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Analyse 2 en mathématiques ffgggggg
Typologie: Notes
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1 INTRODUCTION
L’analyse math´ematique est l’´etude approfondie du calcul diff´erentiel et int´egral. Ce cours porte sur le calcul int´egral. Il se divise en trois parties. La premiere pr´esente la d´efinition et les propri´et´es de l’int´egrale d’une fonction continue d’une variable r´eelle. La seconde utilise cet outil pour introduire les fonctions analytiques ´el´ementaires (les fonctions logarithmique, exponen- tielle, trigonom´etriques directes et inverses, eul´eriennes). La derniere, enfin, porte sur la repr´esentation de ces fonctions par des s´eries de Taylor et des s´eries de Fourier. Il s’agit d’un cours de math´ematique formel, avec des d´emonstrations rigoureuses et completes de tous les th´eoremes pr´esent´es. Les exercices pro- pos´es sont de mˆeme nature et exigent de l’´etudiant qu’il en compose des solutions rigoureuses et completes. Ce cours est un deuxieme cours d’ana- lyse et suppose que l’´etudiant connaˆıt d´ej`a les propri´et´es des fonctions conti- nues ainsi que celles des fonctions d´erivables. Rappelons quelques-unes de ces propri´et´es.
On note [a, b] un intervalle compact (c’est-`a-dire ferm´e born´e),
[a, b] = {x | a ≤ x ≤ b},
]a, b[ un intervalle ouvert,
]a, b[= {x | a < x < b}
et (a, b) un intervalle quelconque. (Ces notations pr´esument que a ≤ b). Un intervalle compact peut ˆetre caract´eris´e par la propri´et´e suivante :
Soit f : (a, b) → R une fonction. Elle est dite continue sur (a, b) si elle est continue en chaque point x 0 de (a, b), c’est-`a-dire si en chaque point x 0 de (a, b), lim x→x 0 f (x) = f (x 0 ).
Un fonction continue jouit des propri´et´es suivantes :
est d´erivable aux points ou elle est d´efinie (c’est-a-dire aux points o`u le d´enominateur Qm(x) ne s’annule pas) et
R′(x) =
P (^) n′(x)Qm(x) − Pn(x)Q′ m(x) Q^2 m(x)
Si p ∈ Q, d dx
xp^ = p xp−^1 , x > 0.
Justifier compl`etement toutes ses affirmations.
xn =
1 + (−1)nn 1 + n ne converge pas. En exhiber une suite partielle convergente.
x^1 /^2 , x^1 /^3 , x^3 /^2 , x^4 /^3?
2 INT´EGRATION DES FONCTIONS CONTINUES
L’int´egration des fonctions continues repose sur une propri´et´e suppl´ementaire de ces fonctions lorsqu’on les consid`ere sur des intervalles compacts.
Dire d’une fonction f : (a, b) → R qu’elle est continue, c’est dire qu’elle est continue en chaque point x 0 de (a, b), c’est-a-dire qu’a chaque point x 0 et `a chaque > 0 correspond δ > 0 tel que
|x − x 0 | < δ et x ∈ (a, b) impliquent |f (x) − f (x 0 )| < .
Le nombre δ d´epend `a la fois de x 0 et de :
δ = δ(x 0 , ).
Lorsqu’il peut ˆetre choisi ind´ependamment du point x 0 ,
δ = δ(),
on dit que la fonction est uniform´ement continue sur l’intervalle (a, b). En d’autres termes, une fonction f : (a, b) → R est uniform´ement continue sur (a, b) si `a chaque > 0 correspond δ > 0 tel que
|x − y| < δ et x, y ∈ (a, b) impliquent |f (x) − f (y)| < . Exemples.
x est uniform´ement continue sur [1, +∞[ ; en vertu du th´eor`eme des accroissements finis en effet, il existe z entre x et y tel que : |
x −
y| =
|x − y| 2
z
|x − y| 2
|f (xn) − f (yn)| = 2 +
n^2
bien que |xn − yn| =
n
Aucun nombre δ ne peut correspondre `a = 2.
et une somme inf´erieure s(P, f ),
s(P, f ) =
∑^ n
k=
inf{f (x) | xk− 1 ≤ x ≤ xk}(xk − xk− 1 ).
Lorsque la fonction est positive, ces sommes majorent et minorent respec- tivement l’aire d´etermin´ee par l’axe des abscisses, les droites x = a et x = b et le graphe de la fonction (figure (1) — les points de la partition ne sont pas n´ecessairement ´equidistants).
x
y y fx
a b
Fig. 1 – Sommes de Riemann
Il est clair que l’on a
inf{f (x) | a ≤ x ≤ b}(b−a) ≤ s(P, f ) ≤ S(P, f ) ≤ sup{f (x) | a ≤ x ≤ b}(b−a)
pour toute partition P. Observons maintenant que, si Q est une partition plus fine que P, c’est-`a-dire si P ⊆ Q, on a
S(Q, f ) ≤ S(P, f ) , s(P, f ) ≤ s(Q, f ). (1)
En effet, il suffit de v´erifier ces in´egalit´es lorsque Q s’obtient de P par adjonc- tion d’un seul point, Q = P ∪{x∗} ; or si j est l’indice tel que xj− 1 < x∗ < xj , on a
sup{f (x) | xj− 1 ≤ x ≤ xj }(xj − xj− 1 )
= sup{f (x) | xj− 1 ≤ x ≤ xj }(xj − x∗) + sup{f (x) | xj− 1 ≤ x ≤ xj }(x ∗ −xj− 1 )
≥ sup{f (x) | x∗ ≤ x ≤ xj }(xj − x∗) + sup{f (x) | xj− 1 ≤ x ≤ x∗}(x ∗ −xj− 1 )
et les autres termes de la somme S(P, f ) restent inchang´es. De ceci d´ecoule la premi`ere des in´egalit´es (1). L’autre in´egalit´e s’obtient de fa¸con similaire.
On d´eduit de ces relations que, quelles que soient les partitions P et Q, on a s(P, f ) ≤ s(P ∪ Q, f ) ≤ S(P ∪ Q, f ) ≤ S(Q, f ),
c’est-`a-dire que toute somme inf´erieure est plus petite que toute somme sup´erieure. Ainsi sup P
s(P, f ) ≤ inf P S(P, f ).
En fait, on a toujours
sup P
s(P, f ) = inf P S(P, f ). (2)
Cela est une cons´equence de la continuit´e uniforme d’une fonction continue sur un intervalle compact. D´emontrons la relation (2). Soit > 0 arbitraire. Soit δ > 0 un nombre tel que
|x − y| < δ et x, y ∈ [a, b] impliquent |f (x) − f (y)| <
b − a
Soit aussi P = {x 0 , x 1 , x 2 ,... , xn}
une partition pour laquelle
xk − xk− 1 < δ pour tout k.
Soient enfin uk, vk ∈ [xk− 1 , xk] tels que, pour tout k,
f (uk) = inf{f (x) | xk− 1 ≤ x ≤ xk} , f (vk) = sup{f (x) | xk− 1 ≤ x ≤ xk}
(propri´et´e des valeurs extrˆemes). Alors
S(P, f ) − s(P, f )
=
∑^ n
k=
(sup{f (x) | xk− 1 ≤ x ≤ xk} − inf{f (x) | xk− 1 ≤ x ≤ xk})(xk − xk− 1 )
∑^ n
k=
(f (vk) − f (uk))(xk − xk− 1 ) ≤
∑^ n
k=
b − a
(xk − xk− 1 ) =
ce qui d´emontre la relation (2). On exprime l’´equation (2) en disant que la fonction f est int´egrable sur l’intervalle [a, b], d’int´egrale : ∫ (^) b
a
f (x) dx = sup P
s(P, f ) = inf P S(P, f ).
Ainsi (^) ∣ ∣ ∣∣ ∣
∫ (^) b
a
f (x) dx −
b − a n
∑^ n
k=
f (xk,n)
≤ S(Pn, f ) − s(Pn, f ).
Or, en utilisant la continuit´e uniforme de la fonction f et la propri´et´e des valeurs extrˆemes, on voit comme pr´ec´edemment que
lim n→+∞ (S(Pn, f ) − s(Pn, f )) = 0.
C.Q.F.D. Exemple. On a (^) ∫ 1 0
x dx = (^) n→lim+∞
n
∑^ n
k=
k n = (^) n→lim+∞
n + 1 2 n
Les trois propri´et´es essentielles de l’int´egrale d’une fonction continue sont la lin´earit´e, la positivit´e et l’additivit´e.
Th´eor`eme 3 (Lin´earit´e de l’int´egrale) Soient f 1 , f 2 : [a, b] → R des fonctions continues et c 1 , c 2 ∈ R des nombres. Alors
∫ (^) b
a
(c 1 f 1 (x) + c 2 f 2 (x)) dx = c 1
∫ (^) b
a
f 1 (x) dx + c 2
∫ (^) b
a
f 2 (x) dx.
D´emonstration. En utilisant les sommes de Darboux-Riemann, on obtient :
∫ (^) b
a
(c 1 f 1 (x) + c 2 f 2 (x)) dx
= lim n→+∞
b − a n
∑^ n
k=
c 1 f 1
a + k n (b − a)
a + k n (b − a)
= c (^1) n→lim+∞
b − a n
∑^ n
k=
f 1
a +
k n (b − a)
b − a n
∑^ n
k=
f 2
a +
k n (b − a)
= c 1
∫ (^) b
a
f 1 (x) dx + c 2
∫ (^) b
a
f 2 (x) dx.
Th´eor`eme 4 (Positivit´e de l’int´egrale) Soient f 1 , f 2 : [a, b] → R des fonctions continues telles que
f 1 (x) ≤ f 2 (x) pour a ≤ x ≤ b.
Alors (^) ∫ (^) b
a
f 1 (x) dx ≤
∫ (^) b
a
f 2 (x) dx.
D´emonstration. En utilisant les sommes de Darboux-Riemann, on obtient :
∫ (^) b
a
f 1 (x) dx = (^) n→lim+∞
b − a n
∑^ n
k=
f 1
a +
k n (b − a)
≤ lim n→+∞
b − a n
∑^ n
k=
f 2
a + k n
(b − a)
∫ (^) b
a
f 2 (x) dx.
L’application de ce th´eoreme aux fonctions f 1 = ±f et f 2 = |f | conduita l’in´egalit´e du triangle pour les int´egrales : ∣∣ ∣∣
∫ (^) b
a
f (x) dx
∫ (^) b
a
|f (x)| dx.
Th´eor`eme 5 (Additivit´e de l’int´egrale) Soient f : [a, b] → R une fonc- tion continue et a < c < b. Alors ∫ (^) b
a
f (x) dx =
∫ (^) c
a
f (x) dx +
∫ (^) b
c
f (x) dx.
D´emonstration. Soient P, P′^ et P′′^ des partitions des intervalles [a, b], [a, c] et [c, b] respectivement. On a donc :
P ∪ {c} = P′^ ∪ P′′.
En utilisant les in´egalit´es (1), on voit d’une part que
∫ (^) b
a
f (x) dx = sup P
s(P, f ) ≤ sup P
s(P ∪ {c}, f ) = sup P′∪P′′
(s(P′, f ) + s(P′′, f ))
≤ sup P′
s(P′, f ) + sup P′′
s(P′′, f ) =
∫ (^) c
a
f (x) dx +
∫ (^) b
c
f (x) dx
Justifier compl`etement toutes ses affirmations.
x est uniform´ement continue sur R.
f (x) = IQ(x) =
1 si x ∈ Q 0 sinon.
Montrer qu’elle n’est int´egrable sur aucun intervalle.
a
f (x)g(x) dx ≤
b
a
f 2 (x) dx
b
a
g^2 (x) dx.
(Suggestion : choisir le nombre λ de fa¸con optimale dans l’in´egalit´e :
∫ (^) b
a
(f (x) + λg(x))^2 dx.)
(f (x) + g(x))^2 dx ≤
b a
f (x)^2 dx +
b a
g(x)^2 dx.
a
f (x) dx = f (c)(b − a).
(Premier th´eor`eme de la moyenne).
∫ (^) b
a
f (x) dx = 0.
Montrer qu’elle est identiquement nulle.
sup a∈A, b∈B
(a + b) ≤ sup a∈A
a + sup b∈B
b,
inf a∈A, b∈B (a + b) ≥ inf a∈A a + inf b∈B b.
a
f (x) dx = lim n→+∞
∫ (^) b
an
f (x) dx.
Les cas ou x = a et ou x = b sont similaires. C.Q.F.D. Remarque. Puisque (^) ∫ b
a
f (t) dt =
∫ (^) x
a
f (t) dt +
∫ (^) b
x
f (t) dt,
on a aussi d dx
∫ (^) b
x
f (t) dt = −f (x).
Th´eoreme 7 (Th´eoreme fondamental du calcul II) Soit F : [a, b] → R une fonction continˆument d´erivable. Alors ∫ (^) b
a
F ′(x) dx = F (b) − F (a).
D´emonstration. Consid´erons la fonction
J(x) =
∫ (^) x
a
F ′(t) dt.
En vertu du th´eor`eme pr´ec´edent, on a
J′(x) = F ′(x).
Les fonction J(x) et F (x) − F (a) admettent donc la mˆeme d´eriv´ee sur l’in- tervalle [a, b]. Comme elles s’annulent toutes les deux pour x = a, elles co¨ıncident partout sur l’intervalle [a, b] :
J(b) = F (b) − F (a).
C.Q.F.D. En vertu de ce th´eor`eme, il suffit donc, pour ´evaluer ∫ (^) b
a
f (x) dx,
de trouver une fonction F (x) telle que F ′(x) = f (x). On a alors tout sim- plement (^) ∫ b a
f (x) dx = F (b) − F (a).
(Pour abr´eger l’´ecriture, on ´ecrit
F (b) − F (a) = F (x)
b a
Une telle fonction F se nomme primitive de f (puisque que f est sa d´eriv´ee) ou encore int´egrale ind´efinie de f. On la d´enote par ∫ f (x) dx.
En d’autres mots,
F (x) =
f (x) dx ⇔ F ′(x) = f (x).
Une primitive n’est d´efinie qu’a l’addition d’une constante pres. Toute fonction continue f admet une primitive, nomm´ement la fonction d´efinie par l’´equation
F (x) =
∫ (^) x
a
f (t) dt
(en vertu du th´eoreme (6)) mais si cela s’avere ˆetre la seule repr´esentation disponible de F , elle n’est guere utile pour ´evaluer l’int´egrale « d´efinie » de f. Cette situation se pr´esente cependant quelquefois. Et, en regle g´en´erale, le calcul des primitives est beaucoup plus difficile que le calcul des d´eriv´ees.
Exemple. Si p ∈ Q, p 6 = −1, (^) ∫ xp^ dx = xp+ p + 1
puisque d dx xp+1^ = (p + 1)xp.
On a donc, si 0 < a < b,
∫ (^) b
a
xp^ dx = bp+1^ − ap+ p + 1
Le th´eoreme fondamental du calcul met en lumiere deux autres propri´et´es de l’int´egrale : l’int´egration par parties qui correspond a la regle de d´erivation d’un produit et la formule de changement de variable qui correspond a la regle de d´erivation en chaˆıne (exercice (7)).