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Discrimination raciale dans la société humaine.

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A6 - J.C. Carrière, "La Controverse de Valladolid"
Boudier Aurélien - 2nde B - Page 1
I. Analyse de la préface
Jean Claude Carrière reconnait qu'il existe une grande incertitude sur la manière dont cette
controverse s'est réellement déroulée. En effet, nous avons de nombreux documents qui font référence
à cette controverse historiquement parlant, mais nous ne possédons plus le compte rendu officiel de
cette confrontation d'idées. Les idées et les arguments sont en revanche connus dans leur publication
pour déterminer si les Indiens doivent être considérés comme des hommes à part entière. Sepùlveda et
Las Casas ont réellement existé.
A partir de là, l'auteur organise une mise en scène, un scénario, qui va permettre aux deux
interlocuteurs d'échanger leurs idées. Son travail d'invention a consisté à rendre ce débat plus
dramatique, avec des formes de suspens, de retournements de situation, avec des éléments imprévus et
de la tension psychologique entre les différents personnages. Pour tout le reste, l'auteur est plongé dans
le débat de l'époque.
Il s'est immergé dans tous les textes documentaires afin de restituer dans notre langue du 20ème
siècle, les idées du 16ème. Il termine sa préface par ses références bibliographiques parmi lesquelles on
peut distinguer des textes d'époques écrits par les contemporains de cette controverse, des ouvrages
d'histoire ou de sociologie sur l'Amérique de cette époque. Autres références, une thèse universitaire
qui amène une caution scientifique, et la citation de Le Clézio, romancier prix Nobel. Par la diversité
de ses sources, Jean Claude Carrière montre qu'il a étudié le sujet sous tout son aspect.
II. Analyse de la stratégie argumentaire des deux interlocuteurs
Il faut bien différencier les arguments (l'argumentaire) et la stratégie argumentative. La
stratégie argumentative, ce sont tous les procédés qui permettent de rendre les arguments plus
efficaces et qui traduisent la personnalité du locuteur. C'est Las Casas qui prend la parole en premier.
L'action se passe dans un couvent, dans la salle capitulaire où on lieux les réunions. L'assemblée n'est
comprise que de religieux. Le prélat ou légat est chargé d'animer le débat, écouter les arguments,
prendre les décisions, distribuer le temps de parole et d'orienter le débat par ses questions. Il peut aussi
de temps à autres montrer les contradictions dans les propos de l'un ou de l'autre.
A. Stratégie argumentative de Las Casas
D'entrée de jeu, Las Casas appui tout son discours sur son expérience par l'utilisation du
pronom personnel de la première personne qui est récurrente. Il rejette par ce fait toute la rhétorique
philosophique de son époque. Il a une ligne directrice, le massacre gratuit des Indiens par les
Espagnols et son discours progresse sans véritable ordre logique. C'est une accumulation anecdotes
macabres qui illustre la cruauté sanguinaire (qui aime bien voir couler le sang). Il ne cherche pas à
toucher la raison de son auditoire, mais il cherche plutôt à toucher d'un point de vue émotionnel d’où
les nombreuses images hyperboliques ("les oiseaux charognards qui masquent le soleil par milliards").
Il n'y a aucun caractère progressif dans son récit. Il veut d'emblée bousculer son auditoire, dans ses
idées, ses convictions, quitte à susciter des sentiments d'indignation et d'horreur. Un exemple
savamment développé, les 13 personnes embrochées en même temps, sans préciser la motivation de ce
nombre, ce qui suscite les interrogations et une réponse, qui là encore choque une assemblée de
religieux. Il s'échauffe, répète plusieurs fois le même thème et coupe la parole au cardinal. Il est
vraiment très tendu et très vif.
B. Stratégie argumentatives de Sepùlveda
Il y a une nette opposition de la stratégie entre les deux interlocuteurs. Ici, nous ne sommes
plus dans l'émotion, mais la réflexion étayée par tous les artifices de la rhétorique classique. Les idées
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I. Analyse de la préface

Jean Claude Carrière reconnait qu'il existe une grande incertitude sur la manière dont cette controverse s'est réellement déroulée. En effet, nous avons de nombreux documents qui font référence à cette controverse historiquement parlant, mais nous ne possédons plus le compte rendu officiel de cette confrontation d'idées. Les idées et les arguments sont en revanche connus dans leur publication pour déterminer si les Indiens doivent être considérés comme des hommes à part entière. Sepùlveda et Las Casas ont réellement existé.

A partir de là, l'auteur organise une mise en scène, un scénario, qui va permettre aux deux interlocuteurs d'échanger leurs idées. Son travail d'invention a consisté à rendre ce débat plus dramatique, avec des formes de suspens, de retournements de situation, avec des éléments imprévus et de la tension psychologique entre les différents personnages. Pour tout le reste, l'auteur est plongé dans le débat de l'époque.

Il s'est immergé dans tous les textes documentaires afin de restituer dans notre langue du 20ème siècle, les idées du 16ème. Il termine sa préface par ses références bibliographiques parmi lesquelles on peut distinguer des textes d'époques écrits par les contemporains de cette controverse, des ouvrages d'histoire ou de sociologie sur l'Amérique de cette époque. Autres références, une thèse universitaire qui amène une caution scientifique, et la citation de Le Clézio, romancier prix Nobel. Par la diversité de ses sources, Jean Claude Carrière montre qu'il a étudié le sujet sous tout son aspect.

II. Analyse de la stratégie argumentaire des deux interlocuteurs

Il faut bien différencier les arguments (l'argumentaire) et la stratégie argumentative. La stratégie argumentative, ce sont tous les procédés qui permettent de rendre les arguments plus efficaces et qui traduisent la personnalité du locuteur. C'est Las Casas qui prend la parole en premier. L'action se passe dans un couvent, dans la salle capitulaire où on lieux les réunions. L'assemblée n'est comprise que de religieux. Le prélat ou légat est chargé d'animer le débat, écouter les arguments, prendre les décisions, distribuer le temps de parole et d'orienter le débat par ses questions. Il peut aussi de temps à autres montrer les contradictions dans les propos de l'un ou de l'autre.

A. Stratégie argumentative de Las Casas

D'entrée de jeu, Las Casas appui tout son discours sur son expérience par l'utilisation du pronom personnel de la première personne qui est récurrente. Il rejette par ce fait toute la rhétorique philosophique de son époque. Il a une ligne directrice, le massacre gratuit des Indiens par les Espagnols et son discours progresse sans véritable ordre logique. C'est une accumulation anecdotes macabres qui illustre la cruauté sanguinaire (qui aime bien voir couler le sang). Il ne cherche pas à toucher la raison de son auditoire, mais il cherche plutôt à toucher d'un point de vue émotionnel d’où les nombreuses images hyperboliques ("les oiseaux charognards qui masquent le soleil par milliards"). Il n'y a aucun caractère progressif dans son récit. Il veut d'emblée bousculer son auditoire, dans ses idées, ses convictions, quitte à susciter des sentiments d'indignation et d'horreur. Un exemple savamment développé, les 13 personnes embrochées en même temps, sans préciser la motivation de ce nombre, ce qui suscite les interrogations et une réponse, qui là encore choque une assemblée de religieux. Il s'échauffe, répète plusieurs fois le même thème et coupe la parole au cardinal. Il est vraiment très tendu et très vif.

B. Stratégie argumentatives de Sepùlveda

Il y a une nette opposition de la stratégie entre les deux interlocuteurs. Ici, nous ne sommes plus dans l'émotion, mais la réflexion étayée par tous les artifices de la rhétorique classique. Les idées

ne sont pas immédiatement perceptibles. Il commence par une série de questions sur la vie de son adversaire afin de le discréditer aux yeux de son auditoire en le faisant passer pour une personne fascinée par les Indiens. C'est une attaque ad hominem. Sepùlveda, contrairement à Las Casas, il cherche sans cesse l'approbation de l'auditoire. Il multiplie les arguments qui vont dans le sens de la grandeur du christianisme. Il se met ainsi le public dans sa poche. Il maîtrise parfaitement les joutes verbales et sait calculer certains effets. Il introduit des petites pauses dans son discours. Il suggère plusieurs directions pour montrer toute l'étendue de ses facultés d'orateur. Sur le fond de son discours, le premier argument est la guerre juste, la guerre voulue par Dieu. Il se justifie en rappelant que très peu d'Espagnols ont réussi à conquérir et asservir des milliers d'Indiens, il y voit par ici la main de Dieu.

De plus, il dit que tous les hommes sont destinés à être rachetés par le Christ. C'est pour montrer que les Indiens, n'étant pas sensibles à la foi chrétienne, sont en dehors de l'humanité racheté par le Christ. Si c'étaient des hommes, ils épouseraient la foi. Mais d'après lui, ils n'ont pas cette étincelle qui lui permet d'accéder au statut d'homme. C'est un orateur froid, un homme de bibliothèque qui n'a aucune expérience du terrain. Il est en revanche habitué à manier les idées et les concepts de sont temps avec la plus grande rigueur formelle.

III. Problématiques de la Controverse de Valladolid

La première grande problématique qui oppose les 2 interlocuteurs est la question de la culture des civilisations, des coutumes et de l'usage. Deux conceptions s'opposent ici. La première valorise les différences au bénéfice de la civilisation occidentale chrétienne et au détriment du nouveau monde. On appelle ça l'ethnocentrisme. C'est un système de pensée qui autorise toute forme de colonisation et d'exploitation. A côté de ça, Las Casas, lui, reconnait les différences de cultures mais s'interdit de les valoriser. Il défend la thèse du Relativisme Social (cf. Montaigne au 16ème^ siècle).

IV. L'argumentation croisée

Ce texte progresse par couple argument / contre-argument. Ça rend le texte plus dynamique, plus vivant et plus dramatique.

1 er^ Exemple:

D'après Sepùlveda, "Ce sont des esclaves par nature", car incapable d'inventer quoi que ce soit, ils sont juste bons à copier, à singer les inventions des chrétiens. Il s'appuie sur Aristote (c'est une "rat" de bibliothèque), un philosophe, afin de montrer la validité de son argument, "Magister dixit" = "Le maître a dit".

Contre-argument de Las Casas, "Les occidentaux ne considèrent que ce qu'ils veulent voir" pour mieux asseoir leur stupidité.

2 ème^ Exemple:

Sepùlveda dit que les Indiens utilisent des techniques rudimentaires (armes, déplacement…) par rapport à celles des chrétiens.

Las Casas lui répond que leurs techniques sont adaptées à leur environnement et cadre de vie.

3 ème^ Exemple:

Sepùlveda met en avant la religion barbare des Indiens, qui ne respectent pas le mariage. Il critique aussi leur valeur de la société et leur relation à l'or et à la nourriture.

Enfin, Las Casas développe avec beaucoup d'habileté le Relativisme Social en montrant que chaque peuple a ses coutumes aussi incompréhensibles pour les uns que pour les autres.

  • La faculté de rire Il s'agit de tester une sorte de vieil adage qui dit que "rire est le propre de l'homme". Cela sous entend que les animaux ne rient pas et que la capacité humoristique dépend de certaines capacité intellectuelles. Ici, l'expérimentation est pipée à la base dans la mesure où il s'agit d'un rire culturel. Une personne extérieure à cette culture occidentale ne comprend rien à la mise en scène des chrétiens. Il y a en revanche un retournement de situation dramatique lorsque le cardinal rate la marche et tombe. Les Indiens rient spontanément, c'est le rire universel (Henri Bergson, Le traité du rire , "c'est de la mécanique plaquée sur du vivant"). Les Indiens ont été sensibles à cette forme spontanée du rire qui montre, si le besoin en était, que leur réaction est humaine.

VII. Conclusion de la Controverse

Nous avons ici une chute à double détente. Dans un premier temps, on se réjouit de la position humaniste de l'Eglise qui reconnait les Indiens comme des êtres humains à part entière, rachetés par le Christ. Cette décision est prise au détriment de toutes considérations économiques. Elle scelle la victoire de Las Casas, de l'humanisme et de la générosité.

Mais l'ouvrage ne s'arrête pas là, il y a rebondissement final, un coup de théâtre avec la proposition d'exploiter le continent africain. Cela va effectivement être le début de l'esclavage et la traite des Noirs. L'Eglise montre ici son véritable visage, c'est-à-dire que le pouvoir spirituel n'est pas très éloigné du pouvoir temporel. En fait pour cette décision finale, le problème est juste déplacé du continent américain au continent africain. En effet, tout le débat est à refaire, et cela indéfiniment. C'est un problème sans fin, interminable qui nous est suggéré par cette fin.