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SEQUENCE LYCEE PREMIERE, Dissertation de Français

Séquence de lycée Lettres d'une péruvienne

Typologie: Dissertation

2025/2026

Téléchargé le 28/01/2026

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Ne manques pas les parties importantes!

bg1
Titre :
Zilia face à lEurope : du regard
curieux à la critique
Date de
début :
24/11/2025
OE :
La littérature didées du XVIe au
XVIIIe siècle
Date de fin :
30/01/2026
SEQUENCE 3
SEANCE DE LANCEMENT
Activité
1
Observer les mots du parcours associé à loeuvre : un nouvel univers sest offert à mes yeux.
Quels liens pouvez-vous faire entre le nom du parcours et loeuvre intégrale (Lettres dune péruvienne) ?
Formuler des hypothèses de lecture, des problématiques.
2
Lettre 1 : Tu le sais à que tu respires ! + Lettre 41 : Le cruel Aza à la fin.
Chercher les différences entre la première et la dernière lettre (la situation de Zilia, ses émotions, le
destinataire de la lettre et ses liens avec Zilia, le lieu quelle décrit...).
3
Prendre des notes lors de lécoute de laudio (Martine Reid parle de Françoise
de Graffigny, voir le QR CODE ci-joint).
Quels points communs lui trouvez-vous avec Zilia ?
Portrait de Françoise dIssembourg dHapponcourt, dame de Graffigny
Biographie de Mme de Graffigny
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Titre : Zilia face à l’Europe : du regard curieux à la critique^ Date de début : 24/11/

OE : La littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle Date de fin : 30/01/

SEQUENCE 3

SEANCE DE LANCEMENT

Activité

Observer les mots du parcours associé à l’oeuvre : “un nouvel univers s’est offert à mes yeux”.

Quels liens pouvez-vous faire entre le nom du parcours et l’oeuvre intégrale ( Lettres d’une péruvienne )?

Formuler des hypothèses de lecture, des problématiques.

Lettre 1 : “Tu le sais” à “que tu respires !” + Lettre 41 : “Le cruel Aza” à la fin.

Chercher les différences entre la première et la dernière lettre (la situation de Zilia, ses émotions, le

destinataire de la lettre et ses liens avec Zilia, le lieu qu’elle décrit...).

Prendre des notes lors de l’écoute de l’audio (“Martine Reid parle de Françoise

de Graffigny”, voir le QR CODE ci-joint).

Quels points communs lui trouvez-vous avec Zilia?

Portrait de Françoise d’Issembourg d’Happoncourt, dame de Graffigny

Biographie de Mme de Graffigny

Proposition de correction Séance 1

  • Deux situations antithétiques : dans la première page, Zilia est une héroïne passive. Cachée puis découverte, elle est emportée, comme un trophée vivant, au milieu des trésors du Temple, pour être ensuite séquestrée dans un espace obscur. Dans la dernière page, Zilia se décrit dans la sérénité active de sa petite maison, où elle est libre de chacun de ses mouvements.
  • Des émotions contradictoires : la première scène décrit l’intensité de la terreur ressentie lors de l’enlèvement. Elle se clôt sur une image pathétique : l’héroïne en pleurs dans le dénuement de sa prison. Dans la dernière page, Zilia décrit le plaisir qu’elle a à rester seule avec elle-même, et à chercher à se connaître. Le roman se clôt sur un appel aux plaisirs simples qui forgent le bonheur quotidien.
  • Deux destinataires opposés : dans la première page destinée à Aza, celui-ci est l’unique occupation de Zilia, qui lui voue ses pensées et ses gestes, avec le quipo qu’elle lui écrit. C’est aussi à lui qu’elle adresse ses pensées en prison, prête à s’oublier elle-même pour le savoir hors de danger. Dans la dernière page, écrite pour Déterville, cet amour-passion aliénant est fermement dénoncé, au profit d’une relation plus enrichissante pour chacun dans l’amitié. Déterville est un interlocuteur précieux avec qui converser, quand Aza n’était qu’une idole à vénérer.
  • Deux lieux dissemblables : le Temple du Soleil est un lieu de réclusion et d’agression. Zilia n’y change pas fondamentalement de statut : elle passe d’un lieu de claustration choisi (le Temple du Soleil) à un autre (sa prison), d’un possesseur agréé (Aza) à un autre (les conquistadors). Les deux espaces, temple puis prison, sont fermés et obscurs. La petite maison de la dernière lettre est ouverte sur l’extérieur et sur les autres. C’est un espace sécurisé, car ne pourront y entrer que les personnages cooptés (Céline, Déterville). En refusant de se marier avec Déterville, Zilia n’appartient plus qu’à elle-même.

Retour sur la question initiale : non, le roman n’est pas un simple roman sentimental, mais un manifeste féministe audacieux, qui critique fermement l’amour-passion et qui propose un modèle d’émancipation par le voyage. Zilia a profondément changé au travers de son expérience de l’exil, elle s’est émancipée, elle est devenue plus heureuse, indépendante, et active. On pose la problématique de séquence : en quoi le voyage et la découverte d’un « nouvel univers » sont-ils une source d’enrichissement?

3 Comme Zilia, Madame de Graffigny a un rapport difficile au mariage, qui sera une aliénation ; comme Zilia, elle est aussi victime de violences qui mènent à l’exil ; comme Zilia, Madame de Graffigny n’a qu’un statut précaire dans sa société, et luttera contre la pauvreté et le déclassement toute sa vie ; comme Zilia, elle fait le choix de l’amitié plutôt que du remariage ; comme Zilia, elle se forge une indépendance malgré tout, grâce à l’écriture.

Proposition de correction Séance 2

Etape 4

  • L’ingénu, un personnage de « bon sauvage » : il vit dans un espace présenté comme dénué de civilisation et d’Histoire, il vit au jour le jour dans la nature, en suivant ses émotions. Cela le rend sociable et curieux : le voyage est un moyen d’apprendre. Son regard sur le monde sera ouvert et naïf, mais il risque d’être déçu, ou manipulé.
  • Rica, un voyageur instruit : il vit dans un espace très cultivé, proche de la culture occidentale, mais dangereux, et le voyage est un moyen de fuir une situation périlleuse. Méfiant, il portera un regard critique sur les nouveautés découvertes dans le voyage, et sera exigeant dans ses relations sociales. • Zilia, une « fausse » ingénue : elle vient d’un espace civilisé et très moral, elle a des valeurs et des attentes très hautes, elle a aussi de l’instruction. Mais l’exil la place artificiellement dans une posture d’ignorante, son monde étant totalement différent de celui qu’elle découvre. Elle sera donc sociable mais intraitable sur la moralité, ouverte mais critique, car capable d’analyser ce qu’elle découvre. Retour sur la question initiale : Zilia a donc un excellent point de vue de voyageuse : elle est instruite et intelligente, mais sans préjugés sur le monde qu’elle va découvrir. Honnête, rigoureuse et morale, elle a un regard savant, distancié, presque un regard d’ethnologue. Ce regard expert justifie aussi le choix du roman épistolaire monodique : le roman peut se lire davantage comme un carnet de voyage qu’une réelle correspondance suivie.

Reconstituer un salon

des Lumières

Anicet Charles Gabriel Lemonnier, Lecture de la tragédie L’Orphelin de la Chine de Voltaire dans le salon de Madame Geoffrin , 1812, château de Malmaison.

Jean-Marc Nattier, Portrait de Madame Geoffrin , 1738, Tokyo Fuji Art Museum.

Jeu de rôle 3 h En groupe

Diderot, écrivain et philosophe français, reçoit chez lui des intellectuels, 1888, gravure.

e

Vous avez été invité(e) au célèbre salon de Madame Geoffrin. Chaque élève incarnera un personnage pour reconstituer ce moment de sociabilité mondaine et de diffusion des savoirs.

Chaque groupe est composé de 7 élèves. Répartissez-vous les rôles.

Personnage Rôle

Madame Geoffrin Accueille les invité(e)s, fait le lien entre les interventions et pose des questions.

A été envoyée par le roi. Elle doit noter les idées qui s’opposeraient à l’Église ou à la royauté. Est invitée par Madame Geoffrin pour présenter sa traduction et ses travaux sur l’œuvre de Newton. Est invité par Madame Geoffrin pour présenter son ouvrage Système de la nature et ses idées sur la religion.

L’espionne du roi

Madame du Châtelet

Baron d’Holbach

Diderot Est invité par Madame Geoffrin pour présenter l’ Encyclopédie.

Montesquieu Le journaliste de la revue Le Mercure de France

Est invité par Madame Geoffrin pour présenter son livre De l’esprit des lois et ses idées sur la séparation des pouvoirs. Prend en note le débat pour en faire un article dans Le Mercure de France.

  • Préparez une petite présentation à la première personne : qui êtes-vous?
  • Quels sont vos centres d’intérêt? Qu’est-ce qui vous intrigue ou vous révolte dans la société du XVIIIe siècle?
  • Expliquez votre idée en étant le (ou la) plus clair(e) possible.
  • Le journaliste : renseignez-vous à l’avance sur les différent(e)s invité(e)s de Madame Geoffrin pour savoir sur quoi va porter le débat. Préparez également une petite présentation de votre journal.
  • L’espionne du roi : renseignez-vous sur les idées des invité(e)s de Madame Geoffrin. Identifiez les invité(e) s qui pourraient poser problème à la monarchie ou à l’Église.

Quelles sont les valeurs des Lumières que l’on retrouve dans un débat au sein d’un salon littéraire? Les cafés sont également des lieux d’échanges et de débat. Faites une recherche sur le café Le Procope et son rôle dans la diffusion des savoirs et des connaissances au XVIIIe siècle.

  • Préparez quelques mots d’accueil pour vos invité(e)s.
  • Choisissez l’ordre des interventions de vos invité(e)s : préparez un petit texte pour leur donner la parole, et faites le lien entre les différentes interventions. En tant qu’hôtesse de ce salon, vous devrez poser des questions et relancer la discussion.

Madame Geoffrin accueille ses invité(e)s. Ils sont interrogés tour à tour pour présenter leurs recherches. À la fin de chaque intervention, des questions sont posées par les invité(e)s et par Madame Geoffrin. À la fin du débat, le journaliste fait un compte-rendu des différentes idées qui ont été échangées. L’espionne du roi, quant à elle, prépare un rapport qu’elle envoie au roi.

Étape

Étape

Introduction Étape

L’analyse

Étape

2

Se répartir les rôles

1

Découvrir un salon au XVIII siècle

3 Préparer son intervention Les invité(e)s

Le journaliste et l’espionne du roi

4 Le débat

Madame Geoffrin

SEANCE 2

1. COMPRÉHENSION

ET

ARGUMENTATION

(6 points)

Excellents (5-6 pts)

  • 2-3 arguments développés et pertinents
  • Analyse claire de l'efficacité du regard étranger
  • Liens logiques entre les idées

Correct (3-4 pts)

  • 1-2 arguments identifiés
  • Analyse superficielle mais cohérente
  • Compréhension de base de la stratégie

Insuffisant (0-2 pts)

  • Pas d'argumentation construite
  • Incompréhension de la question
  • Paraphrase ou hors-sujet

2. CONNAISSANCES

(2 points)

Bien (2 pts)

  • Références précises à Zilia et aux Lettres d'une Péruvienne
  • Contextualisation (XVIIIᵉ siècle, Lumières)

Assez bien (1 pt)

  • Quelques références à l'œuvre
  • Connaissances approximatives

Insuffisant (0 pt)

  • Absence de références ou erreurs

3. EXPRESSION (

points)

Bien (2 pts) • Expression claire et organisée • Vocabulaire littéraire approprié

Assez bien (1 pt)

  • Expression correcte avec quelques maladresses
  • Organisation globalement claire

Insuffisant (0 pt)

  • Expression confuse ou très fautive

Rédaction personnel et argumentée

Question : En quoi l'utilisation d'un personnage étranger (ici, Zilia la Péruvienne) permet-elle une critique

plus efficace de la société française du XVIIIᵉ siècle?

1. COMPRÉHENSION

ET

ARGUMENTATION

(6 points)

Excellents (5-6 pts)

  • 2-3 arguments développés et pertinents
  • Analyse claire de l'efficacité du regard étranger
  • Liens logiques entre les idées

Correct (3-4 pts)

  • 1-2 arguments identifiés
  • Analyse superficielle mais cohérente
  • Compréhension de base de la stratégie

Insuffisant (0-2 pts)

  • Pas d'argumentation construite
  • Incompréhension de la question
  • Paraphrase ou hors-sujet

2. CONNAISSANCES

(2 points)

Bien (2 pts)

  • Références précises à Zilia et aux Lettres d'une Péruvienne
  • Contextualisation (XVIIIᵉ siècle, Lumières)

Assez bien (1 pt)

  • Quelques références à l'œuvre
  • Connaissances approximatives

Insuffisant (0 pt)

  • Absence de références ou erreurs

3. EXPRESSION (

points)

Bien (2 pts) • Expression claire et organisée • Vocabulaire littéraire approprié

Assez bien (1 pt)

  • Expression correcte avec quelques maladresses
  • Organisation globalement claire

Insuffisant (0 pt)

  • Expression confuse ou très fautive

Rédaction personnel et argumentée

Question : En quoi l'utilisation d'un personnage étranger (ici, Zilia la Péruvienne) permet-elle une critique

plus efficace de la société française du XVIIIᵉ siècle?

Explication linéaire 1 : « Il me mena hier dans une maison... »

Texte : Françoise de Graffigny, Lettres d'une Péruvienne

_____________________

, 1752, Première partie, lettre 11.

[Déterville] Il me mena hier dans une maison, où, sans cette intelligence, je me serais fort mal

conduite.

Nous entrâmes dans une chambre plus grande et plus ornée que celle que j’habite ; beaucoup de

monde y était assemblé. L'étonnement général que l'on témoigna à ma vue me déplut, les ris

excessifs que plusieurs jeunes filles s'efforçaient d'étouffer et qui recommençaient, lorsqu'elles

levaient les yeux sur moi, excitèrent dans mon cœur un sentiment si fâcheux, que je l'aurais pris pour

de la honte, si je me fusse sentie coupable de quelque faute. Mais ne me trouvant qu'une grande

répugnance à demeurer avec elles, j'allais retourner sur mes pas, quand un signe de Déterville me

retint.

Je compris que je commettais une faute, si je sortais, et je me gardai bien de rien faire qui méritât

le blâme que l'on me donnait sans sujet ; je restai donc, en portant toute mon attention sur ces

femmes, je crus démêler que la singularité de mes habits causait seule la surprise des unes et les ris

offensants des autres : j'eus pitié de leur faiblesse ; je ne pensai plus qu'à leur persuader par ma

contenance, que mon âme ne différait pas tant de la leur, que mes habillements de leurs parures.

Un homme que j'aurais pris pour un Curacas s'il n'eût été vêtu de noir, vint me prendre par la

main d'un air affable, et me conduisit auprès d'une femme qu'à son air fier je pris pour la Pallas de

la Contrée. Il lui dit plusieurs paroles que je sais pour les avoir entendues prononcer mille fois à

Déterville. Qu'elle est belle! les beaux yeux !...

Un autre homme lui répondit. Des grâces, une taille de Nymphe !... Hors les femmes qui ne dirent

rien, tous répétèrent à peu près les mêmes mots ; je ne sais pas encore leur signification, mais ils

expriment sûrement des idées agréables, car en les prononçant, le visage est toujours riant.

Éclats de rires. Sans raison. Attitude. Seigneur d’une contrée (mot quechua). Bienveillant. Princesse (mot quechua). Être surnaturel associé à la nature, souvent décrite comme étant d’une grande beauté.

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Explication linéaire n°

Texte : Françoise de Graffigny , Lettres d'une Péruvienne

_______________________

, 1752, lettre 31 (extrait).

Il n’est pas surprenant, mon cher Aza, que l’inconséquence soit une suite du caractère léger des

Français ; mais je ne puis assez m’étonner de ce qu’avec autant et plus de lumière qu’aucune autre nation, ils

semblent ne pas apercevoir les contradictions choquantes, que les étrangers remarquent en eux dès la

première vue.

Parmi le grand nombre de celles qui me frappent tous les jours, je n’en vois point de plus déshonorante

pour leur esprit, que leur façon de penser sur les femmes. Ils les respectent, mon cher Aza, et en même temps

ils les méprisent avec un égal excès.

La première loi de leur politesse, ou si tu veux de leur vertu, car je ne leur en connais point d’autres,

regarde les femmes. L’homme du plus haut rang doit des égards à celle de la plus vile condition, il se

couvrirait de honte, et de ce qu’on appelle ridicule, s’il lui faisait quelque insulte personnelle. Et cependant

l’homme, le moins considérable, le moins estimé, peut tromper, trahir une femme de mérite, noircir sa

réputation par des calomnies, sans craindre ni blâme ni punition. […]

Ici loin de compatir à la faiblesse des femmes, celles du peuple accablé de travail n’en sont soulagées

ni par les lois ni par leurs maris ; celles d’un rang plus élevé, jouet de la séduction ou de la méchanceté des

hommes, n’ont pour se dédommager de leurs perfidies, que les dehors d’un respect purement imaginaire,

toujours suivi de la plus mordante satire.

Manque de logique ou de cohérence dans ce qu’on dit ou fait. Au sens figuré : intelligence, savoir, culture. Disposition à faire du bien. Synonymes : intégrité, mérite, moralité, sagesse… Respect, attention polie qu’on montre aux autres. Situation sociale très basse, pauvre. Mensonges. Tromperies.

TEXTE 6

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4 5

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SEANCE 6 : la condition féminine

Activité

Chez soi, lire l’extrait et en saisir le sens général.

Rédiger le début de l’introduction (contexte ; présentation de l’autrice et de l’œuvre ; présentation de

l’extrait) → Environ 4 lignes.

Travailler en groupe (de 7 à 8 élèves) sur un mouvement du texte, en suivant la consigne ci-dessous et en

vous appuyant sur les questions-guides de votre mouvement :

« En vous appuyant sur votre lecture et vos échanges, essayez de comprendre ce que dit Zilia dans ce

passage (texte), comment elle le dit (procédés), et pourquoi (interprétations). Préparez-vous à expliquer

clairement votre passage à la classe. N’oubliez pas d’attribuer un titre à votre mouvement. »

Mouvement 1 1- Quelle image Zilia dresse-t-elle des Français dès le début de la lettre? 2- Pourquoi leur culture ou leur intelligence rend-elle leur comportement encore plus critiquable, selon elle? 3- Comment la formulation du texte suggère-t-elle l’indignation ou l’étonnement de Zilia? 4- Quelle est la stratégie argumentative de ce début de lettre : pourquoi commencer par une remarque générale sur le caractère national? 5- En quoi cette entrée en matière prépare-t-elle le lecteur à la suite de la critique?

Mouvement 2 1- Quel paradoxe Zilia met-elle en évidence dans la manière dont les Français considèrent les femmes? 2- En quoi cette contradiction peut-elle être perçue comme choquante ou dangereuse? 3- Comment Zilia insiste-t-elle sur l’excès de cette double attitude (respect / mépris)? 4- Quelle image des Français ce passage renvoie-t-il, au-delà de leur comportement envers les femmes? 5- Pourquoi ce passage est-il au cœur de la critique que Zilia développe dans cette lettre?

Mouvement 3 1- En quoi les règles de politesse évoquées ici participent-elles à l’illusion d’un respect pour les femmes? 2- Quel contraste Zilia établit-elle entre ce respect formel et la réalité des comportements masculins? 3- Comment l’opposition entre apparence sociale et impunité morale est-elle construite dans le texte? 4- Que nous apprend ce passage sur la place réelle des femmes dans la société française du XVIIIᵉ siècle? 5- Pourquoi Zilia insiste-t-elle sur l’absence de sanction envers les hommes : quelle critique sociale cela implique-t-il?

Mouvement 4 1- Comment Zilia décrit-elle la situation des femmes selon leur origine sociale? 2- Que montre cette double dénonciation sur la place des femmes dans l’ensemble de la société? 3- Pourquoi les termes choisis (« accablé », « jouet », « satire ») sont-ils importants pour comprendre le ton du passage? 4- En quoi ce passage donne-t-il une dimension universelle à la critique de Zilia? 5- Que révèle la fin du texte sur le regard porté par Zilia – et par Graffigny – sur les hommes et les lois?

Chaque groupe présente oralement son mouvement.

Pendant les présentations, prendre des notes en suivant la progression du texte, selon le modèle suivant :

SEANCE 8 : VERS l’indépendance

Activité

Chez soi, lire l’extrait et en saisir le sens général.

Rédiger l’introduction de l’explication linéaire (présentation et caractérisation du texte, problématique,

plan de l'explication linéaire).

Travailler en groupe (de 3 à 4 élèves) sur 8 fragments du texte (speed-lecture linéaire), en suivant la

consigne ci-dessous et en vous appuyant sur les questions-guides de votre fragment :

Lors du premier tour, relisez le fragment textuel qui vous est attribué et complétez la fiche d'analyse

correspondante en utilisant une couleur pour identifier votre groupe. En cas de nécessité, vous pouvez

vous aider des questions pour guider la préparation de l'explication et pour orienter votre analyse.

À la sonnerie, faites passer votre fiche au groupe suivant et recevez une nouvelle fiche déjà

partiellement complétée par le groupe précédent. Relisez le fragment textuel correspondant à cette

nouvelle fiche, prenez connaissance des éléments déjà développés sur la fiche d'analyse puis complétez-

la à votre tour en ajoutant de nouveaux éléments d'analyse, en développant ou en corrigeant ceux déjà

développés par vos camarades.

Explication linéaire n°4 : « Les habitants de Paris sont d'une curiosité qui va jusqu'à l'extravagance »

Texte : Montesquieu, Lettres persanes , 1721, Lettre 30.

Rica à Ibben, à Smyrne.

Les habitants de Paris sont d'une curiosité qui va jusqu'à l'extravagance. Lorsque j'arrivai, je fus regardé

comme si j'avais été envoyé du ciel : vieillards, hommes, femmes, enfants, tous voulaient me voir. Si je sortais,

tout le monde se mettait aux fenêtres ; si j'étais aux Tuileries , je voyais aussitôt un cercle se former autour de

moi ; les femmes mêmes faisaient un arc-en-ciel nuancé de mille couleurs, qui m'entourait. Si j'étais aux

spectacles, je voyais aussitôt cent lorgnettes dressées contre ma figure : enfin jamais homme n'a tant été vu

que moi. Je souriais quelquefois d'entendre des gens qui n'étaient presque jamais sortis de leur chambre, qui

disaient entre eux : « Il faut avouer qu'il a l'air bien persan ». Chose admirable! Je trouvais de mes portraits

partout ; je me voyais multiplié dans toutes les boutiques, sur toutes les cheminées, tant on craignait de ne

m'avoir pas assez vu.

Tant d'honneurs ne laissent pas d'être à charge : je ne me croyais pas un homme si curieux et si rare ; et

quoique j'aie très bonne opinion de moi, je ne me serais jamais imaginé que je dusse troubler le repos d'une

grande ville où je n'étais point connu. Cela me fit résoudre à quitter l'habit persan, et à en endosser un à

l'européenne, pour voir s'il resterait encore dans ma physionomie quelque chose d'admirable. Cet essai me fit

connaître ce que je valais réellement. Libre de tous les ornements étrangers, je me vis apprécié au plus juste.

J'eus sujet de me plaindre de mon tailleur , qui m'avait fait perdre en un instant l'attention et l'estime publique

; car j'entrai tout à coup dans un néant affreux. Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans

qu'on m'eût regardé, et qu'on m'eût mis en occasion d'ouvrir la bouche ; mais, si quelqu'un par hasard

apprenait à la compagnie que j'étais Persan, j'entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement : « Ah! Ah!

monsieur est Persan? C'est une chose bien extraordinaire! Comment peut-on être Persan? »

A Paris, le 6 de la lune de Chalval, 1712

_______________________

1 Au XVIIIe siècle, la Perse correspond globalement à l’Iran actuel. C’est un empire très puissant. 2 Smyrne correspond à l’actuelle ville d’Izmir en Turquie. 3 Extravagance : bizarrerie, étrangeté. 4 Aujourd’hui détruit, le palais des Tuileries était une résidence royale où la cour séjournait régulièrement. C’était un lieu prestigieux et à la mode. Il comportait un théâtre et un immense parc. 5 Lorgnettes : petites jumelles grossissantes, utilisées notamment au théâtre et à l’opéra. 6 Ne laissent pas : ne manquent pas. 7 A charge : gênants, embarrassants. 8 Dusse : verbe « devoir » au subjonctif imparfait. 9 Physionomie : les traits du visage. 10 Tailleur : artisan qui confectionne des habits sur mesure. 11 Le néant : le rien, l’absence d’existence.

TEXTE 8

Les Lettres persanes forment un roman épistolaire dont les deux personnages principaux sont deux Persans , Usbek et Rica, qui voyagent en France de 1712 à 1720. Ils décrivent ce qu’ils découvrent à Paris dans les lettres qu’ils envoient à leurs amis restés en Perse. Pour eux, la France est un sujet d’étonnement perpétuel : c’est un pays inconnu et une culture radicalement nouvelle pour eux, très différente de la leur.

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Elmts pour l’intro : Contexte et présentation de l’œuvre : Lettres péruviennes est un roman épistolaire publié en 1747 par Françoise de Graffigny, femme de lettres du XVIIIᵉ siècle, à une époque où les femmes commencent à s’affirmer dans le champ littéraire et intellectuel. Présentation de l’œuvre : Ce roman met en scène Zilia, une princesse inca enlevée par les Espagnols, puis recueillie en France, qui écrit à son fiancé Aza resté au Pérou. À travers ses lettres, elle livre un regard critique et distancié sur la société française. Situation de l’extrait : Dans cet extrait, Zilia s’étonne de la contradiction entre la culture raffinée des Français et leur comportement envers les femmes, ce qui sert de point de départ à une dénonciation sociale plus large. Problématique possible : Comment Zilia, par son regard extérieur, met-elle en lumière l’hypocrisie et l’injustice du traitement réservé aux femmes dans la société française? Mouvements : 1- l.1-4 : L’inconséquence des Français : un paradoxe étonnant 2- l.5-7 : Une attitude ambiguë envers les femmes 3- l.8-12 : Une politesse de façade dépourvue de justice 4- l.13-16 : Une dénonciation généralisée du poids du genre dans toutes les strates de la société l.1-4 : L’inconséquence des Français : un paradoxe étonnant

Idée 1 : Le regard étranger, complice et critique (l.1) → L’autrice mobilise les codes du roman épistolaire et les illusions référentielles en faisant apparaître l’apostrophe : « mon cher Aza ». Ce GN crée une intimité avec le destinataire fictif tout en rappelant la proximité unissant les deux incas. Zilia, en partageant ses opinions avec Aza, permet à Françoise de Graffigny de poser un regard étranger, lucide et critique sur la société française du XVIIIe siècle. D’ailleurs, l’extrait débute par la forme impersonnelle ainsi qu’une négation totale : « Il n’est pas surprenant ». L’autrice commence par nier une potentielle surprise, ce qui prépare le lecteur à une observation critique. Idée 2 : L’inconséquence : reflet d’un caractère masculin national (l.1) → L’association du substantif « inconséquence » au GN « caractère léger » fait apparaître clairement la portée dénonciatrice de la lettre : les vices masculins font l’objet d’un sévère blâme. Le propos est généralisant puisqu’elle laisse sous- entendre qu’il s’agit d’un défaut propre à tous. Idée 3 : Le paradoxe entre savoir et aveuglement (l.2-4) → Zilia s’étonne du comportement et du caractère des hommes. En effet, ces derniers sont instruits. Cet étonnement s’exprime d’abord par le recours à la conjonction de coordination « mais » qui marque l’opposition avec l’idée précédente. L’autrice, à travers le regard de Zilia, évoque un paradoxe évident grâce à l’antithèse qui oppose la métaphore des Lumières et la négation « ne pas apercevoir ». Alors que le terme « lumière » renvoie à la philosophie, la culture, le savoir, la civilisation… et, de ce mouvement des Lumières, la négation du verbe apercevoir suggère un aveuglement volontaire. Cela est d’autant plus choquant que la comparaison hyperbolique : « qu’avec autant et plus de lumière qu’aucune autre nation » place la France dans une position de supériorité intellectuelle. Ce contraste met en évidence l’hypocrisie des Français qui se croient supérieurs. Idée 4 : Le regard étranger (l.4) → Zilia compare implicitement les Français aux étrangers. Alors que les premiers sont aveugles, les étrangers sont très lucides. L’hyperbole « dès la première vue » démontre que ces défauts sont extrêmement évidents. L’épistolière, porte-parole de l’autrice, insiste donc sur la clarté du regard extérieur, plus objectif et non influencé par les habitudes sociales françaises.

Transition : Après avoir dénoncé l’incohérence générale des Français, Zilia illustre cette critique à travers un exemple précis et marquant : leur manière contradictoire de penser et d’agir envers les femmes.

l.5-7 : Une attitude ambiguë envers les femmes

Idée 1 : Un paradoxe quotidien et choquant (l.5-6) → Zilia annonce une contradiction récurrente et généralisée comme en témoigne l’hyperbole « parmi le grand nombre de celles qui me frappent » associée au CCT « tous les jours ». Le recours à la négation « je n’en vois point » et du superlatif relatif « de plus déshonorante » illustre la gravité de ce paradoxe qui porte atteinte à la dignité intellectuelle des Français qui se vantent d’être éclairés. Zilia est de ce fait extrêmement choquée et exprime son émotion par l’emploi du verbe « frapper » qui témoigne de la violence du choc moral qu’elle subit quotidiennement. Elle justifie donc la dénonciation de cette injustice. Idée 2 : Le sujet du paradoxe (l.6-7) → Zilia retarde l’annonce du sujet concerné par ce paradoxe : il s’agit de la manière dont les hommes traitent les femmes. En créant ce suspense, l’épistolière met en valeur les femmes opprimées avant de développer le paradoxe. Elle relève explicitement le comportement antithétique – souligné également par le parallélisme – des hommes à l’encontre des femmes : « il les respectent […] ils les méprisent ». Cette phrase-clef expose la dualité paradoxale qui régit la société française du XVIIIe siècle. Elle met en évidence l’hypocrisie d’un monde qui prétend considérer certains êtres tout en les reléguant à un rang d’objet. Zilia déconstruit une image idéalisée des Français galants en révélant un fond sexiste sous des apparences flatteuses. Transition : Zilia a montré commentles Français oscillent entre respect et mépris envers les femmes, révélant une hypocrisie profonde. Elle poursuit en analysant plus précisément cette contradictionà travers la politesse masculine, qui, sous couvert d’élégance, dissimule une injustice flagrante. l.8-12 : Une politesse de façade dépourvue de justice

Idée 1 : Une politesse érigée en vertu illusoire (l.8-9) → Zilia souligne ironiquement (« car je n’en connais point d’autres » : antiphrase, sarcasme) que le respect affiché envers les femmes dans la société occidentale du XVIIIe siècle n’est qu’une façade et une convention superficielle, sans profondeur ni sincérité. L’autrice met en valeur la portée et l’importance de la critique en réemployant une syntaxe heurtée fonctionnant sur un système de retardement dans la mesure où la principale est coupée par deux propositions coordonnées. Elle met en relief la subjectivité de Zilia par l’emploi de la première personne du singulier: « je ne leur en connais point d’autre. » Cependant, l’intrusion de la subjectivité ne fait que renforcer la critique dans laquelle nous pouvons nous projeter et nous identifier grâce à l’emploi de la première personne.

Idée 2 : Les hommes de haut rang doivent un respect universel… mais formel et hypocrite (l.9-10) → Zilia explique, grâce à l’antithèse qui oppose « plus haut rang » à « plus vile condition » que les règles de politesse s’étendent à toutes les classes sociales sans exceptions. Cependant, cette politesse est purement formelle presque institutionnelle. L’épistolière développe les conséquences que pourrait subir un homme qui se montre insultant envers une femme : la « honte » et le « ridicule ». Elle démontre alors que la sanction ne porte pas sur la faute morale, mais sur le manquement aux apparences et aux exigences de la société. L’honneur d’un homme ne dépend que de son image sociale.

Idée 3 : L’impunité des hommes d’un rang inférieur (l.10-12- → Selon Zilia, un homme de moindre importance peut impunément nuire à la réputation d’une

femme respectable. Cette juxtaposition et opposition – conjonction de coordination à valeur d’addition « et » et adverbe d’opposition « cependant » – soulignent

l’injustice et l’incohérence du traitement des femmes dans une société où les apparences de respect témoignent d’une réalité bien plus sombre comme l’atteste le

champ lexical de la tromperie. La préposition négative « sans » et la conjonction de coordination « ni » qui ferment la proposition expriment l’absence de

conséquence pour des actions négatives proférées par le genre masculin. Tout puissant, il semble pouvoir régner dans cette société, intouchable et impuni même

s’il bafoue le genre humain.

Transition : Après avoir dévoilé l’inefficacité du respect de façade à protéger les femmes, Zilia élargit son regard à l’ensemble de la société. Elle met alors en évidence l’oppression généralisée des femmes, qu’elles soient du peuple ou de l’élite.

l.13-16 : Une dénonciation généralisée du poids du genre dans toutes les strates de la société

Idée 1 : Un constat d’abandon général des femmes (l.13) → Zilia exprime d’abord son indignation grâce à une formulation antithétique « loin de compatir » : la société française est indifférente à la souffrance des femmes visibles à travers le recours au vocabulaire de la souffrance : « faiblesse », « accablé », « soulagées » qui insiste sur la charge émotionnelle et physique pesant sur les femmes.. Elle ne leur apporte aucune protection, quelle que soit leur position sociale.

Idée 2 : Une oppression différente selon la classe sociale (l.13-16) → Zilia évoque premièrement les femmes du peuple qui sont « accablées de travail » sans soutien légal ni marital. L’auteure met donc en exergue la solitude des femmes grâce au parallélisme de construction et à la reprise de la conjonction négative « ni par les lois ni par leurs maris ». Elle tente de faire surgir la compassion de ses contemporains grâce à l’emploi d’un registre pathétique et du champ lexical associé des à ce thème. Les femmes de rang supérieur font l’objet d’une métaphore et d’une réification puisqu’elles sont réduites à l’état de « jouet ». L’emploi de ce nom commun leur enlève toute possibilité d’exercer leur libre arbitre tandis que l’antithèse régissant les conditions de leur manipulation – « la séduction » et la « méchanceté » – les place au rang d’éternelles victimes. La négation restrictive « n’ont… que » introduit un constat amer. Le seul dédommagement offert aux femmes est « purement imaginaire ». L’aigreur et la fatalité d’une telle condition sont mis en exergue par l’adverbe modalisateur d’intensité « purement ». Le respect affiché envers elle n’est qu’une façade qui cache en réalité un profond mépris. Graffigny met donc en lumière les contradictions entre les apparences de déférence et la réalité de l’oppression dont elles sont victimes. Dénonçant l’hypocrisie sociale grâce à un registre épidictique du côté du blâme, l’auteure plaide pour une véritable reconnaissance de ses pairs, de leurs valeurs et de leurs droits.

Elmts pour la conclusion : 1. Bilan de l’extrait : ce qu’il faut rappeler : Zilia critique l’incohérence morale des Français : un peuple éclairé mais aveugle à ses contradictions. Elle dénonce l’hypocrisie du respect affiché envers les femmes, qui cache en réalité du mépris et de l’injustice. À travers son regard étranger et féminin, l’autrice questionne les normes sociales, et dénonce l’oppression des femmes, quelle que soit leur condition.

  1. Élargissement de l’analyse : L’extrait montre que la politesse ou la galanterie ne suffisent pas à établir l’égalité : ce sont des masques sociaux. Graffigny propose une critique précoce de la domination masculine dans une société qui valorise les apparences au détriment de la justice. Elle s’inscrit dans une lignée de voix féminines engagées, qui utilisent la littérature comme outil de réflexion et de revendication.

EXEMPLE D’UNE COPIE TRES LEGEREMENT CORRIGEE :

Les Lettres d’une Péruvienne sont publiées en 1752 (deuxième édition), par Françoise de Graffigny. Cette

œuvre représente l’exotisme, mais aussi la soif de savoir du siècle des Lumières. C’est un roman

épistolaire qui a pour personnage principal Zilia, une jeune princesse péruvienne qui critique la société

française du XVIIIe siècle. Ourika est un roman publié par Claire de Duras en 1923. Son héroïne est

sauvée de l’esclavage au Sénégal, quand elle avait deux ans ,par des aristocrates français qui l’élèvent

comme leur propre fille. Ourika se rend vite compte que sa couleur de peau empêche de faire comme

les jeunes filles de son entourage.

Dans un premier temps, on peut observer un premier point commun. En effet, dans les deux œuvres,

le personnage principal se confie à quelqu’un. Dans les Lettres d’une Péruvienne , Zilia se confie à Aza,

l’homme avec qui elle devait se marier au Pérou. Elle ne s’adresse qu’à lui dans chacune de ses lettres

(hormis les dernières). Dans Ourika , le confident est un jeune médecin. Il la rencontre dans un couvent

ou Ourika va lui raconter toute son histoire. Le roman épistolaire ainsi que le discours retranscrit

d’Ourika dans un récit-enchâssé donne une certaine proximité entre le personnage principal et le

lecteur.

On observe aussi un second point commun. En effet, les deux femmes vivent toutes les deux un

chagrin amoureux. Zilia est éloignée d’Aza après avoir été enlevée mais elle l’aime encore. C’est quand

elle apprend qu’il va se marier à une Espagnole que le chagrin apparaît. Ourika, quant à elle, va aimer

Charles, le petit-fils de Mme de B. Ce sentiment n’est pas réciproque et Charles annonce clairement

qu’il aime Anais de Themines, et qu’il souhaite faire sa vie avec elle. La tristesse des deux héroïnes crée

donc une empathie de la part du lecteur pour celles-ci.

Il existe un troisième point commun : c’est le fait que les deux femmes sont arrachées de leur terre

natale. Zilia est capturée dans le Temple du Soleil au Pérou et Ourika est sauvée de l’esclavage au

Sénégal. Leur destin respectif est modifié par ces évènements, les amenant à devenir des personnes

totalement différentes de ce qu’elle devait devenir initialement. De plus, cet arrachement est à chaque

fois lié à un contexte historique réel et critiqué. Pour les Lettres d’une Péruvienne , il s’agit de la

découverte de l’Amérique par les Européens et sa colonisation. En ce qui concerne Ourika , la cible

visée est l’esclavage ainsi que la traite négrière.

Ces deux œuvres servent de critique envers une société. Mais elles ne critique pas la même chose : la

première œuvre critique une société française superficielle du siècle des Lumières, tandis que la

seconde œuvre dénonce le racisme. Cependant, ses œuvres se rejoignent sur le fait de critiquer une

société injuste.

Les deux femmes sont intelligentes, curieuses et comprennent que le monde qui les entoure est injuste

et qu’il est difficile de se faire une place dans leur société simplement car elles sont différentes. Ainsi

nous remarquons pour les deux personnages principaux une certaine lucidité et une intelligence

d’esprit sur leur situation, après avoir tenu un regard naïf sur ce monde nouveau qui s‘offrait à elle. La

question de l’Altérité, de l’appréhension de l’Autre, se trouve donc au cœur des deux récits.

D’autre part, les deux fins sont assez différentes : Zilia devient indépendante et se consacre aux

sciences et à l’art, c’est une fin que l’on peut voir comme heureuse ; alors qu’Ourika meurt, ce qui

vient accentuer cette fin tragique.

Pour conclure, ces deux œuvres représentent plusieurs points commun, mais se différencient sur

d’autres points. Selon moi, les deux romans illustrent deux histoires assez différentes, écrites par des

autrices dénonçant la société de leur temps.

On peut dégager quatre grandes étapes au sein du paragraphe :

A) Annonce de l’idée générale

_- En effet/ ainsi....

  • D'abord.... ensuite.... enfin.... / L'auteur commence par.... puis.... enfin....
  • On note tout d'abord la volonté de ….
  • Il s'agit pour l'auteur de ….
  • La première caratéristique de ce passage est...._

B) Justification de l’idée grâce aux citations et aux procédés repérés dans le texte

_- C'est le cas avec des noms /adjectifs/ verbes tels que ….

  • Comme on le voit à la ligne....
  • Comme l'indique / le montre / le suggère …..
  • L'utilisation de …. / l'emploi de …. / le recours à....... en est un bon exemple._

C) Citer ne suffit pas! Il faut analyser le texte et surtout en donner les effets

_- L’expression…………met en valeur…………

  • Par l’utilisation de……………., l’auteur donne l’impression de………..
  • Ce procédé donne l’effet de…………….
  • Cela confère…. (= cela donne)
  • ……………appuie le fait que……………
  • L’emploi de……………..souligne…………………..
  • Le champ lexical de……………témoigne de l’intérêt de………._

D) Transition vers le paragraphe ou la partie suivante

_- On le voit, l'auteur …. , mais il …. aussi....

  • Si …., en revanche ….
  • il ne s'agit par seulement de … mais aussi de ….
  • le portrait de … / recours à …. permet aussi de mettre en évidence …._

Méthode : rédiger un paragraphe de commentaire

On débute toujours un paragraphe de

commentaire (appelé aussi « sous-

partie ») par un alinéa.

Un paragraphe de commentaire doit contenir une seule grande idée , il est centré sur un aspect

particulier du texte.

Les différentes étapes d’un paragraphe s’articulent grâce à des connecteurs logiques. En effet /

De plus / Ainsi

  • L'auteur écrit → utilise, emploie, recourt à, traduit, insiste sur, met en évidence, met l'accent sur, souligne, suggère, développe, compare, rapproche, met en parallèle, oppose
  • L'auteur décrit → dépeint, dessine, esquisse, ébauche, caractérise, qualifie, brosse le portrait de
  • L'auteur raconte → retrace, narre, relate, évoque, présente, imagine, expose
  • Un procédé d'écriture montre → révèle, suggère, atteste témoigne de, traduit, souligne, met en évidence, rend sensible, sert à interpeler/ choquer/ faire réagir/ émouvoir, donne au texte une dimension
  • Un mot évoque → connote, suggère, révèle, se charge d'un sens
  • Un texte parle de → repose sur, développe, met en scène, traite de

Des variations de formulations

Tout se rédige (pas de titre) De préférence au présent

Mais jamais de “je” ou de “vous”