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textes analyse theatre classe de premiere
Typology: Transcriptions
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MONSIEUR DIAFOIRUS. À vous témoigner notre zèle (Il se retourne vers son fils et lui dit :) Allons, Thomas, avancez. Faites vos compliments. THOMAS DIAFOIRUS est un grand benêt, nouvellement sorti des Écoles, qui fait toutes choses de mauvaise grâce et à contretemps. N’est-ce pas par le père qu’il convient de commencer?
BÉLINE.- Qu’y a-t-il? TOINETTE.- Votre mari est mort. BÉLINE.- Mon mari est mort? TOINETTE.- Hélas oui. Le pauvre défunt est trépassé. BÉLINE.- Assurément? TOINETTE.- Assurément. Personne ne sait encore cet accident-là, et je me suis trouvée ici toute seule. Il vient de passer entre mes bras. Tenez, le voilà tout de son long dans cette chaise. BÉLINE.- Le Ciel en soit loué. Me voilà délivrée d’un grand fardeau. Que tu es sotte, Toinette, de t’affliger de cette mort! TOINETTE.- Je pensais, Madame, qu’il fallût pleurer. BÉLINE.- Va, va, cela n’en vaut pas la peine. Quelle perte est-ce que la sienne, et de quoi servait-il sur la terre? Un homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement, ou une médecine dans le ventre, mouchant, toussant, crachant toujours, sans esprit, ennuyeux, de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse les gens, et grondant jour et nuit servantes, et valets. TOINETTE.- Voilà une belle oraison funèbre. BÉLINE.- Il faut, Toinette, que tu m’aides à exécuter mon dessein, et tu peux croire qu’en me servant ta récompense est sûre. Puisque par un bonheur personne n’est encore averti de la chose, portons-le dans son lit, et tenons cette mort cachée, jusqu’à ce que j’aie fait mon affaire. Il y a des papiers, il y a de l’argent, dont je me veux saisir, et il n’est pas juste que j’aie passé sans fruit auprès de lui mes plus belles années. Viens, Toinette, prenons auparavant toutes ses clefs. ARGAN, se levant brusquement.- Doucement. BÉLINE, surprise, et épouvantée.- Ahy! ARGAN.- Oui, Madame ma femme, c’est ainsi que vous m’aimez? TOINETTE.- Ah, ah, le défunt n’est pas mort. ARGAN, à Béline qui sort.- Je suis bien aise de voir votre amitié, et d’avoir entendu le beau panégyrique que vous avez fait de moi. Voilà un avis au lecteur, qui me rendra sage à l’avenir, et qui m’empêchera de faire bien des choses. BÉRALDE, sortant de l’endroit où il était caché.- Hé bien, mon frère, vous le voyez.
IPHICRATE , retenant sa colère : Mais je ne te comprends point, mon cher Arlequin. ARLEQUIN : Mon cher patron, vos compliments me charment ; vous avez coutume de m'en faire à coups de gourdin qui ne valent pas ceux-là ; et le gourdin est dans la chaloupe.
IPHICRATE : Eh ne sais-tu pas que je t'aime? ARLEQUIN : Oui ; mais les marques de votre amitié tombent toujours sur mes épaules, et cela est mal placé. Ainsi, tenez, pour ce qui est de nos gens, que le ciel les bénisse! s'ils sont morts, en voilà pour longtemps ; s'ils sont en vie, cela se passera, et je m'en goberge. IPHICRATE , un peu ému : Mais j'ai besoin d'eux, moi. ARLEQUIN , indifféremment : Oh! cela se peut bien, chacun a ses affaires : que je ne vous dérange pas! IPHICRATE : Esclave insolent! ARLEQUIN, riant : Ah! ah! vous parlez la langue d'Athènes ; mauvais jargon que je n'entends plus. IPHICRATE : Méconnais-tu ton maître, et n'es-tu plus mon esclave? ARLEQUIN, se reculant d'un air sérieux : Je l'ai été, je le confesse à ta honte, mais va, je te le pardonne ; les hommes ne valent rien. Dans le pays d'Athènes, j'étais ton esclave ; tu me traitais comme un pauvre animal, et tu disais que cela était juste, parce que tu étais le plus fort. Eh bien! Iphicrate, tu vas trouver ici plus fort que toi ; on va te faire esclave à ton tour ; on te dira aussi que cela est juste, et nous verrons ce que tu penseras de cette justice-là ; tu m'en diras ton sentiment, je t'attends là. Quand tu auras souffert, tu seras plus raisonnable ; tu sauras mieux ce qu'il est permis de faire souffrir aux autres. Tout en irait mieux dans le monde, si ceux qui te ressemblent recevaient la même leçon que toi. Adieu, mon ami ; je vais trouver mes camarades et tes maîtres. Il s'éloigne. IPHICRATE, au désespoir, courant après lui, l'épée à la main : Juste ciel! peut-on être plus malheureux et plus outragé que je le suis? Misérable! tu ne mérites pas de vivre. ARLEQUIN : Doucement ; tes forces sont bien diminuées, car je ne t'obéis plus, prends-y garde.
SGANARELLE.- Voici la statue du Commandeur. DOM JUAN.- Parbleu, le voilà bon avec son habit d’empereur romain.