Emc dissertations 12, Study notes of Vocational education

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Le rapport des jeunes aux valeurs de la République est-il en déclin ou en transformation ?
ACCROCHE
En 1789, des hommes ont renversé un monde entier au nom de trois mots : Liberté, Égalité,
Fraternité. Ils n’avaient parfois pas vingt ans. Deux siècles plus tard, on ose demander si leur
descendance, nous, les jeunes aurait trahi cet héritage. Mais permettez-moi de retourner la
question : et si ce n’était pas la jeunesse qui avait changé mais la façon dont elle porte ces
valeurs ?
INTRODUCTION
La République française repose sur un socle de valeurs fondatrices liberté, égalité, fraternité,
laïcité, solidarité qui constituent à la fois l’identité nationale et le contrat moral qui lie les
citoyens entre eux et à leur État. Ces valeurs ne sont pas de simples mots gravés dans le
marbre des institutions : elles sont supposées vivre, palpiter, s’incarner dans les
comportements quotidiens de chaque génération.
Or, depuis plusieurs années, un discours alarmiste s’est imposé dans le débat public : la
jeunesse se désintéresserait de la chose politique, se détournerait des urnes, ignorerait
l’histoire nationale, rejetterait les symboles de la République. Les chiffres semblent parfois
l’attester l’abstention record des 18-25 ans, le désenchantement civique, le sentiment d’une
fracture entre les institutions et une génération connectée, pressée, révoltée.
Mais est-ce vraiment un déclin c’est-à-dire une perte irréversible, une dégradation profonde
du lien républicain ou s’agit-il d’une transformation, d’une recomposition de la manière dont
les jeunes s’approprient et réinventent ces valeurs ?
Nous verrons d’abord que certains indicateurs semblent accréditer la thèse d’un
affaiblissement du rapport des jeunes aux valeurs républicaines. Puis nous montrerons que,
loin d’un effondrement, on assiste en réalité à une métamorphose profonde et vivante de cet
engagement.
AXE I — Une apparente fragilisation du lien républicain
À première vue, les signaux sont inquiétants. L’abstention des jeunes aux élections qui
dépasse parfois 70 % chez les 18-24 ans lors de scrutins législatifs traduit une désaffection à
l’égard du suffrage universel, pilier fondamental de la démocratie républicaine. Or la
démocratie, dans son sens le plus essentiel, repose sur la participation active du peuple à la
désignation de ses représentants. Quand cette participation s’effondre, c’est le fondement
même du contrat républicain qui vacille.
À cela s’ajoutent des données préoccupantes sur le rapport à la laïcité. Ce principe, qui
garantit la neutralité de l’État en matière religieuse et protège la liberté de conscience de
chacun est de plus en plus incompris, voire contesté par une partie de la jeunesse. Des
tensions au sein des établissements scolaires, des refus de certains symboles nationaux, une
méconnaissance croissante de l’histoire civique : autant de manifestations qui alimentent le
récit d’une jeunesse en rupture avec son héritage.
On observe également une méfiance structurelle envers les institutions. L’école, la police, le
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Le rapport des jeunes aux valeurs de la République est-il en déclin ou en transformation?

ACCROCHE

En 1789, des hommes ont renversé un monde entier au nom de trois mots : Liberté, Égalité, Fraternité. Ils n’avaient parfois pas vingt ans. Deux siècles plus tard, on ose demander si leur descendance, nous, les jeunes aurait trahi cet héritage. Mais permettez-moi de retourner la question : et si ce n’était pas la jeunesse qui avait changé mais la façon dont elle porte ces valeurs?

INTRODUCTION

La République française repose sur un socle de valeurs fondatrices liberté, égalité, fraternité, laïcité, solidarité qui constituent à la fois l’identité nationale et le contrat moral qui lie les citoyens entre eux et à leur État. Ces valeurs ne sont pas de simples mots gravés dans le marbre des institutions : elles sont supposées vivre, palpiter, s’incarner dans les comportements quotidiens de chaque génération. Or, depuis plusieurs années, un discours alarmiste s’est imposé dans le débat public : la jeunesse se désintéresserait de la chose politique, se détournerait des urnes, ignorerait l’histoire nationale, rejetterait les symboles de la République. Les chiffres semblent parfois l’attester l’abstention record des 18-25 ans, le désenchantement civique, le sentiment d’une fracture entre les institutions et une génération connectée, pressée, révoltée. Mais est-ce vraiment un déclin c’est-à-dire une perte irréversible, une dégradation profonde du lien républicain ou s’agit-il d’une transformation, d’une recomposition de la manière dont les jeunes s’approprient et réinventent ces valeurs? Nous verrons d’abord que certains indicateurs semblent accréditer la thèse d’un affaiblissement du rapport des jeunes aux valeurs républicaines. Puis nous montrerons que, loin d’un effondrement, on assiste en réalité à une métamorphose profonde et vivante de cet engagement.

AXE I — Une apparente fragilisation du lien républicain

À première vue, les signaux sont inquiétants. L’abstention des jeunes aux élections qui dépasse parfois 70 % chez les 18-24 ans lors de scrutins législatifs traduit une désaffection à l’égard du suffrage universel, pilier fondamental de la démocratie républicaine. Or la démocratie, dans son sens le plus essentiel, repose sur la participation active du peuple à la désignation de ses représentants. Quand cette participation s’effondre, c’est le fondement même du contrat républicain qui vacille. À cela s’ajoutent des données préoccupantes sur le rapport à la laïcité. Ce principe, qui garantit la neutralité de l’État en matière religieuse et protège la liberté de conscience de chacun est de plus en plus incompris, voire contesté par une partie de la jeunesse. Des tensions au sein des établissements scolaires, des refus de certains symboles nationaux, une méconnaissance croissante de l’histoire civique : autant de manifestations qui alimentent le récit d’une jeunesse en rupture avec son héritage. On observe également une méfiance structurelle envers les institutions. L’école, la police, le

Parlement, la justice des études récurrentes montrent que la confiance des jeunes envers ces piliers de la République est historiquement basse. Et sans confiance dans les institutions, peut- on vraiment parler d’adhésion aux valeurs qu’elles sont censées incarner? Ces constats sont réels. Ils méritent d’être pris au sérieux. Mais s’arrêter là serait commettre une erreur d’analyse majeure : confondre la forme d’un engagement avec son absence. Mini-transition Car si les jeunes s’éloignent des formes traditionnelles de l’engagement républicain, c’est souvent pour en inventer de nouvelles plus radicales, plus incarnées, parfois plus exigeantes que celles de leurs aînés.

AXE II — Une transformation profonde, non une rupture

Regardons les faits avec plus de nuance. Les jeunes qui n’ont pas voté aux dernières législatives sont souvent les mêmes qui manifestent massivement pour le climat, qui s’engagent dans des associations, qui utilisent les réseaux sociaux comme espaces de débat citoyen. Ce n’est pas l’indifférence c’est une redéfinition de la citoyenneté. La fraternité, valeur longtemps cantonnée au discours institutionnel, est aujourd’hui vécue de manière concrète et exigeante par des milliers de jeunes : dans les collectifs d’aide aux sans- abri, dans les mouvements antiracistes, dans le bénévolat associatif qui a explosé depuis la pandémie. La solidarité qui est l’expression contemporaine de cette fraternité républicaine n’a pas disparu ; elle s’est déplacée, elle s’est incarnée autrement. De même, le combat pour l’égalité qu’il s’agisse de l’égalité femmes-hommes portée par des mouvements comme #MeToo, ou de la lutte contre les discriminations est largement porté par la jeunesse. Ces jeunes ne rejettent pas l’égalité républicaine : ils lui reprochent, au contraire, de ne pas être assez tenue, assez réelle. Leur radicalité n’est pas un rejet des valeurs c’est une exigence accrue de cohérence entre les principes proclamés et la réalité vécue. Il faut aussi comprendre que cette génération est la première à grandir dans un monde où l’information circule instantanément, où les scandales politiques sont exposés en temps réel, où les hypocrisies institutionnelles ne peuvent plus se cacher. Leur méfiance envers les institutions n’est pas une capitulation morale c’est un regard lucide, parfois désenchanté, mais toujours critique. Or l’esprit critique est lui-même une valeur républicaine fondamentale, héritée des Lumières. Enfin, les jeunes s’emparent de la liberté d’expression avec une intensité inédite : podcasts, tribunes, militantisme numérique, art engagé. La République leur a donné la parole et ils s’en saisissent, avec une puissance que les générations précédentes n’avaient pas les outils pour exercer.

CONCLUSION

Alors, déclin ou transformation? Le déclin supposerait une indifférence, un détachement, une mort lente des valeurs dans les consciences. Or ce que nous observons, c’est tout le contraire : une génération en ébullition, qui conteste, qui réclame, qui invente précisément parce qu’elle croit en quelque chose. Les jeunes ne sont pas en train d’abandonner la République. Ils lui tendent un miroir et lui demandent, avec une impatience parfois rugueuse mais toujours légitime, d’être à la hauteur