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2 argumentaires pour l'oral de français en premiere (année 2022), une dissertation sur la comédie et une analyse linéaire sur le poème le soleil tiré du recueil "les fleurs du mal" écrit par Baudelaire
Typologie: Dissertation
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Le rire, dans Gargantua de Rabelais, est-il seulement source de connaissances? Au XVIe siècle, des auteurs comme Rabelais révolutionnent l’écriture en y ajoutant du savoir, afin d’instruire les hommes. Cette volonté d’instruire fait naître, à la même époque, le mouvement littéraire humaniste dont Rabelais et son œuvre Gargantua font partie, alliant savoir et rire pour développer les connaissances. Ce courant de pensées de la Renaissance place l’Homme au centre de ses interrogations, en s’intéressant aux écrits de l’Antiquité. Les humanistes, comme Rabelais, sont des érudits ; ils croient en la capacité des connaissances de l’Homme et se lancent dans une véritable recherche du savoir. Ils placent donc ce savoir au cœur de leur idéal et de leurs pensées. Mais dans Gargantua, le rire est-il seulement source de connaissances? Certes, il utilise le rire pour accéder au savoir, cependant ce rire permet aussi un divertissement pur mais il repose également sur des formes de critiques et dénonciation. Le rire est une source de savoir : il permet l’éducation des lecteurs similairement à celle des personnages de l’œuvre. Tout d’abord le mot « savoir » signifie « posséder des connaissances sur un sujet ». Mais il évoque aussi l’ « ensemble des connaissances d'une personne acquises par l'observation, par l'apprentissage et par l'expérience ». Le « savoir » est donc synonyme d'érudition. Par ailleurs, en plaçant l’Homme au centre du monde, la pensée humaniste pousse le lecteur, par le savoir dispersé dans l’œuvre grâce au comique, à s’instruire et à faire évoluer sa réflexion tout au long de sa lecture. Dans Gargantua, le rire est un outil d'éducation et de transmission. Effectivement, il porte un savoir nécessaire et des valeurs fondamentales. De plus il permet d’entretenir l'imagination et l’inventivité. Mais c'est aussi un rire qui nous invite à faire preuve d'un esprit critique : il rejette les raisonnements et raccourcis absurdes ; et donc, il nous invite à prendre le temps d'expérimenter et de réfléchir par nous-mêmes. Ainsi, dans le prologue de Gargantua, Rabelais, par de nombreuses comparaisons et métaphores comiques, cherche à nous faire évoluer et à nous apprendre à ne pas juger un livre à sa couverture, à dépasser les apparences selon la sagesse populaire « l’habit ne fait pas le moine ». Il cherche l’intérêt de son lecteur par le rire principalement grâce à la comparaison qu’il fait entre des boites appelées Silènes et Socrate dont il fait un portrait grotesque. Cette analogie permet donc à Rabelais d’inciter son lecteur à ne pas juger l’apparence mais considérer l’intérieur : « En ouvrant cette boîte vous auriez découvert à l’intérieur une substance céleste et inappréciable ». Lors de cette préface, la dimension philosophique est donc introduite : elle réveille les consciences et fait passer un message didactique en suscitant le rire. De plus, le philosophe humaniste Montaigne, dans ses Essais, relate cependant au lecteur le fait que le savoir doit être un plaisir, ce qui rejoint l’opinion de Rabelais, qui pense que le savoir doit être proche de l’ivresse. Montaigne cherche à apprendre au lecteur à ne pas s’éduquer tristement et qu’il ne doit pas le voir comme austère ou ennuyeux : « elle ne prêche que la fête et le bon temps » en parlant de la philosophie.
Le rire permet aussi de faire évoluer et d’éduquer les personnages. La gaieté d’apprendre donne accès à un univers particulièrement riche soit un environnement favorable pour l’apprentissage. En effet pour les protagonistes, l’allégresse mobilise la réflexion et parfois même la capacité d'autodérision. On peut alors dire que les différentes étapes dans la vie de Gargantua, accompagnées d’une dimension comique, permettent de montrer une évolution positive du héros qui passe de l’état quasi animal de l’enfance à celui d’un être humain accompli sur les plans physique, moral et spirituel. Prenons comme exemple l’éducation de Gargantua faite au chapitre 23 par un précepteur humaniste : Pornocrates. Tout d’abord la dimension comique est amenée par l’opposition entre l’éducation sophiste et l’éducation humaniste qui sont très contrastées. En effet, toutes les deux se basant sur des méthodes bien différentes, ne permettent pas d’instruire Gargantua de la même façon. Seule l’éducation humaniste lui amènera savoir et évolution : « la compagnie de ces gens de science donna à Gargantua envie d’étudier autrement et de se mettre en valeur ». De plus, les Lettres Persanes, roman épistolaire écrit par Montesquieu, met en avant l’apprentissage de deux voyageurs persans qui prennent plaisir à visiter la France et sa capitale et s’éduquent par une tout autre culture. Ce voyage leur permet une certaine ouverture d’esprit en plus du regard neuf qu’ils portent. C’est donc assez comique de découvrir une France observée par « étrangers ». Bien que le rire soit une source de connaissances, le rire peut aussi être seulement source de divertissement pur. Pour commencer, dès le début de son roman, Rabelais invite les lecteurs au rire : ce qui laisse supposer que l’humour, l’esprit comique, et le rire sous toutes ses formes, seront au cœur de ce roman. Le mot « rire » évoque un sentiment de gaieté, d’une joie provoquée par un élément comique. Ainsi le rire peut divertir par la présence du merveilleux mais aussi grâce à l’exagération. L’humour sert à amener une dimension merveilleuse voire fantaisie. En effet, le rire gargantuesque va plus loin que le simple apprentissage car il nous libère, il nous invite à sortir des sentiers battus, il nous invite à utiliser notre intelligence, notre imagination et notre créativité. Celui-ci nous pousse dans notre imagination et nous laisse inventer par nous-mêmes. Par exemple, l’énumération des jeux de Gargantua nous invite à imaginer des règles, à imaginer des situations cocasses, à inventer nos propres jeux. Le plaisir se trouve aussi là, dans la fantaisie : « Le tapis vert étendu, on étalait force cartes, dés, tablettes et alors il jouait : au flux, à la prime, à la vole, à la pille, [...] à la chevêche, à je te pince sans rire, à picoter, à déferrer l'âne, à laïau-tru, à bourri, bourri, zou, .. ». Par ailleurs, les Fables de la Fontaine qui représentent un univers merveilleux divertissent aussi le lecteur bien que cela soit d’une autre façon. Effectivement, les fables mettent en scène des animaux, une manière plutôt simple et légère de raconter une histoire. Elles dégagent une certaine gaieté ce qui constitue un divertissement pur pour lecteur. Cependant le rire qui provoque ce divertissement est aussi amené par une exagération. Cette amplification décuple tout ce comique jusqu’à la démesure qui nous emmène dans un monde et univers totalement différent du nôtre. Le comique de situation et de mots dans Gargantua, possèdent un grand rôle dans cette exagération. Comme dans le chapitre 37, lorsqu’en se peignant les cheveux, il faisait tomber des boules de canon qu’il confondait avec des poux. Le
Pour conclure, le rire est bien source de connaissances car il permet d’instruire le lecteur tout en faisant évoluer les personnages. Cependant, il possède aussi d’autres fonctions. Le rire est source de divertissement pur du fait de la dimension merveilleuse qu’il peut y avoir ou alors grâce à l’exagération. Enfin, il est à l’origine d’une critique, satire du savoir mais il est aussi source d’une critique moralisatrice. Cependant, nous pouvons nous demander s’il ne possède-t-il pas de limites? Pouvons-nous rire de tout?