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Séquence de lycée Lettres d'une péruvienne
Typologie: Dissertation
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Titre : Zilia face à l’Europe : du regard curieux à la critique^ Date de début : 24/11/
OE : La littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle Date de fin : 30/01/
Portrait de Françoise d’Issembourg d’Happoncourt, dame de Graffigny
Proposition de correction Séance 1
Retour sur la question initiale : non, le roman n’est pas un simple roman sentimental, mais un manifeste féministe audacieux, qui critique fermement l’amour-passion et qui propose un modèle d’émancipation par le voyage. Zilia a profondément changé au travers de son expérience de l’exil, elle s’est émancipée, elle est devenue plus heureuse, indépendante, et active. On pose la problématique de séquence : en quoi le voyage et la découverte d’un « nouvel univers » sont-ils une source d’enrichissement?
3 Comme Zilia, Madame de Graffigny a un rapport difficile au mariage, qui sera une aliénation ; comme Zilia, elle est aussi victime de violences qui mènent à l’exil ; comme Zilia, Madame de Graffigny n’a qu’un statut précaire dans sa société, et luttera contre la pauvreté et le déclassement toute sa vie ; comme Zilia, elle fait le choix de l’amitié plutôt que du remariage ; comme Zilia, elle se forge une indépendance malgré tout, grâce à l’écriture.
Proposition de correction Séance 2
Etape 4
Reconstituer un salon
des Lumières
Anicet Charles Gabriel Lemonnier, Lecture de la tragédie L’Orphelin de la Chine de Voltaire dans le salon de Madame Geoffrin , 1812, château de Malmaison.
Jean-Marc Nattier, Portrait de Madame Geoffrin , 1738, Tokyo Fuji Art Museum.
Jeu de rôle 3 h En groupe
Diderot, écrivain et philosophe français, reçoit chez lui des intellectuels, 1888, gravure.
e
Vous avez été invité(e) au célèbre salon de Madame Geoffrin. Chaque élève incarnera un personnage pour reconstituer ce moment de sociabilité mondaine et de diffusion des savoirs.
Chaque groupe est composé de 7 élèves. Répartissez-vous les rôles.
Personnage Rôle
Madame Geoffrin Accueille les invité(e)s, fait le lien entre les interventions et pose des questions.
A été envoyée par le roi. Elle doit noter les idées qui s’opposeraient à l’Église ou à la royauté. Est invitée par Madame Geoffrin pour présenter sa traduction et ses travaux sur l’œuvre de Newton. Est invité par Madame Geoffrin pour présenter son ouvrage Système de la nature et ses idées sur la religion.
L’espionne du roi
Madame du Châtelet
Baron d’Holbach
Diderot Est invité par Madame Geoffrin pour présenter l’ Encyclopédie.
Montesquieu Le journaliste de la revue Le Mercure de France
Est invité par Madame Geoffrin pour présenter son livre De l’esprit des lois et ses idées sur la séparation des pouvoirs. Prend en note le débat pour en faire un article dans Le Mercure de France.
Quelles sont les valeurs des Lumières que l’on retrouve dans un débat au sein d’un salon littéraire? Les cafés sont également des lieux d’échanges et de débat. Faites une recherche sur le café Le Procope et son rôle dans la diffusion des savoirs et des connaissances au XVIIIe siècle.
Madame Geoffrin accueille ses invité(e)s. Ils sont interrogés tour à tour pour présenter leurs recherches. À la fin de chaque intervention, des questions sont posées par les invité(e)s et par Madame Geoffrin. À la fin du débat, le journaliste fait un compte-rendu des différentes idées qui ont été échangées. L’espionne du roi, quant à elle, prépare un rapport qu’elle envoie au roi.
Étape
Étape
Introduction Étape
L’analyse
Étape
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Se répartir les rôles
1
Découvrir un salon au XVIII siècle
3 Préparer son intervention Les invité(e)s
Le journaliste et l’espionne du roi
4 Le débat
Madame Geoffrin
(6 points)
Excellents (5-6 pts)
Correct (3-4 pts)
Insuffisant (0-2 pts)
(2 points)
Bien (2 pts)
Assez bien (1 pt)
Insuffisant (0 pt)
points)
Bien (2 pts) • Expression claire et organisée • Vocabulaire littéraire approprié
Assez bien (1 pt)
Insuffisant (0 pt)
Rédaction personnel et argumentée
Question : En quoi l'utilisation d'un personnage étranger (ici, Zilia la Péruvienne) permet-elle une critique
plus efficace de la société française du XVIIIᵉ siècle?
(6 points)
Excellents (5-6 pts)
Correct (3-4 pts)
Insuffisant (0-2 pts)
(2 points)
Bien (2 pts)
Assez bien (1 pt)
Insuffisant (0 pt)
points)
Bien (2 pts) • Expression claire et organisée • Vocabulaire littéraire approprié
Assez bien (1 pt)
Insuffisant (0 pt)
Rédaction personnel et argumentée
Question : En quoi l'utilisation d'un personnage étranger (ici, Zilia la Péruvienne) permet-elle une critique
plus efficace de la société française du XVIIIᵉ siècle?
Éclats de rires. Sans raison. Attitude. Seigneur d’une contrée (mot quechua). Bienveillant. Princesse (mot quechua). Être surnaturel associé à la nature, souvent décrite comme étant d’une grande beauté.
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Manque de logique ou de cohérence dans ce qu’on dit ou fait. Au sens figuré : intelligence, savoir, culture. Disposition à faire du bien. Synonymes : intégrité, mérite, moralité, sagesse… Respect, attention polie qu’on montre aux autres. Situation sociale très basse, pauvre. Mensonges. Tromperies.
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Mouvement 1 1- Quelle image Zilia dresse-t-elle des Français dès le début de la lettre? 2- Pourquoi leur culture ou leur intelligence rend-elle leur comportement encore plus critiquable, selon elle? 3- Comment la formulation du texte suggère-t-elle l’indignation ou l’étonnement de Zilia? 4- Quelle est la stratégie argumentative de ce début de lettre : pourquoi commencer par une remarque générale sur le caractère national? 5- En quoi cette entrée en matière prépare-t-elle le lecteur à la suite de la critique?
Mouvement 2 1- Quel paradoxe Zilia met-elle en évidence dans la manière dont les Français considèrent les femmes? 2- En quoi cette contradiction peut-elle être perçue comme choquante ou dangereuse? 3- Comment Zilia insiste-t-elle sur l’excès de cette double attitude (respect / mépris)? 4- Quelle image des Français ce passage renvoie-t-il, au-delà de leur comportement envers les femmes? 5- Pourquoi ce passage est-il au cœur de la critique que Zilia développe dans cette lettre?
Mouvement 3 1- En quoi les règles de politesse évoquées ici participent-elles à l’illusion d’un respect pour les femmes? 2- Quel contraste Zilia établit-elle entre ce respect formel et la réalité des comportements masculins? 3- Comment l’opposition entre apparence sociale et impunité morale est-elle construite dans le texte? 4- Que nous apprend ce passage sur la place réelle des femmes dans la société française du XVIIIᵉ siècle? 5- Pourquoi Zilia insiste-t-elle sur l’absence de sanction envers les hommes : quelle critique sociale cela implique-t-il?
Mouvement 4 1- Comment Zilia décrit-elle la situation des femmes selon leur origine sociale? 2- Que montre cette double dénonciation sur la place des femmes dans l’ensemble de la société? 3- Pourquoi les termes choisis (« accablé », « jouet », « satire ») sont-ils importants pour comprendre le ton du passage? 4- En quoi ce passage donne-t-il une dimension universelle à la critique de Zilia? 5- Que révèle la fin du texte sur le regard porté par Zilia – et par Graffigny – sur les hommes et les lois?
1 Au XVIIIe siècle, la Perse correspond globalement à l’Iran actuel. C’est un empire très puissant. 2 Smyrne correspond à l’actuelle ville d’Izmir en Turquie. 3 Extravagance : bizarrerie, étrangeté. 4 Aujourd’hui détruit, le palais des Tuileries était une résidence royale où la cour séjournait régulièrement. C’était un lieu prestigieux et à la mode. Il comportait un théâtre et un immense parc. 5 Lorgnettes : petites jumelles grossissantes, utilisées notamment au théâtre et à l’opéra. 6 Ne laissent pas : ne manquent pas. 7 A charge : gênants, embarrassants. 8 Dusse : verbe « devoir » au subjonctif imparfait. 9 Physionomie : les traits du visage. 10 Tailleur : artisan qui confectionne des habits sur mesure. 11 Le néant : le rien, l’absence d’existence.
Les Lettres persanes forment un roman épistolaire dont les deux personnages principaux sont deux Persans , Usbek et Rica, qui voyagent en France de 1712 à 1720. Ils décrivent ce qu’ils découvrent à Paris dans les lettres qu’ils envoient à leurs amis restés en Perse. Pour eux, la France est un sujet d’étonnement perpétuel : c’est un pays inconnu et une culture radicalement nouvelle pour eux, très différente de la leur.
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Elmts pour l’intro : Contexte et présentation de l’œuvre : Lettres péruviennes est un roman épistolaire publié en 1747 par Françoise de Graffigny, femme de lettres du XVIIIᵉ siècle, à une époque où les femmes commencent à s’affirmer dans le champ littéraire et intellectuel. Présentation de l’œuvre : Ce roman met en scène Zilia, une princesse inca enlevée par les Espagnols, puis recueillie en France, qui écrit à son fiancé Aza resté au Pérou. À travers ses lettres, elle livre un regard critique et distancié sur la société française. Situation de l’extrait : Dans cet extrait, Zilia s’étonne de la contradiction entre la culture raffinée des Français et leur comportement envers les femmes, ce qui sert de point de départ à une dénonciation sociale plus large. Problématique possible : Comment Zilia, par son regard extérieur, met-elle en lumière l’hypocrisie et l’injustice du traitement réservé aux femmes dans la société française? Mouvements : 1- l.1-4 : L’inconséquence des Français : un paradoxe étonnant 2- l.5-7 : Une attitude ambiguë envers les femmes 3- l.8-12 : Une politesse de façade dépourvue de justice 4- l.13-16 : Une dénonciation généralisée du poids du genre dans toutes les strates de la société l.1-4 : L’inconséquence des Français : un paradoxe étonnant
Idée 1 : Le regard étranger, complice et critique (l.1) → L’autrice mobilise les codes du roman épistolaire et les illusions référentielles en faisant apparaître l’apostrophe : « mon cher Aza ». Ce GN crée une intimité avec le destinataire fictif tout en rappelant la proximité unissant les deux incas. Zilia, en partageant ses opinions avec Aza, permet à Françoise de Graffigny de poser un regard étranger, lucide et critique sur la société française du XVIIIe siècle. D’ailleurs, l’extrait débute par la forme impersonnelle ainsi qu’une négation totale : « Il n’est pas surprenant ». L’autrice commence par nier une potentielle surprise, ce qui prépare le lecteur à une observation critique. Idée 2 : L’inconséquence : reflet d’un caractère masculin national (l.1) → L’association du substantif « inconséquence » au GN « caractère léger » fait apparaître clairement la portée dénonciatrice de la lettre : les vices masculins font l’objet d’un sévère blâme. Le propos est généralisant puisqu’elle laisse sous- entendre qu’il s’agit d’un défaut propre à tous. Idée 3 : Le paradoxe entre savoir et aveuglement (l.2-4) → Zilia s’étonne du comportement et du caractère des hommes. En effet, ces derniers sont instruits. Cet étonnement s’exprime d’abord par le recours à la conjonction de coordination « mais » qui marque l’opposition avec l’idée précédente. L’autrice, à travers le regard de Zilia, évoque un paradoxe évident grâce à l’antithèse qui oppose la métaphore des Lumières et la négation « ne pas apercevoir ». Alors que le terme « lumière » renvoie à la philosophie, la culture, le savoir, la civilisation… et, de ce mouvement des Lumières, la négation du verbe apercevoir suggère un aveuglement volontaire. Cela est d’autant plus choquant que la comparaison hyperbolique : « qu’avec autant et plus de lumière qu’aucune autre nation » place la France dans une position de supériorité intellectuelle. Ce contraste met en évidence l’hypocrisie des Français qui se croient supérieurs. Idée 4 : Le regard étranger (l.4) → Zilia compare implicitement les Français aux étrangers. Alors que les premiers sont aveugles, les étrangers sont très lucides. L’hyperbole « dès la première vue » démontre que ces défauts sont extrêmement évidents. L’épistolière, porte-parole de l’autrice, insiste donc sur la clarté du regard extérieur, plus objectif et non influencé par les habitudes sociales françaises.
Transition : Après avoir dénoncé l’incohérence générale des Français, Zilia illustre cette critique à travers un exemple précis et marquant : leur manière contradictoire de penser et d’agir envers les femmes.
l.5-7 : Une attitude ambiguë envers les femmes
Idée 1 : Un paradoxe quotidien et choquant (l.5-6) → Zilia annonce une contradiction récurrente et généralisée comme en témoigne l’hyperbole « parmi le grand nombre de celles qui me frappent » associée au CCT « tous les jours ». Le recours à la négation « je n’en vois point » et du superlatif relatif « de plus déshonorante » illustre la gravité de ce paradoxe qui porte atteinte à la dignité intellectuelle des Français qui se vantent d’être éclairés. Zilia est de ce fait extrêmement choquée et exprime son émotion par l’emploi du verbe « frapper » qui témoigne de la violence du choc moral qu’elle subit quotidiennement. Elle justifie donc la dénonciation de cette injustice. Idée 2 : Le sujet du paradoxe (l.6-7) → Zilia retarde l’annonce du sujet concerné par ce paradoxe : il s’agit de la manière dont les hommes traitent les femmes. En créant ce suspense, l’épistolière met en valeur les femmes opprimées avant de développer le paradoxe. Elle relève explicitement le comportement antithétique – souligné également par le parallélisme – des hommes à l’encontre des femmes : « il les respectent […] ils les méprisent ». Cette phrase-clef expose la dualité paradoxale qui régit la société française du XVIIIe siècle. Elle met en évidence l’hypocrisie d’un monde qui prétend considérer certains êtres tout en les reléguant à un rang d’objet. Zilia déconstruit une image idéalisée des Français galants en révélant un fond sexiste sous des apparences flatteuses. Transition : Zilia a montré commentles Français oscillent entre respect et mépris envers les femmes, révélant une hypocrisie profonde. Elle poursuit en analysant plus précisément cette contradictionà travers la politesse masculine, qui, sous couvert d’élégance, dissimule une injustice flagrante. l.8-12 : Une politesse de façade dépourvue de justice
Idée 1 : Une politesse érigée en vertu illusoire (l.8-9) → Zilia souligne ironiquement (« car je n’en connais point d’autres » : antiphrase, sarcasme) que le respect affiché envers les femmes dans la société occidentale du XVIIIe siècle n’est qu’une façade et une convention superficielle, sans profondeur ni sincérité. L’autrice met en valeur la portée et l’importance de la critique en réemployant une syntaxe heurtée fonctionnant sur un système de retardement dans la mesure où la principale est coupée par deux propositions coordonnées. Elle met en relief la subjectivité de Zilia par l’emploi de la première personne du singulier: « je ne leur en connais point d’autre. » Cependant, l’intrusion de la subjectivité ne fait que renforcer la critique dans laquelle nous pouvons nous projeter et nous identifier grâce à l’emploi de la première personne.
Idée 2 : Les hommes de haut rang doivent un respect universel… mais formel et hypocrite (l.9-10) → Zilia explique, grâce à l’antithèse qui oppose « plus haut rang » à « plus vile condition » que les règles de politesse s’étendent à toutes les classes sociales sans exceptions. Cependant, cette politesse est purement formelle presque institutionnelle. L’épistolière développe les conséquences que pourrait subir un homme qui se montre insultant envers une femme : la « honte » et le « ridicule ». Elle démontre alors que la sanction ne porte pas sur la faute morale, mais sur le manquement aux apparences et aux exigences de la société. L’honneur d’un homme ne dépend que de son image sociale.
Idée 3 : L’impunité des hommes d’un rang inférieur (l.10-12- → Selon Zilia, un homme de moindre importance peut impunément nuire à la réputation d’une
femme respectable. Cette juxtaposition et opposition – conjonction de coordination à valeur d’addition « et » et adverbe d’opposition « cependant » – soulignent
l’injustice et l’incohérence du traitement des femmes dans une société où les apparences de respect témoignent d’une réalité bien plus sombre comme l’atteste le
champ lexical de la tromperie. La préposition négative « sans » et la conjonction de coordination « ni » qui ferment la proposition expriment l’absence de
conséquence pour des actions négatives proférées par le genre masculin. Tout puissant, il semble pouvoir régner dans cette société, intouchable et impuni même
s’il bafoue le genre humain.
Transition : Après avoir dévoilé l’inefficacité du respect de façade à protéger les femmes, Zilia élargit son regard à l’ensemble de la société. Elle met alors en évidence l’oppression généralisée des femmes, qu’elles soient du peuple ou de l’élite.
l.13-16 : Une dénonciation généralisée du poids du genre dans toutes les strates de la société
Idée 1 : Un constat d’abandon général des femmes (l.13) → Zilia exprime d’abord son indignation grâce à une formulation antithétique « loin de compatir » : la société française est indifférente à la souffrance des femmes visibles à travers le recours au vocabulaire de la souffrance : « faiblesse », « accablé », « soulagées » qui insiste sur la charge émotionnelle et physique pesant sur les femmes.. Elle ne leur apporte aucune protection, quelle que soit leur position sociale.
Idée 2 : Une oppression différente selon la classe sociale (l.13-16) → Zilia évoque premièrement les femmes du peuple qui sont « accablées de travail » sans soutien légal ni marital. L’auteure met donc en exergue la solitude des femmes grâce au parallélisme de construction et à la reprise de la conjonction négative « ni par les lois ni par leurs maris ». Elle tente de faire surgir la compassion de ses contemporains grâce à l’emploi d’un registre pathétique et du champ lexical associé des à ce thème. Les femmes de rang supérieur font l’objet d’une métaphore et d’une réification puisqu’elles sont réduites à l’état de « jouet ». L’emploi de ce nom commun leur enlève toute possibilité d’exercer leur libre arbitre tandis que l’antithèse régissant les conditions de leur manipulation – « la séduction » et la « méchanceté » – les place au rang d’éternelles victimes. La négation restrictive « n’ont… que » introduit un constat amer. Le seul dédommagement offert aux femmes est « purement imaginaire ». L’aigreur et la fatalité d’une telle condition sont mis en exergue par l’adverbe modalisateur d’intensité « purement ». Le respect affiché envers elle n’est qu’une façade qui cache en réalité un profond mépris. Graffigny met donc en lumière les contradictions entre les apparences de déférence et la réalité de l’oppression dont elles sont victimes. Dénonçant l’hypocrisie sociale grâce à un registre épidictique du côté du blâme, l’auteure plaide pour une véritable reconnaissance de ses pairs, de leurs valeurs et de leurs droits.
Elmts pour la conclusion : 1. Bilan de l’extrait : ce qu’il faut rappeler : Zilia critique l’incohérence morale des Français : un peuple éclairé mais aveugle à ses contradictions. Elle dénonce l’hypocrisie du respect affiché envers les femmes, qui cache en réalité du mépris et de l’injustice. À travers son regard étranger et féminin, l’autrice questionne les normes sociales, et dénonce l’oppression des femmes, quelle que soit leur condition.
EXEMPLE D’UNE COPIE TRES LEGEREMENT CORRIGEE :
Les Lettres d’une Péruvienne sont publiées en 1752 (deuxième édition), par Françoise de Graffigny. Cette
œuvre représente l’exotisme, mais aussi la soif de savoir du siècle des Lumières. C’est un roman
épistolaire qui a pour personnage principal Zilia, une jeune princesse péruvienne qui critique la société
française du XVIIIe siècle. Ourika est un roman publié par Claire de Duras en 1923. Son héroïne est
sauvée de l’esclavage au Sénégal, quand elle avait deux ans ,par des aristocrates français qui l’élèvent
comme leur propre fille. Ourika se rend vite compte que sa couleur de peau empêche de faire comme
les jeunes filles de son entourage.
Dans un premier temps, on peut observer un premier point commun. En effet, dans les deux œuvres,
le personnage principal se confie à quelqu’un. Dans les Lettres d’une Péruvienne , Zilia se confie à Aza,
l’homme avec qui elle devait se marier au Pérou. Elle ne s’adresse qu’à lui dans chacune de ses lettres
(hormis les dernières). Dans Ourika , le confident est un jeune médecin. Il la rencontre dans un couvent
ou Ourika va lui raconter toute son histoire. Le roman épistolaire ainsi que le discours retranscrit
d’Ourika dans un récit-enchâssé donne une certaine proximité entre le personnage principal et le
lecteur.
On observe aussi un second point commun. En effet, les deux femmes vivent toutes les deux un
chagrin amoureux. Zilia est éloignée d’Aza après avoir été enlevée mais elle l’aime encore. C’est quand
elle apprend qu’il va se marier à une Espagnole que le chagrin apparaît. Ourika, quant à elle, va aimer
Charles, le petit-fils de Mme de B. Ce sentiment n’est pas réciproque et Charles annonce clairement
qu’il aime Anais de Themines, et qu’il souhaite faire sa vie avec elle. La tristesse des deux héroïnes crée
donc une empathie de la part du lecteur pour celles-ci.
Il existe un troisième point commun : c’est le fait que les deux femmes sont arrachées de leur terre
natale. Zilia est capturée dans le Temple du Soleil au Pérou et Ourika est sauvée de l’esclavage au
Sénégal. Leur destin respectif est modifié par ces évènements, les amenant à devenir des personnes
totalement différentes de ce qu’elle devait devenir initialement. De plus, cet arrachement est à chaque
fois lié à un contexte historique réel et critiqué. Pour les Lettres d’une Péruvienne , il s’agit de la
découverte de l’Amérique par les Européens et sa colonisation. En ce qui concerne Ourika , la cible
visée est l’esclavage ainsi que la traite négrière.
Ces deux œuvres servent de critique envers une société. Mais elles ne critique pas la même chose : la
première œuvre critique une société française superficielle du siècle des Lumières, tandis que la
seconde œuvre dénonce le racisme. Cependant, ses œuvres se rejoignent sur le fait de critiquer une
société injuste.
Les deux femmes sont intelligentes, curieuses et comprennent que le monde qui les entoure est injuste
et qu’il est difficile de se faire une place dans leur société simplement car elles sont différentes. Ainsi
nous remarquons pour les deux personnages principaux une certaine lucidité et une intelligence
d’esprit sur leur situation, après avoir tenu un regard naïf sur ce monde nouveau qui s‘offrait à elle. La
question de l’Altérité, de l’appréhension de l’Autre, se trouve donc au cœur des deux récits.
D’autre part, les deux fins sont assez différentes : Zilia devient indépendante et se consacre aux
sciences et à l’art, c’est une fin que l’on peut voir comme heureuse ; alors qu’Ourika meurt, ce qui
vient accentuer cette fin tragique.
Pour conclure, ces deux œuvres représentent plusieurs points commun, mais se différencient sur
d’autres points. Selon moi, les deux romans illustrent deux histoires assez différentes, écrites par des
autrices dénonçant la société de leur temps.
_- En effet/ ainsi....
_- C'est le cas avec des noms /adjectifs/ verbes tels que ….
_- L’expression…………met en valeur…………
_- On le voit, l'auteur …. , mais il …. aussi....
Méthode : rédiger un paragraphe de commentaire
Tout se rédige (pas de titre) De préférence au présent
Mais jamais de “je” ou de “vous”