Sectes et Église : Analyse des Enjeux Contemporains et Défis Pastoraux, Study notes of World Religions

Ce document explore la pertinence des apologistes face aux sectes, surtout hors du monde islamique. Il définit une secte, analyse la perception des Églises séparées comme telles, et l'impact socio-économique des sectes, notamment en Afrique. Il aborde les manipulations mentales, les besoins spirituels comblés, et les défis pastoraux pour l'Église catholique. Enfin, il propose une approche renouvelée de la paroisse et de la catéchèse, soulignant la nécessité d'informer et de protéger les fidèles contre les dérives sectaires, tout en respectant la liberté religieuse et en promouvant le dialogue œcuménique. Il insiste sur l'importance de l'anthropologie religieuse pour comprendre le phénomène sectaire et appelle à une approche humble de cette réalité complexe. Il met en garde contre les forces idéologiques et les intérêts économico-politiques derrière les sectes, et insiste sur le rôle de l'Église catholique dans la défense de la dignité humaine et de la liberté religieuse.

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LE PHENOMENE DES SECTES: UNE ANALYSE TRANSVERSALE POUR UNE
PASTORALE PROSPECTIVE DANS L’EGLISE CATHOLIQUE
INTRODUCTION
L‘être humain manifeste depuis toujours le désir de s’associer à un individu porteur d’un
message et ce, qu’il soit d’origine humaine ou divine. Il ressent également le besoin de
s’associer à d’autres afin de partager des croyances, des pratiques… Comme ces besoins sont
présents depuis le début des temps, la présence de groupes nommés « sectes », n’est pas un
phénomène récent.
Dans l’ère contemporaine, depuis les années 60, ces groupes suscitent une réaction de la part des
médias, de la population, des universitaires et de plusieurs gouvernements. Ainsi, pour certains,
ces groupes sont des organisations innovatrices qui essaient de répondre aux besoins d’une
catégorie de personnes. Par conséquent, elles ne doivent pas faire l’objet d’une surveillance ou
d’une attention particulière. Pour d’autres, ces groupes doivent être étudiés voire observés
attentivement, afin de mieux comprendre le vécu des membres et d’intervenir auprès de ceux
qui sont victimes. La crainte de ces groupes est périodiquement ravivée par certaines tragédies.
Pensons par exemple à celle du Temple du Peuple où 913 membres du groupe de Jim Jones
sont morts en Guyane (1978); à la mort violentes de membres des Davidiens à Waco (1993);
aux meurtres, incendies criminels et suicides commandés commis au sein de l’Ordre du
Temple Solaire (1994, 1995, 1997); à l’attaque aux gaz sarin dans le métro de Tokyo par les
membres du groupe d’Aum Shinrikyo (1995) et au suicide collectif des membres du groupe
Porte du Paradis en Californie (1997). Ces événements dramatiques ont contribué à renforcer
l’idée que les « sectes » sont des groupes problématiques voire dangereux.
Traquées ou traduites en justice en Occident, les sectes trouvent en Afrique une terre d’accueil
sans beaucoup de contraintes. Leur avancée rapide inquiète certaines autorités civiles au point
de demander la fermeture de leurs locaux pour prétexte de non obtention de diplôme en
théologie (comme ce fut le cas au Rwanda récemment). Leur nomenclature fait encore plus
froid au dos: « Allez, multipliez-vous!», «Ministère de la foi agissante», «Christianisme
céleste», «Église de Koffi» ou encore «Force d’intervention rapide de Dieu» (Utilisant
ainsi le langage des Forces de défense et de sécurité), Il faut aussi préciser que ces groupes sont
souvent sponsorisés par des «églises» de types néo-pentecôtistes anglo-saxonnes, en
particulier américaines et scandinaves.
De plus, nous constatons que certaines sectes promettent un ciel rayonnant sans pour autant
maitriser la terre, d’autres décident tout simplement de faire fi du ciel en considérant que le
bonheur n’existe que sur la terre. D’autres encore sont tellement séduisantes dans leur technique
d’approche qu’elles sont capables de vendre de la glace à un esquimau du Pôle Nord ou du sable
à un bédouin du désert.
Que faire alors face à ce « Babel spirituel » ? Devons-nous nous résigner ou lutter? Le temps
des apologètes de l’Eglise est-il révolu?
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LE PHENOMENE DES SECTES : UNE ANALYSE TRANSVERSALE POUR UNE

PASTORALE PROSPECTIVE DANS L’EGLISE CATHOLIQUE

INTRODUCTION

L‘être humain manifeste depuis toujours le désir de s’associer à un individu porteur d’un message et ce, qu’il soit d’origine humaine ou divine. Il ressent également le besoin de s’associer à d’autres afin de partager des croyances, des pratiques… Comme ces besoins sont présents depuis le début des temps, la présence de groupes nommés « sectes », n’est pas un phénomène récent. Dans l’ère contemporaine, depuis les années 60, ces groupes suscitent une réaction de la part des médias, de la population, des universitaires et de plusieurs gouvernements. Ainsi, pour certains, ces groupes sont des organisations innovatrices qui essaient de répondre aux besoins d’une catégorie de personnes. Par conséquent, elles ne doivent pas faire l’objet d’une surveillance ou d’une attention particulière. Pour d’autres, ces groupes doivent être étudiés voire observés attentivement, afin de mieux comprendre le vécu des membres et d’intervenir auprès de ceux qui sont victimes. La crainte de ces groupes est périodiquement ravivée par certaines tragédies. Pensons par exemple à celle du Temple du Peuple où 913 membres du groupe de Jim Jones sont morts en Guyane (1978); à la mort violentes de membres des Davidiens à Waco (1993); aux meurtres, incendies criminels et suicides commandés commis au sein de l’Ordre du Temple Solaire (1994, 1995, 1997); à l’attaque aux gaz sarin dans le métro de Tokyo par les membres du groupe d’ Aum Shinrikyo (1995) et au suicide collectif des membres du groupe Porte du Paradis en Californie (1997). Ces événements dramatiques ont contribué à renforcer l’idée que les « sectes » sont des groupes problématiques voire dangereux. Traquées ou traduites en justice en Occident, les sectes trouvent en Afrique une terre d’accueil sans beaucoup de contraintes. Leur avancée rapide inquiète certaines autorités civiles au point de demander la fermeture de leurs locaux pour prétexte de non obtention de diplôme en théologie (comme ce fut le cas au Rwanda récemment). Leur nomenclature fait encore plus froid au dos : « Allez, multipliez-vous! », « Ministère de la foi agissante », « Christianisme céleste », « Église de Koffi » ou encore « Force d’intervention rapide de Dieu » (Utilisant ainsi le langage des Forces de défense et de sécurité), Il faut aussi préciser que ces groupes sont souvent sponsorisés par des « églises » de types néo-pentecôtistes anglo-saxonnes, en particulier américaines et scandinaves. De plus, nous constatons que certaines sectes promettent un ciel rayonnant sans pour autant maitriser la terre, d’autres décident tout simplement de faire fi du ciel en considérant que le bonheur n’existe que sur la terre. D’autres encore sont tellement séduisantes dans leur technique d’approche qu’elles sont capables de vendre de la glace à un esquimau du Pôle Nord ou du sable à un bédouin du désert. Que faire alors face à ce « Babel spirituel »? Devons-nous nous résigner ou lutter? Le temps des apologètes de l’Eglise est-il révolu?

Cependant, il faut reconnaître que ce n’est que dans un très petit nombre de pays que ce problème des sectes ne semble pas trop se poser (spécialement dans les pays à prédominance islamique). Cette affirmation tend à se confirmer au vu des statistiques. Dans les pays à majorité chrétienne comme le Nigeria, le Bénin, le Ghana et le Congo, le phénomène des sectes s’observe de manière exacerbée contrairement à des pays à forte population musulmane (Niger, Guinée, Sénégal). Il ne faudrait pas pour autant considérer que ces pays sont des ilots de quiétudes alors qu’ils sont entourés d’océans inquiétants. C’est pourquoi, notre analyse du phénomène des sectes se veut transversale mais aussi globale car il s’agit d’un problème transnational n’épargnant aucun pays, aucune religion établie. De ce fait, notre propos s’articulera autour de quatre parties précédées par un préambule. Nous débuterons par quelques précisions terminologiques et étymologiques afin de définir ce qu’au reste une secte pourrait bien être. Ensuite, il s’agira, dans la première partie de lever l’équivoque qui consiste à considérer que les Eglises de nos frères dits « séparés », soient des sectes. De même, dans notre deuxième partie nous ferons une analyse PESTEL, c’est-à-dire que nous partirons du contexte Politique, Economique, Social, Ecologique et Légal qui a vu émerger les sectes et qui leur permet de proliférer. Aussi, nous verrons la dynamique qui sous-tend les sectes, dans la troisième partie : qu’est-ce que les sectes semblent offrir et quelles techniques utilisent elles dans leurs modes de recrutement? Et pour finir, nous proposerons quelques pistes pastorales qui pourraient permettre à l’Eglise Catholique de lutter contre les sectes et leurs dérives. PREAMBULE : QUELQUES PRECISIONS TERMINOLOGIQUES D’un point de vue étymologique, on peut rappeler que le mot « secte » peut être rattaché à deux termes latins, sequi , « suivre », et secare , « couper ». On voit là deux caractéristiques essentielles de la création des sectes : soit elles prennent forme par le charisme d’un leader regroupant et organisant des adeptes sous sa coupe ; soit elles se forment à la suite d’une rupture avec un groupe existant. Il faut noter, aussi, que le choix du vocabulaire utilisé pour désigner le phénomène des groupes « sectaires » constitue en lui-même une embûche pour la recherche et la compréhension du phénomène. Historiquement, le terme «secte» était utilisé pour décrire les groupes en rupture avec un enseignement philosophique (les épicuriens, stoïciens, platoniciens) ou un groupe religieux dominant (exemple du Christianisme considéré à ses débuts comme une secte juive). De même, un esprit sectaire , c’est-à-dire une attitude d’intolérance jointe à un prosélytisme agressif, n’est pas nécessairement le fait d’une "secte" et, en tout cas, ne suffit pas pour la

utiles, un écrit plénipotentiaire lui permettant d'excommunier ses contradicteurs si les négociations n'arrivaient pas à aboutir. Une fois arrivé à Byzance, très troublé par la mort du pape Léon, dont il aurait pu attendre des instructions quant à la manière de mener au mieux la négociation dont il a été chargé, Humbert se rend directement à la basilique Sainte-Sophie où il pose sans mot dire l'écrit d'excommunication sur l'autel de la basilique et se retire. Alors que selon le droit le légat ne sait pas que, lorsqu'il excommunie le patriarche, son mandat n'est plus valable du fait de la mort du pape survenue le 19 avril 1054. Les Byzantins incrédules lisent le document et en retour, le légat pontifical est immédiatement excommunié par Michel Ier Cérulaire. Cet incident dû à un manque de diplomatie de la part du légat du pape et à son incapacité à appréhender la situation a été en quelque sorte le détonateur du grand schisme d'Orient. Le 7 décembre 1965 , avant-dernier jour du IIe concile œcuménique du Vatican le patriarche Athénagoras Ier de Constantinople lève l'excommunication prononcée contre le cardinal Humbert de Moyenmoutier en même temps que le pape Paul VI lève celle contre le patriarche Michel Ier Cérulaire. Les Anglicans forment l'Église d'Angleterre qui a rompu avec le pape sous le roi Henri VIII, en

  1. La controverse juridique et théologique relative à la validité de son premier mariage avec Catherine d'Aragon et à sa reconnaissance de nullité fut l'une des principales causes du schisme en 1534 de l'Église d'Angleterre avec Rome et de la Réforme anglaise. A l’intérieur de l’Anglicanisme deux schismes successifs, avec l’influence du Protestantisme, ont fait naitre d’une part le Méthodisme (de tendance calviniste puritaine), avec John WESLEY et Georges WHITEFIELD (le précurseur du Grand réveil), et d’autre part le Baptisme (de tendance évangélique), avec John SMYTH. Il y a eu, auparavant, des cassures plus graves, notamment dans le contexte du Grand schisme d’Occident. En effet il existait 3 papes, à cette période en Europe (Grégoire XII, Jean XXIII et Benoit XIII), des abus par rapport aux indulgences accordées aux pécheurs et quelques controverses d’ordres théologiques et disciplinaires C’est fort de cela que des voix ont commencé à protester de l’intérieur en demandant aux autorités religieuses de revenir aux fondements originels du Christianisme. Les précurseurs de ce mouvement furent Wycliff et Jan Hus. Un siècle plus tard, Luther, Calvin et Zwingli vont revenir à la charge car sous Jules II, puis sous Léon X des indulgences sont vendues à de riches princes pour financer la construction de la Basilique Saint Pierre. C’est ainsi que Luther publie 95 thèses qui doivent réformer certaines pratiques de l’Eglise Catholique. Les thèses du Réformateur sont condamnées par le pape qui le somme de se rétracter, chose qu’il refusa. Il fut excommunié le 3 Janvier 1521 par la bulle « Decet romanum pontificem » : les Eglises de la Réforme étaient nées ; d’un côté Luther et ses adeptes, de l’autre Zwingli et Calvin. Ainsi nous avons les Eglises luthériennes et les Eglises calvinistes – Puritains (désir de purifier l’Eglise d’Angleterre du Catholicisme), Presbytérien s (Eglise d’Ecosse avec John Knox), Huguenots (Calvinistes Français) Plus tard un troisième courant voit le jour à savoir le Protestantisme évangélique (Baptisme, Pentecôtisme, Mouvement Charismatique évangélique).

Toutes ces Eglises issues de la Réforme se réfèrent à la Bible mais ne vivent pas leur foi de la même manière. Aujourd'hui, les chrétiens des différentes Églises prient et réfléchissent ensemble pour parvenir un jour à l'unité. Cela s'appelle l’œcuménisme. Voyons à présent le contexte qui a vu émerger les sectes en Afrique à travers une analyse PESTEL. II- ANALYSE PESTEL DES SECTES

- Politique Il faut rappeler, d’emblée, les circonstances de l’évangélisation en Afrique dans la période de la colonisation. En effet, les missionnaires catholiques furent des intermédiaires importants pour l’expansion coloniale. Et de manière plus critique, on peut dire que l’évangélisation des populations africaines a été, à un certain niveau, une bonne stratégie de conquête du continent. A ce propos nous pouvons citer l’extrait d’un pseudo- discours que Léopold II, roi des Belges, aurait prononcé, en 1883, pour les missionnaires devant se rendre au Congo^1 : « Révérends Pères et mes Chers Compatriotes, La tâche qui vous est confiée est très délicate à remplir et demande du tact. Prêtres, vous allez certes pour l’évangélisation, mais cette évangélisation doit s’inspirer avant tout des intérêts de la Belgique. Le but principal de votre mission au Congo n’est donc point d’apprendre aux Nègres à connaître Dieu, car ils le connaissent déjà. Ils parlent et se soumettent à UN MUNDI, UN MUNGU, UN DIAKOMBA et que sais-je encore ; ils savent que tuer, voler, coucher avec la femme d’autrui, calomnier et injurier est mauvais. Ayons donc le courage de l’avouer. Vous n’irez donc pas leur apprendre ce qu’ils savent déjà. Votre rôle essentiel est de faciliter leur tâche aux Administratifs et aux Industriels. C’est dire donc que vous interpréterez l’Évangile d’une façon qui serve à mieux protéger nos intérêts dans cette partie du monde. Pour ce faire, vous veillerez entre autre à désintéresser nos sauvages des richesses dont regorgent leurs sols et sous-sols, pour éviter qu’ils s’y intéressent, qu’ils ne nous fassent pas une concurrence meurtrière et rêvent un jour de nous déloge r. Votre connaissance de l’Évangile vous permettra de trouver facilement des textes recommandant aux fidèles d’aimer la pauvreté, tel par exemple : « HEUREUX LES PAUVRES CAR LE ROYAUME DES CIEUX EST A EUX. IL EST DIFFICILE AU RICHE D’ENTRER AU CIE L ». Vous ferez tout pour que les Nègres aient peur de s’enrichir pour mériter le ciel. (…) Vous devez les détacher et les faire mépriser tout ce qui leur procurerait le courage de nous affronter. Je fais allusion ici principalement à leurs « fétiches de guerre ». Qu’ils ne prétendent point ne pas les abandonner et vous, vous mettrez tout en œuvre pour les faire disparaître. Votre action doit se porter essentiellement sur les jeunes afin qu’ils ne se révoltent pas. Si le commandement du Père est conducteur de celui des Parents, l’enfant devra apprendre à obéir à ce que lui recommande le Missionnaire qui est le père de son âme. Insistez particulièrement sur la soumission et l’obéissance. Évitez de développer l’esprit critique dans vos écoles. Apprenez aux élèves à croire et non à raisonner. (^1) Ce discours est devenu viral dans les réseaux sociaux comme WhatsApp malgré le fait qu’il soit faux.

l’Église, etc., plus ils semblent être une cible désignée au prosélytisme des groupes et mouvements sectaires. Cependant, il n’y a pas que ceux-là qui soient manifestement vulnérables. Certaines sectes semblent trouver leurs adeptes parmi les adultes. D’autres prospèrent dans les familles à haut niveau de vie économique et culturel. Dans ce contexte on doit faire mention des campus universitaires qui semblent souvent être un terrain favorable pour la multiplication des sectes ou pour leurs efforts de recrutement. Quand est-il des aspects technologiques?

- Technologique Sur le plan technologique, plus particulièrement les technologies de l’information et de la communication, nous voyons que Sur les 50 sites internet religieux les plus importants du monde... 3 seulement sont catholiques! Dans ce top 50, on retrouve :  Le site internet des Témoins de Jéhovah en première position, avec 113 millions de visites par mois soit plus de 10 fois plus que le plus gros site catholique. Ils savent mettre les moyens qu'il faut! Ils ont un deuxième site dans le top 50. Les témoins de Jéhovah sont 5 millions de fidèles ;  Deux sites internet des Mormons avec près de 25 millions de visites par mois, soit plus de 2 fois plus gros que le plus gros site catholique. Pour rappel il y a 16 millions de Mormons dans le monde et... 1,3 milliards de catholiques ;  10 sites musulmans ;  9 sites d'astrologie ;  9 sites Évangéliques : nos frères protestants ont bien mieux compris que nous autres catholiques l'importance d'être présents sur Internet, ou du moins mettent-ils des moyens plus considérables ;  3 sites orthodoxes  1 site juif  Une dizaine de sites aux spiritualités diverses : new age ou des sites plutôt profanes traitant plutôt de thématiques de connaissance de soi, développement personnel... (Ce classement est tiré de la catégorie "Faith And Beliefs in the world" de SimilarWeb, un outil de référence pour estimer le trafic des sites Internet) Alors que les catholiques représentent la plus importante communauté religieuse au monde, ils brillent par leur absence sur Internet, pourtant qualifié de « continent numérique à évangéliser » par Benoît XVI! Rappelons que l'Église a édité les tous premiers journaux, et que les catholiques ont très vite eu des stations radio efficaces.

Ainsi, cette absence donne le champ libre aux gourous de prêcher leurs doctrines via les canaux des réseaux sociaux. Ce qui plonge le monde de la toile dans une pollution spirituelle où l’on a du mal à différencier le « bon grain de l’ivraie ».

- Ecologique Les catastrophes naturelles (tremblements de terres, Tsunami, Ouragan, pluies diluviennes) ou celles d'origine humaine (par exemple, les marées noires, la déforestation entraînant une perte de biodiversité) avec la disparition de plusieurs espèces de végétaux et d'animaux, sont des arguments pour beaucoup de sectes, en particulier les sectes millénaristes et apocalyptiques. Ces sectes prennent leur origine dans une interprétation qui leur est propre, soit : des textes religieux (en particulier le livre de l'Apocalypse de Saint Jean) ; des textes ésotériques (de différentes traditions comme les Mayas) ; des vraies ou fausses apparitions, révélations, prophéties (celles de Nostradamus) ; d'événements catastrophiques nationaux (comme par exemple le tremblement de terre en Haïti que certains ont interprété comme un châtiment divin) ou mondiaux ; de phénomènes cosmiques ou de découvertes scientifiques ; d’épidémies (comme ce fut le cas du virus Ebola). De même, les sectes millénaristes annoncent des catastrophes ou des cataclysmes imminents qui entraîneront la fin du monde. Seuls les adeptes, qui observeront les théories et les pratiques du Maître seront sauvés. Nous nous rappelons à ce propos de l’annonce de la fin du monde le 21 Décembre 2012 qui a affolé beaucoup d’individus sur la toile. Les conséquences furent dramatiques pour certains : des gourous ont réclamé des sommes d'argent à leurs disciples dans le but de construire un abri anti-apocalypse ; des adeptes de la théorie d'apocalypse se sont endettés auprès de leurs banques, convaincus qu'ils n'auront rien à rembourser après décembre 2012 vue qu’il n’existera plus de banques. Grande fut la surprise de ces personnes au matin du 22 Décembre 2012 se rendant à l’évidence qu’ils ont été berné et que le monde suit son cours. Pour certains ce fut la prison pour d’autres le suicide pour échapper à la justice. - Légal Des relations difficiles avec le clergé ou une situation matrimoniale irrégulière peuvent également conduire à une rupture avec l’Église et au passage à un nouveau groupe. Il est aussi arrivé que des individus boycottent l’Eglise du fait d’un constat de deux poids deux mesures dans des décisions pastorales (exemple de l’enterrement chrétien d’une personne en situation irrégulière). De même, avec la liberté religieuse garantie par la majorité des constitutions, nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre établi par la loi. Cette réalité s’inscrit exactement dans l’esprit de la déclaration des droits de l’homme du 10 décembre 1948, en son article 18 qui dit : « toute personne a la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de manifester sa conviction, seul ou en commun tant en public qu’en privé, par l’enseignement des pratiques, le culte et l’accomplissement des rites ».

La recherche d’intégralité Beaucoup de gens semblent ne plus s’accorder avec eux-mêmes, avec les autres, avec leur culture et leur environnement. Ils font l’expérience de la rupture. Ils ont été blessés par leurs parents ou leurs professeurs, par l’Eglise ou la société. Ils se sentent exclus. Ils veulent une vision religieuse qui puisse harmoniser tout et tous ; un culte qui laisse place au corps et à l’âme, à la participation, la spontanéité et la créativité. Ils veulent être guéris, également corporellement. Les sectes semblent offrir : une expérience religieuse satisfaisante ; mettent l’accent sur le salut, sur la conversion ; un lieu pour des sensations et des émotions, pour la spontanéité (par exemple, dans les célébrations liturgiques) ; la guérison physique et spirituelle ; une aide dans les problèmes de la drogue ou de l’alcool ; un certain rapport avec la vie.  La recherche de l’identité culturelle Cet aspect est très étroitement lié avec le précédent. Dans beaucoup de pays du tiers monde, la société se trouve elle-même grandement dissociée des valeurs culturelles et sociales (et religieuses) traditionnelles ; il en va de même des croyants. Les sectes semblent offrir : beaucoup de place à l’héritage religieux et culturel traditionnel, à la spontanéité, à la participation, un style de prière et de prédication étroitement lié aux traits et aux aspirations des gens (le cas du syncrétisme religieux).  Le besoin d’être identifié Les gens ont besoin de sortir de l’anonymat, de se construire une identité, de sentir qu’ils sont particuliers, d’une façon ou d’une autre, et non pas seulement un numéro ou un membre sans visage dans la foule. Les grandes paroisses ou congrégations, les rapports administratifs et le cléricalisme, laissent peu de place pour approcher chaque personne individuellement et dans sa situation personnelle. Les sectes semblent offrir : un certains souci pour l’individu ; des chances égales de ministère et de direction, de participation, d’expression ; une possibilité de développer son propre potentiel ; la chance d’appartenir à un groupe d’élite.  La quête de la transcendance Ceci exprime un besoin spirituel très profond, une motivation inspirée à chercher quelque chose derrière l’évidence, l’immédiat, le familier, le contrôlable, le matériel ; pour trouver une réponse aux questions ultimes de la vie ; quelque chose qui puisse changer sa vie d’une manière significative. Cela révèle un sens du mystère, du mystérieux ; une préoccupation pour ce "qui-

doit-venir" ; un intérêt pour le messianisme et le prophétisme. Souvent les gens concernés ne sont pas conscients de ce que l’Église peut offrir, ou sont apparemment rebutés par ce qu’ils pensent être une insistance unilatérale sur les questions morales ou par les aspects institutionnels de l’Église. Beaucoup de jeunes disent qu’ils ont eu peur que l’on se moque d’eux ou qu’on les trouve bizarres s’ils abordaient le sujet de cette expérience spirituelle ou religieuse et qu’ils avaient fréquemment connu des difficultés à en discuter avec des professeurs ou des prêtres, et qu’ils s’étaient retrouvés seuls pour répondre à leurs questions les plus ultimes et les plus importantes. Les sectes semblent offrir : la Bible et une éducation biblique ; un sens du salut ; les dons de l’Esprit ; méditation ; accomplissement spirituel. Certains groupes offrent non seulement la possibilité d’exprimer et d’approfondir les questions ultimes dans un contexte social "abrité", mais aussi un langage et des concepts pour le faire, ainsi qu’un ensemble de réponses claires et relativement non ambiguës.  Le besoin d’une direction Il peut y avoir un manque de soutien parental dans les familles, ou un manque de direction, de patience, d’engagement personnel de la part des responsables de l’Église ou des éducateurs. Les sectes semblent offrir : direction et orientation de la part de chefs charismatiques. La personne du maître, du chef, du gourou joue un rôle important pour lier les disciples. Parfois, il n’y a pas seulement soumission, mais une dévotion presque hystérique à un chef spirituel influent.  Le besoin de projection dans le futur Le monde d’aujourd’hui est un monde interdépendant d’hostilité et de conflit, de violence et de peur de la destruction. Les gens se sentent inquiets au sujet du futur ; souvent désespérés, sans aide, et sans pouvoir. Ils cherchent des signes d’espoir, une manière d’en sortir. Certains ont le désir, quelquefois vague, de rendre le monde meilleur. Les sectes semblent offrir : une "nouvelle vision" de soi, de l’humanité, de l’histoire, du cosmos. Elles promettent le commencement d’un nouvel âge, d’une nouvelle ère.  Le besoin de participation et d’engagement Cet aspect est étroitement lié au précédent. Beaucoup de « chercheurs de Dieu » ne ressentent pas seulement le besoin d’une vision de la société mondiale actuelle et du futur ; ils veulent aussi participer aux prises de décision, aux prévisions, aux réalisations. Les sectes semblent offrir : une mission concrète pour un monde meilleur, un appel à un don total, une participation à un plus grand nombre de niveaux. En résumé, on peut dire que les sectes semblent vivre par ce qu’elles croient, avec une conviction, une dévotion et un engagement puissants (et souvent magnétiques). Elles vont à la rencontre des gens, là où ils sont, de façon chaleureuse, personnelle et discrète, sortant l’individu de l’anonymat, promouvant la participation, la spontanéité, la responsabilité, l’engagement…, le suivant de manière intense par de multiples contacts, des visites à domiciles, un soutien et une direction continue. Elles les aident à réinterpréter leur propre expérience, à

Contrôle du processus rationnel de pensée , élimination de toute information ou influence extérieure (famille, amis, journaux, magazines, télévision, radio, traitement médical, etc.) qui pourrait briser la fascination et le processus d’assimilation des sentiments, des attitudes et des modèles de comportement ; détournement des recrues de leur vie passée, insistance sur les comportements passés déviants comme l’usage de la drogue, les méfaits sexuels ;  Méthodes d’altération de la conscience conduisant à des perturbations de la connaissance ; utilisation de clichés empêchant la réflexion ; systèmes logiques clos ; limitation de la pensée réflexive ; maintien des recrues dans un état d’occupation continue, en ne les laissant jamais seules ; exhortation et formation continuelles dans le but d’arriver à un état d’exaltation spirituelle, de conscience émoussée, de soumission automatique aux directives ; écraser la résistance et la négativité ; répondre à la peur d’une manière qui souvent crée même plus de peur ; forte concentration sur le leader ; certains groupes peuvent même diminuer le rôle du Christ en faveur du fondateur.  Il faut aussi préciser que toute exégèse et, a fortiori, toute contestation de la doctrine est interdite. Tout contestataire doit être contraint à résipiscence ou s’il persiste, au rejet. Toute démission est une apostasie qui donne droit à un harcèlement. Le harcèlement peut conduire à le diffamer, à provoquer des ruptures affectives dans son environnement personnel, à lui faire perdre son emploi, à anéantir ses responsabilités sociales (Cf. le cas Jacques LEJEUNE c. Témoins de Jéhovah : action en cours au niveau de la cour européenne des droits de l’homme il plaidera son cas le 18 Décembre 2019) Ainsi face à tous ces méfaits que devons-nous faire? Avant de donner des pistes de solutions, il est opportun que nous laïcs nous puissions nous poser un certain nombre de questions : Devrais- je accepter ce pain en guise de ravitaillement au risque de vivre seulement pour ce pain? Devrais-je accepter ce boulot, cette promotion sociale qui m’ouvre toutes les portes des royaumes terrestres au point de me priver du royaume des cieux? Devrais-je m agenouiller, en signe de fascination, devant mon guide spirituel parce que faisant des miracles ou parlant en langue étrangère lors d’une prédication? Devrais-je arrêter de me soigner médicalement, de m alimenter convenablement, d’aller à l’école, de participer à la vie politique de mon pays sous prétexte que mon gourou me l’interdit? Chers amis, il y a 2000 ans, au désert le Christ Jésus a subi les mêmes tentations du Malin et il en est sorti vainqueur. Sachez qu’aujourd’hui, au lieu d’aller au désert pour se faire tenter, maintenant c’est le désert qui vient à nous avec le Tentateur qui peut se manifester sous plusieurs formes. C’est pourquoi, comme nous le rappelle, le Père de l’Eglise Evagre le Pontique, dans son traité sur les penchants, « Logismoï » : « Pour parvenir à faire silence et réussir à connaître Dieu, le chrétien doit chercher à analyser et à canaliser ses pensées » (Clin d’œil sur les péchés capitaux) IV- DES PISTES POUR UNE PASTORALE PROSPECTIVE Une destruction des structures sociales traditionnelles, des modèles culturels, et des ensembles traditionnels de valeurs – causée par l’industrialisation, l’urbanisation, les migrations, le

développement rapide des systèmes de communication, des systèmes technocratiques entièrement rationnels, etc. – laisse beaucoup d’individus désorientés, déracinés, insécurisés et, par conséquent, vulnérables. C’est de ces situations que naît naturellement la recherche d’une solution et souvent la plus simple apparaît la meilleure. Avec aussi la tentation de l’accepter comme la seule et définitive réponse possible. Les individus en proie aux sectes souffrent, comme nous l’avons vu, d’une perte de direction, d’un manque d’orientation, de participation dans la prise des décisions, de réponses réelles à leurs questions réelles. Ils font l’expérience de la peur à cause des différentes formes de violence, de conflit, d’hostilité : peur d’un désastre écologique, des conflits sociaux et de la manipulation. Ils se sentent frustrés, déracinés, sans foyer, sans protection ; sans ressource et sans espoir et par conséquent sans motivation, seuls à la maison, à l’école, au travail, à l’université, dans la ville ; perdus dans l’anonymat, l’isolement, la marginalisation, l’aliénation, c’est-à-dire qu’ils n’ont aucune appartenance, qu’ils se sentent incompris, trahis, opprimés, déçus, sans importance, pas écoutés, rejetés, pas pris au sérieux. C’est pourquoi le phénomène des sectes est à voir non pas tellement comme une menace pour l’Église Catholique, mais plus comme un défi pastoral. Quels défis devons-nous alors relever?  Le sens de la communauté Il est urgent de repenser (au moins dans de nombreuses situations locales) le système de communauté paroissiale traditionnelle ; une recherche de modèles de communautés qui seraient plus fraternelles, plus à l’échelle humaine, plus adaptées à la situation de la vie des gens ; plus de communautés ecclésiales de base : des communautés soucieuses d’une foi vivante, d’amour (chaleur humaine, acceptation, compréhension, réconciliation, fraternité), et d’espérance, des communautés qui célèbrent ; des communautés qui prient ; des communautés missionnaires : tournées vers l’extérieur et qui rendent témoignage ; des communautés ouvertes qui soutiennent les gens qui ont des problèmes particuliers : les divorcés et les remariés, les marginaux (drogués, alcooliques, prostituées) (refuser d’avoir des sens interdits car le Christ n’en avait pas. Là où le terrain est « glissant » il faut faire du ski et aller délivrer son frère ou sa sœur en Christ qui ploie sous le poids du péché). Car comme l’a rappelé le Nonce Apostolique lors du colloque sur la Mission en Octobre dernier : « L’un des grands problèmes de la mission, c’est de penser que l’évangélisation c’est seulement d’amener les autres au Christ alors que nous devons aussi amener le Christ aux autres. En ce sens il faudrait accepter de se salir les mains pour la cause de l’Evangile, car le Christ a passé plus de temps avec les pécheurs qu’avec les justes. »^2  Formation initiale et formation continue (^2) Son Excellence Michaël Wallace BANACH, Discours prononcé à l’occasion du Colloque sur la Mission, sur le thème « La dimension missionnaire dans la formation sacerdotale et religieuse au Sénégal », le 26 Octobre 2019 à Dakar.

l’expérience, c’est-à-dire à la découverte personnelle du Christ par la prière et une vie engagée (par exemple, les mouvements charismatiques et les mouvements d’action catholiques). Une attention particulière doit aussi être accordée au ministère de guérison par les prières, la réconciliation, à la fraternité et à l’attention aux autres. Le souci pastoral ne doit pas être unidimensionnel ; il doit s’étendre non seulement aux dimensions spirituelles, mais aussi aux dimensions physiques, psychologiques, sociales, culturelles, économiques et politiques.  L’inculturation Le problème de l’inculturation est un problème fondamental. Les préoccupations provenant d’Afrique, et qui se révèlent étrangères aux formes occidentales de culte et de ministère, souvent insignifiantes pour l’environnement culturel et les conditions de vie, y insistent beaucoup. Le synode diocésain de Ziguinchor en a fait une préoccupation majeure qui doit déboucher sur des actes concrets mais aussi sur des perspectives de réajustement.  Prière et culte Il est nécessaire de revoir les modèles classiques de la liturgie du samedi soir/dimanche matin, qui demeurent souvent étrangers à la situation de la vie quotidienne. La Parole de Dieu doit être redécouverte comme un élément important pour l’édification de la communauté. La "réception" doit recevoir autant d’attention que la "conversation". Une place doit être laissée à la créativité joyeuse, pour croire à l’inspiration chrétienne et à la capacité d’"invention", ainsi que pour un sens plus grand des célébrations communautaires. Ici encore l’inculturation s’impose (avec le respect dû à la nature de la liturgie et ce que requiert l’universalité). Il faut aussi insister sur la dimension biblique de la prédication ; sur le besoin de parler le langage des gens ; sur le besoin d’une préparation soignée de la prédication et de la liturgie. La prédication ne doit pas être théorique, intellectuelle et moralisante, mais présuppose le témoignage de vie du prédicateur. La prédication, le culte et la prière de la communauté ne devraient pas être nécessairement confinés aux endroits traditionnels de culte. De même, il faut un accompagnement et encadrement des groupes de prière par les prêtres et non laisser cette tâche aux exorcistes seuls. En effet, comme le rappelle le Pape Paul VI, « le renouveau charismatique est une chance pour l’Eglise ». Surtout pour une jeunesse qui est en quête sens et qui a soif du Christ (Cf. diaporama). Et à mon humble constat, les vocations sacerdotales et religieuses, de plus en plus, émergent de ces groupes.  Le leadership laïc La diminution constante du nombre des ministres ordonnés et des religieux, appelle une promotion renforcée des ministères diversifiés et une formation continuelle de responsables laïcs. Une plus grande attention pourrait, peut-être, être accordée au rôle que peuvent jouer dans une approche des sectes – ou au moins de ceux qui sont attirés par les sectes – des laïcs qui, à l’intérieur de l’Église et en collaboration avec ses pasteurs, exercent une véritable direction, à la fois spirituelle et pastorale. Les prêtres ne doivent pas être considérés principalement comme des administrateurs, des employés de bureau ou des juges, mais plutôt comme des frères, des guides, des consolateurs, des hommes de prière. Il y a trop souvent une distance qui doit être

comblée entre les fidèles et l’évêque à certains endroits, et même entre l’évêque et ses prêtres. Le ministère de l’évêque et du prêtre est un ministère d’unité et de communion qui doit devenir visible pour les fidèles. CONCLUSION En ce qui nous concerne, parti au départ avec un « background » de chrétien catholique pour réaliser ce travail, nous avons bénéficié de l’apport de notre formation en sciences sociales des religions plus précisément en anthropologie religieuse. Cela ne nous donne pas la prétention de saisir le phénomène des sectes dans son entier : celui qui s’y intéresse doit avoir l’humilité d’accepter d’en proposer une description partielle. Que conclure de ce parcours? Même si les Églises établies et les sectes ont quelques ressemblances en ce qui concerne la place faite à Dieu, la compassion, l’amour, la solidarité, force est de reconnaitre qu’elles diffèrent fondamentalement dans leur fonctionnement et dans leurs pratiques. Extérieurement souples et intérieurement rigides, les sectes font peu de cas de la liberté de leurs adeptes. En revanche, les confessions reconnues, à l’instar de l’Église catholique, sont des institutions structurées qui peuvent donner une apparence rigide et peu séduisante ; mais elles sont fermement fondées sur la liberté. On y adhère librement tout comme on en sort librement. Même sorti librement, on peut, si on le souhaite, revenir car la porte de l’Église demeure ouverte : le clergé n’a pas les rancunes d’un gourou. D’autre part, les sectes font florès actuellement dans les domaines les plus variés, et nul ne peut plus prétendre en ignorer l'existence. Les dangers qu'elles font courir, tant aux individus qu'aux libertés et aux valeurs démocratiques, justifient que l'inventaire, sinon exhaustif, du moins largement renouvelé, en soit fait. Il est également entendu que nous ne pouvons pas être naïvement iréniques. Nous avons suffisamment analysé l’action des sectes pour voir que les attitudes et les méthodes de certaines d’entre elles peuvent détruire la personnalité, désorganiser les familles et la société, et que leurs doctrines sont très éloignées de l’enseignement du Christ et de son Église. Dans certains pays nous pouvons suspecter – ou même savoir – que, à travers les sectes, ce sont des forces idéologiques et des intérêts économico-politiques totalement étrangers à un souci sincère de l’humanité qui sont à l’œuvre et qui utilisent l’humain pour des desseins inhumains. C’est pourquoi, il est nécessaire d’informer, comme c’est le cas avec l’initiative du Mont Thabor, les fidèles, en particulier les jeunes, de les mettre en garde, et même d’engager des aides professionnelles pour conseiller et assurer une protection légale, etc. Parfois nous pourrions avoir à reconnaître, et même à encourager, des mesures radicales de l’État agissant dans sa propre sphère. Nous pouvons savoir, également, par expérience qu’il n’existe généralement peu ou pas de possibilité de dialogue avec les sectes, que non seulement elles sont elles-mêmes fermées au dialogue, mais qu’elles peuvent être en plus un sérieux obstacle à l’éducation œcuménique partout où elles sont actives.