Notes sur la question: Jupe ou pantalon ? Le genre en question, Notes de Histoire de la psychologie. Université Panthéon-Sorbonne (Paris I)
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Notes sur la question: Jupe ou pantalon ? Le genre en question, Notes de Histoire de la psychologie. Université Panthéon-Sorbonne (Paris I)

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Notes d’histoire du genre sur la question: Jupe ou pantalon ? Le genre en question. Les principaux thèmes abordés sont les suivants: Les années folles de la « garçonne », La problématique de la femme écrivaine : du portr...
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Jupe ou pantalon ? Le genre en question(s) Christine Bard, Laurence Brogniez et Muriel Andrin

1. Les années folles de la « garçonne » (C. Bard)

1.1. Constats En littérature, le mot « garçonne » apparait au 19e mais ne sera popularisé que par le

roman éponyme de Victor Margueritte sorti en 1922. Le mot s’est par la suite imposé

dans d’autres langues.

Le roman de Margueritte fit scandale parce que l’héroïne ne se conduit pas comme une

femme de l’époque le devrait (lesbianisme, prostitution, drogue,…). L’auteur fut fort

critiqué pour le côté pornographique de son ouvrage, il fut notamment radié de l’ordre

de la Légion d’honneur par le président français pour atteinte à l’ordre public.

Par la suite, la « garçonne » devint une véritable mode mélangeant des

éléments vestimentaires d’hommes et de femmes. La mode est filiforme

pour cacher les courbes féminines et mettre ainsi fin aux stéréotypes

maternels de la femme.

La femme n’est pas masculinisée, elle porte toujours des boucles

d’oreille, des talons, des accessoires,… mais elle s’inspire de la

puissance masculine en reprenant certains éléments (chapeaux étroits,

vestes de costumes, cheveux courts,…).

Dans cette mode, le pantalon n’est pas non plus masculin et ne sert qu’au

sport ou comme tenue de plage.

La féminité ne disparait donc pas, elle se modifie et touche l’ensemble du spectre social. Ce

dernier aspect sera fort critiqué puisqu’il ne permet plus de distinguer l’origine sociale des

jeunes filles.

Au cinéma, l’androgynie devient un véritable canon esthétique grâce aux stars

hollywoodiennes qui espèrent ainsi s’affirmer dans ce monde dominé par les hommes, à

l’image de Marlène Dietrich.

1.2. Causes Peu de féministes se sont intéressées à la mode féminine puisqu’elles avaient des combats plus

importants à mener. La mode garçonne ne vient donc pas de ces femmes précurseurs.

Plusieurs pistes permettent d’expliquer l’apparition de la mode « garçonne ». Tout

d’abord, il faut remarquer l’engouement dans les années ’20 et ’30 pour le sport et les

équipements unisexes qui vont avec. L’accès aux études joua également un rôle

important.

La guerre laissa également une marque sur la mode vestimentaire puisqu’elle appela à une

plus grande sobriété. En outre, durant la guerre, on glorifie Jeanne d’Arc puisqu’elle

symbolise la France qui se soulève face à l’envahisseur, or Jeanne d’Arc se travestissait.

À l’époque, les sous-vêtements se modifient également sous l’impulsion du mouvement hygiéniste et

des progrès de la médecine. Les culotte fendues laissent ainsi place aux culottes fermées, on se coupe

les cheveux courts, on abandonne les corsets,…

Enfin, en 1931, en France, la population urbaine dépasse la population rurale. La « garçonne se répand

donc rapidement dans tout le pays, ce qui explique sa propagation rapide.

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1.3. Conjuration Une contre-offensive s’est rapidement développée face à cette mode « garçonne ».

Les détracteurs qualifient la « garçonne » comme le résultat de la décadence de la

société. Clément Vautel sera l’un de ces opposants, il publie en 1924 son livre

Madame ne veut pas d’enfant.

Cette contre-offensive prendra plusieurs formes allant de la caricature à la

propagation de rumeurs. On finit ainsi par croire qu’en se coupant trop les cheveux

courts, les femmes peuvent devenir chauves.

Les opposants ne seront pas que des hommes. Louise Bodin, une auteure féministe, s’opposera

fortement à cette mode. Sa protestation dans L’Humanité donne une idée de la colère des féministes.

Quelle différence y a-t-il donc, demande-t-elle « entre ce type nouveau de femme, entre cette garçonne

et toutes les vicieuses qui l’entourent et qui sont vieilles comme les sociétés d’argent ? »

1.4. Transgression La mode « garçonne » est une transgression de la dichotomie classique homme/femme. La

« garçonne » va véritablement brouiller les codes classiques, on ne sait plus reconnaitre les femmes

dans l’espace public.

Cette évolution soulève d’autres questions : si les femmes veulent être des hommes, veulent-elles aussi

faire la guerre ?

Quoiqu’il en soit, on assiste à une décodification des rapports entre les sexes avec l’arrivée de cette

mode dans les Années Folles.

2. La problématique de la femme écrivaine : du portrait aux clichés du genre (L. Brogniez, M. Andrin)

Le mot « écrivaine » pose problème puisqu’il n’existe pas. L’entrée des femmes en littérature est vue

comme une menace par les hommes puisque ce serait une forme de décadence de la société.

La femme écrivaine doit donc écrire sous un pseudonyme pour ne pas entacher le nom de son mari. Le

plus souvent, elle choisit même un pseudonyme masculin pour mieux se faire accepter. Certains

hommes vont quant à eux choisir d’écrire sous des pseudonymes féminins par caricature, pour jouer

sur l’innocence ou la naïveté.

Dans cette logique d’acceptation par le milieu littéraire, George Sand va à la fois

choisir ce pseudonyme masculin et se travestir. Elle se travestira également pour

pouvoir circuler à sa guise dans les espaces publics. En effet, jusqu’alors la sphère

privée est le domaine des femmes et la sphère publique celui des hommes. Or, il est

difficile de trouver l’inspiration en restant cloitrée chez soi.

En littérature, deux femmes sont importantes pour leur combat pour l’égalité des auteurs :

Marc de Montifaud (1845-1912) Son vrai nom est Marie-Amélie Quivogne de Montifaud. Elle est une écrivaine érotique qui se

réfugiera en Belgique à plusieurs reprises pour échapper à des poursuites pour atteinte à la pudeur. Elle

a une démarche d’historienne, elle se rend régulièrement à la BNF pour étudier la pornographie et

l’érotisme.

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Elle s’opposera particulièrement au mouvement naturaliste de Zola puisque

ceux-ci peuvent écrire de manière très crue parce que ce sont des hommes alors

qu’elle ne peut pas.

Elle chercha la même liberté d’expression que les hommes et s’habilla donc

comme eux. Avec le temps, son allure se radicalisera, passant d’un look

« garçonne » à un véritable travestissement.

Claude Cahun (1894-1954) Son vrai nom est Lucy Schwob. Elle est une artiste surréaliste et écrivaine

homosexuelle. Elle se travestit en permanence, ce qui explique qu’elle sera

valorisée dans les années ’80 par les mouvements queers.

À la suite de ces deux pionnières, de nombreuses femmes ont pris le relais des revendications

féminines dans le domaine artistique en faisant passer leur message par leurs œuvres :

Frida Kahlo (1907-1954) Sur cet autoportrait de 1940, elle se représente en homme alors qu’elle s’habillait

rarement comme ça. Elle cherche ainsi à démontrer que le monde artistique est un

monde dominé par les hommes.

Louise Bourgeois (1911-2010) Elle va aussi chercher à se faire une place dans le monde artistique des hommes. Elle

veut changer, transformer et reconstruire son art pour se faire mieux accepter.

Sur cet autoportrait de 1942, elle se représente donc avec des traits forts masculins et

ce qui semble être une barbe.

Par la suite, les artistes féminines vont se battre pour augmenter la visibilité de la féminité en art en se

travestissant :

VALIE Export (1940- ) En 1967, elle refuse de porter le nom de son père et prend le nom de VALIE (en

majuscule) pour se forger sa propre identité.

Sa série Transfert identitaire est marquée par le travestissement mais elle joue

également sur l’ambiguïté en mélangeant habillement les vêtements hommes/femmes,

une coupe de cheveux féminine et une posture franchement masculine.

Adrian Piper (1948- ) Elle est une féministe noire mais à la peau très claire. Elle va se créer The Mythic

Being, un personnage renvoyant aux stéréotypes afro-américain des années ’70 (coupe

afro, moustache,…). Elle va ensuite se balader à New York pour bouleverser l’espace

public.

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Katharina Sieverding (1944- ) En 1972, cette photographe réalisa une série (Transformer) où elle juxtaposa des photos

d’elle et de son compagnon pour créer un doute dans l’esprit du spectateur qui ne sait

dès lors plus s’il est en face d’un homme ou d’une femme.

Dans les années ’90, elle continuera à jouer dans le même registre mais en utilisant

l’informatique pour retoucher ses photos.

Cindy Sherman (1954- ) Elle se met en scène dans des photos inspirées de film imaginaires. Elle va s’intéresser

à l’androgynie mais pas uniquement. Avec elle, on finit par dépasser le féminisme

classique des années ’70.

Gillian Wearing (1963- ) Elle va créer des portraits de membres de sa famille à différents âges en réalisant des

masques de cire sur base d’anciennes photos. Elle va ensuite poser avec ces masques, ce

sont donc à chaque fois ses yeux que l’on peut voir.

Sarah Lucas (1962- ) La dernière génération d’artiste est quant à elle beaucoup plus ironique. Sarah Lucas

reprend ainsi une pose totalement masculine mais en y insérant certains éléments

féminins.

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