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Le Commerce Equitable : Qu'Est-ce Qu'il En est Reellement ?, Prove d'esame di Lingua Francese

Cet article analyse la controverse autour du commerce équitable et les différents labels qui s'y rattachent, en particulier ceux de Max Havelaar et Rainforest Alliance. Il met en évidence les critiques des promoteurs du commerce équitable envers ces derniers et les raisons de leur succès commercial. Le texte souligne également l'absence d'une régulation officielle de ce marché et les difficultés rencontrées par les organismes de certification pour obtenir une reconnaissance officielle.

Tipologia: Prove d'esame

2020/2021

Caricato il 24/01/2022

faiza951
faiza951 🇮🇹

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TEXTE 1
Lesants de l'agroalimentaire passent à l'équitable
Le commerce équitable, c'est un vrai bon plan. La preuve : les plus grands de l'agroalimentaire s'y
intéressent désormais de très près. Ainsi, dans les prochains jours, le géant américain Kraft Foods
va mettre en place sur les linéaires français une nouvelle gamme de son café Jacques Vabre, qui
inaugure un nouveau concept : le «café responsable». Sur les paquets, un habillage très tendance
«sauvons la plate». La marque bien connue est rehaussée par une signature aux accents éthiques :
«Un café pour agir.» Et pour compléter, on trouve un logo de Rainforest Alliance, ONG américaine
avec laquelle Kraft a signé un partenariat depuis 2003. Tout pour laisser penser que l'on achète un
produit garanti «équitable».
C'est précisément ce qui fait râler les principaux promoteurs du commerce équitable en France. «Il
n'y a pas si longtemps, Nestlé ou Kraft critiquaient violemment le commerce équitable, s'agace
Victor Ferreira, directeur de l'association Max Havelaar France, mais plus maintenant, car dans un
marché qui stagne, les parts du café équitable sont devenues significatives : en France, elles
représentent aujourd'hui entre 3 et 4 % des ventes de café.» Or, si Rainforest Alliance est tout à fait
respectable, ses priorités ne sont pas celles du commerce équitable, qui vise à améliorer la situation
des producteurs du Sud. Cette ONG fondée il y a près de vingt ans se préoccupe surtout
d'environnement, mais pas de garantir des prix d'achats aux producteurs. Selon Max Havelaar, qui a
veloppé son propre système de certification, le lancement par Kraft de ce café équitable «light»
risque donc de semer la confusion chez les consommateurs.
Proliration. On peut pourtant s'attendre à une prolifération de marques plus ou moins «éthiques»,
lorsqu'on observe la progression de la notoriété du commerce équitable. Selon un sondage (1)
récent, 74 % des Français en ont déjà entendu parler, alors qu'ils n'étaient que 9 % seulement en l'an
2000. Et près de la moitié des consommateurs fraais ont jà acheté des produits du commerce
équitable, dont une grande part de café. Une évolution qui n'a pas échappé à la grande distribution.
Des chaînes ont fait le choix depuis longtemps de s'en remettre aux acteurs les plus connus. Les
produits Max Havelaar représentent 10 % des ventes de produits alimentaires équitables chez
Monoprix, qui s'est également associé depuis avril 2002 à Alter Eco, la première marque 100 %
française de produits de ce type.
Jouer le jeu. Mais tous les distributeurs ne sont pas disposés à jouer le jeu, et se laissent tenter par
des produits éthiques conçus par les industriels eux-mêmes. En Grande-Bretagne, l'italien Lavazza
ou le britannique Lyons se sont ainsi passé des services de Fairtrade Foundation, principal
organisme de certification «équitable» (représenté par Max Havelaar en France). A la fin de l'année
dernière, Kraft avait déjà lancé en Angleterre un café estampillé Rainforest, ce qui avait
immédiatement provoqué la réaction de Fairtrade, accusant la multinationale de vouloir tromper le
public. Aujourd'hui, on calme plutôt le jeu : «On n'est pas extrêmement critiques sur les
multinationales, assure Victor Ferreira, on est plutôt tentés de leur dire : chiche ! Allons plus loin,
maintenant qu'on vous a convaincus que c'est économiquement viable.» Mais certains groupes ne
veulent même pas en entendre parler : chez Nestlé, on s'agace des critiques des ONG. «Nous
achetons infiniment plus de café que n'importe quel Fairtrade !», dit-on chez la multinationale de
Vevey, l'on refuse de voir mise en doute sa volonté de s'engager sur le long terme avec les
paysans.
Confusion. Afin d'éviter la multiplication des étiquettes plus ou moins éthiques, il manque
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TEXTE 1

Les géants de l'agroalimentaire passent à l'équitable Le commerce équitable, c'est un vrai bon plan. La preuve : les plus grands de l'agroalimentaire s'y intéressent désormais de très près. Ainsi, dans les prochains jours, le géant américain Kraft Foods va mettre en place sur les linéaires français une nouvelle gamme de son café Jacques Vabre, qui inaugure un nouveau concept : le «café responsable». Sur les paquets, un habillage très tendance «sauvons la planète». La marque bien connue est rehaussée par une signature aux accents éthiques : «Un café pour agir.» Et pour compléter, on trouve un logo de Rainforest Alliance, ONG américaine avec laquelle Kraft a signé un partenariat depuis 2003. Tout pour laisser penser que l'on achète un produit garanti «équitable». C'est précisément ce qui fait râler les principaux promoteurs du commerce équitable en France. «Il n'y a pas si longtemps, Nestlé ou Kraft critiquaient violemment le commerce équitable, s'agace Victor Ferreira, directeur de l'association Max Havelaar France, mais plus maintenant, car dans un marché qui stagne, les parts du café équitable sont devenues significatives : en France, elles représentent aujourd'hui entre 3 et 4 % des ventes de café.» Or, si Rainforest Alliance est tout à fait respectable, ses priorités ne sont pas celles du commerce équitable, qui vise à améliorer la situation des producteurs du Sud. Cette ONG fondée il y a près de vingt ans se préoccupe surtout d'environnement, mais pas de garantir des prix d'achats aux producteurs. Selon Max Havelaar, qui a développé son propre système de certification, le lancement par Kraft de ce café équitable «light» risque donc de semer la confusion chez les consommateurs. Prolifération. On peut pourtant s'attendre à une prolifération de marques plus ou moins «éthiques», lorsqu'on observe la progression de la notoriété du commerce équitable. Selon un sondage (1) récent, 74 % des Français en ont déjà entendu parler, alors qu'ils n'étaient que 9 % seulement en l'an

  1. Et près de la moitié des consommateurs français ont déjà acheté des produits du commerce équitable, dont une grande part de café. Une évolution qui n'a pas échappé à la grande distribution. Des chaînes ont fait le choix depuis longtemps de s'en remettre aux acteurs les plus connus. Les produits Max Havelaar représentent 10 % des ventes de produits alimentaires équitables chez Monoprix, qui s'est également associé depuis avril 2002 à Alter Eco, la première marque 100 % française de produits de ce type. Jouer le jeu. Mais tous les distributeurs ne sont pas disposés à jouer le jeu, et se laissent tenter par des produits éthiques conçus par les industriels eux-mêmes. En Grande-Bretagne, l'italien Lavazza ou le britannique Lyons se sont ainsi passé des services de Fairtrade Foundation, principal organisme de certification «équitable» (représenté par Max Havelaar en France). A la fin de l'année dernière, Kraft avait déjà lancé en Angleterre un café estampillé Rainforest, ce qui avait immédiatement provoqué la réaction de Fairtrade, accusant la multinationale de vouloir tromper le public. Aujourd'hui, on calme plutôt le jeu : «On n'est pas extrêmement critiques sur les multinationales, assure Victor Ferreira, on est plutôt tentés de leur dire : chiche! Allons plus loin, maintenant qu'on vous a convaincus que c'est économiquement viable.» Mais certains groupes ne veulent même pas en entendre parler : chez Nestlé, on s'agace des critiques des ONG. «Nous achetons infiniment plus de café que n'importe quel Fairtrade !», dit-on chez la multinationale de Vevey, où l'on refuse de voir mise en doute sa volonté de s'engager sur le long terme avec les paysans. Confusion. Afin d'éviter la multiplication des étiquettes plus ou moins éthiques, il manque

aujourd'hui au commerce équitable un label unique, qui pourrait être garanti par les États afin d'éviter la confusion. Comme il en existe pour l'alimentation biologique, par exemple. «Pour les puristes, il est de toute façon insupportable de voir le moindre produit éthique dans les rayons de la grande distribution, commente Marie-France Corre, de l'UFC-Que choisir. Pourtant, une marque comme Max Havelaar a aussi un caractère commercial, donc il n'y a pas de raison qu'elle soit hégémonique.» Problème : engagées depuis des années, les discussions avec les organismes tels que l'Afnor n'ont toujours pas abouti à une certification des marques du commerce équitable. Faute de parvenir à une définition consensuelle. (1) Sondage Ipsos réalisé pour Max Havelaar les 20 et 21 mai 2005. Auteur: ROUSSET JEAN-PAUL Date: 1 septembre 2005 Source : http://www.liberation.fr/economie/0101540183-les-geants-de-l-agroalimentaire- passent-a-l-equitable TEXTE 2 Le commerce équitable, c’est viable! A l’ère de la mondialisation, la défense d’une société juste et solidaire peut être considérée comme quelque peu utopique. Les grands acteurs multinationaux de l’économie mondialisée, très influents sur les gouvernements, ont des priorités exclusivement financières et économiques, ne défendent le plus souvent aucune cause politique ni sociale et ne se préoccupent pas, dans la pratique du commerce international, d’intégrer au développement économique des mécanismes visant une juste distribution des revenus. Le coopérativisme vient corriger les pratiques aveugles de cette mondialisation. A travers le monde, 800 millions de coopérateurs prouvent la possibilité d’une mondialisation juste, qui place au premier plan la considération pour la personne. Le Brésil montre l’exemple dans la manière dont ce processus doit être conduit. Nous sommes aujourd’hui 5,7 millions de travailleurs qui participons à plus de 7 000 coopératives dans 13 branches distinctes de l’activité économique ; nous représentons 6 % du PIB et sommes responsables de la création de près de 200 000 emplois directs. Les coopératives agricoles et d’élevage prouvent sans l’ombre d’un doute qu’il est possible d’édifier une société plus juste dans le cadre de l’économie mondialisée. L’action du coopérateur Roberto Rodrigues à la tête du ministère de l’Agriculture a été marquée par la lutte contre les barrières commerciales imposées au Brésil et par la défense de nos produits sur le marché international. Le président Lula a lui-même défendu à son tour le système coopératif comme le meilleur moyen de conjuguer développement économique et développement social. Mais ce n’est pas uniquement sur ce terrain que le mouvement coopératif se révèle une alternative viable à la mondialisation. Il apparaît de plus en plus souvent dans un contexte urbain, en tant que forme de développement économique garante d’une intégration sociale. Les coopératives génèrent du travail et des revenus, et ont créé plus de 300 000 emplois dans le pays. Les coopératives de consommation, qui fédèrent plus de 2 millions de Brésiliens, permettent de réguler les prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité dans le commerce de détail. Les coopératives de logement défendent le rêve de l’accession à la propriété pour les personnes à faibles revenus. Les coopératives de santé offrent la possibilité de travailler à près de

vient de lancer son propre label équitable et bio (lire page ci-contre). C’est une étape importante dans le processus d’harmonisation des différentes démarches.» Mais il ne s’agit pas «d’arriver, comme pour le bio, à un seul label national, il faut respecter l’historique des différents mouvements, précise toutefois Nicolas Gauthy, de Max Havelaar France. Il n’est pas question que la France réinvente le commerce équitable». Bref, résume Julie Stoll. Les initiatives restent privées mais les pouvoirs publics s’engagent à faire le tri.» «Nettoyage». Un tri jugé nécessaire par la plupart des acteurs, et notamment les pionniers. Car si ce projet de rééquilibrage des relations commerciales Nord-Sud est né d’initiatives associatives portées par des militants, il est aujourd’hui entré dans l’ère de la grande distribution, qui écoule 95% des produits siglés Max Havelaar, principal référentiel présent en France (pour un volume de 287 millions d’euros en 2009). Pas encore considérable, mais au-delà du marché de niche que le secteur représentait encore au début de la décennie. «Il y a cinq ou six ans, on ne comptait que des acteurs historiques, engagés , raconte Nicolas Mounard, d’Alter Eco, un des pionniers français. Aujourd’hui, l’arrivée de la CNCE est d’autant plus importante qu’on est dans un processus de diffusion massif de l’équitable. On attend une espèce de nettoyage des pratiques moins-disantes.» Gérald Godreuil, d’Artisans du monde, renchérit : «L’implication de l’Etat dans la régulation va permettre de clarifier la situation auprès du public et des parties prenantes.» C’est qu’en l’absence de réglementation, le concept d’équitable ou d’éthique est un peu utilisé à toutes les sauces : «On voit des labels de développement durable qui se créent en surfant sur la mode équitable et qui sont assez ambigus sur leur communication», déplore Julie Stoll. Dans leur collimateur : l’association RainForest Alliance. Cette ONG américaine de protection de l’environnement inclut aussi des critères sociaux mais labellise sans exclusives grandes exploitations et produits des multinationales de l’alimentation (Nespresso, Kraft, Tetley…) «Nous, on défend l’idée que le commerce équitable s’adresse essentiellement aux petits producteurs familiaux dans une démarche d’économie sociale, défend Stéphane Comar, cofondateur d’Ethiquable (140 produits alimentaires équitables au catalogue). Quand, sur le thé par exemple, on travaille avec des grandes plantations, on fait peut-être du développement environnemental, mais pas du commerce équitable.» RainForest elle-même ne se considère pas comme pratiquant le commerce équitable, et n’envisage donc pas de demander la reconnaissance de la CNCE. Satisfecit. Composée de représentants de l’administration et de professionnels du secteur, la CNCE, sorte de «certificateur de certificateurs», devrait dans un premier temps accorder son satisfecit à trois systèmes existants : Flo-Cert (Max Havelaar), Artisans du monde et Ecocert (ESR). Pour l’instant, cette reconnaissance publique ne devrait que discrètement être portée à la connaissance du consommateur. «C’est plutôt destiné à la communication institutionnelle», juge-t-on d’ailleurs du côté de Max Havelaar. Reste que l’initiative, internationale par essence, paraît un peu étriquée dans un cadre strictement français. «Il faudra aller vers une extension européenne, défend Christian Jacob. On finira par y arriver car les consommateurs sont de plus en plus sensibilisés.» Auteur: GUILLAUME LAUNAY Date: 23 avril 2010 Source: http://www.liberation.fr/terre/0101631725-commerce-equitable-vers-un-tri-selectif