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chapitre restauration, Lectures de Histoire

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Typologie: Lectures

2024/2025

Téléchargé le 31/05/2025

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brauer-celia 🇫🇷

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Sujet : La République, un héritage révolutionnaire ou une garantie de stabilité ?
Introduction :
Le document étudié est une affiche de propagande réalisée en 1892, à l’occasion du centenaire de la République
française (1792-1892). Diffusée par le gouvernement de la Troisième République, elle vise à célébrer les bienfaits du
régime républicain, en exaltant ses symboles et ses valeurs. À travers une iconographie riche et rassurante, elle cherche
à montrer que la République est à la fois un héritage de la Révolution française et une source de paix et de
prospérité pour la France contemporaine. Nous nous demanderons donc : quels symboles et bienfaits de la
République cette affiche met-elle en avant, et quel lien cherche-t-elle à établir entre la République de 1792 et
celle de 1892 ?
I. Une affiche diffusée dans un contexte politique fragile : réaffirmer la République
En 1892, la Troisième République existe depuis plus de vingt ans, mais elle reste marquée par une naissance difficile.
Elle a été proclamée en 1870 dans un contexte de guerre et de défaite face à la Prusse, puis consolidée à partir de 1875
par l’amendement Wallon, qui établit un régime républicain dans un climat conservateur. Les débuts du régime ont été
fragiles, notamment sous la présidence du monarchiste Mac Mahon. Cependant, dans les années 1880, les républicains
modérés prennent le pouvoir, posant les bases d’un régime parlementaire, démocratique et libéral. Malgré cela, la
République a été profondément ébranlée par l’affaire Boulanger (1885-1890), un mouvement populiste et
antiparlementaire qui menaçait la stabilité du régime. Cette affiche de 1892 est donc un acte de propagande politique,
destiné à réaffirmer la légitimité et les bienfaits de la République auprès d’une population encore divisée.
II. Des symboles forts pour glorifier l’héritage républicain et révolutionnaire
L’affiche utilise une iconographie claire et codifiée pour représenter la République comme une entité bienveillante et
universelle. Au centre, la figure féminine de Marianne, coiffée du bonnet phrygien, incarne la République. Ce bonnet,
hérité de la Révolution française, symbolise la liberté et l’émancipation des peuples. Elle est drapée dans un drapeau
tricolore, né en 1789 et redevenu pavillon national en 1848, véritable emblème de la République depuis 1879. Elle tient
une branche d’olivier, symbole de paix depuis l’Antiquité. À ses pieds, des enfants incarnent l’avenir et l’espoir, et
une corne d’abondance débordant de fruits représente la richesse que le régime promet à ses citoyens. On aperçoit
aussi un paysage rural calme et prospère, des champs cultivés, des animaux, un aqueduc, voire un chemin de fer,
autant d’éléments qui valorisent le progrès, la paix sociale et le lien fort entre la République et le monde rural.
III. Une République protectrice, nourricière et porteuse d’avenir
À travers ces symboles, l’affiche cherche à démontrer que la République apporte à la Nation la paix, la prospérité et la
modernité. Le calme de la scène, les travaux des champs et la présence des enfants montrent une société équilibrée,
nourrie par une République maternelle et attentive. Le régime est associé à la croissance économique (symbolisée par
la corne d’abondance et l’agriculture florissante), au progrès technique (avec les infrastructures) et à la stabilité
sociale. On insiste aussi sur l’union entre la République et la nation : les deux sont présentées comme indissociables.
Mais l’affiche a aussi un objectif plus profond : légitimer la Troisième République en la présentant comme la digne
héritière de la Première République née en 1792. En occultant les régimes intermédiaires (Empires, Monarchies, IIe
République), elle affirme une continuité historique entre les idéaux révolutionnaires de 1789 et la République
contemporaine.
Conclusion :
Cette affiche de 1892 illustre une vision idéalisée de la République, à la fois héritière de la Révolution française et
régime stable et bénéfique pour le pays. À travers une mise en scène symbolique puissante, elle cherche à rassurer les
citoyens et à légitimer un régime encore contesté, après une période de crise politique. Toutefois, cette vision occulte
les divisions profondes de la société française et les tensions politiques qui entourent encore la République. Elle révèle
avant tout une volonté de propagande, typique de la Troisième République, qui cherche à s’imposer comme le régime
naturel et définitif de la France.
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Sujet : La République, un héritage révolutionnaire ou une garantie de stabilité? Introduction : Le document étudié est une affiche de propagande réalisée en 1892 , à l’occasion du centenaire de la République française (1792-1892). Diffusée par le gouvernement de la Troisième République , elle vise à célébrer les bienfaits du régime républicain, en exaltant ses symboles et ses valeurs. À travers une iconographie riche et rassurante, elle cherche à montrer que la République est à la fois un héritage de la Révolution française et une source de paix et de prospérité pour la France contemporaine. Nous nous demanderons donc : quels symboles et bienfaits de la République cette affiche met-elle en avant, et quel lien cherche-t-elle à établir entre la République de 1792 et celle de 1892? I. Une affiche diffusée dans un contexte politique fragile : réaffirmer la République En 1892, la Troisième République existe depuis plus de vingt ans, mais elle reste marquée par une naissance difficile. Elle a été proclamée en 1870 dans un contexte de guerre et de défaite face à la Prusse, puis consolidée à partir de 1875 par l’ amendement Wallon , qui établit un régime républicain dans un climat conservateur. Les débuts du régime ont été fragiles, notamment sous la présidence du monarchiste Mac Mahon. Cependant, dans les années 1880, les républicains modérés prennent le pouvoir, posant les bases d’un régime parlementaire, démocratique et libéral. Malgré cela, la République a été profondément ébranlée par l’ affaire Boulanger (1885-1890), un mouvement populiste et antiparlementaire qui menaçait la stabilité du régime. Cette affiche de 1892 est donc un acte de propagande politique , destiné à réaffirmer la légitimité et les bienfaits de la République auprès d’une population encore divisée. II. Des symboles forts pour glorifier l’héritage républicain et révolutionnaire L’affiche utilise une iconographie claire et codifiée pour représenter la République comme une entité bienveillante et universelle. Au centre, la figure féminine de Marianne , coiffée du bonnet phrygien , incarne la République. Ce bonnet, hérité de la Révolution française, symbolise la liberté et l’émancipation des peuples. Elle est drapée dans un drapeau tricolore , né en 1789 et redevenu pavillon national en 1848, véritable emblème de la République depuis 1879. Elle tient une branche d’olivier , symbole de paix depuis l’Antiquité. À ses pieds, des enfants incarnent l’avenir et l’espoir, et une corne d’abondance débordant de fruits représente la richesse que le régime promet à ses citoyens. On aperçoit aussi un paysage rural calme et prospère , des champs cultivés , des animaux , un aqueduc , voire un chemin de fer , autant d’éléments qui valorisent le progrès, la paix sociale et le lien fort entre la République et le monde rural. III. Une République protectrice, nourricière et porteuse d’avenir À travers ces symboles, l’affiche cherche à démontrer que la République apporte à la Nation la paix, la prospérité et la modernité. Le calme de la scène, les travaux des champs et la présence des enfants montrent une société équilibrée, nourrie par une République maternelle et attentive. Le régime est associé à la croissance économique (symbolisée par la corne d’abondance et l’agriculture florissante), au progrès technique (avec les infrastructures) et à la stabilité sociale. On insiste aussi sur l’union entre la République et la nation : les deux sont présentées comme indissociables. Mais l’affiche a aussi un objectif plus profond : légitimer la Troisième République en la présentant comme la digne héritière de la Première République née en 1792. En occultant les régimes intermédiaires (Empires, Monarchies, IIe République), elle affirme une continuité historique entre les idéaux révolutionnaires de 1789 et la République contemporaine. Conclusion : Cette affiche de 1892 illustre une vision idéalisée de la République , à la fois héritière de la Révolution française et régime stable et bénéfique pour le pays. À travers une mise en scène symbolique puissante, elle cherche à rassurer les citoyens et à légitimer un régime encore contesté , après une période de crise politique. Toutefois, cette vision occulte les divisions profondes de la société française et les tensions politiques qui entourent encore la République. Elle révèle avant tout une volonté de propagande, typique de la Troisième République, qui cherche à s’imposer comme le régime naturel et définitif de la France.

Comment l’école fait-elle aimer la République?

Introduction : Sous la IIIe République, l’école devient un outil majeur pour diffuser les valeurs républicaines auprès des jeunes. En rendant l’enseignement primaire obligatoire, gratuit et laïque grâce aux lois Ferry de 1881-1882, les républicains veulent former des citoyens fidèles à la République. L’image représentant un défilé de bataillons scolaires le 14 juillet 1883 , jour de la fête nationale, illustre le rôle de l’école dans cette mission d’éducation civique et patriotique. Problématique : En quoi cette image montre-t-elle que l’école contribue à faire aimer la République aux élèves sous la IIIe République? D’abord, le cadre de la scène valorise les symboles républicains. La scène se déroule dans un espace public, devant une statue représentant la République , décorée de drapeaux tricolores, de cocardes et de guirlandes. Ce décor festif souligne l’importance accordée à la République comme modèle à honorer. La foule venue assister à l’inauguration participe à une véritable mise en scène de l’unité nationale autour de valeurs communes. Cela montre que l'école n'est pas isolée : elle s’inscrit dans un projet global de société. Ensuite, les enfants sont représentés comme des petits soldats républicains. Au centre de l’image, un groupe d’écoliers en uniforme marche en rang serré, certains portant des tambours, d'autres le drapeau tricolore. Leur attitude disciplinée rappelle un défilé militaire. Cette représentation traduit bien l'idée que « des bataillons scolaires sont organisés dans les écoles publiques » dès 1882. Même si l’uniforme n’est pas obligatoire, les élèves sont fortement encouragés à le porter pour participer à ces cérémonies patriotiques. Cela prépare les enfants à devenir de futurs citoyens-soldats, dévoués à la défense de la République. Enfin, l’école transmet un sentiment d’appartenance nationale. L’enseignement de l’histoire, de la langue française et de l’instruction civique, évoqué dans le texte, contribue à renforcer l’identité républicaine. Les enfants doivent apprendre à aimer la patrie, et ce sentiment est nourri par des références constantes à des territoires perdus comme « l’Alsace et la Lorraine », occupés par l’Allemagne depuis 1871. L’image exprime aussi ce patriotisme : les jeunes garçons sont mis en avant comme héritiers de cette mémoire collective, prêts à se mobiliser pour la République. Conclusion : Cette image montre clairement que l’école sous la IIIe République joue un rôle fondamental dans la formation de futurs citoyens républicains. Par l’apprentissage des symboles, la participation à des rituels patriotiques et l’enseignement des valeurs nationales, elle contribue à faire aimer la République aux enfants. Ouverture : Ce rôle de l’école dans la formation des esprits reste d’actualité aujourd’hui, même si les méthodes ont changé : peut-on encore considérer l’école comme un pilier de la cohésion républicaine dans une société plus diverse et plus critique?

Comment l’armée contribue-t-elle à faire aimer la République sous la Troisième République? Après la défaite de 1871 face à la Prusse, la Troisième République cherche à reconstruire une armée forte et fidèle à ses valeurs. Dans ce contexte, l’armée devient un outil de diffusion des principes républicains. Le texte de Jean Jaurès, homme politique socialiste, extrait de La Dépêche de 1887, éclaire la manière dont le service militaire obligatoire participe à cette mission d’éducation civique et politique. Comment l’armée devient-elle un vecteur d’attachement à la République au sein de la population française? Pour répondre à cette question, nous verrons comment l’armée joue un rôle d’unification sociale, puis comment elle favorise l’adhésion aux valeurs républicaines. Tout d’abord, l’armée est présentée comme un espace de brassage social qui unit les Français au- delà de leurs origines. Jaurès insiste sur le fait que le service militaire est une "grande école démocratique et républicaine", où se côtoient "hommes du peuple, ouvriers ou paysans", et même ceux qui sont conservateurs. Ce mélange favorise, selon lui, l’ouverture d’esprit : "le cercle étroit qui les enserrait se brise, ils sont entrés dans la grande famille française". L’armée devient alors un lieu de confrontation, mais aussi de dépassement des influences sociales et religieuses héritées, permettant de forger une conscience nationale partagée. Ensuite, Jaurès souligne que l’armée transmet des valeurs républicaines fortes, comme l’égalité, le mérite et la fraternité. Il note que le soldat est "soumis non à la hiérarchie de la fortune, mais à la hiérarchie du mérite", valorisant ainsi un principe fondamental de la République. De plus, il affirme que "la foi exubérante et passionnée se répand et se communique", suggérant que les convictions républicaines sont contagieuses dans ce cadre collectif. La métaphore finale est particulièrement évocatrice : "l’idée républicaine passe d’homme en homme à travers l’armée, comme un courant électrique qui suit les anneaux d’une chaîne". Cela montre combien l’armée est perçue comme un relais puissant et vivant de l’idéologie républicaine. En conclusion, l’armée de la Troisième République n’est pas seulement une institution militaire, mais aussi un outil de formation civique, qui contribue à souder la nation autour des valeurs républicaines. En instaurant un service militaire universel en 1889, la République cherche à faire de chaque citoyen un défenseur conscient de ses principes. On peut alors s’interroger sur la manière dont d’autres institutions (comme l’école ou les médias) ont aussi joué un rôle dans cette mission républicaine d’éducation et d’unification nationale.

Introduction : À la fin du XIXᵉ siècle, la France est encore majoritairement rurale, avec plus de 60 % de sa population vivant à la campagne. Dans ce contexte, la Troisième République, installée depuis 1870, cherche à s’ancrer durablement dans la société française. Elle valorise alors le monde paysan comme un pilier de stabilité et de tradition. L’œuvre de Léon-Augustin Lhermitte, La Paye des moissonneurs , peinte en 1882, illustre parfaitement cette vision idéalisée. Problématique : Comment la Troisième République utilise-t-elle l’image des paysans pour construire une vision rassurante et stable de la nation?

1. Une scène quotidienne empreinte de réalisme Le tableau représente une scène de la vie rurale : des moissonneurs reçoivent leur salaire après la récolte. Les vêtements simples, les outils agricoles (comme la faux), et les attitudes naturelles des personnages témoignent d’un grand souci de réalisme. Cette scène met en valeur la dureté du travail agricole, mais sans misérabilisme. Cela reflète la volonté de montrer les paysans dans leur quotidien, comme des figures laborieuses et honnêtes. 2. Le monde paysan comme symbole de stabilité sociale Les personnages sont calmes, posés, et la scène se déroule dans une atmosphère paisible. Aucun signe de conflit ou de misère n’apparaît. Au contraire, l’image dépeint une société organisée où chacun a sa place : les ouvriers agricoles reçoivent leur dû, ce qui suggère une forme de justice sociale. Ce tableau, acheté par l’État dès sa présentation au Salon de 1882, sert donc un discours politique : il rassure les citadins et les élites sur la stabilité du monde rural, vu comme la base de la République. 3. Une œuvre au service de l’idéologie républicaine La Troisième République cherche à s’enraciner dans les campagnes pour consolider son pouvoir. En valorisant les paysans, elle s’appuie sur des images positives : le travail, la tradition, la famille. Lhermitte, en représentant une scène locale de sa région natale (près de Château-Thierry), participe à cette construction idéologique. Il célèbre la France rurale comme un modèle moral et civique, en phase avec les valeurs républicaines. Conclusion : À travers le tableau La Paye des moissonneurs , Léon-Augustin Lhermitte offre une image rassurante, réaliste et valorisante du monde paysan. Cette représentation, soutenue par l’État républicain, participe à construire un imaginaire national fondé sur le travail, la stabilité et la ruralité. Ouverture : Ce regard idéalisé sur la paysannerie se retrouve aussi dans d'autres supports de propagande républicaine de l'époque, comme les manuels scolaires de la IIIᵉ République, qui diffusent les mêmes valeurs à destination des enfants des campagnes.