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c'est une trés bon cours de mathematics "structure des espaces vectoriel " pour les étudiants des classes préparatoire filière mpsi , pcsi
Typology: Study notes
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Dans ce chapitre, K est l’un des corps R ou et I est un ensemble non vide quelconque. Tous les résultats présentés demeurent cela dit vrais sur un corps K quelconque.
La structure d’ espace vectoriel est un nouvel exemple fondamental de structure algébrique — après les groupes et les anneaux. Cependant, alors que vous n’aviez pratiquement rien à savoir sur les groupes et les anneaux, on exige de vous au contraire que vous sachiez tout — ou presque — sur les espaces vectoriels en fin de spé. La théorie mathématique des espaces vectoriels s’appelle l’ algèbre linéaire. Bienvenue, c’est parti!
Définition (Espace vectoriel) On appelle K -espace vectoriel ou espace vectoriel sur K tout triplet ( E , +, ·) vérifiant les propriétés suivantes : — ( E , +) est un groupe commutatif dont l’élément neutre est noté 0 E ou 0 et appelé le vecteur nul de E , — · est une application de K × E dans E. À partir d’un élément λ de K et d’un élément x de E , · fournit un élément de E noté λ · x ou plus simplement λx. Par définition, cette application · doit satisfaire les propriétés suivantes : −→ pour tout x ∈ E : 1 · x = x , −→ pour tous x , y ∈ E et λ ∈ K : λ · ( x + y ) = ( λ · x ) + ( λ · y ), −→ pour tous x ∈ E et λ , μ ∈ K : ( λ + μ ) · x = ( λ · x ) + ( μ · x ), −→ pour tous x ∈ E et λ , μ ∈ K : λ · ( μ · x ) = ( λμ ) · x. Les éléments d’un espace vectoriel E sont appelés des vecteurs. La loi ·, qui n’est pas une loi de composition interne sur E puisqu’à travers elle des éléments de K agissent sur des vecteurs, est qualifiée de loi externe. En tant qu’ils agissent via · sur les vecteurs de E , les éléments de K sont appelés des scalaires. La loi + est appelée addition et la loi · multiplication par un scalaire. Le corps K est qualifié de corps de base pour E.
Les mathématiciens ont introduit la structure d’espace vectoriel, monstrueuse au premier abord, parce qu’ils ont remarqué que CETTE STRUCTURE EST PRÉSENTE PARTOUT EN MATHÉMATIQUES comme nous allons le voir dans un instant. Dans ces conditions, une théorie s’imposait.
Pourquoi ce nom d’« espace vectoriel »? Pourquoi parler de vecteurs en un sens aussi abstrait? Réponse : les règles de la définition précédente sont exactement les règles classiques auxquelles les vecteurs du plan et de l’espace nous ont habitués. Le choix du mot « vecteur » va nous permettre de visualiser géométriquement une multitude d’objets — matrices, fonctions, suites, polynômes... — qui ne sont pas des vecteurs au sens où nous avons employé ce mot jusqu’ici, mais qui ont exactement les mêmes règles d’usage. Il est très important de se représenter les espaces vectoriels, même les plus abstraits, comme des « mondes géométriques » semblables au plan ou à l’espace. La pertinence d’une telle représentation sera plus claire quand nous aurons un peu avancé dans la théorie.
Généralement, en algèbre linéaire, on ne met pas de flèches sur les vecteurs. On continue cependant d’en mettre quand on fait de la géométrie classique dans le plan et dans l’espace.
#” u
#” v
#” w
#” u + #” v
b #” u + #” v
u + #” v
v + #” w
u
#” v
#” w
#” v + #” w
b
#” u + #” v + #” w
b
#” u
#” v
2 #” u
2 #” v
b
2 #” u + 2 #” v
2 #” u + 2 #” v = 2
u + #” v
#” u
#” v
u + #” v
b
#” u + #” v
Théorème (Règles de calcul dans un espace vectoriel) Soit E un K-espace vectoriel. (i) Pour tous x ∈ E et λ ∈ K : λ · x = (^0) E ⇐⇒ λ = 0 ou x = (^0) E. (ii) Pour tout x ∈ E : − x = (− 1 ) · x , où − x est l’opposé de x dans E et −1 l’opposé de 1 dans K.
Démonstration (i) Trois étapes. Soient x ∈ E et λ ∈ K.
λ
× λ
· x =
λ
· ( λ · x ) =
λ
(ii) Pour tout x ∈ E : x + (− 1 ) · x = 1 · x + (− 1 ) · x = ( 1 − 1 ) · x = 0 · x = (^0) E , donc : − x = (− 1 ) · x.
Exemple (K, +, ×) est un K-espace vectoriel.
Démonstration Cela résulte directement de la définition des corps. Il suffit de considérer la multiplication × sur K comme une loi de composition EXTERNE. On obtient alors toutes les propriétés voulues sans aucun travail.
Théorème (Espace vectoriel produit) Soient E 1 ,... , En des K-espaces vectoriels. On munit E 1 ×... × En de deux lois
( x 1 ,... , xn ) + ( y 1 ,... , yn ) =
x 1 + y 1 ,... , xn + yn
et λ · ( x 1 ,... , xn ) =
λ · x 1 ,... , λ · xn
Alors
E 1 ×... × En , +, ·
est un K-espace vectoriel. Ici : (^0) E 1 ×...× En = ( (^0) E 1 ,... , 0 En ).
Démonstration Montrons seulement quelques-uns des axiomes de la définition.
1 · x 1 ,... , 1 · xn
= ( x 1 ,... , xn ).
λ ·
( x 1 ,... , xn ) + ( y 1 ,... , yn )
= λ · ( x 1 + y 1 ,... , xn + yn ) =
λ · ( x 1 + y 1 ),... , λ · ( xn + yn )
λ · x 1 + λ · y 1 ,... , λ · xn + λ · xn
= ( λ · x 1 ,... , λ · xn ) + ( λ · y 1 ,... , λ · yn ) = λ · ( x 1 ,... , xn ) + λ · ( y 1 ,... , yn ). (^)
Exemple (Familles de scalaires) En particulier, K n^ =
n fois ︷ ︸︸ ︷ K ×... × K est un K-espace vectoriel pour tout n ∈ N∗.
Nous retrouvons ici le cadre des vecteurs du plan avec R^2 et celui des vecteurs de l’espace avec R^3.
Par exemple : (1, 4, − 3 ) + 2 · (0, 2, 5) = (1, 8, 7).
Exemple (Matrices) Pour tous n , p ∈ N∗, M n , p (K) est un K-espace vectoriel pour ses lois usuelles d’addition et de multi- plication par un scalaire.
Par exemple, pour n = 2 et p = 3 : 3 ·
Démonstration Nous savons déjà que
M n , p (K), +
est un groupe commutatif. Les autres axiomes se vérifient aisément.
Exemple Dans R^2 , (2, 7) est combinaison linéaire des vecteurs (5, − 2 ) et (1, − 3 ) : (2, 7) = (5, − 2 ) − 3 (1, − 3 ).
Démonstration
(2, 7) est combinaison linéaire de (5, − 2 ) et (1, − 3 ) ⇐⇒ ∃ λ , μ ∈ R,
C’est l’ EXISTENCE de solutions qui compte.
(2, 7) = λ (5, − 2 ) + μ (1, − 3 )
⇐⇒ ∃ λ , μ ∈ R,
5 λ + μ = 2 − 2 λ − 3 μ = 7.
Nous sommes ainsi ramenés à la résolution d’un système linéaire. Or pour tout ( λ , μ ) ∈ R^2 : § 5 λ + μ = 2 − 2 λ − 3 μ = 7 ⇐⇒
5 λ + μ = 2 13 λ = 13 L 2 ← L 2 + 3 L 1 ⇐⇒^ λ^ =^1 et^ μ^ =^ −3.
Le système étudié possède des solutions, c’est exactement le résultat voulu.
Exemple Dans M 2 (R),
n’est pas combinaison linéaire des vecteurs
et
Démonstration
est combinaison linéaire de
et
⇐⇒ ∃ x , y , z ∈ R,
= x
⇐⇒ ∃ x , y , z ∈ R,
C’est l’ EXISTENCE de solutions qui compte.
x − 2 y + z = − 1 3 y − z = 2 x + y = 2 2 y + z = 0.
Résolvons ce système. Pour tout ( x , y , z ) ∈ R^3 :
x − 2 y + z = − 1 3 y − z = 2 x + y = 2 2 y + z = 0
x − 2 y + z = − 1 3 y − z = 2 3 y − z = 3 2 y + z = 0
L 3 ← L 3 − L 1
x − 2 y + z = − 1 3 y − z = 3 0 = 1 2 y + z = 0
Ce dernier système n’a pas de solution — d’où le résultat.
Exemple Soit n ∈ N. Tout polynôme de K[ X ] de degré INFÉRIEUR OU ÉGAL à n est combinaison linéaire des polynômes
1, X , X^2 ,... , X n^ puisqu’on peut l’écrire
∑^ n
k = 0
ak X k^ pour certains a 0 ,... , an ∈ K.
Définition (Famille presque nulle de scalaires) On dit qu’une famille d’éléments de K indexée par I est presque nulle si tous ses éléments sont nuls SAUF UN NOMBRE FINI D’ENTRE EUX.
Dans le cas où I est un ensemble FINI , la précision « presque nulle » est évidemment sans intérêt. Quand j’aurai besoin de mêler un quantificateur et une famille presque nulle, je m’autoriserai la notation suivante, bien pratique mais d’une correction toute relative : ∀( λi ) i ∈ I ∈ K I^ presque nulle,... De fait, certains auteurs notent K( I ) l’ensemble des familles presque nulles d’éléments de K indexées par I , mais cette notation n’est pas au programme donc je ne l’emploierai pas. Ne la confondez pas en tout cas avec la notation K I^ qui désigne l’ensemble de TOUTES les familles d’éléments de K indexées par I.
Définition (Combinaisons linéaires d’un nombre quelconque de vecteurs) Soient E un espace vectoriel et ( xi ) i ∈ I une famille de vecteurs de E. On appelle combinaison linéaire de ( xi ) i ∈ I tout vecteur de E de la forme :
i ∈ I
λi xi où
( λi ) i ∈ I est une famille PRESQUE NULLE d’éléments de K.
$ Attention!^ Pour un nombre^ FINI^ de vecteurs, pas besoin de familles^ PRESQUE NULLES^ de scalaires!
Nous pourrons maintenant parler des combinaisons linéaires d’un nombre INFINI de vecteurs, mais chacune de ces combi- naisons linéaires reste fondamentalement une somme FINIE. Les vraies sommes infinies n’ont aucun sens sans une notion de passage à la limite adéquat.
Exemple K[ X ] est l’ensemble des combinaisons linéaires de la famille
X k^
k ∈N. Rappelons à ce sujet que la notation
«
k = 0
ak X k^ » des polynômes, très pratique, désigne en fait une somme FINIE.
Définition (Sous-espace vectoriel) Soient E un K-espace vectoriel et F une partie de E STABLE PAR ADDITION ET MULTIPLICATION PAR UN SCALAIRE. On dit que F est un sous-espace vectoriel de E si F est un K-espace vectoriel pour les lois de E.
Si F un sous-espace vectoriel de E , F est un sous-groupe de E pour l’addition, donc : (^0) F = (^0) E ∈ F.
Exemple Si E est un K-espace vectoriel,
(^0) E et E sont deux sous-espaces vectoriels de E.
Exemple L’ensemble F =
( x , y ) ∈ R^2 | x^2 + x + y^2 = 0
N’ est PAS un sous-espace vectoriel de R^2.
Démonstration F n’est pas stable par multiplication par un scalaire car : (−1, 0) ∈ F mais : (−2, 0) ∈ / F.
Théorème (Caractérisation des sous-espaces vectoriels) Soient E un K-espace vectoriel et F une partie de E. Les assertions suivantes sont équivalentes : (i) F est un sous-espace vectoriel de E.
(ii)
— F est stable par combinaison linéaire : ∀ x , y ∈ F , ∀ λ ∈ K, λx + y ∈ F.
Démonstration (i) =⇒ (ii) Si F est un sous-espace vectoriel de E , on a vu que : (^0) E = (^0) F ∈ F. De plus, pour tous x , y ∈ E et λ ∈ K, λx et y sont éléments de F car F est stable par multiplication par un scalaire, et enfin : λx + y ∈ F car F est stable par addition. (ii) =⇒ (i) Si l’assertion (ii) est vraie, F est en particulier stable par addition — pour λ = 1 — et multiplication par un scalaire — pour y = (^0) E — mais c’est même un sous-groupe de E pour l’addition — pour λ = 1. Les autres axiomes de la définition des espaces vectoriels ne requièrent aucune vérification particulière car une relation vraie sur E tout entier l’est aussi sur F.
C’est TOUJOURS le résultat précédent qu’il faut utiliser pour montrer qu’une partie d’un espace vectoriel en est un sous- espace vectoriel. Si on utilisait la DÉFINITION des sous-espaces vectoriels, on serait obligé de vérifier beaucoup d’axiomes dont la CARACTÉRISATION fait l’économie.
Par ailleurs, pour montrer qu’un ensemble muni d’une addition et d’une multiplication par un scalaire est un espace vectoriel, il suffit souvent de montrer qu’il est SOUS -espace d’un autre espace vectoriel connu.
b ∈ / F ∪ G $ Attention!^ La réunion de deux sous-espaces vectoriels^ N’ est^ PAS^ un sous-espace
vectoriel en général — pourquoi diable serait-elle stable par addition?
Les éléments d’un espace vectoriel E sont naturellement des vecteurs, mais dans le plan et dans l’espace, nous savons bien que nous pouvons identifier les points et les vecteurs via le choix d’un point de référence ou origine O. Une telle origine étant fixée, toute relation :
OM = #” u nous autorise à identifier le point M et le vecteur #” u. Plus généralement, tout élément d’un espace vectoriel quelconque E peut être vu comme un point via le choix du vecteur nul O = (^0) E comme origine. Si pour tous A , B ∈ E , on note
AB le vecteur B − A , alors pour tout M ∈ E , l’identification points-vecteurs s’écrit simplement : M
Point
Vecteur
Définition (Sous-espace affine, direction) Soit E un K-espace vectoriel.
f + x | f ∈ F
où F est un sous-espace vectoriel de E et x est un vecteur de E.
P = x + P
x^ b^ b b
0 b E b
D (^) D = y + D
b y
Nous noterons souvent les sous-espaces vectoriels avec des majuscules droites ( F , G , H... ) et les sous-espaces affines avec des majuscules rondes (F , G , H... ).
$ Attention!^ Tout sous-espace^ VECTORIEL^ F^ de^ E^ est un sous-
espace AFFINE de E puisque : F = (^0) E + F. La réciproque est fausse en revanche car un sous-espace affine ne contient pas 0 E en général.
Démonstration Montrons l’unicité de la direction de F. Soient F et F ′^ deux sous-espaces vectoriels de E et x , x ′^ ∈ E pour lesquels : F = x + F = x ′^ + F ′. Pour montrer que : F = F ′, il nous suffit par symétrie de prouver l’inclusion : F ⊂ F ′. Soit f ∈ F. Comme : x = x + (^0) E ∈ x + F = x ′^ + F ′, alors : x = x ′^ + f (^) 1 ′ pour un certain f (^) 1 ′ ∈ F ′. Or : x + f ∈ x + F également, donc : x + f = x ′^ + f (^) 2 ′ pour un certain f (^) 2 ′ ∈ F ′. Finalement : f = f (^) 2 ′ − f (^) 1 ′ ∈ F ′^ comme voulu.
Théorème (Ensemble des solutions d’un système linéaire) Soit A ∈ M n , p (K) et B ∈ K n. Si le système linéaire : AX = B d’inconnue X ∈ K p^ est COMPATIBLE , l’ensemble de ses solutions est un sous-espace affine de K p. Sa direction n’est autre que l’ensemble des solutions du système linéaire homogène associé. En particulier, toute droite de R^2 ou R^3 et tout plan de R^3 en sont des sous-espaces affines.
Démonstration Posons : S =
X ∈ K p^ | AX = B
et S =
X ∈ K p^ | AX = 0
. Nous savons déjà que S est un sous-espace vectoriel de K p. En outre, le système étudié étant compatible, nous pouvons nous en donner une solution particulière X part. Il est bien connu alors que : S = X part + S.
Exemple La droite de R^3 d’équation :
x + y = 2 x − y + z = 1 est un sous-espace affine de direction la droite vectorielle
d’équation :
x + y = 0 x − y + z = 0.
Exemple L’ensemble E =
est un sous-espace affine de R[ X ] de direction le sous-espace
vectoriel E =
Démonstration Il n’est pas dur de vérifier que E est un sous-espace vectoriel de R[ X ]. Remarquons par ailleurs que : X ∈ E — solution particulière! Du coup, pour tout P ∈ R[ X ] :
P ∈ E ⇐⇒ X P ′+ P = 2 X ⇐⇒ X ( P − X )′+( P − X ) = 0 ⇐⇒ P − X ∈ E ⇐⇒ P ∈ X + E.
Conclusion : E = X + E , ce qui confirme que E est un sous-espace affine de R[ X ] de direction E.
Théorème (Caractérisation des sous-espaces affines par leur direction et un point) Soient E un K-espace vectoriel, F un sous-espace affine de E de direction F et A ∈ F quelconque. Alors : F = A + F.
Deux sous-espaces affines sont égaux si et seulement s’ils ont la même direction et un point en commun.
Démonstration Par définition : F = x + F pour un certain x ∈ E. En particulier : A = x + f pour un certain f ∈ F , donc : F = x + F = ( A − f ) + F = A + ( F − f )
f ∈ F = A + F. L’égalité : F − f = F découle de ce que F est un sous-espace vectoriel de E.
Théorème (Intersection de sous-espaces affines) Soient E un K-espace vectoriel et (F i ) i ∈ I une famille de sous- espaces affines de E. Pour tout i ∈ I , on note Fi la direction de F i. On dit que les F i , i décrivant I , sont concourants ou sécants si :
i ∈ I
F i 6 = ∅. Dans ce cas,
i ∈ I
F i est un sous-espace
affine de E de direction
i ∈ I
Fi.
$ Attention!^ Alors qu’une intersection de sous-espaces vectoriels contient toujours le vecteur nul, une intersection de sous-espaces affines peut vraiment être vide, pensez par exemple au cas de deux droites parallèles non confondues.
Démonstration Posons : F =
i ∈ I
F i et F =
i ∈ I
Fi et supposons F non vide. Nous pouvons ainsi nous
donner un point A de F et nous avons vu plus haut qu’alors : F i = A + Fi pour tout i ∈ I. Il nous suffit dès lors de montrer que : F = A + F.
i ∈ I
Fi = F. Comme voulu : M ∈ A + F.
Définition (Sous-espace vectoriel engendré par une partie) Soient E un K-espace vectoriel et X une partie de E. (i) L’intersection de tous les sous-espaces vectoriels de E contenant X est appelée le sous-espace vectoriel ( de E ) engendré par X et notée Vect( X ). À ce titre, Vect( X ) est le plus petit sous-espace vectoriel de E contenant X. En particulier, tout sous-espace vectoriel de E qui contient X contient aussi Vect( X ). (ii) Si : X =
xi | i ∈ I , Vect( X ) est aussi l’ensemble des combinaisons linéaires de ( xi ) i ∈ I et noté Vect( xi ) i ∈ I.
Quelques figures vaudront mieux qu’un long discours. b u^ Vect( u ) Vect( u , v ) b
v u
Vect( u , v )
b
u
v
Démonstration
(i) En tant qu’intersection de sous-espaces vectoriels de E contenant X , Vect( X ) est lui-même un sous-espace vectoriel de E contenant X , et il est inclus par définition dans tous les sous-espaces vectoriels de E contenant X , ce qui montre que tout sous-espace vectoriel de E qui contient X contient en réalité Vect( X ) tout entier.
Démonstration (i) Toute combinaison linéaire de X est bien sûr une combinaison linéaire de Y!
(ii) Soit x ∈ X combinaison linéaire de X \
x. D’après (i) : Vect
x
⊂ Vect( X ). Dans l’autre sens, Vect
x
est un sous-espace vectoriel contenant X \
x , or il contient aussi x par hypothèse, donc X tout entier, donc enfin Vect( X ).
(iii) Dans un sens, Vect
a
contient X et a , donc aussi b par hypothèse, donc X ∪
b , donc enfin Vect
b
. Dans l’autre sens, remarquons que par hypothèse : b = λa + x avec λ ∈ K NON NUL
et où x est une combinaison linéaire de X. Ainsi : a =
b − x λ
, donc a est combinaison linéaire de
X ∪
b avec un coefficient NON NUL sur b. L’inclusion : Vect
a
⊂ Vect
b
se montre par conséquent comme on a prouvé l’autre, les rôles de a et b étant finalement symétriques.
Exemple Dans R^3 : Vect
Combinaison linéaire de (1, 1, 0) et (0, 1, 0) = Vect
= Vect
= Vect
2 FAMILLES DE VECTEURS
Définition (Partie/famille génératrice) Soient E un K-espace vectoriel et X une partie de E. On dit que la partie X est génératrice de E ou engendre E si tout élément de E est combinaison linéaire de X , i.e. si : E = Vect( X ). Si : X =
xi | i ∈ I , on dit aussi que la famille ( xi ) i ∈ I est génératrice de E ou engendre E.
Exemple
X k^
k ∈N engendre^ K[ X^ ]^ et pour tout^ n^ ∈^ N,^
1, X , X^2 ,... , X n
engendre K n [ X ].
Exemple Pour tout ( x , y ) ∈ R^2 : ( x , y ) = x (1, 0)+ y (0, 1), donc la famille
engendre R^2. De même, pour
tout ( x , y , z ) ∈ R^3 : ( x , y , z ) = x (1, 0, 0) + y (0, 1, 0) + z (0, 0, 1), donc
engendre R^3.
Plus généralement, pour tout n ∈ N∗, posons : e 1 = (1, 0,... , 0), e 2 = (0, 1, 0,... , 0),... , en = (0,... , 0, 1). La
famille ( e 1 ,... , en ) engendre K n^ car pour tout ( x 1 ,... , xn ) ∈ K n^ : ( x 1 ,... , xn ) =
∑^ n
i = 1
xi ei.
Exemple La famille
engendre M 2 (K) car pour tous a , b , c , d ∈ K :
a c b d
= a
Plus généralement, pour tous n , p ∈ N∗^ et pour tous i ∈ ¹1, n º et j ∈ ¹1, p º, notons Ei j la matrice de M n , p (K) dont tous les coefficients sont nuls sauf celui de position de ( i , j ), égal à 1. La famille ( Ei j ) 1 ¶ i ¶ n 1 ¶ j ¶ p
est alors génératrice de M n , p (K) car pour
toute matrice A ∈ M n , p (K) : A =
1 ¶ i ¶ n 1 ¶ j ¶ p
ai j Ei j.
Exemple La famille (1, i) engendre le (^) R -espace vectoriel , mais ( 1 ) suffit à engendrer le -espace vectoriel .
Le résultat qui suit n’est qu’une simple reformulation du théorème « Propriétés des Vect ».
Théorème (Propriétés des parties génératrices) Soient E un K-espace vectoriel et X et Y deux parties de E.
x , alors X \
x engendre E.
a engendre E et si b est combinaison linéaire de X ∪
a avec un coefficient NON NUL sur a , alors X ∪
b engendre E.
En pratique^ Trouver une partie génératrice d’un sous-espace vectoriel, c’est l’écrire comme un Vect.
Exemple L’ensemble E =
( x , y , z , t ) ∈ R^4 | x + 2 y − z = 0 et x − y + t = 0
est un sous-espace vectoriel de R^4
engendré par la famille
Démonstration Pour tout ( x , y , z , t ) ∈ R^4 : ( x , y , z , t ) ∈ E ⇐⇒
z = x + 2 y t = − x + y , donc :
E =
( x , y , x + 2 y , − x + y ) | x , y ∈ R
x (1, 0, 1, − 1 )+ y (0, 1, 2, 1) | x , y ∈ R
= Vect
Ceci montre À LA FOIS que E est un sous-espace vectoriel de R^4 et que
engendre E.
Exemple L’ensemble F =
est un sous-espace vectoriel de R 3 [ X ] engendré par X^2 − 4 X +3.
Démonstration Pour tout P = aX^3 + bX^2 + cX + d ∈ R 3 [ X ] :
P ∈ F ⇐⇒ 2 P ( X + 1 ) = X P ′^ ⇐⇒ 2 a ( X + 1 )^3 + 2 b ( X + 1 )^2 + 2 c ( X + 1 ) + 2 d = X
3 aX^2 + 2 bX + c
2 a = 3 a 6 a + 2 b = 2 b 6 a + 4 b + 2 c = c 2 a + 2 b + 2 c + 2 d = 0
a = 0 4 b + c = 0 b + c + d = 0
a = 0 c = − 4 b d = 3 b.
Conclusion : F =
bX^2 − 4 bX + 3 b | b ∈ R
b
| b ∈ R
= Vect
. Ceci montre À LA FOIS que F est un sous-espace vectoriel de R 3 [ X ] et que
en est une famille génératrice.
Définition (Partie/famille libre d’un nombre fini de vecteurs) Soient E un K-espace vectoriel et x 1 ,... , xn ∈ E. On dit que la famille ( x 1 ,... , xn ) ou l’ensemble
x 1 ,... , xn est libre ou que les vecteurs x 1 ,... , xn sont linéairement indépendants si : ∀( λ 1 ,... , λn ) ∈ K n ,
(^) n ∑
i = 1
λi xi = (^0) E =⇒ λ 1 =... = λn = 0
Quitte à remplacer λi par λi − μi dans la définition de la liberté, on peut aussi dire que ( x 1 ,... , xn ) est libre si et
seulement si : ∀( λ 1 ,... , λn ), ( μ 1 ,... , μn ) ∈ K n ,
(^) n ∑
i = 1
λi xi =
∑^ n
i = 1
μi xi =⇒ ∀ i ∈ ¹1, n º, λi = μi
, ce
qui n’est finalement rien de plus qu’un PRINCIPE D’IDENTIFICATION. En résumé :
FAMILLE GÉNÉRATRICE = EXISTENCE^ pour^ TOUT^ vecteur d’une décomposition comme combinaison linéaire
UNICITÉ des coefficients dans les combinaisons linéaires, donc possibilité de pratiquer des IDENTIFICATIONS
Exemple Toute famille ( P 1 ,... , Pn ) de polynômes NON NULS de K[ X ] pour laquelle : deg( P 1 ) <... < deg( Pn ) est libre — on dit qu’une telle famille est échelonnée en degré. Cet exemple est TRÈS IMPORTANT!
Démonstration Posons : dj = deg( Pj ) et introduisons les coefficients de Pj : Pj =
∑^ dj
i = 0
ai , j X i^ pour
tout j ∈ ¹1, n º. Soient ensuite x 1 ,... , xn ∈ K. On suppose que :
∑^ n
j = 1
x (^) j Pj = 0. On obtient par identification
polynomiale des termes de degrés d 1 ,... , dn le système linéaire suivant :
ad 1 ,1 x 1 + ad 1 ,2 x 2 + · · · + ad 1 , n − 1 xn − 1 + ad 1 , n xn = 0 (degré d 1 ) ad 2 ,2 x 2 + · · · + ad 2 , n − 1 xn − 1 + ad 2 , n xn = 0 (degré d 2 ) .. .
adn − 1 , n − 1 xn − 1 + adn − 1 , n xn = 0 (degré dn − 1 ) adn , n xn = 0 (degré dn ). Ce système est triangulaire supérieur à coefficients diagonaux non nuls — par définition de dj : adj , j 6 = 0 pour tout j ∈ ¹1, n º — donc admet ( x 1 ,... , xn ) = (0,... , 0) pour seule et unique solution.
Définition (Partie/famille libre/liée d’un nombre quelconque de vecteurs) Soient E un K-espace vectoriel et ( xi ) i ∈ I une famille de vecteurs de E.
xi | i ∈ I est libre ou que les vecteurs xi , i décrivant I , sont linéairement indépendants si :
∀( λi ) i ∈ I ∈ K I^ presque nulle,
i ∈ I
λi xi = (^0) E =⇒ ∀ i ∈ I , λi = 0
xi | i ∈ I est lié ( e ) ou que les vecteurs xi , i décrivant I , sont linéai- rement dépendants si ( xi ) i ∈ I N’ est PAS libre. Cela revient à dire que L’UN AU MOINS d’entre eux est combinaison linéaire des autres.
L’expression « presque nulle » nous ramène toujours à un nombre FINI de vecteurs utiles, donc la liberté d’une famille INFINIE de vecteurs est équivalente à la liberté de TOUTES ses sous-familles FINIES. Pour montrer qu’une famille ( xn ) n ∈N de vecteurs est libre, il suffit même de montrer que la famille ( x 0 ,... , xn ) est libre pour tout n ∈ N.
Exemple La famille
X k^
k ∈N est libre dans^ K[ X^ ]^ — principe d’ IDENTIFICATION DES COEFFICIENTS.
Théorème (Propriétés des parties libres/liées) Soient E un K-espace vectoriel et X et Y deux parties de E et F. (i) Inclusion : Si Y est libre et si : X ⊂ Y , alors X est libre. Par contraposition, si X est liée et si : X ⊂ Y , alors Y est liée. (ii) Ajouter un vecteur : Si X est libre et si y ∈ E N’ est PAS combinaison linéaire de X , alors X ∪
y est libre.
Dire qu’une famille est libre, c’est dire qu’aucun de ses vecteurs n’est combinaison linéaire des autres, donc si on veut que l’ajout d’un vecteur conserve la liberté d’une famille libre, on doit faire attention de ne pas introduire de dépendance entre ses vecteurs — on ne peut donc ajouter qu’un vecteur linéairement indépendant des autres.
Démonstration (i) Si X est liée et si : X ⊂ Y , alors l’un des vecteurs de X est combinaison linéaire des autres et donc a fortiori l’un des vecteurs de Y est combinaison linéaire des autres. (ii) Supposons X libre et donnons-nous y ∈ E NON combinaison linéaire de X. Pour montrer que X ∪
y est libre, soient ( λi ) i ∈ I ∈ K I^ presque nulle et μ ∈ K pour lesquels :
i ∈ I
λi xi + μ y = (^0) E. Si : μ 6 = 0,
alors : y = −
μ
i ∈ I
λi xi , ce qui est faux par hypothèse. Ainsi : μ = 0, donc :
i ∈ I
λi xi = (^0) E , et
la liberté de X montre enfin que : λi = 0 pour tout i ∈ I.
Définition (Base) Soient E un K-espace vectoriel et B = ( ei ) i ∈ I une famille de vecteurs de E.
i ∈ I
xi ei est
appelée la famille des coordonnées de x dans B.
Les bases sont toujours des FAMILLES et non des ensembles. Dans le plan muni d’une base, peut-on parler du point de coordonnées
1, 2? Non, car le point de coordonnées (1, 2) n’est pas le point de coordonnées (2, 1)! La définition suivante est une synthèse des exemples précédents.
Définition-théorème (Bases canoniques de K n , K[ X ] , K n [ X ] et M n , p (K) )
X k^