Good cours geografique, Schemes and Mind Maps of Geography

Good cours geografique 2023.....

Typology: Schemes and Mind Maps

2021/2022

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Géographie de la chine
Introduction
La Chine continentale d’aujourd’hui correspond à celle qui a été mise en place en
1949 par la République Populaire de Chine (RPC). Par ailleurs, tout un monde chinois s’est
développé sur l’ensemble du globe. Ce monde chinois est issu d’une fragmentation du
continent à partir du XIXème siècle. A une exception près, elle s’est faîte sous l’action des
puissances occidentales et japonaises. Jusqu’au XIXème siècle, il y avait donc un grand
ensemble, la Chine, puis le processus de fragmentation a donné naissance à plusieurs grands
ensembles.:
L’île de Taiwan .:
Elle fait 36 000 km2 et compte 22 millions d’habitants. L’île est chargée d’une des
plus fortes densités humaines du monde. Dans un premier temps, elle a été habitée par des
Malayo-polynésiens pendant de nombreux siècles mais aujourd’hui, ils ne sont plus que 400
000 sur l’île.
Sur 3000 ans d’histoire chinoise, c’est seulement au XVIIème siècle que les premiers
colons chinois prennent pied à Formose qui se situe à 200km d’un continent surpeuplé. Par la
suite, le peuplement du Fujian va progresser, si bien qu’en 1887, Taiwan est intégrée à la
Chine en tant que province. Cependant, en 1895, les Japonais l’envahissent pour en faire une
colonie. L’île gardera ce statut jusqu’en 1945, date à laquelle, elle est naturellement restituée à
la Chine qui est en pleine guerre civile. Suite à cela, Jiang Jieshi avec 2 millions de
fonctionnaires et de militaires vont se replier à Taiwan ils vont imposer leur dictature.
Pendant des années s’en suivra une guerre froide entre Pékin et Taiwan, ce qui provoquera
une coupure totale. A partir des années 80, l’état de guerre est aboli et Taiwan devient un des
plus important investisseur de la Chine mais les Chinois ne peuvent toujours pas se rendre à
Taiwan
Hong Kong.:
La ville se situe à l’embouchure de la rivière des Perles et s’étend sur 1000km2
avec 6 millions d’habitants. En 1842, suite au traité de Nankin, les Britanniques prennent pied
à Hong Kong. De part sa position, ils font de la ville une base portuaire qui connaît très vite
un grand succès. Puis, en 1860, un autre traité leur donne Kowloon qui faisait partie des pays
cantonais. Cette région connaît un développement de plus en plus considérable. Enfin, en
1898, les Britanniques négocient pour obtenir un morceau du continent, les Nouveaux
Territoires, sous un bail de 99 ans.
En dépit du fait que Hong Kong et Kowloon étaient aux Britanniques pour l’éternité, en
1997, tout est restitué à la Chine. Depuis, Hong Kong bénéficie du statut de région
administrative spéciale, autrement dit, les autorités de Pékin garantissent une certaine
autonomie à la région mais seulement pendant 50 ans.
Sur les 6 millions d’habitants, plus des 1/3 sont des réfugiés ou des enfants de réfugiés
qui ont fui la Chine alors que désormais, ils vivent sur un territoire chinois…
Hong Kong reprend son rôle d’autrefois, c’est à dire un rôle d’interface entre la Chine et
le reste du monde, plus ou moins comme Shanghai avant.
Macao . :
Cette petite péninsule de 600 000 habitants occupe une superficie de 17km2. En
1557, elle devient colonie portugaise suite à des négociations avec Pékin. Dès lors, la ville
devient une escale essentielle pour la marine marchande occidentale et japonaise. Puis, elle
devient très vite la seule porte d’entrée des missionnaires jésuites tel que Matteo Ricci.
Cependant, après la création de Hong Kong, le rôle économique de Macao s’efface. En 1999,
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Géographie de la chine

Introduction

La Chine continentale d’aujourd’hui correspond à celle qui a été mise en place en 1949 par la République Populaire de Chine (RPC). Par ailleurs, tout un monde chinois s’est développé sur l’ensemble du globe. Ce monde chinois est issu d’une fragmentation du continent à partir du XIXème^ siècle. A une exception près, elle s’est faîte sous l’action des puissances occidentales et japonaises. Jusqu’au XIXème^ siècle, il y avait donc un grand ensemble, la Chine, puis le processus de fragmentation a donné naissance à plusieurs grands ensembles :  L’île de Taiwan : Elle fait 36 000 km^2 et compte 22 millions d’habitants. L’île est chargée d’une des plus fortes densités humaines du monde. Dans un premier temps, elle a été habitée par des Malayo-polynésiens pendant de nombreux siècles mais aujourd’hui, ils ne sont plus que 400 000 sur l’île. Sur 3000 ans d’histoire chinoise, c’est seulement au XVIIème^ siècle que les premiers colons chinois prennent pied à Formose qui se situe à 200km d’un continent surpeuplé. Par la suite, le peuplement du Fujian va progresser, si bien qu’en 1887 , Taiwan est intégrée à la Chine en tant que province. Cependant, en 1895 , les Japonais l’envahissent pour en faire une colonie. L’île gardera ce statut jusqu’en 1945 , date à laquelle, elle est naturellement restituée à la Chine qui est en pleine guerre civile. Suite à cela, Jiang Jieshi avec 2 millions de fonctionnaires et de militaires vont se replier à Taiwan où ils vont imposer leur dictature. Pendant des années s’en suivra une guerre froide entre Pékin et Taiwan , ce qui provoquera une coupure totale. A partir des années 80, l’état de guerre est aboli et Taiwan devient un des plus important investisseur de la Chine mais les Chinois ne peuvent toujours pas se rendre à Taiwan …  Hong Kong : La ville se situe à l’embouchure de la rivière des Perles et s’étend sur 1000km^2 avec 6 millions d’habitants. En 1842 , suite au traité de Nankin, les Britanniques prennent pied à Hong Kong. De part sa position, ils font de la ville une base portuaire qui connaît très vite un grand succès. Puis, en 1860 , un autre traité leur donne Kowloon qui faisait partie des pays cantonais. Cette région connaît un développement de plus en plus considérable. Enfin, en 1898 , les Britanniques négocient pour obtenir un morceau du continent, les Nouveaux Territoires, sous un bail de 99 ans. En dépit du fait que Hong Kong et Kowloon étaient aux Britanniques pour l’éternité, en 1997 , tout est restitué à la Chine. Depuis, Hong Kong bénéficie du statut de région administrative spéciale, autrement dit, les autorités de Pékin garantissent une certaine autonomie à la région mais seulement pendant 50 ans. Sur les 6 millions d’habitants, plus des 1/3 sont des réfugiés ou des enfants de réfugiés qui ont fui la Chine alors que désormais, ils vivent sur un territoire chinois… Hong Kong reprend son rôle d’autrefois, c’est à dire un rôle d’interface entre la Chine et le reste du monde, plus ou moins comme Shanghai avant.  Macao : Cette petite péninsule de 600 000 habitants occupe une superficie de 17km^2. En 1557 , elle devient colonie portugaise suite à des négociations avec Pékin. Dès lors, la ville devient une escale essentielle pour la marine marchande occidentale et japonaise. Puis, elle devient très vite la seule porte d’entrée des missionnaires jésuites tel que Matteo Ricci. Cependant, après la création de Hong Kong, le rôle économique de Macao s’efface. En 1999 ,

Macao devient, comme Hong Kong une région administrative spéciale de la Chine. Aujourd’hui, de nombreuses industries d’exportation et de main d’œuvre sont présentes, mais c’est surtout l’empire des jeux, de la prostitution et de toute sorte de trafics qui assurent le revenu principal de la ville.  La diaspora chinoise au travers le monde : Ce phénomène est très difficile à chiffrer mais on estime entre 25 millions et 30 millions le nombre de Chinois d’outre mer, dont la majorité ont pris la nationalité de leur pays d’accueil. Cette diaspora est de loin la plus importante du monde et elle est issue de trois grands temps historiques :  De l’origine Han jusqu’au XVIIIème^ siècle : On assiste à une installation progressive des habitants de la Chine du Sud dans les pays de l’actuelle Asie du Sud-Ouest. Ce phénomène était limité à cette région, particulièrement vers le Vietnam.  A partir du XVIIIème^ et surtout le XIXème^ siècle : Cette fois ci, les Chinois vont partout dans le monde suite à une conjonction d’événements essentiels : développement de la navigation à vapeur, ouverture du canal de Suez, abolition de l’esclavage dont il faut remplacer la main d’œuvre, construction des grands axes ferroviaires du monde (pour poser les rails, il faut du monde) et mise en valeur des pays de l’Asie du Sud-Est par les colons (plantations, exploitations des mines). Il y a donc une conjoncture planétaire de demande et en même temps les transports s’améliorent. De plus, à cette époque, la Chine était victime d’un effondrement économique, d’une faiblesse politique, d’une guerre civile et des inondations du fleuve Jaune. Ainsi, le commerce des coolies s’installe et pendant toute cette période, un véritable va et vient intercontinental de coolies chinois va se mettre en place. Une partie d’entre eux vont revenir en Chine tandis que d’autres vont faire souche. La diaspora chinoise devient planétaire.  L’ouverture de la Chine des années 80 : Depuis 1949 , la diaspora était verrouillée, donc dès l’ouverture de la Chine, on assiste à une nouvelle émigration qui change de nature. Même si elle reste massivement méridionale tout le reste des Chinois commence aussi à immigrer. C’est le cas pour les habitants de Shanghai ou de la Chine du Nord qui avant étaient absents de la diaspora. Cependant, cinq provinces ont essentiellement fourni la diaspora. Cette dernière, n’est cependant plus de coolies, se sont des jeunes qui partent. La plupart de ces Chinois arrivent clandestinement dans les pays, phénomène qui s’observe principalement au Etats-Unis. Au sein de la diaspora, Singapour est un cas vraiment exceptionnel. Sur une superficie de 1 000km^2 à la pointe de la Malaisie, plus de 2/3 des 3 millions d’habitants sont Chinois ou d’origine chinoise. Cet endroit a un intérêt stratégique et commercial dans son rôle d’entrepôt, plus ou moins comparable à Hong Kong. Singapour à connu un essor formidable et cela grâce aux Chinois. Les Britanniques ont voulu intégrer administrativement Singapour à la fédération de Malaisie qui est sous leurs autorités. Cependant, les Chinois ont refusé ce statut, et l’indépendance s’est traduite par de violentes confrontations entre les Chinois et les Malaysiens. Finalement, en 1965 , Singapour devient une République indépendante mais de part son peuplement on peut dire que c’est un fragment du monde chinois.  La République Populaire de Chine : Elle correspond à l’énormité continentale de 9 millions de km^2 qui abrite au moins 1,3 millions d’habitants. C’est cette partie qui va être étudié ici. Sa structure administrative territoriale est répartie sur quatre niveaux :

CHAPITRE I

LE RELIEF ET LA GÉOMORPHOLOGIE DE LA

CHINE

Le relief et la géomorphologie de la Chine possèdent deux caractères principaux :  Elle est gratifiée d’un relief très accidenté et montagneux. Plus de 60% de son espace se trouve au-dessus de 1 000m d’altitude.  Sur ce territoire, trois gradins se succèdent. Ils sont des micros paliers qui s’abaissent d’Est en Ouest. A l’Ouest, c’est le gradin supérieur constitué par le relief tibétain qui occupe 2 millions de km^2 et qui s’élève entre 3 000 et 8 000m. Ce pallier est enveloppé de tous côtés par un pallier intermédiaire qui couvre 4 millions de km^2 s’élevant entre 1 000 et 6 000m d’altitude. C’est l’ensemble le plus vaste et le plus complexe morphologiquement. Enfin, un gradin oriental qui couvre 3,5km^2 et qui possède les altitudes les plus basses. C’est ici que se trouve 90% des plaines chinoises.

I. LE PLATEAU SUPÉRIEUR : LE TIBET

Au cœur du Tibet, se trouve une immense surface du nom de Changtang. Il s’agit du plateau tibétain qui s’élève entre 3 000 et 6 000m d’altitude. Ce n’est pas morphologiquement un plateau mais une succession de plateaux plus ou moins importants. A des échelles géologiques, la très haute altitude a engendré le développement d’une érosion considérable. Dans les creux, c’est une masse énorme de matériaux arrachés, qui donne ce caractère d’homogénéité, mais réalité, c’est très complexe. Ce plateau est encadré du Nord au Sud par des chaînes gigantesques. Au Nord, entre le Tibet et l’Asie Centrale, les Kunlun dont le plus haut sommet est à 7 000m. Au Sud, il s’agit du Trans-himalaya ( Gengdise ) et de l’Himalaya qui vont jusqu’à plus de 8 000m d’altitude. Entre ces deux chaînes, il y a un fossé à 3 000m qui est tapissé par les apports du grand fleuve, le Brahmapoutre. C’est dans ce creux que se trouve Lhassa , la capitale du Tibet. Le phénomène physique qui a donné naissance à ce relief a commencé il y a 150 millions d’années, il s’agit de la tectonique des plaques. L’actuelle Inde était alors une plaque qui progressivement dérivait dans l’hémisphère Sud vers le continent asiatique. Il y a 40 millions d’années, la plaque indienne a télescopé la plaque tibétaine et s’est glissée dessous. C’est ce que l’on appel le phénomène de subduction et c’est lui qui a provoqué la surrection de l’Himalaya et le soulèvement en bloc du plateau tibétain. Ce phénomène a aussi ressuscité en Asie Centrale des vieilles chaînes du néolithique qui s’élèvent aujourd’hui à plus de 5 000m. Ce mouvement de subduction continu et l’Himalaya ne cesse de grandir ce qui provoque le détachement du plateau tibétain. En effet, il a été séparé par de grandes fractures le long des Kunlun , c’est le phénomène du décrochement tibétain. Ce plateau est entrain de glisser vers la Chine du Sud et sur le Vietnam (de 1 à 3cm par an…).

II. LE PALLIER INTERMÉDIAIRE

A. LE XINJIANG

Cette province se trouve à l’extrémité Ouest de la Chine et elle appartient morphologiquement à l’Asie Centrale. Elle couvre 1,5 millions de km^2 et se présente sous forme d’alternances, du Nord au Sud, de hautes chaînes montagneuses restituées par le mouvement himalayen. Au Nord, il y a l’Altai , au centre les Tianshan et au Sud, les Kunlun. Puis, entre ces chaînes, se trouvent deux grands bassins : au Nord, le Dzoungarie et au Sud le Tarim. Ces deux bassins sont enclavés, verrouillés et ils sont les plus éloignés des côtes au monde. Ils sont de nature désertique mais les chaînes autour sont de véritables châteaux d’eau. Ces nombreux torrents montagnards qui déferlent les pentes ont su être maîtrisé par les hommes pour développer l’agriculture.

B. LE PLATEAU MONGOL

La Mongolie Intérieure représente une superficie de 1 million de km^2 et elle une altitude à peu près homogène à 1 000m. Le territoire n’a jamais bougé, c’est ce que l’on appel un socle qui s’étend jusqu’à la boucle du fleuve Jaune. Il s’agit également d’un désert mais se sont des gobies, c’est-à-dire des cuvettes qui parsèment l’ensemble du désert et qui ont été formé par des vents de grande violence. C’est donc un plateau rocheux, il n’y a pas des dunes. A l’Est de la boucle, on a la Sibérie, la Mongolie de la steppe car on se rapproche des océans et les pluies parviennent.

C. LES PLATEAUX DE TERRE JAUNE

Ils se trouvent autour du fleuve Jaune, la substance qui recouvre ce territoire s’appelle aussi le lœss. Se sont des plateaux à structures tabulaires qui se situent entre 1 000 et 2 000m. On retrouve ici les mouvements différentiels (soulèvement et effondrement) d’où un relief courbé. Au Nord, se sont des soulèvements de granites. A l’Ouest, on a des reliefs ressuscités qui s’élèvent à 3 000m qui sont parallèles à la boucle du fleuve Jaune et des fossés à 400m sont enfilés par les affluents du fleuve. Entre ces deux éléments, se trouve le plateau, fait de grès et de calcaire, qui porte une des grandes ressources de charbon du monde. Le lœss est un matériau superficiel et pulvérulent (constitué de grains de calcaire tout petits). Il a été élaboré à l’ère quaternaire, la dernière ère glacière, puis il a été transporté par des vents d’une grande violence et par les eaux des fontes de glace. Puis les vente et les eaux l’ont déposé dans le monde mais en Chine il est unique pas ses dimensions : il s’étend sur 400 000km^2 et de 10 à 300 m d’épaisseur. La végétation ayant entièrement disparue, le lœss est livré tout nu aux averses violentes de l’été chinois, se qui provoque une érosion sauvage impressionnante. En moyenne, chaque année, un million de tonnes de lœss est arraché au plateau et aboutit dans le fleuve Jaune.

Tout le long du littoral se trouvent de nombreux îlots et îles et notamment dans le Sud où on en dénombre environ 5 000 qui appartiennent à la Chine. On distingue trois éléments importants dans cet archipel :  Zhushan : Cette île au large de Shanghai était traditionnellement le siège des pêcheurs maritimes et un lieu de pèlerinage bouddhique. Aujourd’hui, c’est une grande base portuaire (pétroliers et portes conteneurs).  Hainan : L’île fait 35 000 km^2 et abrite 6 millions d’habitants. Elle se situe à 35km du continent dont elle a été détachée par le choc du mouvement himalaya. Sa morphologie est identique avec celle de la Chine du Sud, c’est à dire, une opposition entre des plaines et des massifs.  Taiwan : L’île fait aussi 35 000 km^2 mais compte 22 millions d’habitants. Elle se trouve à 150 km de la côte continentale. Cette île s’inscrit dans la ceinture de feu du pacifique. Elle est apparue suite aux rencontres des plaques sous-marines et continentales qui ont provoqué des séismes et la formation de volcans. De ce fait, une grande partie de l’île est montagneuse avec des altitudes pouvant aller à plus de 3 000m. Taiwan appartient à un autre domaine que celui du continent. Le pallier inférieur touche trois mers : entre le Nord et la Corée, il s’agit de la mer Jaune, au large de Shanghai, de la mer de Chine Orientale et de Taiwan au Philippines, de la mer de Chine Méridionale.

CHAPITRE II

LE CLIMAT DE LA CHINE

La Chine est géographiquement commandée par une opposition entre les moitiés Est et Ouest A l’Est, le climat est chaud et humide alors qu’à l’Ouest il est aride. Sur ce dispositif, un autre phénomène spécifique intervient : la mousson^1. En hiver, dans l’extrême orient, le continent souffle de l’air polaire et continental, c’est à dire, un air sec et froid. Ce vent est soufflé en direction des océans. En été, les systèmes de pressions et de vent entre l’océan et le continent s’inversent. L’océan souffle vers le continent de l’air maritime tropical c’est à dire un air chaud et humide. La mousson est un caractère fondamental de tout l’extrême orient mais il prend en Chine des proportions impressionnantes. C’est un phénomène mécanique planétaire qui intervient sur toutes les façades orientales des continents. Sur la façade chinoise, la circulation atmosphérique est méridienne, sur l’autre façade du continent, elle est vers l’ouest. La mousson d’été est chaude et pluvieuse et elle pénètre la Chine de part en part. Dans le reste du monde, par exemple en Amérique du Nord ou en Australie, elle atteint à peine l’intérieur du pays. La mousson asiatique présente un flux climatique exceptionnel.

I. LA MOUSSON

C’est un phénomène dynamique et thermique dont l’origine géographique varie en fonction des saisons. En hiver, la Sibérie, la Mongolie et l’Asie Centrale sont les pôles de froid. En cette saison, l’air polaire qui se refroidit et s’alourdît provoque une montée de la pression atmosphérique. Cette haute pression provoque d’une part un souffle d’air froid et sec car il vient du continent où il n’y a pas d’eau. D’autre part, les pressions étant poussées vers le sol, cela provoque des anticyclones. En été, suite à l’inertie thermique des océans, les continents se réchauffent très vite. Pendant le printemps et l’été, les continents sont surchauffés et l’air polaire remonte vers les pôles ce qui provoque une baisse des hautes pressions. En Chine, cela se traduit par l’inversion des flux soufflés par les océans inter tropicaux qui sont désormais chauds et humides. Dans le même temps, le Xinjiang connaît une surchauffe, ce qui s’explique par un air chaud qui s’allège considérablement et donc s’élève. Cette région devient alors un centre de basses pressions appelées aussi dépressions et fonctionne comme des véritables cheminées d’aspirations. L’air tropical humide est aspiré à travers la Chine. C’est donc la pénétration de la mousson qui est très importante puisqu’elle arrive en Asie Centrale. Les rencontres de ces deux masses d’air, froid/lourd et chaud/ léger, se font le long de fronts, on a alors deux cas de figures :  En hiver : La masse d’air polaire est dominante et elle est dynamique. Vers Canton, elle rencontre une masse d’air chaud. A ce moment, l’air chaud qui est plus lourd, (^1) Mousson : terme qui provient de l’arabe musim et qui signifie saison.

destructrice, ce que le vent aurait épargné, c’est le déluge apporté par les typhons qui l’engloutit. En 24h, il peut tomber deux fois plus d’eau qu’à Paris en un an…Sur le littoral, ce que le vent et le déluge aurait pu épargner, les marrés de tempête poussées de la surface des eaux par les typhons continuent la catastrophe… En Extrême-Orient, il y a cinq grandes directions des typhons :  La plus septentrionale qui aboutit au Japon.  La plus méridionale qui frappe les Philippines.  Une qui va vers le Vietnam.  Le littoral du Guangdong et l’île de Hainan.  Taiwan et la Chine du Sud – Est. Il y a en moyenne une vingtaine de typhons par ans mais jusqu’à maintenant ils ont été légers ou moyens.

IV. LES QUATRE SAISONS DE LA CHINE

A. L’HIVER

C’est la saison froide et sèche et c’est la situation la plus simple. C’est le règne de l’anticyclone sibérien qui vient s’installer aux portes de la Chine du Nord. Il souffle dès le mois d’octobre et il a une puissance inégalée et il souffle des masses d’airs polaires continentales de Mongolie qui ont entre 2 et 300m d’épaisseur. Il traverse tout le continent chinois et fini sa route au-dessus du pays cantonnais où il rencontre des masses maritimes. La rencontre des deux masses forme le front polaire. Il peut créer des petites pluies sur son passage. A ce niveau, on est aussi sous le tropique chinois, de ce fait, on peut avoir des coulées d’airs polaires et des nuits de gel sous le tropique. Il fait en moyenne –25C° en janvier au Heilongjiang et 16C° à Hainan. L’amplitude thermale du Sud au Nord est de plus de 40C° en plaine. C’est un phénomène unique au monde et cela manifeste la puissance de la masse sibérienne.

B. LE PRINTEMPS

Il commence en mars – avril, du fait du réchauffement rapide du continent et en premier lieu du Sud. L’anticyclone sibérien perd de sa puissance et remonte vers la Sibérie. En Chine, le front polaire remonte la vallée du Changjiang et dès le moi de mai, l’air polaire a disparu de la Chine du Sud et la mousson d’été commence à Canton. En revanche, le Nord du fleuve est toujours sous la masse polaire et il fait toujours sec et froid dans toute la Chine du Nord. Ce front polaire du Changjiang est très actif car il est naît du contact de deux masses d’air et du dynamisme naissant de la mousson méridienne. Tout ceci se traduit par un intense cyclogénèse qui s’étend de Shanghai au Sichuan. Autrement dit, on assiste à la formation de dépressions très actives qui se développent tout le long de ce front polaire. Cet acte cyclonique est alimenté par l’arrivé de la mousson du Sud- Est et en amont par l’arrivée de la mousson du Bengale qui est très puissante. Les deux moussons additionnées provoquent, dans cette seule partie de la Chine, des pluies intenses appelées Meiyu (pluies des prunes). Le déluge est souvent tel que tout moisi au printemps (livres, vêtements…). Normalement, elles se déclenchent vers la mi-juin et durent jusqu’à début juillet, mais de nos jours, il est rare que ces dates correspondent vraiment. Cette région est l’univers des rizières, donc ces pluies sont idéales pour les habitants qui sont en train de repiquer le riz. Mais elles sont très irrégulières en densité et dans le temps, elles peuvent durer de quelques jours à deux mois…Elles sont souvent les causes d’inondations qui vont actuellement en s’accélérant. En 1989 , il y avait une

sécheresse généralisée ce qui a provoqué la perte d’une grande partie des rizières, mais depuis les années 90, on assiste à des inondations catastrophiques. Les pluies des prunes représentent en moyenne 1/3 des pluies annuelles de Shanghai.

C. L’ÉTÉ

Les espaces continentaux connaissent un réchauffement généralisé et les anticyclones sibériens disparaissent ainsi que l’air sec et froid. L’espace chinois, à partir de juillet, est donc libéré de l’air polaire continental ce qui permet à la mousson maritime d’envahir presque toute la Chine (le Tibet et le Xinjiang ne la connaisse pas). L’été est la saison la plus arrosée, c’est cette concordance de pluies et de chaleur qui s’appelle la mousson d’été. Les masses tropicales humides, au contact des reliefs, s’élèvent brutalement et se refroidissent en altitude. Cela provoque de l’humidité qu’on nomme les pluies de convection.

D. L’AUTOMNE

Il commence dès le mois de septembre où le mécanisme s’inverse. Il y a un refroidissement du continent et un renforcement de l’anticyclone sibérien qui redescend vers la Chine. A partir du mois d’octobre, les pluies cessent en Chine du Nord. L’air polaire progresse vers le sud en refoulant les masses maritimes tropicales. Au Sud, la mousson n’est plus très active sauf au Sud – Ouest comme dans le Guizhou. D’octobre à novembre, les conditions météos sont les mêmes qu’en hiver, avec la réapparition du front polaire à Canton.

les sables du désert. Le génie humain a su contrôler ses crues et stocker des eaux. Cela a permis le développement de l’agriculture sous forme d’oasis grâce auxquels la route de la soie a pu naître. Dans cette région, il y a deux fleuves principaux :  Au Nord : Le Yili qui prend sa source dans les Tianshan chinois et parcours environ 375km dans le Xinjiang avant de filer au Kazakhstan où il se perd dans le lac Balkhach. C’est donc un fleuve endoréique.  Au Sud : Le fleuve Tarim (en chinois Talimu ) qui fait 2 000km. Il est alimenté par un réseau de torrents montagnards venant des chaînes de montagnes l’entourant. En hiver, il est quasiment à sec ou glacé et en été il est en crue. Il se perd dans le désert dans la cuvette du Lop Nor.

C. LE BASSIN DE LA MONGOLIE OCCIDENTALE

Ce bassin de 400 000km^2 se situe entre l’endoréisme et l’aréisme. Cependant, il y a aussi des écoulements intermittents, c’est ce qui s’appelle le phénomène d’oued. C’est à dire, des écoulements qui peuvent disparaître pendant plusieurs années et à la suite de pluies rares ils réapparaissent. Dans cette région, il peut ne pas pleuvoir pendant deux ou trois ans et donc une absence totale de réseau hydrographique. Sinon, c’est le déluge et on a donc un gonflement brutal des écoulements.

II. LES BASSINS EXORÉIQUES

Pour avoir un élément de comparaison, nous allons dans un premier temps étudier le Rhône. Il fait 800km et son bassin couvre 100 000km^2. Son débit annuel, c’est à dire son module est de 1 700m^3 /sec et son débit moyen en période de crue est de 10 000m^3 /sec. Sa turbidité^4 moyenne est de 300gr/m^3.

A. LE BASSIN DU HEILONGJIANG

Il draine une superficie de 1 million de km^2 dont une partie est en Russie. L’artère principale est le fleuve Amour qui se situe à la frontière avec la Sibérie. Il a de nombreux affluents dont le plus important est le Soungari (en chinois le Songhuajiang ) qui prend sa source à la frontière coréenne. Ce dernier à lui-même des affluents dont le Nomi ( Nunjiang ) et l’Ousouri ( Wusulijiang ) à l’Est. On observe donc un très beau réseau hydrographique qui est à faible turbidité car il est protégé par la forêt et par la mousson. Cependant, le climat à caractère sibérien de novembre à avril provoque dans un premier temps un embâcle^5. Puis le réchauffement rapide de la température entraîne la fonte des glaces, autrement dit la débâcle^6. Par conséquent, on a des icebergs fluviaux qui se fracturent et qui se chevauchent. C’est la première crue de printemps qui est suivie par la crue de la mousson. De mai à octobre on a un grand échange fluvial. En août, le module atteint son sommet en dépassant les 10 000m^3 /sec. Ce bassin offre une grande richesse piscicole faite de saumons et d’esturgeons. (^4) Teneur en troubles, en boues d’un cours d’eau (^5) Obstruction du lit d’un cours d’eau par amoncellement de glaçons. (^6) Rupture des glaces d’un fleuve gelé.

B. LE BASSIN DE LA CHINE DU NORD

Excepté le fleuve Jaune, la plupart des cours d’eau de cette région sont relativement brefs dont le Liaohe au Nord et le Haihe qui se jette à Tianjin. Ils englobent une superficie de 650 000km^2. Cependant, ils sont dangereux lors des crues de la mousson qui sont alors très brutales dès juillet. Cette brutalité les amène à avoir un module de 10 000m^3 /sec. En revanche, en hiver, ils sont plus ou moins secs. Il se pose aussi le problème du lœss qui provoque une turbidité très importante, plus de vingt fois celle du Rhône. Ces fleuves sont trop chargés et le génie humain n’a pas encore réussi à évacuer leurs charges. Par conséquent, ces fleuves provoquent couramment des inondations. Ils n’ont aucune utilité pour la Chine du Nord car ils ne sont pas navigables et on ne peut pas y construire des barrages. Outre ces deux fleuves, l’autre principale artère est la Huaihe qui se trouve au Sud du fleuve Jaune. Il prend sa source dans les Qinling et il est de très grande taille. Il est alimenté par de nombreux affluents venant du Nord ou du Sud qui sont de régimes différents. De ce fait, on a des crues additionnées qui font de la région de la basse Huaihe une région amphibie.

C. LE BASSIN DU LITTORAL

Cette région se situe dans le Sud-Est, face à Taiwan, elle concerne les provinces du Zhejiang et du Fujian. Une des artères principales est le Minjiang dont le bassin est géographiquement réduit. Il fait 200 000km^2 et les affluents sont très courts mais très bine alimentés. Cependant ces affluents sont moins dangereux que ceux du Nord car leurs pentes sont plus fortes. Par conséquent, ils ont assez de force pour évacuer les charges et creuser un lit profond. La turbidité est faible. De ce fait, les inondations sont rares et le potentiel hydraulique est très important. Cependant, les dispositifs hydroélectriques sont absents.

D. LE RÉSEAU MÉRIDIONAL

Cette région porte le troisième fleuve de Chine, le Xijiang , qui prend sa source au Yunnan et qui se jette dans l’embouchure de la rivière des Perles. Il fait 3 000km de long et possède de très nombreux affluents. Cette région est la plus arrosée de Chine, d’une part par la mousson et d’autre part par tout ce réseau hydraulique. Le Xijiang a un module, en crue, de 50 000m^3 /sec. C’est donc un fleuve puissant qui est alimenter pendant six mois et qui en moyenne a un module de 30 000m^3 /sec. Ce fleuve n’est pas très dangereux car sa puissance est accompagnée d’une très faible teneur en turbidité (le matériel rocheux drainé est dur). Par conséquent il réserve toute sa puissance au creusement de don lit qui est capable d’évacuer les crues. Ce fleuve porte une belle artère navigable entre Canton et Nanning. Paradoxalement, le Xijiang n’est pas exploité au niveau l’hydroélectrique à cause d’un problème géopolitique. Cependant, des barrages sont en cours de constructions sur ses affluents et dans son cours supérieur on développe la pisciculture.

E. LE TIBET MÉRIDIONAL ET LE YUNNAN

Dans cette région, il y a un gigantesque alignement montagneux à 5 000m du nord vers le sud où s’engouffre la mousson du Bengale et par où s’échappent des fleuves géants. La majorité de ces fleuves prennent leurs sources au Tibet et dévalent plein sud en passant par le Yunnan. De l’est à l’ouest, on distingue cinq fleuves principaux :  Le haut Changjiang.

qui donnent la couleur aux terres de la plaine et au golfe de Bohai que les Chinois appellent la « mer jaune ». La turbidité et la brutalité des crues font de ce fleuve un aspect très meurtrier, malgré le fait qu’il ait construit toute la pleine de Chine, il l’a fréquemment engloutit.

C. UN FLEUVE MEURTRIER

Lorsque que sa turbidité augmente, son lit se colmate de lœss et par conséquent le niveau d’eau augmente. Pour y remédier, les hommes surélèvent les digues au fur et à mesure mais le dépôt de terre jaune se poursuit. A force, les villages se trouvent à 10m au-dessus du fleuve, de ce fait, on a des inondations gigantesques qui vont jusqu’à faire d’énormes défluviations. En 2000 ans il y a eu 26 défluviations et 1 500 ruptures de digues. En 1851 , il y a eu une immense brèche en aval de Kaifeng ce qui conduit le fleuve à couler au Nord du Shandong. En 1887 , une nouvelle brèche en aval de Kaifeng a amené le fleuve à aller vers le sud, ce qui a provoqué 1 million de victimes. En 1889 , le cours est reconduit au Nord et il n’en bouge pas jusqu’à l’invasion japonaise. A ce moment, l’armée nationale chinoise fait sauter les digues afin de freiner l’invasion. On assiste alors à la plus grande défluviation du fleuve qui est renvoyé plein sud jusqu’au Changjiang. Le bilan est de 1 million de morts et de 12 millions de sinistrés. En 1945 , les Américains interviennent en matière hydraulique. Puis en 1947 , le fleuve est ramené dans son cours actuel. Le principal souci de la RPC, a été de maîtriser ce fleuve. Pour cela, 800km de digues ont été modernisées puis la terre a été transformée en béton et tout un réseau de villageois à été développé pour surveiller les digues. De plus, on a crées à Kaifeng un bassin de dérivation des crues et de décantation du lœss. Puis en 1955 , le plan sino-soviétique met en place une maîtrise totale du fleuve sur 50 ans. Tout un escalier de barrages a alors été construit le long de la boucle dont un des élément clé est sur le troisième coude : le barrage de Sanmen. Ce dernier a été construit dans les années 50 mais sa taille ne permet pas de faire de vraies retenues. Un autre barrage géant, commencé en 1991 et qui aurait du être finit en 2001 , Xiaolangdi. Ce complexe situé en aval de Sanmen avec une muraille de 150m de haut est la deuxième centrale hydroélectrique de Chine. Il compte de nombreux bassins de décantation des crues et cela devrait permettre, dit- on, de baisser de moitié l’importance des crues en plaines et d’irriguer 2 millions d’hectares de blé. Depuis les années 60, on a équipé le cours supérieur de Huanghe en amont de Lanzhou, ce qui est très pertinent car il y a énormément de lœss mais la pente est forte. Le barrage construit s’appelle Liujia. La construction de cinq autres barrages est prévue. Il y a également des barrages sur la boucle Nord/Sud mais ils ont uniquement pour but d’irriguer. Récemment, on a aussi aménagé le delta pour permettre de baisser les crues et les inondations. Par conséquent on peut urbaniser la région et y développer des ports. Aujourd’hui, le problème de la maîtrise du lœss persiste. Il y a également le problème de la navigation. La Chine du Nord compte 300 millions d’habitants et plus de 500 millions de tonnes de charbon ne peuvent pas être évacuer par les voies fluviales. Il existe une petite navigation dans l’amont du delta dont les bateaux ne dépassent pas les cinquante tonnes. Toute la boucle est inutilisable, sauf une partie de la branche Nord/Sud où circule en haute zone des bateaux de 10 tonnes en bois et des radeaux.

IV. LE CHANGJIANG

Ce fleuve fait 6 400km et il est si grand qu’il change six fois de noms tout au long de sa course :  Au Tibet : Tuotaohe.  Dans la section Nord/Sud : Jinshajiang.  Dans le bassin du Sichuan : Chuanjiang.  Dans les gorges : Xiajiang.  Après les gorges : Jingjiang.  Dans le delta : Yangzijiang. Ce fleuve est un géant par sa longueur, il est le deuxième du monde après le Nil et avant l’Amazone et le Mississippi. Par conséquent, il draine un bassin de 1,8 millions de km^2 avec un module de 31 000m^3 /sec. En période de crue il peut dépasser 60 000m^3 /sec. Par rapport au module, il est le troisième du monde après l’Amazone et le Congo.

A. SON TRACÉ

Il prend sa source dans un glacier à plus de 6 000m d’altitude entre le Qinghai et le Tibet, pas loin du Huanghe. Comme le fleuve Jaune, après avoir musardé en méandres sur le plateau tibétain, il dévale du nord vers le sud parallèlement au Mekong. Ici, c’est le Jinshajiang. Sur tout ce trajet de 1 000km, il est impraticable jusqu’à son arrivée dans le Yunnan où il fait un coude brutal pour rester en Chine, alors que le Mekong poursuit sa route vers le sud. Le fleuve prend alors le nom de Chuanjiang et ce coude l’envoie dans le bassin du Sichuan où il reçoit ses premiers grands affluents ce qui lui permet de sortir du bassin. Ce jeu de fracture et sa puissance lui permettent de percer des gorges fantastiques sur 300km. Au débouché des gorges, il entre à nouveau dans un bassin mais qui n’est pas verrouillé comme le Sichuan , il s’agit du Jingjiang. Une confluence hydrographique se réalise alors avec des affluents venus de toutes les directions (souvent par l’intermédiaire de lacs géants). Au débouché de ce bassin, le cours inférieur du fleuve commence, le Yangzijiang qui coule, comme le Huanghe, sur un delta qu’il a lui-même construit. Ce delta occupe 100 000km2 et le fleuve à plus de 10km de large. Le delta progresse environ de 25 m/an grâce à une turbidité importante. Cette partie du fleuve est remontée par les grandes marées.

B. LE RÉGIME DES EAUX

Tout au long de l’année, le fleuve bénéficie d’une abondante alimentation faite des pluies des prunes au printemps et de la mousson d’été jusqu’en automne. En juillet, son module est de 50 000m^3 /sec et il peut monter de 8m en 24h. Cependant, excepté ces dernières années, ses crues n’ont jamais été aussi dangereuses que celles du Huanghe. En effet, en juillet 1931 , son module a atteint 73 000m^3 /sec ce qui a provoqué 185 000 morts et 28 millions de sinistrés. Puis en 1935 , il a atteint 70 000m^3 /sec et il y a eu 140 000 morts avec 1à millions de sinistrés. Ensuite, sous la RPC, en 1954 , des crues de 70 000m 3 /sec ont provoqué la mort de 40 000 morts et en 1981 , 30 000 morts. De la dynastie Han à la dynastie Qing, on sait que le Changjiang faisait une grave inondation tous les 10 ans, aujourd’hui c’est tous les 3 ans…Des raisons naturelles et humaines expliquent ce phénomène. Tout d’abord, les lacs recevaient une partie des crues et en saison sèche, ils les renvoyaient au fleuve, par conséquent, il y avait une régulation

CHAPITRE IV

LES ÉCOSYSTÈMES

Le ciel est divisé en trois parties, il y a la lithosphère, l’hydrosphère qui est élément liquide naturel et l’atmosphère. Ces deux derniers, l’hydrosphère et l’atmosphère, sont constitués d’un biotope qui calque l’environnement physique d’un être naturel. Sur la lithosphère, il y a une phytocénose, c’est à dire là où naît la végétation. Le biotope la fait vivre ou mourir. Ensuite, il y a la zocénose, où vit al faune terrestre, aérienne et aquatique. Puis, c’est la pédocénose qui est la transformation de sous bassement rocheux en sol. Enfin, la noosphère qui est faîte par l’intervention humaine. Le biotope et la biocénose constituent des écosystèmes. La noosphère a pris un développement et une action tels qu’il n’y a plus d’écosystème naturel. L’écosystème et la noosphère constituent un écosystème anthropique qui comprend aussi la pollution. Les géographes chinois ont défini leur écosystème à partir de la combinaison de l’hydrométrie^7 et les caractères thermiques. En réponse à cela, on a une opposition entre un Chine orientale qui est plus ou moins humide à une Chine occidentale qui est plus ou moins aride. De plus, les paramètres thermiques opposent un espace tibétain froid à tout le reste de la Chine qui est relativement chaud.

I. LA CHINE ORIENTALE DE LA MOUSSON

Comme on l’a vu, dans cette partie de la Chine, il y a une conjonction en été de la chaleur et de la pluie. Cette Chine de 5 000km du Nord au Sud présente donc une succession d’écosystèmes plus ou moins différents.

A. LA CHINE DU NORD–EST : TEMPERÉ, FROID ET

HUMIDE

L’écosystème de l’extrémité septentrionale enveloppe un cadre montagneux qui encercle lui-même des grandes plaines intérieures. Il existe ici deux sous écosystèmes.

1. UN ÉCOSYSTÈME FORESTIER

Cet endroit est géographiquement défini par les montagnes du petit et grand Xing’an. Il s’agit d’une extension méridionale de la Sibérie. C’est le domaine de la taïga qui est constituée de conifères, essentiellement des mélèzes dahour. Ces derniers sont très adaptés aux froids extrêmes. C’est un fait mono-spécifique. Cependant, cette forêt est en voie de destruction suite à une hyper-exploitation et de nombreux incendies. (^7) L’hydrométrie : le total des précipitations en pourcentage avec l’évapotranspiration.

Parallèles aux Xing’an , il y a les Changbaishan dont un versant est vers la mer et l’autre vers le sud. On retrouve une forêt étagée et diversifiée. A un premier étage (inférieur à 800m), ce sont des arbres à feuilles caduques. Au deuxième étage (entre 800m et 1 800m), il s’agit de conifères extrêmement diversifiés (mélèzes, cèdres coréens, épicéas argentés, pin de l’amour…). Cependant, ici aussi les incendies sont très menaçants. Ce dispositif correspond à une faine qui est essentiellement faîte de cervidés, de daims sikas dont les prédateurs sont les loups et le tigre de Sibérie (il est en voie de disparition à cause de sa fourrure). On trouve aussi tout un cortège d’animaux à fourrure tels que le renard argenté, la loutre, la marmotte de Sibérie…La faune disparaît petit à petit car on détruit son environnement naturel… Le Nord – Est dispose de trois grands trésors qui reflétant son écosystème : le ginseng, le daim sika et le tigre de Sibérie.

2. UN ÉCOSYSTÈME DES PLAINES

Les plaines sont ici régulièrement arrosées car elles sont entourées de toutes parts par des montagnes. Les prairies sont une association inséparable d’un type de sols (sols noirs très riches en matières organiques et en calcium) et d’un type de végétation (formation herbacée de graminées vivaces qui poussent jusqu'à 1m20 et de plantes à bulbes). On peut trouver des gazelles…De plus, dans cette région vit une faune de sol très riche : marmottes, hamsters, pica damau. On trouve aussi des oiseaux : alouettes, faisans et perdrix. De tous ces animaux, il ne reste plus rien, la prairie a été victime de la sécheresse. La Mandchourie offre des grandes plaines à céréales où sont cultivées du soja et du maïs. Heureusement, dans la partie septentrionale du Heilongjiang il reste quelques éléments.

B. L’ÉCOSYSTÈME DE LA CHINE DU NORD :

TEMPÉRÉ ET SUB-HUMIDE

Dans cette région de la Chine du fleuve Jaune, les températures moyennes annuelles sont supérieures à 10C° et les précipitations sont pareilles à la Chine du Nord – Est. Cependant, les hivers sont ceux des hivers mongols et les étés sont à caractères tropicaux. Ce système climatique à donner lieu à une alternance entre la forêt et la steppe (formation herbacée). Les arbres sont essentiellement des conifères ou des arbres à feuilles caduques. Cependant, il ne reste presque plus rien, un écosystème de 800 000km^2 où la forêt ne couvre plus que 7% du territoire. Le biotope est très fragile. On a donc remplacé ces sols par des cultures agricoles intensives telles que le blé, le maïs et le soja. La faune s’est toutefois adaptée à ces transformations, il y a beaucoup de rongeurs, des renards et tout un cortège de mustélidés : fouines, belettes, hermines…

C. LA CHINE SUBTROPICALE HUMIDE

Cette région s’étend sur 1 200 à 1 800 km du Nord au Sud mais elle fait 8 millions de km^2 , il s’agit du bassin du Changjiang , du Fujian , du Guangdong , du Guizhou et du Yunnan. Les forêts y sont mixtes et pluri-strates, on trouve de tout : conifères, feuillus, géants de 50m et des arbustes à plus de 10m. Le caractère fondamental de cette région est la laurisylve, c’est à dire un étage bas d’arbustes toujours ras avec cent espèces de lauriers, une vingtaine d’espèce de camélias, quinze espèces de magnolias, des arbres à lin et des camphriers. La plupart de ces végétations ne sont plus que des îlots sur les massifs les moins accessibles, ainsi que dans certains temples du Sichuan que les moines ont sus conserver. Du fait de la disparition de cette flore, les sols sont livrés à une véritable érosion. La faune était exceptionnelle mais il ne reste pratiquement plus rien. Par exemple, il n’y a plus de tigres tropicaux. Il y a aussi une relique aquatique unique au monde qu’on essaye de