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ARTURO USLAR PIETRI. L'ÉVOLUTION DE. LA LITTÉRATURE. Andrès Bello, première grande figure de la littérature vénézuélienne,.
Typologie: Examens
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epuis que le monde connaît de profondes transformations on dit que si Ruben Dario est la parole, César Augusto Sandino est l'action. Ce n'est pas un simple guérillero, mais le héros du Nicaragua et de l'Amérique latine. Le Nicaragua appartient à l'ensemble occidental, et i l espère y trouver la vraie solidarité internationale parmi les pays qui ont com- pris la nécessité d'éliminer l'antagonisme irréductible entre pays riches et pays pauvres. L'Europe notamment pourrait avoir une grande in- fluence sur l'évolution, non seulement du Nicaragua, mais de toute l'Amérique latine. A l'intérieur également, le climat se crée pour faire sortir le pays du sous-développement. L'Eglise, dont l'influence est grande, a pris des dispositions dans ce sens, attendues depuis longtemps. Elle cons- titue ainsi une nouvelle force qui peut devenir régulatrice pour l'avenir. A R M A N D O H E R N A N D E Z
ARTURO USLAR PIETRI
ndrès Bello, première grande figure de la littérature vénézuélienne, se distingua dans les heures confuses et troublées mais cependant glorieuses qui marquèrent l'Indépendance. Pour la nouvelle nation, i l était alors nécessaire de s'affirmer en tant que telle et de remplacer les anciens rapports de dépendance par de nouvelles relations à définir avec plus de clarté.
Bello comprit que le destin historique d'un peuple devait s'expri- mer à travers une littérature nationale. Cet écrivain vécut lui-même les moments les plus dramatiques de cette période de transition carac- térisée par la violence. Il connut la Caracas de la Capitainerie générale, ville promise à l'avenir prestigieux de capitale de la République nais- sante. Il connut aussi le Londres néo-classique qui allait voir s'épa- nouir la révolte romantique dans tout son éclat. Il semblait donc tout naturel que la poésie fût pour lui une création née à l'étranger, em- preinte de la rigueur des modèles et des écoles littéraires étrangères et qu'il avait mission d'adapter au contexte américain. C'est cette position qu'il exprime dans la célèbre Allocution à la Poésie de 1823, dans laquelle il invite la divinité olympienne à abandon- ner « le culte Europe, qui déplaît à sa simplicité naturelle », pour aller à la rencontre du Nouveau Monde découvrir des peuples et des horizons nouveaux. Cette poésie allait traverser les mers pour venir chanter les mer- veilles de l'Amérique. Bello fut le créateur de ce nouveau genre dont il donna un exemple remarquable dans Odes à l'agriculture de la zone torride, œuvre datant de la même époque. A la manière d'un Virgile, il décrit la terre vénézuélienne dont les paysages étaient alors incon- nus des modèles européens. La voie descriptive, inspirée des paysages naturels et humains du Venezuela qu'ouvrit Bello fut celle qui devait prédominer dans la littérature nationale au cours du xtxe siècle. Toute la littérature his- pano-américaine de cette époque a été caractérisée par ce trait ori- ginal. Bello a joué un rôle déterminant dans le vaste processus de décou- verte du Nouveau Monde à travers les Arts et les Lettres. La poésie descriptive de Bello évoluera à la fin du siècle avec des auteurs tels que Juan Antonio Perez Bonalde et Francisco Lazo Marti à qui l'on doit de grands poèmes à la gloire du paysage et qui reflètent la nos- talgie profonde de la terre. Les costumbristas, peintres de la vie quotidienne enrichiront cette recherche de courts tableaux satiriques teintés d'un réalisme pitto- resque qui marquera pendant de longues années le roman et la nouvelle sous le nom de criollismo. Du criollismo surgira une tendance qui dépassera de loin le simple pittoresque. Il en naîtra un genre, un être, fruit d'une situation et de circonstances particulières. Au-delà des idiotismes de langue, de l'étrangeté des coutumes et usages locaux, i l décrit une double réalité à la fois existentielle et essentielle, être et devenir. Cette caracté- ristique transparaît dans les romans et nouvelles de Urbaneja Achel- pohl et de Rufino Blanco Fombona et, plus encore, dans les œuvres de l'écrivain réaliste le plus personnel et le plus puissant de l'époque : José Rafael Pocaterra. Peu à peu, le dessein initial de Bello, qui avait choisi d'adapter la littérature étrangère aux conditions locales, allait entrer en conflit avec les ambitions profondément nationalistes issues du criollismo. Ce conflit de loyalistes dégénéra en véritable crise à l'époque du modernisme. C'est dans ídolos Rotos (Idoles déchues), roman aujour- d'hui oublié, à la fois précieux, artificiel et contradictoire de Manuel Diaz Rodríguez qu'on trouve l'expression la plus juste de ce conflit. Déchiré entre la logique européenne symbolisée par la France et la réalité hétérogène de l'Amérique, le héros de Diaz Rodríguez se débat