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L'évolution de la langue française: Histoire interne et externe - Prof. Druetta, Appunti di Lingua Francese

Appunti presi durante le lezioni di lingua francese prima annualità

Tipologia: Appunti

2020/2021
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APPUNTI DI LINGUA FRANCESE 1 A.S. 2020/2021 – PROF. DRUETTA
La Francophonie et la France d’Outre - Mer.
La Francophonie est l’ensemble des pays qui parle français. On distingue entre le territoire français (qui se
compose de la France métropolitaine et des Départements, Régions et Collectivités d’Outre-Mer) et les
territoires où l’on utilise la langue française.
Par example, en France on parle le français comme langue officielle. Dans les autres pays, le français peut
être parlé comme langue co – officielle (es. le Belgique, la Suisse), mais aussi comme langue véhiculaire,
donc une langue pour le communications parmi d’autres langues (es. les pays africains).
La Francophonie est aussi le fact d’appartenir à une Organisation Internationale de la Francophonie (OIF),
et c’est pour ça qu’on parle de Francophonie politique.
Le français est la dixième langue du monde. Le français est la seule langue, avec l’anglais, à être parlée sur
les cinq continents. Il y a 300 millions de francophones (langue maternelle ou véhiculaire), dont 235
millions de locuteurs quotidiens. Il y a 88 états et gouvernements qui adhérents à l’OIF (54 membres à part
entière + 27 observateurs et 7 associés). La francophonie politique ne coïncide pas avec la francophonie
linguistique! De nombreux pays où le français est largement pratiqué n’adhèrent pas à l’OIF (es. Algérie et
Tunisie). Beaucoup de gouvernements adhérents n’ont pas le français comme langue officielle ou
véhiculaire (es. Roumanie, Albanie, Bulgarie… ). Au total, la francophonie politique intéresse 890 millions
de personnes, alors que la francophonie linguistique stricto sensu ne touche que 235 millions de personnes
(locuteurs quotidiens), 300 millions au total (y compris les francisants). En outre, le terme francophonie a
été créé en 1886 par le géographe Onésime Reclus, qui proposa un classement des peuples du monde sur
la base de leur langue. Le terme a été repris au moment de la décolonisation (années 1950) par des
présidents africains, afin de souligner le lien entre les peuples parlant français et d’obtenir une aide pour
leur développement. En 1920, il y a une collaboration dans le monde des personnes qui parlent la même
langue, comme les Organisations Internationales Francophones, où il y a des journalistes et des écrivains.
Il y a des langues "Il n'y a plus de races, toutes les familles humaines s'étant entremêlées à l'infini depuis la
fondation du monde. Mais il y a des milieux et il y a des langues. Un ensemble de conditions physiques, sols,
climats, vents, pluies, soleil, mariage de la terre et de la mer ou divorce entre l'une et l'autre, a fait d'un
confus brassement de "races" des peuples parfaitement distincts". La langue fait le peuple "Dès qu'une
langue a "coagulé" un peuple, tous les éléments "raciaux" de ce peuple se subordonnent à cette langue.
C'est dans ce sens qu'on a dit : la langue fait le peuple (lingua gentem facit)". Onésime Reclus dans Un
grand destin commence.
Les premiers pas pour la francophonie politique sont l’union des écrivains de langue française (1926),
poursuivie par les journalistes (1950). La France accepte sans hésitations la proposition des présidents
africains: c’est un moyen de promouvoir son pays, sa langue, sa politique…son économie contre les USA
tout-puissants et de continuer à contrôler ses anciennes colonies. La première institution
intergouvernementale francophone est le CONFEMEN (conférence des ministres de l’éducation, 1960).
Puis, en 1961on a la création de l’AUPELF, devenue par la suite AUF (Association des Universités
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APPUNTI DI LINGUA FRANCESE 1 A.S. 2020/2021 – PROF. DRUETTA

La Francophonie et la France d’Outre - Mer. La Francophonie est l’ensemble des pays qui parle français. On distingue entre le territoire français (qui se compose de la France métropolitaine et des Départements, Régions et Collectivités d’Outre-Mer ) et les territoires où l’on utilise la langue française. Par example, en France on parle le français comme langue officielle. Dans les autres pays, le français peut être parlé comme langue co – officielle (es. le Belgique, la Suisse), mais aussi comme langue véhiculaire, donc une langue pour le communications parmi d’autres langues (es. les pays africains). La Francophonie est aussi le fact d’appartenir à une Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), et c’est pour ça qu’on parle de Francophonie politique. Le français est la dixième langue du monde. Le français est la seule langue, avec l’anglais, à être parlée sur les cinq continents. Il y a 300 millions de francophones (langue maternelle ou véhiculaire), dont 235 millions de locuteurs quotidiens. Il y a 88 états et gouvernements qui adhérents à l’OIF (54 membres à part entière + 27 observateurs et 7 associés). La francophonie politique ne coïncide pas avec la francophonie linguistique! De nombreux pays où le français est largement pratiqué n’adhèrent pas à l’OIF (es. Algérie et Tunisie). Beaucoup de gouvernements adhérents n’ont pas le français comme langue officielle ou véhiculaire (es. Roumanie, Albanie, Bulgarie… ). Au total, la francophonie politique intéresse 890 millions de personnes, alors que la francophonie linguistique stricto sensu ne touche que 235 millions de personnes (locuteurs quotidiens), 300 millions au total (y compris les francisants). En outre, le terme francophonie a été créé en 1886 par le géographe Onésime Reclus, qui proposa un classement des peuples du monde sur la base de leur langue. Le terme a été repris au moment de la décolonisation (années 1950) par des présidents africains, afin de souligner le lien entre les peuples parlant français et d’obtenir une aide pour leur développement. En 1920, il y a une collaboration dans le monde des personnes qui parlent la même langue, comme les Organisations Internationales Francophones, où il y a des journalistes et des écrivains. Il y a des langues " Il n'y a plus de races, toutes les familles humaines s'étant entremêlées à l'infini depuis la fondation du monde. Mais il y a des milieux et il y a des langues. Un ensemble de conditions physiques, sols, climats, vents, pluies, soleil, mariage de la terre et de la mer ou divorce entre l'une et l'autre, a fait d'un confus brassement de "races" des peuples parfaitement distincts ". La langue fait le peuple "Dès qu'une langue a "coagulé" un peuple, tous les éléments "raciaux" de ce peuple se subordonnent à cette langue. C'est dans ce sens qu'on a dit : la langue fait le peuple (lingua gentem facit)". Onésime Reclus dans Un grand destin commence. Les premiers pas pour la francophonie politique sont l’union des écrivains de langue française (1926), poursuivie par les journalistes (1950). La France accepte sans hésitations la proposition des présidents africains: c’est un moyen de promouvoir son pays, sa langue, sa politique…son économie contre les USA tout-puissants et de continuer à contrôler ses anciennes colonies. La première institution intergouvernementale francophone est le CONFEMEN (conférence des ministres de l’éducation, 1960). Puis, en 1961on a la création de l’AUPELF, devenue par la suite AUF (Association des Universités

Francophones), avec siège à Montréal. Ensuite, il y a la création de l’Université Internationale Francophone à Alexandrie (1989). À partir de 1970, on a la mise en place officielle, avec le traité de Niamey: Agence de Coopération Culturelle et Technique. La dénomination OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) est adoptée par la conférence de Bucarest de 1998. Les institutions qui s’occupent de la francophonie sont :  OIF : Organisation Internationale de la Francophonie. Créée en 1970, c’est l’organisme de base, qui coordonne toutes les autres initiatives. Sommet tous les deux ans des chefs de gouvernement. Depuis 1997, on a créé le poste de secrétaire général, qui joue un role politique. Ce poste est occupé par une personnalité au prestige international, le premier a été Boutros Boutros Ghali (1998-2002: ancien secrétaire de l’ONU) ; Ensuite il y a Abdou Diouf (2003-2014: ancien président du Sénégal). Actuellement il y a Michaëlle Jean (ancienne gouverneure générale et commandante en chef du Canada).  AUF : Agence Universitaire de la Francophonie, créée en 1961 (AUPELF). Siège à Montréal et à Paris. 1007 membres dans 119 pays. But: formation d’enseignants et de professionnels pour le développement des pays et pour l’essor de la communauté scientifique francophone. Nombreuses actions en Afrique.  TV5 : créée en 1984, elle regroupe des télévisions francophones européennes et québécoises et diffuse dans le monde entier (audience estimée à 180 millions de foyers), créant le lien entre les différentes populations francophones.  Université Senghor d’Alexandrie (Egypte): établissement géré directement par les instances francophones.  AIMF : Association des Maires Francophones, pour la coopération sur les grands espaces urbains. La France a longtemps eu un ministère consacré à la Coopération et à la Francophonie (créé par De Gaulle en 1959). Ensuite, ce ministère a été géré par la culture (1993-95), puis résorbé par celui des Affaires étrangères (d’abord, ministre délégué: 1997, puis sous-secrétariat: 2007). Aujourd’hui la Francophonie a disparu des attributions officielles du ministère des Affaires étrangères (depuis 2010), mais il existe toujours une «cellule de réflexion stratégique» de la francophonie. En réalité la France est toujours très présente sur les scénarios francophones, notamment de ses anciennes colonies africaines (es. intervention de l’armée au cours des émeutes en Côte d’Ivoire ou au Mali). Ses intérêts commerciaux et politiques restent très forts. Le Budget de l’OIF, d’environ 80 millions d’euros, est en grande partie financé par la France. Si l’on comprend l’ensemble des institutions de la Francophonie, ce budget s’élève à 250 millions d’euros, dont 65% couverts par la France, ce qui montre à quel point cela reste un enjeu stratégique pour elle. La France a eu une histoire coloniale depuis le XVI siècle, qui s’est terminée dans les années 1950- (guerres ou mouvements d’indépendance → décolonisation). Certains territoires sont restés attachés à la France, avec un degré d’intégration variable:  Départements et régions d’Outre-Mer: ce sont des territoires qui ont le même statut que les départements de France Métropolitaine; leurs habitants sont citoyens français, ils élisent le Président de la République, ils font partie de l’UE, avec le statut de Régions Ultra Périphériques (RUP), la monnaie y est l’euro.  Collectivités d’Outre-Mer: ces territoires ont une indépendance relative de la France. Globalement, il y a environ 2,5 millions d’habitants dans les DROM-COM. L’ancienne dénomination (DOM- TOM) a été remplacée par la constitution de 2003 (qui introduit les réformes de la décentralisation et les

provoqué des affrontements entre 1984 et 1988. C’est économiquement important parce qu’il y a des dépôts de nickel.  Les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), un ensemble des îles qui sont des territoires inhabités et elles sont utilisées pour des recherches scientifiques. Ces territoires sont très importants, surtout dans le point de vue économique, parce qu’ils sont des îles, et donc c’est facile contrôler le commerce et le transport. Ils sont importants aussi dans le point de vue politique, parce que la France va être présente par tout le monde et peut exercer l’influence dans ces territoires et dans les territoires prochains. La Belgique. La Belgique se trouve dans la partie nord – est de la France, et le français est la langue officielle à partir de

  1. Dans cette image on peut voir qu’il y a des frontières linguistiques : en effet, dans la partie au Sud on parle le français (La Wallonie); dans la partie au Nord on parle le néerlandais (Le Flandre) ; il y a aussi une partie allemande à l’est. Dans le point de vue politique il y a une division basée sur la langue parlée. La capitale, Bruxelles, se trouve en territoire flamand, mais on parle français. La Belgique a été latinisée après la conquête de la Gaule (Jules César 57-51 av. J.-C.). Puis, après la chute de l’Empire Romain, il y a eu les invasions des Francs (III siècle ap. J.-C.) et la fixation de la frontière nord-sud. Au XVI siècle est renforcée la séparation entre Nord et Sud par les guerres de religion : au Nord on a les Provinces - Unies (protestants, néerlandophones) ; au Sud on a les Pays - Bas (catholiques, francophones). Puis, la Belgique a été un état occupé plusieurs fois, une de la plus longue a été celle espagnole sous Charles V, qui a duré deux siècles. Au XVIII siècle elle a été sous l’Autriche, et à partir de 1930 elle devient autonome et indépendante. Les particularités de la langue française parlée dans ce territoire se basent sur la prononciation, lexique et syntaxe. Pour ce qui concerne la phonétique, il y a un allongement des voyelles (prononciation «traînante») ; une distinction entre/a/ et /ɑ/ (a antérieur et postérieur) [es. patte – pâte : /pat/ - /pɑt/ → /pat/ -/pa:t/] ; les féminin des mots sont à finale vocalique (semiconsonne) ; l’ajout d’une semiconsonne entre deux voyelles formant hiatus [Créer /kʁee/ → /kʁeje/ ; Nouer /nwe/ → /nuwe/] ; l’ouverture des voyelles finales fermées [Café (/kafe/ → /kafɛ/); bistrot (/bistʁo/ → /bistʁɔ/)] ; la distinction entre / / et /ɛ͂ œ͂/ ; les nasalisations inattendues du /ɛ/ [Laine (/lɛn(ə)/ → /l n(ə)/].ɛ͂

Pour ce qui concerne les consonnes, il y a l’assourdissement des consonnes finales (c’est un effet des langues germaniques) ; la simplification des groupes consonantiques finaux ; les palatalisations des certaines consonnes [(T+I → /tʃ/, D+I → /dʒ/, N+I → /ɲ/)] ; la neutralisation de l’opposition /ɥ/ -/w/ ; la réduction de /lj/ → /j/. Pour ce qui concerne le lexique, il y a des archaïsmes (il s’agit d’«aires latérales») →es. septante et nonante ; des régionalismes (surtout termes de la vie courante et de la cuisine régionale) ; et des termes administratifs. Aussi la syntaxe belge est très particulière : pour ce qui concerne les verbes, les transitifs ont un emploi «absolu» → es. Marc fréquente (il est fiancé) ; Tu accompagnes à la mer. ;l’utilisation des verbes en construction pronominale (réfléchie) → es. Marie s’est accouchée d’une fille ; Paul et Marion se sont divorcés ; les valences verbales avec/sans préposition → es. Christelle est allée demander après un renseignement ; Prête-moi ton dictionnaire. Je l’ai besoin. Pour ce qui concerne les prépositions, il y a l’utilisation de Qu’est-ce que… pour un nom → es. Paul, qu’est- ce que c’est pour un scooter que tu as acheté? (Qu’est-ce que c’est comme scooter? - Quel type de scooter as-tu acheté?) ; l’utilisation du complément de lieu À + Nom de personne → es. Ce matin, je vais au boulanger, au coiffeur et ensuite au docteur. Aussi l’ordre des mots est très particulier :il y a l’antéposition de l’objet pronominal → es. Julie m’a dit qu’elle était trop malade. Ça, je crois. Elle, je connais ; et la postposition de l’adverbe de quantité → es. J’ai mangé des pâtes assez. La Suisse.

la fondation de Montréal. Les colons remontent le cours du Saint Laurent, puis descendent le long du Mississipi et il y avait la fondation de la Louisiane en 1680. L’ensemble des territoires conquis par les Français s’appelleront la Nouvelle France. Au XVI siècle, il s’agit de colonies marchandes (fourrures, pêche), sans permanence stable. C’est au XVII siècle que les premières villes sont fondées: Québec (1608), Montréal (Ville Marie, 1640). Le premier colon à s’établir avec sa famille fut Louis Hébert (1617), en Acadie (la zone au sud du Québec). Cependant, la population est très faible, environ un millier d’hommes en 1660. Il y a la création des «Filles du Roy» (1663- 1673), un millier de filles orphelines qui sont éduquées et dotées par l’état pour se marier avec les colons ; à la fin de cette période, il y a 6500 habitants au Québec. En 1583 Humphrey Gilbert débarque à Terre Neuve. Globalement, les Français ne seront jamais très nombreux dans la Nouvelle France. Il n’y a pas de persécution religieuse de même envergure qu’en Grande Bretagne. Le Québec devient donc le «rêve américain» d’une terre où pouvoir professer librement sa foi. La conquête anglaise a un caractère toujours plus commercial que d’implantation. En 1629 il y a les premiers affrontements Français – Anglais: le Québec est pris par la flotte anglaise, et elle sera rendue à la France en 1632. Au début du XVIII siècle, il y a environ 15’000 Français, contre 250’000 Anglais. Vers la moitié du siècle, la Nouvelle France compte 60’000 habitants contre plus d’un million de Britanniques ; donc il y a un infériorité numérique lors des batailles. Les Français perdent l’Acadie, Terre Neuve et Hudson (1713), et on firme le traité d’Utrecht pour la guerre de succession espagnole. La Louisiane est cédée à l’Espagne en 1762 comme compensation pour la perte de la Floride. En 1803 elle est rendue à la France, mais Napoléon la vend aux Etats-Unis. Le Québec est cédé aux Britanniques en 1763 pendant la Guerre de Sept Ans. La France gardera les Iles de Saint-Pierre-et-Miquelon, aujourd’hui collectivité d’Outre-Mer. En 1713, après le traité d’Utrecht, la France cède l’Acadie à l’Angleterre, avec les colons, qui n’ont pas le droit de se déplacer. Au début, ceux-ci sont dispensés du «serment d’allégeance» à la couronne anglaise. Donc, il y a des tentatives de résistance et de guérilla et collaboration avec les indiens. En 1754, pendant la guerre de Sept Ans, la Grande Bretagne efface le statut d’exception des Acadiens, les oblige au Serment d’allégeance et à combattre contre les Français. Entre 1755 et 1760, face aux résistances des Acadiens, les Anglais décident la déportation de tous les Acadiens (15000) vers la Louisiane (les «cajuns»), vers la France. Beaucoup meurent, d’autres se réfugient dans les territoires indiens (diaspora acadienne). Sorte de génocide caché pendant un siècle l’écrivain Henri Longfellow le fait connaître en 1847, dans son poème Evangeline. En 1774 on a l’Acte de Québec, permettant aux «Français» de garder leur langue et leur religion. En 1867 il y a la création de la Confédération du Canada et en 1931 il y a le Statut de Westminster, qui donne l’indépendance du Canada et le droit de déterminer ses lois. Puis, on a l’abolition progressive de l’enseignement du français dans les provinces du Canada et des tensions indépendantistes. En 1967 on a l’«incident diplomatique» de De Gaulle, prononçant son discours depuis le balcon de la mairie de Québec, où il dit «Vive le Québec libre». Entre 1980 et 1994 il y a les référendums qui n’ont pas obtenu l’indépendance. Pour ce qui concerne les particularités phonétiques, séparés de la France depuis 1763, les Québécois ont gardé un français plus ancien, alors que le français de France a évolué. Il y a donc des prononciations et des mots plus anciens et spécifiques. Il y a en outre l’influence de l’anglais, surtout pour le lexique. Les différences phonétiques concernent surtout les voyelles. Il y a le maintien de l’opposition /a/ - /ɑ/ (prononciation vélaire, presque/ɔ/) ; les syllabes fermées par /ʁ/, /v/, /ʒ/ il y a l’allongement de la voyelle, par des consonnes différentes il y a l’ouverture. Puis, les voyelles nasales / ɑ̃/ et /ɛ ̃/ deviennent /ɛ̃ / et /e ̃/. Il

y a aussi la diphtongaison des voyelles toniques (es. Il mange [ilmã uʒ] ; Chaise [ʃaiz] ; fleur [flauʁ]), et la prononciation différente de -oi-, qui devient /we/ (es. Soir [sweʁ] ; Moi [mwe] ; Poisson [pwesɔ ̃]). Pour ce qui concerne les consonnes, la R se prononce souvent alvéolaire (/r/) ; puis, il y a la prononciation du T final précédé de voyelle (es, nuit, tout, but ). Parfois, on ajout un T final (es. ici → icitte ). Il y a aussi l’assibilation des dentales /t/ et /d/, qui deviennent les affriquées /ts/ et /dz/. Le lexique québécois est plein des archaïsmes et des emprunts et calques de l’anglais. Pour ce qui concerne la syntaxe, il y a des différentes pronoms personnels de troisième personne (il devient i, elle devient a) → es. I chante, a chante. On a aussi l’utilisation du particule interrogative tu → es. A vient-tu?; Vous avez-tu lu le journal?. Il y a l’utilisation de la proposition conditionnelle à l’infinitif et la pseudo – clivée en «qu’est-ce que». Les variations linguistiques en France. En France il n’y a pas des dialectes, mais il y a des différents manières des prononciations. Au Sud, il y a une vaste zone qu’on appelle Langues d’Oc, influencées par des langues comme l’italien et l’espagnol (donc on a une division basée sur la différence de la langue). Au Nord, il y a la zone des Langues d’Oïl, influencées par les langues germaniques. Entre les deux zones, il y a des territoires intermédiaires, comme le croissant , et la zone Franco – Provençal. Enfin il y a des zones où on ne parle pas des dialectes d’origines français, comme le Breton, le Flamand, le Catalan et le Basque. Dès l’époque de la Révolution française, l’état français a mené une ouvre de chasse aux dialectes assez féroce. En 1794, la période de la terreur linguistique pourchasse tous les fonctionnaires de l’état qui n’utilisent pas la langue nationale. La même année, l’abbé Grégoire publie son Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois , qui s’en prend à ces langues régionales, considérées comme des vestiges de l’Ancien Régime, permettant à l’aristocratie d’entretenir son pouvoir sur un peuple ignorant, ne maîtrisant pas la langue nationale et, de ce fait, incapable de connaître les nouvelles idées et les nouveaux

nettement localisée : le E ouvert de gilet [ʒilɛ] n’est conservée qu’à l’est et à l’ouest du pays (Bretagne), tandis que la prononciation fermée du E final (ET) se répand un peu partout en France. La répartition Nord - Sud affecte aussi la prononciation de quelques consonnes finales, absentes du français standard et présentes dans certains usages du français méridional. C’est le cas du S des mots moins et encens , qui est prononcé dans les pays près de l’Espagne. Ces variantes de prononciation vont à contre-courant: on observe par exemple que certaines liaisons obligatoires ( cent euro : liaison entre le déterminant numéral et le nom déterminé) ne sont pas produites sur un vaste territoire sud et ouest. Enfin, il y a une variation de timbre entre les deux semiconsonnes [w] et [ɥ], opposant des mots comme joint [ʒw ] vsɛ̃ juin [ʒɥ ], parfois prononcés de la même manière [ʒw ]. Dans ce cas, la variante quiɛ̃ ɛ̃ efface la distinction phonologique se manifeste surtout au Nord et à l’Est. Pour ce qui concerne le lexique, la variation concerne ici des mots très courants, liés à des aspects domestiques de la vie. Un mot qu’on retrouve dans plusieurs enquêtes linguistiques, c’est celui qui désigne l’objet en tissu destiné à laver les sols. En français standard, il s’agit d’une serpillière , mais bien d’autres mots apparaissent lorsqu’on se déplace à travers le territoire. D’autres objets touchés par la variation sont par exemple le téléphone portable ( GSM en Belgique, Natel en Suisse) ou le clignotant de la voiture ( clignoteur en Belgique et signofile en Suisse). Un autre domaine dans lequel la variation est assez sensible est le domaine culinaire : dans la quasi-totalité de la France on parle d’un pain au chocolat pour désigner une pâtisserie à base de pâte feuilletée et de chocolat, alors que dans le sud-ouest (et jusqu’à Bordeaux), on parlera plutôt de chocolatine.

Pour ce qui concerne la morphologie et les temps verbaux, il y a l’utilisation du surcomposé, qui existe dans certaines régions de France, et il s’agit d’un temps verbal formé à partir du passé composé du verbe auxiliaire avoir , suivi du participe passé du verbe qui donne le sens lexical. Cette forme, encore vivante surtout dans la zone d’oc, sert à indiquer quelque chose de totalement révolu, qui n’a plus d’effet sur le moment présent. Lorsqu’on dit : « j’ai eu fait de l’allemand », cela signifie que non seulement je n’en fais plus actuellement, mais que, très probablement, je ne me souviens plus d’aucun mot de cette langue. Il s’agit d’une forme compacte et très expressive. Placé dans une proposition subordonnée, cela signifie tout simplement l’antériorité. La phonétique. La distinction entre voyelles et consonnes c’est qu’on a une voyelle lorsque l'air s’écoule librement, sans rencontrer d’obstructions sur son passage. Si le passage de l'air à partir de la glotte est obstrué, complètement ou partiellement, en un ou plusieurs endroits, on a affaire à une consonne. Entre les consonnes et les voyelles il y a des articulations intermédiaires : il s’agit des semivoyelles (qu’on appelle aussi semi-consonnes ou glides). Les modes d'articulation sont des facteurs qui modifient la nature du courant d'air expiré. On peut avoir un libre passage ou la vibration des cordes vocales (distinction entre sourde et sonore); un libre passage ou obstruction en un point quelconque (le point d'articulation) des cavités (voyelle/consonne); le passage uniquement par la bouche ou conjointement par la bouche et le nez (orale/nasale); le passage de l’air, dans la bouche, par le milieu ou des deux côtés de la langue (articulations non latérales vs latérales). Le point d'articulation indique l’endroit de la bouche où la langue (ou une autre partie) crée un obstacle au passage de l’air; c’est grâce à cet obstacle que s’articule un son consonantique déterminé. Le point d'articulation peut se situer aux endroits suivants :  Les lèvres (articulations labiale s ou bilabiales ) /p/, /b/, /m/  Les dents (articulations dentales ) /t/, /d/, /s/, /z/  Les lèvres et les dents (articulations labio-dentales ) /f/, /v/  Les alvéoles (c'est-à-dire les gencives internes des incisives supérieures, articulations alvéolaires ) /ʃ/, /ʒ/, /l/, /n/  Le palais (articulations palatales ) /j/, /ɥ/  Le voile du palais (palais mou, articulations vélaires ) /k/, /g/, /ŋ/, /w/;  La luette (articulations dites uvulaires ) /χ/ fricatif  Le pharynx (articulations pharyngales )  La glotte (articulations glottales ) /ʔ/ Le système vocalique français :

  1. L’utilisation des consonnes d’enchaînement et de liaison, utilisées dans le but d’obtenir une alternance consonne-voyelle (v-c-v-c) et une prononciaition liée des mots, permettent d’ajouter un phonème supplémentaire entre deux mots et de faire apparaître ainsi un nouveau mot On a déjà dit que le français se caractérise par une grande variété et une grande instabilité dans la correspondance entre les phonèmes et les graphèmes les représentant, ce qui se traduit par de multiples graphies transcrivant un même phonème et, inversement, on peut observer qu’une même graphie ne correspond pas toujours au même phonème. Ce phénomène pose d’énormes problèmes d’orthographe, qui deviennent surtout sensibles dans l’exercice de la dictée et dans la lecture à voix haute. Dans ce dernier cas, en effet, il n’est pas possible de lire un mot sans l’avoir d’abord identifié, pour savoir quelle est la prononciation à lui appliquer. Ce problème de l’identification préalable du mot pour établir la prononciation correcte se pose de manière aiguë pour certains couples de mots, où la forme du verbe conjugué est graphiquement identique à celle d’un substantif ou d’un adjectif, mais où la prononciation introduit une différenciation. L’histoire de la langue française. On peut étudier la langue selon deux dimensions temporelles: Synchronie , ou la langue à un moment donné, avec ses différences dialectales, langue des jeunes, langue populaire, spécialisée, etc. (Variation) ; Diachronie (comparaison et évolution entre deux états synchroniques de la langue (Changement). On peut faire en outre une différenciation entre histoire interne (changement diachronique, comment la langue a évolué au cours des siècles – langue vivante , elle s’use, elle change ; langue morte , elle ne change plus) et histoire externe (événements historiques qui accompagnent et influencent la langue, par exemple les invasions ou migrations de peuples qui remplacent une langue précédente – substrat – ou apportent des éléments nouveaux – superstrat et adstrat ; événements diplomatiques permettent la diffusion de la langue, par exemple français langue diplomatique du XVIII au XX siècle ; lois interdisant l’emploi d’une langue ou l’enseignement scolaire de celle – ci, par exemple les lois de la révolution française contre les patois ; l’étude de l’histoire externe es une pratique introduite par Ferdinand Brunot). Les premières populations dont les noms nous sont parvenus sont les Ligures et les Ibères (vers 600 av. J.- C.). Les Ligures occupaient la région du sud-est (une partie de la Provence actuelle, ainsi que les Alpes, l'Isère et une partie du territoire de l'Italie d'aujourd'hui). Mais, il y a des conjectures sur leur langue (indoeuropéenne?). Les Ibères occupaient la région du sud-ouest et de l’ouest (langue non- indoeuropéenne, donc ancêtre du basque?). Leurs langues ont disparu avec la colonisation romaine de 120

av. J.-C. et ont laissé des traces surtout sur les toponymes ; par exemple les Ligures ont donné les suffixes toponymiques –anque et -osc, et des mots alpins (es. Calanque ; Avalanche ; Chamois ; Chalet ; Luge), en outre ils ont donné les suffixes –asque et -osque (es. monégasque, roquebrunasque, royasque, Manosque). Les Ibère ont donné le toponyme Céret (dans les Pyrénées Orientales). Les Grecs se sont installés sur les rives de la Méditerranée dès 650 av. J.-C. Ils fondent la ville de Massalia (Marseille). Ils forment des comptoirs commerciaux, jusqu’à Nice (Nikaia) à l’est, et jusqu’à Leucate (leukas) à l’ouest. Peu de rapports avec les populations locales ; peu de mots passés en français (les mots que le français a empruntés au grecs ont des emprunts «savants» bien postérieurs). Au II siècle av. J.-C. il y a la pression des Gaulois, donc les Grecs font appel au secours des Romains, qui porte à la première colonisation romaine (120 av. J.-C.) et la création de la Provincia (Provence). Les Celtes et les Gaulois sont présents en France dès le IX siècle av. J.-C. (en Champagne), les Celtes sont une myriade de tribus qui proviennent d’Europe Centrale et qui occupent peu à peu les territoires de la France du Nord et centrale. On dénombre une centaine de tribus sur le territoire français, qui étaient souvent en guerre entre eux, ce qui fournit le prétexte à l’invasion romaine. Les Gaulois vont aussi en Angleterre, en Espagne, en Asie Mineure (Galathes) et en Italie. Les appellations Celtes ( kel to : guerrier) et Gaulois ( galatis : fort, vaillant) sont équivalentes, mais l’invasion des Gaulois est plus tardive (vers168 av. J.- C.). Lorsqu’ils atteignent la Méditerranée (II siècle), Rome intervient et fonde sa Provincia. Selon Le Robert , 147 mots du gaulois passés en français. Aucun mot n’est passé directement en français, mais c’est le latin qui a emprunté ces mots et, une fois adoptés par les Romains, les mots gaulois ont continué d'évoluer comme des mots latins assimilés par la suite par le roman. Les domaines principaux sont plantes, animaux et objets agricoles: Des autres influences gauloises sont la prononciation [y] de la voyelle U (conjecture) ; la lénition (affaiblissement) des consonnes occlusives intervocaliques du latin (es. Ripam > rive ; Habere > avoir ; Vidam > vie ; Securum > segur > seür > sûr) ; la numération sur base 20 (vigésimale), perpétuée par les Normands (Trois-vingts, quatre-vingts, etc.). La conquête romaine s’effectue en deux temps :  II siècle av. J. – C. (160 – 120): conquête de la Gaule transalpine (Provincia – Provence), formant des colonies de peuplement (latinisation forte).  I siècle av. J. – C. (58 – 51): expédition de Jules César avec 11 légions (66.000 soldats), avec la conquête de la Gaule du Nord (environ 5 millions d’habitants) et subdivision du territoire en 4 provinces : la Narbonnaise, l’Aquitaine, la Lyonnaise, la Belgique.

de terres d’implantation. En 451 arrivent les Huns, des populations Mongols asiatiques. En 476 on a la prise de Rome et fin de l’Empire romain d’Occident. Le 4 septembre 476, Odoacre, le roi des Hérules, déposa le dernier empereur romain d’Occident, Romulus Augustule. L’éclatement de l’Empire romain d’Occident laissa la place à une mosaïque de royaumes barbares : Wisigoth et Suèves en Espagne, Vandales en Afrique du Nord, Burgondes en Bourgogne, Alamans en Alsace et en Suisse, Francs en Gaule. En 486, établis en Belgique, les Francs saliens occupent le royaume gallo-romain, et la France du Nord devient Austrasie et puis Neustrie. Clovis (466-511), est le premier roi de France, et il commence la dynastie des Mérovingiens. En 496 il y a la conversion au Christianisme, avec un phénomène d’assimilation. Entre 507 et 511 il y a la victoire sur les Wisigoths (France de l’ouest), et en 534 on a la prise du royaume des Burgondes (France de l’est) et l’unification avec celui des Francs. Il y a puis l’abandon du francique en faveur du latin comme langue officielle (assimilation à l’Empire romain d’Orient et au Christianisme). Le latin permane dans les écoles, les bibliothèques, la Loi salique. Le superstrat francique a apporté du lexique et introduit des prononciations dans le latin qu’ils avaient adopté. Les influences germaniques et franciques se trouvent dans environ 600 mots, qui sont passé en roman puis en français. Ils sont surtout noms de lieu (toponymes), comme Criquebeuf, Elbeuf, Caudebec, Honfleur, Trouville. Il y a aussi des suffixes dérivationnels, comme -and , -ard , -aud , -ais , -er et -ier (vieillard, soudard, badaud); et des verbes en –ir (choisir, blanchir). Pour ce qui concerne la phonétique, il y a l’H aspiré ; l’amuissement du a final en ə (florem > fleur; sapam > sève) ; les voyelles toniques, qui portent un changement de timbre ; la palatalisation des consonnes intervocaliques (c > j; p > v; t > chute). Les Vikings sont les dernières barbares qui arrivent en France. Entre le IX et le X siècle les pirates scandinaves assaillent les côtes nord et ouest de la France. En 911, Charles le Simple leur donne un territoire, la Normandie, et en effet ils s’appellent aussi les Normands. Vers la fin du X siècle, il y a la pacification et la conversion au Christianisme de ces peuples. Les Normands porteront le français en Angleterre et en Sicile, et portent quelques mots liés à la mer, comme carlingue, crabe, crique, homard, joli, vague. Entre VI et VII siècles il y a la désagrégation du royaume sous le coup des barbares (siècles obscurs): il est partagé parmi les fils des rois mérovingiens, donc les descendants de Clovis : il porte le morcellement territorial sans pouvoir central et la formation de dialectes. Les écoles publiques disparaissent et l’église perd elle aussi de son influence ; le clergé devient assez ignorant. Les copistes aussi gardent seulement une compétence passive, alors que la compétence active avait cessé au début du VII siècle. La dynastie carolingienne est issue de Charles Martel depuis la Bataille de Poitiers en 732, son fils, Pépin Le Bref, est le premier roi de la dynastie (751-768). En 768 le royaume des Francs passe à Charlemagne (768- 814), qui rétablit l'ancien Empire romain d’Occident, sauf la Grande-Bretagne, sous les Anglo-Saxons, et l'Espagne, sous les Arabes. En 800 il se fait couronner empereur du Saint Empire romain germanique. Son royaume s'étend du nord de l'Espagne jusqu'aux limites orientales de l'Allemagne actuelle, de l'Autriche et de la Slovénie. Il utilise le francique rhénan, sa langue maternelle, comme langue courante à la cour. Par ailleurs, il veut rétablir les études latines, et il fait venir le moine Alcuin d’Angleterre pour enseigner le latin aux moines (lecture de la Vulgate – édition de la Bible de Saint Jérôme). La Renaissance latine est une période où il y a la redécouverte des textes latins et la reprise des copistes. Le latin devient la langue de l’état et de l’Église pendant plusieurs siècles. Les enseignements se divisent sur trois niveaux: l’Élites (Aix-la-Chapelle) ; la religion (écoles épiscopales) et les enfants (par les curés dans les campagnes).

Dans cette période il y a une situation de diglossie: les élites utilisent un latin que les masses populaires ne comprennent plus, parce qu’elle est une langue haute, à cause de sa prononciation, entre autres; le peuple parle une langue désormais très différente, une langue basse ou «vernaculaire». Dans les faits, la population ne comprenait plus le discours de l'Église ni celui du pouvoir royal. En 813, on a le Concile de Tours, constatant la difficulté pour le peuple de comprendre la Parole de Dieu et, plus encore, la prédication des prêtres, les différents chapitres monastiques et le concile des évêques ordonnèrent de prêcher en langue romane. On considère que c’est la date de naissance du français (protofrançais). En 842, on a les Serments de Strasbourg, un autre document très important. Charlemagne meurt en 814, et son fils, Louis le Pieux, meurt en 840. Ses petits-fils se disputèrent l'Empire: Lothaire (795-855), Pépin (803-838) et Louis (805-976), puis tardivement, d'un second lit, Charles (823-877). Il y a donc la division territoriale en trois «bandes», ratifiée par le traité de Verdun, en 843. En attendant, Charles le Chauve et Louis le Germanique scellèrent une alliance contre leur frère aîné, Lothaire, par les Serments de Strasbourg (842), un serment prêté en présence et dans la langue des soldats de l’autre. Le texte est contenu dans l’œuvre latine de Nithard (cousin de ces trois princes), et c’est le premier témoignage écrit en protofrançais. L’écriture est modelée sur le latin (le roman ne s’écrivait pas à l’époque, il fallait inventer une graphie). Pour l'amour de Dieu et pour le salut commun du peuple chrétien et le nôtre, à partir de ce jour, autant que Dieu m'en donne le savoir et le pouvoir, je soutiendrai mon frère Charles de mon aide et en toute chose, comme on doit justement soutenir son frère, à condition qu'il m'en fasse autant, et je ne prendrai jamais aucun arrangement avec Lothaire, qui, à ma volonté, soit au détriment de mon dit frère Charles. En 843 on firme le Traité de Verdun, qui divise le royaume de Charlemagne en trois États: à Charles II (dit «le Chauve») on donne la Francie occidentale, ce qui deviendra la France ; à Louis I (dit «le Germanique») on donne la Francie orientale ou Germanie ; à Lothaire I on donne la Francie médiane à l'est du Rhône, c'est-à-dire la Lotharingie (dont le nom se transformera plus tard en Lorraine), ainsi que la couronne impériale. Charles II est le premier «roi de France» (843-877), il parlait le francique rhénan, mais son règne est marqué par les premières incursions des Vikings/Normands entre 856 et 861. Après la mort de Lothaire en 855, il y a les guerres de conquête entre France et Germanie et démembrement ; c’est à cette époque que remonte l’invasion des Vikings, devenus les Normands. En 987 il

Puis, il y a de nombreux changements de conjugaison, par exemple les verbes en - iraveuglir, colorir, sangloutir, toussir. Pour ce qui concerne l’ordre des phrases, il y a une ordre relativement libre du latin, donc les fonctions grammaticales sont marquées par les terminaisons des mots (désinences flexionnelles), avec verbe souvent à la fin. Mais il y a aussi une ordre plus rigide des langues romanes, qui n’ont plus de déclinaison (syntaxe positionnelle – ordre SVO). La langue française subit aussi une influence probable des langues germaniques, qui portent une place rigide pour le verbe en deuxième position. Si la phrase commence par un mot autre que le sujet, celui-ci se place après le verbe → es. des Serments de Strasbourg , SI SALVARAI EO cist meon fradre Karlo (de même, je viendrai en secours de mon frère Charles) ; de la Vie de Saint Alexis , BONS FUT LI SECLES al tens ancïenur (Le monde fut bon au temps passé). Concernant la prononciation, il y a une grande abondance de sons non fonctionnels et ils vont se réduire progressivement. Il y a 33 voyelles (aujourd’hui sont 16) ; de nombreuses voyelles et diphtongues nasales ; toutes les lettres sont prononcées, donc beaucoup de diphtongues et triphtongues (aujourd’hui, es. EAU [ɔ], en ancien fr. [eaw]). Puis, il y a la palatalisation des consonnes C, G, J et Z → es. Cire [tsirə], place [platsə], Riche [ritchə], chief [thcijef], Argile [ardjilə], jambe [djambə], Marz [marts], raizon [raidzon], treize [treidzə]. On a aussi la disparition, y compris dans la graphie, des h aspirés initiaux, et ils seront réintroduits pour marquer l’étymologie ou pour bloquer la liaison. Des Carolingiens aux Capétiens. A l’époque des Carolingiens, le système féodal se répand, et le roi lie les vassaux par la concession de fiefs, qui ont une base très locale, et comportent la fermeture de la communauté, le développement de dialectes autonomes, et le pouvoir royal très limité, donc le français est en réalité le francien, le dialecte de l’île de France. En 987 Louis V, dernier roi carolingien, meurt sans héritier direct, donc il y a une élection d’un nouveau roi. Hugues Capet (surnom dû à la «chape») est le comte de Paris. Il est encore roi des Francs, mais c’est le premier qui parle la langue romane et pas le francique. Avec lui, la transmission du pouvoir est héréditaire et non plus élective. Il essaie de rétablir le pouvoir royal sur le territoire. Il fixe son siège à Paris (avant, les rois se déplaçaient). Il faudra attendre 1119 pour qu’un roi, le Capétien Louis VI le Gros, se déclare roi de France, dans une lettre adressée au pape. Le français en Angleterre. Dans cette période, il y a des liens importants des Normands avec l’Angleterre, dû au commerces. En 1002, Emma, la fille du duc de Normandie, est mariée au roi d’Angleterre, et en 1066, à la mort du roi Edouard le Confesseur, Guillaume le Conquérant revendique la couronne d’Angleterre, et porte à la bataille de Hastings en 1066, dont Guillaume gagne la bataille et tue le roi Harold II, parce que le duc de Normandie et roi d’Angleterre est plus puissant que le roi de France. La cour et la langue utilisée est le français, environ 20000 Normands s’installent en Angleterre, toute l’élite est remplacée par des Normands, le franco-normand (ou anglo-normand) devient la langue de l’administration, de la loi et de la justice, et le français se répand même chez l’aristocratie. En 1152, Henri II épouse Aliénor d’Aquitaine, et il gagne le plus vaste territoire européen. En 1259, Henri III d’Angleterre renonce à la Normandie, et donc il y a la séparation progressive des deux langues (anglais et français).

À partir du XII siècle, il y a une production littéraire abondante, avec chansons de geste, chansons de trouvère, fabliaux, contes, ouvrages historiques, biographies de saints, traductions de la Bible. Vers la fin du XIII siècle, Louis IX (Saint Louis) élargit son pouvoir territorial grâce à ses victoires militaires, et les fonctionnaires devient bilingues (français –patois) ; ce sont les agents de diffusion du français. Sous Philippe le Bel (neveu de Louis IX), l’administration de la justice se fait en français. La production littéraire de l’ancien français est très vaste ; il y a la littérature courtoise, produite par les jongleurs, les troubadours et les trouvères), l’une des plus importantes est Marie de France (années 1160- 1180). Puis, il y a la chanson de geste de Chrétien de Troyes (années 1160-1180), qui a écrit Lancelot ou le Chevalier de la charrette, et Yvain ou le Chevalier au lion. On a aussi le roman Tristan et Iseut , l’une des premières versions est celle de Béroul, vers 1180. Au XIII siècle, il y a les premières versions en prose (1230). Un œuvre très importante est le Roman de Renart (1174-1250), des contes, qui sont la parodie de la chanson de geste et des romans courtois. Il y a aussi la littérature historique avec Geoffroy de Villehardouin, qui a écrit La conquête de Constantinople (1207-1213); et Jean de Joinville, qui a écrit le Livre des saintes paroles et bons faits de notre saint roi Louis. Avec Rutebeuf (deuxième moitié du XIIIe siècle), il y a l’abandon de la poésie courtoise et évolution vers une poésie réaliste, et son successeur le plus connu sera Villon, au siècle suivant. Le Moyen français (XIV – XV siècle). Le XIV et le XV siècle sont une période obscure pour la France, à cause des guerres et des maladies. En 1328 Charles IV (dernier des Capétiens) meurt sans héritier. Le roi d'Angleterre (Edouard III) prétend lui succéder au trône de France, mais Philippe VI de Valois (qui régna de 1328 à 1350) fut préféré par les princes français (1337). Commence alors la guerre de Cent Ans (1337-1453), qui suscite des conflits innombrables, comme l’épisode de Jeanne d’Arc. Qui porte à la libération d’Orléans en 1429. Il y a plusieurs ravages dans les campagnes, qui provoquent la famine et la peste. Il y a aussi la séparation de France et d’Angleterre aboutit à établir l’anglais en Angleterre, le français en France. Pendant cette période, où les dialectes sont très forts, le français se répand, porté par les opérations militaires, qui favorisent le brassage des populations et des troupes, y compris au Sud. En 1490 Charles VIII émet une ordonnance imposant le français dans les tribunaux. En 1539 François Ier, dans l’ordonnance de Villers-Cotterêts, rendra l’emploi du français obligatoire dans toute l’administration et la justice, avec l’éviction du latin administratif. L’enseignement universitaire à la Sorbonne exerce une influence très forte sur les élites européennes, dont la moitié des étudiants viennent de l’étranger. Il y a donc un double bilinguisme entre latin-français des classes dominantes, et français-patois du peuple. Il y a donc des changements dans la langue, comme la réduction des diphtongues et triphtongues, en favorisant les voyelles simples. L’orthographe, quant à elle, se complique et a tendance à garder la trace des anciennes prononciations → es. oiseau, peau, fou, fleur, cœur, saoul. On introduit le h à l’initiale pour distinguer U et V → es. huitre vs vitre ; huis vs vis. Il y a l’introduction de la cédille et des accents sur les voyelles (^, ˊ, ˋ). Il y a aussi la perte de la déclinaison et fixation de l’ordre SVO. Puis, il y a la diffusion du pronom ON comme substitut de NOUS, et la régularisation de la conjugaison. En outre, il y a la latinisation de la langue, surtout pour les disciplines scientifiques ; à côté des mots existants, on emprunte un grand nombre de latinismes savants (on calcule qu’à l’époque, seulement 2% de la population pouvait lire). La Renaissance. Les débuts du français classique (XVI siècle).