Chapitre iii master ii, Thesis of Human ethology

Cameroon's history

Typology: Thesis

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CHAPITRE II : LE « MAQUIS » DANS LA VILLE DOUALA :
GUERILLA URBAINE
I. GENESE, ACTEURS PRINCIPAUX ET QUARTIERS CHAUDS DU
MAQUIS A DOUALA
L’émancipation du peuple camerounais ne s’arrêta guère aux incidents de mai 1955.
Plutôt, ce désir d’indépendance conduisit les upécistes au maquis, semant la terreur dans le
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CHAPITRE II : LE « MAQUIS » DANS LA VILLE DOUALA :

GUERILLA URBAINE

I. GENESE, ACTEURS PRINCIPAUX ET QUARTIERS CHAUDS DU

MAQUIS A DOUALA

L’émancipation du peuple camerounais ne s’arrêta guère aux incidents de mai 1955.

Plutôt, ce désir d’indépendance conduisit les upécistes au maquis, semant la terreur dans le

pays. La ville de Douala ne fut pas épargnée par les exactions de cette guérilla au contraire, le

maquis fut une réalité quotidienne dans cette ville. Etant l’une des plus importantes du pays,

elle fut aussi l’une des plus touchées par ce problème de terrorisme. Toutefois, il importe

d’étudier d’avance les causes, les acteurs et les lieux de ce groupe terroriste.

A. Aux origines du maquis dans la ville de douala

1. Les problèmes d’Um Nyobe avec la justice

Plusieurs versions de faits accompagnent les différents d’Um avec l’administration ainsi

que son entrée dans le maquis. Voici ci-dessous l’exposé de deux interprétations :

  • L’affaire « De Gelis contre Um »

Cette affaire remontait à 1953. En effet, ces poursuites contre Um Nyobe portait sur le fait

que le 7 février 1953, M. DE GELIS, alors chef de subdivision à Babimbi I, avait dissous une

réunion de l’U.P.C. Roland Pré récupéra ce dossier que son prédécesseur avait classé sans

suite pour achever la carrière politique de Ruben Um Nyobe. Pour cette raison, il fut reçut à

l’aéroport par un mandat de comparution à son retour de New York. Daniel Abwa affirme

que : « c’est la résurrection de cette affaire et la volonté manifeste de Roland Pré de l’utiliser pour

mettre Um hors d’état de nuire qui contraignirent ce dernier à la clandestinité dès la fin du moi

d’avril 1955 1 ». En effet, après le 22 avril, Ruben Um Nyobe quittait Douala et prenait le

maquis en Sanaga-Maritime 2. Outre cette affaire qui l’opposait à M. De Gelis, il y eu ce

problème de crash d’avion qui plongeant Um dans le pétrin.

  • L’avion manqué de Um et le crash qui s’en est suivit

L’histoire raconte que le 18 avril 1955, Um devait prendre un vol « le Héron », qui partait

de Yaoundé pour Douala. Il l’avait une place dans l’avion mais quand il vint, on l’annonça

que le vol était pour 14h30. Au moment où l’avion devait décoller, il fut en retard et le

commandant de bord dit qu’on ne pouvait pas empêcher le voyage pour une seule personne.

C’est ainsi que Um rata le vol. Au niveau d’Edéa, vers la forêt du Nkam, l’avion fit un crash.

Les gens se mirent à dire que l’avion avait été saboté et Um venait d’échapper à un attentat 3.

Pour les autorités, Um, devenu suspect, fut recherché pour besoin d’enquête. Car il fallait

qu’il prouve son innocence dans ce crash vu qu’il ne l’a plus prit alors qu’il y était enregistré.

Mais la population, interpréta que Um était recherché pour être tué par les colons, d’autant

plus que maître Henri Battu, avocat français proche des nationalistes y trouva la mort 4. Elle

1 D. Abwa, Commissaires et hauts commissaires , op cit., p. 2 Pierre Divol, Direction de la Sureté, op.cit., p 3 B. Tonje, Sur le chemin de l’émancipation national, op.cit., p

4 B. Tonje, Sur le chemin de l’émancipation national, op.cit., p

à Douala pour faire par t du jugement de 25 détenus politiques, inculpés de reconstitution

d’association dite U.P.C., légalement dissoute. De telles répressions poussèrent les partisans

de l’UPC à emprunter le chemin du maquis.

3. Le désir d’indépendance

La soif d’indépendance du Cameroun, attisa l’ardeur des maquisards. Pour Thomas

Deltombe : « les trois mots d’ordre étaient simples et martelés aux quatre coins du territoire :

fixation d’un délai pour l’accession à l’indépendance, réunification immédiate des deux Cameroun et

élévation du niveau de vie de la population » 11. Selon la veuve Lobè : « le maquis provenait de ce

que l’UPC qui demandait l’indépendance » 12. En effet, les incidents violents de 1955 ne purent

répondre aux attentes de l’UPC. Ces derniers voulurent poursuivre leur objectif à savoir

libérer le pays du joug colonial. Le 1 er^ janvier 1960, le Cameroun oriental devint un pays

indépendant 13. Cependant, L’obtention de l’indépendance ne fit pas la satisfaction de tous,

les upécistes en particulier car elle fut trouver injuste et corrompue. Ils pensaient alors lutter

pour la vraie indépendance du pays. C’est ainsi que par des moyens inhumains, ils

cherchèrent à se faire comprendre. La conséquence directe fut les dommages dont les

populations furent victimes. Douala devint alors le théâtre des agitions, des brutalités, de

vandalisme et d’insécurité.

B. Acteurs et lieux principaux du maquis à Douala

1. Acteurs principaux

a. Tankeu Noé

Originaire du pays bamiléké, Tankeu Noé était le leader du maquis à Douala et

commandant de l’armée de libération nationale Kamerounaise (ALNK) pour la région du

littoral. Les blancs avaient mit les affiches partout avec sa photo promettant une rançon à qui

conque aiderait à le capturer car ses actions étaient devenues insupportables. On avait écrit

sur ces affiches que « cet homme est dangereux » 14.

Les avis son partagés sur la profession de Tankeu Noé pour les uns, il était un

photographe et pour d’autre il était musicien. Quoi qu’il en soit, tous s’accorde sur le fait qu’il

fut un redoutable maquisard dans la région de Douala, ayant lutté d’abord contre les colons,

ensuite contre le gouvernement d’Ahmadou Ahidjo nouvellement installé. Quand il tuait les

11 Deltombe thomas, Domergue Manuel, Tatsitsa Jacop, KAMEROUN! Une guerre cachée, op cit., p 12 Veuve Lobè 13 E. Mveng, L’histoire du Cameroun , Tome II, op cit., p 14 Bindji A. R.

gens, il prenait leur bien. Il échappait à la police grâce au complice qu’il avait au sein de la

population et des forces de maintien d’ordre.

Il tua les hommes y compris les blancs dans la ville de Douala qui s’opposèrent à leur

objectif.

b. Le prince Dika Akwa Nyabonabela

Le prince Dika Akwa Nyabonabela fut l’un des chefs du maquis à Douala. Son fief était

Akwa Nord. Il tua les blancs en grande quantité pour se venger du problème des terres

arrachées au doualas. Pour cette raison, certains déduisirent qu’il intégra le maquis, afin de

reprendre ces terres. Il se dit qu’il tua un importateur grec du nom de Solfias. Aussi il brula

les grandes boutiques à l’instar de la PRINTANIA et de la MONOPRIX.

c. Pierre Kamdem Ninyim

Il est décrit comme le chef des opérations de déstabilisations de Douala, faisant et

défaisant les chaines de commandements au sein de la guérilla urbaine 15.

2. Lieux principaux

Certes il y avait des pôles de maquis un peu partout à Douala. Mais les quartiers chauds

furent Akwa Nord et New-Bell, qui abritèrent à l’époque une population jeune vivant dans des

conditions précaires. Ici, Bassas et Bamilékés furent très sensible au mot d’ordre de l’UPC. Il

fut aussi très facile de recruter des upécistes dans ces zones 16. En outre, des quartiers tels que

Bonamoussadi, Japoma, Logpom et le quartier Congo abritèrent des maquisards. N’oublions

pas où les maquisards vénèrent aussi s’y réfugier.

a. Akwa nord et New-Bell

Le maquis d’Akwa Nord était dirigé par le prince Dika Akwa Nyabonabela, un douala 17.

Pendant la période du maquis, le quartier New-Bell était très violent à tel point qu’il était

devenu impossible de sortir de nuit, tant les agressions devinrent monnaie courante. M.

Fampou Dagobert à écrit au préfet du département du Wouri le 22 novembre 1968 pour lui

faire part de la recrudescence du banditisme et du gangstérisme à New-Bell.

Monsieur l’inspecteur fédéral, j’ai l’honneur de vous rendre compte après constatation personnelle de l’insécurité donc vit la population de New-Bell, en courant à chaque déplacement le risque d’être volé à la maison où d’être attaqué sur la route. Les points suivant ont été repéré comme centre névralgique en ce qui concerne les agressions

15 Deltombe thomas, Domergue Manuel, Tatsitsa Jacop, KAMEROUN! Une guerre cachée, op cit ., p 16 Professeur Dikoumé A. F. 17 Ibid.

Certains quartiers de Douala servaient de recrutement au maquis. C’est le cas du

quartier New-Bell, où le nommé Joseph Pawa affirme avoir recruté quatre maquisards pour le

maquis de Manga :

… Il ya trois mois, Moïse Youmbi m’a chargé d’organiser un maquis dans la région de manga en vue de pratiquer des attentats dans cette région (sic)… Mais je m’engageais à enrôler des volontaires. Depuis la création (de ce maquis)… J’ai recruté quatre maquisards : Sivetra Kamgue ; Mambou Jean ; Tchaptche Jean, Poisi Jean. Tous au quartier New-Bell Bamiléké à Douala. Je suis donc uniquement chargé du recrutement des hommes pour le maquis 22

Les maquisards profitaient aussi des discordes familiales pour recruter ou d’une

mésentente entre amis. Ainsi ils trouvèrent un individu pour servir leur intérêt ça pouvait être

l’enfant, le père ou la mère. En retour, ils aidaient ce dernier à faire du mal à son adversaire 23.

2. Le rôle d’intermédiaire

Douala, de part sa position géographique, était une plaque tournante du maquis. En effet,

Douala servait de liaison entre le grand maquis de la Sanaga-Maritime et les autres zones où il

sévissait tel que le Moungo, le Mbam et les pays Bamilékés.

Le système des agents de liaison permettait d’assurer la communication avec

l’extérieur, mais aussi à l’intérieur du maquis. Pour réussir, des réseaux de complicités furent

tissés parmi les conducteurs, les contrôleurs et les voyageurs sur les chemins. Selon

Lamberton : « les colis (machines à écrire, appareils à tirer des stencils, pièces détachées de radio,

matériaux et outillages pour la fabrication des fusils de traite) étaient chargés à Douala et à Edéa,

puis, déposés en cours de route, en des points où le chauffeur s’avait qu’il devait ralentir » 24. Douala

ne jouait pas uniquement le rôle d’intermédiaire entre les maquisards de l’intérieur du pays.

Au contraire sa participation s’étendait jusqu’au niveau international.

Au plan international Douala en sa qualité de ville portuaire jouait un rôle d’intermédiaire

déterminant durant la période du maquis. En effet, les maquisards recevaient régulièrement

les munitions en provenance de certains pays où se trouvaient les gens ayant les mêmes

22 E. Jacques, L’agitation socio-politique et la violence dans la subdivision de Mbanga entre 1950 et 1960 , mémoire de maîtrise en histoire, université de Yaoundé I 1999-2000 P. 23 Tchatat Elie, 78 ans, ex-maquisard, maître d’instruction marin (retraité) à fait l’armée au temps des français, New-Deido, 31-03-2014, 18h-19h 24 A. Mbembe, La naissance du maquis dans le sud Cameroun, op cit., p.

aspirations politiques. C’est l’exemple ci-contre 25 (SIC) de cette cargaison d’armes en

provenance de la Tchécoslovaquie.

Par la ville de Douala, Ruben Um Nyobè pouvait recevoir et échanger depuis sa

cachette au cœur des forêts profondes de Boumnyébel avec ses camarades exilés à l’étranger

ou encore avec tous ceux qui, bien qu’étant hors du pays, partageaient et soutenaient sa

vision. Ecoutons Achille Mbembe à ce sujet :

Certes, quelques lettres, des livres, des brochures et des revues lui parvenaient encore. Un semblant de liaison se maintint d’ailleurs jusqu’au 15 juillet 1958, date à laquelle lui parvint un paquet en provenance de Douala et renfermant une bouteille de cognac et des lettres. Auparavant, en janvier, étaient arrivées ce qui semble être les dernières lettres envoyées par Félix Moumié en exil au Caire. Au mois de mai, Um avait accusé réception d’une machine à écrire. Le 27 juin, il reçut une livraison de la revue Temps nouveaux 26_._

En novembre 1962, deux bureaux de liaison installés à Douala et à victoria furent

démantelés. Ils étaient en relation avec le maquis de l’intérieur et la direction de l’UPC à

l’extérieur ainsi que la section de France de l’UPC comme l’indique la SEDOC 27.

B. Manifestation du maquis dans à Douala

Le maquis se manifestait à Douala de plusieurs manières. Mais pour y évoluer, les

maquisards avaient un mode d’opération bien structuré.

1. Méthodes de fonctionnements

a. Les agents de liaison

A cette époque, on avait dans la ville de Douala une autre catégorie de malfaiteurs au sein

de la population ayant l’aire débonnaire. Il s’agissait des personnes qui ne posaient pas

d’actions ouvertes. Elles étaient plutôt des sortes d’agents secrets, qui installées dans la ville,

renseignaient le maquis de l’évolution des enquêtes des forces de l’ordre, des mesures prises

par celles-ci pour les combattre. En plus de jouer le rôle des services de renseignement, ces

espions, installés dans la ville de Douala, pourvoyaient le maquis en nourriture. Et si

quelqu’un du maquis était de passage dans la ville, il était logé en toute quiétude chez l’un des

contacts présent sur places. Les enfants jouèrent beaucoup le rôle d’agent de liaison et de

guetteur. Les femmes apportèrent un soutien considérable à la rébellion. Leurs actions se

25 Confer annexe p 26 A. Mbembe, La naissance du maquis dans le sud Cameroun, op cit., p.388- 27 Deltombe thomas, Domergue Manuel, Tatsitsa Jacop, KAMEROUN! Une guerre cachée, op cit., p

Douala »…le couvre feu est instauré et la capitale économique quadrillée pour dissuader les terroristes 31_._

Fotso, l’un des chefs de l’ANLK, affirme avoir aussi attaqué le camp de Mboppi avec

son groupe en occasionnant beaucoup de dégâts surtout des pertes en vies humaines en 1961.

L’objectif de cette attaque fut de voler les armes afin de s’en servir dans le Mungo, son

territoire d’action 32.

d. Les courtiers

Les maquisards communiquaient par des correspondances qui circulaient d’un point à un

autre. La nécessité des courtiers s’imposaient pour la réussite des actions. C’est pour cette

raison que les maquisards mirent sur pied un véritable réseau d’intermédiaires. Ainsi, on

pouvait donner la lettre à un commissionnaire maquisard de genre masculin ou féminin dans

laquelle ils prévenaient qu’ils allaient tuer un tel tout en disant en quoi le concerné avait trahi

le pays. Le rôle du courtier était de tout faire pour glisser la dite lettre dans la poche du

concerné 33.

Tchatat Elie, ex-maquisard, nous relate comment il jouait le rôle de courtier.

Je profitais de mon titre de militaire pour transporter les lettres d’un point à un autre, partout où on m’envoyait car dans le maquis on savait qu’on ne pouvait pas me fouiller en route, puisque j’étais en tenu et supposé combattre le maquis. Je cachais ces lettres dans la voiture en haut à un bon endroit que j’avais minutieusement aménagé. Vous savez généralement on fouille les voitures en regardant par le bas, en soulevant les choses car on sait que le haut ne peut rien abriter. Moi donc je les cachais en haut ainsi s’il arrivait un jour qu’on me fouillât, on ne trouverait rien du tout. Je veillais à toutes les prédispositions. C’était ça mon rôle, et heureusement pour moi, on ne m’avait jamais attrapé, ni même soupçonner. Je me souviens que la population vivait à l’époque sous un climat de terreur. Tout le travaillait dans la peur et la terreur avaient envahi les esprits. Mais nous le faisions pour le bien de notre nation. Jusqu’aujourd’hui je défens la même cause, je n’ai pas changé d’avis et ce sera ainsi jusqu’à ma mort 34_._

e. La délinquance

31 Ibid. p 32 Entretien avec Mboua Massok Martin, 63 ans, opposant politique dit « le combattant », domicile à pk13, 07-04-2014. 15h30-18h15 En fait, Fotso est son ami 33 Tchatat E. 34 Ibid.

Les partisans du maquis semaient la terreur chez les habitants de Douala. C’est ainsi

qu’on assista à des incendies, des viols, des vols, des actes de sabotage et des tueries. Ces

actes étaient leur mode d’action à travers le territoire camerounais. Pour de signifier l’ampleur

des dommages causés par ces malfaiteurs, Achille Mbembe s’indigne : « les ordres donnés

étaient pratiquement les mêmes partout : empêcher les gens de voter, brûler les cases…faire sauter les

ponts…assassiner… » 35. Pour décrire cette situation, Engelbert Mveng relate un moment fort

de la séance du 15 mai 1956 à l’assemblée territoriale : « A l’assemblée territoriale, un député,

Mr CHADJOU, au cours de la séance du 15 mai 1956, lance ce cris de panique : « Nous ne le

dissimulons pas, nous sommes devant la catastrophe … Sans doute, à cette époque-là, le terrorisme

venait de commencer à Douala, en Sanaga maritime, en pays Bamiléké 36 ». Ils se comportaient de

manière inhumaine, plongeant ainsi la ville de Douala dans une insécurité extrême.

f. La rapidité

Ils savaient déjouer les forces d’ordre ; quand ils avaient un discours publique à faire, ils

le faisaient à l’heure prévue et c’est quand ils finissaient jusqu’à partir que les forces de

l’ordre se rendaient compte qu’ils furent là. Alors ils se mettaient à torturer la population

innocente dans le but d’obtenir quelques informations susceptibles de les renseigner. C’est

pourquoi on disait qu’ils avaient puissances surnaturelles.

g. L’invisibilité

Par leur manière d’agir, les maquisards étaient dans la ville mais était difficile de le

savoir 37. La majorité des actions des maquisards se firent la nuit. Ainsi, le jour les hommes se

déplaçaient, travaillaient, mais la nuit c’était la terreur, et chacun restait chez soi. De cette

façon, on ne pouvait savoir qui fait quoi. Cette stratégie facilita la dissimulation des

maquisards car cela leur permit d’avoir une double vie. En journée ils passèrent pour des

simples citoyens tandis que la nuit ils devinrent des gangsters capable de toutes sortes de

cruauté.

h. La guerre économique

La guerre économique faisait partie des priorités de l’offensive de l’ALNK. La ville de

Douala fut particulièrement touchée compte tenu de son poids économique dans le pays. Pour

réussir, ils mirent sur pieds quelque stratégie :

• Les soulèvements

35 A. Mbembe, La naissance du maquis dans le sud Cameroun ; op cit., p 36 E. Mveng, L’histoire du Cameroun, Tome II, op cit., p 37 Ibid.

l’extérieur. Il y avait les hommes en tenu qui tirèrent à l’aide de fusils et des flèches, pour

empêcher les gens de fouir l’incendie. Ce fut un massacre. La répression fut violente pour

éteindre la résistance 41. Il fallut mettre ce quartier hors d’état de nuire, et c’est ce qui se fit.

Tchatat Elie affirme : qu’il « connait quelqu’un qui s’est caché dans le WC avec sa famille pendant

deux journées consécutives pour échapper à cet incendie, par le matelas en herbe, la tôle et de l’eau à boire. Un autre, Kalama marius, échapa, son père et sa mère furent tués dans la fusiade c’est

pourquoi il grandit orphelin » 42. Ce quartier fut brulé le dimanche 24 avril 1960.

Officiellement, il y eu suite à cette incendie, 19 morts et 5000 sans abris. Ceux qui perdirent

leur maison furent relogés à New-Deido et Bépenda 43.

b. La mort de tankeu noé

1. Son arrestation

Quand il fut traqué par l’administration, Tankeu Noé se cachait dans la forêt de Japoma

avait son groupe. En ce qui concerne son arrestation, il nous a été rapporté qu’il négocia son

arrestation car les forces de maintien d’ordre ne parvenaient pas à mettre la main sur lui. Il fit

entrer son frère (neveu) dans l’armée ensuite il indiqua où et comment son frère pouvait

procéder pour l’arrêter. Il fit ceci pour que son frère puisse profiter en élévation de grade par

sa mort et s’occuper de la famille. Il avait indiqué dans quelle zone de forêt il se cachait 44.

C’est ainsi qu’il fut capturé le 31 juillet 1963 45.

2. Son exécution

Tankeu Noé fut exécuté le 03 janvier 1964. La légende raconte qu’en mourant, il dit :

Je meurs en héros! Tant que l’UPC ne gouvernera pas le pays, le Cameroun ne connaitra point d’effervescence! Ensuite, il cogna la tête du prêtre qui était en face de lui et dit que s’il restait menotté on ne pouvait le tué. C’est alors qu’on lui retira les menottes et tira sur lui. Ce fut au quartier Congo qu’il mourût. 46

c. Autres exécutions

Les personnes qui faisaient partie du maquis, qui semaient la terreur étaient qualifiées

de rebelles. Il faut dires que leurs actions étaient vraiment barbares. Aussi, ceux qui étaient

pris par les forces de l’ordre étaient sévèrement punis, pour servir de leçon premièrement à

41 Mboua Massok Martin, 63 ans, opposant politique dit « le combattant », pk13, 07-04-2014, 15h-30-18h 42 Tchatat E. 43 Ibid. 44 Ibid. 45 Deltombe thomas, Domergue Manuel, Tatsitsa Jacop, KAMEROUN! une guerre cachée, op cit,.p 46 Tchatat E.

ceux qui chercheraient à rallier leur cause, et deuxièmement pour servir d’avertissement à

ceux continuaient de commettre ces animosités.

Voici ci-contre 47 (SIC) le compte rendu du passage à la peine capitale à Douala de six

rebelles condamnés à mort pour atteinte à la Sûreté Intérieur de l’Etat. Ils passèrent par les

armes le 03 janvier 1964 devant une population d’environ trois mille (3000) âmes. Ce sont :

Tankeu Noé, Moukoury Benoît, Ngallé Moutanga Jean, Massango Martin, Mayanga

Alexandre, Boukambou Jean exécutés au quartier congo pour les quatre premiers et au

quartier Japoma pour les deux derniers. D’après le livre KAMEROUN !, l’exécution de ces

malfaiteurs devant une population aussi nombreuse ne fut pas gratuite, mais pour que cela lui

servisse de leçon :

Pour les autorités gouvernementales, il ne s’agit pas simplement de couper les populations des rebelles, mais surtout d’anesthésier en elles, jusque dans les profondeurs de leurs âmes, toute velléité « subversive ». Dans cette optique, chaque évènement susceptible d’effrayer les populations est savamment exploité…Tankeu Noé fut exécuté à Douala le 03 janvier 1964 devant des milliers de personnes sommées par les autorités d’assister au supplice 48_._

Seulement, ceci n’avait pas servir de panneau stop à tous les citoyens. C’est l’exemple

ci-contre (SIC) du nommé Pekeko Pierre-Robert Alias Biabia, qui devait être exécuté en 1967

pour assassinats et tentative, incendies volontaires dans la ville de Douala et atteinte à la

sureté intérieur de l’Etat dont le recours en grâce avait été rejeté par le président de la

république Mr Ahidjo certainement à cause l’atrocité de ses actions 49.

Malgré les efforts des autorités compétentes pour faire face l’insécurité causée par le

maquis, la situation perdura. L’exemple ci-contre 50 (SIC) est celui d’une aide à la rébellion

datant du 30 janvier 1967 où Mr Ndjock Jean et Mr Moulong Noé sont mis en cause. Il y

avait beaucoup de disparitions à cette époque. Les gens sortaient et ne rentraient plus du coup

on comprenait qu’ils avaient été pris soit par le maquis soit par les forces de l’ordre 51.

Il est à constater que compte tenu du fait que la ville de Douala était tenue par

l’armée de proximité, le maquis n’eu pas la même ampleur qu’ailleurs. L’administration mit

sur pied des moyens rigides pour stopper au plus vite le maquis à Douala afin que l’économie

47 Confer annexe p 48 Deltombe thomas, Domergue Manuel, Tatsitsa Jacop, KAMEROUN! une guerre cachée, op cit,.p546- 49 Confer annexe P11- 50 Confer annexe p 51 Tchatat E.