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Amphore du Dipylon avec scène funéraire (N° d'inv. 2680). H. 0 m 46. Fig. 2—3. Zones ornées de losanges, de feuilles lancéolées, et de.

Typologie: Notes

2021/2022

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Christophe
Christophe 🇫🇷

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Ne manques pas les parties importantes!

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Det Kgl. Danske Videnskabernes Selskab.
Historisk-filologiske Meddelelser V, 2.
VASES GRECS
RÉCEMMENT ACQUIS PAR LA
GLYPTOTHÈQUE DE NY-CARLSBERG
PAR
FREDERIK POULSEN
AVEC 11 PLANCHES
K0BENHAVN
HOVEDKOMMISSIONIER: ANDR. FRED. H0ST & S0N. KGL. HOF-BOGHANDEL
BIANCO LUNOS BOGTRYKKERI
1922
Bibliothèque Maison de l'Orient
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Det Kgl. Danske Videnskabernes Selskab.

Historisk-filologiske Meddelelser V , 2.

VASES GRECS

RÉCEMMENT ACQUIS PAR LA

GLYPTOTHÈQUE DE NY-CARLSBERG

PAR

FREDERIK P O U L S E N

AVEC 11 PLANCHES

K 0 B E N H A V N

H O V E D K O M M I S S I O N I E R : A N D R. F R E D. H 0 S T & S 0 N. KGL. H O F - B O G H A N D E L B I A N C O L U N O S B O G T R Y K K E R I 1922

Bibliothèque Maison de l'Orient

·• · , V - • ; ν Det Kgl. Danske Videnskabernes Selskabs videnskabelige Med- delelser udkommer fra 1917 indtil videre i felgende Raekker:

Historisk-filologiske Meddelelser, Filosofiske Meddelelser, Mathematisk-fysiske Meddelelser, Biologiske Meddelelser. Prisen for de enkelte Hefter er 50 0 r e pr. Ark med et Tillseg af 50 0 r e for hver Tavle eller 75 0 r e for hver Dobbelttavle. Hele Bind sselges dog 25 pCt. billigere. Selskabets Hovedkommissionaer er Andr. Fred. Host & Son, Kgl. Hof-Boghandel, Kebenhavn.

**

L

a fondation Ny-Carlsberg a acquis en 1920 quelques vases

I grecs p o u r la Glyptothèque de Ny-Carlsberg. Cette b r a n c h e i m p o r t a n t e de l'art grec est ainsi représentée à son tour — et p o u r la première fois — dans notre collec- tion d'antiques. Les pages qui suivent contiennent la description des pièces les plus importantes.

I. Vases de style géométrique.

  1. Grande Œ n o c h o é du Dipylon (N° d'inventaire 2674). H a u t e u r 0 m 44. Fig. 1. Lourde œ n o c h o é à la panse rebondie, pourvue sur le devant de deux petits m a m e l o n s saillants. Le décor est celui qui caractérise le style géométrique sévère 1 : lignes brisées, losanges, triangles, croix, méandres, oiseaux. L'exécution n'est pas particulièrement soignée.
  2. A m p h o r e d u Dipylon avec scène funéraire (N° d'inv. 2680). H. 0 m 46. Fig. 2—3. Zones ornées de losanges, de feuilles lancéolées, et de m é a n d r e s ; sur l'épaule, de chaque côté du vase, deux chiens passants. Zone principale: le mort, qui paraît être nu, est couché sur u n lit de parade, sous lequel on a dessiné deux rangs d'oiseaux. Autour du cadavre, un pointillage figure (^1) **FR. POULSEN, Dipylongrâber und Dipylonvasen, p. 107. 1 ***

Vases Grecs. 5

siste en trois oiseaux noir et rouge; deux d'entre eux — ceux que représente notre figure — sont disposés symétri- q u e m e n t c o m m e u n motif héraldique. Les vases n o s^3 et 4 appartiennent à la catégorie des vases dits de Kittion, d'après le lieu où le plus grand nom- bre d'entre eux f u r e n t découverts; on en a trouvé également à A m a t h o n t e 1.

III. Vases attiques à figures noires.

  1. A m p h o r e à tableaux (N° d'inv. 2652). H. 0 m 42. Fig. 6—7. Frise de lotus au dessus des tableaux; autour du pied, un rang d'arêtes lancéolées. Sur la face (fig. 6), combat d'Achille et de Memnon sur le corps d'Antilochos, en présence des mères des héros, Thétis et Eos. Ce sujet, vulgarisé par la poésie 2 , figurait en particulier sur le coffre de Cypselos 3 , et était en grande faveur p a r m i les peintres de figures noires. Le plus souvent, c o m m e ici, le c o m b a t est représenté encore incertain; mais parfois aussi l'un des adversaires s'enfuit, ou s'affaisse sur un g e n o u 4. Les deux héros sont armés du bouclier béotien, au bord peint en rouge, c o m m e il arrive habituellement dans cette r e p r é s e n t a t i o n 5 ; ils portent la cuirasse, un court chiton (^1) Voy. Walters, Cat. of pottery of British Muséum, I, 2, p. 157 et suiv., et pl. IV Β 819. Pour le développement de la représentation des oiseaux, voy. Pottier, Vases du Louvre, I, pl. 8, A 114, 117, 151; Perrot- Chipiez, III, p. 700 et suiv. (^2) Pindare, Pyth. VI, 28. (^8) Pausanias, V. 19. 1. (^4) G. E. Lung, Memnon, Dissertation Bonn, 1912, p. 33 et suiv.; Œsterr. Jahresh. XII, 1909, p. 79, fig. 49; Gerhard, Auserl. Vbd., III, pl. 205. 6 Lippold, Archaeol. Studien dem Andenken Furtwaenglers gewidmet p. 342.

6 N r. 2. F R E D E R I K P O U L S E N :

avec une ceinture rouge, des cnémides bordées de rouge, un glaive, qui est*suspendu à un baudrier blanc, et un casque à visière. L'un des héros a p o u r épisème un serpent. — Antilochos, tombé par terre, est nu, et sa barbe est peinte en rouge. — Les femmes, coiffées d ' u n b a n d e a u rouge, sont vêtues du peplos; celle qui se tient à droite a la poi- trine ornée d ' u n pointillé rouge, tandis que la partie inféri- eure de son vêtement porte des rosaces de points b l a n c s ; le costume de l'autre est orné de larges retouches rouges. Sur le revers (fig. 7), u n h o m m e nu, coiffé du pétase, la barbe peinte en rouge, m o n t e sur u n char attelé de quatre chevaux, à la crinière et au h a r n a c h e m e n t rouges; leurs queues sont tantôt rouges, tantôt noires. Derrière l'attelage, on aperçoit une f e m m e en m a n t e a u , coiffée d ' u n bandeau rouge; à côté d'elle se tient un guerrier a r m é du bouclier rond et d'un casque à visière. — E n tête des che- vaux, un vieillard aux longs cheveux est assis sur u n siège sans dossier. — Il n'est pas possible de déterminer à coup sûr l'identité de ces personnages. Ce vase peut remonter a u x environs de 550, époque du premier style d'Amasis et d'Exekias. Le serpent du bouclier a la gueule fermée, et est dépourvu de b a r b e ; les chevaux de l'attelage ont tous la b o u c h e ouverte 1 ; le peplos des femmes n'est pas traité c o m m e une simple surface unie, comme sur l'amphore Burgon et sur le vase François, mais porte des plis incisés, et n'a pas de k o l p o s 2 ; le chiton des guerriers combattants m a r q u e un premier pas vers la re- présentation de plis cannelés, mais chez le guerrier de gauche, ce cannelage est indiqué schématiquement p a r une simple ligne brisée, qui descend obliquement dans une seule (^1) **Brauchitsch, Panathenâische Preisamphoren, p. 118,129.

  • Buschor, Griech. Vasen 2 , p. 133. fig. 95.**

8 N r. 2. F R E D E R I K P O U L S E N :

  1. Amphore (N° d'inv. 2676). H. 0 m 36. Fig. 10—11. Col orné de palmettes ; sur l'épaule, u n rang de godrons ; sous les anses, et à côté d'elles, des palmettes. Autour du pied, un rang d'arêtes lancéolées, un rang de lotus, u n e zone de points en quinconce reliés p a r des lignes. Sur la face (fig. 10), la scène représente sans doute le combat d'Ajax et d'Ulysse; les guerriers, qui combattent à la lance, portent un casque, u n e cuirasse, un chiton, des cnémides, et le bouclier béotien. Le guerrier de droite a pour épisème une rosette et u n serpent. Entre les com- battants, un h o m m e âgé, vêtu d ' u n long chiton, lève les bras au ciel en signe de frayeur. Il pourrait représenter Agamem- non. L'omission des armes qui font l'enjeu d u c o m b a t n'a rien qui puisse surprendre sur u n vase à figures n o i r e s 1 ; mais il est singulier que les guerriers soient revêtus déjà de toutes leurs armes, et brandissent des lances, et non leurs glaives 2. Cela rend quelque peu problématique l'identi- fication de la scène. Au revers (fig. 11), un quadrige vu de face en raccourci. Sur le char, on distingue deux silhouettes, l'une avec u n casque à haut cimier et une lance, l'autre avec la m a s s u e et la peau de lion: ce sont Athéna et Héraclès. Le style est archaïque, c o m m e celui d u vase n° 5. Les chevaux ont tous la bouche ouverte.
  2. Amphore (N° d'inv. 2654). H. 0 m 40. Fig. 12—13. Décor du col, des épaules, des anses, c o m m e sur le vase précédent. Autour du pied, u n rang d'arètes lancéolées, une zone de méandres, un rang de lotus. (^1) Robert, Bild und Lied, p. 213 et suiv. (^2) A. Schneider, Der troische Sagenkreis, Leipzig 1886, p. 158 et suiv.; voy. Pottier, Vases du Louvre, III, 806, F 340.

Vases Grecs. 9

La face (fig. 12) représente l'apothéose d'Héraclès. Le héros m o n t e sur u n char. Devant lui se tiennent Athéna, Arès, et Hermès ; à la tête des chevaux, une femme, peut- être A r t é m i s 1 ; celle-ci porte le peplos et l'himation, Athéna le peplos. Les chevaux ont déjà la bouche fermée; les plis des m a n t e a u x sont indiqués par des lignes brisées. Le revers (fig. 13) est orné de deux cavaliers cuirassés et casqués, c o m b a t t a n t à la lance au dessus d'un troisième cavalier t o m b é p a r terre; celui-ci porte un casque, une cui- rasse, u n chiton, des cnémides, et un bouclier représenté de profil, en raccourci; il a laissé échapper sa lance. L a couverte b l a n c h e qui décorait les figures de femmes et de chevaux s'est écaillée en partie, mais on aperçoit encore que les deux chevaux du second plan de l'attelage étaient blancs. La date de fabrication est approximativement 550—540.

  1. A m p h o r e (N° d'inv. 2655). H. 0 m 40. Fig. 14—15.

Même décoration accessoire que sur le vase précédent, sauf que la zone de méandres est au dessus de la zone de lotus. Sur la face (fig. 14), combat d'Héraclès avec le lion de Némée. Le héros est n u ; derrière lui, on distingue la pointe du fourreau de son glaive. Les adversaires combattent à plat sur le sol 2 , le lion posant une patte de derrière sur la tête du héros. Au dessus des combattants sont suspendus le m a n t e a u d'Héraclès et son carquois, dont on voit pendre les bandes. — A gauche Hermès, à droite Iolaos, tous deux en chiton et en m a n t e a u , le dernier avec une torque dans les (^1) Voy. Cat. of Vases of Brit. Mus., II, 23 et suiv., Β 317, 230, 200; Roscher, 2 Lexicon, s. v. Herakles, p. 2218. Voy. Cat. of vases of Brit. Mus., II, p. 14 et suiv.; Roscher, Lexicon, s. v. Herakles, p. 2197; Reisch, Athen. Mitt., XII, 1887, p. 121.

Vases Grecs. 11

le m o u v e m e n t de la course. La reine des Amazones est re- présentée c o m m e affaissée sur les genoux — ici encore, une schématisation de la course — et porte u n casque à haut cimier, u n chiton, u n e cuirasse, un glaive au côté, et à la m a i n la lance et le bouclier rond, dont l'épisème représente u n trépied. A droite, une amazone s'empresse au secours de la reine en b r a n d i s s a n t sa lance; à gauche, une amazone armée de m ê m e s'enfuit. Ce sujet est f r é q u e m m e n t représenté sur la céramique à figures noires, et, q u a n d il est accompagné d'une inscrip- tion, elle n o m m e la reine A n d r o m a q u e et l'amazone Alkaia qui vient à son secours, tandis que celle qui fuit n'est ja- mais n o m m é e 1. La brutalité avec laquelle Héraclès terrasse son ennemie forme u n contraste caractéristique avec l'attitude attribuée a u x héros à u n e époque postérieure, à Thésée triomphant d'Antiope p a r l ' a m o u r , à Achille, qui au moment où il tue Penthésilée, est saisi lui aussi par l'amour, à l'aspect de sa beauté m o u r a n t e 2. Les vêtements portent encore des retouches rouges; mais les plis, cannelés puis écrasés à plat, sont caractéristiques d u déclin de la c é r a m i q u e à figures noires, et des débuts de la figure rouge; on les retrouve dans la sculpture, par exemple sur la frise du trésor des Siphniens, à Delphes 3. Notre vase remonte dont approximativement à 530 av. J.-C.

(^1) L'ensemble du sujet est traité par A. D. Corey, De Amazonum antiquissimis figuris, Berliner Dissertation 1891, p. 16 et suiv. ; cf. Wal- ters, Catal. of vases of Brit. Mus. II, Β 154, 315; Monumenti XII, pl. IX ( = Reinach, Bépert. des vases, I 230). (^2) Gerhard, Auserl. Vbd., pl. 165; Furtwaengler-Reichhold, pl. 6. (^3) Langlotz, op. cit., pl. I; cf. Hauser, Œsterr. Jahresh. X. 1907, pl. III—IV; Fr. Poulsen, Delphi (éd. angl.), p. 116 et suiv., fig. 40—42; p. 135 et suiv., fig. 54—57.

12 N r. 2. F R E D E R I K P O U L S E N :

— Le trépied comme épisème est u n motif favori des peintres de figures noires 1. Le revers (fig. 17) représente Héraclès en »sacra con- versazione« avec Athéna; derrière le héros, Iolaos. Héraclès porte au côté le glaive, et le carquois a u x bandes t o m b a n - tes; Iolaos est armé lui aussi du glaive, et porte dans sa m a i n droite la massue 2. Les deux h é r o s ont la barbe peinte en rouge. Le vêtement d'Athéna est a r c h a ï q u e ; il porte des in- cisions et des retouches rouges, sans indications de plis. Son bouclier a p o u r épisème u n e ancre, détail très r a r e 3. Cette scène est assez f r é q u e m m e n t figurée; il arrive aussi qu'Athéna y offre au héros u n breuvage désaltérant 4.

  1. Cylix à yeux (N° d'inv. 2656). H. Om 12. Diam. Om 34, avec les anses, 0 m 42. Fig. 18—20. Autour du pied, un rang d'arêtes. Des deux côtés de chaque anse, guerriers c o m b a t t a n t s ; sous c h a q u e anse, u n e sirène. Le sujet principal consiste en u n char à q u a t r e chevaux conduit p a r u n aurige. A l'intérieur (fig. 20), au milieu du c h a m p noir de la coupe, un silène accroupi qui gesticule vivement de ses grandes mains. La forme de la coupe, avec son bord sans cannelure, ses anses bas-plantées, la f o r m e de son pied, sa paire d'yeux, fait penser à la coupe de P h i n e u s , et à toute u n e série de coupes ioniennes à yeux 5. L'œil prophylactique, comme motif de décoration sur les coupes, est venu d ' E g y p t e (^1) Walters, op. cit., Β 224, 315; de Ridder, Catal. des vases de la Bi- bliothèque Nationale, I, p. 151, fig. 20. (^2) Walters, op. cit., Β 161 (p. 15, fig. 24). (^1) S. Reinach, Rép. des vases, I 69, 2 a. (^4) id., II 298, 1. (^5) Furtwaengler-Reichhold, I, p. 2 0 9 ; Boehlau, Athen. Mitt., XXV 1900, p. 54 et suiv., en particulier fig. 17—18.

14 N r. 2. F R E D E R I K P O U L S E N :

couverte blanche s'est presqu' entièrement écaillée. L'aurige a une barbe peinte en rouge, et s u r le front une p a r u r e rouge; le bouclier béotien est s u s p e n d u à son dos p o u r le protéger dans la fuite, détail qui est constant d a n s la représentation des héros mythologiques 1. Nous n ' a v o n s donc pas ici un aurige vulgaire, m a i s bien u n héros de la légende.

  1. Skyphos (N° d'inv. 2657). H. 0 m 16; d i a m. 0 m 2 3 ; avec les anses O m 295. Fig. 21. Pour la forme et la décoration, voy. la figure. Le dessin est le m ê m e sur l ' u n e et l'autre face. Un guerrier nu et barbu met ses cnémides; devant lui, u n e femme tenant son bouclier; derrière elle, un guerrier casqué, avec chiton et bouclier, détourne la tête. A gauche du per- sonnage principal, on voit deux f e m m e s , vêtues de l ' h i m a - tion, qui relèvent un coin de leur vêtement p o u r essuyer leurs larmes, et un guerrier complètement a r m é. C'est donc une scène d'adieux, m a i s on ne saurait pré- ciser davantage. Les guerriers vont partir, et les f e m m e s pleurent 2. Le dessin maladroit et sommaire, c o m m e la cuisson défectueuse et irrégulière, sont des traits caractéristiques de la décadence de la peinture en figures noires. Les taches rouges sont dues à l'influence oxydante d ' u n courant d'air froid 3. — J'ai r e m a r q u é à Bruxelles (A 71) u n exem- plaire de technique semblable, et d o n t le dessin n'est p a s meilleur. (^1) Lippold, Miinchener arch. Studien, p. 424 et suiv.; Walters, op. cit., II Β 400 ( = Bôm. Mitt. 1889. pl. VII, coupe de Glaukytès), III Ε 154, qui est 2 à figures rouges.

8 L'équipement^ d'Achille^ est^ différent:^ Walters, op. cit. II^ Β 224,^ 243. Brauchitsch, Panathenàische Preisamphoren, p. 156.

Vases Grecs. 15

  1. Lécythe (N° d'inv. 2658). H. O m 31. Fig. 22—23. Le col et l'épaule sont décorés de godrons, de palmettes, de points r é u n i s p a r u n e ligne brisée. La scène représente Enée emportant loin de Troie in- cendiée son père Anchise. Il est armé du casque et du bouclier r o n d. C'est sur sa main droite qu'il porte Anchise accroupi, vieillard a u x cheveux et à la barbe blanche. Cet έφεδρισμός est ordinaire dans les représentations de cette scène. A côté d ' É n é e marche son fils Ascagne, vêtu de l'himation, i n d i q u a n t de sa main levée la direction de la fuite. A droite et à gauche, des femmes en marche. L'exécution est m a u v a i s e et hâtive, mais le vase em- prunte u n certain intérêt à son sujet qui est connu p a r d'autres vases à figures noires 1 , et tire son origine d ' u n poème de Stésichore. — Celle des deux femmes qui marche en avant du groupe pourrait, selon des représentations ana- logues, être Aphrodite; m a i s l'autre, qui s'éloigne d'Énée, ne peut en a u c u n e façon être Créuse, car la version rap- portée p a r Virgile, et selon laquelle Créuse reste à Troie, n'est pas ancienne. Sans doute ces deux femmes à l'attitude terrifiée ne servent-elles qu'à représenter l'horreur de la nuit où Troie fut brûlée.
  2. Œ n o c h o é (N° d'inv. 2673). Hauteur j u s q u ' a u sommet de l'anse, 0 m 25. Fig. 24. Sur le col, ligne brisée avec points; sur l'épaule, un rang de godrons; s u r la panse, des deux côté du tableau, une b a n d e verticale avec ligne brisée et points. Le tableau représente Dionysos tenant la vigne et le canthare, entre deux silènes nus. Retouches rouges aux (^1) Gerhard, Auserl. Vbd., pl. 216, 231; Roscher, s. v. Aineias, p. 184 et suiv.

Vases Grecs. 17

A gauche, u n éphèbe couronné, le torse nu, les hanches et les j a m b e s drapées d a n s un himation, est assis sur un siège à dossier incurvé. Il tend les bras vers une hétaïre qui fuit vers la droite, en tournant la tête vers lui, et en agitant des castagnettes. Elle porte un cécrypliale, des boucles d'oreilles en a n n e a u , u n chiton ionien à vaste Kolpos. Le dessin des plis des vêtements, et celui de la mus- culature n o u s m è n e n t aux débuts de la peinture en figures rouges, à l'époque d'Épiktétos et de Cachrylion, parfois m ê m e à celle du peintre d'Andokidès 1. Grâce aux belles recherches de Beazley, nous sommes a u j o u r d ' h u i en mesure de déterminer plus exactement quel est l'auteur de notre alabastre: c'est le »Evergides-painter«, l'auteur d ' u n groupe de vases signés Ενεργίδης έποίησεν, qui paraissent être peints presque tous de la m ê m e m a i n 2. Lors de ses premières recherches, Beazley p u t réunir 50 vases ou fragments dûs à ce maître; depuis lors, il en ajouta d'autres 3. Le peintre d'Évergidès, dont le chef d'œuvre est une coupe trouvée à Capoue, longtemps perdue de vue, mais acquise enfin par le British Muséum 4 , n'a jamais peint que des vases à figures rouges, au contraire des peintres ses contemporains, qui connaissaient les deux techniques. Que ce peintre ait travaillé aussi pour d'autres fabricants, c'est ce que m o n t r e le vase de Chélis, au Louvre, où l'on re- connaît sa m a i n 5. Le peintre d'Évergidès est un des maîtres les plus fé- conds de la période d'Épiktétos. Il sait fort bien dessiner, (^1) Beazley, Attic redfigured vases in America, p. 5, fig. l b i s (^). (^2) Journ. of hell. stud., XXXIII 1913, p. 347—355. (^3) Beazley, op. cit., p. 19; Hoppin, Handbook I, p. 362 et suiv. (^4) Annali 1849, pl. B; Hoppin, op. cit., I. 366; Walters, Journ. of hell. stud., XLI 1921, pl. II, p. 119: cette planche montre à quel point les reproductions 5 données jusque là étaient peu exactes et insuffisantes. Pottier, Vases du Louvre, II, pl. 89—90, G 15. Vidensk. Selsk. Hist.-filol. Medd. V, 2. 2

18 N r. 2. F R E D E R I K P O U L S E N :

comme on le constate sur la coupe de Capoue; ses scènes et ses personnages sont pleins de vie, c o m m e on peut le voir aussi sur notre alabastre; mais il est généralement négligent, et ne s'élève j a m a i s j u s q u ' a u premier r a n g : il n'a ni la délicatesse d ' É p i k t é t o s \ ni la vigueur d'Oltos 2. Un trait particulièrement caractéristique de ses procédés de dessinateur est la façon d o n t il cerne de deux forts traits de séparation l'»auréole« p a r laquelle la chevelure noire est isolée du fond noir. Les têtes sont étroites ; un trait vigoureux souligne les contours du f r o n t et du nez, et même, sur notre alabastre, du menton de l'éphèbe; les c o u r o n n e s — on le voit ici — sont traitées s o m m a i r e m e n t , se présentant c o m m e une suite de taches; en général un trait énergique dessine les contours de l'oreille, m a i s il arrive souvent — c o m m e ici — que les détails du pavillon soient supprimés. Les corps sont sveltes, les bras et les j a m b e s grêles; la clavicule, les os du thorax, les articulations, sont souvent, c o m m e sur notre vase, délibérément ignorés. Le peintre d'Évergidès aime les petits vases; et surtout les alabastres. Un alabastre du Musée National d'Athènes, dont nous sommes à même de d o n n e r ici deux reproductions (fig. 31—32) 3 , représente une f e m m e debout, immobile, en chiton et himation, une fleur à la m a i n , et u n e hétaïre, d a n s l'attitude de la marche, tenant des castagnettes. Cette hétaïre, qui p a r son style est étroitement apparentée à celle de l'alabastre de la Glyptothèque, paraît être u n e des figures de prédilection du maître; on la retrouve au fond de la coupe de Capoue, sur une coupe de Munich 4 , et sur b e a u c o u p d'autres vases. (^1) Voy. Furtwaengler-Reichhold, pl. 73,1 ; Beazley,Vases in America, p.l 5. (^2) Beazley, op. cit., p. 9. (^8) Collignon-Gouve, n° 1205. — C'est à l'obligeance de M. Ch. Picard que je 4 dois ces deux photographies. Journ. of hell. stud., XXXIII. 1913, p. 352, fig. 4.