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Typology: Exercises
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L’omniprésence de microorganismes signifie que nous sommes constamment exposés aux microorganismes présents dans notre environnement immédiat et sur toutes les surfaces externes du corps humain ou animal. Autrement dit, l’environnement et les surfaces externes de notre corps sont contaminés, ce qui est tout à fait naturel (consultez la présentation PowerPoint pour bien comprendre le sens du terme « extérieur du corps » du point de vue anatomique). Dans l'utérus, le développement embryonnaire s'effectue normalement en milieu stérile. C'est au moment de l'accouchement que le nouveau-né est contaminé, d'abord lors de son passage par les voies génitales, puis par l'environnement en général. La colonisation est rapide, de 24 à 48 heures. Dès ce moment, il est presque impossible d'éliminer les microorganismes qui colonisent les surfaces externes du corps. Le microbiote évolue avec nous et même après la mort, il s’occupe de la décomposition du corps. Parmi les microorganismes associés à corps humain, il y en a qui sont inoffensifs et qui sont présents normalement chez l'homme et les animaux. On les appelle les commensaux. Il y en a d'autres, les pathogènes/opportunistes , qui détruisent les tissus ou perturbent les activités physiologiques essentielles, occasionnant ainsi une maladie infectieuse plus ou moins sérieuse. Le terme de flore microbienne ou microbiote humain est souvent employé pour désigner l'ensemble des microorganismes, commensaux et pathogènes/opportunistes, présents chez l'humain à un lieu donné et à un moment donné. On parlera de microbiote normal si ce microbiote est caractéristique du lieu donné. Toutes surfaces externes de notre corps ont leur microbiote caractéristique. Parfois, au microbiote normal s’ajoutent des éléments transitoires qui modifient temporairement la composition du microbiote normal, ce qui peut avoir des conséquences cliniques. L’omniprésence des microorganismes est lourde de conséquences pour les êtres humains, car elle s'accompagne du risque d'agressions fréquentes par certains pathogènes. Après tout, il est tout à fait naturel que les microorganismes profitent de chaque occasion pour coloniser des endroits nouveaux si cette occasion se présente devant eux. L’intérieur stérile du corps offre également une telle opportunité et on perçoit une telle colonisation comme une agression. Afin de lutter contre les agresseurs microbiens, tous les êtres vivants possèdent un système de défense complexe. De plus, la capacité cognitive des humaines a permis de développer des mesures efficaces de contrôle et de prévention contre les agressions microbiennes (la chaîne d’asepsie), alors il demeure important de connaître ces mesures et de les appliquer de façon rigoureuse afin de diminuer les risques d'agression. Une défaillance dans la chaîne d’asepsie et le délai naturel de réaction de notre système de défense ou de son dérèglement, il arrive que nous contractions une maladie infectieuse au contact d’un microorganisme pathogène. Pour les humains, la source de contamination la plus proche et la plus importante est le microbiote humain. Diversifié et riche, il est indispensable pour garder notre corps en bonne santé à condition que l’équilibre soit maintenu entre le microbiote et la partie du corps qui est propre. Or les transferts des microbes d’un endroit de notre corps à un autre ajoutent à la flore normale locale des éléments transitoires parfois indésirables. Ces microbes peuvent manifester leur pouvoir d’agression dans le contexte nouveau et inhabituel, ce qui peut provoquer une infection. L’auto-infection (l’infection endogène) est un scénario assez fréquent. Toutefois, la transmission des agents pathogènes entre les personnes (la contagion), la transmission directe ou indirecte (discuté plus loin), constitue la source de contamination la plus importante. Le microbiote normal compte peu de microorganismes pathogènes, car sinon l’organisme se trouverait en l’état d’infection permanent. Malgré leur présence, la prolifération des microbes pathogènes est tenue en échec par les mécanismes de défense de l’organisme et par des microorganismes non pathogènes du
microbiote normal local, plus abondants et mieux adaptés aux conditions locales que les microorganismes pathogènes. Ils occupent la surface disponible et s’approprient les ressources, limitant ainsi les possibilités d’expansion des pathogènes. L’omniprésence des microbes commensaux du microbiote local constitue la plus universelle contribution de la flore microbienne normale à notre bien-être : l’effet barrière du microbiote commensal. Dans cette optique, les microorganismes pathogènes ne causent des infections que si les conditions locales changent et favorisent leur prolifération. 1.2 LA TRANSMISSION D’UNE MALADIE INFECTIEUSE On nomme « maladie » toutes perturbations de l’état de santé d’un individu. Le terme infection fait quant à lui référence à la pénétration ou à la multiplication d’un microorganisme pathogène chez un individu. Si l’infection perturbe l’état de santé, alors ceci veut dire que le microorganisme a un impact sur le fonctionnement normal de l’hôte, on parle alors d’une maladie infectieuse. Pour qu'une maladie infectieuse se développe au contact avec un microorganisme, il faut que plusieurs conditions soient remplies :
comme porteurs asymptomatiques transitoires. Il arrive parfois qu'un humain constitue son propre réservoir, il s'agit alors d'auto-infection ou d'infection endogène (discuté plus loin). Les animaux comme les chiens, les chats, les renards, les chauves-souris, les insectes, les porcs et les bovins peuvent aussi être des réservoirs d'agents infectieux et les transmettre à l'humain. Les agents pathogènes qui provoquent la rage, la peste, la malaria, ou la toxoplasmose sont hébergés par les animaux. Le deuxième terme, également important pour l’analyse d’un cas précis d’une maladie infectieuse, est le foyer. Ce terme décrit la source directe de l’infection examinée chez un individu. Il peut s’agir d’un aliment identifiable avec la précision (p. ex. la marque de commerce, la date de production, le numéro du lot, le point de distribution) ou un puit localisé à l’endroit donné ou une personne identifiée (le fameux "patient zéro"). Afin de bien différencier le réservoir du foyer, regardez cet exemple : le système digestif en général et la matière fécale constituent le réservoir naturel de la bactérie Escherichia coli. Or une personne développe une gastro-entérite causée par cette bactérie plutôt en consommant un aliment contaminé par les bactéries fécales, par exemple en consommant de la crème glacée produite par la compagne X, le lot d’un tel numéro. Dans ce cas précis, la crème glacée constitue le foyer. L'identification rapide du foyer permet de retirer le produit contaminé de la circulation et de protéger ainsi la population. La distinction entre le réservoir et le foyer n’est pas toujours facile, évidente ou même possible. Dans le cas de plusieurs maladies, l’humain constitue à la fois le réservoir et le foyer, puisque plusieurs agents pathogènes sont transmis directement d’un individu à l’autre et ces agents pathogènes ne peuvent pas survivre à l’extérieur du corps humain (p. ex. le pathogène qui provoque la syphilis). 1.2.3 PORTES DE SORTIE Pour causer une infection, les microorganismes pathogènes doivent pouvoir quitter leur réservoir. Si le réservoir est inanimé, des particules liquides ou solides, dispersées par les éléments, assurent la sortie des microorganismes. Si le réservoir est vivant, ce qui est plus fréquent, ce sont les sécrétions des différents systèmes de l'organisme qui transportent les microorganismes. ▪ Sécrétions du système respiratoire : plusieurs maladies comme la tuberculose, la grippe, la pneumonie et la rougeole sont causées par des agents infectieux transmis par les gouttelettes émises dans l'air à la suite de la toux ou aux éternuements. ▪ Sécrétions du système digestif : plusieurs pathogènes peuvent être transmis par la salive, le vomi ou les fèces. C'est le cas des virus de la rage et de la mononucléose transmis par la salive. De l'autre côté, les agents responsables de la salmonellose, de la fièvre typhoïde, du choléra, ou de la poliomyélite sont transmis par les fèces. ▪ Sécrétions du système uro-génital : plusieurs ITSS comme la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis, l'hépatite et le sida sont transmises par les sécrétions génitales. Certaines infections, comme la brucellose, peuvent être transmises par l'urine. ▪ Le sang : le contact avec sang d'une personne infectée peut transmettre un agent pathogène à une autre personne, soit par l'intermédiaire d'un vecteur, comme dans le cas de la malaria, soit par l'intermédiaire d'aiguilles et de seringues contaminées, comme dans le cas de l'hépatite B, C et du sida.
Après avoir quitté l’hôte, le microorganisme doit être en mesure de survivre à son passage en milieu externe afin de pouvoir infecter un nouvel hôte. On parle de modes de transmission des agents pathogènes. 1.2.4 TRANSMISSION DES AGENTS PATHOGÈNES Puisque les maladies infectieuses sont généralement contagieuses, c'est-à-dire qu'elles peuvent être transmises d'un individu à l'autre, la transmission peut se faire selon différentes modes :
Phase de déclin Durant cette période les symptômes et les signes cliniques persistent, mais ils diminuent en intensité. Le patient en voie de guérison est toutefois plus vulnérable aux infections secondaires (ou surinfections ), souvent causées par un agent pathogène opportuniste. Phase de convalescence Durant cette phase l'individu retrouve ses forces. Dans certains cas, il demeure un foyer qui peut encore disséminer la maladie. Les signes cliniques disparaissent et la maladie se termine le plus souvent par la guérison du patient. Toutefois, il peut y avoir des séquelles, comme une fatigue continuelle. On parle ici de postdrome. Fig. 1.2 Phases d'une maladie infectieuse. 1.3.5 ÉPIDÉMIOLOGIE DES MALADIES INFECTIEUSES Les maladies infectieuses sont généralement contagieuses, c'est-à-dire qu'elles peuvent se transmettre d'un individu à un autre. La contagiosité (ou le risque de contagion) varie d'une maladie à l'autre et elle dépend d'un certain nombre de facteurs. Du point de vue épidémiologique, on reconnaît que les maladies infectieuses peuvent survenir sous la forme de cas sporadiques, endémiques, épidémiques ou pandémiques. Lorsque la maladie se déclare occasionnellement et à des intervalles irréguliers dans une population, il s'agit d'une maladie sporadique. C'est le cas du tétanos ou d’intoxication alimentaire. Par ailleurs, on dit qu'une maladie est endémique lorsqu'elle persiste dans une région donnée. Ce type de maladies représente un nombre faible, mais plus ou moins constant de cas. Toutefois, des variations périodiques de nombre de cas sont possibles et elles sont souvent liées à des changements des saisons. C'est le cas du rhume ou de la méningite.
Une épidémie est l'accroissement soudain et au-delà d'un taux prévisible du nombre de cas d'une maladie dans une région donnée. Le choléra qui sévit dans les pays chauds ou la grippe en sont des exemples. Les épidémies sont déclarées par les autorités locales de la santé. Mais, si l’épidémie au sein d'une large population se propage à d'autres continents pour couvrir toute la planète, on parle plutôt de pandémie. L’Histoire est marquée par les pandémies : la variole, la peste, la grippe, le Covid-19, le sida, la tuberculose et la malaria en sont des exemples. Les pandémies sont déclarées par l’Organisation Mondiale de la Santé. Afin de paramétrer l’évolution de la situation épidémiologique, les autorités de la santé publique ramassent différentes données produites par le système de santé. La fréquence des infections constitue un paramètre de base permettant d’évaluer notamment le contexte communautaire qui caractérise chaque infection. Ce dernier est décrit par l’ incidence (le nombre de nouveau cas) et la prévalence de l’infection (l’ensemble des cas dans une population observée au moment donné). Ce travail analytique est facilité par le fait que certaines maladies infectieuses sont à déclaration obligatoire (MADO). La loi impose aux intervenants spécifiés du système de santé l’obligation de déclarer chaque cas diagnostiqué de certaines maladies inclus sur la liste des MADO. Ces maladies sont considérées comme importantes du point de vue épidémiologique et communautaire. Également, la liste des MADO comporte les maladies couvertes par la vaccination. De cette manière, les autorités de la santé publique peuvent surveiller constamment l’efficacité de la couverture vaccinale sur le plan de l’ immunité collective et observer l’efficacité des vaccins. Une éclosion d’une maladie qui fait l’objet d’une vaccination systémique peut signifier notamment l’arrivée d’une nouvelle variante du pathogène qui n'est pas couverte par le vaccin utilisé ou peut indiquer un problème de nature psychosociologique dans la population en ce qui concerne un vaccin donné ou la vaccination en général. Une telle éclosion peut signifier également un problème de nature technique qui touche un lot ou un manufacturier du vaccin en question. Un autre groupe important du point de vue de la santé publique est composé de maladies infectieuses émergentes. On regroupe sous la bannière EIDs ( Emerging Infectious Diseases ) : ▪ les nouvelles infections (p. ex. la COVID-19), ▪ les infections connues, mais rares dont la fréquence augmente (comme la maladie de Lyme, p. ex.), ▪ les infections mortelles causées par un agent comme M. tuberculosis , après l'apparition d'une nouvelle souche, ▪ les infections locales maintenant disséminées à travers le monde comme le SIDA. 1.3.6 LES INFECTIONS NOSOCOMIALES Les infections nosocomiales sont définies comme étant des « infections acquises au cours d’un épisode de soins administrés par un établissement du réseau de la santé, quel que soit le lieu où ils sont administrés » (INSPQ). Ces infections touchent ainsi les patients et les soignants de tous les milieux de soins. La présence et la persistance des infections nosocomiales résultent de la combinaison de trois facteurs importants qui caractérisent un établissement de soins (fig.1.3).
maladie qui a entraîné l'hospitalisation est sévère et que les actes médicaux sont invasifs. Ainsi l'antibiothérapie, les chirurgies, l'utilisation de cathéters IV et vésicaux ou l'oxygénothérapie sont tous des facteurs de risque bien identifiés. Les infections nosocomiales les plus fréquentes sont les infections du système urinaire, des plaies chirurgicales, du système respiratoire et de la peau. Souvent, on constate également un taux élevé de bactériémie à la suite de l'introduction accidentelle des bactéries par une ouverture ou à la suite de l'infection d'un site de l'organisme.