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Capitolo V di Dei verbum, Guide, Progetti e Ricerche di Teologia

La rivelazione nel Nuovo Testamento

Tipologia: Guide, Progetti e Ricerche

2016/2017

Caricato il 13/05/2017

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Pontificia università Gregoriana
FACOLTÀ DI TEOLOGIA
Seminaire sur la revelation
______________________________________________________________
Jameson PIERRE
164164
TST121
Révélation divine, Tradition, Ecriture,
Magistère
Chapitre V : Le Nouveau Testament
Prof.: Rév. Père Matthieu Rouillé d'Orfeuil
Anno Accademico 2016/2017
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Pontificia università Gregoriana

FACOLTÀ DI TEOLOGIA

Seminaire sur la revelation


Jameson PIERRE

TST

Révélation divine, Tradition, Ecriture,

Magistère

Chapitre V : Le Nouveau Testament

Prof.: Rév. Père Matthieu Rouillé d'Orfeuil

Anno Accademico 2016/

La sainte Mère Église a tenu et tient fermement et, avec la plus grande constance, que ces quatre Évangiles, dont elle affirme sans hésiter l’historicité , transmettent fidèlement ce que Jésus , le Fils de Dieu, durant sa vie parmi les hommes, a réellement fait et enseigné pour leur salut éternel, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel (cf. Ac 1, 1- 2). En effet, ce que le Seigneur avait dit et fait, les Apôtres après son Ascension le transmirent à leurs auditeurs avec cette intelligence plus profonde des choses dont eux-mêmes, instruits par les événements glorieux du Christ et éclairés par la lumière de l’Esprit de vérité, jouissaient. Les auteurs sacrés composèrent donc les quatre Évangiles, choisissant certains des nombreux éléments transmis soit oralement soit déjà par écrit, rédigeant un résumé des autres, ou les expliquant en fonction de la situation des Églises , gardant enfin la forme d’une prédication, de manière à nous livrer toujours sur Jésus des choses vraies et sincères. Que ce soit, en effet, à partir de leur propre mémoire et de leurs souvenirs, ou à partir du témoignage de ceux qui « furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole», ils composèrent leurs écrits dans le but de nous faire éprouver la « vérité » des enseignements que nous avons reçus (cf. Lc 1, 2-4).

20. Les autres écrits du Nouveau Testament

Le canon du Nouveau Testament, outre les quatre Évangiles, comprend aussi des épîtres de saint Paul et d’autres écrits apostoliques , composés sous l’inspiration de l’Esprit Saint ; ces écrits, selon les sages dispositions de Dieu, confirment ce qui touche au Christ Notre Seigneur, présentent sa doctrine authentique avec des précisions toujours plus grandes, font connaître aux hommes l’œuvre divine du Christ avec sa puissance de salut, racontent les débuts de l’Église et son admirable expansion , et annoncent par avance sa glorieuse consommation. Le Seigneur Jésus en effet, comme il l’avait promis, est resté présent auprès de ses Apôtres (cf. Mt 28, 20) et il leur envoya l’Esprit consolateur qui devait les introduire dans la plénitude de la vérité (cf. Jn 16, 13).

INTRODUCTION

Nombreux sont les détracteurs tenant à affirmer le caractère non historique des évangiles. Certains arrivent à dire que le Nouveau testament, en particulier les évangiles ne sont que des récits mythiques, et Jésus, simple fiction. D’autres encore dans «leur explication des évangiles discréditent la foi humaine qui leur est due en détruisant la foi divine» 1. Face à ces multiples affirmations, plus d’un siècle avant Vatican II, l’Eglise ne cesse de publier des encycliques et d’autres textes afin de défendre, soit par des condamnations ou des éclaircissements, certaines critiques portant sur les évangiles. Dans ses différents textes, elle tient à affirmer le rapport existant entre les évangiles et l’histoire. Elle donne aussi des pistes de réflexion ayant rapport à l’historicité des évangiles, tel était le cas du décret Lamentabili 2 , publié le 3 juillet 1907. Enfin, le Pape Benoit XV parle de l’historicité des quatre évangiles dans l’encyclique Spiritus paraclitus, publié à l’occasion du quinzième bicentenaire de la mort de saint Jérôme 3.

Passant par Vatican I pour arriver au concile Vatican II, l’Eglise continue à expliciter l’historicité des évangiles. C’est sur les traces de plusieurs documents ecclésiaux, en particulier le document de l’Instruction Sancta Mater Ecclesia que le Concile Vatican II va examiner la Révélation dans le Nouveau Testament. Pour arriver à parler de la Révélation, le concile met en exergue les écrits néotestamentaires, en particulier les évangiles tout en tenant compte du problème de leur historicité. Il aborde ce chapitre en quatre paragraphes : le premier paragraphe affirme la suprématie du Nouveau Testament ; «les deux suivants donnent des enseignements sur l’origine

1

Z. Alszeghy, A. Anton, … sous la direction de René LATOURELLE,

Vatican II Bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), série 15,

Ed. Cerf, Paris, 1988, p.310. 2

Dans ce décret : lamentabili, le Pape Saint Pie X condamne les principales

erreurs du modernisme dont six se rapportent au problème de l’historicité

des évangiles. 3

Z. Alszeghy, A. Anton, … sous la direction de René LATOURELLE,

Vatican II Bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), p. 309.

Analyse des schémas préparatoires Le premier schéma intitulé De fontibus revelationis , élaboré par une commission théologique, constitue une phase emblématique de mode apologétique. Il n’est pas privé de polémique et de condamnation 5. Les auteurs de ce schéma voient dans le concile une occasion pour l’Église de réaffirmer une doctrine sûre et traditionnelle en mettant en exergue l’historicité des évangiles. De ce fait, le N o19 qui traite de l’historicité des évangiles, est considéré comme le point central de tout le chapitre. Dès la première session, un débat surgit sur le premier schéma ou les prépositions seront renvoyées à une commission renouvelée sur la demande du pape Jean XXIII. Dans le deuxième schéma, la commission dans le nouveau titre : de Divina revelatione, cherche à utiliser un langage moins violent face à ceux qui se déclarent chrétiens et en même temps qui doutent du fait historique des évangiles 6. Par rapport au premier schéma, il y a des changements qui ont été faits en ce qui concerne les deux sources de la Révélation et sur l’historicité des évangiles. Ainsi, « le nouveau schéma ne fait pas mention de la condamnation des erreurs sur la vérité historique des évangiles. Il la supprime en donnant une orientation à l’étude des évangiles en précisant la position de l’Eglise sur leur valeur historique. C’est pourquoi, il substitut l’expression credidit et credit du schéma I par Tenuit ac tenet 7. Toutefois, ce schéma n’a pas été discuté en réunion plénière, il a été envoyé à chacun des pères conciliaires pour une observation écrite. Cela n’empêche pas qu’il y ait des divergences et des propositions sur ce dernier et qui conduisent à l’élaboration d’un troisième schéma. Dans l’élaboration de ce dernier, la commission se sert du document de la commission biblique pontificale titré Instructio de historica Evangeliorum veritate commençant par ces mots : Sancta Mater Ecclesia 8. Ce document, traitant de l’histoire des évangiles, a joué un rôle important dans la rédaction définitive de Dei Verbum. Sous son emprise, ce qui était un simple avant-propos, dans le schéma II, devient

5

Cf. Pier Luigi Ferrari, La Dei Verbum, Ed. Queriniana, Brescia, 2005, p.

Cf. Xavier Léon-Dufour, Vatican II: la Révélation divine, p. 404. 7

Cf. Z. Alszeghy, A. Anton, … sous la direction de René LATOURELLE,

Vatican II Bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), p.312. 8

Cf. Ibidem, p. 312.

l’importance du premier chapitre Ipsa revelatione dans le troisième schéma. De plus, il y a un recul et une augmentation d’autres chapitres. Donc, «le chapitre quatre du schéma II, qui traitait de l’historicité des évangiles sous le titre De Novo Testament, devient le chapitre cinq du schéma III tout en conservant cependant le même titre» 9. Ensuite vient le quatrième schéma. A cause de la forte dépendance du texte de l’instruction Sancta Mater Ecclesia, certains pères manifestent un esprit défavorable au schéma III en demandant de retourner aux termes credidit et credit. Ce qui n’a pas été fait puisque l’historicité des évangiles n’est pas seulement une chose de foi. D’autres suggèrent l’introduction des termes histoire ou historique à la fin du numéro 19. C’est en ce sens qu’on parvient à insérer cette expression dans le texte : « vera et sincera de Iesu nobiscum communicarent»^10_._ Donc, de nouvelles versions ont été élaborées sans pour autant être en mesure de modifier l’orientation générale du texte. Enfin, le cinquième schéma a été préparé sur les différentes recommandations de la troisième session conciliaire. Il a trouvé un vote favorable quasi unanime auquel a succédé la publication de tout le document par le pape Paul VI le 18 novembre 1965.

I- Définition de quelques termes

a) Testament Le mot Testament est fondamental dans la Bible. Elle constitue la plus commune spécification de la Sainte Ecriture. Dans son étymologie grecque diathèkè , il signifie disposition en ce qui a trait à la disposition des livres testamentaires. Dans le langage biblique, il renvoie au mot hébraïque : b erît , désignant d’une part un pacte bilatéral entre deux parties (Gen 31,44-52) et d’autre part une promesse, un engagement unilatéral d’une personne envers une autre. En fait, Testamentum au-delà de son sens juridique : dernière volonté d’un mourant formulée dans un document et qui pourrait servir après sa mort (Gal 3,15.17), est aussi l’engagement à travers lequel Dieu s’engage

9

Cf. Z. Alszeghy, A. Anton, … sous la direction de René LATOURELLE,

Vatican II Bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), p.313. 10

Ibidem, p. 317.

Dieu et les hommes ; un rapport définitif et éternel qui complète celui de l’Ancien Testament.

c) La supériorité du Nouveau Testament Dans la Bible, le Nouveau Testament se comprend comme l’accomplissement de l’Ancien. Il se réalise dans l’abolition des péchés (Rom 11,27), dans l’habitation de Dieu au milieu des hommes (2 Cor 6,16) dans la transformation intérieure que l’Esprit- Saint apporte aux hommes (Rom 5,5) etc… En ce sens, le Nouveau est la complémentarité de l’Ancien. Il est celui qui vient pour accomplir la prophétie de l’Ancienne Alliance réalisant en la personne de Jésus. C’est ce que nous trouvons dans la lettre aux Hébreux 9,15 : «Voilà pourquoi il est médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, sa mort ayant eu lieu pour racheter la transgression de la première alliance, ceux qui sont appelés reçoivent l’héritage éternel promis». Donc, Cette supériorité du Nouveau Testament qu’affirme Dei Verbum sur l’Ancien a un fondement biblique. Elle se comprend dans la médiation même de Jésus qui s’offre lui- même en sacrifice : «de Jésus médiateur d'une alliance nouvelle, et d'un sang purificateur plus éloquent que celui d'Abel» ( He 12:24 ).

Qu’en est-il du texte final?

II- L’excellence du Nouveau Testament (DV 17) Juste avant d’entrer dans l’analyse de ce numéro, il est important de porter une différence entre Evangile et Evangiles.

a) Différence entre Evangile et Evangiles Tout d’abord, le mot Evangile vient du grec : evanggelion qui signifie Bonne Nouvelle. Ainsi, c’est un mot qu’on utilisait dans l’Antiquité pour annoncer une bonne nouvelle qui concerne l’empereur et ses activités

commençant par sa naissance^14. A ce moment, l’empereur était considéré comme un sauveur. Dans le monde chrétien ce mot a été utilisé pour la première fois par l’Apôtre Paul dans sa lettre aux Romains pour parler de la dynamique de la Parole de Dieu : une force créatrice qui possède toute sa puissance. Donc, dès l’origine, ni dans le monde païen, ni dans le monde chrétien, évangile ne désignait un livre, mais plutôt une annonce 15. C’est en 165 après Jésus-Christ que Justin va parler de l’évangile en tant que livre. Dès ce moment, on utilise ce mot pour identifier la mise par écrit de l’Evangile. D’où la différence entre l’Evangile et les évangiles. En fait, les évangiles sont le passage de l’oralité à l’écriture. Ils comprennent à la fois la prédication de Jésus et celle sur Jésus. C’est-à-dire, dans leur dimension missionnaire, les évangiles incluent les paroles que Jésus avait Lui-même prononcées y compris ses actes et celles prononcées sur Jésus par ses disciples. Donc, les évangiles ne sont pas des biographies de Jésus, mais l’annonce de l’Evangile, la mise par écrit de la Bonne nouvelle du Christ afin de susciter la foi. Bref, la vie de Jésus n’est pas un Bios mais le message du Salut pour celui qui croit.

b) Analyse du No^17 Relié au numéro trois parlant de la plénitude de la Révélation, le numéro 17 est «riche d’une théologie biblique et présente une grande valeur doctrinale» 16. Analysons-le en

deux étapes :

- La force de la Parole de Dieu Dans le but d’affirmer la prééminence du Nouveau Testament, le concile affirme à l’instar de l’Apôtre Paul : La Parole de Dieu est une force divine pour le salut de tout

14

Cf. Carlo Maria Martini et al., Il Messaggio della Salvezza, Nuovo

Testamento, Tome 4, Ed. Elledici-Leumann, 1968, p. 20. 15

Cf. Massimo Grilli, Vangeli sinottici e Atti degli apostoli, p.31. 16

Pier Luigi Ferrari, La Dei Verbum, p. 156.

rassemblement de l’Eglise^21. Autrement dit, les apôtres n’ont reçu qu’une tâche de proclamer le contenu du mystère ou l’Evangile afin de faire disciples pour le Christ. Ainsi, l’Eglise est présentée comme le signe visible du mystère, de l’économie du salut. Elle est le fruit de la prédication qu’a confiée le Christ à ses apôtres. Dans cette optique, le concile cherche à éviter à prendre parti pour ceux qui disent qu’il n’y a pas de distance entre l’Eglise et Jésus à l’encontre de ceux qui soutiennent un fossé entre Jésus et l’Eglise. Pour cela, il inclut tout dans l’œuvre du Christ. Car, tout ce qui est réalisé après l’ascension constitue la continuité d’une seule œuvre dont Jésus est la pierre angulaire.

III- L’origine apostolique des évangiles (DV 18) La première partie du numéro 18 se trouve dans la lignée du schéma préparatoire. Il «donne au lecteur attentif l’impression d’une redondance» 22. Ainsi, le

concile nous présente cette partie dans un style simple en respectant ce que l’Eglise a déjà enseigné. Pour le concile, les Evangiles sont le cœur du Nouveau Testament et ils sont d’origine apostolique. Car, ils constituent le principal témoignage sur le mystère du Christ. Dans la deuxième partie, le concile tient à démontrer les valeurs authentiques et antiques des Evangiles. Il ne veut pas d’abord donner un enseignement de foi aux évangiles, mais plutôt il leur donne tout leur sens historique. Il tient aussi à mentionner l’origine apostolique des quatre évangiles afin d’affirmer leur canonicité. Parler de l’origine apostolique, ce mot ne veut pas signifier que les évangiles ont été écrits par les apôtres ; mais ce qui est sûr c’est que leur mise par écrit provient de la prédication apostolique. Ensuite en suivant le premier schéma préparatoire, il fait un retour dans la tradition pour parler de «l’Evangile quadriforme» 23 , selon saint Irénée. Par cette formule, le concile tient compte de la différence qui existe entre l’Evangile et les évangiles. Pour les pères conciliaires, «ce qui est premier ce ne sont pas les évangiles 21

Cf. Pier Luigi Ferrari, La Dei Verbum, p.157. 22

Xavier Léon-Dufour, Vatican II: la Révélation divin, p. 408. 23

Irénée, Adv.Haer., III, 11, 8: EP 215.

écrits, mais l’Evangile en tant que Verbe de Dieu avant les évangiles en tant que prédication apostolique»^24. Donc, le concile montre comment que l’Evangile est unique, car il a une seule origine qu’est le Christ, mais il s’exprime sous une forme quadruple sous l’action de l’Esprit-Saint. Il s’est transmis comme fondement de la foi.

IV- Leur caractère historique (DV 19)

a) Différence entre Histoire et historicité En considérant la parole moderne historicité, dans son sens latin (historicitas) , dérivée de l’adjectif historicus : elle signifie la qualité d’un fait qui a eu lieu dans le passé et non un fait mythique. Tandis que, le mot histoire signifie enquête. Elle est la connaissance du passé. Elle contient un ensemble d’évènements qui se succèdent et s’enchaînent dans le temps et que les historiens racontent dans le but de faire la mémoire^25. Donc, l’histoire est un récit des faits réels qui s’oppose à des faits imaginaires. Toutefois, elle reste une synthèse faite en vue de répondre au besoin de la communauté. Ainsi, la différence existant entre histoire et historicité, c’est que la première requiert, dès la narration, la pensée de transmettre un fait qui s’est produit dans le temps, tandis que la deuxième consiste dans la reconnaissance de l’existence de ce fait dans le passé de l’humanité.

b) Analyse du texte Dans l’élaboration de ce texte, le concile tient compte du genre littéraire unique des évangiles: le témoignage du kérygme chrétien qui s’est transmis par écrit sous la forme d’une prédication. Dans ce cas, elle ne répond pas aux normes de «l’historiographie moderne»^26. C’est pourquoi le concile évite le mot histoire pour céder place au mot historicité. Par ce mot, il cherche à affirmer avec fermeté l’historicité des 24

Xavier Léon-Dufour, Vatican II: la Révélation divin, p. 410.

25

Cf. Antonio M. Javierre, In La costituzione dogmatica sulla divina

rivelazione : Esposizione e commento, p. 392. 26

D. Mongillo et Manna, o.p. Constituzione dogmatica Dei Verbum, Ed.

Domenicane italiane, Napoli, 19687, p. 160.

l’identification publique et aussi l’autorité que possède l’Eglise pour affirmer l’inspiration d’un livre et son appartenance à la Sainte Ecriture»^29. Le concile tient à énumérer trois dimensions dans les autres écrits du Nouveau Testament : une dimension christologique, une dimension prophétique et une dimension historique. Ils sont christologiques puisqu’ils contiennent la confirmation de la personne et du mystère du Christ. Ils sont le développement des évangiles dans lesquels nous trouvons l’annonce explicite du Règne de Dieu. Par son caractère prophétique ou eschatologique, ils mettent en exergue, en particulier dans le livre apocalyptique, l’annonce de la consommation glorieuse (Ap 20,2)^30. Et ils sont historiques, puisqu’ils

marquent le début même de l’Eglise. C’est dans cette perspective que le concile a changé le mot Institutio en Début afin de parler de la fondation de l’Eglise et de son expansion dans le monde occasionnée par l’annonce de la Bonne Nouvelle.

29

Antonio M. Javierre, In La costituzione dogmatica sulla divina

rivelazione : Esposizione e commento, p. 405. 30

Cf. Xavier Léon-Dufour, Vatican II: la Révélation divine, p 431.

CONCLUSION

En définitive, dans ce chapitre, le concile présente tout le contenu du Nouveau Testament. Il est l’alliance nouvelle et la plénitude de la Révélation. Ainsi, la Révélation est christocentrique. Elle est le temps du Verbe fait chair, celui qui est venu pour montrer le vrai visage de Dieu et de lui-même. C’est pourquoi, dès le premier paragraphe, les pères conciliaires mentionnent le fondement même du Nouveau Testament. Son fondement n’est que le titre de ce document : La Parole de Dieu. Une parole humanisée qui possède toute sa puissance d’action et qui vise le salut du genre humain. Au-delà de cette préférence, ils poursuivent pour faire une différence à l’intérieur même de cette portion d’écriture en mettant les évangiles au-dessus de tout. Pour eux, les évangiles constituent des récits de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ qui a été prêchée dès la Pentecôte. Pendant un temps, elle a été transmise oralement par les apôtres avant d'être mise par écrit. Il n'y a en fait qu'un Evangile. Mais quatre auteurs sacrés différents en ont rendu compte, chacun à sa façon, en pensant sans doute à des lecteurs différents, mais toujours avec le même souci : faire connaître Jésus, le Christ au monde et appeler les hommes à la foi en lui. D’où le problème de son historicité. Face à ce problème, le concile réaffirme, sur les traces des textes précédents, le caractère historique des évangiles. Car, ils constituent une transmission des choses qui ont été faites réellement dans le temps. Cependant, cette transmission ne veut pas dire une narration exacte du fait, mais plutôt une narration de la vérité en ce qui concerne le salut du monde. En dernier lieu, pour parler des autres écrits, le concile les présente comme le déroulement, le développement de la doctrine du Christ dans l’Eglise. Ainsi, l’Eglise est le lieu de la pérennité de l’Evangile. Car, sa mission c’est de rendre continuellement plus explicite la Révélation définitive réalisée en Jésus.

 - 1 CHAPITRE V : - 2 Nouveau Testament - 4 INTRODUCTION - 5 Analyse des schémas préparatoires - 6 Définition de quelques termes - 7 Testament - 9 Nouveau Testament - 11 La supériorité du Nouveau Testament - 12 L’excellence du Nouveau Testament (DV 17) - 13 Différence entre Evangile et Evangiles - 14 Analyse du No - 15 La force de la Parole de Dieu 
  • 16 Auto-communication et Plénitude de la Révélation - 17 L’origine apostolique des évangiles (DV 18) - 18 Leur caractère historique (DV 19) - 19 Différence entre Histoire et historicité - 20 Analyse du texte
    • 21 Les autres écrits du Nouveau Testament (DV 20) - 23 CONCLUSION - 24 BIBLIOGRAPHIE