Une analyse economique des politiques de cluster, Slides de Économie. Alma Mater Studiorum – Università di Bologna
danydj87
danydj87

Une analyse economique des politiques de cluster, Slides de Économie. Alma Mater Studiorum – Università di Bologna

24 pages
1000+Numéro de visites
Description
Cluster
20 points
Points de téléchargement necessaire pour télécharger
ce document
Télécharger le document
Aperçu3 pages / 24
Ceci c'est un aperçu avant impression
3 pages affichées sur 24 total
Télécharger le document
Ceci c'est un aperçu avant impression
3 pages affichées sur 24 total
Télécharger le document
Ceci c'est un aperçu avant impression
3 pages affichées sur 24 total
Télécharger le document
Ceci c'est un aperçu avant impression
3 pages affichées sur 24 total
Télécharger le document
LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ Que peut-on en attendre ?

UNE ANALYSE ECONOMIQUE DES POLITIQUES DE

CLUSTER Gilles Duranton, Philippe Martin, Thierry Mayer et Florian

Mayneris Opuscule Cepremap: Que peut-on attendre des pôles de

compétitivité? Version anglaise à paraître chez Cambridge University Press

Objectifs • Clarifier les arguments économiques en faveur

des politiques de cluster • Quantifier certains des gains économiques

qu’on peut attendre des clusters • Analyser dans quelle mesure une intervention

publique est nécessaire

Que sont les pôles de compétitivité?

• Nouvelle politique industrielle • Un pôle de compétitivité est, sur un territoire

donné : • 1) l’association d’entreprises, de centres de

recherche et d’organismes de formation, • 2) stratégie commune de développement • 3) synergies autour de projets innovants

Une politique de cluster (la traduction officielle des pôles)

Dimension géographique: « Cette politique de zonage est essentielle car elle donne une identité géographique forte aux pôles et encourage les synergies de proximité propres aux clusters ».

Dimension sectorielle: spécialisation des pôles sur un secteur

Collaboration des acteurs sur les questions d’innovation : travaillant dans un même secteur et sur un même territoire

L’analyse économique des clusters: • D’où viennent les gains économiques des clusters

(regroupement d’entreprises d’un même secteur sur un même territoire)?

1. Un marché du travail local plus efficace

2. Liaisons input-output

3. Diffusion des innovations (spillovers technologiques)

De nombreuses études empiriques confirment l’existence des gains des clusters:

- Doubler le nombre d’emplois dans un secteur dans un territoire donné augmente de 5 à 8% la productivité des entreprises (Etats-Unis, Italie)

- Notre propre étude sur données de près de 30.000 firmes françaises (1996-2004) obtient des résultats similaires

Quels gains économiques peut-on attendre des clusters ?

• Hypothèse testée: la valeur ajoutée d’une entreprise dépend de son stock de capital, de sa force de travail … et:

- du nombre de travailleurs dans son secteur et son territoire (la zone d’emploi ou département) : effet cluster

Ce qui est mesuré: l’effet de cluster sur la productivité des entreprises

Il existe un gain à l’augmentation de la taille des clusters:

- Augmenter la taille d’un cluster (le nombre de travailleurs dans un secteur dans une zone d’emploi) de 10% génère un gain de 0,5 à 0,8% de productivité pour les entreprises du cluster

- NOTRE conclusion est qu’il s’agit de gains réels mais relativement modestes

Une intervention publique est elle nécessaire pour favoriser les clusters?

• Oui… si les entreprises ne prennent pas en compte les gains de productivité qu’elles peuvent obtenir en se localisant dans des clusters

• Il y aurait dans ce cas un échec de marché • Les entreprises françaises internalisent-elles

les gains des clusters? Comparons la géographie « optimale » et la géographie observée

Pic estimé de productivité gagné du fait des cluters: 1800 employés dans une zone d’emploi dans un

secteur

Pic de la distribution observée: 660 employés dans une zone d’emploi

dans un secteur

Il n’existe pas de gains très importants à attendre: des clusters naturels

existent déjà

• Passer du pic observé dans la réalité au cluster « optimal » ferait gagner 2,1% de productivité

• Les entreprises françaises internalisent déjà les gains des clusters (pas étonnant): délocaliser d’une zone d’emploi sans aucun travailleur du secteur au pic observé (le cluster le plus commun) fait gagner 25% de productivité

Que conclure à ce point?

• Les gains des clusters existent mais sont modestes • Les entreprises prennent déjà en compte en partie ces

gains • La géographie française gagnerait à être davantage

organisée en clusters • Le point de départ des politiques de clusters est

justifié et le tournant des pôles de compétitivité est bienvenu mais aucun « miracle » à attendre

Quelle intervention publique pour aider la croissance des clusters?

• Choix des pôles: une politique centralisée de subventions à l’innovation dans certains clusters labellisés

• Question traditionnelle en économie publique du choix du meilleur instrument

Quelle politique de cluster? • Un antécédent en France : les Systèmes Productifs Locaux (SPL)

comme première politique de cluster; la plus proche de celle des pôles

• Objectifs similaires: favoriser des démarches collaboratives entre des entreprises d’un même secteur localisées sur un même territoire

• Démarche centralisée de labellisation d’un grand nombre de projets très équitablement répartis entre les régions (1/4 des SPL labellisés pôles; Club des districts industriels français les fédère)

• Différences: Financements prévus pour les SPL assez réduits, la politique des pôles de compétitivité bénéficie d’un budget beaucoup plus important de 1,5 milliard d’euros sur trois ans

• SPL plus axés sur les PME que la politique des pôles

Ce que nous mesurons:

• A partir d’une base très riche de données de firmes (30.000 dont 417 font partie d’un SPL, 39 SPL représentés), nous comparons la productivité totale des facteurs (valeur ajoutée par travailleur en tenant compte du stock de capital) des firmes passées en SPL aux autres

• Estimation dite de différence en différence: compare la différence de résultats avant et après le traitement pour deux groupes d’entreprises : celles passées en SPL et les autres.

Comparaison simple: la productivité des entreprises en SPL est sur une tendance baissière par rapport aux autres et continue après le passage en SPL

Estimation de différence en différence: aucun effet sur la productivité du passage en SPL

Seul effet positif: sur les mono-établissements, très faible et passager

Que nous apprend l’étude des SPL? • Les entreprises entrées en SPL étaient dans des secteurs et des

départements plutôt en difficulté: stratégie défensive plutôt qu’offensive et objectifs traditionnels d’aménagement du territoire semblent prédominants

• Le passage en SPL n’a pas eu d’impact sur leur productivité (ni sur l’attractivité des territoires concernés): les clusters ne se décrètent pas!

• Seul effet positif (faible et passager): les mono-établissements, c’est-à-dire ceux pour lesquels les effets de cluster sont et les problèmes de compétitivité sont les plus importants

• Remarque: cette politique a peut-être peu d’effet mais est aussi peu coûteuse

Éléments de conclusion

• Il existe des bénéfices économiques aux clusters mais – Ils sont relativement modestes – Ils sont déjà en partie internalisés par les entreprises

• Quel rôle pour la politique publique? – Choix des pôles: une politique centralisée de

subventions à l’innovation dans certains clusters labellisés

• Nos critiques sur ce choix: 1) Manque de clarté sur les objectifs:

– L’échec de marché qui est en cause est-il un problème général d’insuffisance de l’innovation en France?

• Pourquoi cibler certaines entreprises sur certains territoires dans certains secteurs et créer des distorsions? Le crédit- impôt recherche paraît mieux à même de répondre à ce type de problème. Quid de la place des PME?

– Taille sous-optimale des clusters en France? • Le très grand nombre de pôles qui ont été labellisés risque

d’aggraver le problème d’une taille sous-optimale: l’objectif traditionnel d’aménagement du territoire semble avoir repris le dessus (cf. l’expérience des SPL) dans la mise en place des pôles. L’objectif est-il un objectif de compétitivité ou un objectif d’équité?

2) Critique des politiques industrielles centralisées s’applique ici

- Les choix de l’État sont-ils suffisamment informés et dépolitisés pour choisir les « bons » secteurs, les « bonnes » entreprises et les « bons » territoires?

Notre conclusion est qu’une trop forte attente est placée sur les pôles de compétitivité et que certains risques n’ont pas été bien mesurés. D’autres instruments dont l’objectif serait d’aider à la croissance des clusters n’ont pas été suffisamment utilisés en particulier la réduction des freins réglementaires à la mobilité des travailleurs et des entreprises.

Prochaines étapes: évaluation

• Estimer l’impact des pôles 1. sur la productivité des entreprises et l’attractivité

des territoires concernés (≈SPL) 2. sur l’innovation (brevets…) 3. sur la coopération entre les entreprises et les

établissements de recherche

Aucun commentaire n'a été pas fait
Ceci c'est un aperçu avant impression
3 pages affichées sur 24 total
Télécharger le document