Rimbaud à la musique, Grafiken und Mindmaps von Geographie

intro et 1er mouvement à la musique de Rimbaud

Art: Grafiken und Mindmaps

2024/2025

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Elève brillant, Arthur Rimbaud excelle principalement dans les disciplines
littéraires. Sa rencontre avec le professeur Georges Izambard va le pousser à
s’intéresser à la littérature en tant qu’artiste. Commencera dès lors une quête de
liberté pour le jeune Rimbaud. Quête qui s’exprime par des fugues répétées et par
une volonté de révolutionner le langage poétique qu’il met en œuvre dans les
Cahiers de Douai, recueil dont Rimbaud, âgé de seize ans, écrit les vingt-deux
poèmes, répartis en deux liasses, à l’occasion de ses fugues en 1870 et qui ne sera
publié que des années après sa mort, en 1919. Rimbaud incarne comme aucun
autre l’idée de rébellion contre l’ordre établi. Aussi rejette-t-il fermement le conflit
Franco-Prussien qu’il sent naître au début de l’année 1870 ainsi que la bourgeoisie
de sa ville, qu’il déteste car elle ne voit pas l’arrivée du danger. La scène
d’apparence plutôt banale qu’il raconte dans “À la musique”, soit un concert un
jeudi soir sur la place publique de Charleville, cristallise en une galerie de portraits
satiriques sa critique d’une bourgeoisie provinciale cupide et satisfaite de sa
médiocrité et celle d’un univers militaire menaçant qui commence à résonner un
peu trop fort à son goût, d'autant qu'il se sent marginal dans cette société.
À la musique
Place de la Gare, à Charleville.
Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.
– L’orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses schakos dans la Valse des fifres&:
Autour, aux premiers rangs, parade le gandin&;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres.
Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs&:
Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames
Auprès desquelles vont, officieux cornacs,
Celles dont les volants ont des airs de réclames&;
Sur les bancs verts, des clubs d’épiciers retraités
Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités,
Puis prisent en argent, et reprennent&: &» En somme&!… &»
Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins,
Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande,
Savoure son onnaing d’où le tabac par brins
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Elève brillant, Arthur Rimbaud excelle principalement dans les disciplines littéraires. Sa rencontre avec le professeur Georges Izambard va le pousser à s’intéresser à la littérature en tant qu’artiste. Commencera dès lors une quête de liberté pour le jeune Rimbaud. Quête qui s’exprime par des fugues répétées et par une volonté de révolutionner le langage poétique qu’il met en œuvre dans les Cahiers de Douai, recueil dont Rimbaud, âgé de seize ans, écrit les vingt-deux poèmes, répartis en deux liasses, à l’occasion de ses fugues en 1870 et qui ne sera publié que des années après sa mort, en 1919. Rimbaud incarne comme aucun autre l’idée de rébellion contre l’ordre établi. Aussi rejette-t-il fermement le conflit Franco-Prussien qu’il sent naître au début de l’année 1870 ainsi que la bourgeoisie de sa ville, qu’il déteste car elle ne voit pas l’arrivée du danger. La scène d’apparence plutôt banale qu’il raconte dans “À la musique”, soit un concert un jeudi soir sur la place publique de Charleville, cristallise en une galerie de portraits satiriques sa critique d’une bourgeoisie provinciale cupide et satisfaite de sa médiocrité et celle d’un univers militaire menaçant qui commence à résonner un peu trop fort à son goût, d'autant qu'il se sent marginal dans cette société.

À la musique

Place de la Gare, à Charleville. Sur la place taillée en mesquines pelouses, Square où tout est correct, les arbres et les fleurs, Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.

  • L’orchestre militaire, au milieu du jardin, Balance ses schakos dans la Valse des fifres : Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ; Le notaire pend à ses breloques à chiffres. Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs : Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames Auprès desquelles vont, officieux cornacs, Celles dont les volants ont des airs de réclames ; Sur les bancs verts, des clubs d’épiciers retraités Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme, Fort sérieusement discutent les traités, Puis prisent en argent, et reprennent : » En somme !… » Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins, Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande, Savoure son onnaing d’où le tabac par brins

Déborde – vous savez, c’est de la contrebande ; – Le long des gazons verts ricanent les voyous ; Et, rendus amoureux par le chant des trombones, Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious Caressent les bébés pour enjôler les bonnes…

  • Moi, je suis, débraillé comme un étudiant, Sous les marronniers verts les alertes fillettes : Elles le savent bien ; et tournent en riant, Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes. Je ne dis pas un mot : je regarde toujours La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles : Je suis, sous le corsage et les frêles atours, Le dos divin après la courbe des épaules. J’ai bientôt déniché la bottine, le bas…
  • Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres. Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas…
  • Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres… En quoi ce poème au registre satirique oppose -t-il le tableau d'une bourgeoisie médiocre profitant d'un orchestre militaire à Charleville à la condition du poète faite de sensualité et de quête émancipatrice? Quatre mouvements composent ce poème en alexandrins : Les six premiers vers xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Les vers 7 à 20 correspondent à la peinture satirique d’une bourgeoisie emprisonnée par des codes Un troisième mouvement xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Les trois dernières strophes s’attachent enfin à montrer la condition libre du poète revendiquant une émancipation sensuelle et esthétique.