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CHAPITRE 12 : THÉORIE DES MALADIES INFECTIEUSES. ÉLÉMENTS D’ÉPIDÉMIOLOGIE
1.1 INTRODUCTION
L’omniprésence de microorganismes signifie que nous sommes constamment exposés aux microorganismes
présents dans notre environnement immédiat et sur toutes les surfaces externes du corps humain ou animal.
Autrement dit, l’environnement et les surfaces externes de notre corps sont contaminés, ce qui est tout à
fait naturel (consultez la présentation PowerPoint pour bien comprendre le sens du terme « extérieur du
corps » du point de vue anatomique).
Dans l'utérus, le développement embryonnaire s'effectue normalement en milieu stérile. C'est au
moment de l'accouchement que le nouveau-né est contaminé, d'abord lors de son passage par les
voies génitales, puis par l'environnement en général. La colonisation est rapide, de 24 à 48 heures.
Dès ce moment, il est presque impossible d'éliminer les microorganismes qui colonisent les surfaces
externes du corps. Le microbiote évolue avec nous et même après la mort, il s’occupe de la
décomposition du corps.
Parmi les microorganismes associés à corps humain, il y en a qui sont inoffensifs et qui sont présents
normalement chez l'homme et les animaux. On les appelle les commensaux. Il y en a d'autres, les
pathogènes/opportunistes, qui détruisent les tissus ou perturbent les activités physiologiques essentielles,
occasionnant ainsi une maladie infectieuse plus ou moins sérieuse. Le terme de flore microbienne ou
microbiote humain est souvent employé pour désigner l'ensemble des microorganismes, commensaux et
pathogènes/opportunistes, présents chez l'humain à un lieu donné et à un moment donné. On parlera de
microbiote normal si ce microbiote est caractéristique du lieu donné. Toutes surfaces externes de notre
corps ont leur microbiote caractéristique. Parfois, au microbiote normal s’ajoutent des éléments transitoires
qui modifient temporairement la composition du microbiote normal, ce qui peut avoir des conséquences
cliniques.
L’omniprésence des microorganismes est lourde de conséquences pour les êtres humains, car elle
s'accompagne du risque d'agressions fréquentes par certains pathogènes. Après tout, il est tout à fait naturel
que les microorganismes profitent de chaque occasion pour coloniser des endroits nouveaux si cette occasion
se présente devant eux. L’intérieur stérile du corps offre également une telle opportunité et on perçoit une
telle colonisation comme une agression. Afin de lutter contre les agresseurs microbiens, tous les êtres vivants
possèdent un système de défense complexe. De plus, la capacité cognitive des humaines a permis de
développer des mesures efficaces de contrôle et de prévention contre les agressions microbiennes (la chaîne
d’asepsie), alors il demeure important de connaître ces mesures et de les appliquer de façon rigoureuse afin
de diminuer les risques d'agression. Une défaillance dans la chaîne d’asepsie et le délai naturel de réaction
de notre système de défense ou de son dérèglement, il arrive que nous contractions une maladie infectieuse
au contact d’un microorganisme pathogène.
Pour les humains, la source de contamination la plus proche et la plus importante est le microbiote humain.
Diversifié et riche, il est indispensable pour garder notre corps en bonne santé à condition que l’équilibre soit
maintenu entre le microbiote et la partie du corps qui est propre. Or les transferts des microbes d’un endroit
de notre corps à un autre ajoutent à la flore normale locale des éléments transitoires parfois indésirables.
Ces microbes peuvent manifester leur pouvoir d’agression dans le contexte nouveau et inhabituel, ce qui
peut provoquer une infection. L’auto-infection (l’infection endogène) est un scénario assez fréquent.
Toutefois, la transmission des agents pathogènes entre les personnes (la contagion), la transmission directe
ou indirecte (discuté plus loin), constitue la source de contamination la plus importante.
Le microbiote normal compte peu de microorganismes pathogènes, car sinon l’organisme se trouverait en
l’état d’infection permanent. Malgré leur présence, la prolifération des microbes pathogènes est tenue en
échec par les mécanismes de défense de l’organisme et par des microorganismes non pathogènes du
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CHAPITRE 12 : THÉORIE DES MALADIES INFECTIEUSES. ÉLÉMENTS D’ÉPIDÉMIOLOGIE

1.1 INTRODUCTION

L’omniprésence de microorganismes signifie que nous sommes constamment exposés aux microorganismes présents dans notre environnement immédiat et sur toutes les surfaces externes du corps humain ou animal. Autrement dit, l’environnement et les surfaces externes de notre corps sont contaminés, ce qui est tout à fait naturel (consultez la présentation PowerPoint pour bien comprendre le sens du terme « extérieur du corps » du point de vue anatomique). Dans l'utérus, le développement embryonnaire s'effectue normalement en milieu stérile. C'est au moment de l'accouchement que le nouveau-né est contaminé, d'abord lors de son passage par les voies génitales, puis par l'environnement en général. La colonisation est rapide, de 24 à 48 heures. Dès ce moment, il est presque impossible d'éliminer les microorganismes qui colonisent les surfaces externes du corps. Le microbiote évolue avec nous et même après la mort, il s’occupe de la décomposition du corps. Parmi les microorganismes associés à corps humain, il y en a qui sont inoffensifs et qui sont présents normalement chez l'homme et les animaux. On les appelle les commensaux. Il y en a d'autres, les pathogènes/opportunistes , qui détruisent les tissus ou perturbent les activités physiologiques essentielles, occasionnant ainsi une maladie infectieuse plus ou moins sérieuse. Le terme de flore microbienne ou microbiote humain est souvent employé pour désigner l'ensemble des microorganismes, commensaux et pathogènes/opportunistes, présents chez l'humain à un lieu donné et à un moment donné. On parlera de microbiote normal si ce microbiote est caractéristique du lieu donné. Toutes surfaces externes de notre corps ont leur microbiote caractéristique. Parfois, au microbiote normal s’ajoutent des éléments transitoires qui modifient temporairement la composition du microbiote normal, ce qui peut avoir des conséquences cliniques. L’omniprésence des microorganismes est lourde de conséquences pour les êtres humains, car elle s'accompagne du risque d'agressions fréquentes par certains pathogènes. Après tout, il est tout à fait naturel que les microorganismes profitent de chaque occasion pour coloniser des endroits nouveaux si cette occasion se présente devant eux. L’intérieur stérile du corps offre également une telle opportunité et on perçoit une telle colonisation comme une agression. Afin de lutter contre les agresseurs microbiens, tous les êtres vivants possèdent un système de défense complexe. De plus, la capacité cognitive des humaines a permis de développer des mesures efficaces de contrôle et de prévention contre les agressions microbiennes (la chaîne d’asepsie), alors il demeure important de connaître ces mesures et de les appliquer de façon rigoureuse afin de diminuer les risques d'agression. Une défaillance dans la chaîne d’asepsie et le délai naturel de réaction de notre système de défense ou de son dérèglement, il arrive que nous contractions une maladie infectieuse au contact d’un microorganisme pathogène. Pour les humains, la source de contamination la plus proche et la plus importante est le microbiote humain. Diversifié et riche, il est indispensable pour garder notre corps en bonne santé à condition que l’équilibre soit maintenu entre le microbiote et la partie du corps qui est propre. Or les transferts des microbes d’un endroit de notre corps à un autre ajoutent à la flore normale locale des éléments transitoires parfois indésirables. Ces microbes peuvent manifester leur pouvoir d’agression dans le contexte nouveau et inhabituel, ce qui peut provoquer une infection. L’auto-infection (l’infection endogène) est un scénario assez fréquent. Toutefois, la transmission des agents pathogènes entre les personnes (la contagion), la transmission directe ou indirecte (discuté plus loin), constitue la source de contamination la plus importante. Le microbiote normal compte peu de microorganismes pathogènes, car sinon l’organisme se trouverait en l’état d’infection permanent. Malgré leur présence, la prolifération des microbes pathogènes est tenue en échec par les mécanismes de défense de l’organisme et par des microorganismes non pathogènes du

microbiote normal local, plus abondants et mieux adaptés aux conditions locales que les microorganismes pathogènes. Ils occupent la surface disponible et s’approprient les ressources, limitant ainsi les possibilités d’expansion des pathogènes. L’omniprésence des microbes commensaux du microbiote local constitue la plus universelle contribution de la flore microbienne normale à notre bien-être : l’effet barrière du microbiote commensal. Dans cette optique, les microorganismes pathogènes ne causent des infections que si les conditions locales changent et favorisent leur prolifération. 1.2 LA TRANSMISSION D’UNE MALADIE INFECTIEUSE On nomme « maladie » toutes perturbations de l’état de santé d’un individu. Le terme infection fait quant à lui référence à la pénétration ou à la multiplication d’un microorganisme pathogène chez un individu. Si l’infection perturbe l’état de santé, alors ceci veut dire que le microorganisme a un impact sur le fonctionnement normal de l’hôte, on parle alors d’une maladie infectieuse. Pour qu'une maladie infectieuse se développe au contact avec un microorganisme, il faut que plusieurs conditions soient remplies :

    1. le microorganisme pathogène doit être virulent;
    2. le microorganisme doit sortir de son réservoir;
    3. le microorganisme doit survivre son passage jusqu'à l'hôte;
    4. la durée du contact avec l’hôte doit être adéquate;
    5. la quantité d'agents pathogènes (dose infectieuse) doit être adéquate;
    6. le microorganisme doit résister à tous les mécanismes de défense de l’hôte (certaines personnes plus vulnérables que les autres). Figure 1 .1. Étapes de la transmission d’une infection 1.2.1 MICROORGANISMES PATHOGÈNES Les microorganismes pathogènes possèdent la capacité de causer une maladie chez un hôte. La pathogénicité ou le pouvoir pathogène est la capacité d'une espèce microbienne de causer une maladie. Ce pouvoir varie d'une espèce à l'autre et même entre les souches de la même espèce. Le degré de la pathogénicité est exprimé par le terme " virulence". Ici, on parle de l'aptitude d'un pathogène à se développer dans un organisme hôte et à provoquer une infection. La virulence dépend de la présence de facteurs relatifs et spécifiques à l’agresseur (facteur de virulence). **3. Mode de transmission 4, 5. Porte d’entrée dans le corps de l’hôte 2,3. Porte de sortie d’un réservoir
  1. Réservoir** (vivant, inanimé) **1. Agents pathogènes
  2. Hôte réceptif** (susceptibilité à l’infection)

comme porteurs asymptomatiques transitoires. Il arrive parfois qu'un humain constitue son propre réservoir, il s'agit alors d'auto-infection ou d'infection endogène (discuté plus loin). Les animaux comme les chiens, les chats, les renards, les chauves-souris, les insectes, les porcs et les bovins peuvent aussi être des réservoirs d'agents infectieux et les transmettre à l'humain. Les agents pathogènes qui provoquent la rage, la peste, la malaria, ou la toxoplasmose sont hébergés par les animaux. Le deuxième terme, également important pour l’analyse d’un cas précis d’une maladie infectieuse, est le foyer. Ce terme décrit la source directe de l’infection examinée chez un individu. Il peut s’agir d’un aliment identifiable avec la précision (p. ex. la marque de commerce, la date de production, le numéro du lot, le point de distribution) ou un puit localisé à l’endroit donné ou une personne identifiée (le fameux "patient zéro"). Afin de bien différencier le réservoir du foyer, regardez cet exemple : le système digestif en général et la matière fécale constituent le réservoir naturel de la bactérie Escherichia coli. Or une personne développe une gastro-entérite causée par cette bactérie plutôt en consommant un aliment contaminé par les bactéries fécales, par exemple en consommant de la crème glacée produite par la compagne X, le lot d’un tel numéro. Dans ce cas précis, la crème glacée constitue le foyer. L'identification rapide du foyer permet de retirer le produit contaminé de la circulation et de protéger ainsi la population. La distinction entre le réservoir et le foyer n’est pas toujours facile, évidente ou même possible. Dans le cas de plusieurs maladies, l’humain constitue à la fois le réservoir et le foyer, puisque plusieurs agents pathogènes sont transmis directement d’un individu à l’autre et ces agents pathogènes ne peuvent pas survivre à l’extérieur du corps humain (p. ex. le pathogène qui provoque la syphilis). 1.2.3 PORTES DE SORTIE Pour causer une infection, les microorganismes pathogènes doivent pouvoir quitter leur réservoir. Si le réservoir est inanimé, des particules liquides ou solides, dispersées par les éléments, assurent la sortie des microorganismes. Si le réservoir est vivant, ce qui est plus fréquent, ce sont les sécrétions des différents systèmes de l'organisme qui transportent les microorganismes. ▪ Sécrétions du système respiratoire : plusieurs maladies comme la tuberculose, la grippe, la pneumonie et la rougeole sont causées par des agents infectieux transmis par les gouttelettes émises dans l'air à la suite de la toux ou aux éternuements. ▪ Sécrétions du système digestif : plusieurs pathogènes peuvent être transmis par la salive, le vomi ou les fèces. C'est le cas des virus de la rage et de la mononucléose transmis par la salive. De l'autre côté, les agents responsables de la salmonellose, de la fièvre typhoïde, du choléra, ou de la poliomyélite sont transmis par les fèces. ▪ Sécrétions du système uro-génital : plusieurs ITSS comme la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis, l'hépatite et le sida sont transmises par les sécrétions génitales. Certaines infections, comme la brucellose, peuvent être transmises par l'urine. ▪ Le sang : le contact avec sang d'une personne infectée peut transmettre un agent pathogène à une autre personne, soit par l'intermédiaire d'un vecteur, comme dans le cas de la malaria, soit par l'intermédiaire d'aiguilles et de seringues contaminées, comme dans le cas de l'hépatite B, C et du sida.

Après avoir quitté l’hôte, le microorganisme doit être en mesure de survivre à son passage en milieu externe afin de pouvoir infecter un nouvel hôte. On parle de modes de transmission des agents pathogènes. 1.2.4 TRANSMISSION DES AGENTS PATHOGÈNES Puisque les maladies infectieuses sont généralement contagieuses, c'est-à-dire qu'elles peuvent être transmises d'un individu à l'autre, la transmission peut se faire selon différentes modes :

  • Par contact direct entre les individus Le contact direct par les mains ou la peau à peau est le moyen le plus simple. Quant aux maladies transmises sexuellement, elles sont transmises par contact direct intime qui implique souvent les muqueuses. La transmission de la mère à son fœtus constitue également le mode de transmission par contact direct. Plusieurs infections du système digestif sont transmises directement par la voie orofécale (discuté plus loin).
  • Par contact indirect L’ingestion des aliments, de l'eau et le contact avec de divers objets de la vie quotidienne peuvent transporter les agents infectieux du réservoir ou du foyer vers l’hôte si ces objets sont contaminés de façon suffisante et si le contact avec ces objets se fait de façon appropriée. Laver les mains dans l’eau contaminée (par exemple dans un ruisseau) ne pose aucun risque de transmission d’une infection du système digestif, mais la boire porte le risque important.
  • Par gouttelettes Les gouttelettes produites par la toux, par les éternuements ou par le simple fait de parler contaminent l’environnement immédiat, car ces éjections peuvent contenir des microorganismes pathogènes. Les gouttelettes émises, si elles ne sont pas inhalées immédiatement par une autre personne, se déposent avec le temps sur les surfaces des objets partagés. La survie de ces microorganismes varie d’une espèce à l’autre. Plusieurs maladies telles que la méningite ou la coqueluche sont transmissibles par gouttelettes.
  • Par aérosols (par la voie aérienne) Contrairement aux gouttelettes, les particules qui forment les aérosols sont plus fines et elles peuvent rester en suspension dans l’air suffisamment longtemps pour se répandre dans l’environnement, ce qui augmente considérablement le risque d’inhalation par un individu.
  • Par véhicule commun Un véhicule commun permet de propager l’infection à partir d’une source unique (quelque soit d’un réservoir ou d’un foyer) à de nombreux hôtes et sur une longue distance. L’eau, la nourriture et le sang constituent les exemples classiques des véhicules. Les microorganismes peuvent y survivre longtemps, ce qui facilite la propagation des maladies qu’ils provoquent.
  • Par vecteur Ici, on parle d’un animal qui porte un agent pathogène et, de cette façon, cet animal facilite la transmission du pathogène entre les hôtes. Certains vecteurs participent activement dans le cycle biologique du pathogène, tandis que les autres transportent les pathogènes de façon passive (p. ex. les mouches).
  • Transmission fécale-orale (orofécale) Ce mode particulier de transmission apparaîtra dans la description de nombreuses maladies infectieuses. Il s’agit de la transmission d’un agent pathogène depuis de la matière fécale d’un
  • Voies génito-urinaires et transplacentaires Les ITSS sont transmises par contact direct lors de relations sexuelles avec une personne infectée. C’est par les voies génitales que l’on peut contracter, entre autres, la gonorrhée, la syphilis, la chlamydia, les condylomes (verrues génitales – VPH), l'herpès, l'hépatite B et C et l'immunodéficience acquise (le SIDA). Quelques microorganismes pathogènes présents dans l'organisme maternel peuvent aussi traverser la barrière placentaire et contaminer l'embryon. Mentionnons ici l'agent de la syphilis, l'agent de la toxoplasmose et le virus de l'immunodéficience acquise. Les microorganismes de la flore fécale peuvent aussi entraîner des infections urinaires lorsqu’ils se retrouvent au niveau de l’urètre, soit à cause de l'hygiène inadéquate, soit s'ils sont transférés par les mains, par les sondes urinaires ou après une relation sexuelle.
  • Voies parentérales Les microorganismes peuvent aussi être introduits directement dans la circulation sanguine à la suite de piqûres d'insectes comme c'est le cas de la malaria, par l'intermédiaire de seringues ou d'aiguilles contaminées ou par rupture de la paroi de vaisseaux sanguins à la suite d'une blessure. Ce dernier s'applique au virus de l'hépatite B, de l’hépatite C et du virus de l'immunodéficience acquise, par exemple. 1.2.6 VULNÉRABILITÉ DE L’HÔTE Le succès de l’invasion entamée par un agent pathogène dépend non seulement de la virulence de ce dernier, mais aussi de plusieurs facteurs relatifs à l'hôte. Par définition, l’humain est dit réceptif dans le sens qu’il offre un environnement qui permet au pathogène de s'y installer. Or chaque individu est différent et offre des conditions particulières qui déterminent non seulement la déclaration ou non d’une maladie infectieuse, mais aussi son déroulement. Parmi ces facteurs relatifs à l’hôte, on peut énumérer :
  • L’âge - puisque le système immunitaire des personnes âgées et des jeunes enfants n'est pas des plus efficace, ces groupes d'âge sont le plus prédisposés aux infections;
  • L’état général de santé - les personnes souffrant déjà d'infections, des problèmes de circulation sanguine (comme c’est le cas pour les diabétiques, les hémophiles et les sidatiques) ou des problèmes généraux systémiques ont un système de défense affaibli et elles sont plus susceptibles à développer des infections secondaires;
  • Le stress/ la fatigue ces conditions, ainsi que la malnutrition, diminuent l'efficacité du système de défense et augmentent les risques d'infection en stimulant notamment la sécrétion de cortisol.
  • La prise de certains médicaments - les médicaments comme les antihistaminiques, les médicaments utilisés en chimiothérapie, les dérivés de la cortisone et les immunosuppresseurs augmentent de façon importante les risques d'infections en diminuant l’efficacité des mécanismes de défense. Quant aux antibiotiques, ils augmentent les risques d'infections fongiques et virales en détruisant la flore bactérienne normale et, par conséquent, en affaiblissant l’effet barrière, ce qui nous amène vers le point suivant :
  • L’état du microbiote de l’hôte – étant donné que le microbiote constitue une entité dynamique, alors toute perturbation qui déstabilise la flore microbienne normale a un impact sur l’homéostasie, donc sur la santé et sur la capacité à résister à l’invasion microbienne. 1.3 MALADIES INFECTIEUSES 1.3.1 ORIGINE DE L’INFECTION L'infection est dite exogène lorsqu'elle est causée par un agent infectieux provenant de l'extérieur de l'organisme. Ce type d'infection met en jeu tous les éléments du cycle de la maladie soit le réservoir, la transmission et l'hôte. Si l’infection est d’origine animale, alors on parle de zoonose. Une infection est dite endogène lorsqu'elle est causée par des microorganismes qui proviennent de l'organisme lui-même. Dans ce cas, un pathogène est transféré de son leu habituel de résidence vers un endroit inhabituel à la suite d’une autocontamination. Souvent, ce site nouveau offre une opportunité inhabituelle de prolifération. Dans ce cas, on parle d'une infection opportuniste. Parfois, une infection opportuniste se déclare sans le transfert de microorganisme. Le microbiote en équilibre héberge souvent les microorganismes pathogènes, mais l'effet barrière contrôle efficacement leur prolifération. Par conséquent, chaque situation qui affaiblit ledit effet favorise le développement des pathogènes résidant, ce qui peut conduire à une infection. Parfois, les microorganismes inoffensifs peuvent occasionner des infections opportunistes. Ces infections ne sont pas la conséquence d’une augmentation soudaine du pouvoir pathogène de ces microorganismes, mais elles résultent d'un dysfonctionnement du système immunitaire qui peut être causé par une altération des barrières anatomiques naturelles, par la perturbation d'activités physiologiques essentielles ou par des traitements médicaux visant à régler un problème grave de la santé. Selon le type d’agent pathogène qui provoque la maladie, on parle d’une bactériose , d’une virose , d’une parasitose ou d’une mycose (une maladie provoquée par les champignons pathogènes). Une maladie causée par une toxine microbienne porte le nom d’ intoxication. Dans ce dernier cas, les manifestations cliniques apparaissent souvent même si l’agent pathogène qui produit la toxine est absent du corps ou sa présence est indétectable. Or il est également possible que la maladie soit causée par l’action combinée d’une ou de plusieurs toxines et, parallèlement, de la prolifération du pathogène qui produit la toxine en question (ici, on parle de toxi-infection ). 1.3.2 CONTAGIOSITÉ Les maladies infectieuses peuvent être transmissibles ou non. Ainsi, une intoxication causée par la toxine tétanique n'est pas transmissible à un autre individu (donc elle n’est pas contagieuse). Lorsque l'infection est transmise, de façon directe ou indirecte, elle est contagieuse, mais seulement si elle se transmet facilement d'un individu à l'autre. C'est le cas de plusieurs maladies infantiles comme la varicelle ou les oreillons. Le risque de contagion varie d'une maladie à l'autre et il dépend de l'agent infectieux. La plupart du temps, la contagiosité est maximale au cours de la phase aiguë de la maladie. Toutefois, dans plusieurs cas, le risque de transmission débute dans la phase d'incubation et parfois il existe encore dans la phase de convalescence. 1.3.3 ASPECT CLINIQUE Toute maladie provoque des changements particuliers dans les structures et dans le fonctionnement du corps. Ces changements peuvent être observables et mesurables de l’extérieur de façon objective ou ils peuvent être ressentis uniquement par la personne malade. Dans le premier cas, on parle de signes

Phase de déclin Durant cette période les symptômes et les signes cliniques persistent, mais ils diminuent en intensité. Le patient en voie de guérison est toutefois plus vulnérable aux infections secondaires (ou surinfections ), souvent causées par un agent pathogène opportuniste. Phase de convalescence Durant cette phase l'individu retrouve ses forces. Dans certains cas, il demeure un foyer qui peut encore disséminer la maladie. Les signes cliniques disparaissent et la maladie se termine le plus souvent par la guérison du patient. Toutefois, il peut y avoir des séquelles, comme une fatigue continuelle. On parle ici de postdrome. Fig. 1.2 Phases d'une maladie infectieuse. 1.3.5 ÉPIDÉMIOLOGIE DES MALADIES INFECTIEUSES Les maladies infectieuses sont généralement contagieuses, c'est-à-dire qu'elles peuvent se transmettre d'un individu à un autre. La contagiosité (ou le risque de contagion) varie d'une maladie à l'autre et elle dépend d'un certain nombre de facteurs. Du point de vue épidémiologique, on reconnaît que les maladies infectieuses peuvent survenir sous la forme de cas sporadiques, endémiques, épidémiques ou pandémiques. Lorsque la maladie se déclare occasionnellement et à des intervalles irréguliers dans une population, il s'agit d'une maladie sporadique. C'est le cas du tétanos ou d’intoxication alimentaire. Par ailleurs, on dit qu'une maladie est endémique lorsqu'elle persiste dans une région donnée. Ce type de maladies représente un nombre faible, mais plus ou moins constant de cas. Toutefois, des variations périodiques de nombre de cas sont possibles et elles sont souvent liées à des changements des saisons. C'est le cas du rhume ou de la méningite.

Une épidémie est l'accroissement soudain et au-delà d'un taux prévisible du nombre de cas d'une maladie dans une région donnée. Le choléra qui sévit dans les pays chauds ou la grippe en sont des exemples. Les épidémies sont déclarées par les autorités locales de la santé. Mais, si l’épidémie au sein d'une large population se propage à d'autres continents pour couvrir toute la planète, on parle plutôt de pandémie. L’Histoire est marquée par les pandémies : la variole, la peste, la grippe, le Covid-19, le sida, la tuberculose et la malaria en sont des exemples. Les pandémies sont déclarées par l’Organisation Mondiale de la Santé. Afin de paramétrer l’évolution de la situation épidémiologique, les autorités de la santé publique ramassent différentes données produites par le système de santé. La fréquence des infections constitue un paramètre de base permettant d’évaluer notamment le contexte communautaire qui caractérise chaque infection. Ce dernier est décrit par l’ incidence (le nombre de nouveau cas) et la prévalence de l’infection (l’ensemble des cas dans une population observée au moment donné). Ce travail analytique est facilité par le fait que certaines maladies infectieuses sont à déclaration obligatoire (MADO). La loi impose aux intervenants spécifiés du système de santé l’obligation de déclarer chaque cas diagnostiqué de certaines maladies inclus sur la liste des MADO. Ces maladies sont considérées comme importantes du point de vue épidémiologique et communautaire. Également, la liste des MADO comporte les maladies couvertes par la vaccination. De cette manière, les autorités de la santé publique peuvent surveiller constamment l’efficacité de la couverture vaccinale sur le plan de l’ immunité collective et observer l’efficacité des vaccins. Une éclosion d’une maladie qui fait l’objet d’une vaccination systémique peut signifier notamment l’arrivée d’une nouvelle variante du pathogène qui n'est pas couverte par le vaccin utilisé ou peut indiquer un problème de nature psychosociologique dans la population en ce qui concerne un vaccin donné ou la vaccination en général. Une telle éclosion peut signifier également un problème de nature technique qui touche un lot ou un manufacturier du vaccin en question. Un autre groupe important du point de vue de la santé publique est composé de maladies infectieuses émergentes. On regroupe sous la bannière EIDs ( Emerging Infectious Diseases ) : ▪ les nouvelles infections (p. ex. la COVID-19), ▪ les infections connues, mais rares dont la fréquence augmente (comme la maladie de Lyme, p. ex.), ▪ les infections mortelles causées par un agent comme M. tuberculosis , après l'apparition d'une nouvelle souche, ▪ les infections locales maintenant disséminées à travers le monde comme le SIDA. 1.3.6 LES INFECTIONS NOSOCOMIALES Les infections nosocomiales sont définies comme étant des « infections acquises au cours d’un épisode de soins administrés par un établissement du réseau de la santé, quel que soit le lieu où ils sont administrés » (INSPQ). Ces infections touchent ainsi les patients et les soignants de tous les milieux de soins. La présence et la persistance des infections nosocomiales résultent de la combinaison de trois facteurs importants qui caractérisent un établissement de soins (fig.1.3).

  • Source microbienne Le personnel hospitalier, les malades hospitalisés et le patient lui-même constituent d’importants réservoirs vivants d'agents pathogènes et opportunistes. En plus d'être opportunistes, plusieurs microorganismes de la « flore hospitalière » ont acquis, à la suite de recombinaisons génétiques,

maladie qui a entraîné l'hospitalisation est sévère et que les actes médicaux sont invasifs. Ainsi l'antibiothérapie, les chirurgies, l'utilisation de cathéters IV et vésicaux ou l'oxygénothérapie sont tous des facteurs de risque bien identifiés. Les infections nosocomiales les plus fréquentes sont les infections du système urinaire, des plaies chirurgicales, du système respiratoire et de la peau. Souvent, on constate également un taux élevé de bactériémie à la suite de l'introduction accidentelle des bactéries par une ouverture ou à la suite de l'infection d'un site de l'organisme.