Notes sur l'analyse du discours - correction de l'examen, Examens de Langages de programmation. Université Denis Diderot (Paris VII)
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Notes de science du langage sur l'analyse du discours - correction de l'examen. Les principaux thèmes abordés sont les suivants: La séquence descriptive prototypique selon Adam, La description dans « Trains et avions maî...
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E32MC Version longue du discours rapporté

CORRIGÉ DE L’EXAMEN 2005 CHASSÉ-CROISÉ (Aujourd’hui en France)

1. La séquence descriptive prototypique selon Adam. Texte ou séquence répondant à la question De quoi s’agit-il ? Le type descriptif donne au récepteur l’impression qu’il peut se représenter la personne, l’objet ou le phénomène qui en est l’hyperthème. Cela ne passe par aucun ordre préétabli, mais par trois opérations au moins : ancrage, aspectualisation et mise en relation. Par l’opération d’ancrage, l’auteur-locuteur indique le thème-titre ou hyperthème, nom propre ou commun = support de la description : de qui ou quoi il va être question. Parfois, la dénomination n’est donnée qu’en fin de séquence : on appelle ce procédé l’affectation : le lecteur ne peut alors qu’émettre des hypothèses qu’il vérifie au terme de la séquence. Dans tous les cas, cette opération met en évidence un tout. L’opération d’aspectualisation met au contraire en évidence les différents aspects de ce tout : ses parties et/ou ses propriétés. Elle procède soit par la fragmentation qui décompose l’objet décrit en parties, soit par la qualification qui énonce des propriétés du tout ou des parties envisagées : couleur, forme, dimensions, nombre, etc. Le plus souvent, la fragmentation et la qualification sont liées, mais ne prennent pas les mêmes formes linguistiques. La fragmentation repose plutôt sur une relation prédicative de type avoir, qui la réalise rarement sans qualification (t’as de beaux yeux). La qualification se réalise plutôt par la structure nom + adjectif (beaux yeux) et par la structure attributive de type être. La procédure de mise en relation peut s’opérer soit par contiguïté, soit par analogie. Par contiguïté, l’objet décrit est mis en situation dans l’espace-temps, situé dans une époque et/ou dans un lieu par rapport à d’autres objets qui peuvent parfois, à leur tour, subir une procédure descriptive. Par analogie, le tout ou ses parties sont mis en relation comparative ou métaphorique avec d’autres objets. À côté de ces trois procédures fondamentales, on peut en rencontrer deux autres, facultatives. L’opération de reformulation consiste à reprendre le tout ou ses parties afin de les renommer, en cours ou en fin de séquence. La procédure d’enchâssement consiste à décrire une des parties (sous- thématisation) ou un des objets avec lequel le premier hyperthème a été mis en relation (thématisation). 2. La description dans « Trains et avions maîtrisent la bousculade ». Cet article présente une description d’action : le déroulement du chassé-croisé le week-end qualifié comme « le plus gros de l’année » dans les trains et les avions. Il ne s’agit pas d’un récit, car la progression est absente. L’aspectualisation se fait par fragmentation en distinguant trois parties : « avions » (§1), « trains » (§2) et « incident » (§3), qui est un sous-thème de « trains ». Elle progresse en parallèle et consiste en deux descriptions consécutives, par lesquelles le journaliste rapproche l’un de l’autre deux objets, trains et avions, dont il montre les ressemblances et/ou les différences. Ces parties sont qualifiées : « sans difficulté notable », « sans problème » (§1). Leur mise en relation par contiguïté est avant tout spatiale : « dans les seules aérogares parisiennes d’Orly et de Roissy » (§1), « du côté de la SNCF » et « le Paris-Nice » (§2), « le Paris- Hendaye » et « en gare de Tours » (§3). Certains sont situés temporellement : « de 16h53 » (§2). Ces parties sont mises en relation par assimilation : le déroulement du plus gros week-end est assimilé au nombre des « 250.000 passagers » dans les avions (§1), aux « quelques égratignures horaires » (§2) puis à « l’incident » (§3) dans les trains. Ces éléments sont à leur tour qualifiés : « ont pu s’envoler sans problème » (§1), « sont venus perturber la journée » (§2), « le plus grave » (§3). Ils sont enfin eux aussi mis en relation par assimilation : « une affluence » qualifiée de « trop grande », « une climatisation » caractérisée comme « en panne » (§2), « un problème de tension électrique » (§3). Si on compare cette description au prototype d’Adam, on constate essentiellement deux différences. 1° L’hyperthème : la description prototypique a rarement pour objet une action ; il s’agit le plus souvent de représenter un objet, un lieu (topographie), une personne (prosopographie physique ou éthopée morale). 2° On peut noter l’absence de reformulation.

3. Genres des articles. L'ensemble de la page (le dossier ou hyperstructure) constitue une enquête. Elle présente huit textes au total, mais les regroupe en quatre ensembles de textes : a) L’article principal, ou article-cadre, sur cinq colonnes avec gros titre, « Les vacanciers rusés face aux bouchons », est une enquête. Le journaliste procède à une recherche méthodique autour d’un événement, notamment par comparaison avec les autres années et par mise en relation spatio- temporelle. Il a été en contact avec diverses sources, en particulier les actes et propos rapportés du Ministre de l'Intérieur. Cependant, il ne s’est pas déplacé sur le terrain et ne multiplie pas les discours rapportés : ce n’est donc pas un reportage. b) L’insert encadré « Valence a déjoué l’embouteillage », sur quatre colonnes avec photo, est un reportage. Il est directement introduit par l’article-cadre, dans lequel il s’insère au plan de la mise en page : « lire ci-dessous ». Il en reprend la clôture finale, « efficacité », par sa clôture initiale : « Efficace ! ». Le péritexte indique la source géographique, « Valence (Drôme) », et le statut de la journaliste, « de notre correspondante ». Ce la implique que les éléments d’information ont été recueillis sur les lieux mêmes de l’événement. De plus, des entretiens ont été conduits avec deux témoins directs : le responsable des ASF et une vacancière, la proportion de discours rapporté étant assez élevée. c) L’article « Voix express » est une interview constituée de cinq micro-interviews avec photo- médaillon de chaque vacancier interrogé. On est proche de la limite entre interview et déclaration, car il n’y a qu’un seul tour de parole à chaque fois et la paire minimale question-réponse est assez distendue. Cependant, la question constitutive de l’échange est présente dans le péritexte : « Comment s’est passé votre voyage ? ». De plus, les lieux des entretiens sont précisés, et les NDLR sont des indices de contextualisation de l’échange, qui ont pour effet (entre autres) de l’authentifier. d) L’encadré « Trains et avions maîtrisent la bousculade » est un filet, car il est beaucoup plus court que les autres et se contente de décrire quelques aspects complémentaires par rapport au reste du dossier consacré au trafic routier. Il est cependant titré, signé et plus long qu’une brève. 4. Analyse séquentielle de trois réponses de l’interview. a) La réponse de David constitue une séquence de type narratif : elle est principalement rédigée au passé composé et sa progression est marquée par des indications de temps (« 7 heures », « à partir de », « alors », « 17 heures ») ou de lieu (« la maison » = Romanèche, « Fourvière », « Vienne » et « au camping » = Palavas). Elle répond au schéma prototypique car, en numérotant les phrases de 1 à 6, on peut dire que : – p1 et p2 constituent la situation initiale et l’orientation (= PN1) ; – p3 correspond à la complication (déclencheur, épreuve = PN2) ; – p4 marque la réaction (= PN3) ; – p5 indique la résolution (= PN4) ; – p6 formule la situation finale, « nous arrivons », et l’évaluation, « fatigués » (= PN5 et PN§). b) La réponse de Jérémy est également un texte narratif, pour les mêmes raisons que ci-dessus, mais la séquence suit un ordre non canonique : – p1 départ = situation initiale (PN1) ; – p2 arrivée = situation finale (PN5) ; – p3-4-5 les bouchons = complication (PN2) ; – p6 itinéraire bis = réaction, « mais cela ne roulait pas mieux » = résolution négative (PN3 et PN4 placée sous le signe de l’échec) ; – p7-8 complément de la situation finale et évaluation également dysphorique (PN5 et PN§). Ce récit comporte une visée expressive et évaluative nette (« grosse galère », « bouchons », « pas mieux »), mais cela n’en fait pas pour autant un texte argumentatif. c) La réponse de Loïc est explicative, bien que sa structure ne soit pas canonique. {Elle n’est pas narrative : même si des éléments très semblables à ceux des deux premiers textes sont présents, la tension dramatique et les étapes d’un récit ne sont pas identifiables. Elle n’est pas non plus argumentative, malgré la présence du connecteur « mais » et des axiologiques « bien » et « trop

dangereux » : en effet, le but de Loïc n’est pas de déterminer ce qui est bon et ce qui est mauvais, mais d’exposer le problème qu’il avait puis d’expliquer comment il l’a résolu et pourquoi sa solution a marché.} Les marques explicites de la causalité sont nombreuses : « pour éviter » et « pour arriver » (infinitif de finalité, cause finale), « comme » au sens de parce que, « donc ». Plus implicitement, « et nous avons bien roulé » s’interprète comme une conséquence (= de ce fait nous avons bien roulé), et « qui est toujours bouché » comme une cause (= car il est toujours bouché). Globalement, Loïc explique comment « nous avons bien roulé » et pourquoi « nous avons modifié nos horaires ». C’est ce dédoublement du phénomène à expliquer qui complexifie le schéma. Pour ne pas trop compliquer l’analyse, on peut dire que : – p1 formule la conclusion-évaluation de l’explication (P.Expl.3) ; – p2 correspond à la schématisation initiale (P.Expl.0 incluant une solution inapplicable cette année) ; – p3 pose le problème, comment faire compte tenu de l’impossibilité d’agir comme « d’habitude » ? (P.Expl.1 incluant un premier élément explicatif) ; – p4 apporte la solution-explication (P.Expl.2).

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