Analyse Zone, Alcools, Lecture notes of French

Analyse lineaire par vers Guillaume Apollinaire

Typology: Lecture notes

2020/2021

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Objet d’étude 3 : Poésie du XIX au XXIe siècle
Parcours : Modernité poétique
Lecture intégrale : Alcools, Guillaume Apollinaire, 1913
Lecture linéaire 11 : Zone
INTRODUCTION :
Guillaume Apollinaire incarne « l’esprit nouveau » selon l’expression qu’il utilisera lors d’une
conférence en 1917. Dans son recueil Alcools, initialement nommé Eau-de-vie, ce vent de
modernité est palpable puisqu’il s’inspire de la ville, du rythme du jazz et de la peinture
cubiste, supprimant la ponctuation de tous ses poèmes. Toutefois, Apollinaire respecte une
certaine tradition poétique. Effectivement, selon Pierre Brunel, il est : « entre deux
mondes ». C’est justement cette posture particulière, entre tradition et modernité, que nous
retrouvons dans le poème « Zone », qui fait l’objet de notre étude. Placé en tête du recueil,
ce texte est, pourtant, le dernier poème rédigé par Apollinaire avant la publication en 1913.
Toutefois, en ouvrant Alcools avec ce texte, l’auteur affirme la modernité de son écriture et
de ses inspirations. Il évoque, dans un poème dépourvu de versification, un espace urbain où
se mêle passé et présent.
LECTURE EXPRESSIVE
Probelmatique : Ainsi, nous nous demanderons en quoi ce poème célèbre-t-il la
modernité ?
Plan : Pour cela, nous relèverons deux mouvements dans ce texte : tout d’abord la
confrontation du passé et du présent des vers 1 à 14 et l’évocation d’un monde moderne
des vers 15 à 24.
MOUVEMENT 1
I/ La confrontation du passé et du présent (v 1 à 10)
a/ La lassitude vis-à-vis du passé (v 1 à 3)
Nous pouvons constater que les trois premières strophes, qui ouvrent « Zone »,
sont des monostiches (strophes d’un vers) et rendent palpables la lassitude
d’Apollinaire quant au passé. Le premier vers est déroutant : « A la fin tu es las de
ce monde ancien » dans la mesure il s’agit d’un vers classique,
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Objet d’étude 3 : Poésie du XIX au XXIe siècle Parcours : Modernité poétique Lecture intégrale : Alcools, Guillaume Apollinaire, 1913 Lecture linéaire 11 : Zone

INTRODUCTION :

Guillaume Apollinaire incarne « l’esprit nouveau » selon l’expression qu’il utilisera lors d’une conférence en 1917. Dans son recueil Alcools , initialement nommé Eau-de-vie , ce vent de modernité est palpable puisqu’il s’inspire de la ville, du rythme du jazz et de la peinture cubiste, supprimant la ponctuation de tous ses poèmes. Toutefois, Apollinaire respecte une certaine tradition poétique. Effectivement, selon Pierre Brunel, il est : « entre deux mondes ». C’est justement cette posture particulière, entre tradition et modernité, que nous retrouvons dans le poème « Zone », qui fait l’objet de notre étude. Placé en tête du recueil, ce texte est, pourtant, le dernier poème rédigé par Apollinaire avant la publication en 1913. Toutefois, en ouvrant Alcools avec ce texte, l’auteur affirme la modernité de son écriture et de ses inspirations. Il évoque, dans un poème dépourvu de versification, un espace urbain où se mêle passé et présent.  LECTURE EXPRESSIVE Probelmatique : Ainsi, nous nous demanderons en quoi ce poème célèbre-t-il la modernité? Plan : Pour cela, nous relèverons deux mouvements dans ce texte : tout d’abord la confrontation du passé et du présent des vers 1 à 14 et l’évocation d’un monde moderne des vers 15 à 24.

MOUVEMENT 1

I/ La confrontation du passé et du présent (v 1 à 10) a/ La lassitude vis-à-vis du passé (v 1 à 3) Nous pouvons constater que les trois premières strophes, qui ouvrent « Zone », sont des monostiches (strophes d’un vers) et rendent palpables la lassitude d’Apollinaire quant au passé. Le premier vers est déroutant : « A la fin tu es las de ce monde ancien » dans la mesure où il s’agit d’un vers classique,

d’un alexandrin plus précisément, répondant à une certaine tradition poétique. Cependant, il s’agit déjà, pour le poète, d’annoncer un renouveau poétique. Effectivement, il est intéressant de noter que la diérèse sur le mot « ancien » concourt à donner l’impression que l’adjectif se brise : « anc-i-en » et donc que le passé s’efface. Cette décomposition du mot évoque aussi la peinture cubiste. La présence de l’attribut du sujet : « las » qui met en évidence le désir de rupture d’Apollinaire. Le poète nous surprend en utilisant le pronom personnel « tu » pour se désigner. Le lyrisme (= évocation des sentiments personnels. Registre énormément utilisé par le romantisme mouvement littéraire du début du XIXème siècle) est, de la sorte, mis à distance. Pourtant, ce choix permet au lecteur de devenir, au même titre qu’Apollinaire, le destinataire du poème. Le vers 3 insiste plus encore sur cette envie de modernité. Une formule assez familière : « Tu en as assez de l’antiquité grecque et romaine » exprime la lassitude à l’égard de l’Antiquité, considérée comme une inspiration et un modèle absolus au cours des siècles précédents. Enfin, le vers 2 est également à observer. Apollinaire abandonne l’alexandrin au profit d’un vers libre de 16 syllabes et inscrit, de la sorte, la modernité poétique au cœur de « Zone ». Néanmoins, comme au vers 1, nous sommes sensibles à la présence discrète de la poésie traditionnelle. En effet, l’utilisation du « ô » lyrique témoigne d’un certain élan lyrique, d’un héritage romantique. Pourtant, il est placé devant un symbole fort de modernité : la Tour Eiffel dont la construction avait fait scandale, suscitant des réactions hostiles mais aussi enthousiastes comme chez le peintre Delaunay, un proche d’Apollinaire. Cette référence précipite le poème dans l’espace urbain comme la métaphore du vers 2 : « le troupeau des ponts bêle ce matin » qui métamorphose les arches des ponts de la Seine en dos de moutons. b/ La religion hors du temps (v 5 à 10) A partir du vers 5, Apollinaire se réfère à la religion. Le parallélisme de construction des vers 5 et 6 : « La religion seule est restée toute neuve la religion / est restée simple » lui confère une modernité évidente. L’ enjambement , d’ailleurs, permet la mise en évidence du substantif : « religion » qui se trouve au début et à la fin du vers 5. De plus, nous pouvons relever une comparaison surprenante puisque la religion est assimilée aux « hangars de Port Aviation » (v 6) Alors que le « ô » lyrique précédait un symbole de modernité au vers 2, il accompagne, au vers 7, le « Christianisme » créant une forme de correspondance

Dans le vers 15 et dans l’intégralité de la strophe 6, l’auteur centre son regard sur une rue parisienne. Apollinaire nous narre, alors, une de ses déambulations et va utiliser, pour la première fois, la première personne du singulier : « J’ai vu ce matin » (v 15). Cette rue, plutôt banale dans la mesure où le poète n’a plus souvenir de son nom, est, toutefois, qualifiée de « jolie » (v 15) Elle est le témoin de la modernité puisqu’elle offre le défilé de parisiens du XXème siècle : « Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes / Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent » Elle est même gagnée par une musicalité moderne, celle de la ville, en témoigne le champ lexical du bruit : « clairon » (v 16), « gémit » (v 19), « aboie » (v 20), « criaillent » (v 22) Elle est animée, vivante même si ces sons peuvent devenir angoissants. Enfin, le vers 23 : « J’aime la grâce de cette rue industrielle » est singulier. Nous pouvons distinguer une forme d’ antiphrase entre « grâce » et « industrielle ». Apollinaire célèbre, encense le monde moderne qui, pour lui, possède une beauté véritable. Le poème « Zone » manifeste une certaine lassitude à l’égard de la poésie traditionnelle, bien que celle-ci se retrouve au fil de plusieurs vers. Apollinaire éprouve une fascination pour la modernité, pour la ville et porte un regard enchanté sur le quotidien. En effet, l’espace urbain sert de décor à plusieurs poèmes d’ Alcools comme par exemple « Sous le pont Mirabeau » qui a pour cadre Paris et un célèbre pont métallique, emblème de la modernité.

CONCLUSION :