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Parte 1-2 Ulb Critiques des sources- premier semestre
Typology: Transcriptions
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POURQUOI UN COURS DE CRITIQUE DES SOURCES? UN EXEMPLE ARCHEOLOGIQUE : LES EXTRAORDINAIRES ARTEFACTS PALEOLITHIQUES DE KAMI-TAKAMORI Le Japon a réalisé une étude de l’histoire de manière autonome. La paléontologie japonaise est le résultat d’une réflexion scientifique qui est née au Japon et n’est pas l’enfant direct d’un processus de colonisation. La préhistoire japonaise s’est constituée principalement au 19º qui s’est directement interrogée sur une question symboliquement importante : depuis quand l’Archipel a fait l’objet d’un peuplement humain. Cette question a reçu une réponse qui a été prise de manière unanime jusqu’en 1949, le fait qu’il n’y a pas de peuplement humain avant - 30.000. autrement dit, il n’y a pas au japon de paléolithique inférieur. Cette question va faire l’objet de véritablement révolution à partir des années 70 du 20º siècle. On va découvrir dans une série de fouilles menées au nord-ouest de l’archipel et plus particulièrement dans la zone qui entoure la préfecture de Kami-Takamori, on va faire de manière répétée des découvertes d’outillages de pierre qui prouvent la présence humaine sur l’Archipel de manière largement antérieure à - 30.000. Les estimations tirées de l’étude datent la préhistoire du peuplement japonais de - 50. voire 60.000. Ce changement de paradigme est à mettre au crédit essentiellement au professeur Fushimura, qui en raison de ces très nombreuses découvertes archéologiques, tendant à prouver une très large autorité du peuplement japonais, va bénéficier dans la presse de ce pays du surnom « la main de dieu » ou le « divin excavateur » tant il se rend capable de mettre au jour des vestiges préhistoriques là où ces prédécesseurs étaient incapables d’en découvrir un seul. Les découvertes du professeur vont recevoir un accueil contesté au sein de la communauté des paléontologues. Face à l’évidence matérielle, ils vont revoir la position jusqu’à la 2e^ guerre mondiale en défendant l’idée d’un peuplement remontant au moins à 50.000. certains vont trouver étranges qu’une telle relecture dépendent d’un seul homme et qui plus est des découvertes dans un périmètre restreint sur la totalité de l’archipel. Ces professeurs qui vont contester ces travaux vont constater qu’ils prêchent dans le désert. Se rendant compte qu’ils ne peuvent pas être entendus dans les cercles universitaires où ils prennent la parole, ces contestataires vont tendre un piège au professeur. Ils vont engager une équipe de journalistes d’investigation qui vont pister le professeur et révéler des photos. Il enterre l’outillage qu’il va découvrir quelques heures plus tard. Ces journalistes révèlent une supercherie de grande ampleur car cela fait des années qu’il découvre des outillages qu’il a lui-même déterrer pour prouver l’antériorité de la présence humaine au Japon et occuper la position dominante dans les sénats universitaires qui s’intéressent à cette question.
Il n’y a pas vraiment de conclusions importantes parce que Quirico va réagir très rapidement aux propos de son compagnon. Il a écouté une conservation en anglais via Skype par 3 personnes. L’un était un général de l’Armée syrienne libre (donc qui contester le pouvoir de Bachar). Dans cette conservation, ils disaient que l’attaque avait été lancée par les rebelles pour conduire l’Occident à intervenir militairement. Pour eux, le nombre de morts était exagéré. Il ne savait cependant pas si c’était vrai et de la fiabilité de l’info et de l’identité. Au travers de ce témoignage, on voit que le journaliste qui a interrogé Pinccini a fait poser son discours a privilégié le fait de bénéficier le fait d’avoir un scoop plutôt de faire une démarche de critique de la source. Les équipes qui ont enquêté sur le site de l’attaque disent que le responsable est celui du régime de Bachar. C’est un moment où l’usage de la critique des sources est fondamental pour l’exercice de son métier, ici celui de journaliste. UN EXEMPLE ARTISTIQUE : UN VAN GOGH OUBLIE DANS UN GRENIER
Les historiens d’art ont coutume de considérer que la période durant laquelle il a séjourné dans le Sud de la France est la période durant laquelle il a réalisé ses tableaux les plus marquants (1888-1889). Van Gogh va peindre de manière effrénée sans jamais vraiment être content des résultats de ce qu’il produit. Cette frustration face à ce qu’il considère être une incapacité de traduire sur la toile la beauté des paysages qu’il contemple va l’amener à plusieurs reprises à détruire les œuvres qu’il a pu réaliser. Certaines vont subsister, d’autres seront perdues. Celles perdues nous en connaissons les traits centraux parce qu’outre le fait qu’il a beaucoup peint, il a beaucoup écrit. Il est le responsable d’une correspondance très nourrie avec un nombre important d’interlocuteurs, parmi lesquels son frère où tous les jours il envoie une lettre. Dans la 636 lettre, il écrit : Hier j’étais au soleil couchant dans une bruyère pierreuse où croissent des chênes très petits et tordus, dans le fond une ruine sur la colline et dans le vallon du blé́. C’était romantique, on ne peut davantage, à la Monticelli , le soleil versait des rayons très jaunes sur les buissons et le terrain, absolument une pluie d’or. Et toutes les lignes étaient belles, l’ensemble d’une noblesse charmante. On n’aurait pas du tout été́ surpris de voir surgir soudainement des cavaliers et des dames revenant d’une chasse au faucon ou d’entendre la voix d’un vieux troubadour Provençal. Les terrains semblaient violets, les lointains bleus. J’en ai rapporté́ une étude d’ailleurs mais qui reste bien en dessous de ce que j’avais voulu faire. » Cette présentation va amener les rédacteurs de l’inventaire de ses œuvres à retrouver le tableau conservé et savoir de sa main : un tableau qui puise être mis en relation avec cette description. Pour ce faire, ils ont fait par comparaison avec un tableau d’Adolphe Monticelli et Les roches avec chêne. En terme de structure et composition, on voit les ressemblances entre les liens entre les 2 tableaux.
Le problème est que si on regarde les choses attentivement, si on reprend le tableau qui est celui de la description et qu’on le compare avec la lettre, on constate des problèmes. Dans la mesure où la lecture se conclut par un sentiment de déception, de l’incapacité de traduire dans la toile la réalité observée, on se dit que ses éléments ne sont pas présents mais c’est alors que VG n’a pas réussi à les maintenir. On a alors découvert un autre tableau récemment : Coucher de soleil où on remarque que c’est le tableau qui est décrit dans la lettre. Ce tableau vient d’un grenier d’un riche industriel norvégien décédé à l’aube des années 70. Les descendants ont reconnu un potentiel tableau d’un artiste important. Ce tableau a été transmis au début des années 2000 au musée VG d’Amsterdam. Les spécialistes ont déclaré que c’est un tableau à la VG mais ce n’est pas un VG. Il n’y a pas dans la liste des tableaux qui n’ont pas pu être retrouvés de tableaux dont la description puisse correspondre ce tableau. Les successeurs de l’industriel norvégien renvoient la tableau à la même institution. On reconnait alors dans le tableau le coucher du soleil sur Montmajour décrit dans la lettre. les historiens d’art qui vont comparer le tableau aux descriptions du tableau mais à l’ensemble des descriptions qui sont à leur disponibilité. Il faut réévaluer les informations données. UN EXEMPLE HISTORIQUE : LES VIKINGS DU MISSISSIPPI Michel Onfray a écrit un dernier livre : Décadence. Vie et mort du judéo-christianisme : « « Les bateaux vikings descendent le fleuve Saint-Laurent. On trouve leurs traces à Cheboygan (Michigan). Ils continuent leur voyage très au sud puisque l’un d’eux, un knarr, un navire de guerre de 16 mètres de long, a été́ découvert à Memphis (Missouri), près du confluent des rivières Wolf et du Mississipi. La datation au carbone 14 donne une fourchette entre 990 et 1 050. L’Amérique a été́ découverte par les Vikings fin du Xe, début du XIe siècle, autrement dit : cinq siècles avant Christophe Colomb. » Ce qui est dit de manière générale par Onfray n’apparaît pas choquant parce que l’on sait avec certitude depuis les années 70 que les vikings ont atteint le labrador, ce qui nous est prouvé par la découverte d’un site, l’Anse-aux-Meadonws qui a fait l’objet d’une fouille très scrupuleuse réalisée par l’UNESCO dans les années 80. On a découvert également à Memphis, au Tennesse, des traces de Vikings. On découvre un article qui est la source des assertions de Onfray : États-Unis, un navire découvert dans le fleuve du Mississippi. Si on le lit en détail, on découvre une découverte archéologique en donnant les dates et des professeurs. On se pose cependant quelques questions en regardant ailleurs de la page. C’est un journal humoristique qui est l’équivalent du Gorafi. Cela pose une question de savoir quelle est la qualité journalistique de Onfray. Cela pose des questions sur la nature de ce type de fake news, et ce que cela sert à justifier. L’extrême-droite française et américaine a rapidement vu dans cette information un argument intéressant à l’appui de leur thèse très ancien de l’Amérique de suprématie blanche en faisant des USA un territoire sur lequel des Européens
l’ampleur des découvertes qui sont les siennes? Il faut remettre systématiquement en doute les arguments présentés à l’appui d’un argument, même s’ils sont présentés par une personne qui fait autorité dans son domaine. Le fait de pratiquer la critique des sources n’est pas un hobby mais aussi :
GENESE DE LA CRITIQUE HISTORIQUE DE L’OBJET DU CHAPITRE : 4 CONCEPTS, 2 REMARQUES Critique (d’après le TLF) : méthode d’examen mettant en jeu des critères variables selon les domaines d’après lesquels il est possible de discerner les parts respectives des mérites et des défauts d’une entreprise, d’une œuvre, d’un système de pensée. Source (d’après le TLF) : origine d’une information Critique historique : méthode scientifique d’examen des sources historiques visant à en distinguer le vrai du faux et à en interpréter le contenu. Ce n’est pas une science à proprement parlé. Histoire : faire le récit des faits passés, élaboré à partir des sources soumises à la critique historique, en dialogue avec des travaux scientifiques soumis eux-mêmes à perpétuelle réévaluation. Cette genèse débute au Moyen Âge central fondé sur le caractère continu des évolutions ayant mené à la critique historique contemporaine. Le haut Moyen Âge marque une césure partielle avec la pensée antique. L’objet de la présentation se veut une introduction à l’histoire de la critique en tant que méthode. L’ÉPOQUE MEDIEVALE La société médiévale occidentale est une société chrétienne. Comme conséquence, l’enseignement est prioritairement consacré à l’intelligence des Saintes Écritures, réceptacle de la parole divine, dont l’autorité ne peut être contestée. Dès lors, l’interprétation des Saintes Écritures fait l’objet d’un contrôle strict de la part du clergé. On va assigner comme prioritaire fonction le développement de la parole de Dieu dans la mesure où la parole de Dieu est la condition de la vie éternelle. Si cette parole ne peut être contestée mais comme on peut la comprendre de manière différente, quelle va être la compréhension considérée comme univoque. Le clergé dispose du monopole des Saintes Écritures. Dans ce cadre, le savoir va se structurer de manière particulière : en 7 arts libéraux. C’est le résultat d’une réflexion sur ces enjeux et l’héritage d’un mode fonctionnement hérité de l’Antiquité. On voit une grande importance à l’intelligence de l’individu : trivium → grammaire, rhétorique, dialectique : ce sont des disciplines liées à la maîtrise de la langue latine qui permet d’accéder à la parole divine. Le quadrivium est : l’arithmétique, géométrie, astronomie et la musique. Elles ont pour objet l’étude de la mesure qui est la traduction du plan divin dans la réalité tangible des choses.
On le retrouve avec Lorenzo Valla (intellectuel italien qui est au service de l’Église) avec son examen de la Donation de Constantin. C’est un texte en latin en 2 parties, datées respectivement de 315 et 317 qui livre une liste de territoires et de privilèges que l’empereur romain Constantin Ier aurait concédés au pape Sylvestre 1er. Entre les 11 et 15º, la Donation a été convoquée par les partisans du pape dans diverses controverses pour justifier :
« Pourquoi n’as-tu pas fait Constantin Pontifx Maximus pour qu’il lui fût plus facile de transmettre ses insignes à l’autre souverain pontife? Mais tu ignorais l’histoire. Vraiment, je remercie Dieu d’avoir permis que cette criminelle supercherie s’expliquât seulement d’un homme tout à fait sot, comme le reste le montre ». Son analyse va porter sur le front et cela confirme ce que l’étude de la langue avait montré : le texte ignore une série d’éléments qui auraient été maîtrisé au 4º. Ce texte ne peut pas donc dater de cette époque. Avec une démarche analytique avec des recherches sur la langue et le fond, il va remettre en cause l’autorité d’un document majeur pour l’histoire de l’église. En critiquant la Donation, Valla contribue :
La réforme initiée par Martin Luther (95 thèses, 1517) constitue un second moment d’importance. Ce sont 95 propositions de réformes de l’Ëglise basées sur les dénonciations de pratiques tolérées voire encouragées par l’Église et qui apparaissent pour un moine comme inacceptable. Ces thèses vont déboucher sur un mouvement qui va se séparer de l’église catholique et connaitre sa propre autonomie.
l’étude des témoignages qui portent sur la vie des Saints. Ces témoignages constituent un champ littéraire qui s’est mis en place dès l’Antiquité et a connu son développement au MÂ : le genre hagiographique (les récits des Saints). Cela va donner naissance à la publication des Acta Sanctorum. Ils constituent un produit indirect et insolite de la Contre-Réforme (concile de Trente, 1545 - 1563) en réagissant de manière critique aux attaques protestantes, principalement au rejet des cultes des saints et des reliques, considérés comme dépourvu de tout fondement biblique et en contradiction flagrante avec le christocentrisme. Il y aura un élargissement de la démarche critique : le vrai au détriment de l’authentique en matière hagiographique (c’est-à-dire pour des textes concernant la foi). C’est un travail sur dossiers toujours en cours (67 volumes parus). C’est une évolution intellectuelle au sein de l’église. C’est une critique textuelle mise en œuvre par l’Église parce que l’évolution intellectuelle rend cette obligation incontournable. ÉMERGENCE DE L’HISTOIRE METHODIQUE Jean Mabillon est légèrement postérieur à Jean Bolland. Il fait partie d’une congrégation, Saint-Maur, qui est un ordre. Il n’est pas engagé dans une dynamique critique comme Bolland. Il s’occupe d’autres sujets. Dans l’ordre dont il fait partie, comme il a une belle plume, il va se voir confier une tâche : rédiger l’histoire de son ordre. Tous les ordres religieux ont eu le souci de rédiger leur histoire, pour conserver la mémoire ce qu’a été leur ordre et aussi pour des motifs pratiques (mémoire de la constitution financière, du statut de ceux qui en dépendent, des droits financiers à revendiquer, des problèmes fiscaux). Mabillon va prendre attitude par rapport à cette commande d’une manière originale. Au lieu de faire ce que ses prédécesseurs ont fait (réaliser une belle œuvre), il va choisir de réaliser une œuvre exacte. I va lui paraitre légitime de mettre en avant la critique textuelle. Mabillon fonde son travail sur une critique serrée des documents relatifs à son sujet. Il veut faire une histoire de son temps qui soit fondée sur des exactitudes. Il va se voir impliquer au début du processus de rédactions dans une controverse avec Daniel van Papenbroeck, aussi Bollandiste. L’un et l’autre doivent se prononcer sur des documents anciens qui sont relatifs à l’abbaye de Saint-Denis dont l’authenticité est contestée. Abbaye de Saint-Denis est l’abbaye royale. Elle est la source d’une partie de la légitimité de la monarchie française. Mabillon va dire que ces documents sont vrais. Pour asseoir sa position, il va développer une méthode particulière : c’est une science qui a pour objet l’étude des documents, et plus particulièrement des documents administratifs. Cette technique est une démarche construite qui donne lieu à la publication d’un traité qui ne concerne que cela : De re diplomatica. Cette méthode permet d’authentifier un document et le dater, créant ainsi la diplomatique. La diplomatique est une science ayant pour but les diplômes, chartres et autres documents officiels, leur authenticité, leur intégrité, leur âge et leurs variations au cours du temps. La diplomatique détermine les règles à suivre pour établir :
Même si le résultat est en deçà des ambitions affichées (Voltaire vise surtout la fonction d’historiographie du roi, qu’il obtient), l’œuvre constitue un jalon-clef dans l’historiographie (élargissement des perspectives) et annonce à la fois l’histoire romantique (ampleur du sujet, patriotisme) : un art et l’histoire méthodique (souci de véracité, de quantification) – une science. On a une rupture dans la façon d’envisager l’histoire, en tout cas dans la façon dont Voltaire présente les choses. Il attend une rémunération régulière par le roi, liée à l’exercice à une charge : l’historiographe royal – historien officiel de la monarchie. HISTOIRE ROMANTIQUE VS HISTOIRE METHODIQUE OU ART VS SCIENCE Le 19º est caractérisé, en Europe occidentale, par le triomphe des États-nations. Le phénomène imprime sa marque sur la façon d’écrire l’histoire. Émergent deux façons concurrentes de faire l’histoire, toutes deux au service de la nation soit volontairement ou par commande :
l’étude critique d’un corpus de documents aussi vastes que possible mais elle conserve sciemment certains traits subjectifs propres à la démarche artistique :
En 1879, fin de l’unification allemande dans l’épisode qui oppose la Prusse et la Pologne. La confrontation a lieu à Sedan et se traduit par la défaite de la France. Cette défaite française traumatisante va secouer le monde politique français mais également le monde scientifique. On va s’interroger sur les causes de la défaite française. Dans le champ historique, des historiens vont considérer que si défaite il y a eu, c’est parce que les allemands ont fait preuve de supériorité. Les française vont se détourner de l’histoire romantique au profit de l’histoire méthodique dont ils jugent que cela a contribué à la grandeur allemande. On le voit par la naissance de la revue française : Revue historique fondée par George Monod : « Notre Revue sera un recueil de science positive et de libre discussion : toutefois, elle ne quittera pas le domaine des faits et restera fermée aux théories politiques et philosophiques ». Cela sera donc une revue méthodique. On va assister simultanément à la refonde du cursus suivi par les historiens qui va amener l’histoire méthodique comme l’histoire de référence. Cela sera le travail de deux historiens : Charcles Victor Langlos et Charles Seignobos dans leur ouvrage qui a fondé les premiers pas des premiers historiens français : L’introduction aux études historiques : là, ils définissent la manière de faire l’histoire. Ils disent : « l’histoire se fait avec des documents. Faute de documents, l’histoire d’immenses périodes du passé de l’humanité est à jamais inconnaissable. Car rien ne supplée aux documents : pas de documents, pas d’histoire ». On est dans une directe pratique d’histoire méthodique. L’historien se gardera de tout questionnement préalable parce que cela serait subjectif. Ce n’est cependant pas crédible parce que les historiens se posent des questions qui vont guider leur choix au niveau des archives et documents. LA CRITIQUE DE L’HISTOIRE METHODIQUE : LES ANNALES ESC ET LA NOUVELLE HISTOIRE Le fait de voir arriver de nouveaux praticiens qui remplacent ceux qui les ont précédés fait en sorte qu’il y a une remise en cause de l’histoire méthodique. Après la première guerre mondiale, l’histoire méthodique est l’objet de critiques dont l’intensité est directement proportionnelle aux progrès des sciences sociales qui émergent au début du 19º dont les apports, fondés sur une problématisation, paraissent considérables en regard de ceux de l’histoire, réduite à collectionner des faits. Toutes ces sciences enregistrent des résultats importants qui permettent de comprendre la société dans laquelle ces sciences se sont développées et rendent l’histoire obsolète parce que l’histoire s’est cantonnée dans le rôle de reconstituer le passé et ne va pas au-delà. Le mouvement de redéfinition de l’histoire s’engage principalement en France, sous l’impulsion de deux jeunes élèves de Langlois et Seignobos, qui débutent en 1919 leur carrière académique à l’université de Strasbourg redevenue française. March Bloch et son collègue Lucien Febvre. Ce sont des historiens qui ont été formés par une histoire méthodique et ont une autre ambition. En 1929, ils fondent une revue : les Annales d’histoire économique et
sociale (rebaptisée Les Annales. Économies, sociétés, civilisations en 1946) qui est un espace de discussion où est mise en œuvre leur conception de l’histoire. C’est une revue très importante au niveau de l’histoire en France. Ils vont créer une revue concurrente qui va alimenter les débats de ceux qui pensent comme eux. Marc Bloch dit cela sur la façon dont lui et ses comparses envisagent l’histoire : « leur devise, serait-il trop malicieux de la chercher dans ce mot étonnant, échappé un jour à l’homme d’intelligence si vive que fut pourtant mon maître Seignobos : « il est très utilise de se poser des questions, mais très dangereux d’y répondre »? Nous acceptons beaucoup plus aisément de faire de la certitude et de l’universalisme une question de degré. » Autrement dit, pour Bloch et Febvre, l’idée que l’historien puisse être impartial est une idée qui ne tient pas. à partir du moment où on s’accommode de cette idée, on peut redéfinir l’histoire. Lebvre dit quatre ans plus tard dans sa leçon d’ouverture qui marque son entrée dans le Collège de France à Paris en 1933 : « histoire science de l’Homme, et alors les faits, oui, mais ce sont des faits humains ; tâche de l’historien : retrouver les hommes qui les ont vécus, et ceux qui dans chacun d’eux, plus tard, se sont logés en eux avec toutes leurs idées, pour les interpréter. Les textes, sans doute : mais tous les textes. Et pas seulement les documents d’archives. » Il ne s’agit plus juste de reconstituer le passé mais interpréter les textes. Avec Bloch et Febvre, on élargit le champ des sources étudiées. « Les textes, évidemment : Mais pas rien que les textes. Les documents aussi, quelle qu’en soit la nature, ceux qu’on utilise de longue date, ceux surtout que procure l’effort heureux de disciplines nouvelles. L’histoire qui s’édifie, sans exclusion, avec toute ce que l’ingéniosité des hommes peut inventer et combiner pour suppléer au silence des textes aux ravages de l’oubli ». On ne va pas se contenter de faire l’histoire à partir des textes et laisser de côté ce que les textes ne documentent pas. il va falloir suppléer les silences du textes. Au sortir de la seconde guerre mondiale, l’École des Annales triomphe. Désormais l’histoire :