Temps difficiles de charles dickens word, Exercises of Business English

book by charles dickens

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Gauvin A. – Fiche de lecture : «Temps difficile» de Charles Dickens – Février 2008
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Gauvin A. – Fiche de lecture : «Temps difficile» de Charles Dickens – Février 2008 4

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Fiche de lecture

Temps difficiles

Charles Dickens

Alexis Gauvin – Février 2008

Majeure Alternative Management – HEC Paris – 2007-

Genèse du présent document

Gauvin A. – Fiche de lecture : «Temps difficile» de Charles Dickens – Février 2008 4

Temps difficiles

Date de parution : 1956, Editions Folio Classique Première date de parution de l’ouvrage : 1854 Résumé : Charles Dickens présente dans Temps difficiles une critique ironique et acerbe de sa société industrielle capitaliste contemporaine au temps de la machine à vapeur et du charbon. Il y attaque successivement divers personnages archétypes des mœurs de son époque, dénonçant leur amoralité et leur insensibilité, c’est-à-dire leur inhumanité : le bourgeois et le politique, le libertin et l’employé. Il présente en contre-point ouvriers et gitans, archétypes romantiques concentrant en eux-mêmes malgré leur pauvreté tout ce que l’homme contient de meilleur. Il ne faut cependant pas s’arrêter aux traits volontairement forcés de ces portraits, car ce que cherche avant tout l’auteur est de dénoncer les dérives sociales et morales de cette société dans laquelle aucun des personnages n’a choisi de naître, pour réhabiliter morale et humanité là où il n’y a plus que logique économique et rationalité. Mots-clés : Dickens, capitalisme, industrie, Révolution industrielle, bourgeois, ouvrier, critique, morale, humanité, pauvreté, misère, solidarité ouvrière

Hard Times

First date of publication: 1854 Abstract: In Hard Times Charles Dickens profoundly critizes the capitalist and industrial society he lived in at a time when steam power and coal were at the mouth of each manufacturer. Amorality, hardness of feelings and inhumanity are successively attacked in this critic through several portraits of archetypes: capitalists, mean employees, libertines and politicians. Facing them, workers and gipsy at the lowest level of human social hierarchy recall there is no systematic connection between humanity and wealth. Even living in poor conditions, these archetypes counter-balance the first portraits by being in solidarity and virtuous and make the reader remind how a human being should behave. The reader should not only see this ironic description of the industrial society. He should keep in mind he has a duty of denouncing the social consequences of the Industrial revolution and the amorality of his fellow-citizens to promote a social solidarity where humanity and morality have a place. Key words: Dickens, capitalism, industry, Industrial revolution, bourgeois, worker, critic, morality, humanity, misery, poverty, worker solidarity

Table des matières

**1. L’auteur, marqué par son temps..............................................................................................

  1. Une gravure de la société industrielle britannique de la première moitié du XIX ème siècle.** **6
  2. Critique morale, sociale et artiste : la société industrielle.................................................... 9
  3. Commentaires critiques, avis personnel............................................................................... 11
  4. Bibliographie de l’auteur....................................................................................................... 13**

(1836) dans lequel il exprime la quintessence de l’humour anglais marquera sa première victoire populaire. Viendront ensuite parmi ses chefs-d’œuvres reconnus, Les Aventures d’Oliver Twist (1838), David Copperfield (1849-1850), Temps difficiles (1854) et De grandes espérances (1861).

Nom– «Titre» - date 5

5.2. Une gravure de la société industrielle britannique de la première moitié du XIX ème siècle

Temps difficiles est une gravure de la société industrielle britannique de la première moitié du XIXème siècle. On y trouve concentré en 400 pages la brique, la fumée noire des cheminées, l’enfer de la mine, la solidarité ouvrière, la naissance de la mutuelle de solidarité, la bourgeoisie capitaliste, le train, la loi du marché, l’économie politique, l’alcoolisme, le métier à tisser, la banque, tous les ingrédients indispensables à une peinture historique jusqu’au nom même de la ville ouvrière où évoluent tous les personnages : « Coketown […] était le triomphe du Fait. […] Coketown était une ville de briques rouges, ou plutôt de briques qui eussent étaient rouges si la fumée et les cendres l’eussent permis ; mais, étant donné les circonstances, c’était une ville d’un rouge et d’un noir contre nature, telle la face peinte d’un sauvage. C’était une ville de machines et de hautes cheminées d’où s’échappaient inlassablement, éternellement, des serpents de fumée qui ne se déroulaient jamais tout à fait. Elle avait un canal noir, et une rivière qui roulait ses eaux empourprées par de puantes teintures, et de vastes constructions criblées de fenêtres qui vibraient et tremblaient tout au long du jour et où le piston des machines à vapeur montait et descendait monotonement comme la tête d’un éléphant fou de mélancolie. Elle comptait plusieurs larges rues toutes fort semblables les unes aux autres et beaucoup de petites rues encore plus semblables les unes aux autres, peuplées de gens également semblables les uns aux autres, qui tous sortaient et rentraient aux mêmes heures, en marchant du même pas sur le même trottoir, pour aller faire le même travail, et pour qui chaque journée était semblable à celle de la veille et à celle du lendemain et pour qui chaque année était le pendant de la précédente et de la suivante ».

Mais Dickens ne se contente pas de photographier le décor de ce théâtre, il en pénètre la psychologie de ses acteurs. Se côtoient ainsi les différents membres de la société industrielle britannique pour en faire ressortir sous forme d’archétypes un véritable tableau humain : ▲ Le bourgeois

  • Josiah Bounderby de Coketown, maître de Coketown, « un homme riche : banquier, négociant, manufacturier et je ne sais quoi encore » , représentation

Et tout ces personnages vont se rencontrer à travers différentes péripéties dans le lieu fermé de Coketown et de ses environs, pour se faire confronter les points vue dans des tandems contradictoires : patron et ouvrier, mari et femme, hommes de sciences et gens du cirque, femme vertueuse et homme vil, ouvrière alcoolique et ouvrier vertueux, ouvrier honnête et bourgeois sans morale,… C’est ainsi une photographie archétypale de la société britannique industrielle de la première moitié du XIXème siècle que Dickens nous offre en portrait en en faisant ressortir les principaux traits saillants.

5.3. Critique morale, sociale et artiste : la société industrielle

La critique de Dickens est morale, sociale et artiste.

Critique morale parce que Dickens condamne tout ce qu’il y a de bas chez l’homme : l’avarice, la mesquinerie, l’égoïsme ou la lâcheté. Josiah Bounderby incarne la cruauté, l’insensibilité et la vantardise ; Mr. James Harthouse, l’amoralité car il est prêt à séduire une femme mariée pour son seul plaisir sans même se préoccuper des conséquences de ses actes ; Tom Gradgrind, le manque de maturité et l’égoïsme ; Mrs. Sparsit l’esprit calculateur et la vilénie ; et enfin Slackbridge, l’homme politique mielleux et ambitieux qui défend la cause du plus pauvre par ambition personnelle plus que par altruisme. Critique sociale qui double la critique morale : par ses descriptions noires de la ville industrielle, Dickens dénonce la misère ouvrière. Mais sa critique sociale est aussi morale car celui qui souffre de sa condition misérable n’est pas le moins vertueux, bien au contraire. La vertu se retrouve bien dans les deux classes, bourgeoise chez Louisa comme ouvrière, mais Dickens en fait un trait distinctif de la classe ouvrière. Elle est incarnée dans les personnages de Stephen Blackpool, Rachaël et de ce fameux ouvrier qui a beau être alcoolique mais n’en deviendra pas moins le meilleur meneur d’hommes pour sauver coûte que coûte Stephen Blackpool du fond de son puit de mine. Les hommes du cirque, pauvres, se révèlent aussi les plus humains, les plus solidaires. Dickens va plus loin en pardonnant quelque part aux ouvriers d’être ce qu’ils sont, car ils n’en ont pas eu le choix et ont été pris dans l’engrenage sans pitié de l’industrie. C’est la difficulté de la condition ouvrière qui a poussé la femme de Stephen Blackpool à l’alcoolisme. Il est par contre intransigeant avec ses héros de bonne condition et n’accepte pas leurs faiblesses humaines. Eux qui ont eu la chance de naître dans de beaux draps, ils ont le devoir d’être moraux. Critique artiste enfin, parce que la pensée de l’époque est dominée par la rationalité. Les grands bourgeois ne jurent que par les faits. Il faut bannir tout sentiments de la condition humaine pour ne garder que la logique. Mr. Gradgrind, porte-parole de cette doctrine, va jusqu’à en faire la ligne de conduite de son enseignement auprès des enfants de Coketown et de ses propres enfants : « - Or donc, ce qu’il me faut, ce sont des Faits. Vous n’enseignerez à

5.4. Commentaires critiques, avis personnel

Les Temps difficiles constituent un très beau témoignage de l’époque de la première Révolution industrielle. Cet ouvrage est facile à lire, écrit d’une belle écriture et souvent teintée d’humour, agréable, très humain. Malgré la noirceur parfois des descriptions, la recherche tout au long de l’ouvrage d’une justice pour une meilleure vie en société, même industrielle, démontre que l’espoir d’un mieux est encore là. Par la simplicité des personnages, ce témoignage est aussi structurant, car il offre aux lecteurs des portraits psychologiques et sociaux représentatifs des acteurs de la société qui sont autant de repères pour comprendre ces temps maintenant éloignés.

De là vient peut-être la limite de cette peinture. Comme au théâtre, et les Temps difficiles sont quelques part une pièce à plusieurs actes, le lecteur sent que leur description est parfois brossée à trop grands traits. Il manque une certaine profondeur psychologique aux personnages qui laisse le lecteur sur sa soif et l’invite à penser que la société de Charles Dickens ne pouvait pas être aussi simpliste, car elle serait sinon absurde. Et le lecteur aurait presque envie de poursuivre l’analyse de l’auteur pour rechercher plus de subtilité dans ce travail de photographe de la société anglaise de la première moitié du XIXème siècle.

Mais c’est pourtant très probablement volontairement qu’il en ait ainsi, car l’objectif de ces archétypes est justement d’interpeller ce lecteur. Il est invité à réagir sur ces caricatures que lui présente Charles Dickens. Il saisit à la fois les cordes profondes qui animent chacun des personnages, mais il comprend aussi la limite de la logique interne propre à chacun. Chaque personnage est en lui-même une auto-critique : le bon père bourgeois sûr de ses principes rationnels est naïf, l’industriel banquier convaincu d’être au-dessus de tous par sa réussite financière est cruel, le gentilhomme persuadé de ses charmes est égocentré, les ouvriers si humains sont pourtant passifs et cruels quand il s’agit de rejeter l’un des leurs qui refuse de suivre la voie de la révolution, la fille du bon père bourgeois est trop respectueuse de son père alors qu’il aurait mieux fallu qu’elle ne le soit pas pour son propre bien, les saltimbanques sont joyeux et tout aussi humains aussi, mais leur monde est limité à celui du cirque,…

Ainsi, ces archétypes sont finalement bien des caricatures, c’est-à-dire des imitations grotesques dans le but de faire réagir : en montrant par l’absurde les limites des sujets qu’ils représentent, ils invitent à ne pas tomber dans le piège des comportements et des jugements simplistes, pour dépasser les limites acceptées et atteindre un mieux plus humain, la première limite entre toutes étant l’inhumanité de la société industrielle à l’époque de Charles Dickens.