Notes sur l'analyse littéraire de l'apocalypse, Notes de Sciences politiques. Université Panthéon-Sorbonne (Paris I)
Yves90
Yves90

Notes sur l'analyse littéraire de l'apocalypse, Notes de Sciences politiques. Université Panthéon-Sorbonne (Paris I)

PDF (635 KB)
6 pages
388Numéro de visites
Description
Notes de sciences politiques sur l'analyse littéraire du genre apocalyptique. Une lecture d’Ezéchiel, de Daniel, de St Jean et des manuscrits de Qumrân. Les principaux thèmes abordés sont les suivants: Récit ou discours,...
20 points
Points de téléchargement necessaire pour télécharger
ce document
Télécharger le document
Aperçu3 pages / 6
Ceci c'est un aperçu avant impression
3 pages affichées sur 6 total
Télécharger le document
Ceci c'est un aperçu avant impression
3 pages affichées sur 6 total
Télécharger le document
Ceci c'est un aperçu avant impression
3 pages affichées sur 6 total
Télécharger le document
Ceci c'est un aperçu avant impression
3 pages affichées sur 6 total
Télécharger le document

25/03/2011

Monothéismes CM8 : Analyse littéraire du genre apocalyptique. Une lecture d’Ezéchiel, de Daniel, de St Jean et des manuscrits de Qumrân

En quoi les textes apocalyptiques constituent un véritable genre littéraire ? Les écrits apocalyptiques ont été diffusés par les juifs anciens entre le 4ème avant JC et le 2ème après JC. Cela va influencer les communautés juives, chrétiennes et musulmanes.

Le terme « apocalypse) vient du grec « révélation ». L’étymologie même du terme révèle que le mot a un double fond. Ce discours apocalyptique parle de la fin de l’histoire, quelque chose de définitif : il est donc lié à l’eschatologie (discours sur la fin des temps). Le discours informe donc l’eschatologie (au sens aristotélicien du terme, c’est à dire donner une forme).

Nous allons donc voir la forme apocalyptique, puis nous allons voir comment ces caractéristiques créent l’originalité des textes vis à vis des textes sacrés. Il s’agit de voir la cohérence des textes apocalyptiques.

I) Récit ou discours

Un récit est la sélection d’événements choisis, ordonné selon un axe chronologique par le narrateur, alors que le discours est un « je » qui s’adresse à un « tu » ou à un « vous ». Ce qui est en jeu est le statut même de celui qui raconte l’apocalypse.

1) La narration du voyant

Le voyant restitue ses visions. Cela marque une rupture avec les autres textes sacrés. La vision précède l’interprétation, c’est elle qui est la plus importante, elle n’a pas un statut parabolique. La vision en elle-même est un événement.

Le discours d’élection : le discours est là pour confirmer le prophète dans son statut d’élu.

Le discours de supplication : chacun des narrateurs adresse des supplications à Dieu. On a ici un caractère pessimiste des visions.

Discours de Dieu : Dieu enjoint le prophète à faire la guerre, répandre l’apocalypse, de purifier.

La narration d’une vision développe la dimension prophétique. Cette dimension prophétique s’inscrit dans une ambiguïté temporelle. On a des mélanges de passé, présent et futur : cela fige et projette, en montrant que la foi est toujours présente. Cette vision est inéluctable : tout se dissous dans le temps divin de la réalisation de la vision.

II) Les livres qui brûlent

Motifs récurrents. L’apocalypse ne montre qu’une seule chose : la venue de Dieu. Celle-ci est manifestée à travers différents motifs, répétés de livre en livre, qui constituent le genre apocalyptique et le ferment sur lui-même.

1) Une littérature épique

docsity.com

Critères du registre épique :

 Récit de combat  Présence de héros contre une force surnaturelle  Gigantisme

2) Le symbole et le mystère

Avoir peur et purifier. D’où l’idée d’angoisse. Fonction mythologique. Ce merveilleux introduit un surnaturel chrétien qu’on va retrouver dans la littérature. Il est difficile de déchiffrer les apocalypses. Le chiffre est structurant (ex : 7 chez jean).

Le symbole participent en tant que tel aux caractéristiques du genre : multiplier les symboles est signe d’un texte apocalyptique.

3) Les personnages à déchiffrer

Il y a des personnages attendus : le fils d’homme, les anges, Dieu (parfois sous les traits d’un vieillard), Satan et le prophète (qui est initié et initie). Enfin, il y a les croyants. L’ensemble du peuple va subir l’apocalypse et les fidèles seront sauvés.

III) La révélation céleste

1) Intertextualité et correspondance

On ne progresse pas d’une vision à une autre : elles s’enchainent. C’est l’illusion de la narration.

En réalité, d’un texte à l’autre, il y a un phénomène de réécriture. Chez Jean, on a un système répétition interne (7 église, sceaux, trompettes, etc.). Jean emprunte aux autres textes apocalyptiques, comme ceux d’Ezéchiel.

Jean puise également dans tout l’ancien testament. Par exemple, les 7 trompettes font référence aux plaies d’Égypte.

Les écritures ont malgré tout des fonctions très différentes.

2) Finalité des textes

Purification par la guerre est aussi le moment où le temple céleste va venir aux hommes. Face à la description du temple de Jérusalem, à l’attente du Messie, au combat contre les ennemis. Il s’agit d’un paradis qui serait le temple de Dieu parmi les hommes. Jean insiste lui sur la gloire de Dieu parmi les hommes. L’idée est de détruire pour rebâtir, quelque chose d’intemporel.

Conclusion :

C’est un genre littéraire qui se dessine, et qui va influencer toute la littérature. C’est l’invention d’un merveilleux chrétien qu’on peut retrouver chez Céline ou Rimbault. L’écriture apocalyptique transcende le texte lui même, et s’inscrit dans la littérature dans des époques et de styles différents.

docsity.com

Fanatiques de l’Apocalypse : les millénarismes médiévaux

La chute d l’empire romain a lieu en 476, en 1453 a lieu la chute de Constantinople. Le moyen âge est divisé en deux parties : haut et bas moyen âge (ce dernier est le plus proche de nous).

I) Mille ans de bonheur

1) La fin des temps dans l’Apocalypse de Jean

 Il est d’abord annoncé un temps de longues et douloureuses épreuves  Le Diable est enchaîné à un moment donné  Période de paix terrestre : mille ans de bonheur (millénarisme, ce qui renvoie à la

notion apocalyptique de mille ans de bonheur promis à l’humanité sur terre).  Dernière période très brève (trois jours et demi), mais terrible. C’est un combat

final entre le Bien et le Mal (retour du messie ou du Christ) précédant immédiatement la fin des temps et le jugement dernier. C’est le bonheur pour l’éternité céleste.

La différence entre le jugement dernier et le premier jugement individuel et personnel naît au moyen âge, le jugement dernier tardant à arriver. On a inventé le purgatoire comme transition entre les deux jugements dans l’attente du jugement dernier, qui est impitoyable : les mauvais meurt en enfer, ils disparaissent, tandis que les bons ont accès à l’éternité, la disparition du temps.

2) Les signes annonciateurs

Il existe plusieurs formes pour déterminer le moment de la fin des temps:

 Le calcul d’une date  La fin du quatrième royaume (ou quatrième empire) : pour les chrétiens, c’était la

chute de l’empire romain. Mais voilà que l’empire romain se convertir au christianisme : il y a donc une réévaluation de l’attitude vis à vis de l’empire romain, et l’on guette avec inquiétude sa chute. On a donc une perception qualitative et non plus quantitative.

 Le « méchant » (anti ou antéchrist) libéré par « celui qui retient » (Katechon) : cette idée du Katechon a marqué l’une des philosophie importante du 20ème, celle de Karl Schmidt.

 Le souverain des « derniers jours » : prophéties des sibyllines chrétiennes. Elles annoncent qu’un souverain va s’installe à Jérusalem, apportera la paix à toute l’humanité, et dans toute cette humanité, il faut comprendre les juifs et les musulmans.

3) Les terreurs de l’An Mil

Ces signes annonciateurs sembleraient s’être manifesté au MA en l’an 1000. Au moment de l’an 2000, les polémiques sur l’an 1000 on ressurgit.

 Le calendrier n’était pas encore grégorien, et les peuples n’avaient pas conscience qu’il vivaient en l’an Mil.

docsity.com

 Des historiens qui fouillent les textes assurent que le calendrier était incertain, mais qu’il y avait une forte conscience dans les populations que l’on abordait la fin d’un premier millénaire qui allait achever ce qu’augustin avait annoncé comme la fin du premier millénaire de l’Eglise. On retrouve donc des preuves de manifestations parmi la population.

A partir de l’an Mil revient une période d’attente eschatologique, qui va se manifester en particulier à l’égard du proche orient qui connaît de profonds bouleversements.

II) Croisades et eschatologie

1) Orient et occident au 11ème siècle

- 1009 : à Jérusalem, destruction du Saint sépulcre sous le califat Al-Hakim (l’église bâtie sur le lieu présumé du tombeau du Christ). Il avait sûrement des raison politiques pour asseoir son pouvoir. Cette destruction parvient en occident, et inquiète. A partir de là, l’empire romain d’orient va essayer de négocier avec les souverains arabes pour reconstruire le st sépulcre et relancer les pèlerinages. Mais en Occident, les souverains et le pape cherchent à prendre l’ascendant sur l’empire romain d’orient : cette volonté se traduit en 1054.

- 1054 : Conflit et séparation entre Eglise d’orient et Eglise d’occident. L’envoyé du Pape excommunie l’empereur d’orient, qui excommunie le Pape. C’est le conflit politique qui a été premier.

- 1070-1079 : Prise de Jérusalem par les Trucs seldjoukides. Venus des steppes de l’Asie centrale, cette population s’impose comme dominante chez les arabes. C’est un des rares cas où le conquérant à pris la religion des peuples conquis. Ces turcs étaient des animistes, et adoptent l’islam. Le problème, c’est que ces turcs vont à Jérusalem commettre un certain nombre d’indélicatesse sur les pèlerins venus d’occident.

2) Grégoire VII et la réforme grégorienne

Le pape a cherché à réformer l’Eglise déstabilisée par la scission, le mauvais comportement des évêques et des prêtres, des dirigeants politiques. C’est à lui que nous devons le célibat des prêtres. Il engage une lutte (« querelle des investitures ») avec l’empereur de Germanie concernant la nomination des évêques.

Il a d’une part cherché à imposer la primauté de l’Eglise sur les souverains politiques, et reconnaît la séparation entre les pouvoirs spirituels et temporels. Il affirme que le spirituel est au dessus du temporel. Ce sont des prémices à la sécularisation, qui ne trouve pas seulement son origine dans la réforme et l’individualisme libéral. Ce que Grégoire VII veut faire, mais n’en aura pas le temps, c’est prouver cette supériorité du pouvoir spirituel en allant reconquérir les lieux saints.

3) 1095, Urbain II prêche la croisade

C’est ce pape qui lance les croisades.

 1095 : Urbain II prêche à Clermont Ferrand l’idée que les chevaliers doivent se mobiliser pour aller délivrer le tombeau du Christ. C’était un moyen pour la papauté de soustraire l’élite politique à l’influence du pouvoir temporel. Des

docsity.com

foules en grand nombre vont s’agréger à la caste militaire, et le Pape Urbain II va leur promettre le pardon de tous leurs péchés s’ils arrivent à Jérusalem, et l’accession à la Jérusalem céleste. C’est un mouvement populaire, et sera véhiculée l’idée qu’un roi pourra accéder à Jérusalem (cf. signe annonciateurs).

 1096 : La croisade commence, mais avant même de partir, les croisés de la vallée du Rhin massacrent la population juive de cette vallée : la fin des temps ne peut arriver que si tous le monde est chrétien.

 Juillet 1099 : arrivée à Jérusalem, massacre épouvantable, la ville est reprise aux musulmans. La Jérusalem céleste ne descend pas, malgré l’attende des croisés. Il va donc falloir attendre et durer

 Un royaume va donc être créé, dont le premier roi sera Godefroy de Bouillon. C’est un royaume franc qui est perçu par les populations environnantes comme une sorte de conquête miliaire, ce qui engendrera une sorte de guerre coloniale.

III) Jaochim de Flore et l’âge de l’Esprit

1) Joachim de Flore (1130-1202)

Ce moine calabrais est un extraordinaire commentateur de la Bible. Son idée est que la lecture de la Bible et la réforme de l’Eglise doivent permettre de comprendre le déroulement de l’Histoire. Il divisera l’Histoire en trois phases :

 Phase du père (ancien testament)  Phase du fils (venue du Christ) : en train de s’achever  Phase nouvelle, l’âge de l’Esprit : c’est le millénium annoncé par l’apocalypse.

Il va prêcher auprès des papes, des chefs militaires et politiques. Il va chercher à persuader les dirigeants qu’il faut accélérer la venue de l’âge de l’Esprit, en lâchant le Diable, envoyant le souverain à Jérusalem etc. Ce qui est important chez lui, c’est qu’on substitue à cette théologie de l’Histoire binaire et statique une vision ternaire et « progressiste ». Le troisième temps sera un temps de bonheur et de progrès pour l’humanité. Il faut rechercher le moment déclencheur de ce temps de bonheur, et il envisage donc une sorte d’élite monastique qui prendra en charge le bonheur de l’humanité dans les 1000 ans qui vont suivre.

Cette vision est partagée pendant le 12 et 13ème siècle.

2) Le 12ème siècle entre mystique et scolastique et postérité du joachimisme

François D’assise (1181-1226) : il fonde l’ordre des Franciscains, qui suit une règle de pauvreté absolue (divisé entre les frères mineurs et majeurs selon leur façon de suivre cette prescription).

Un théologie nettement plus rationaliste, celle de thomas d’Aquin, verra le jour en même temps, fondée sur la dialectique foi/raison.

Cela est important, car ce rythme ternaire est celui dans lequel nous vivons. Au 15 et 16ème siècle, la renaissance va renouer avec l’antiquité par delà le MA, jusqu’au 18ème siècle, où l’on décrira l’histoire en trois phases : Antiquité, MA, temps modernes. On retrouve aujourd’hui cette séparation dans les manuels d’histoire.

docsity.com

On voit donc que dans le débat entre mystiques joachimismes et rationalité thomiste, cette dernière ne l’a pas forcément emporté.

docsity.com

Aucun commentaire n'a été pas fait
Ceci c'est un aperçu avant impression
3 pages affichées sur 6 total
Télécharger le document