principes D'AGRICULTURE DURABLE, Autres de Ingénierie de l'Agriculture. Institut Supérieur d'Agriculture Lille
nabil-khidouni
nabil-khidouni7 novembre 2017

principes D'AGRICULTURE DURABLE, Autres de Ingénierie de l'Agriculture. Institut Supérieur d'Agriculture Lille

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Rappel de quelques définitions de base actions de l'Homme sur le milieu naturel Les défis du développement rural et agricole
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UNIVERSITES FRANCOPHONES

I

UNIVERSITES

IBRAHIM NAHAL

Principes j d'agriculture durable

H U P E L F - U R E F

PRINCIPES D'AGRICULTURE DURABLE

PRINCIPES D'AGRICULTURE DURABLE

Ibrahim NAHAL

Príncipes d'agriculture durable ISBN 2 84371 028 6 © 1998, Éditions ESTEM Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur, ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illici- te, aux termes de la loi du 11 mars 1957, alinéa 2 et 3 de l'article 41. Cette représentation ou reproduction par quelque procédé que ce soit, constitue- rait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal.

ESTEM Editions Scientifiques, Techniques et Médicales 7, rue Jacquemont. 75017 Paris Tél. : 01 53 06 94 94 - Fax : 01 53 06 95 00

La diffusion scientifique et technique est un facteur essentiel du déve- loppement. Aussi, dès 1988, l'Agence francophone pour l'enseignement supérieur et la recherche (AUPELF-UREF), mandatée par les Sommets francophones pour produire et diffuser revues et livres scientifiques, a créé la collection Universités francophones.

Lieu d'expression de la communauté scientifique de langue française, Universités francophones vise à instaurer une collaboration entre ensei- gnants et chercheurs francophones en publiant des ouvrages, coédités avec des éditeurs francophones, et largement diffusés dans les pays du Sud, grâce à une politique tarifaire préférentielle.

Quatre séries composent la collection :

-Les usuels : cette série didactique est le cœur de la collection. Elle s'adresse à un public étudiant et vise à constituer une bibliothèque de référence couvrant les principales disciplines enseignées à l'université.

-Actualité scientifique : dans cette série sont publiés les actes de col- loques organisés par les réseaux thématiques de recherche de l'UREF.

- Prospectives francophones : s'inscrivent dans cette série des ouvrages de réflexion donnant l'éclairage de la Francophonie sur les grandes questions contemporaines.

- Savoir plus Université : cette nouvelle série, dans laquelle s'inscrit le présent ouvrage, se compose de livres de synthèse qui font un point précis sur des sujets scientifiques d'actualité.

Notre collection, en proposant une approche plurielle et singulière de la science, adaptée aux réalités multiples de la Francophonie, contribue effi- cacement à promouvoir l'enseignement supérieur et la recherche dans l'es- pace francophone et le plurilinguisme dans la recherche internationale.

Professeur MICHEL GUILLOU Directeur général de l'AUPELF

Recteur de l'UREF

DU MÊME AUTEUR

NAHAL I., 1961 - Le Pin d'Alep (Pinus halepensis Miti.) ; étude taxono- mique, phytogéographique, écologique et sylvicole. Annales de l'École Nationale des Eaux et Forêts et de la Station de Recherches et Expériences, vol. XIX, N° 4, 200p., Nancy, France.

NAHAL I., 1962 - Contribution à l'étude de la végétation dans le Baer- Bassit et la Djebel Alaouite de Syrie. Webbia, vol. XVI, 170p. Florence, Italie.

NAHAL I., 1965 - Écologie végétale. Université d'Alep, 120p., Alep, Syrie.

NAHAL I., 1975 - Principes de conservation du sol. Masson et Cie, 143p., Paris, France.

NAHAL I., 1976 - Principes de Foresterie. Publications de l'Université d'Alep, 670p., Alep Syrie.

NAHAL I., 1978 - Impacts of irrigation on environment with special refe- rence to ECWA region. In : International Expert Consultation on Irrigation and Agricultural Development, Bagdad, Irak.

NAHAL I., 1981 - The mediterranean climate from a biological viewpoint. In : Ecosystems of the world, vol.11, Mediterranean type shrubland. Ed. F. di Castri, D. Goodall et L. Specht. Eisvier Scientific Publishing Company. 500p.

NAHAL L, 1984 - Lutte contre l'érosion hydrique et problèmes de déser- tification en région méditerranéenne. SOLS, vol. 14, Institut National Agronomique Paris - Grignon 90p., Paris. France.

NAHAL I., 1986 - Considérations écologiques et développement agricole dans le monde Arabe. Publication de l'Organisation Arabe pour l'É- ducation, la Culture et les Sciences, 87p., Tunis, Tunisie.

NAHAL I., 1987 - La désertification dans le monde Arabe. Publications de l'Institut Arabe pour le Développement, 263p., Beyrouth, Liban.

NAHAL I., 1988 - Introduction ci l'Ecologie et ses applications. Publications de l'Université d'Alep, 318p., Alep, Syrie.

NAHAL I. ; RAHME A. ; CHALAB1 M., 1994 - Végétation et conser- vation du sol. Publications de l'Université d'Alep, 250p., Alep, Syrie.

Je dédie ce livre à : Dolh; mon épouse

Roula, ma fille Ayoub et Rami, mes fils

pour leur soutien moral et leur compréhension

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION : I

Chapitre 1 : L'impact des activités humaines sur l'environnement 5

I - Rappel de quelques définitions de base 5 A. L'écosystème : un système de référence fiable 5 B. Les agrosystèmes (les écosystèmes agricoles) 8 C. Les cycles biogéochimiques 9 D. L'environnement 10

II - Évolution des concepts concernant les rapports de l'Homme avec la nature 10

III -Actions de l'Homme sur le milieu naturel 14 A. Présentation du problème 14 B. Évolution de l'impact des activités humaines sur le sol 17 C. Impacts des activités humaines sur la dégradation des sols 11 D. Impacts environnementaux et socio-économiques des projets

d'irrigation dans les zones arides et semi-arides 27

Chapitre 2 : Les défis du développement rural et agricole . . 31

I - Introduction 31

II - Le concept de développement durable 32

III - Le concept d'agriculture durable 34 A. Introduction 34 B. Définitions 34 C. Les systèmes de production durables 35 D. Etendue et complexité des problèmes de durabilité

en agriculture 36

- i x -

Table des matières

E. Les principales contraintes au développement d'une agriculture durable, la Péninsule Arabique prise comme exemple 39

F. La gestion des ressources pour le développement d'une agriculture durable 44

G. Influence de l'agriculture durable sur les rendements et la production agricoles 45

H. Rapports entre l'agriculture durable et la sécurité alimentaire 47

I. Perspectives de durabilité dans les stratégies d'accroissement de la production alimentaire 49

Chapitre 3 : Les moyens pour relever le défi 51

I - La conservation du sol 51 A. Les buts de la conservation du sol 51 B. Les procédés de conservation du sol 52 C. La végétation en tant que moyen de conservation du sol 53 D. Les pratiques culturales en tant que moyen de conservation

des sols cultivés 59 E. Les procédés de conservation des sols sur les pentes . . 60

II - La conservation des ressources en eau 62 A. Introduction 62 B. Facteurs principaux de la surexploitation des ressources

en eau 63 C. Spécificité des ressources en eau dans les pavs à

aridité climatique 64 D. Impacts environnementaux et socio-économiques des

grands barrages 66 E. Amélioration de l'utilisation de l'eau pour une

agriculture durable 69

- x -

Table ile'i numeres

III - La conservation des ressources génétiques et de la biodiversité 70

A. Définitions 70 B. Comment peut-on concevoir lu conservation de la

biodiversité et des ressources génétiques pour une agriculture durable, le Bassin Méditerranéen pris comme exemple 71

C. Sauvegarde du fonds génétique 75 D. Conservation des ressources biologiques et leur utilisation

durable 76

IV - L'aménagement durable des forêts 80

V - L'aménagement durable des pâturages naturels 83 A. Buts 83 B. Améliorations et gestion 85

VI - L'étude de l'impact sur l'environnement des projets de développement rural et agricole 94

VII - La lutte contre la désertification 96 A. Définition de la désertification 96 B. Les causes de la désertification 97 C. Comment lutter contre la désertification '.' 99

VIII - La recherche en agriculture durable 100 A. Principes de base 100

B. La gestion durable des tenes 102 C. Problématique de la recherche dans les zones arides

et semi-arides 105 D. Rôle du système de recherche nationale et des institutions

d'enseignement 106

Table des matières

IX - Conception d'un projet de développement rural et agricole durable 107

A. Principes de base 107 B. L'approche sxstémique 108

BIBLIOGRAPHIE 115

GLOSSAIRE 119

- xn

Introduction

L'exploitation des forêts, des parcours et des terres cultivées pour des profits à court terme, a conduit, dans beaucoup de pays du monde, en particulier dans les pays en développement, le long des siècles et, en particulier, à partir de la deuxième moitié du 20e siècle, à une détérioration de l'environnement qui s'est manifestée par la dégradation ou la disparition des forêts et des parcours, par l'épuisement et le décapage des terres cultivées en sec et par la salinisa- tion et l'engorgement des terres irriguées des zones arides et semi-arides.

Cette détéroriation de l'environnement a provoqué : une érosion intense des sols, un épuisement des nappes souterraines et leur pollution par les engrais chimiques et les pesticides, une perturbation des cours d'eau avec de fré- quents écoulements torrentiels dévastateurs, une baisse de la biodiversité et des ressources génétiques, une baisse de la production forestière, pastorale et agricole, une désertification galopante, une atteinte à la qualité de vie des populations.

De nombreuses réflexions ont été consacrées ces dernières années au dévelop- pement, à l'environnement et à la gestion des ressources naturelles renouve- lables et ont conduit à l'élaboration du concept de développement durable, nouvelle stratégie du développement qui, si elle est mise en œuvre, devrait

Introduction

permettre de gérer et d'exploiter l'environnement à long terme, en conservant, voire en améliorant les ressources naturelles renouvelables, et aussi d'assurer la satisfaction des besoins des générations présentes, sans affecter ceux des générations futures.

Le concept de développement durable exige, il va de soi, un développement rural et une agriculture fondés sur la notion de durabilità.

L'agriculture durable doit être considérée comme une école de pensée et sur- tout une philosophie fondée sur des buts humains et sur la compréhension de l'impact, à long terme, des activités humaines sur l'environnement.

Cette philosophie, si nous l'acceptons et l'appliquons, pourra nous guider dans l'utilisation de notre savoir traditionnel de l'agriculture et de la gestion des res- sources naturelles, accumulé pendant des millénaires, tout en l'enrichissant en permanence par les découvertes scientifiques et techniques, en vue de créer des systèmes de production équitables, intégrés et respectueux de l'environnement, assurant, à long terme, les besoins de l'humanité présente et future.

Qu'arrivera-t-il à l'Humanité au 21e siècle quand elle aura à nourrir 7 mil- liards de bouches ? Y aura-t-il assez de terres fertiles pour subvenir d'une façon durable aux besoins alimentaires d'une population en croissance conti- nue, en particulier dans les pays en développement ?

Regardons en avant et prenons résolument nos responsabilités envers les générations futures en leur gardant un environnement sain et productif leur permettant une vie décente et épanouie, tout en assurant, dans le même temps, aux générations présentes leurs besoins divers.

Acceptons-nous de voir se détériorer ou s'épuiser les ressources naturelles renouvelables, alors que nous possédons la science, la technologie et le savoir-faire nécessaires pour arrêter cette catastrophe ? Certainement pas ? Alors prenons nos responsabilités morales et intéressons-nous à la gestion durable des ressources limitées de notre planète et à la conservation de son environnement.

- 2 -

Introduction

La durabilité de l'exploitation des ressources renouvelables est un devoir des sociétés d'aujourd'hui envers les générations de demain, aussi bien au niveau national, régional qu'international.

L'application du concept de développement durable et du concept d'agricul- ture durable qui ont vu le jour ces dernières années et qui exigent la gestion rationnelle et durable de nos ressources, peut nous guider sur le chemin du futur pour assurer un développement économique, social et culturel harmo- nieux et épanouissant des sociétés humaines présentes et futures.

S'appuyant sur une expérience dans les pays méditerranéens, tropicaux et tempérés de l'auteur, le présent ouvrage concerne surtout les pays en dévelop- pement, mais les thèmes généraux relatifs au concept de durabilité en agricul- ture qu'il aborde ont un intérêt général et sont applicables sous divers climats, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement.

L'auteur

- 3 -

Chapitre I L'impact des activités humaines sur l'environnement

I - RAPPEL DE QUELQUES DÉFINITIONS DE BASE

A -L'écosystème : Un système de référence fiable

Définition

L'écosxstème est une entité fonctionnelle composée de plantes, d'animaux, de micro-organismes et de substrats inorganiques de sol, roche ou eau. ayant accès direct ou indirect à l'atmosphère et à la lumière comme source d'énergie.

Il se caractérise par l'interaction de ses différents constituants et existe à l'in- térieur d'un climat déterminé.

L'être humain fait partie intégrante de l'écosystème.

Les ressources renouvelables naturelles : eau. sol, végétation sont des compo- santes de l'écosystème.

Exemples d'écosystèmes : forêt, lac. mer. fleuve.

L'écosystème naturel est un système de référence fiable pour que nous puis- sions juger le degré de détérioration du milieu à la suite de l'action humaine et aussi apprécier les possibilités et les modalités de réhabilitation de ce milieu.

La biosphère est la partie du globe terrestre où se concentre la vie. Elle est le domaine de vie de l'être humain et des autres êtres vivants.

Elle est constituée de l'ensemble des écosystèmes marins, côtiers et d'eau douce (70 %) et des écosystèmes terrestres (30 9e).

-5-

Principes d'agriculture durable

Les constituants de l'écosystème

Les constituants de l'Écosystème sont les suivants :

1. Les substances abiotiques : composés inorganiques et organiques de l'envi- ronnement : le sol et ses constituants, l'air, l'eau, (c'est le biotope).

2. Les producteurs : ce sont les organismes autotrophiques (végétaux) qui sont capables de fabriquer des substances organiques à partir de substances inorga- niques simples en utilisant l'énergie solaire.

3. Les consommeurs : ce sont des organismes hétérotrophiques (animaux) qui ingèrent des organismes animaux (carnivores) ou végétaux (herbivores), ou les deux (omnivores). L'Homme est un omnivore.

4. Les décomposeurs (microconsommeurs, saprophytes) : ce sont des orga- nismes hétérotrophiques, principalement des bactéries et des champignons, qui décomposent les composés complexes des protoplasmes morts, absorbent certains des produits de décomposition et libèrent des substances simples pou- vant être utilisées par les producteurs.

Les constituants vivants de l'écosystème sont appelés aussi biocénose. Écosystème = biotope + biocénose

Les caractéristiques de l'écosystème

L'écosystème est caractérisé par :

* Son degré élevé d'organisation C'est la caractéristique la plus importante de l'écosystème, puisqu'il est constitué de populations de différentes espèces animales et végétales en étroite interaction, (sous forme de chaîne alimentaire), ce qui assure son bon fonctionnement et sa survie.

Les processus de fonctionnement de l'écosystème s'accompagnent nécessaire- ment de production de déchets qui sont constamment recyclés par les décom- poseurs et repris par les producteurs et ainsi de suite. Tous ces déchets de

- 6 -

L'impact des activités humaines sur l'environnement

l'écosystème sont décomposés et passent dans le cycle essentiel de la vie. Les produits synthétiques fabriqués par l'Homme (matières plastiques, tissus syn- thétiques) ne sont pas biodégradables et s'accumulent dans le milieu, ce qui constitue une pollution.

* Son autorégulation L'écosystème se caractérise par son autorégulation de ses rapports avec son environnement grâce aux réseaux de mécanismes biologiques nombreux qui lui permettent, chaque fois que ces rapports s'écartent de l'optimum, de réagir automatiquement pour retrouver une nouvelle position d'équilibre. C'est ce qui explique la capacité des écosystèmes, quelque soit leur niveau de complexité, à s'adapter à leurs environnements respectifs, ce qui leur permet de rétablir l'intégrité de leur structure fondamentale après toute perturbation. C'est la « resilience ».

Cependant, l'autorégulation a des limites, au delà desquelles, l'écosystème n'assure plus le bon fonctionnement des mécanismes autorégulateurs ; il se dégrade, et à la limite, il s'effondre. Ex : trop de déchets toxiques accumulés dans un lac, provoque sa mort.

* Sa complexité La complexité de l'écosystème est due :

-aux différents constituants vivants, animaux et végétaux et à leur interaction ;

- aux multiples mécanismes qui assurent son fonctionnement.

* Sa stabilité C'est l'aptitude de l'écosystème à conserver ses traits caractéristiques : en d'autres termes, à persévérer dans son état face aux changements de l'envi- ronnement, sans avoir à modifier fondamentalement sa structure. À l'intérieur de l'écosystème, les changements sont minimes et ne se produisent que si c'est nécessaire pour son adaptation à son environnement. Cette stabilité est liée à la diversité de l'écosystème, à sa complexité et à son autorégulation.

- 7 -

Principes d'agriculture durable

* Sa prévisibilité Les processus écologiques sont des processus prévisibles, ce qui nous permet de forger des hypothèses et suggérer des lois, comme celle de la « prévisibi- lité de l'environnement » selon laquelle tous les écosystèmes tendent à la sta- bilité et d'autant plus qu'il s'agit d'écosystèmes diversifiés et plus complexes.

Cette caractéristique nous permet de prévoir la dégradation de l'écosystème ou même son effondrement total à la suite d'une surexploitation et d'une mauvaise gestion.

La désertification est due à la dégradation poussée des écosystèmes arides, semi-arides et subhumides secs, à la suite d'une exploitation irrationnelle et abusive.

B - Les agrosystèmes (les écosystèmes agricoles)

Les agrosystèmes (terres cultivées) sont des systèmes artificiels créés par l'Homme depuis l'invention de l'agriculture, il y a déjà 10.000 ans, en vue de la satisfaction de ses besoins en produits alimentaires et autres produits de la terre.

Ces systèmes sont simplifiés en comparaison avec les écosystèmes naturels et sont, par conséquent fragiles et instables. Ils sont aussi privés d'autorégula- tion, ce qui nous oblige à intervenir fréquemment dans leur fonctionnement par la fertilisation, les travaux du sol, la lutte contre les pestes, le désherbage, etc. en vue de leur incorporer une certaine stabilité (même si cette stabilité ne peut être que momentanée) pour leur permettre de nous fournir une produc- tion plus ou moins stable.

La gestion rationnelle de ces agrosystèmes pour une production durable implique que leur fonctionnement se rapproche autant que possible de celui des écosystèmes naturels et ceci par :

- L'augmentation de la diversité végétale et animale dans la ferme et dans la région (cultures agricoles variées, élevage d'animaux domestiques variés,

L'impact des activités humaines sur l environnement

introduction d"arbres et arbustes à usages multiples ou agroforestiers, conservation des formations végétales naturelles etc.).

- L'application d'une lutte biologique ou intégrée contre les différentes pestes.

-L'utilisation des différents déchets organiques pour 1 "enrichissement des terres agricoles en humus et pour augmenter leur activité microbienne qui est à la base de leur fertilité.

-L'utilisation de cultures adaptées aux conditions écologiques locales dans une rotation équilibrée, renfermant de préférence une culture légumineuse.

- L'utilisation de procédés adéquats pour lutter contre l'érosion éolienne et hydrique des sols.

Dans le cas contraire, ces agrosystèmes subiront une détérioration, avec les conséquences qui en résulteront au niveau de leur production qui ira en diminuant en quantité et en qualité, et ceci en plus de la dégradation de l'envi- ronnement dans son ensemble, ce qui se répercutera négativement sur le déve- loppement rural et agricole. Dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches, cette dégradation aboutit à la désertification sous toutes ses formes. Dans les terres cultivées en sec, la désertification se manifeste par une forte érosion éolienne, et une formation de dunes de sable, une aridification géné- rale du milieu et une diminution drastique de la production. Dans les terres argileuses sous irrigation, mais mal drainées, elle aboutit à la salinisation des sols et des nappes phréatiques et à l'engorgement, ce qui rend ces terres imp- ropres à la culture avec le temps.

C - Les cycles biogéochimiques

Les éléments chimiques incluant tous les éléments essentiels du protoplasme, tendent à circuler dans la biosphère, par des voies caractéristiques, du milieu à l'organisme vivant et retour au milieu de nouveau. Ces voies plus ou moins circulaires sont appelées cycles biogéochimiques. Ex : cycle de l'eau, cycle du carbone, cycle de l'azote, cycle du phosphore etc.

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Principes d'agriculture durable

Les cycles biogéochimiques sont responsables du bon fonctionnement des écosystèmes. Leurs altérations induisent des troubles dans ces derniers et pro- voquent leur dégradation.

D - L'environnement

L'environnement représente en un moment donné l'ensemble des agents phy- siques, chimiques et biologiques et des facteurs sociaux, culturels et écono- miques susceptibles d'avoir un effet direct ou indirect, immédiat ou à terme, sur les êtres vivants et les activités humaines.

L'environnement est donc un ensemble de milieux (humain, naturel et cultu- rel) qui agit sur l'individu à tous les instants de sa vie quotidienne et déter- mine en grande partie son comportement dans toutes les dimensions de l'être : sociale, intellectuelle, affective, spirituelle et culturelle.

Comparé au concept d'écosystème, le concept d'environnement ajoute l'Homme et toutes ses activités, considérées dans leurs relations, dynamiques et évolutives, avec les écosystèmes, naturels ou modifiés. Il permet ainsi d'appréhender la réalité dans sa globalité et, par là, dans sa complexité.

Par son essence même, l'environnement évoque un ensemble, considéré comme un système dynamique, économique, politique, sociologique, culturel, etc.

II - ÉVOLUTION DES CONCEPTS CONCERNANT LES RAPPORTS DE L'HOMME AVEC LA NATURE

1. À la suite des graves dégradations infligées aux ressources naturelles renouvelables, à cause de leur surexploitation, une prise de conscience de l'ampleur des impacts occasionnés par l'Homme sur le milieu naturel a conduit vers la fin du Xixe siècle au concept de protection intégrale de la nature. Ce concept a été adopté par les naturalistes qui voyaient dans son application une solution acceptable aux problèmes de dégradation et de des- truction des milieux naturels.

- 1 0 -

L'impact des activités humaines sur l'environnement

Ce concept a permis de sauver certains milieux naturels en danger, mais il n'était pas à lui seul suffisant pour protéger la dégradation accélérée des ressources naturelles renouvelables. En effet, ce concept s'oppose à toute forme d'intervention de quelque nature qu'elle soit, dans un milieu naturel, ce qui n'est pas logique, car les groupes humains ne peuvent s'em- pêcher d'exploiter les richesses de la nature pour subvenir à leurs besoins divers.

Cependant, ce concept de protection intégrale conserve toujours sa valeur dans les zones de protection absolue, à l'intérieur des parcs nationaux et des aires centrales des réserves de la biosphère, des réserves naturelles intégrales, des réserves écologiques, des biens culturels ou naturels du patrimoine mon- dial ou d'autres aires protégées.

2. Un autre concept a vu le jour, vers 1956, avec le passage de la protection intégrale au concept de conservation de la nature. Ce passage s'est traduit par la modification de l'appellation de l'Union Internationale de la Protection de la Nature (UIPN) qui siège à Gland, en Suisse qui est devenue l'Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN).

Le concept de conservation de la nature renferme, à côté d'un aspect statique de la stricte protection, un aspect dynamique de mise en valeur rationnelle qui doit permettre de tirer un meilleur parti des ressources natu- relles et de la biosphère. L'expression « conservation de la nature » ne fait que préciser l'objet du concept de conservation qui s'applique aussi bien aux milieux naturels qu'à ceux que l'Homme a modifiés pour la production agricole, pastorale, forestière et agroforestière ou pour l'édification de son habitat.

3. Cependant, le concept de conservation n'a pas été capable de répondre aux nouvelles préoccupations de l'Homme qui se sont manifestées dès le début de la décennie 1960 et qui étaient la conséquence directe des inter- actions négatives établies au fil des temps, entre les sociétés humaines et la biosphère. La détérioration de l'environnement humain par la pollution,

- 11 -

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