exposé de l'humanisme, Essays (university) of Philosophy

exposé sur l'humanisme et l'existentialisme

Typology: Essays (university)

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L’EXISTENTIALISME EST UN HUMANISME
de Jean-Paul Sartre
édition Gallimard, col. Folio/Essais, 1996
Plan de l’oeuvre
Introduction (p. 21-25) : les critiques adressées par l’époque au « courant » existentialiste
Première partie (p. 25-30) : la définition rigoureuse de l’existentialisme
p. 26 : « l’existence précède l’essence »
p. 29-30 : « L’homme, si’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. »
« Ainsi, il n’y a pas de nature humaine puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. »
« L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait. Tel est le premier principe de l’existentialisme. »
Deuxième partie (p. 30-51) : Explication des concepts fondamentaux de l’existentialisme
pp. 30-33 : l’homme est projet et responsabilité
p. 30 : « L’homme est d’abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d’être une mousse, une pourriture ou
un choux-fleur ; rien n’existe préalablement à ce projet ; rien n’est au ciel intelligible, et l’homme sera d’abord
ce qu’il aura projeté d’être. »
pp. 33-37 : l’angoisse et la tentative d’y échapper appelée mauvaise foi
pp. 37-47 : le délaissement. Première apparition du terme de « liberté »
p. 39 :« Il n’y a pas de déterminisme, l’homme est libre,
l’homme est liberté. »
p. 39 : « l’homme est condamné à être libre. »
p. 40 : « L’homme est condamné à inventer l’homme »
p. 39 : « Si Dieu n’existait pas, tout serait permis »
(Doistoïevski)
p. 40 : « l’homme est l’avenir de l’homme » (Ponge).
Cette citation a la même signification que celle de
Sartre « L’homme est condamné à inventer
l’homme ».
pp. 47-51 : le désespoir
p. 50 : « Il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre »
p. 48 : « Se vaincre soi-même plutôt que le monde »
(Descartes)
Troisième partie (p. 51-56) : l’existentialisme prône l’action
p. 51 : « l’homme n’est rien d’autre que l’ensemble de ses actes »
p. 52 : « Un homme s’engage dans sa vie, dessine sa figure, et en dehors de cette figure, il n’y a rien. (...) Le
génie de Proust, c’est la totalité des oeuvres de Proust » (sous-entendu : Proust n’est pas plus que l’ensemble de
ses actes, c’est à dire, pour ce qui est de son génie en littérature, ses livres)
p. 55 : « le lâche se fait lâche, le héros se fait héros »
Quatrième partie (p. 56-74) : réponse à l’objection de subjectivisme
pp 56-62 : premier aspect de l’objection : le solipsisme
p. 59 : « Il existe une universalité de conditions »
p. 61 : « Il y a une universalité de projet humain en ce sens que to ut projet est compréhensible pour l’homme ».
Tout projet humain peut être retrouvé par un autre homme. Le « projet » de Socrate peut rester ainsi actuel pour
nous, homme du XXème siècle.
pp 62-74 : deuxième aspect de l’objection : le relativisme
p. 68 : « Tout homme qui invente un déterminisme est un homme de mauvaise foi ».
« La mauvaise foi est évidemment un mensonge parce qu’elle dissimule la totale liberté de
l’engagement »
p. 69 : « La liberté ne peut avoir d’autre but que de se vouloir elle -même ».
p. 74 : « La vie n’a pas de sens, a priori. »
« Avant que vous viviez, la vie, elle, n’est rien, mais c’est à vous de lui donner un sens. »
Conclusion (p. 74-78) : l’existentialisme est un humanisme
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L’EXISTENTIALISME EST UN HUMANISME de Jean-Paul Sartre édition Gallimard, col. Folio/Essais, 1996 Plan de l’oeuvre Introduction (p. 21-25) : les critiques adressées par l’époque au « courant » existentialiste

Première partie (p. 25-30) : la définition rigoureuse de l’existentialisme

p. 26 : « l’existence précède l’essence » p. 29-30 : « L’homme, si’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. » « Ainsi, il n’y a pas de nature humaine puisqu’il n’y a pas de Dieu pour la concevoir. » « L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait. Tel est le premier principe de l’existentialisme. »

Deuxième partie (p. 30-51) : Explication des concepts fondamentaux de l’existentialisme

pp. 30-33 : l’homme est projet et responsabilité p. 30 : « L’homme est d’abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d’être une mousse, une pourriture ou un choux-fleur ; rien n’existe préalablement à ce projet ; rien n’est au ciel intelligible, et l’homme sera d’abord ce qu’il aura projeté d’être. »

pp. 33-37 : l’angoisse et la tentative d’y échapper appelée mauvaise foi

pp. 37-47 : le délaissement. Première apparition du terme de « liberté » p. 39 :« Il n’y a pas de déterminisme, l’homme est libre, l’homme est liberté. » p. 39 : « l’homme est condamné à être libre. » p. 40 : « L’homme est condamné à inventer l’homme »

p. 39 : « Si Dieu n’existait pas, tout serait permis » (Doistoïevski) p. 40 : « l’homme est l’avenir de l’homme » (Ponge). Cette citation a la même signification que celle de Sartre « L’homme est condamné à inventer l’homme ». pp. 47-51 : le désespoir p. 50 : « Il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre » p. 48 : « Se vaincre soi-même plutôt que le monde » (Descartes)

Troisième partie (p. 51-56) : l’existentialisme prône l’action

p. 51 : « l’homme n’est rien d’autre que l’ensemble de ses actes » p. 52 : « Un homme s’engage dans sa vie, dessine sa figure, et en dehors de cette figure, il n’y a rien. (...) Le génie de Proust, c’est la totalité des oeuvres de Proust » (sous-entendu : Proust n’est pas plus que l’ensemble de ses actes, c’est à dire, pour ce qui est de son génie en littérature, ses livres) p. 55 : « le lâche se fait lâche, le héros se fait héros »

Quatrième partie (p. 56-74) : réponse à l’objection de subjectivisme

pp 56-62 : premier aspect de l’objection : le solipsisme p. 59 : « Il existe une universalité de conditions » p. 61 : « Il y a une universalité de projet humain en ce sens que tout projet est compréhensible pour l’homme ». Tout projet humain peut être retrouvé par un autre homme. Le « projet » de Socrate peut rester ainsi actuel pour nous, homme du XXème siècle.

pp 62-74 : deuxième aspect de l’objection : le relativisme p. 68 : « Tout homme qui invente un déterminisme est un homme de mauvaise foi ». « La mauvaise foi est évidemment un mensonge parce qu’elle dissimule la totale liberté de l’engagement » p. 69 : « La liberté ne peut avoir d’autre but que de se vouloir elle-même ». p. 74 : « La vie n’a pas de sens, a priori. » « Avant que vous viviez, la vie, elle, n’est rien, mais c’est à vous de lui donner un sens. »

Conclusion (p. 74-78) : l’existentialisme est un humanisme

Introduction (p. 9-15) : les critiques adressées par l’époque au « courant »

existentialiste :

  • L’existentialisme est une conférence prononcée par Sartre le 29 octobre 1945 à Paris.
  • Dans un premier temps Sartre évoque les différentes critiques dont l’existentialisme fait l’objet :
  • L’existentialisme pousserait les hommes à un atavisme, une stagnation dans le désespoir, à une philosophie passive, contemplative ; l’action humaine serait absurde et inutile.
  • La critique marxiste :
  • L’existentialisme soulignerait principalement l’aspect négatif de l’être humain en négligeant la beauté qui la complète. L’homme serait isolé, seul dans l’existence parce que l’existentialisme prend pour point de départ le solipsisme cartésien. Qui l’empêcherait de revenir à une solidarité collective.
  • La critique catholique :
  • Nier l’existence de dieu reviendrait à abandonner l’homme dans une action gratuite, à une réalité humaine sans morale.
  • Sartre répond p 23 « « .. nous entendons par existentialisme une doctrine qui rend la vie humaine possible et qui, par ailleurs, déclare que toute vérité et toute action impliquent un milieu et une subjectivité humaine. »
  • L’existentialisme n’est pas naturaliste (descriptif d’une nature humaine (ex : Zola), il n’est pas non plus défaitiste c'est-à-dire qu’il ne se base pas sur un fatalisme des pouvoirs établis et sur une nature humaine médiocre et indépassable.
  • Le mot existentialisme est une sorte de tendance employé à toutes les sauces. Pour Sartre au contraire « c’est la doctrine la moins scandaleuse, la plus austère : elle est strictement destinée aux techniciens et aux philosophes » (p26)

Première partie (p. 15-23) : la définition rigoureuse de l’existentialisme

- Deux écoles existentialistes :

Les chrétiens et les existentialistes athées (Heidegger) « Ce qu’ils ont de commun, c’est simplement le fait qu’ils estiment que l’existence précède l’essence, ou si vous voulez, qu’il faut partir de la subjectivité. »

  • p. 26 : « l’existence précède l’essence » Contre-exemple du coupe-papier : « Lorsqu’on considère un objet fabriqué, comme par exemple un livre ou un coupe-papier, cet objet a été fabriqué par un artisan qui s’est inspiré d’un concept ; il s’est référé au concept de coupe-papier, et également à une technique de production préalable qui fait partie du concept, et qui est au fond une recette. Ainsi, le coupe-papier est à la fois un objet qui se produit d’une certaine manière et qui, d’autre part, a une utilité définie, et on ne peut pas supposer un homme qui produirait un coupe-papier sans savoir à quoi l’objet va servir. Nous dirons que, pour le coupe-papier, l’essence - c’est-à-dire l’ensemble des recettes et des qualités qui permettent de le produire et de le définir -précède l’essence. » Commentaire : Ici le concept (c’est-à-dire l’essence que je saisis, qui est dans ma conscience) du coupe- papier se réduit à une seule fonction ou qualité nécessaire : être capable de couper le papier. Or ce concept ou cette essence va déterminer rigoureusement la technique de production (c’est-à-dire ce qui va amener le coupe-papier à l’existence).

Distinction Être en soi : chose au monde (mousse ou choux-fleur) : essence Être pour soi : humain : existence

La responsabilité : « Mais si vraiment l’existence précède l’essence, l’homme est responsable de ce qu’il est » (p 31) ; Si l’homme décide par des choix conscients de se projeter dans telle ou telle direction et s’il n’est poussé par aucun déterminisme alors il est entièrement responsable de ses actes et de ce qu’il est_. « Ainsi la première démarche de l’existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu’il est et de faire reposer sur la responsabilité totale de son existence. »_

L’une des critiques formulée contre l’existentialisme est celle d’une philosophie de l’individualité, pourtant, être existant et responsable ne doit pas se comprendre au sens strict de l’individu et comme une perte totale des valeurs morales. Au contraire, quand l’homme agit il engage dans son acte toute l’humanité. Il est libre de donner l’image de l’homme en général. « Et quand nous disons que l’homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l’homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu’il est responsable de tous les hommes. » (p31) Donc « L’homme se choisit en choisissant tous les hommes ». Ici Sartre distingue deux subjectivismes et il choisit cette dernière définition : « l’impossibilité pour l’homme de dépasser la subjectivité humaine » (p31)

Agir c’est engager l’homme en général dans son action ; Cette thématique rappelle celle du devoir kantien face à l’impératif catégorique : « En effet, il n’est pas un de nos actes qui, en créant l’homme que nous voulons être, ne crée en même temps une image de l’homme tel que nous estimons qu’il doit être. » En somme : « en me choisissant, je choisis l’homme » (p33)

pp. 33-37 : l’angoisse et la tentative d’y échapper appelée mauvaise foi : Le sentiment d’angoisse s’associe à la notion de conscience, de liberté et de responsabilité. Situé devant une infinité de possibles dont il devra assumer l’entière responsabilité morale, l’homme est pris du sentiment d’angoisse. Pas de guide ou d’excuse, pas de destin, ni de chemin tout tracé. « L’homme qui s’engage et qui se rend compte qu’il est non seulement celui qu’il choisit d’être, mais encore un législateur choisissant en même temps que soi l’humanité entière, ne saurait échapper au sentiment d’angoisse. »

Ici encore la morale sartrienne de l’existentialisme rappelle celle de Kant. A chaque acte « on doit toujours se demander : qu’arriverait-il si tout le monde en faisait autant ?et on n’échappe à cette pensée inquiétante que par une sorte de mauvaise foi » (P34.)

Avec l’exemple d’Abraham, Sartre explique que l’homme doit agir comme s’il était désigné pour agir au nom de toute l’humanité. Il fonde lui-même ses valeurs morales. Celui qui nie cette réalité fait acte de mauvaise foi.

P36 : « Tout se passe comme si, pour tout homme, toute l’humanité avait les yeux fixés sur ce qu’il fait. Et chaque homme doit se dire : suis-je bien celui qui a le droit d’agir de telle sorte que l’humanité se règle sur mes actes? »

Rappel : L’Etre et le Néant : L’homme n’est pas un être en soi, il ne se manifeste pas sous la modalité de la chose ; au contraire, il est un être pour soi et il existe, c'est-à-dire qu’il a la responsabilité de choisir consciemment ce qu’il est ; La mauvaise foi s’apparente ici à l’identification de l’homme à un être en soi (quelque chose de déterminé qui ne pourrait pas modifier son essence). Au contraire en se définissant comme être pour soi, existence contingente, l’homme doit assumer sa liberté.

La mauvaise foi ne conduit pas au quiétisme mais à l’inverse à l’action et à la prise de responsabilité. ( P 36 : exemple du chef militaire).

pp. 37-47 : le délaissement. Première apparition du terme de « liberté » p 37 : « Et lorsqu’on parle de délaissement, expression chère à Heidegger, nous voulons dire seulement que Dieu n’existe pas, et qu’il faut en tirer jusqu’au bout les conséquences. »

Dans la perspective existentialiste, l’homme est délaissé, seul au monde. Il a l’entière responsabilité de se choix car il n’a plus d’excuse ; pas de déterminisme divin garantissant la morale d’un acte ; Il est seul face à ses responsabilités.

« L’existentialiste, au contraire, pense qu’il est très gênant que Dieu n’existe pas, car avec lui disparaît toute possibilité de trouver des valeurs dans un ciel intelligible. » (p38)

« En effet tout est permis si Dieu n’existe pas et l’homme est délaissé, parce qu’il ne trouve ni en lui, ni hors de lui, une possibilité de s’accrocher. Il ne trouve d’abord pas d’excuse. Si en effet, l’existence précède l’essence, on ne pourra jamais expliquer par une référence à une nature humaine donnée et figée ; autrement dit, il n’y a pas de déterminisme, l’homme est libre, l’homme est liberté ; »

p. 39 :« Il n’y a pas de déterminisme, l’homme est libre, l’homme est liberté. » p. 39 : « l’homme est condamné à être libre. » p. 40 : « L’homme est condamné à inventer l’homme »

p. 39 : « Si Dieu n’existait pas, tout serait permis » (Dostoïevski) p. 40 : « l’homme est l’avenir de l’homme » (Ponge). Cette citation a la même signification que celle de Sartre « L’homme est condamné à inventer l’homme ».

Sans aucune détermination, l’homme se positionne ex nihilo dans l’existence ; il est seul maître de sa conscience et responsable de ses actes ; Il s’autodétermine lui-même car c’est là son essence, d’être un être pour-soi : en ce sens, il n’a pas le choix de sa liberté, il y est condamné. Il n’a pas choisi d’être au monde, certes mais il a l’entière responsabilité de tout ce qu’il y fera. Ici Sartre nie toute sorte de détermination telle que la passion dévorante ou un inconscient « Condamné, parce qu’il ne s’est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait. » (p 39/40).

L’homme invente l’homme : L homme est l’avenir de l’homme car son avenir est à faire et vierge. Il va réinventer de manière absolument libre et à chaque instant l’humanité ; Tout est à écrire car rien ne l’est en amont ; L’homme est seul créateur de son univers. Seuls les hommes peuvent juger des actes d’autres hommes. La morale est humaine ; C’est en ce sens que Sartre écrit dans le huit clos que « l’enfer c’est les autres ».

L’existentialisme et ses romans (la nausée, les chemins de la liberté) font des protagonistes responsables de ce qu’ils sont. Non pas déterminés par une hérédité ou par un milieu mais par eux-mêmes, seuls responsables de leurs travers et défauts. P 56 : « Par conséquent nous avons affaire à une morale d’action et d’engagement »

Quatrième partie (p. 56-74) : réponse à l’objection de subjectivisme

pp 56-62 : premier aspect de l’objection : le solipsisme L’un des reproches adressés à l’existentialisme c’est de « murer l’homme dans sa subjectivité. » (p 56). Mais pour des raisons d’ordre philosophique et une réelle prétention à la vérité, Sartre se fonde sur le solipsisme cartésien comme première vérité. C’est le premier fondement d’une vérité absolue condition de possibilité de toute autre vérité. Et ce point de départ « est simple, facile à atteindre ; elle est à la portée de tout le monde, elle consiste à se saisir sans intermédiaire. » (p 57) P 57 : « Il ne peut y avoir de vérité autre, au point de départ, que celle-ci : je pense donc je suis, c’est là la vérité absolue de la conscience s’atteignant elle-même. »

A l’inverse du matérialisme désignant des déterminations constitutives d’une nature humaine, qui objectiverait l’homme (le rend objet, figé, englué dans un en-soi), l’existentialisme redonne à l’homme sa dignité de subjectivité, son statut contingent et absolument libre, sa spécificité d’être pour-soi. En outre, Sartre souligne que sa théorie est la seule qui ne « fasse pas de l’homme un objet » (p 58).

Autrui : Contrairement à la philosophie de Descartes, le cogito existentialiste se constitue dans un rapport à autrui. En effet : « par le je pense.. nous nous atteignons nous-même en face de l’autre, et l’autre est aussi certain pour nous que nous-même. » (p58). L’autre devient la condition de mon existence dans la mesure où pour être quelqu’un je dois passer par la reconnaissance de l’autre. L’autre me constitue et valide mon existence. P 59 : « Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l’autre. L’autre est indispensable à mon existence, aussi bien d’ailleurs qu’à la connaissance que j’ai de moi. » D’emblée l’homme s’inscrit dans le monde de l’intersubjectivité dans lequel lui et les autres se positionnent dans ce qu’ils sont.

La condition humaine : P 59 : « En outre, s’il est impossible de trouver en chaque homme une essence universelle qui serait la nature humaine, il existe pourtant une universalité humaine de conditions » La nature se définit comme une essence prédéterminée alors que la condition désigne plutôt « les limites a priori qui esquissent sa position (de l’homme) dans l’univers » Il y a de la nécessité à l’existence, celle d’être au monde, parmi les autres par exemple. Ces limites sont à la fois objectives (les mêmes pour tous) et subjectives (vécues par toute subjectivité). Tout projet absolument divers et contingent s’inscrit dans cette nécessité.

Universalité du projet individuel Tout homme peut comprendre le projet d’un autre, même si cet autre est différent car tous les hommes ont en commun cette nécessité de construire un projet, d’être reconnus, de transcender leurs limites. Tout projet humain est en ce sens compréhensible par un autre humain.

p. 61 : « Il y a une universalité de projet humain en ce sens que tout projet est compréhensible pour l’homme ». Tout projet humain peut être retrouvé par un autre homme. Le « projet » de Socrate peut rester ainsi actuel pour nous, homme du XXème siècle. P 61 : « Je construis l’universel en me choisissant ; je le construis en comprenant le projet de tout autre homme, de quelque époque qu’il soit. »

pp 62-74 : deuxième aspect de l’objection : le relativisme Il y a une « liaison du caractère absolu de l’engagement libre, par lequel chaque homme se réalise en réalisant un type d’humanité.. »(p 62). P 62 : « Il n’y a aucune différence entre être librement, être comme projet, comme existence qui choisit son essence, et être absolu.. »

Mais le projet humain, dans le sens où il engage avec lui l’idéal de l’humanité toute entière répond à une morale de la responsabilité ; Il contredit donc toute idée de relativisme. Comprendre l’existentialisme comme une philosophie d’une liberté gratuite, absolue et égoïste est un contresens. Au contraire, le choix est nécessaire et toute action implique des conséquences ;

Acte gratuit et existentialisme A l’inverse de Lafcadio (caves du Vatican, André Gide), l’existentialiste fait un choix conscient en évaluant les conséquences. P 64 : « Pour nous au contraire, l’homme se trouve dans une situation organisée, où il est lui-même engagé, il engage par son choix l’humanité entière, et il ne peut pas éviter de choisir ». Lafcadio fait acte de caprice en poussant Fleurissoire et il ne peut se prévaloir d’une morale engageant l’humanité car justement son acte est gratuit et il n’a pas de signification éthique.

La morale P 66 : « Ce qu’il y a de commun entre l’art et la morale, c’est que dans les deux cas, nous avons création et invention ; » « Nous ne pouvons pas décider a priori de ce qu’il y a à faire ». La morale se construit dans l’action. « L’homme se fait, il n’est pas fait tout d’abord, il se fait en choisissant sa morale » Ce qui définit l’homme c’est son engagement, on ne peut donc pas reprocher l’existentialisme de pousser à l’acte gratuit. Il n’y a pas véritablement de progrès humain dans le sens où la subjectivité quelle que soit l’époque et le lieu, se retrouve face une situation et qu’elle doit faire un choix, s’engager dans direction. P 67 : « L’homme est toujours le même en face d’une situation qui varie et le choix reste toujours un choix dans une situation. »

La mauvaise foi : On n’a pas à juger l’acte d’autrui à partir de valeurs morales a priori mais sur l’honnêteté dont il fait preuve dans son engagement ; Tout choix est certes possible s’il est décidé consciemment et rationnellement justifiable ; Ainsi celui qui se réfugierait derrière des excuses pour justifier des actes honteux serait de mauvaise foi. Etre libre signifie donc choisir en toute conscience et ne pas se prétendre passivement déterminé à agir. Les excuses et les références à une essence quelconque sont à bannir. Etre libre c’est assumer ses actes.

P 76 : « L’homme est constamment hors de lui-même, c’est en se projetant et en se perdant hors de lui qu’il fait exister l’homme et, d’autre part, c’est en poursuivant des buts transcendants qu’il peut exister. » P 76 : « Il n’ y a pas d’autre univers qu’un univers humain, l’univers de la subjectivité humaine ». Rapport de transcendance (dépassement) et intersubjectivité définissent l’humanisme existentialiste. Cette théorie est humaniste car elle redonne toute sa dignité à l’homme et qu’elle le dote d’une réelle liberté. L’homme est autonome dans le sens où il se donne à lui- même sa propre loi. De plus l’homme se réalise en se projetant, en se désengluant de lui- même pour construire dans une réalité intersubjective.

Existentialisme et athéisme : P 77 : « L’existentialisme n’est pas autre chose qu’un effort pour tirer les conséquences d’une position athée cohérente. » « Même si Dieu existait, ça ne changerait rien, voilà notre point de vue. »

. Conclusion

Le problème n’est pas celui de l’existence de Dieu. L’homme doit se convaincre qu’il na pas de béquille ou de guide mais qu’il doit se débrouiller tout seul pour mener à bien son existence. Il doit assumer la responsabilité de sa liberté et de son statut d’auto législateur. L’homme est son propre juge et maître et son engagement et ses projets sont autant de témoins de ses choix existentiels.

En ce sens « l’existentialisme est un optimisme, une doctrine d’action. »( p 78)