Parties without Partisans – Russell J. Dalton, Martin P. Wattenberg, Autres de Systèmes politiques. Université du Havre
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clelia-3085 février 2018

Parties without Partisans – Russell J. Dalton, Martin P. Wattenberg, Autres de Systèmes politiques. Université du Havre

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Parties without Partisans – Russell J. Dalton, Martin P. Wattenberg

Partie 2 : Les partis en tant qu’organisations politiques

5. Des partis sans membres ? L’organisation partisane au sein d’un environnement électoral changeant (Susan E. Scarrow)

La théorie de M. Duverger (1963) sur les partis de masse a été admise comme une description des développements politiques au cours de la première moitié du XXème siècle. Néanmoins, certains ont interrogé cette théorie suivant laquelle le parti de masse serait en train de devenir la forme d’organisation politique dominante. O. Kirchheimer (1966) et L. Epstein (1980) ont soutenu que cette popularité du parti de masse était en train de s’estomper, du fait des changements sociaux et technologiques. Les études postérieures ont ensuite confirmé le déclin de la théorie de Duverger. Elles n’ont toutefois pas explicité la nouvelle forme que prendraient les partis.

Les organisations partisanes en déclin : un diagnostic perpétuel

Depuis plus de 100 ans, nombreux ont été ceux soutenant que les forces sociales et technologiques altéraient la façon dont les partis lient les citoyens aux arènes du pouvoir étatique. Ce n’est donc pas un diagnostic récent. Néanmoins, plus récemment, les réflexions des observateurs se sont davantage axées sur les activités entretenues par les partis en dehors des assemblées législatives. Ils ont alors mis en garde contre la menace que représenteraient les partis ayant une force croissante hors du cadre législatif, menace dont le gouvernement, voire la démocratie dans son entier, serait la cible.

Ostrogorski est la figure représentante de ces critiques : selon lui, une organisation partisane trop forte est dangereuse, car elle permet à ses élites politiques de manipuler les masses. Il illustre sa critique par le cas des Etats-Unis : les partis américains en place avant la Première Guerre mondiale étaient selon lui susceptibles de donner lieu à une mauvaise politique, à des citoyens appauvris et à des leaders inadéquats.

Ces critiques ont ensuite été reprises et amplifiées par les Américains populistes et progressistes qui ont alors promu des réformes (introduction des primaires, référendums) qui avaient pour objectif de supprimer les structures des partis dominants locaux. Cela a contribué à l’augmentation du nombre de candidats centristes.

Mais alors que les Etats-Unis venaient de mettre un terme à la trop forte domination politique de certains partis, surgit l’idée que des partis forts et bien organisés puissent finalement être des vecteurs d’intégration des masses politiques. Cette idée est soutenue par S. Neumann : l’effondrement de la république de Weimar conduit Neumann à soutenir que les démocraties modernes ne peuvent pas survivre si les partis démocratiques ne promeuvent pas ce type d’intégration organisationnelle.

Les partis en tant qu’organisations de masse : comment les membres du parti créent-ils une différence ?

Les partis électoraux sont devenus plus professionnels et plus dépendants des médias depuis les années 1950. Du même coup, ils n’ont plus eu besoin des services jusqu’alors effectués par des membres volontaires. Cette évolution rend difficile, pour le parti, l’obtention d’un soutien de la part des adhérents ; et elle tend à modifier fondamentalement la manière dont les partis relient les citoyens à leurs élites politiques.

L’évolution des partis de masse : cadre général

Selon Duverger, les partis de masse ne sont pas identifiables de par leur taille, mais de par leurs caractéristiques structurelles (ce sont des organisations permanentes entre les élections, dont les membres versent des cotisations). Mais Duverger souligne que même ces caractéristiques ne suffisent pas à établir une base définitive pour dresser une classification, car on les retrouve parfois chez certains partis qui n’ont que très peu d’intérêt pour le soutien populaire.

Si l’on prend comme exemples les 14 pays pour lesquels les données concernant l’adhésion des masses sont disponibles sur le long terme, on observe que seuls 5 d’entre eux connaissent une augmentation de leurs effectifs, des années 1960 aux années 1990 : la Belgique, l’Allemagne, l’Irlande, le Japon et la Suisse. Néanmoins, ces exemples ne suffisent pas à contredire l’idée suivant laquelle les partis de masse déclinent. En effet : les partis d’Allemagne, de Belgique et d’Irlande voient certes leurs adhérents augmenter après les années 1960, mais on observe depuis un déclin de ces adhésions. Le cas du Japon est particulier : l’augmentation des adhésions partisanes reflète une évolution qui n’est pas strictement comparable aux autres évolutions d’adhésions partisanes, dans la mesure où nombre des adhésions recensées concernent des associations décentralisées mises en place pour soutenir les candidats locaux.

On observe donc dans tous les cas un déclin général des partis de masse à partir des années 1990, quels que soient les outils utilisés pour en rendre compte. Ce déclin est par ailleurs confirmé par les sondages d’opinion effectués dans 14 pays : l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, la Nouvelle Zélande, la Norvège, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni. Dans 8 de ces pays, l’adhésion partisane s’effondre entre les années 1960-1970, puis de nouveau entre les années 1980-1990.

Ces données confirment donc que l’enrôlement partisan est devenu un débouché de participation politique beaucoup moins populaire.

Un déclin qui part de quoi ?

Lorsque Duverger publie son ouvrage au début des années 1950, les partis, à échelle internationale, étaient en train de redoubler d’efforts pour tenter d’incorporer des soutiens au sein de leur organisation. Dans certains pays, tels que la France, la Grande-Bretagne et la Finlande, les citoyens réagissaient d’ailleurs de manière très enthousiaste à ces efforts. Dans d’autres, tels que la Belgique, l’Allemagne, l’Irlande, les Pays-Bas et la Suisse, l’adhésion partisane n’apparaît pas avant les années 1960. De même au Canada. Pour le Japon, il faut attendre les années 1980. Autrement dit, la prédiction de Duverger de 1951 de « contagion par la gauche » ne doit pas être comprise autrement que comme une simple prédiction, et non pas comme une description de l’état des organisations partisanes durant la première moitié du siècle.

Tant l’augmentation que le déclin des partis de masse advinrent durant les décennies qui suivirent la Seconde Guerre mondiale. C’est seulement dans les années 1950 et 1960 que de nombreux pays voient leurs partis politiques, tant de gauche que de droite, poursuivre des stratégies d’enrôlement des masses.

Mythes (et réalités) du déclin du parti de masse

Mythe numéro 1 : l’apogée du parti de masse démocratique est advenue durant la première moitié du XXème siècle.

Faux : certains partis de masse ont effectivement vu le jour durant cette période, mais leur cas n’est pas une généralité. Pour les partis de droite, et même pour certains partis de gauche, l’organisation partisane fondée sur l’adhésion de masse n’est devenue une réalité qu’à partir du troisième quart de siècle (1975).

Mythe numéro 2 : le déclin de l’adhésion de masse aux partis correspond au déclin de la force organisationelle du parti.

Faux : la force du parti ne décroît pas nécessairement lorsque l’adhésion de masse décroît. L’augmentation de l’efficacité de l’organisation professionnelle peut compenser le déclin de l’adhésion de masse. Par ailleurs, une adhésion partisane massive n’est pas toujours suffisamment bien organisée pour s’occuper efficacement des fonctions politiques.

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