots isolés en français sont toujours accentués sur la dernière syllabe (oxytons), tandis qu’à l’intérieur d’un groupe rythmique, c’est la dernière syllabe du groupe rythmique qui est accentuée. Le voyelles ont le même timbre qu’elles soient accentuées ou non ; au debout des polysyllabes ou à la fin. La durée des voyelles n’est plus un trait pertinent (certaines consonnes sont allongeantes, par exemple [z] allonge la voyelle qui précède cf. rose)vs. Les voyelles ont toujours le même timbre,

qu’elles soient brèves ou longues, mais surtout on ne les distingue pas, car la durée n’a pas une valeur pertinente. Dans certaines prononciations régionales de l’est de la France et en Suisse on fait une différence vocalique entre le masculin et le féminindu mot ; par exemple, pour marquer le féminin du mot ami (amie), on allonge légèrement la voyelle finale (ça dépend des variétés diatopiques).

Les voyelles orales

[i]

Le [i] est la voyelle la plus fermée (il y a très peu d’espace entre la langue et le palais). Voyelle orale, antérieure, fermée et non labialisée.

Orthographe :

• i : pronom personnel il, verbes en –ir (partir, venir, finir, choisir etc.), ami, mille, ville, tranquille (exceptions : normalement le suffixe –ille se prononce [i]) etc.

• î : l’accent circonflexe c’est un signe diacritique qu’on a ajouté pour signaler qu’il y avait la chute d’une consonne ou de plusieurs lettres (par exemple le mot forêt s’écrivait du Moyen Age jusqu’au XVIII siècle avec [est] et sans accent circonflexe ; dans les dictionnaires de l’époque on dit que [s] ne se prononçait plus et on l’a supprimé et on a ajouté l’accent circonflexe pour montrer qu’avant il y avait une consonne). On trouve î par exemple dans : île, dîner etc.

• ï : le trémas sur une voyelle sert à montrer la prononciation séparée lorsqu’on a deux voyelles qui se suivent (par exemple Noël) : maïs, naïf, naïve, haïr (peu utilisé, plus fréquent détester) etc.

• y(ayant la valeur de [i]) : le y peut être étymologique comme dans les mots type, physique, psychiatre, psychique, psychose, préfixes en hypo- / hyper- (hyperglycémie, hypocondriaque etc.), On a aussi le y calligraphique ; dans les manuscrits le i à l’intérieur des mots était peu visible et les copistes pouvaient la confondre et parfois l’oublier, alors pour le renforcer on a mis y (le pronom de lieu y était à l’origine i). On l’appelle une belle lettre perce qu’il a plus d’impact par rapport au simple i. Le y est dit aussi la lettre de majesté, car le symbole de la royauté en France est la fleur de lys (avant lis). On trouve le y calligraphique dans les toponymes : Orly, Roissy etc. On trouve le y dans les emprunts (mots qui viennent d’autres langues qui sont adaptés au système phonologique français ; par contre un calque c’est une sorte de traduction cf. mafieux de l’italien mafioso ou l’italien eclatante du français éclatant) : cowboy, fair-play, gay etc.

• iedans le substantifs ou les adjectifs féminins : amie, graphie, jolie etc.

28.11.11

[u]

Le [u] c’est une voyelle postérieure (est articulée en arrière de la bouche, c’est-à-dire que la langue se déplace légèrement vers le palais), fermée et labialisée.

Orthographe : pour réaliser le phonème [u] il faut les graphèmes o et u:

• ou : bouche, mouche, toucher, pour, sous, tout, vous, douze, doux, loup etc. : ou + ill : bouillant, bouillir, brouillon, avoir la trouille (familier)

• où : à noter la différence entre la conjonction disjonctive ou et (adverbe de lieu, pronom relatif)

• oû: goût, goûter (verbe et substantif), coût, coûter etc.

• oo: dans les emprunts de l’anglais : football etc.

[y]

Le [y] c’est un phonème qui n’existe pas en italien standard, mais dans les dialectes piémontais et lombards. C’est une voyelle antérieure (comme le [i]), fermée et labialisée (comme le [u]). Il y a beaucoup de paires minimales où [y] s’oppose à [u] (comme pour vs pur, tout vs tu).

Orthographe :

• u : pur, sur, mur, dur, tu, du, plus, participes passés (pu, bu, reçu etc.), adjectifs masculins qui se terminent en -gu (aigu, contigu , ambigu) etc.

• ue: rue, due (féminin de ), tuer, gageure etc.

• û : l’accent circonflexe sur le u a été souvent ajouté pour ne pas confondre des homophones (mots qui ont la même prononciation) et des homographes (mots qui s’écrivent de la même manière)*. Exemples : mûr, r, mûre (féminin de mûr, mais substantif, le fruit), (participe passé du verbe devoir)

• eu (c’est une exception puisque normalement cette graphie se prononce [ø]) : eu (participe passé du verbe avoir), passé simple du verbe avoir (j’eus, tu eus, il eut), avec l’accent circonflexe dans les deux premières pers. du pluriel (nous eûmes, vouseûtes) mis pas à la troisième (ils eurent). Le mot gageure 0 29 2 0 28 0 0 29 2 [ga y: ] montre le g devant ue prononcé [ ].

• ü : seulement dans le noms bibliques Saül et Esaü

-uë surtout à la finale des adjectif qui se terminent au masculin par -gu au féminin : aiguë, ambiguë etc. Normalement -gue en finale se prononce [g] (guerre, bague etc.), MAIS linguistique (mot savant). Pour respecter le son [y] du masculin on a mis un trémas sur le econtre la logique de la prononciation, puisqu’il devrait se trouver sur le u (dans les nouvelles conventions orthographiques on accepte aussi le trémas sur le u). Le mot gageure 0 29 2 0 28 0[ga y ] montre le g devant ue prononcé [ʒ].

*Rem. En français les homophones ne sont pas toujours des homographes. Exemples : sur vs sûr : vers (préposition) et vers (substantif) ce sont des homophones et des homographes, tandis que vers, verre, ver et vert ce sont des homophones, mais pas des homographes. Dans l’énoncé « Les poules couvent au couvent » il y a deux homographes, qui ne sont pas homophones. En italien les homophones sont obligatoirement des homographes, puisque en italien on prononce tout.

Les phonèmes [i], [u] et [y] sont très proches et il y a beaucoup de paires minimales entre eux : pire / pur / pour ; dire / dur / dure etc.

La prononciation du mot tout (adjectif, pronom indéfini, adverbe) : quand il s’agit d’un adjectif, tout est suivi d’un substantif précédé par l’article (par exemple tout le monde ; féminin toute la journée ; pluriel tous les jours ; toutes les étudiantes). Le pronom remplace le substantif : je le prend tout ; tous sont venu (on prononce le pronom séparément du verbe) ; je la prend toute ; je les prend tous ou tous sont venus (le [s] se prononce !). Devant les adjectifs tout a la valeur adverbiale : je suis tout content on ne prononce pas le [t] final vs il sont tous contents (on ne prononce pas [s] final, puisque on peut le confondre avec le pronom), MAIS au féminin je suis toutecontente le [t] final par analogie avec un adjectif qui commence par voyelle cf. elle est toutamoureuse (avec liaison et pas d’accord puisqu’il s’agit d’un adverbe). On a ajouté le [e] devant les adjectif qui commencent par une consonne à souligner qu’il faut prononcer le [t], pour une raison d’euphonie (tandis que au singulier il n’y a pas de e). Au pluriel c’est pareil et il y a ambiguïté.

30.11.11

Il y a une ambiguïté dans l’énoncé les étudiantes sont toutes contentes, qui peut signifier qu’elles sont complétement contentes ou que toutes les étudiantes sont contentes.

La prononciation du [s] dans le msot plus (voir les photocopies p. 14): en finale, c’est-à-dire quand plus est à la fin d’une phrase ou devant virgule (fait partie d’un groupe rythmique), si plus est négatif, le [s] n’est jamais prononcé (cf. il n’en veut plus). Quand il est suivi d’une consonne le [s] ne se prononce pas (je ne veux plus de viande ; plus du tout). Suivi d’une voyelle ou de h muet, le [s] est prononcé sonore [z], puisqu’on fait la liaison ( la fille la plus aimable : le cours le plusintéressant : je n’ai plus envie de travailler ; dans le registre familier* on peut ne pas faire la liaison). Si plus a une valeur positive, en finale la prononciation du [s] est facultative et dépend des régions. L’énoncé j’en veux plus (registre familier) la prononciation du [s] indique qu’il s’agit d’une affirmation positive, par contre son absence peut marquer le contraire. Il n’est jamais prononcé dans les comparatifs si il est suivi d’une consonne (plus beau, plus fort, plus grand), tandis que lorsque il est suivi d’une voyelle la liaison est obligatoire.

*Le sociolinguiste Labov a opéré une distinction entre niveau et registre linguistique. Il y a un niveau de langue dépendant des études qu’on a fait ou du milieu social où on vit. A l’intérieur des niveaux de langue il y a des registres différents qui dépendent de la situation et de l’interlocuteur avec qui on parle (registre standard, soutenu, familier, populaire etc.). On module les registres à l’intérieur du niveau linguistique.

[a] antérieur

Le [a] antérieur c’est une voyelle très ouverte et non labialisée.

Orthographe :

• a et à : aller, arriver, va, casser, pas, car, partir, déjà, garçon, a (3e pers. du présent du verbe avoir) vs à (préposition), cela (ça est sa contraction dans le registre familier), ceux- là, là-bas, voilà etc.

• a+ semi-consonne (-ail / -ille) : ail [aj], travail, il travaille, ailleurs, paille, paille, taille etc.

• oietoy[wa] (la semi-consonne a toujours besoin d’une voyelle pour être prononcée) ;voilà, moi, toi, soit, voir, boit, avoir, pouvoir, soir, voile, couloir, mouchoir, voix, oiseau etc.

• e : femme, solennel, adverbes qui se terminent en -emment (violemment, prudemment, constamment)*

• aë : seulement pour le nom de Madame de Staël (personnalité intellectuelle qui a fait connaitre en France le Romantisme allemand, dont le nom est celui du mari, d’origine suédoise).

*Les adverbes se forment à partir du féminin des adjectifs + le suffixe -ment, sauf dans le cas des adjectifs qui se terminent en -ant et -ent. Les adjectifs constant et prudent étaient valables en latin pour le masculin et le féminin (constans, constantis / prudens. prudentis) ; à l’origine les adverbes dérivés de ces adjectifs étaient formés régulièrement à partir du féminin, mais au cours des siècles il y a eu réduction dans la prononciation et la réduplication du [m] pour assimilation consonantique. Les formes des adverbes ont été construites pour analogie, mais la graphie est resté avec le [e], même si on prononce [a] (cf. constamment vs prudemment).

0 2 5 1[ ] postérieur

Voyelle postérieure, très ouverte, et légèrement labialisée, mais sans projection des lèvres. Le phonème n’existe pas en italien standard, mais il est présenten napolitain.

Orthographe :

• la plupart des mots qui ont ce phonème montre comme graphie â : pâtes, château, suffixes en –âtre (blanchâtre, verdâtre, bleuâtre), âme, gâteau etc.

a + z 0 25 1 [ z] : gaz, gaze (f.), vase

• Les monosyllabes qui se terminent en -as (pas, tas), mais c’est pas valable pour les finales des verbes. Cette prononciation a disparu (on la trouve encore dans certains BD).

0 2 5 1

0 2 5 1Il y a très peu de différence entre le [a] et le [ ] (on comprend bien qu’il s’agit d’un [ ] quand il y

a l’accent circonflexe). Aujourd’hui on ne réalise plus, puisqu’il y a très peu de paires minimales (par contre entre [i], [u] et [y] il y en a beaucoup). Les trois oppositions fondamentales sont : patte, mal et tache avec [a] vs pâtes, mâle et tâche 0 25 1 avec [ ]. L’opposition n’est pas rentable et aujourd’hui on a de plus en plus la tendance à prononcer les deux phonèmes de la même façon, avec la seule différence qu’on allonge de compense le [a] pour montrer qu’il s’agit quand même de deux phonèmes différents. On appelle ce phénomène neutralisation 0 25 1 et on dit que le [ ] est neutralisé par le [a]. L’opposition entre le deux phonèmes est neutralisé pour des raisons différents :

0 2 5 1premièrement parce qu’il y a très peu de paires minimales, l’occurrence du [ ] est très réduite et

dans certaines régions on ne fait plus la distinction entre les deux phonèmes.

5.12.11

La première raison à l’origine de la neutralisation du [ɑ] par le [a], c’est que les paires minimales ne sont pas très nombreuses. Les paires minimales sont des oppositions lexicales : dans ces cas, c’est le contexte qui désambiguïse, c’est pour cela qu’elles sont moins importantes que les oppositions grammaticales. Ce qui fait que l’opposition est peu rentable. Le [ɑ] a une très faible occurrence par rapport à toutes les [a] qu’on rencontre dans le discours : le [ɑ] n’a que le 2,4 % des occurrences. Dans des mots monosyllabiques comme patte vs pâte on fait une légère différence entre les deux phonèmes, mais au fur et à mesure que le mot est plus long et on s’éloigne de l’accent (des oxytons) on la fait de moins en moins. Les mots isolés en français ce sont des oxytons (accentués sur la dernière syllabe) ; l’opposition entre les deux phonèmes s’entend mieux que quand les mots sont longs. Dans le mots polysyllabiques où le [ɑ] n’est pas en finale, mais à l’initiale du mot, il s’éloigne de l’accent tonique et il est difficile de le distinguer du [a]. La différence s’atténue à mesure qu’on s’éloigne de l’accent tonique. Cela prouve que les phonèmes n’ont pas toujours une valeur stable ; un phonème peut influencer un autre, et même le neutraliser (c’est-à-dire qu’on le

0 2 5 1prononce d’une autre façon, d’une manière plus facile et économique). Pour prononcer le [ ] on

doit faire plus d’effort : la loi d’économie (dire le maximum de choses en faisant le moindre effort), c’est un principe fondamental de la phonétique (en particulier, c’est Martinet l’a étudié). On ne prononce plus de [ɑ], mais un archiphonème [a] moyen. On allonge légèrement le [a], mais quand un mot est long on peut bien faire un [a]. Dans certaines parties de la France on ne fait pas la différence entre les deux phonèmes (Lyon, Saint Etiene etc.).

Un archiphonème est l’ensemble des particularités distinctives communes à deux phonèmes, dont l’opposition est neutralisable. Le [a] et le [ɑ] sont tous les deux ouverts, mais les traits d’antériorité et postériorité sont neutralisés. On ne parle pas d’archiphonèmes pour [i], [u] et [y] puisque ces phonèmes ont un seul timbre et par conséquent on n’a pas de neutralisations. Même si les trois phonèmes sont très proches on ne risque pas de les confondre.

Dicté : 1. Va à la gare ! ; 2. Avec moi tu seras vite là-bas. ; 3. Le roi, c’est moi. ; 4. Il a mal au foie. ; 5. Il faut avoir la foi. ; 6. Je vais fréquemment à Paris. ; 7. Son grenier est envahi des rats. ; 8. Il a trois raquettes de tennis. ; 9. Elle va à Paris tous les mardis matins. ; 10. Il l’attendait impatiemment. : 11. Il appuya sur le lit ; 12. irez-vous au Havres pour Pacques ? ; 13. Tu n’as pas mare des pates ? ; 14. L’autobus ne passe pas près du théâtre. ; 15. Ce n’est pas un tâche pour un âne.

Formation des adverbes de manière à partir des adjectifs : ardent – ardemment ; constant – constamment ; décent - décemment ; différent - différemment ; élégant – élégamment ; excellent – excellemment ; intelligent – intelligemment ; patient – patiemment ; précédent – précédemment ; prudent ; prudemment ; puissant – puissamment ; savant – savamment ; violent – violemment ; lent – lentement ; présent – présentement ; ingénu – ingénument ; vrai – vraiment ; infini – infiniment ; assidu – assidûment ; continu – continument / continuellement ; dû – dûment.

La syllabe : La chaine parlée se décompose en syllabes, qui forment les mots. Même une seule syllabe peut former un mot (un, je, cas, dans etc.). Pour former une syllabe il faut toujours une voyelle ; un mot formé seulement de consonnes n’existe pas en français. La consonne peut précéder la voyelle (tu, ma, vie), et aussi la suivre (bac etc.).

12.11.12

[e] fermé

C’est une voyelle antérieure, mi-fermée et non labialisée.

Orthographe :

• é : participes passé des verbes du premier groupe (allé, mangé, parlé) et du verbe être (été) etc.

• er des verbes du premier groupe

• e : devant doubles consonnes sauf <r> ; La graphie est e en syllabe phonique ouverte, suivie des deux consonnes semblables sauf r, prononcées comme simples : effort, essence, possession, possessif, intelligent ( la graphie est e, suivie de deux consonnes semblables, mais qui se prononcent comme une seule). La graphie est e devant sc comme dans le verbe descendre ou dans le substantif recrudescence, où le graphème sc se lit [s].

• 0 25 B-ai normalement prononcé [ ], mais qui se prononce [e] : j’ai, 1e pers. du futur, quelques mots fortement utilisé et qui ont subi davantage l’évolution phonétique, monosyllabes (quai, gai), le présent de l’indicatif du verbe savoir (je sais, tu sais, il sait).

• œ : au debout des certains mots rares d’origine latine comme œcuménique, œsophage ou Œdipe. Ce sont des mots savants (qui s’opposent aux mots d’origine populaire qui ont subi l’évolution phonétique) : des mots qui ont été introduits dans la langue surtout au XVI siècle, qui en France était l’époque de l’humanisme et de la renaissance, de redécouverte de l’antiquité classique. Les mots savants n’ont pas subi l’évolution phonétique, que par contre ont subi les mots les plus utilisés (dans des mots comme aquatique ou équateur on a respecté la prononciation du latine !).

0 2 5 B[ ] ouvert

C’est une voyelle antérieur, ouverte et non labialisée.

Orthographe :

• è en syllabe graphique ouverte : mère, père, frère, j’espère, règle, guère (seulement avec la négation et homophone de guerre) ; en final suivi d’un s : très, grès, succès, après, etc. (il s’agit d’une exception). Dans ces mots le [s] n’est pas prononcé ; il est par contre prononcé dans mots comme faciès ou grès (vs l’expression de bon gré et grée)

• e en syllabe graphique fermé : elle, respirer, rester, servir, adresse, cette, belle, verre, terre, guerre 0 25 B etc. Lorsqu’on a une consonne finale prononcé avec e qui précède, on prononce [ ] (surtout dans les monosyllabes) : bec, sec etc. Les finales en et / ect, qui peuvent être prononcés ou pas ; direct, aspect, billet, effet (dans ces derniers mots on ne prononce pas le [t]). La 3e pers. du présent du verbe être se prononce ouverte pour la différencier de la conjonction (il est vs luiet elle). Cette graphie se retrouve dans les emprunts : harem, totem, spécimen, abdomen (ventre) etc.

• ai ou -ais : désinences des verbes à l’imparfait (je parlais, tu parlais, il parlait) et au conditionnel (je parlerais, tu parlerais, il parlerait ; à remarquer la différence entre le futur

0 2 5 Bavec [e] et le conditionnel avec [ ]), maison 0 25 B (théoriquement on devrais prononcer [ ] mais

la tendance est à fermer de plus en plus), vrai etc.

• aî : disparaître, apparaître, naître, maître (maestro dans la musique et l’art), maîtresse (les femmes ont un amant, les hommes une maîtresses) etc.

• ay : payer (le [e] final influence la voyelle qui précède et a tendance à la fermer pour harmonisation vocalique), paye, Musée d’Orsay etc.

• ei : beige, treize, seize, neige, baleine etc.

• ë : Noël, Israël etc.

• ê : être, fête, fenêtre, forêt etc.

0 2 5 BL’opposition [ ] - [e] a aujourd’hui tendance à disparaitre ; on la maintient dans les paires

minimales. Cette opposition se maintient difficilement chez beaucoup de Français ; dans le sud de la France (Marseille, Nice, les pays basques…) la différence n’existe pas et on prononce ce qu’on appelle un [e] moyen, une sorte d’archiphonème entre les deux. Dans les oppositions lexicales c’est le contexte qui désambiguïse, mais dans les opposition morphologiques (par exemple futur vs conditionnel) il est très important opérer une correcte distinction. L’opposition n’est pas très important parce qu’il n’y a pas beaucoup de paires minimales ; en fait on la garde dans les paires minimales surtout monosyllabiques : gué vs gai, prêt vs prêt, thé vs taie (d’oreiller), vallée (f.) vs valet (m.) j’ai vs que j’ais, je ferai vs je ferais 0 25 B etc. La tendance dominante est à fermer le [ ]. Dans

0 2 5 Bles paires minimales où le [e] ou le [ ] est accentué, en général on maintient l’opposition, mais

quand il ne l’est pas, comme dans le mot maison, on a tendance à fermer le phonème et à ne plus faire la distinction. Il s’agit d’une prononciation connotée (propre aux méridionaux et à certains

0 2 5 Bmilieux sociaux). Encore une fois il y a la tendance à la neutralisation du [ ] par le [e]. C’est une

question d’accent et de variation diatopiques : le contexte indique le sens du mot, sauf dans le cas du futur et du conditionnel où le contexte ne donne pas assez d’indices et il faut bien marquer la différence.

19.12.11

Dicté : 1. Il est de plus en plus fatigué. ; 2. Je n’en veux plus. ; 3. Ce film est plus intéressant que le précédent 4. Nous n’avons plus d’argent. ; 5. Il ne va plus au cinéma, il préfère l’opéra. ; 6. Elle ne fume plus, moi non plus. ; 7. Il ne faut pas être plus royaliste que le roi ! : 8. Je vous demanderai encore plus. ; 9. On pourrais se voir plus tard ; 10. Il n’a plus dit un mot. ; 11. Plus on est des fous, plus on rit. ; 12. Il sont tous partis. ; 13. J'espère qu’elle est arrivée. ; 14. Elle marche pour aller au marché.

29.02.12

0 2 5 9[ ] instable ou caduc

0 2 5 9Auparavant on disait [ ] muet, mais l’appellation n’est pas correcte puisque le phonème est parfois

0 2 5 9prononcé, parfois non ; c’est un [ ] qui peut tomber et c’est pour cela qu’on l’appelle caduc.

0 2 5 9L’expression [ ] est ambiguë parce que dans la mesure où le phonème n’est pas toujours muet. Par

contre, dans le français ancien il était très prononcé : dans le mot événement 0 25 9 le [ ] était nettement 0 2 5 9prononcé : aujourd’hui on prononce le [ ] et le deuxième [e] s’ouvre automatiquement, vu qu’il

serait impossible le prononcer fermé. La graphie du français a beaucoup d’étapes de retard par rapport à la prononciation (cf. la prononciation de prudemment) ; la graphie a évolué, tandis que la graphie est restée fixe (sauf par exemple les cas de forêt ou fête où on a enlevé le [s] qui ne se

0 2 5 9prononçait plus). Le [ ] du mot mercredi est obligatoirement prononcé, puisqu’il est précédé de

deux consonnes prononcées. Selon la loi des trois consonnes on ne peut pas prononcer trois consonnes sans une voyelle.

Il s’agit d’une voyelle antérieure, ou, selon certains linguistes, centrale (cf. le trapèze vocalique), mi-ouverte et labialisée.

Dans l’énoncé : « Je veux le neuf. », on voit trois phonèmes très proches qui se différencient : je et le 0 25 9 [ ] (dont la prononciation est facultative, puisqu’il n’est pas précédé de deux consonnes prononcées), veux [ø] et neuf [œ].

Orthographe :

• e (la graphie la plus courante) en syllabe phonique ouverte* : je, le, me, devenir, le préfixe re- (revenir, refaire, retourner etc.) même s’il est suivi des ss (devant deux consonne il n’y a jamais d’accent sur le [e] cf. ressembler, ressentir).

• ai : verbe faire au présent (nous faisons 0 25 9 avec [ ]), faisant (homophone de faisan), bienfaiteur, bienfaisant.

• on : seulement dans le mot monsieur (encore une fois on voit comme la graphie est en retard par rapport à la prononciation< et respecte l’étymologie : < monseigneur). Au pluriel le mot est messieurs 0 25 9, où il n’y a pas [ ], mais [e].

*Une syllabe phonique ouverte c’est une syllabe qui se termine par une voyelle : si on a une voyelle nasale, il s’agit d’une syllabe phonique ouverte, mais d’une syllabe graphique fermée. Par exemple : j’en veux, Jean (homophones) ce sont des syllabes graphiques fermées, car elles se terminent par une consonnes, mais des syllabes phoniques ouvertes, à cause de la voyelle nasale.

0 2 5 9Le [ ] sert à distinguer le singulier du pluriel et parfois il n’y a que ce phonème de différence entre

les deux formes : cf. « Le garçon était malade. » vs « Les garçons étaient malades. » (paires 0 2 5 9minimales avec l’opposition [ ] - [e]) ; « Ce garçon était malade. » vs « Ceux garçons étaient

0 2 5 9

0 2 5 9malades. » ([ ] - [e]) ; « Prends-le. » vs « Prends-les. » ([ ] - [e]). Il sert à distinguer aussi le

présent du passé composé (valable pour certains verbes et seulement avec la 1e pers.) ; cf. Je dis ( très proche de jeudi 0 25 9 avec [ ]) vs J’ai dit (avec [e]), cf. aussi Je conduis vs J’ai conduit ; Je fais vs J’ai fait. Il faut un autre condition sine qua non, c’est-à-dire que le participe passé soit homophone de la 1e personne du présent (Je parle vs J’ai parlé ce n’est pas une paire minimale !; l’opposition n’est pas valable pour le verbes du 1e groupe). L’opposition ne marche pas avec l’auxiliaire être ; il faut le verbe avoir. D’autres verbes qui montrent l’opposition sont : grossir,

0 2 5 9maigrir, vieillir, grandir, obéir, finir, remplir, traduire (verbes en –ire et -uire). Il y l’opposition [ ]

0 2 5 B[ ] dans les verbes : Il se dis 0 25 9 ([ ]) vs Il s’est dit 0 25 B ([ ]). Il y a de nombreuses oppositions lexicales 0 2 5 9[ ] [e] : demain vs des mains ; dessous vs des sous.

0 2 5 9La prononciation du [ ] dépend de plusieurs facteurs : on prononce ce phonème pour être bien

compris, pour un but didactique et dans un registre soutenu (variation diastratique, adaptée au 0 2 5 9contexte et aux interlocuteurs). Normalement le [ ] n’est pas prononcé, mais sert à prononcer la

0 2 5 9consonne précédente. On prononce le [ ] mettre bien en évidence, pour lui donner emphase. Il y a

0 2 5 9aussi des facteurs diatopiques (régionaux) à la base de la prononciation du [ ] (on caricature par

0 2 5 9exemple l’accent du midi où tous les [ ] sont prononcés). La prononciation dépend aussi de l’âge et

du milieu social (on le prononce davantage dans un milieu cultivé). Ça dépend aussi des groupes rythmiques* (v. les photocopies p. 13).

*Les mots isolés sont accentués sur la dernière syllabe (oxytons), mais dans la chaine parlée ils se trouvent dans des groupes rythmiques (c’est un groupe de mots qui représente une idée. Les mots dans le groupe perdent leur individualité, car l’accent de mot disparait pour se reporter à la fin du groupe rythmique).

01.03.12

Le système vocalique du français se compose de 16 voyelles (c’est ce qu’on appelle le systèmemaximal) ; dans certaines régions on a un système minimal, où il faut tenir compte des

0 2 5 1neutralisations (à Paris on ne prononce plus le [ ] et on a un système minimal de 15 voyelles ; on

0 2 5 1

0 2 5 Bpeut avoir une personne qui prononce le [ ], mais qui ne prononce pas le [ ], comme se passe dans

le midi). C’est pour cela que on ne peut pas dire que le système minimal comporte 14 où 15 voyelles ; ça dépend des régions, ça dépend des personnes. En général chez beaucoup de Français

0 2 5 1

0 3 0 3on trouve un système minimal de 14 voyelles (on a neutralisé le [ ] et la voyelle nasale [œ] de

lundi, parfum etc.).

[ø]

C’est une voyelle postérieure, mi-fermée et labialisée. La position de la langue est comme pour le [e], mais avec arrondissement des lèvre comme pour [y].

Orthographe :

• eu (la graphie la plus courante) en syllabe phonique ouverte : jeudi, jeu, ceux, deux, peu, mieux, peux ou peut, veux ou veut, vieux, yeux, dieu, milieu, bleu etc. C’est aussi eu en finale en syllabe phonique fermée par une consonne allongeante ; -eu + [z] / [t] (pas nécessairement en finale) : heureuse, creuse, précieuse, psychothérapeute, émeute etc. Le participe passé du verbe avoir c’est une exception : il s’écrit eu, mais il se prononce [y].

• eû : PAS au pluriel du passé simple* du verbe avoir (nous eûmes, vous eûtes), jeûne (paire minimale avec jeune) etc.

• œ en syllabe phonique ouverte : vœux, pluriel de bœuf et œuf ; bœufs et œufs. (rem. aux pluriel on ne prononce pas le [f]).

[œ]

0 2 5 BVoyelle antérieure, ouverte, labialisée. La position de la langue est la même du [ ].

Orthographe :

• eu en syllabe phonique fermée sauf par [z] et [t] : fleur, fleuve, ils peuvent, ils veulent, seul, jeune, peuple, meuble, neuf (mot polysémique), neuve, peur (qui forme une paire minimale avec les homophones père, perd, pair) etc.

• œ : œil, cœur, chœur (mot savant), sœur, mœurs, (beaucoup des Français prononcent le [s], puisque le mot existe seulement au pluriel et on risque de le confondre avec la 3 e personne du verbe mourir), œuf et bœuf.

• eu + il.. : feuille, deuil etc. Quand le graphème est précédé de -gg- ou -cc- (comme accepter), on a interverti pour obtenir le son [g] ou [k], mais le phonème est exactement le même : accueil, cueillir, orgueil etc.

• i et u : dans les mots flirt et nurse d’origine anglaise.

Les oppositions [ø] [œ] (cf. il peut / ils peuvent ; ils veut / ils veulent) se basent surtout sur l’aperture ([œ] est plus ouvert que [ø]). Les paires minimales [ø] - [œ] sont très peu nombreuses : jeûne vs jeune, veule vs ils veulent et peu d’autres. L’opposition est en voie de disparition : on a tendance à faire la voyelle ouverte, surtout dans les dérivés : peur ([œ]) > peureux (où le phonème [ø] peut être prononcé ouvert). Cette tendance est accentuée dans le sud de la France, tandis qu’à Lyon on tend à fermer. En faits une opposition nette est possible seulement en syllabe phonique fermée ; heureuse, ils veulent, neuf 0 25 9 etc. Chez certaines personnes le timbre du [ ] se confond avec [œ].

0 2 5 4[ ] ouvert

C’est une voyelle postérieure, mi-ouverte, labialisée.

Orthographe :

• o en syllabe phonique fermée sauf par [z] (cf. rose, dose) : porte, port, sort, dort, sorte, fort, os (rem. 0 25 4[ ] au singulier, mais [o] au pluriel), pore, porc, mort etc.

• aur : Laure (homophone de lor, lors), maure etc.

• oo : alcool, alcoolique etc.

• -um dans les mots latins qui se terminent en -um : album, maximum, minimum, aquariummedium, opium (pas d’origine latine, mais assimilé), rhum (vs rhume) MAIS parfum (avec

0 3 0 3voyelle nasale [œ]) etc.

*Le passé simple n’est pas utilisé à l’oral pour raconter des faits et des événements, ou il est remplacé par le passé composé ; il s’agit d’une forme littéraire qui se maintient à l’écrit seulement dans les journaux sportifs.

07.02.12

[o]

Voyelle antérieure, fermée, labialisée.

Orthographe :

• o en syllabe phonique ouverte : dos, trop, do (la note), gros etc. ; en syllabe phonique fermée : grosse, fosse, fossé ; o + [z] : rose, poser, H, Berlioz (compositeur) etc.

• ô : côte. (le) nôtre, ( le) vôtre, pôle 0 25 4, (prononcé aussi avec [ ] ; ça dépend des expressions : pôle nord 0 25 4 [ ] ou [o] MAIS pôle emploi toujours [o]), Rhône etc.

• au + consonne : au, cause, pause, Paule etc., sauf r :maure 0 25 4 (avec [ ]).

• eau : eau, Beauce, beau, beaucoup, peau etc.

• aô : Saône (rivière qui se jette dans le Rhône à Lyon)

0 2 5 4Dans le sud de la France on ne fait plus de différence et on prononce seulement [ ].

0 2 5 4Le plus on s’éloigne de l’accent, le moins l’opposition [ ] [o] est nette (cf. coopérative). Le cas

d’opposition entre ces phonèmes ne sont très peu , mais on les trouve dans les monosyllabes fermés, c’est-à-dire syllabes phoniques fermées : Beauce (champs où on cultive le blé ; le grenier de la France !) avec [o] vs bosse (cf. le verbe familier bosser =travailler 0 25 4) avec [ ] ; saule (pleureur) [o] vs sol et sole (le poisson) 0 25 4[ ] ; Paule et pôle 0 25 4 0 25 4 [ ] vs Paul [ ] ; le nôtre et le vôtre (pronoms possessifs) vs notre et votre (adjectifs possessifs) ; côte vs cote (d’un livre dans une bibliothèque). Il s’agit d’oppositions lexicales. Dans le sud (Aix-en-Provence, Marseille) on a tendance à ouvrir le

0 2 5 4[o]. (v. les photocopies sur la distribution du [ ] et [o] p. 9 ; l’homonymie p. 10).

08.03.12

Les voyelles nasales (ou oralo-nasales)

Toutes les voyelles sont sonores (produites avec vibration des cordes vocales : des muscles qui se trouvent au niveau du larynx, qui s’ouvrent et se ferment). Quand on prononce une voyelle il n’y a pas d’obstacles, qui limitent le passage de l’air ; la voyelle la plus fermée est [i], mais il est quand même plus ouvert que toutes les consonnes (quand on prononce lesquelles l’air est momentanément ou continuellement bloqué).

Il y a un système maximal qui comporte 4 voyelles nasales. Le système maximal du français (seulement pour les voyelles, pour les consonnes on parle de simplification) est composé de 16 voyelles ; les 16 voyelles ne sont pas réalisées par tout le monde (on devrait avoir une prononciation théoriquement parfaite !), à cause du phénomène de la neutralisation (une sorte de

0 2 5 1simplification de la prononciation cf. la neutralisation du [ ] par [a]). La condition sine qua non à

la base de la neutralisation est le nombre limité de paires minimales entre les deux phonèmes en 0 2 5 1question. Le système minimal dépend aussi de la région : à Lyon on prononce naturellement le [ ].

Un système minimal ne peut pas aller au-dessus de 13-12 voyelles. Pour être neutralisée, une 0 2 5 1

0 2 5 B

0 2 5 4voyelle doit avoir deux timbres ([a] [ ] ; [ ] [e] ; [ ] 0 30 3 0 25 B0 30 3[o] ; [œ] [ ]) ; le [i], [u] [y] ne peuvent pas

être neutralisés.

Dans le système maximal du français il y a 4 voyelles nasales, tandis que dans le système minimal il y en a 3. Même le portugais et le polonais possèdent des voyelles nasales, mais c’est le français qui en a plus. Quand on prononce une voyelle nasale, le voile du palais s’abaisse légèrement et une partie de l’air passe par les fosses nasales. Graphiquement il y a toujours n (ou m devant p et b) précédé d’une ou deux voyelles, qui forment une syllabe graphique fermée, mais une syllabe phonique ouverte (car le son prononcé c’est une voyelle). Le n reste par exemple dans le mot

bonbon et dans les hypocoristiques en général. Dans l’alphabet IPA les voyelles nasales sont représentées du symbole d’une voyelle surmonté du tilde.

0 2 5 4

0 3 0 3[ ]

C’est une voyelle postérieure, mi-fermée et labialisée.

Orthographe :

• on (om devant b et p) : on, maison, attention, son, révolution, champion, garçon, dont (homophone de don) ; ombre, sombre, bombe, pompe, pompon etc.

• 0 29 2eon après [ ] : pigeon, verbes en -ger à la 1e pers. du pluriel (nousmangeons) etc.

• un (graphie extraordinaire) dans jungle (mot d’origine anglaise).

0 3 0 3[œ]

Il s’agit d’une voyelle antérieure, mi-ouverte et légèrement labialisée.

Orthographe :

• un (dans la majorité des cas) ; un (article indéfini) et les pronoms où il se trouve (quelqu’un, les uns, aucun) lundi, emprunt, brun, Huns, humble, humblement, lumbago, commun.

• um : seulement dans parfum

La plupart des occurrences de ce phonème sont formées par l’article indéfini. Cette voyelle est très 0 2 5 B

0 3 0 3proche du [ ] (pain, vin, plein etc.), et c’est pour cela qu’il va être neutralisé par cette voyelle

nasale.

14.03.12

0 2 5 B

0 3 0 3[ ]

C’est une voyelle antérieure, ouverte, non labialisée.

Orthographe : C’est la voyelle avec le plus grand nombre de graphies.

• in (im devant p et b) : interne, intéressant, indispensable, Internet, lin, pin, vin, interdit, insolent, informatique, information ; impossible, imbuvable, impatient, imprudent etc.

• yn (le y a la valeur de i ; ym devant p et b) : syntaxe, sympathique,(familier, :sympa), synthétique, symptôme, symbole, thym (herbe aromatique) etc.

• ein : teint (participe passé du verbe teindre, qui se trouve par exemple dans fonde-teint et qui est homophone de thym), les 1e personnes du présent et le participe passé du verbe peindre (je peins, tu peins, il peint, peint), plein, sein (homophone de sain, saint et ceint), peintre, ceindre, ceint, rein,Reims (homophone de la 3e pers. du présent du verbe rincer), hein ? (familier pour comment ?) etc.

• ain : sain, saint (au féminin de sain on n’a plus la voyelle nasale, qui reste dans celui de saint ; ces mots ce sont des homophones de sein), pain (homophone de pin et peint) etc.

• ien : bien, rien, le mien, le tien, le sien (au féminin il y a la dénasalisation), les 1e 3 personnes du verbe venir au présent de l’indicatif (je viens, tu viens, il vient, MAIS pas ilsviennent) etc.

• yen (en général en finale) : moyen, citoyen etc. Une exception est le mot yen (la monnaie japonaise).

• oin : loin, point (aussi le participe passé du verbe poindre, utilisé en poésie pour le soleil qui se lève ; « Le soleil point à l’horizon »), poing, moins etc.

• -éen : européen, méditerranéen etc.

• en dans le mots savants (mots forgés sur le latin et qui n’ont pas subi d’évolution phonétique) : examen, pentagone etc.

0 3 0 3La différence entre [œ] (un, lundi, humble 0 25 B0 30 3 etc.) et [ ] est en voie de disparition, dans presque toute

la France, car il y a très peu de paires minimales. La seule différence entre ces phonèmes est la 0 3 0 3

0 2 5 B

0 3 0 3légère labialisation de [œ]. Il s’agit d’une sorte de simplification puisque [ ] est plus facile à

0 2 5 B

0 3 0 3

0 3 0 3prononcer, vu qu’il n’est pas labialisé ; [ ] neutralise [œ], dans presque toute la France, sauf le

midi. Il n’y a pas de problèmes de compréhension, puisqu’il n’existe pas un article qui se prononce 0 2 5 B

0 3 0 3[ ]. Il n’y a pas le risque de confondre un 0 30 3 0 25 B0 30 3 avec un autre article indéfini ; l’opposition [œ] [ ] n’est

pas rentable. Il y a très peu de paires minimales : brun 0 30 3 [œ] vs brin 0 25 B0 30 3 [ ] ; emprunt vs empreint (de). Ce sont des oppositions lexicales et le contexte désambiguïse. L’opposition ne se maintient pas aussi parce que les féminins sont complétement différents ( italien, -enne avec dénasalisation vs un, unebrun, -e) ; il y a un changement complet de voyelle et on n’a pas l’alternance vocalique qui

0 3 0 3

0 2 5 B

0 3 0 3pourrait maintenir le phonème [œ]. [ ] est représenté par un grand nombre de graphies, tandis que

0 3 0 3pour [œ] il y en a seulement deux et très peu de mots qui comportent ces graphies ; les occurrences

de ce phonème sont surtout constituées par l’article indéfini, qui n’est pas confondu avec autre chose.

0 2 5 1

0 3 0 3[ ]

Voyelle, antérieure, ouverte et non labialisée.

Orthographe :

• en (em devant p et b) : en (préposition et pronom personnel), menthe, souvent, tente (verbe ou substantif), penser, prendre (je prends, tu prends, il prend) ; temps, sembler, temple, ressembler etc.

• an : tante (mot obtenu pour agglutination et homophone de tente), manger, sans et l’homophone sang, quand, grand, tous les participes présents (et les gérondifs) en -ant (mangeant, buvant, disant etc.), dans, quantité, ample, chambre, lampe, ampoule, champs (homophone de chant), champignon, champion, chance,Jean etc.

• 0 25 B0 30 3-ient (prononcé [ ] dans les verbes, cf. il tient, il vient 0 25 10 30 3) peut être prononcé [ ] dans les substantifs : client, patient etc.

• -aon : paon, faon, Laon(homophone de lent) etc.

0 2 5 1

0 3 0 3

0 2 5 4

0 3 0 3Dans certaines régions on confond [ ] et [ ], mais la neutralisation n’est pas possible puisqu’il y a

beaucoup de paires minimales entre ces deux phonèmes.

15.03.12

La dénasalisation

Une voyelle nasale peut être dénasalisée dans certains cas. Graphiquement la voyelle nasale est constituée par une, ou plusieurs voyelles, suivies d’un n ou d’un m. Les voyelles nasales sont dénasalisées quand elles sont suivies d’une voyelle ou d’un h muet :

Exemples : bon ou son 0 25 40 30 3 (substantif) avec [ ], sont dénasalisés dans bonification, bonus, bonheur (étymologie : réunion de bon et heur = « bonne chance »), sonore, sonorisation, L’adjectif possessif son est homophone du substantif son : cf. sonorité (où il y a la dénasalisation de son) vs son ami, avec liaison (où la voyelle nasale se conserve !). Seulement dans certains cas de liaison il y a dénasalisation : par exemple on dit un bon ami (dénasalisé). Au XIX siècle on dénasalisait toujours avec liaison, c’est-à-dire que les adjectifs possessifs étaient dénasalisés en cas de liaison ; aujourd’hui la voyelle nasale se maintient dans les adjectifs possessifs mon, ton, son en cas de liaison (tandis que avec d’autres adjectifs il y a dénasalisation : Moyen Age, Moyen Orient etc.).

Autre cas de dénasalisation est quand la voyelle nasale est suivie d’un autre [m] ou [n] : par exemple dans les féminins (cf. américain vs américaine ; italien vs italienne ; bon vs bonne ; nom vs nommer).

Exceptions : il n’y a pas dénasalisation dans les préfixes em-, en- et parfois im- (immobile suit la règle de la dénasalisation) : enivré (au XIX on faisait la dénasalisation), amener*, ennui, immangeable. immettable.

Normalement en français on ne prononce pas les consonnes comme doubles, mais il y a quand même des cas, où les consonnes géminées sont prononcées ; le futur du verbe courir (je courrai), le verbe éclairer au futur (j’éclairerai qu’on peut prononcer dans le registre familier avec la chute du 0 2 5 9[ ] et gémination du r, qu’il faut signaler en transcription phonétique). Dans le cas du futur de

courir on prononce les doubles pour bien montrer qu’il s’agit du futur. La prononciation des doubles consonnes sert aussi à donner relief et emphase à une syllabe ou à un mot (accent d’insistance ou d’intensité) ; dans les discours politiques on adopte souvent cette prononciation, pour un but expressif.

*Verbes amener, apporter et emporter : amener s’utilise pour les personnes, emporter pour les choses : « J’ai t’ai apporté un bouquet de fleurs et j’ai amené un ami avec moi. » ; « Je t’amène à la gare. » ; « Je pars de ma maison et je lui emporte les fleurs. » (emporter se réfère aux mouvements).

Dicté : 1. Tous ces objets ont eu beaucoup de succès. ; 2. Elle est tombée par terre. ; 3. Ces faits sont relatés dans la presse. ; 4. Vous devez rester couché ces jours-ci. ; 5. Je pensais qu’il ferais des progrès. ; 6. L’accès au tunnel est bloqué. ; 7. C’est une veste réversible. ; 8. Elle appelait souvent le médecin. ; 9. Cet enfant on l’appellera Michel/Michelle. ; 10. Non, on devrait l’appeler Stephan. ; 11. Moi, je l’appellerais bien Christian. ; 12. Je l’ai appelé, mais il n’est pas venu. ; 13. Nous espérons pouvoir le jeter. ; 14. Je préfère ne pas le voir. ; 15. Elle amène ces enfants à l’école. ; 16. Quelle tête, pour un jour de fête ! ; 17. Vous prendrez du café pour votre déjeuner ? ; 18. Avec plaisir, s’il est assez léger. ; 19. J’aimerais prendre de la bière. ; 20. Mets-le sur la table ! ; 21. Mets-

les sur la table, tu veux dire ! ; 22. Il se dépêche. ; 23. Il s’est dépêché. ; 24. Répète les règles de grammaire. Répétez-les, elle ne sont pas compliquées.

21.03.12

Rem. après-midi (on peut utiliser le démonstratif masculin ou bien féminin), enfant, Andrea, Claude et Dominique ce sont des noms ambigènes ou épicènes.

L’accent

L’accent aigu (´) se place uniquement sur la lettre e. Il sert généralement à noter le [e], quand il n’est pas suivi en finale de d, r, z (avec les verbes en -er, les adjectifs comme premier ou dernier, les adverbes comme assez etc. on ne met pas d’accent). Ces phonèmes consonantiques qui font partie de la syllabe, ouvrent en quelque sorte et font prononcer le [e]. Rem. clef [e] MAIS chef 0 25 B [ ], parce que le f ne se prononce pas.

Exemples : les participes passés ; répondre (rem. pondre avec le préfixe re- sans accent indique l’activité des poules de faire les œufs deux fois !), préparer, été , sérénité, télécharger (de l’internet mais on décharge un camion) etc. MAIS : chez, assez, l’infinitif des verbes en -er et les désinences de la 2e personne du pluriel en -ez, premier, dernier, noms de métiers en -er (boulanger, plombier, boucher, pâtissier),

Il y a des mots, crémerie (de crème), événement 0 25 9 (avec chute du [ ]), qui ont un accent aigu, mais 0 2 5 Bqui sont prononcés en général avec [ ]. Dans les mots événement ou crémerie, si on fait tomber le

0 2 5 9[ ], le [e] s’ouvre et on doit le prononcer ouvert, puisqu’il se trouve en syllabe phonique fermée. Si

par contre on prononce le [e], les deux e qui précèdent, restent fermés. Il y a une sorte de dichotomie entre la prononciation et l’écrit, puisque la graphie n’a pas suivi l’évolution phonétique.

0 2 5 BLoi phonétique : Si le e est en syllabe phonique fermée, on prononce [ ] (père, mère, terre, etc.).

De même on maintient l’accent aigu au futur et au conditionnel de verbes comme céder : présent : Je cède (accent grave en syllabe phonique fermée) ; imparfait Je cédais (on garde l’accent aigu) ; futur et conditionnel Je céderai et Je céderais 0 25 B (on prononce pratiquement [ ]). Si on ne prononce

0 2 5 9pas le [ ] au futur et au conditionnel on est obligé à ouvrir le [e] (c’est trop difficile la

prononciation du [e] dans ce contexte). Il y a des mots avec deux accents aigus : rééducation, créé, (participe passé) etc.

Rem. Le fait de dire « accent aigu » c’est une exception, parce que normalement on ne doit pas faire la liaison entre un substantif masculin singulier et l’adjectif suivant. On fait la liaison quand l’adjectif est placé avant le substantif.

L’accent grave (`) peut se trouver sur les lettres a, u, e, mais jamais sur le i. L’accent grave note le 0 2 5 B[ ], s’il se trouve sur le e : on peut le trouver en syllabe finale devant -s (après, succès, très,

progrès, près, dès etc.), Dans certains toponymes, Villeneuve-lès-Avignon ou Fontaine-lès-Dijon, on trouve lès (du latin latus = « près de ») avec accent grave, mais généralement prononcé [e] (à ne pas confondre avec l’article défini les). A remarquer l’opposition des (article contracté) vs dès (« à partir de » qu’on devrait prononcer ouvert !). Dans l’énoncé « Licence ès Lettres » on trouve ès, contraction des dans les : ès est au pluriel et il doit être suivi d’un terme au pluriel (c’est pour cela qu’on ne pas dire « Licence ès Biologie », mais « Licence ès Sciences biologiques »). L’accent

0 2 5 9grave se trouve sur le e, s’il précède un [ ], c’est-à-dire qu’il est en syllabe phonique fermée :

flèche, lumière, père, mère, siècle etc.

Il n’y a pas d’accent devant les consonnes géminées : terre, elle, excellent, terreur, terre, terrestre, possessif, possession, effort , essence etc. Il n’y a pas d’accent devant deux consonnes différentes (elles doivent faire partie de deux syllabes différentes) : respirer, rester, perle etc. Les groupes br et vr ne peuvent pas être séparés : algèbre, février (avec accent !). Devant deux consonnes on ne met pas d’accent, sauf dans le cas où la deuxième consonne est l ou r : siècle. Il n’y a pasd’accent si le e précède le x : examen, excellent, texte, texto, exercice etc. On n’a pas d’accent quandle e en final précède le t, qui n’est pas prononcé : et, bracelet, billet, poulet, complet, alphabet etc. Il n’y a pas d’accent si le e précède une consonnefinaleprononcée (souvent il s’agit de monosyllabes) : est (homographe de la 3e personne du verbe être, mais pas homophone), bec, sec, harem, etc.

22.03.12

L’accent n’est pas simplement un signe diacritique ; sur a et u il sert à distinguer les homophones : a (3e pers. du verbe avoir) vs à (préposition), ça (contraction de cela) vs çà (dans l’expression « çà et là »), la (article) vs (dans les mots composés : au-delà, adverbe et substantif qui s’oppose à en- deçà). L’accent sur le a se trouve dans les particules qui suivent les pronoms démonstratifs : celui- là, celle-là etc. (on enlève ci et devant les prépositions et les pronoms relatifs). D’autres mots avec l’accent sur le a sont déjà et voilà (théoriquement voici annonce : « Voici ma commande :…», voilà indique quelque chose qui a été déjà dit). Sur le u, l’accent grave sert toujours à différencier les homophones : ou (conjonction disjonctive) vs (pronom relatif, adverbe interrogatif, de lieu et de temps).

L’ 0 30 2accent circonflexe ( ) peut se trouver sur toutes les voyelles, sauf y. Généralement il marque l’allongement de la voyelle et la disparition d’une consone (le plus souvent du s avec allongement compensatoire de la voyelle). La principale lettre qui a disparu c’est le s, qui est resté en italien : fête, tête, forêt, conquête, connaitre, naitre, goûter, âne, hôpital, île, flûte etc. Dans les préfaces des dictionnaires des siècles XVIII-XIX l’éditeur prévenait le lecteur s’il avait gardé ou enlevé le s des mots qui viennent du latin, qui n’était plus prononcé. Les typographes pour indiquer la chute de la consonne mettaient l’accent circonflexe : c’est un signe graphique, mais il témoigne la chute d’une consonne et l’allongement compensatoire de la voyelle (sur le a il montre qu’il

0 2 5 1s’agit d’un [ ] cf. âme, âne). On trouve encore le [s] dans les dérives : ecclésiastique,

hospitalisation, insulaire, isolé (qui n’ont pas subi l’évolution phonétique). Dans le mot piqûre l’accent circonflexe signale la chute de eu qui étaient prononcés [y], tandis que dans le mot âge l’accent circonflexe indique la disparition de ae du latin aetas. L’accent circonflexe sur le e indique

0 2 5 Bqu’il s’agit d’un [ ] ; fête, tête, forêt (rem. dans le Nord de la France, par exemple dans la région

des Ardennes, on prononce ces mots avec [e]). On remarque une certaine incohérence dans l’alternance extrême (avec l’accent circonflexe) - extrémité (avec accent aigu) ; grâce (accent circonflexe) - gracieux (pas d’accent) ; infâme (adjectif, avec accent circonflexe) - infamie (substantif, pas d’accent) ; jeûne (accent circonflexe) - déjeuner (sans accent). Comme l’accent grave, l’accent circonflexe sert aussi à différencier les homophones : sur (préposition) vs sûr (adjectif) ; mur (substantif) vs mûr (adjectif ; mûre est le féminin de mûr, mais aussi le nom d’un

fruit) ; du (article contracté) vs (participe passé du verbe devoir ; au féminin on enlève l’accent parce qu’il n’y a pas le risque de confusion : due).

Le trémas (¨) est représenté par deux points sur les lettres i, e. u. Il indique normalement que la lettre sur laquelle il se trouve conserve une prononciation indépendante de la voyelle qui précède, ou éventuellement qui suit. Le trémas est premièrement sur le i, il note le [j] (il ne s’agit pas d’une séparation des voyelle, puisque le [j] c’est une semi-consonne et il a besoin d’une voyelle pour être prononcée) : aïeule, baïonnette, faïence etc. Il peut noter le [i] (séparation des voyelles) : maïs,naïf, caïd, raïs, celluloïd etc. MAIS aguille et linguistique (il n’y a pas de trémas, mais on prononce les

0 2 5 B

0 3 0 3phonèmes quand même séparés). Le trémas sur le i peu signaler aussi la voyelle nasale [ ] :

coïncidence (vs coin) etc. Placé sur le u, le trémas, se trouve dans certains noms bibliques (Saül et 0 2 5 4Esaü), mais il note aussi le [ ] dans le toponyme Capharnaüm. Placé sur le e le trémas indique le

0 2 5 B[ ] : Noël, Raphaël, Israël. Il se trouve au féminin (singulier et pluriel) des mots qui se terminent en

-gu : aiguë (vs Aigues-Mortes, port ensablé), contiguë, ambiguë etc. (on garde la prononciation [y], mais le trémas devrait se trouver sur le u, non pas sur le e ; dans les nouvelles dispositions orthographiques on accepte les deux solutions). On trouve le trémas dans deux noms propres : Madame de Staël et Camille Saint-Saëns (compositeur). Le h intervocalique peut remplacer le trémas : ahuri, cahier, dehors (séparation des voyelles).

28.03.12

Exercice « Ajoutez les accents qui manquent » (photocopies p. 11)

29.03.12

Les semi-consonnes (semi-voyelles)

En français il y a trois semi-consonnes, tandis qu’en italien (standard) il y en a deux. Ce sont des sons intermédiaires, des phonèmes de passage, qui associent le souffle sonore d’une voyelle avec le bruit de frottement (passage) d’une consonne. Les semi-consonnes (glides en anglais) sont toujours accompagnées d’une voyelle (sinon on ne peut pas les prononcer !) avec laquelle elles forment une seule syllabe. Elles sont rares en position initiale et peu fréquentes en finale. Selon Léon Warnant une semi-consonne c’est la « consonnification » d’une voyelle. Toutes les semi-consonnes sont sonores et ne peuvent pas à elles seules former une syllabe, mais elles ont besoin d’une voyelle de support. Comparaison : bien, lui, moi, toi (on ne sépare pas la semi-consonne de la voyelle !) vs triomphe, crue, troué (il n’y a plus la semi-consonne, mais deux voyelles, car il y a avant deux consonnes). Lorsqu’il y a avant deux consonnes prononcées, à part les exceptions, la semi-consonne disparait et on fait ce qu’on appelle une diérèse (on prononce les deux voyelle séparées), tandis que quand on prononce la semi-consonne avec la voyelle en même temps on fait une synérèse. Diérèse et synérèse sont utilisées en poésie pour des raison de métrique (compter le nombre des pieds à

0 2 5 9l’intérieur d’un vers). C’est comme pour le [ ] ; quand il y a deux consonnes prononcées, on doit le

prononcer (mercredi, gouvernement...). Le trémas c’est un signe diacritique, qui indique qu’il faut prononcer les voyelles séparément (diérèse). Les semi-consonnes [j] ([i] consonne ou yod) et [w]

0 2 6 5([u] consonne) existent aussi en italien, tandis que [ ] ([y] consonne) est typique du français,

puisque en italien il n’y a pas le phonème [y].

[w]

C’est une fricative dorso-vélaire, labialisée, sonore.

Orthographe :

• ou + voyelle : oui, Louis, douanier, douane etc.

• oi + voyelle (seulement synérèse ; oi c’est un groupe qui ne se sépare pas ; il n’y a jamais la diérèse !) : devoir, quoi, toi, moi, lois, roi, trois (on ne sépare pas le groupe, même s’il est précédé de deux consonnes), Troie, (homophone de trois, mais pas homographe) croire, boire etc.

• 0 25 B0 30 3oin ([w] + [ ]) : point, poing, loin, coin etc.

• w (dans les emprunts) : weekend etc.

• ua (dans les mots savants) : aquarium, équateur (par contre, quand est un mot d’origine populaire ; qui s’est usé à force de l’utiliser et a subi l’évolution phonétique) etc.

04.04.12

[j]

(photocopies p. 17)

C’est une fricative dorso-palatale, sonore, non labialisée.

Orthographe :

• i précédé ou non d’une consonne et suivi d’une voyelle prononcée : hier (prononcé parfois avec diérèse, mais théoriquement il y aurait synérèse), tiède, exceptionnel etc. ; précédé de 2 consonnes et suivi d’une voyelle prononcée : crier, plier (on prononce le [i] et le [j]). Comparaison : nous crions (présent) vs nous criions (imparfait) : certains personnes en prononçant l’imparfait essaient de donner plus de relief au groupe (ils marquent la prononciation du [i] + [j], parfois en ajoutant un autre phonème [i] après le [j]). Il faut remarquer que la 1e personne du pluriel du verbe crier est très peu utilisée à l’oral, puisque on la remplace avec le pronom on.

• y précédé ou non d’une consonne et suivi d’une voyelle prononcée : yeux, Lyon MAIS abbaye (vs abeille) et pays (diérèse) ; précédé d’une voyelle et suivi d’une voyelle prononcée ou non : paye, payais, payé, asseyez-vous, voyons ([j] et [w]), essuyez 0 26 5, (avec [ ] et [j])

• ï entre deux voyelles : faïence, aïeux (aïeul au singulier)

• il précédé d’une voyelle : travail, ail, soleil, seuil, œil

• ill : (il) travaille, fille (à ne pas confondre avec fils, pluriel de fil, où le [s] ne se prononce pas vs fils), billet, bouteille, cueillir, brillant MAIS ville, Lille, tranquille (adjectif épicène), mille, imbécillité, distille.

0 2 6 5[ ]

Cette semi-consonne n’existe pas en italien standard, mais seulement dans certains dialectes (lombard et piémontais). C’est une fricative dorso-palatale sonore, labialisée.

Orthographe 0 26 5 : [ ] s’écrit toujours u + voyelle. La graphie la plus courante est ui : lui, huit, linguistique 0 26 5 (mot savant [g i] ; vs gui [gi] et guerre 0 25 B[g ]) ; ue : saluer, affectueux ; ua : nuage (en faits, tout le monde prononce avec diérèse, mais on devrait prononcer avec synérèse). Rem. Le groupe ui ne peut pas être séparé ; il peut même être précédé de 2 consonnes, appartenant à la même syllabe, mais on ne le sépare jamais : fruit, fluide, bruit, pluie, instruit (tandis que normalement quand il y a 2 consonnes suivie d’une semi-consonne il y a une diérèse cf. cruel, triomphe).

(Exercice : lecture de p. 18 « [j] en finale »)

05.04.12

Révision du cours !

La neutralisation

0 2 5 1

0 3 0 3Les neutralisations les plus fréquentes concernent [ ] et [œ]. Il s’agit d’un phénomène de

disparition d’une voyelle, qui est prononcée comme une autre, avec qui elle partage des traits 0 2 5 1distinctifs et très peu de paires minimales. Entre [a] et [ ] il y a des oppositions lexicales et c’est le

contexte qui désambiguïse. On a neutralisation quand l’opposition de deux phonème n’est plus 0 2 5 1rentable (pertinente). Il y a plusieurs facteurs à la base de la neutralisation du [ ] par [a] : le plus

important (la condition sine qua non) c’est le nombre réduit de paires minimales ; la nature 0 2 5 1lexicales des oppositions ; le [ ] est entré plus tard et il faut faire plus d’effort pour le prononcer

(la prononciation du [a] est plus économique !). Aujourd’hui, lorsqu’on prononce les paires 0 2 5 1minimales entre les deux phonèmes, pour montrer que malgré tout [ ] est différent du [a], on

0 2 5 1allonge légèrement [a]. A l’écrit est indiqué d’un accent circonflexe. Le [ ] est encore prononcé au

Québec et dans la région de Lyon. Le trait distinctif de la postériorité disparait au profit d’un autre [a]. On peut prononcer un archiphonème, avec des caractéristiques intermédiaires.

0 3 0 3

0 2 5 B

0 3 0 3Autre neutralisation importante concerne [œ] par [ ] ; il y a très peu de paires minimales entre ces

deux phonème et la seule différence du point de vue articulatoire c’est la légère labialisation de 0 30 3[œ]. Tout le sud de la France fait la différence entre les deux voyelles nasaless, tandis que à Paris et dans le reste de la France on ne la fait pas (le 60 % de Français ne distinguent pas la prononciation des phonèmes en question). La neutralisation est un fait de variation diatopique, car elle dépend des régions. Les paires minimales entre les deux voyelles nasales sont : brun vs brin, emprunt vs empreint et un poli vs impoli. Ce sont des oppositions lexicales, compréhensibles d’après le

0 3 0 3contexte. D’autre part les occurrences de [œ] se limitent surtout à l’article indéfini un et aux mots

composés (quelqu’un, aucun) ; il n’y a pas un autre article avec qui on peut confondre un. S’il y avait un autre article indéfini, on n’aurait pas eu la neutralisation : il y aurait été une forte opposition grammaticale.

Le yod

(Lecture p. 18 des photocopies)

18.04.12

Les consonnes

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