algorithme et programmation, Lecture notes of Computer science

cours très résumés et bien pour les débutants

Typology: Lecture notes

2025/2026

Uploaded on 03/08/2026

anas-youca-yuip
anas-youca-yuip 🇲🇦

1 document

1 / 25

Toggle sidebar

This page cannot be seen from the preview

Don't miss anything!

bg1
Universit´
e Moulay Isma
¨
ıl
´
Ecole sup´
erieure de Technologie, Mekn`
es
D´
epartement : G.E
Alg`
ebre S2
Cours d’alg`ebre lin´eaire 1
Fili`eres : GETE .
Pr : A. ELALAMI
Ann´
ee Universitire :2024-2025
pf3
pf4
pf5
pf8
pf9
pfa
pfd
pfe
pff
pf12
pf13
pf14
pf15
pf16
pf17
pf18
pf19

Partial preview of the text

Download algorithme et programmation and more Lecture notes Computer science in PDF only on Docsity!

Universit´e Moulay Isma¨ıl

Ecole sup´´ erieure de Technologie, Mekn`es

D´epartement : G.E

Alg`ebre S

Cours d’alg`ebre lin´eaire 1

Fili`eres : GETE.

Pr : A. ELALAMI

Ann´ee Universitire :2024-

Table des mati`eres

Chapitre 1

Les nombres complexes

1.1 Les nombres complexes

1.1.1 D´efinition

D´efinition 1 Un nombre complexe la donn´ee d’un couple (a, b) ∈ R^2 que l’on notera a + ib

Cela revient a identifier 1 avec le vecteur (1, 0) de R^2 , et i avec le vecteur (0, 1). On note C l’ensemble des nombres complexes. Si b = 0, alors z = a est situ´e sur l’axe des abscisses, que l’on identifiea R. Dans ce cas, on dira que z est r´eel, et R apparaˆıt comme un sous-ensemble de C, appel´e : axe r´eel. Si b 6 = 0, z est appel´e un nombre imaginaire et si b 6 = 0 et a = 0, z est dit imaginaire pur.

1.1.2 Op´erations

Si z = a + ib et z′^ = a′^ + ib′^ sont deux nombres complexes, alors on d´efinit les op´erations suivantes :

  • Addition : (a + ib) + (a′^ + ib′) = (a + a′) + i(b + b′)
  • Multiplication : (a + ib) × (a′^ + ib′) = (aa′^ − bb′) + i(ab′^ + ba′). On d´eveloppe en suivant les r`egles de la multiplication usuelle avec la convention suivante : i^2 = − 1

1.1.3 Partie r´eelle et imaginaire

Soit z = a + ib un nombre complexe, sa partie r´eelle est le r´eel a et on la note <(z) ; alors que sa partie imaginaire est le r´eel b not´e =(z).

Par identification de C `a R^2 , l’´ecriture z = <(z) + i=(z) est unique :

z = z′^ ⇐⇒

  

<(z) = <(z′) et =(z) = =(z′)

En particulier, un nombre complexe est r´eel si et seulement si sa partie imaginaire est nulle. Un nombre complexe est nul si et et seulement si sa partie r´eelle et sa partie imaginaire sont nuls.

1.1.4 Calculs

Quelques d´efinitions et calculs sur les nombres complexes.

  • L’oppos´e de z = a + ib est −z = (−a) + i(−b) = −a − ib.
  • La multiplication par un scalaire λ ∈ R : λ · z = (λa) + i(λb).
  • L’inverse : si z 6 = 0, il existe un unique z′^ ∈ C tel que zz′^ = 1 (z′^ est l’inverse de z). L’inverse de z, not´e (^1) z , est donc

z′^ =

z

a a^2 + b^2

  • i −b a^2 + b^2

a − ib a^2 + b^2

  • La division : (^) zz ′ est le nombre complexe z × (^) z^1 ′.
  • Propri´et´e d’int´egrit´e : si zz′^ = 0 alors z = 0 ou z′^ = 0.
  • Puissances : z^2 = z × z, z n^ = z × · · · × z (n fois, n ∈ N). Par convention z^0 = 1 et z− n^ =

( (^1) z

) n = (^) z^1 n.

Proposition 1 Pour tout z ∈ C diff´erent de 1 1 + z + z^2 + · · · + z n^ = 1 − z n + 1 − z

Pour le d´emontrer, posons S = 1 + z + z^2 + · · · + z n , alors en d´eveloppant, ·(1 − z) presque tous les termes se t´elescopent et l’on trouve ·(1 − z) = 1 − z n +1.

Remarque 1.1 Il n’y pas d’ordre naturel sur C, il ne faut donc pas penser `a comparer deux nombres complexes et ´eviter d’´ecrire z 6 z′.

1.1.5 Conjugu´e, module

Le conjugu´e de z = a + ib est z¯ = a − ib, autrement dit <(¯z) = <(z) et =(¯z) = −=(z). Le point ¯z est le sym´etrique du point z par rapport `a l’axe r´eel.

Le module de z = a + ib est le r´eel positif |z| =

a^2 + b^2. Comme z × ¯z = (a + ib)(a − ib) = a^2 + b^2 alors le module vaut aussi |z| =

z ¯z.

Exemple 1 Les racines carr´ees de i sont +

√ 2 2 (1 +^ i)^ et^ −

√ 2 2 (1 +^ i). En effet : ω^2 = i ⇐⇒ (x + iy)^2 = i

⇐⇒

{ x^2 − y^2 = 0 2 xy = 1

Rajoutons la conditions |ω|^2 = |i| pour obtenir le syst`eme ´equivalent au pr´ec´edent :   

x^2 − y^2 = 0 2 xy = 1 x^2 + y^2 = 1

  

2 x^2 = 1 2 y^2 = 1 2 xy = 1

  

x = ± √^12 y = ± √^12 2 xy = 1 Les r´eels x et y sont donc de mˆeme signe, nous trouvons bien deux solutions :

x + iy =

√^1
  • i
√^1

ou x + iy = −

√^1

− i

√^1

1.2.2 Equation du second degr´´ e

Proposition 3 L’´equation du second degr´e az^2 + bz + c = 0, ou a, b, c ∈ C et a 6 = 0, possede deux solutions z 1 , z 2 ∈ C ´eventuellement confondues.

Soit ∆ = b^2 − 4 ac le discriminant et δ ∈ C une racine carr´ee de ∆. Alors les solutions sont

z 1 = −b + δ 2 a

et z 2 = −b − δ 2 a Et si ∆ = 0 alors la solution z = z 1 = z 2 = −b/ 2 a est unique (elle est dite double). Si on s’autorisait `a ´ecrire δ =

∆, on obtiendrait la mˆeme formule que celle que vous connaissez lorsque a, b, c sont r´eels.

Exemple 2 – z^2 + z + 1 = 0, ∆ = − 3 , δ = i

3 , les solutions sont z = − 1 ± i

  • z^2 + z + 1 − 4 i = 0, ∆ = i, δ =

√ 2 2 (1 +^ i), les solutions sont^ z^ =^

√ 2 2 (1 +^ i) 2

−^12 ±

√ 2 4 (1 +^ i). On retrouve aussi le r´esultat bien connu pour le cas des ´equations `a coefficients r´eels :

Corollaire 1.1 Si les coefficients a, b, c sont r´eels alors ∆ ∈ R et les solutions sont de trois types :

  • si ∆ = 0, la racine double est r´eelle et vaut − b 2 a
  • si ∆ > 0 , on a deux solutions r´eelles −b ±

2 a

  • si ∆ < 0 , on a deux solutions complexes, mais non r´eelles, −b ± i

2 a

1.2.3 Th´eoreme fondamental de l’algebre

Th´eoreme 1.1 (d’Alembert-Gauss) Soit P (z) = a _n_ z _n_^ + a _n_ − 1 z _n_ −^1 + · · · + a 1 z + a 0 un po- lynˆomea coefficients complexes et de degr´e n. Alors l’´equation P (z) = 0 admet exactement n solutions complexes compt´ees avec leur multiplicit´e.

En d’autres termes il existe des nombres complexes z 1 ,... , z n (dont certains sont ´eventuel- lement confondus) tels que

P (z) = a n (z − z 1 ) (z − z 2 ) · · · (z − z n ).

1.3 Argument et trigonom´etrie

1.3.1 Argument

Si z = x + iy est de module 1 , alors x^2 + y^2 = |z|^2 = 1. Par cons´equent le point (x, y) est sur le cercle unit´e du plan, et son abscisse x est not´ee cos θ, son ordonn´ee y est sin θ, ou θ est une mesure de l’angle entre l’axe r´eel et z. Plus g´en´eralement, si z 6 = 0, z/|z| est de module 1 , et cela amene `a :

D´efinition 2 Pour tout z ∈ C∗^ = C \ { 0 }, un nombre θ ∈ R tel que z = |z| (cos θ + i sin θ) est appel´e un argument de z et not´e θ = arg(z).

Cet argument est d´efini modulo 2 π. On peut imposer `a cet argument d’ˆetre unique si on rajoute la condition θ ∈] − π, +π].

Remarque 1.

θ ≡ θ′^ (mod 2π) ⇐⇒ ∃k ∈ Z, θ = θ′^ + 2kπ ⇐⇒

{ cos θ = cos θ′ sin θ = sin θ′

Proposition 4 L’argument satisfait les propri´et´es suivantes :

  • arg (zz′) ≡ arg(z) + arg (z′) (mod 2π)
  • arg (z n ) ≡ n arg(z) (mod 2π)
  • arg (1/z) ≡ − arg(z) (mod 2π)
  • arg(¯z) ≡ − arg z (mod 2π)

Preuve 2

zz′^ = |z| (cos θ + i sin θ) |z′| (cos θ′^ + i sin θ′) = |zz′| (cos θ cos θ′^ − sin θ sin θ′^ + i (cos θ sin θ′^ + sin θ cos θ′)) = |zz′| (cos (θ + θ′) + i sin (θ + θ′))

1.3.4 Applications `a la trigonom´etrie

Voici les formules d’Euler, pour θ ∈ R :

cos θ = e ^ + e− 2 , sin θ = e ^ − e− 2 i Ces formules s’obtiennent facilement en utilisant la d´efinition de la notation exponentielle. Nous les appliquons dans la suite a deux problemes : le d´eveloppement et la lin´earisation.

Remarque 1.3 (D´eveloppement) On exprime sin nθ ou cos nθ en fonction des puissances de cos θ et sin θ.

En effet, on utilise la formule de Moivre pour ´ecrire cos (nθ) + i sin (nθ) = (cos θ + i sin θ) n que l’on d´eveloppe avec la formule du binˆome de Newton.

Exemple 3

cos 3θ + i sin 3θ = (cos θ + i sin θ)^3 = cos^3 θ + 3i cos^2 θ sin θ − 3 cos θ sin^2 θ − i sin^3 θ =

( cos^3 θ − 3 cos θ sin^2 θ

)

  • i

( 3 cos^2 θ sin θ − sin^3 θ

)

En identifiant les parties r´eelles et imaginaires, on d´eduit que

cos 3θ = cos^3 θ − 3 cos θ sin^2 θ et sin 3θ = 3 cos^2 θ sin θ − sin^3 θ.

Lin´earisation : On exprime cos n^ θ ou sin n^ θ en fonction des cos kθ et sin kθ pour k allant de 0 `a n.

Avec la formule d’Euler on ´ecrit sin n^ θ =

( (^) eiθ (^) − e 2 i

) n

. On d´eveloppe `a l’aide du binˆome de Newton puis on regroupe les termes par paires conjugu´ees.

Exemple 4

sin^3 θ =

( e ^ − e− 2 i

) 3

− 8 i

( (e )^3 − 3(e )^2 e− ^ + 3e (e− )^2 − (e− )^3

)

− 8 i

( e^3 ^ − 3 e ^ + 3e− ^ − e−^3

)

( e^3 ^ − e−^3 2 i

e ^ − e− 2 i

)

sin 3θ 4

3 sin θ 4

1.4 S´erie : Exercices facultatifs

Ecole sup´erieure de Technologie, Meknes Algebre Lin`eaire : S´erie N : 2

Fili`eres :GETE, Section 1-2, Pr A.ELALAMI

I.Les nombres complexes

Exercice 1.1 1. Calculer 1 − 2 i + (^1) − i 2 i.

  1. Ecrire sous la forme´ a + ib les nombres complexes (1 + i)^2 , (1 + i)^3 , (1 + i)^4 , (1 + i)^8.
  2. En d´eduire 1 + (1 + i) + (1 + i)^2 + · · · + (1 + i)^7.
  3. Soit z ∈ C tel que |1 + iz| = | 1 − iz|, montrer que z ∈ R.
  4. Montrer que si | Soient P = a n X n^ + a n − 1 X n −^1 + · · · + a 1 X + a 0 et Q = b n X n^ + b n − 1 X n −^1 + · · · + b 1 X + b 0 deux polynˆomes `a coefficients dans K.

P = Q ⇐⇒ ∀i a i = b i

et on dit que P et Q sont ´egaux.

  • Addition. Soient P = a n X n^ + a n − 1 X n −^1 + · · · + a 1 X + a 0 et Q = b n X n^ + b n − 1 X n −^1 + · · · + b 1 X + b 0. On d´efinit :

P + Q = (a n + b n )X n^ + (a n − 1 + b n − 1 )X n −^1 + · · · + (a 1 + b 1 )X + (a 0 + b 0 )

  • Multiplication. Soient P = a n X n +a n − 1 X n −^1 +· · ·+a 1 X+a 0 et Q = b m X m +b m − 1 X m −^1 + · · · + b 1 X + b 0. On d´efinit

P × Q = c r X r^ + c r − 1 X r −^1 + · · · + c 1 X + c 0

avec r = n + m et c k =

i + j = k

a i b j pour k ∈ { 0 ,... , r}.

  • Multiplication par un scalaire. Si α ∈ K alors α · P est le polynˆome dont le i-`eme coefficient est αa i.

Exemple 6 – Soient P = aX^3 + bX^2 + cX + d et Q = αX^2 + βX + γ, alors : P + Q = aX^3 + (b + α)X^2 + (c + β)X + (d + γ), P × Q = (aα)X^5 + (aβ + bα)X^4 + (aγ + bβ + cα)X^3 + (bγ + cβ + dα)X^2 + (cγ + dβ)X + dγ. Enfin P = Q si et seulement si a = 0, b = α, c = β et d = γ.

  • La multiplication par un scalaire λ · P ´equivaut `a multiplier le polynˆome constant λ par le polynˆome P.

Proposition 6 Pour P, Q, R ∈ K[X] alors

  • 0 + P = P , P + Q = Q + P , (P + Q) + R = P + (Q + R) ;
  • 1 · P = P , P × Q = Q × P , (P × Q) × R = P × (Q × R) ;
  • P × (Q + R) = P × Q + P × R.

Soit R n [X] =

{ P ∈ R[X] | deg P ≤ n

}

. Si P, Q ∈ R n [X] alors P + Q ∈ R n [X].

Proposition 7 Soient P et Q deux polynˆomes `a coefficients dans K.

a deg(P × Q) = deg P + deg Q

b deg(P + Q) ≤ max(deg P, deg Q)

D´efinition 5 (Monˆomes) – Un monˆome est un polynˆome contenant un seul terme non nul (du type a k X k ).

  • Soit P = a n X n^ + a n − 1 X n −^1 + · · · + a 1 X + a 0 , un polynˆome avec a n 6 = 0. On appelle terme dominant le monˆome a n X n. Le coefficient a n est appel´e le coefficient dominant de P.
  • Si le coefficient dominant d’un polynˆome P est ´egal `a 1 , on dit que P est un polynˆome unitaire.

Exemple 7 P (X) = (X − 1)(X n^ + X n −^1 + · · · + X + 1). On d´eveloppe cette expression :

P (X) =

( X n +1^ + X n^ + · · · + X^2 + X

) −

( X n^ + X n −^1 + · · · + X + 1

) = X n +1^ − 1. P (X) est donc un polynˆome de degr´e n + 1, il est unitaire et est somme de deux monˆomes : X n +1^ et − 1.

2.2 Arithm´etique des polynˆomes

2.2.1 Division euclidienne

D´efinition 6 Soient A, B ∈ K[X], on dit que B diviseA s’il existe Q ∈ K[X] tel que A = BQ. On note alors B|A.

Nous avons les propri´et´es suivantes :

Proposition 8 Soient A, B, C ∈ K[X].

  1. A|A, 1 |A et A| 0.
  2. Si A|B et B|A, alors il existe λ ∈ K∗^ tel que A = λB.
  3. Si A|B et B|C alors A|C.
  4. Si C|A et C|B alors C|(AU + BV ), pour tout U, V ∈ K[X].

Th´eor`eme 2.1 (Division euclidienne des polynˆomes) Soient A, B ∈ K[X], avec B 6 = 0, alors il existe un unique polynˆome Q et il existe un unique polynˆome R tels que :

A = BQ + R avec deg R < deg B

.

Q est appel´e le quotient et R le reste et cette ´ecriture est la division euclidienne de A par B.

Notez que la condition deg R < deg B signifie R = 0 ou bien 0 ≤ deg R < deg B. Enfin R = 0 si et seulement si B|A.

Exemple 11 Calculons le pgcd de A = X^5 +X^4 +2X^3 +X^2 +X +2 et B = X^4 +2X^3 +X^2 − 4.

X^5 + X^4 + 2 X^3 + X^2 + X + 2 = ( X^4 + 2 X^3 + X^2 − 4) × ( X − 1) + 3 X^3 + 2 X^2 + 5 X − 2 X^4 + 2 X^3 + X^2 − 4 = (3 X^3 + 2 X^2 + 5 X − 2) × 19 (3 X + 4) − 149 ( X^2 + X + 2) 3 X^3 + 2 X^2 + 5 X − 2 = ( X^2 + X + 2) × (3 X − 1) + 0 Ainsi pgcd(A, B) = X^2 + X + 2.

D´efinition 7 Soient A, B ∈ K[X]. On dit que A et B sont premiers entre eux si pgcd(A, B) =

Pour A, B quelconques, on peut se ramener `a des polynˆomes premiers entre eux : si pgcd(A, B) = D alors A et B s’´ecrivent : A = DA′, B = DB′^ avec pgcd(A′, B′) = 1.

2.2.4 Th´eor`eme de B´ezout

Le th´eor`eme suivant d´ecoule de l’algorithme d’Euclide.

Th´eoreme 2.2 (Th´eoreme de B´ezout) Soient A, B ∈ K[X] deux polynˆomes, avec A 6 = 0 ou B 6 = 0. On note D = pgcd(A, B). Il existe deux polynˆomes U, V ∈ K[X] tels que AU +BV = D.

Dans l’exemple suivant, en remontant au processus de l’algorithme d’Euclide, on obtient :

Exemple 12 Nous avons calcul´e pgcd(X^4 − 1 , X^3 − 1) = X − 1. Nous remontons l’algorithme d’Euclide, ici il n’y avait qu’une ligne : X^4 − 1 = (X^3 − 1) × X + X − 1 , pour en d´eduire X − 1 = (X^4 − 1) × 1 + (X^3 − 1) × (−X). Donc U = 1 et V = −X conviennent.

Exemple 13 Pour A = X^5 + X^4 + 2X^3 + X^2 + X + 2 et B = X^4 + 2X^3 + X^2 − 4 nous avions trouv´e D = pgcd(A, B) = X^2 + X + 2. En partant de l’avant derni`ere ligne de l’algorithme d’Euclide on a d’abord : B = (3X^3 + 2X^2 + 5X − 2) × 19 (3X + 4) − 149 D donc

D = B − (3X^3 + 2X^2 + 5X − 2) ×
(3X + 4).

La ligne au-dessus dans l’algorithme d’Euclide ´etait : A = B × (X − 1) + 3X^3 + 2X^2 + 5X − 2. On substitue le reste pour obtenir :

D = B −

( A − B × (X − 1)

) ×

(3X + 4).

On en d´eduit

D = −A ×
(3X + 4) + B

( 1 + (X − 1) ×

(3X + 4)

)

Donc en posant U = 141 (3X + 4) et V = − 141

( 9 + (X − 1)(3X + 4)

) = − 141 (3X^2 + X + 5) on a AU + BV = D.

Le corollaire suivant s’appelle aussi le th´eor`eme de B´ezout.

Corollaire 2.1 Soient A et B deux polynˆomes. A et B sont premiers entre eux si et seulement s’il existe deux polynˆomes U et V tels que AU + BV = 1.

Corollaire 2.2 Soient A, B, C ∈ K[X] avec A 6 = 0 ou B 6 = 0. Si C|A et C|B alors C|pgcd(A, B).

Corollaire 2.3 (Lemme de Gauss) Soient A, B, C ∈ K[X]. Si A|BC et pgcd(A, B) = 1 alors A|C.

2.2.5 ppcm

Proposition 10 Soient A, B ∈ K[X] deux polynˆomes non nuls, alors il existe un unique poly- nˆome unitaire M de plus petit degr´e tel que A|M et B|M. C’est le plus petit commun multiple de A et B appel´e le ppcm et not´e ppcm(A, B).

Exemple 14 ppcm

( X(X−2)^2 (X^2 +1)^4 , (X+1)(X−2)^3 (X^2 +1)^3

) = X(X+1)(X−2)^3 (X^2 +1)^4.

Proposition 11 Soient A, B ∈ K[X] des polynˆomes non nuls et M = ppcm(A, B). Si C ∈ K[X] est un polynˆome tel que A|C et B|C, alors M |C.

2.3 Racine d’un polynˆome, factorisation

2.3.1 Racines d’un polynˆome

D´efinition 8 Soit P = a n X n^ + a n − 1 X n −^1 + · · · + a 1 X + a 0 ∈ K[X].

Pour un ´el´ement x ∈ K, on note P (x) = a n x n^ + · · · + a 1 x + a 0. On associe ainsi au polynˆome P une fonction polynˆome (que l’on note encore P )

P : K → K, x 7 → P (x) = a n x n^ + · · · + a 1 x + a 0.

D´efinition 9 Soit P ∈ K[X] et α ∈ K. On dit que α est une racine(ou un z´ero) de P si P (α) = 0.

Proposition 12 P (α) = 0 ⇐⇒ (X − α) divise P

2.3.3 Polynˆomes irr´eductibles

D´efinition 11 Soit P ∈ K[X] un polynˆome de degr´e ≥ 1 , on dit que P est irr´eductible si pour tout Q ∈ K[X] divisant P , alors, soit Q ∈ K∗, soit il existe λ ∈ K∗^ tel que Q = λP.

Remarque 2.3 – Un polynˆome irr´eductible P est donc un polynˆome non constant dont les seuls diviseurs de P sont les constantes ou P lui-mˆeme (a une constante multiplicative pres).

  • La notion de polynˆome irr´eductible pour l’arithm´etique de K[X] correspond `a la notion de nombre premier pour l’arithm´etique de Z.
  • Dans le cas contraire, on dit que P est r´eductible ; il existe alors des polynˆomes A, B de K[X] tels que P = AB, avec deg A ≥ 1 et deg B ≥ 1.

Exemple 17 – Tous les polynˆomes de degr´e 1 sont irr´eductibles. Par cons´equent il y a une infinit´e de polynˆomes irr´eductibles.

  • X^2 − 1 = (X − 1)(X + 1) ∈ R[X] est r´eductible.
  • X^2 + 1 = (X − i)(X + i) est r´eductible dans C[X] mais est irr´eductible dans R[X].
  • X^2 − 2 = (X −
2)(X +
  1. est r´eductible dans R[X] mais est irr´eductible dans Q[X].

Le Lemme d’Euclide dans Z s’applique par ´egalement pour les polynˆomes :

Proposition 14 (Lemme d’Euclide) Soit P ∈ K[X] un polynˆome irr´eductible et soient A, B ∈ K[X]. Si P |AB alors P |A ou P |B.

2.3.4 Th´eor`eme de Factorisation

Th´eor`eme 2.5 Tout polynˆome non constant A ∈ K[X] s’´ecrit comme un produit de polynˆomes irr´eductibles unitaires : A = λP 1 k 1 P 2 k 2 · · · P (^) rkr

o`u λ ∈ K∗, r ∈ N∗, k i ∈ N∗^ et les P i sont des polynˆomes irr´eductibles distincts.

De plus cette d´ecomposition est unique a l’ordre pres des facteurs.

2.3.5 Factorisation dans C[X] et R[X]

Th´eor`eme 2.6 Les polynˆomes irr´eductibles de C[X] sont les polynˆomes de degr´e 1.

Tout polynˆome P ∈ C[X] de degr´e n ≥ 1 admet une factorisation sous la forme : P = λ(X − α 1 ) k^1 (X − α 2 ) k^2 · · · (X − α r ) kr^ , o`u α 1 , ..., α r sont les racines distinctes de P et k 1 , ..., k r sont leurs multiplicit´es.

Th´eor`eme 2.7 Les polynˆomes irr´eductibles de R[X] sont les polynˆomes de degr´e 1 ainsi que les polynˆomes de degr´e 2 dont le discriminant ∆ < 0.

Soit P ∈ R[X] de degr´e n ≥ 1. Alors la factorisation s’´ecrit P = λ(X − α 1 ) k^1 (X − α 2 ) k^2 · · · (X − α r ) kr^ Q _ 11 · · · Q _ ss , o`u les α i sont exactement les racines r´eelles distinctes de mul- tiplicit´e k i et les Q i sont des polynˆomes irr´eductibles de degr´e 2 : Q i = X^2 + β i X + γ i avec ∆ = β i^2 − 4 γ i < 0.

Exemple 18 P (X) = 2X^4 (X − 1)^3 (X^2 + 1)^2 (X^2 + X + 1) est d´ej`a d´ecompos´e en facteurs irr´eductibles dans R[X] alors que sa d´ecomposition dans C[X] est

P (X) = 2X^4 (X − 1)^3 (X − i)^2 (X + i)^2 (X − j)(X − j^2 ) o`u j = e 2 3 = −1+ i

√ 3

Exemple 19 Soit P (X) = X^4 + 1.

  • Sur C. On peut d’abord d´ecomposer P (X) = (X^2 + i)(X^2 − i). Les racines de P sont donc les racines carr´ees complexes de i et −i. Ainsi P se factorise dans C[X] :

P (X) =

( X −

√ 2 2 (1 +^ i)

)( X +

√ 2 2 (1 +^ i)

)( X −

√ 2 2 (1^ −^ i)

)( X +

√ 2 2 (1^ −^ i)

) .

  • Sur R. Pour un polynˆome a coefficient r´eels, si α est une racine alors α¯ aussi. Dans la d´ecomposition ci-dessus on regroupe les facteurs ayant des racines conjugu´ees, cela doit conduirea un polynˆome r´eel :

P (X) =

[( X −

√ 2 2 (1 +^ i)

)( X −

√ 2 2 (1^ −^ i)

)] [( X +

√ 2 2 (1 +^ i)

)( X +

√ 2 2 (1^ −^ i)

)]

[ X^2 +

2 X + 1

][ X^2 −

2 X + 1

] ,

qui est la factorisation dans R[X].