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civiltà letteraria francese, Appunti di Letteratura Francese

appunti discorsivi civiltà letteraria francese, anno accademico 2022/2022

Tipologia: Appunti

2021/2022

Caricato il 17/05/2023

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CIVILISATION LITTÉRAIRE FRANÇAISE
Qu’est-ce que «voyager» signifie?
Voyager signifie partir mais pas toujours s’éloigner; on voyage pour fuir, pour explorer le monde,
pour chercher l’exotisme. Victor Hugo, par exemple, est naît à Besançon dans la Franche-Conté
mais il est parti à Paris où il a passé la plupart de sa vie toujours dans des beaux quartiers. Parmi ses
plusieurs voyages, il est parti pour les Alpes qu’ils sont voisins à la Franche-Conté mais pour lui
c’étaient lointains: pour Hugo il s’agissait d’un voyage exotique. Jusqu’à la moitié du XIX siècle la
montagne était une terre exotique pour la plupart des français. Voyager signifie aussi développer son
esprit critique car on compare des cultures différentes, rompre la quotidienneté et il peut impliquer
l’aventure. Le voyage va a influencer bien évidemment la littérature: il peut être un voyage
physique ou un voyage imaginaire où c’est l’esprit qui voyage (Candide avec Eldorado). Le premier
voyageur de la culture occidentale est Ulysse et l’Odyssée est le premier texte littéraire où on
aborde le thème du voyage: il s’agit d’une œuvre fondamentale car elle influencera tous les œuvres
futures concernant le voyage. On peut considérer Candide comme un nouveau Ulysse: tous les deux
sont intéressés à découvrir, à explorer le monde même s’ils veulent retourner chez soi (la femme
aimée). Le topos du voyage aliment toute l’histoire de la littérature et les textes littéraire qu’en
parlent prennent des formes différentes:
chroniques, mémoires du voyage où réalité et imagination se mêlent (Rome, Naples et
Florence de Stendhal);
fictions, roman où le récit est construit à partir d’un voyage inventé présenté comme réel
(Candide de Voltaire);
voyages imaginaires qui peuvent être dans des terres imaginaires (Pantagruel de Rabelais)
ou dans le futur, uchronies (Paris au XX siècle de Verne); ici l’auteur ne se déplace pas, c’est
un voyageur immobile (Le voyageur immobile de Giono).
(Voyage, Tour et Loisir)
Au Moyen Age les motivations pour voyager étaient essentiellement religieuses (pèlerinages),
militaires (croisades), économiques (marchands, commerce) et culturelles (pour l’élite, pour les
savants, les clercs): raisons qui ont permis de connaître un nouveau monde. Les voyages militaires
et économiques ont des connotations matérielles, alors que le voyage religieux a des connotations
spirituelle; quand on commence à créer les universités, les savants, les clercs sont invités (Alcuin a
été invité par Charlemagne à enseigner la langue latine). Par contre, pendant la Renaissance, les
Guerres d’Italie ont permis à la France de connaître une nouvelle culture (art ,musique, littérature)
car les armées devaient se déplacer.
La littérature du Moyen Age parle beaucoup de voyage: Chrétien de Troyes, le premier grand
auteur français, traite ce thème dans tous ses romans, surtout un voyage symbolique. Il s’est inspiré
de la matière de Bretagne qui parle du voyage comme une expérience initiatique, une évolution
personnelle, une formation, un passage de la jeunesse à l’âge adulte; chaque étape du voyage a des
fortes connotations symboliques. Dans ses romans, les voyageurs sont les chevaliers (les femmes ne
pouvaient pas voyager), poussés par des raison différentes (l’amour spécialement): pendant ce
voyage, le chevalier évolue moralement et spirituellement devenant un Homme.
(Chrétien de Troyes, Le chevalier à la charrette – extrait « Le Pont de l’épée »)
Le Grand Tour
On peut dire que le vrai long voyage, pour des raisons qui ne sont plus militaires, commerciales ou
politiques, mais pour la culture et pour le désir de voyager, commence avec le Grand Tour. Pendant
la Renaissance, on commence à comprendre des voyages d’explorations: Marco Polo, par exemple,
a entrepris des voyages pour des raisons commerciales mais aussi pour explorer. La Méditerranée
est découverte et les théories scientifiques sont mises en discussion, comme cella de la Terre (plate
ou tonde). On explore la mer et les océans, on découvre des continents nouveaux (Australie): la
renaissance c’est l’époque de l’exploration, de la découverte; le voyage est toujours par mer. Au
XVII siècle, on commence à être intéressé à visiter, à connaître l’Europe: les destinations de celui
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CIVILISATION LITTÉRAIRE FRANÇAISE

Qu’est-ce que «voyager» signifie? Voyager signifie partir mais pas toujours s’éloigner; on voyage pour fuir, pour explorer le monde, pour chercher l’exotisme. Victor Hugo, par exemple, est naît à Besançon dans la Franche-Conté mais il est parti à Paris où il a passé la plupart de sa vie toujours dans des beaux quartiers. Parmi ses plusieurs voyages, il est parti pour les Alpes qu’ils sont voisins à la Franche-Conté mais pour lui c’étaient lointains: pour Hugo il s’agissait d’un voyage exotique. Jusqu’à la moitié du XIX siècle la montagne était une terre exotique pour la plupart des français. Voyager signifie aussi développer son esprit critique car on compare des cultures différentes, rompre la quotidienneté et il peut impliquer l’aventure. Le voyage va a influencer bien évidemment la littérature: il peut être un voyage physique ou un voyage imaginaire où c’est l’esprit qui voyage ( Candide avec Eldorado). Le premier voyageur de la culture occidentale est Ulysse et l’Odyssée est le premier texte littéraire où on aborde le thème du voyage: il s’agit d’une œuvre fondamentale car elle influencera tous les œuvres futures concernant le voyage. On peut considérer Candide comme un nouveau Ulysse: tous les deux sont intéressés à découvrir, à explorer le monde même s’ils veulent retourner chez soi (la femme aimée). Le topos du voyage aliment toute l’histoire de la littérature et les textes littéraire qu’en parlent prennent des formes différentes:

  • chroniques, mémoires du voyage où réalité et imagination se mêlent ( Rome, Naples et Florence de Stendhal);
  • fictions, roman où le récit est construit à partir d’un voyage inventé présenté comme réel ( Candide de Voltaire);
  • voyages imaginaires qui peuvent être dans des terres imaginaires ( Pantagruel de Rabelais) ou dans le futur, uchronies ( Paris au XX siècle de Verne); ici l’auteur ne se déplace pas, c’est un voyageur immobile ( Le voyageur immobile de Giono). (Voyage, Tour et Loisir) Au Moyen Age les motivations pour voyager étaient essentiellement religieuses (pèlerinages), militaires (croisades), économiques (marchands, commerce) et culturelles (pour l’élite, pour les savants, les clercs): raisons qui ont permis de connaître un nouveau monde. Les voyages militaires et économiques ont des connotations matérielles, alors que le voyage religieux a des connotations spirituelle; quand on commence à créer les universités, les savants, les clercs sont invités (Alcuin a été invité par Charlemagne à enseigner la langue latine). Par contre, pendant la Renaissance, les Guerres d’Italie ont permis à la France de connaître une nouvelle culture (art ,musique, littérature) car les armées devaient se déplacer. La littérature du Moyen Age parle beaucoup de voyage: Chrétien de Troyes, le premier grand auteur français, traite ce thème dans tous ses romans, surtout un voyage symbolique. Il s’est inspiré de la matière de Bretagne qui parle du voyage comme une expérience initiatique, une évolution personnelle, une formation, un passage de la jeunesse à l’âge adulte; chaque étape du voyage a des fortes connotations symboliques. Dans ses romans, les voyageurs sont les chevaliers (les femmes ne pouvaient pas voyager), poussés par des raison différentes (l’amour spécialement): pendant ce voyage, le chevalier évolue moralement et spirituellement devenant un Homme. (Chrétien de Troyes, Le chevalier à la charrette – extrait « Le Pont de l’épée ») Le Grand Tour On peut dire que le vrai long voyage, pour des raisons qui ne sont plus militaires, commerciales ou politiques, mais pour la culture et pour le désir de voyager, commence avec le Grand Tour. Pendant la Renaissance, on commence à comprendre des voyages d’explorations: Marco Polo, par exemple, a entrepris des voyages pour des raisons commerciales mais aussi pour explorer. La Méditerranée est découverte et les théories scientifiques sont mises en discussion, comme cella de la Terre (plate ou tonde). On explore la mer et les océans, on découvre des continents nouveaux (Australie): la renaissance c’est l’époque de l’exploration, de la découverte; le voyage est toujours par mer. Au XVII siècle, on commence à être intéressé à visiter, à connaître l’Europe: les destinations de celui

qu’est appelle le grand Tour sont l’Italie (Rome, Florence, Naples, Sicile), la Grèce et le sur de la France aussi. «Grand» parce que c’étaient des voyages très longues mais aussi à cause de la destination, qui était prestigieuse et où le paysage présentait des traits particuliers (richesse culturelle); «Tour» parce qu’on faisait plusieurs étapes et âpres quelques semaines on rentrait chez soi. Cette idée de Grand Tour se cristallise âpres la seconde moitié du XVII siècle: John Locke, philosophe anglais, est un des privilèges qui part pour le Grand Tour, c’est un des premiers à le faire; ce sont les anglais qui inaugure l’habitude du Grand Tour. Ceux qui avaient la possibilité d’étudier (art, architecture, etc.), ne connaissaient pas leur sujet d’étude mais au XVIII siècle, avec l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, on a la possibilité de voir les images. Le Grand Tour permettait aux privilèges de connaître, de voir le patrimoine culturel: c’était une occasion de formation. Les jeunes qui pouvaient partir n’étaient pas seuls mais toujours accompagnés par un serviteur. Ensuite, la pratique du Grand Tour passe au français. Les destinations que intéressent davantage sont celles qui portent des traces de l’Antiquité ou de la Renaissance mais avec l’époque préromantique on commence à découvrir la fascination du Moyen Age: on explore la France et l’Italie pour visiter des endroits où il y avait des témoignages des châteaux, des église (l’art gothique). Turin était une étape du Grand Tour mais c’était une ville oubliée. Au XIX siècle, on découvre et on explore l’Orient et l’Afrique (Chateaubriand). A chaque étape, on cherchait des guides, gens locales qui étaient disponibles à faire visiter des lieux de la ville; les destinations du voyage étaient mémorisées individuellement donc on recrutait des artistes locaux pour faire les dessins de ce que le voyageur voulait pour créer des souvenirs (cette habitude reste même au XVII siècle). Toutes ces expériences, qui vont s’accumuler, stimulaient la littérature parce que les voyageurs écrivaient beaucoup, comme des lettres privées ou publiques (une sorte de journalisme): Millin, par exemple, a accompli un Grand Tour en Italie et au midi de la France et il écrivait des lettres personnelles mais aussi il était correspondant de revues (il est le fondateur de la revue Magasin Encyclopédie ). Grace à la publication de ces lettres/articles dans les revues, le témoignage du voyage pouvait circuler; certains intellectuels écrivaient des livres, des mémoires du voyage, des journaux intime, des journaux de bord. Toute cette publication concernant les voyages va stimuler une littérature de fiction ( Candide de Voltaire) en donnant des informations et des impressions sur cette pays inconnus. Jusqu’à la moitié du XIX siècle, le Grand Tour est une expérience que stimule la création littéraire mais ça va terminer vers la moitié du XIV siècle quand les pratiques du voyage changent (‘40 en France on a les premiers chemins de fer qui ont démocratisé le voyage) et l’âge pré-touristique commence. La culture scientifique a donné de plus en plus de l’importance à l’hygiène et à développer des médicaments pour guérir les maladies (les eaux thermales pouvaient être efficaces et c’étaient une raison de voyager). On commence à organiser aussi l’idée du temps car il y a l’affirmation de la société bourgeoise et industrielle et l’installation des bureaux: dans la seconde moitié du siècle, on commence à lutter pour les horaires de travail et pour les congés, donc à organiser mieux la semaine de travail et le calandrer de l’année et à partager le temps pour le travail et le temps pour le loisir. A partir du Seconde Empire, on parle de la société du loisir et la littérature se nourrit de ces expériences et des nouvelles découvertes géographiques: ces lieux devient le scenario du roman. Un nouveau type de voyageur L’époque de transition du XVIII siècle au XIX siècle nous fait rencontrer des écrivains du voyage avec un profil très divers: le Grand Tour persiste mais on commence à avoir des intérêts différents. A l’époque au tournant du siècle, on assiste au développement de l’idée du voyage comme recherche des connaissance profondes: on veut examiner, analyser les destinations à profondeur. On veut connaître la société de pays que l’on visite, on veut se mêler avec elle pour connaître les traditions, les habitudes, les styles de vie dans toutes ses formes; on veut même, quand il est possible, entrer dans les maisons pour découvrir la vie ordinaire. Tout cela n’intéressait pas à l’époque du grand Tour. On a un grand intérêt pour le monde scientifique surtout avec l’avènement de l’Illuminisme: aux philosophe se substituent les Idéologue, des penseurs qui vivent à l’époque du passage et qui portent sur leurs épaules les approches de philosophes mais ajoutent des intérêts

une idée intéressante dans le roman Mémoires d’un touriste : il dit que «ce que j’aime du voyage c’est l’entonnement du retour», c’est à dire que un autre bonheur c’est de retourner chez soi parce qu’il retourne à sa maison plus riche spirituellement, il est plus instruit, plus cultivé, il a peut être éliminé des stéréotypes; le retour c’est le moment où le voyage a ses effets, où ce qu’on a vécu et expérimenté va devenir l’objet de souvenirs, de raisonnements. Rome, Naples et Florence c’est le texte du retour car il l’a écrit une fois retourné chez soi mais pendant le voyage il avait l’habitude de prendre des notes. Il s’agit d’un texte très particulier parce qu’il donne l’apparence d’un journal de bord car on a l’indication de dates et la division en notes, pas en chapitres: il a monté ce journal du voyage à postérieur. C’est une œuvre hybride car il semble un journal de bord mais il ne l’est pas ou il semble des mémoires mais il a ajouté quelques choses en plus. Dans ce roman, Stendhal ne veut pas donner le compte rendu d’un voyage mais il veut donner un témoignage de l’Italie après Napoléon: il y a plein de descriptions politiques, historiques et sociales. Quand l’écrivain voyage pour le pays, c’est le moment de la Restauration: il souligne que certains parties de l’Italie sont encore arriérés et qui auront besoin de reformes; il critique le pays mais il le confronte avec la France; dans une partie il donne la parole à ses sensations, surtout celles de merveille à propos de l’art. Il se sent libre de parler de tous qu’il veut: chaque ville est décrite de manière différente. Le titre du roman est trompeur: il a eu des indications précises par son éditeur qui lui a suggéré ce titre parce que les noms de ces trois villes (villes mites) immédiatement évoque quelque chose dans l’imaginaire du lecteur (ces trois villes représentaient l’Italie), donc le choix de ce titre était une stratégie éditoriale. (Stendhal – Rome, Naples et Florence) Une destination nouvelle: la montagne Les voyages dont on a parlé jusqu’ici avaient des destinations connues et urbaines (les villes). Jusqu’au XVIII siècle, il était très rare de trouver des voyageurs qui considéraient la montagne comme une destination; les chaînes les plus importants pour la France sont les Alpes et les Pyrénées car elles unissent le pays avec l’Italie et la Espagne. A l’époque la montagne était un endroit difficile à se rendre et elle était considérée simplement comme un lieu de passage, pas une destination pour elle-même. La montagne entre en littérature très tard, à la fin du XVIII siècle quand elle devient une destination: avant on n’avait pas des connaissance sur ce lieu car elle n’avait pas attirée des savants et cette absence d’intérêt portait à des préjuges (la montagne faisait peur); les Alpes étaient peu habitées et donc on les considérait comme un lieu de sauvages (préjugés dus à l’absence de connaissance). Au cours du siècle la situation change un peu parce qu’on commence à assister au développement des études d’ordre géographique, géologique, qui concernent les animaux, les plantes: cela est possible grâce aux savants qui commence à s’intéresser à les recherches du terrain. Horace-Bénédict de Saussure, par exemple, était un homme de sciences, spécialiste en science naturelle, originaire de Genève, qui a décidé d’explorer les Alpes, de monter sur le Mont Blanc: il se fait aider par des guides, gens qui habitaient en montagne. En 1787 il a publié le compte rendu de cette expérience, Voyage dans les Alpes; à partir de ce texte, d’autres vont l’imiter, surtout les anglais. Avant lui, des savants et des hommes de lettre de la Suisse avaient écrit des textes en langue française ou allemande sur leur région: littérature et patrimoine locale. La connaissance des Alpes stimulent la curiosité et fait tomber les préjugés: on devient curieux. L'exploitation des Pyrénées arrive à la Belle Époque: George Sand (Aurore), épouse de Jules Sandeau, est parti avec son marie pour les Pyrénées pour un voyage de santé et pour elle c'est l’occasionne de découvrir la montagne. Cette expérience va influencer la production littéraire. Les Pyrénées, dans la partie du nord, sont la partie des Basques: langue mystérieuse, non indo- européenne, culture unique. La connaissance scientifique qui se répand fait grandir l’intérêt et cela favorise aussi l’inspiration littéraire: les auteurs commencent à choisir la montagne comme décor pour les romans. Vers la fin du siècle, il y a l’épée d’une recherche d’exotisme de proximité: les Alpes deviennent un lieu exotique par apport au lieu urbain connu. Les montagnes deviennent une étape, un lieu attractif.

L’auteur de la littérature française qui voyage et habite dans les Alpes est Jean-Jacques Rousseau , le premier à choisir la montagne comme contexte pour son roman et qui a eu l'occasion de vivre à Chambéry, entre la Suisse et la France et aussi à Turin, où il a travaillé comme précepteur. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, de type philosophique ou littéraire, et avec lui les Alpes deviennent une destination pour un voyage d'expérience profonds et méditative: il a écrit Rêveries d'un promeneur solitaire. Il donne à la montagne une dimension mythique: terre de liberté, paysages bucoliques, milieu pastoral et agricole, endroits pittoresques, verticalité, immensité, glaciers. C'est une nouvelle vision des Alpes car à travers Rousseau, il permet en littérature une vision de la montagne comme contexte littéraire (vision idéalisée: tous qui est négatif, il va l'associer à la ville). La théorie du bon sauvage: avant l'institution de la vie en forme de société organisée, l'homme était pur, il précédait le combat entre le bien et le mal. Rousseau gardait les habitants de la montagne comme une continuation de cette condition idéale: il a rencontré des petites communautés humaines qu'il a appelé les bons Montagnos, les habitants des vallées au porte de Genève. Cette condition était pour lui le paradigme de l'utopie, d'une communauté où il y a l'harmonie entre l'homme et la nature. C'est l'idéal de la société parfaite: une société qui ne connaît pas le luxe, le plaisir. Il va idéaliser les héros paysans, travailleurs, simples, honnêtes. C'est un discours que va relier la philosophie de l’auteur avec son point de vue sur la montagne. Pour Rousseau, la montagne représente un monde exotique, vierge, merveilleux, comme des territoires qui appartient à un autre monde: cette exotisme de proximité pour la montagne se développe beaucoup chez lui et chez, par exemple, les anglais, pour lesquels était une destination très éloignée. On y trouve des paysages, des couleurs, des manifestation inhabituelles. Le voyage dans ce contexte, dont on est pas habitué, permet l'évasion, le dépaysement et permet aussi de prouvés des émotions fortes grâce au paysage (lieu où toutes les forces de la nature sont là): ces lieus, où tous est amplifié, soulignent la grandeur de la nature et la petitesse de l'homme. Il y a tout le symbolisme verticale: la montagne comme lieu qui a les racines dans la terre (la matière) mais qui arrive jusqu'au ciel (l'esprit); c'est l'occasion de connaître le vrai bonheur qui dérive d'une élévation spirituelle, morale. La Nouvelle Héloïse est situé dans les Alpes et ce roman a eu un très grand succès en effet, grâce à cette ouvrage, pendant la période romantique, il y a le premier phénomène de tourisme littéraire: tous les lecteurs, surtout les anglais, veulent voir le lieu où se situe l'histoire. Et puis c'est effet domino. L'idée du sublime, philosophie esthétique qui s'interroge sur l'idée du beau, stimule les auteurs romantiques et préromantiques, continue à susciter l'intérêt pour la montagne. John Dennis va donner des formules pour définir le sublime: "delightful horror, terrible joy" c'est un oxymore; le sublime comporte des émotions opposées, contraires et donc cela se lie avec la grandeur de la nature et la petitesse de l'homme. On raisonne sur l'horrible beauté de la montagne: elle est belle, charmante, magnifique mais elle fait peur pour les dimensions, les forces, le climat. Cette idée philosophique du sublime va alimenter l'esthétique à la base de la poésie romantique et préromantique. (Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Heloise - extraits) (Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions – extraits) Victor Hugo Il a vécu une très longue vie, il a traversé tout le siècle: il est un des protagonistes sur la scène de la littérature française du XIX siècle et le théoricien du Romantisme. On le connaît moins pour son activité de journaliste, de correspondant, mais plus pour sa production littéraire et théâtrale. En 1831, il publie, dans la revue Deux Mondes, Voyage dans les Alpes. Il a beaucoup voyagé: la mer est beaucoup plus présente de la montagne mais cette dernière a un rôle très important. Il est nait à Besançon mais il a passé la plupart de sa vie à Paris; il a été exilé car il a eu des problèmes avec Napoléon; il a séjourné même dans les Alpes. Hugo est un auteur chrétien donc l’élément religieux est fortement présent dans la lecture du paysage: son regard est enchanté et le charme qu’il éprouve dans les montagne (les Alpes suisses) est exprimé a travers le style solennel (sa prose est toujours poétique, lyrique, puissante). Il utilise des images qui reprennent celles de Jean-Jacques Rousseau et qui renvoient à cette sensation d’horrible beauté: il parle d’un sol indomptable, donc l’homme ne

La littérature est un témoignage, une forme de mémoire, un raisonnement, une réflexion critique de ce qu’il passe. Alphonse Daudet , défini comme un auteur local, a beaucoup parlé dans ses œuvres de la Provence de la France et donc on l’a accusé de régionalisme. Il a créé un héros, Tartarin de Tarascon, qui est le stéréotype de l’homme du sud de la France et qui s’adresse beaucoup à une lecture pour jeunes mais il a été redécouvert par des études universitaires: il est un auteur très réaliste. Il savait saisir les manies, les limites, les faiblesses de son époque et dans ses romans il en parle, il en donne un témoignage mais aussi il les présente de manière très ironique. Dans les roman Tartarin dans les Alpes (1885), il porte son héro à la montagne: le protagoniste se passionne de la montagne et il devient un membre d’un club alpin de Provence; pour un défi, il décide qu’il doit faire des excursions non plus dans les Alpilles mais dans les Alpes suisses. Quand il arrive à destination, il est très déçu car il trouve une montagne beaucoup anthropisé (il va dans un hôtel digne d’un hôtel d’une grande ville) où il y a une société des touristes qui ne veut pas vivre cette destination mais qui continue avec ses habitudes urbaines (il n’y a aucun d’intérêts vers ce qui est local). Il s’agit d’une des premières ouvrages qui parle de ce nouveau type de voyage, de cette société mondialisé, de ces non-lieux (anonymes): le grand hôtel décrit par Daudet, à la fin du XIX siècle, est déjà un non-lieu car on pouvait le trouver partout. Pour l’époque, ce que Daudet cherche faire passer est très intéressant, c’est-à-dire cette idée du voyage comme phénomène de masse où les personnes manquent de curiosité. Il dénonce la Disneylandisation: les destinations du voyage deviennent des parcs d’attraction, des lieux que sont en définitive les mêmes partout et qui ont comme but distraire le public (dépersonnalisation des destinations); il s’agit des lieux artificiels où on va rester oiseux. (Alphonse Daudet Tartarin Alpes - extraits) Paul Morand est un grand témoin de ce changement de mentalité: écrivain qui a laissé une œuvre littéraire énorme et qui a vécu une longue vie, en traversant les moments plus importants du XIX et XX siècle; sa carrière littéraire dure 60 ans et son écriture change avec le temps car il vit des périodes historiques différentes. Sur certains textes il va revenir plusieurs fois, comme pour le roman Le Voyage : cette expérience va durer toute sa vie, soit pour questions de travail soit pour un plaisir propre (homme super cultivé). Il avait des rapports d’amitié, de discours littéraire aussi, avec les plus importants figures de savants du siècle, comme Proust ou Coquet; il a travaillé comme diplômât à Londres, à Roumanie et autres. Il s’est même déplacé de continent, donc le voyage, partagé en trois parties (préparation, départ et retour chez soi), est une expérience suprême pour lui. Il est grandi pendant la Belle Époque, passage entre le XIX et le XX siècle: empire coloniale en Angleterre grâce à la reine Vittoria, il est à Londres quand la Seconde Guerre Mondiale éclate; les années ‘40 sont sombres, avec certains personnalités littéraires il cherche un peu d’équilibre entre les valeurs de la patrie et ce que le régime imposait. En 1943 il se rapproche au gouverne de Vichy et il peut partir pour la Roumanie; avant l’arrivée de russes, il quitte la capitale et va se réfugier en Suisse où il est réussi à se faire nommer ambassadeur à Berne. L’époque suisse marque une phase triste de sa vie car, même si d’un cote il a trouvé un refuge où il peut écrire et faire profiter ses expériences, de l’autre côté il est isolé du reste du monde, de la société littéraire qu’il a toujours fréquenté: il va vivre la condition de déraciné. Le Voyage est un ouvrage auquel on peut pas donner une étiquette, c’est plutôt un essaie mais pas un texte philosophique ou théorique: c’est un ensemble des souvenirs, un texte de réflexion sur les métamorphoses de la société. Il est revenu sur ce texte plusieurs fois parce qu’il a senti la nécessité de le faire car le monde était changé. Texte particulier qui échappe de toute formes d’écriture connues; il y a beaucoup de renvois aux autres textes littéraires, il y a une dialectique entre hier et aujourd’hui et cette opposition est mise autour du thème de voyage. Hier le voyage était synonyme de liberté, rêve, flânerie alors que aujourd’hui le voyage a perdu sa liberté puisque tous est organisé (les moyens de transport implique des horaires): il n’y a plus de différence entre la vie de tous les jours et le voyage car la mentalité est la même. Le voyage n’est plus un plaisir mais un devoir social. Dans l’ouvrage, il a un regard rétrospectif et donne un regard diacritique pour ce qui concerne les coutumes, la tradition; comparaison constante entre hier et aujourd’hui; il y a beaucoup d’aphorismes (phrases fortes avec des images) que au début étaient mêlés avec des discours. Voyage

dans l’écriture vu que on passe d’une écriture ordinaire/canonique à un type fragmentaire: Morand a choisi volontairement de changer son mode d’écriture, puisque il a été influencé par les modes qui ont traversées le siècle (nouveau roman, écrivains américains, etc.). Texte intéressant sur plusieurs aspects:

  • niveau de témoin, il traverse beaucoup périodes historiques;
  • niveau culturel, par exemple il cite beaucoup Montagne;
  • coté réflexion, surtout sur la pratique du voyage et ses changements pendant les années;
  • coté écriture, il choisit un type d’écriture fragmentaire. Les titres du chapitres sont intéressants: chaque titre renvoi au contenu et il rappelle sa façon fragmentaire d’écrire. Les thèmes principales sont trois:
  1. la préparation, de l’esprit, de ce que nous attend (la préparation peut durer des années)
  2. le départ
  3. le retour, moment d’assimilation Il a exposé une mystique du voyage. (Paula Morand Le Voyage-extraits) Cvetan Todorov Il est né à Sofia, capitale de la Bulgarie, en 1939 mais, comme beaucoup d’écrivains de l’est, il quitte son pays à cause du régimes et il choisit Paris (il va prendre la nationalité française). Il fait une carrier de chercheur, il est docteur en psychologie mais ensuite il passe à travailler avec la littérature et l’histoire: il consacre sa vie à la recherche et il travaille au CNRS comme responsable du département des arts et langage. Il a traduit en français du russe les Formalistes , critiques littéraires dans les années ‘60: interprétation des contes populaires. Il donne un apport important aux études sur la critique, Il s’occupe aussi de la littérature fantastique, de narratologie, de sémiologie et de linguistique. Il n’est pas un écrivain dans le sens du créateur mais il donne des réflexion, des clés de lecture qui permettent de raisonner sur la société mais aussi sur les textes littéraires. Nous et les autres: la réflexion humaine sur la diversité (1989) est une réflexion qui porte sur le thème de l’altérité: il raisonne sur cette relation à travers le siècle, à partir du Romantisme jusqu’au présent, et il s’arrête aussi sur l’époque coloniale et post-coloniale. Il s’agit d’une réflexion sur les relations entre le voyageurs et les autres: voyager (expérience complète) signifie reconnaître l’existence de l’altérité, c’est-à-dire de plusieurs autres typologies cultuelles; donc voyager devrait être une opportunité d’ouverture à l’autre. La prise de conscience efficace de l’altérité porte à éliminer l’ethnocentrisme, la présence d’une civilisation plus forte, plus moderne qu’une autre: cette conscience devrait être synonyme d’équilibre, d’égalité. Le voyage dans l’espace et parfois dans le temps devrait porter à une double connaissance, celle des autres et celle de soi-même. Todorov s’est beaucoup fermé sur les fait déstabilisants du voyage car cette expérience fait tomber des préjuges et connaître l’autre met en question nos habitudes, nos identités: découvrir l’autre signifie de retour raisonner sur nous-même; le voyage doit nous enrichir. Donc le vrai voyage doit changer le voyageur (redécouverte de soi-même). Dans son ouvrage, il nous donne une gallérie des voyageurs types et pour le faire d’un côté il a observé la société et de l’autre il a raisonné sur la littérature du voyage; pas forcement toutes ces catégories sont positives. (Todorov – Nous et les autres, voyageurs modelés) Marc Augé C’est un anthropologue et un ethnologue (il est encore vivant): il est un savant, un chercheur sur l’Amérique du Sud mais également il a fait des études sur le monde contemporain en Europe. Il s’occupe des traditions, des coutumes de différents sociétés et de sa propre société: littérature, art mais il s’intéresse surtout sur l’espace, le lieu par rapport à la société. Cela signifie s’intéresser aussi à l’expérience du voyage, il va examiner le rapport entre la société et l’espace: en particulier il s’occupe du rapport entre les personnes et l’espace à l’époque contemporain mais aussi il va examiner les différents typologies d’espace que la sur-modernité a produite. La sur-modernité est

emprisonné de nouveau; après cette expérience, le ton de ses romans vont changer par rapport au premiers. Giono a inventé une expression qui étonne, dépiste: il s’est défini comme un voyageur immobile, formule qu’on va retrouver dans son œuvre et c’est aussi le titres d’un bref récit. Le voyageur immobile c’est quelqu’un qui voyage avec sa fantaisie, avec son imagination mais aussi avec la lecture du récits de voyage: à Manosque, quand il était petit, il allait chez le magasin de sa tante où il se laissait transporter par les sensation qu’il prouvait (c’est ce qu’il raconte dans Voyageur immobile ). Mais dans le Voyage en Italie il n’est pas un voyageur immobile: il a choisi avec sa femme de faire un voyage en voiture (dans les premières pages il nous dit qu’il n’aime pas voyager). La destination principale de Giono c’est sa région: ses déplacements consiste à explorer son territoire. Ce voyage en Italie est une exception qui marque un moment de bonheur dans son existence: il part en automne 1951 dans une voiture décapotable pour aller à la recherche du bonheur (comme Stendhal) que pour lui consiste dans le retour à la patrie de ses ancêtres et dans les petites choses (le vent, le silence, sa plume qui écrit). Le roman a été publié en 1953, deux ans plus tard l’expérience du voyage, et au début il n’a pas eu de succès en France: il parcours le paysage et la ville et il présente des micros histoires des gens rencontrés surtout pour ce qui concerne leur vie quotidienne; il y a toujours une forte composante personnelle (réalisme subjectif). La premier partie est consacrée à la présentation des raisons qui portent à ce voyage qui prévoit des itinéraires limités, l’Italie du Nord: il s’arrête dans les villes importantes d’un point de vue historique mais aussi dans des destinations qui ne sont pas canoniques ou habituelles (comme Mestre, un port voisin Venise). Dans la deuxième section du texte, il s’arrête à Turin, centre qui le frappe parce que c’est en plein expansion industrielle; de Turin il se déplace en Lombardie, théâtre de mouvements importants au moment du Risorgimento qui peut lui donner de l’inspiration pour son roman qu’il est en train d’écrire (il fait la sélection de ce que lui frappe beaucoup). (Jean Giono, Voyage en Italie – extrait) Le voyage philosophique C’est une autre typologie du voyage pour les finalités qui poussent à partir: ce n’est pas toujours un voyage matériel mais le centre d’intérêt est plutôt le voyage comme motif, comme opportunité, comme thème pour les philosophes de Lumière; expérience qui lui permet de développer des discours sur les questions débattues à cette époque. Voltaire , par exemple, s’est exilé en Angleterre, pays qui était plus libre à l’époque; il a vu d’autres pays, comme l’Allemagne, il a vécu à la cour de Frederick II. Montesquieu lui a aussi voyagé mais ses ouvrages ne sont pas récits du voyage. Ici le voyage est un thème philosophique pour faire réfléchir sur certains thématiques. Le XVIII siècle, l’âge de Lumière, est une époque du grands voyages à la découverte du monde mais aussi avec de finalités scientifiques: donc le voyage n’est plus le voyage du grand touriste car il y a beaucoup de savants que voyageaient pour des recherches, des études avec le but de comprendre les phénomènes de la nature, de classer les espèces (forte finalité didactique); on voyageait pour des pays très loin. Certains philosophes participent à ces voyages pour découvrir le monde, en découvrant au même temps l’autre (altérité). Très souvent, ces voyages pour des raisons commerciales, politiques, scientifiques inspirent aux philosophes, aux intellectuels des contenus: on va rapprocher les français de mondes différents, ce qui permet au savants de développer l’idée de la relativité et de la justifier. C’est ainsi que les philosophes exploitent le voyage pour faire raisonner sur le thème de la relativité du monde, qui permet de revenir sur soi, sur sa culture, sur son pays et de regarder son propre monde selon une perspective nouvelle. Beaucoup de voyages qui sont l’objet du travail de philosophes ne sont pas de véritable voyage mais ils s’inspirent des expériences de voyage personnel ou des autres; la connaissance, le récit, la lecture favorise la curiosité et le raisonnement. Donc beaucoup de savants lisent les compte rendus des explorateurs, de ce qui se déplacent pour différentes raisons et à partir de cela ils inventent des histoires. A côté du voyage de fiction, on développe également des voyages totalement imaginaires, impossibles: on imagine par exemple le déplacement d’une planète à l’autre (c’est le cas de Micromégas de Voltaire); un voyage impossible est assez aimé par les philosophes

car il permet la circulation d’idées, de réflexions, de récits. Cela ne s’agit pas d’une nouveauté car le voyage sur la Lune, sur les planètes, sur des territoire qui n’existent pas, existe depuis toujours (Rabelais, Thomas More, etc.). Avant la publication de Candide , on a en Angleterre Les voyages de Gulliver qui influenceront beaucoup la littérature utopique française. Cyrano de Bergerac, par exemple, écrivain libertin (dans l’esprit), a écrit un voyage sur la Lune: voyage impossible pour l’époque. A travers l’expérience du voyage, les savants de l’âge de Lumière critiquent indirectement leur société (c’est ce que Voltaire fait dans Candide ): c’était une stratégie pour éviter la censure. Candide est un jeune homme qui est candide, du latin candidus, blanc: il est pur, il est vierge, il est inexpert du monde, il est naïf; il doit faire ses expériences, il doit devenir adulte et il doit commencer à raisonner avec sa tête. Les très nombreux voyages qu’il fait lui permettent de changer, de devenir un homme adulte expert, d’acquérir une connaissance plus riche. La candeur est tout d’abord synonyme de jeunesse, de manque d’expérience mais c’est aussi une attitude, une manière de se mettre en relation avec le monde. Candide est candide parce qu’il est franc, sincère, il ne cache pas ses émotions, ses faiblesse, ses doutes. Tous les personnages ont de noms qui renvoient à quelque chose:

  • Panglosse est le savant, le précepteur, du grec pan=tout et glossa=langues, c’est celui qui connaît tous les langues (en réalité c’est un savant très limité car il n’a pas d’esprit critique);
  • Cunégonde est la fiancée belle de Candide, la fille d’un baron allemand, qui renvoi à Sainte Cunégonde, une martyre du Moyen Age;
  • Thunder-ten-Tronckh est le père de Cunégonde et il représente l’Ancien Régime repris par la difficulté de son nom. Candide est un orphelin qui vit chez le château du baron: il est élevé de Panglosse et quand il devient un jeune homme il tombe amoureux de Cunégonde mais quand le baron les découvrent à se baiser, il chasse Candide de sa maison. Tout commence après le premier chapitre: Candide, qui n’avait jamais laissé le château, se trouve à combattre dans un camp de bataille et la guerre arrive jusqu’au château où la famille est dispersée, le baron est tué et Cunégonde est enlevée. Candide ne peut pas donc revenir au château et il sait que Cunégonde est partie: son voyage commence tout de suite avec le but de retrouver sa belle fiancée. La recherche est continue, parfois les deux vont se retrouver mais il se passe toujours quelque chose et ils sont de nouveau séparé. La fin est heureuse: Candide se rencontre avec Cunégonde et Panglosse et pendant son voyage il a connu des nouveaux amies, Martin, Cacambo et une vielle qui n’a pas de nom, qui sauve Cunégonde et qui va adopter dans le groupe d’amis le non de vielle pour souligner sa sagesse (elle a fait beaucoup d’expériences, elle a souffert beaucoup mais elle est heureuse parce qu’elle est vivante). La vielle est la reconnaissance du mal mais en même temps elle est l’incarnation de l’optimisme (personnage adjuvant): c’est l’alter-ego de Voltaire. Tous les personnages rencontrés par Candide lui permet de grandir, dans le bien et dans le mal: Martin, par exemple, est un amie avec une attitude pessimiste mais lui aussi a un rôle de menteur car il a plus d’expériences que Candide. Le Marquis de Pococuranté, un personnage vénitien, est le prototype de l’aristocrate, Ancien Régime, riche, oisif, qui possède tous mais qui ne s’intéresse à rien: il est toujours insatisfait; c’est l’occasion pour Voltaire de critiquer l’aristocratie riche. Le voyage de Candide occupe tous le récit: chaque épisode correspond à une étape qui va toucher plusieurs continents, c’est le périple du monde connu donc un voyage comparable à l’Odyssée parce que, comme Ulysse, Candide est partagé entre la curiosité et la volonté de retrouver Cunégonde (deux hommes qui veulent retourner chez soi mais qui se distraient toujours). Candide est un personnage qui, pendant son voyage, fait beaucoup d’expériences, soit positives (l’amour, l’amitié) soit négatives (la douleur physique et morale). Voltaire refusait l’optimisme du philosophe Leibniz: d’après le résumé qu’en donne Voltaire, on vit dans le meilleur du monde possible, thèse que l’auteur n’accepte pas. Les questions qui animent le débat de l’âge de Lumière et que Voltaire reprend dans son roman sont: le colonialisme, l’inégalité civile, le despotisme politique, le fanatisme intellectuel, le manque de respect, les différences entre les civilisations dominantes et esclaves, la paresse, l’exploitation, les formes d’institutions vieilles (Ancien Régime), les libertés, l’économie. Voltaire refuse l’optimisme passif et l’acceptation du fait qu’on doit subir le monde;

Montesquieu Il naît en 1689 et meurt en 1755 ; son œuvre est une œuvre de philosophie politique. Son modelé politique s’était la monarchie anglaise (pas républicain). Il écrit une seule œuvre littéraire: Les lettres persanes , un roman épistolaire, une typologie très à la mode, il va discuter toutes les questions qui l’intéressent. Roman qui parle d’un voyage de deux amis persanes qui vont quitter leur pays mais qui passent une période en France. C’est la période dans laquelle Montesquieu était petit: époque de passage entre la fin de Louis XVIII et la régence. Le roman a été publié en 1721; Rica, le plus jeune va compléter sa formation en Europe. Son copain, Uzbek, est plus âgé et adulte, une autorité politique et il est le chef de Seraille (Armerie). Ils devient des porte-parole pour Montesquieu; l’attention de Rica s’adresse à la mode, le spectacle, l’art et la ville; l’autre, Uzbek est le plus âgé et il fait attention aux instituions et sur lereoghhme oliique. Roman épistolaire consiste dans l’écriture des lettres; épistolaire bidirectionnelle; nous avons plus de personnes. Sensation de relativité. Cette polyphonie permet de relativiser les sons.; le but est celui de raisonner sur son pays. Stratégie du voyageur orientale qui arrive en Occident. Tendance du charme vers l’orient. Première voyage qui circule. Mode de l’orientalisme; le lecteur moyen allait appréciée cette roman nouveau (il circulait la Princesse de Cleve). Nouveauté de thèmes et il l’exploite stratégie de déguisement, reprise par Mme de Graffigny. Exotisme comme prétexte pour raconter; préfixe “exo-” donne naissance au mot exoticos. Les grecques utilisaient le mot barbare; il y avait l’idée de décalage entre peuples; la première fois qu’on rencontre le terme exotique est dans une écrit de Rabelais (marchandise exotique). Le Dictionnaire de l’Académie Française 1762 introduit le mot exotique. Les nuances sémantiques s’affirment au XIXe siècle; idée de distance, idée de différence et d’inhabituel ou insolite et qui a du charme. Montesquieu et Mme de Graffigny exploitent l’exotisme en deux directions: leur personnages sont exotiques et on a également l’exotisme renversé (exotisme double/bivalente: le sauvage est tout le monde et personne). Madame de Graffigny C’est une femme auteur du XVIII siècle: à son époque elle était très connue et elle a eu une existence assez dynamique; il s’agit d’une femme très moderne, indépendante en effet elle a travaillé pour vivre et a quitté la Province; après le divorce, elle a travaillé comme enseignant pour une famille riche. Elle a vécu au centre du XVIII siècle, en plein époque de Lumière, et après une période de sa vie, elle s’est installée à Paris où s’est concentrée à l’écriture: elle a eu un salon à Paris fréquenté par Voltaire, D’Alembert et d’autres savants. Ses fréquentations dans le milieu philosophique vont former son point de vue, ses idées et certainement dans son chef d’œuvre, Les Lettres d’une Péruvienne (1747), on trouve réunit les idées de Lumières. Il s’agit d’un roman épistolaire, genre à la mode qui donnait l’impression de la vérité et la possibilité au lecteur de se cacher car l’auteur camoufle l’identité du voyageur (stratégie narrative): au XVIII siècle, un manuscrit retrouvé, un ensemble de lettres ou de mémoires, permettait d’échapper de la censure. Toute suite, le titre porte l’attention sur le personnage, c’est-à-dire une femme péruvienne: à l’époque le péruvien était une personne qui venait d’un lieu exotique, donc Madame de Graffigny choisit pour sa protagoniste une identité précise, celle d’une étranger, qui avait beaucoup de préjugés (les européens considéraient les étrangers comme des sauvages). La protagoniste s’appelle Zilia, une jeune femme du Pérou qui après la conquête de son pays débarque en Europe: elle est kidnappée et jetée dans une barque où elle voyage, en France elle connaît un jeune homme français, Deterville, qui tombe amoureux d’elle, Zilia l’aime mais elle le voit comme un frère car elle aime encore son fiancé péruvien. Pendant son expérience, Zilia écrit des lettres pour son fiancé pour lui donner ses nouvelles mais il ne lui répondra jamais car il est tombé amoureux d’une autre femme; il n’y a pas donc une vrai correspondance: c’est un roman épistolaire monophonique. Dans l’avertissement, Madame de Graffigny rend merci à Montesquieu et elle va citer les Lettre Persiennes car elle utilise ce roman comme inspiration pour son roman. Ce sont deux auteurs complètement différents (un roman avec le point de vue d’un philosophe et un autre avec le point de

vue d’une femme) mais il y a des correspondances entre les deux romans (un modèle et un roman qui use ce modèle). Zilia ne connaissait rien de la France donc elle a un regard naïf: parcours de formation qui passe à travers la langue, moyen pour comprendre les autres et pour se faire comprendre (la méprise de la langue lui permet de s’affirmer). A la fin du roman, on a Zilia devenue femme indépendante (comme Madame de Graffigny) qui fait une choix: elle commence à choisir pour elle-même. Dans le roman, on a l’exotisme renversé: qui est vraiment exotique? Zilia ou les français? Pour ces derniers, elle est sûrement une femme exotique car elle vient de Pérou mais pour elle les français le sont (à l’époque on ne parlait pas d’exotiques mais des sauvages). Donc personne est sauvage: nous sommes de personnes avec des cultures différentes et dans chaque culture il y a l’égalité homme- femme, thème cher à l’autrice (thème de la femme qui peut décider de manière indépendante). Aussi le voyage est à l’inverse car ce n’est pas l’européen qui découvre l’autre mais c’est l’autre qui découvre l’Europe. Les sujets abordés dans le roman sont:

  • la société, surtout la haute société parisienne avec ses mœurs et ses préjugés
  • la condition de la femme
  • l’éducation pour les filles (attention pédagogique), thème que Madame de Graffigny connaissait bien car elle était enseignante
  • l’amour et les sentiments (c’est un roman sentimental aussi), au début on a un amour contrasté entre Zilia et son fiancé
  • questions philosophiques concernant, par exemple, l’égalité sociale, les droits, la colonisation, la condition de la femme C’est un roman où on trouve la technique du déguisement sous plusieurs aspects:
  • le genre de roman épistolaire en soi même est un déguisement
  • déguisement linguistique car l’écrivaine essaye de prendre des distances par ses affirmations («Je méprise mal la langue...»)
  • déguisement temporal, l’action se passe non pas à l’époque de Madame de Graffigny mais à l’époque de la conquête espagnole au XVI siècle et donc la France présentée par la protagoniste n’est pas la France du XVIII siècle mais celle du XVI (l’autrice déguise son époque car il y a des critiques sociales) (Graffigny, Lettres – Avertissement) (Graffigny, Lettres – Lettre X) (Graffigny, Lettres – Lettre XI) (Graffigny, Lettres - Lettre XII) (Graffigny, Lettres – Lettre XIII) Bernardin de Saint-Pierre L’exotisme colonial est lié au phénomène de la colonisation de territoire d’autre continent mais c’est aussi un exotisme utopique car la destination du voyage est vue comme une utopie. Bernardin est un ami et un disciple de Rousseau dont il partage sa philosophie; il est un homme de lettres mais aussi un homme de sciences (naturaliste) et c’est un homme encyclopédique, il a beaucoup d’intérêts et il était intéressé aussi au techniques. Il a beaucoup voyagé et il était expert de la navigation (homme de grandes connaissances). Sa vie et son activité se situe surtout à la seconde moitié du XVIII siècle, donc toujours pendant l’âge de Lumières même si c’est une période de passage car on commence à trouver la culture préromantique (Rousseau était un véritable précurseur de la sensibilité romantique). Bernardin n’est pas en philosophe, il ne donne pas de théories mais il va les mettre en pratique, par exemple dans son roman célébré Paul et Virginie : roman centré sur le thème du voyage mais à l’intérieur il y a beaucoup des thématiques chères à Rousseau:
  • l’utopie
  • la société idéale
  • le mythe du bon sauvage

on pouvait trouver des matériaux importants mais aussi des destinations pour des petits ou grands criminels;

  • motivations d’ordre commercial, on va investir dans les colonies, nouveaux professions se sont développés;
  • motivations d’ordre intellectuels/culturels, on veut simplement connaître ces pays nouveaux où pour la plupart du temps on trouve les traces de civilisations anciennes, en effet l’archéologie se développe (Flaubert, par exemple, est parti pour l’Afrique). On augmente les connaissance et cette dernière stimule bien évidemment la création littéraire. L’époque romantique s’intéresse vers les pays étrangers (goût pour l’exotisme et pour l’Orient) car il s’agit d’une espèce d’évasion dans des mondes nouveaux où la vie est plus calme par rapport à la via mouvementée occidentale. Les pays exotiques étaient vus comme des pays utopique parce qu’on ne les connaissaient pas bien et donc on les idéalisaient; l’ailleurs est identifié avec ces territoires dont on est fasciné, c’est le charme de la différence. Donc ceux qui peuvent, les bourgeois, vont à la recherche du nouveau. L’Orient, l’Afrique et les Indes étaient vus comme des lieux où on a une philosophie profonde (en Orient la philosophie métempsycose); on voyait le proche Orient comme l’origine de la religion chrétienne. En tous cas, le monde éloigné représente l’évasion parfaite. Le voyage exotique par excellence est représenté par Charles Baudelaire: il dédie une partie du Fleurs du Mal au monde exotique que pour lui est remède au spleen et au malheur et symbole de pureté, d’innocence, de joie de vivre, de plaisir (mythe du paradis perdu et du bon sauvage). L’exotisme va prendre des formes différentes au cours du siècle: on parle d’exotisme de proximité, c’est à dire la découverte des territoires dans son propre pays ou pas trop éloignés auxquels on a pas trop pensé (ex: la Bretagne en France, région où il y a des présences culturelles importantes et anciennes). René de Chateaubriand , auteur de passage d’un siècle à l’autre, n’est pas l’inventeur de la littérature exotique mais une partie de sa production alimente son développement. Il a voyagé beaucoup grâce à ses conditions économiques: il a exploré l’Europe, la Méditerranée et l’Amérique du Nord. Dans son œuvre cette expérience de mondes éloignés porte à des nouvelle inspirations. On peut diviser son exotisme poétique et sentimental (réalité filtrée par le sujet) en deux groupes:
  1. exotisme méditerranéen, il quitte la France pour aller en Italie, puis en Grèce, en Palestine jusqu’à Jérusalem ( Itinéraire de Paris à Jérusalem ), en Égypte et va chercher aussi les restes de Carthage, il était fasciné par les ruines donc les témoins des civilisations anciennes (c’est aussi un voyage dans le passé), il n’est pas attiré seulement par l’architecture mais par le paysage aussi;
  2. exotisme américain, pour lui c’est l’immersion dans une nature grandiose (les espaces non occupés par les hommes étaient vastes) et l’expression maximale de la beauté et de la force de la nature, il y a le plaisir de la nouveauté, c’est l’expérience de la merveille de la nature (présence de la divinité), il part à la recherche des indiens et il s’intéresse à leurs coutumes, à leur économie (regard d’anthropologue). Le roman Atala présente le pays et la culture indienne; ce grand succès lui pousse à écrire René. En 1827, en plein époque romantique, il publie son voyage en Amérique dont il parle aussi dans ses mémoires, Mémoires dans l’outre-tombe. Dans son œuvre, l’exotisme américain est présenté comme un exotisme poétique même s’il y a du réalisme, qui va se mêler aux sentiments éprouvés: il cherche de transmettre la fascinations et les sensations qu’il éprouve. (Chateaubriand – profil et extraits) Victor Segalen Personnalité très éclectique, il raisonne sur l’idée du voyage exotique, territoire exotique, et sur le mot exotisme. Dans sa vie, il a été médecin, anthropologue, ethnologue, poète (proche de symbolistes, ami de Debussy), archéologue, linguiste, dessinateur (ami de Gauguin, sujet de certains de ses textes), éditeur. Grand voyageur, Segalen est rappelé aujourd’hui surtout pour son idée d’exotisme, devenu manifeste après sa mort.

L’essai sur l’exotisme a été publié en 1955, beaucoup d’année après la mort de l’auteur (1918): texte rédigé sur une période assez importante dans sa vie, écrit entre les années 1904 et 1918. Le titre revoie à la finalité, c’est à dire rédiger un essai, une espèce de dissertation: c’est un texte de réflexion qui a une forme d’ensemble de fragments, pensées qui sont lancées et reprises d’une page à l’autre (pensée en train de se former). Segalen fait de l’exotisme un concept morale à la portée philosophique et esthétique: le surtitre Pour une esthétique du divers , il veut s’opposer à l’acception commune du mot qui l’associe à la sensation du dépaysement qu’un voyageur éprouve dans un pays éloignés par rapport à celui considéré à l’époque le centre du monde, l’Europe. Cette visionne eurocentriste était une visionne très partiel et partiale stéréotypées: un lieu exotique devait être tropicale (ensemble de clichés) mais il existe déjà au XIX siècle une prise de conscience que l’exotisme peut être de proximité (ouvrages qui parlent du voyage dans son propre pays). Cette passion de voyager dans des pays éloignés a porté le voyageur à ne pas raisonner sur la présence inévitable de différences entre les pays. Pour Segalen, l’exotisme est quelque chose de complexe: il veut le libérer de sa conception strictement géographique; le mot divers change l’approche, l’exotisme est un sentiment, une conscience de l’altérité et aussi une esthétique (attitude d’ouverture au monde). Dans l’écriture l’esthétique du divers et son idée d’exotisme s’expriment à travers l’expression de ce rencontre et la confrontation avec l’autre: les différences sont perçues et elles provoquent inévitablement des réactions. Il ose introduire une idée en peu provocatrice d’incompréhension éternelle: la langue est la clé d’accès à la culture. Donc il refuse l’eurocentrisme colonialiste mais aussi il refuse l’exaltation absolu de l’exotisme comme meilleur: il propose une attitude équilibrée. L’expérience du voyage est quelque chose que va bien au-delà de l’expérience matérielle: c’est un voyage intérieur qui va nous ouvrir au monde, donc il va récupérer l’esprit du voyage aux origines. Il fait l’éloge de la diversité à une époque où il y avait cette forte culture qui opposait les civilisations et qui insistait sur la supériorité de la civilisation européenne; il est un précurseur des questions de grand actualité. Pour lui, université ça veut dire richesse. D’un point de vue de son écriture, son idée d’exotisme porte à refuser la peinture du pittoresque et l’anecdotique car cette type d’écriture porte à la formation de cliches et de stratotypes. Le point de vue est le point essentiel dans son réflexion: il faut rappeler le point de vue du voyageur sur la destination mais aussi celui du milieu visité sur le voyageur. L’exotisme est donc quelque chose de relatif et réciproque, il dépend du point de vue: l’expérience de l’exotisme est un acte de conscience de l’altérité et c’est un acte bidirectionnel. Segalen défende ce qui est singulier, particulier, spécifique. Coté production littéraire, il refuse de rédiger des textes canoniques où il y d’habitude un sujet européen et un sujet exotique; pour lui le récit du voyage est un récit de vie: chaque récit du voyage lié à l’expérience de l’altérité pose la question de la définition de soi et cette dernière est à la base de toutes sortes de textes autobiographiques. Claude de Lévi-Strauss Il n’est pas en homme de lettre, c’est plutôt un savant, un ethnologue donc il fait de la recherche: il s’est occupé surtout de civilisations primitives, c’est à dire civilisations de pays très éloignés; cela implique se déplacer pour des raisons scientifiques. Ses livres sont les résultats de ses recherches: Tristes Tropiques (1955) n’est pas un texte de fiction mais c’est un ensemble de raisonnements qu’il va écrire après le voyage; parmi ses œuvres, c’est la plus littéraire. Dans le roman, on trouve une critique assez rude vers la manière d’entendre le voyage à son époque: il regarde autour de lui et il pose également une question très importante, celle de l’altérité. Il va dénoncer, avec des tons parfois très forts, l’attitude que l’on porte dans la visite de pays lointains, différents: il va remarquer que l’attitude est très superficielle, on va s’arrête à l’apparence et au stéréotypes. Lévi-Strauss critique une attitude généralisée mais aussi celle des certains écrivains de voyage: il dit qu’ils ont la tendance, encore au XX siècle, à peindre le pittoresque, d’insister sur des stéréotypes qui construisent l’exotisme mais il n’y a pas de volonté, à travers le récit du voyage, d’explorer de réalité humaine, de s’interroger sur l’idée de civilisation. Donc il insiste sur l’importance de prendre

avant de voir la Révolution Française (portée visionnaire). Ceux qui ont parlé de Mercier et de son travail, on réfléchit sur la portée de son idée de Paris du 2040: sa conception est lié à l’idée de la possibilité de régénérer l’humanité grâce à la culture de la raison philosophique. En effet ce roman d’anticipation permet à Mercier d’exposer le programme de philosophes qu’il partageait complètement. Il montre dans le texte la préoccupation du bonheur et l’importance d’une réforme politique à fin de trouver ce bonheur; dans la ville idéale, la raison et la justice dominent. Certains de ses prédictions vont se révéler, à partir de la Révolution Française: «je suis donc le véritable prophète de la révolution». Le roman est construit selon un ordre chronologique des évènements qui se passent dans un temps limité:

  • récit I, le protagoniste passe une soirée avec un vieil anglais, rentré chez lui il est fatigué, il va s’endormir et il se réveille dans le Paris du 2040;
  • récit II (le plus important), dure 24 heures que le protagoniste passe à visiter la ville de Paris reformée où les gens sont heureux, beaucoup de vert, la Bastille est détruite et remplacé par le Temps de la Clémence, le roi applique les lois votées par le Sénat, l’injustice est disparu, le clerc n’a plus qu’un rôle cérémoniel, le colonialisme et l’esclavage ont été abolis, éducation refranchi, Versailles n’existe plus, il s’arrête sur la mode, sur les services institutionnels. Il s’agit d’un voyage dans le temps, dans les siècles, pans dans l’espace même si le protagoniste se déplace dans toute la ville. Les chapitres sont 44 et chaque chapitre démontre une thématique après l’autre. Mercier exprime toute sa confiance dans le progrès. (Mercier - L’an 2240 - extraits) Jules Verne a été défini comme le prophète scientifique, c’est un écrivain prolifique et scientifique. Il est naît à Nantes en 1828, en plein époque positiviste; il appartient à une famille bourgeoise et à Paris il fréquente les salons littéraires et philosophiques, il passe la dernière partie de sa vie en Picardie lorsque il est déjà devenu très célèbre grâce à ses romans et à ses nouvelles. Sa première grande intuition a été celle d’imaginer une société élargit au dimension de la Planète: il y a des voyages sur terre, sur mer et dans l’air. Dans l’imaginaire collectif, Verne est associé à des innovations fantastiques comme le sous-marin du capitan Nemo dans le roman Vingt mille lieues sous les mers. L’imagination visionnaire de Verne ne se limite pas au moyens de transports mais il imagine aussi la chaise électrique que l’on voit dans le roman Paris au XX siècle ; il souligne les bénéfices que l’électricité porte. La journée d’un journaliste américain en 2889 est une nouvelle qui va paraître dans une revue et c’est un texte où on voit sa capacité visionnaire de se pousser dans le futur: Francise Bennet parle avec sa femme, qui se trouve à l’autre bout du monde, à travers le telephote qui transmet la voix mais aussi l’image de l’interlocuteur. Paris au XX siècle (1860) est un roman d’anticipation publié posthume très tard en 1994: l’éditeur qui a lu le manuscrit s’est un peu opposé à la publication parce que il pensait que personne aurait cru à ses prédictions; Verne a écouté son éditeur et il a donc abandonné l’idée de publication. Le roman parle d’un jeune homme, Michel, un expert de littérature, et à son époque (1960) les arts sont un peu méprisé car les sciences semblent être privilégiées; Verne va créer un monde qui pour nous même semble encore plus futuristes (il a anticipé l’augmentation du trafic motorisé, la formation du banlieue, les études sans langues mortes, la musique hurlée, l’influence de la langue anglaise sur la langue française). Jules Verne jette dans son roman du début de sa carrière un regard un peu pessimiste: hommes qui semblent des machines (aliénation, dépersonnalisation), les descriptions techniques d’un monde futuriste ne sont pas les seuls thèmes de l’ouvrage, par exemple à travers le regard de Michel, Verne nous montre une société utilitariste (peut être une critique à son époque). Michel est une sorte d’alter-ego de Jules Verne, il se sent comme un homme qui est venu trop tard: Michel ne veut pas travailler dans une banque car sa passion est la littérature et pour cette attitude vieille il est la honte de sa famille. Tous les épisodes racontés semblent affirmer la supériorité des hommes scientifiques par rapport aux autres vu qu’ils contribuent au progrès. Ce roman se distingue pour sa critique entre les lignes. Le titre se focalise sur la capitale de France qui est présentée comme une ville ultramoderne dominé par la science: Michel y habite et voilà qu’il a reçu un prix de poésie se trouve un peu négligé et doit mettre de côté ses rêves artistiques parce que pour être

accepté il doit travailler dans une domaine qu’il n’aime pas. Paris au XX siècle n’est pas un roman utopique mais en partie dystopique: c’est un texte hybride du genre d’anticipation. (Verne – Paris au XX siècle – extraits)