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Ce cours est destiné aux étudiants de 2 ème année licence langue française
Typology: Assignments
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Introduction à la linguistique L’introduction à la linguistique s’inscrit dans la continuité du module d’initiation à la linguistique générale (module enseigné en première année LMD). La linguistique est un module essentiel qui traite principalement de l’étude scientifique du langage humain et des langues. Dans la tradition structurale, née de Saussure, la langue est un objet d’étude extérieur au monde et s’oppose à la parole et ne prend pas en compte les situations discursives. L’énonciation et la parole permettent de faire exister le langage. E. Benveniste considère que la langue est un instrument au service de la parole. Mais pour les linguistes, l’important est de comprendre ce que les gens disent, comment ils le disent, et si cela est fait d’une manière implicite ou explicite. Toutefois, le langage ne sert pas seulement à dire mais aussi à faire car nous n’utilisons pas les énoncés seulement pour décrire le monde mais aussi pour agir. Le cours que nous développons ici aborde en général les notions et les concepts employés en énonciation et en pragmatique indispensables à l’étudiant. Public cible Le cours est destiné aux étudiants de deuxième année licence de Français. Objectifs généraux Au terme de ce cours, les étudiants seront capables de :
A- Définitions de la linguistique La linguistique est l’étude scientifique du langage humain et des langues, elle est descriptive et se veut objective à la différence de la grammaire qui est une discipline prescriptive et normative. En effet, la grammaire édicte des règles qui ont pour finalité la bonne acquisition de la langue, autrement dit apprendre à parler et à écrire correctement. Au contraire, la linguistique ne se préoccupe pas de la correction de la langue. Le linguiste décrit et explique toutes les productions orales et écrites qu’elles soient jugées correctes ou incorrectes par la grammaire.
Le linguiste ne porte aucun jugement de valeur ni sur les productions des locuteurs, ni sur la beauté, la richesse, les aptitudes d’une langue. Généralement, on établit une hiérarchie des langues, certaines méritent cette appellation alors que d’autres sont appelées pour des raisons historiques et politiques : dialectes, patois, créoles, sabirs… Pour le linguiste, chaque dénomination a une signification précise dénuée de toute péjoration. Mahmoudian définit la linguistique comme une science du langage, toute étude concernant quelque langue que ce soit relève de la linguistique. Le statut de la linguistique comme étude scientifique du langage humain est lié à la publication en 1916 du Cours de linguistique générale de Ferdinand de Saussure. Ceci dit, c’est au sein du courant de la grammaire historique et comparée (1816-1870) que naît le concept de linguistique dont la première apparition attestée dans le dictionnaire de Boiste en 1800. B- Le Saussurisme 1- Objet et tâches de la linguistique saussurienne La linguistique de Saussure a pour objet l’étude du langage en soi non pas seulement un moyen d’accès à d’autres disciplines comme la psychologie et l’Histoire. C’est à partir de ce moment que la linguistique devient une discipline autonome avec son propre objet d’étude. Saussure estime que « la matière de la linguistique est constituée par les manifestations du langage humain qu’il s’agisse de peuples sauvages ou de nations civilisées ». Il opère une distinction entre la langue et le langage : La langue est une partie déterminée et essentielle du langage, elle est à la fois un produit social de la faculté du langage et un ensemble de conventions nécessaires, adoptées par le corps social pour permettre l’exercice de cette faculté chez les individus. C’est ainsi que la langue devient l’objet premier de l’étude linguistique. Le langage est multiforme et hétéroclite, il est à la fois physique, physiologique et psychique, il appartient au domaine individuel et au domaine social. Pour Saussure, c’est la langue qui fait l’unité du langage. Il avance les caractéristiques suivantes de la langue :
comprendre cette notion de valeur linguistique ; une pièce du jeu, la reine par exemple est définie essentiellement par sa position dans les règles du jeu ; cette valeur peut-être assumée par des formes matérielles diverses.
Q’est-ce que la phonologie? « C’est la science qui étudie les sons du langage du point de vue de leur fonction dans le système de communication linguistique. Elle se fonde sur l’analyse des unités discrètes (phonèmes et prosodèmes) ».Dictionnaire de linguistique.
La lexie est l’équivalent de l’unité phraséologique chez Dubois, unité syntagmatique chez Dulbert et synthème chez Martinet. La formation du vocabulaire français : Il y a neuf moyens. 1- le xénisme : est une unité lexicale, constituée par un mot d’une langue étrangère et désignant une réalité propre à la culture des locuteurs de cette langue, c’es le premier stade de l’emprunt. 2- l’emprunt lexical, on emprunte le signifiant et le signifié cet emprunt surtout grâce aux monolingues. 3-l’emprunt sémantique, on emprunte le signifié, il peut être un composé ou une unité simple. 4- le calque, il est toujours composé, exemple : gratte-ciel 5- la composition, unité de fonctionnement de plusieurs parties ayant chacune nécessairement une autonomie syntaxique, la base lexicale appartient à la langue. 6-la licence poétique, elle désigne un procédé qui peut être d’un ou de plusieurs parties. 7- la dérivation, elle consiste en l’agglutination d’éléments lexicaux, dont un au moins n’est pas susceptible d’emploi indépendant, en une forme unique. 8- la troncation ou apocope est un procédé courant d’abréviation consistant à supprimer les syllabes finales d’un mot polysyllabique, exemple : une radio pour une radiographie. 9- la siglaison est la formation d’un sigle à partir d’un mot ou d’un groupe de mots, exemple : U.G.T.A (union générale des travailleurs algériens). La lexicographie « est la technique de confection des dictionnaires et l’analyse linguistique de cette technique, Le lexicographe désigne à la fois le linguiste étudiant la lexicographie et le rédacteur d’un dictionnaire, dit aussi dictionnariste. On distingue ainsi la science de la lexicographie et la pratique lexicographique ». Dictionnaire de linguistique de Dubois La sémantique La sémantique s’occupe de l’étude objective des significations linguistiques. C’est une partie de la linguistique qui traite de la signification et de l’évolution du sens des mots. Définition du sème : théoriquement, c’est une unité minimale de signification. Exemple : la chaise- le pouf (meuble pour s’asseoir- siège) 1èr sème ~ pied 2ème sème~ dossier Donc le sème est le trait sémantique pertinent. La linguistique moderne n’a pu acquérir le statut scientifique qu’en écartant dans un premier temps les considérations philosophiques, culturelles, traditionnellement attachées à l’étude du langage. La langue devait être décrite
En elle-même et pour elle-même, c’est-à-dire comme une forme Ainsi, l’identification des unités du système (phonèmes, morphèmes) ne fait appel au sens que pour dégager les oppositions pertinentes. Il convient de distinguer théorie sémantique et théorie de la référence. On peut décrire le sens du mot chaise à partir de traits sémantiques (dossier, pieds tc.) récurrents, c’est-à-dire apparaissant dans la description d’autres termes de l’ensemble des sièges (fauteuil, tabouret, etc.) ; la référence au mot chaise, en revanche, c’est le rapport (dit dénotation) qui existe entre ce mot et les différents objets chaises. En termes de logique, on peut dire que la définition du mot chaise en compréhension intéresse la sémantique, tandis que la définition du mot chaise en extension (A , B, C, N sont des chaises) intéresse une théorie de la référence. L’analyse sémique se fonde sur le concept saussurien de valeur, selon lequel la signification d’un signe ne se limite pas à la relation entre un signifiant et un signifié mais doit être également conçue comme résultant de la relation de ce signe avec d’autres signes. C- Les différentes branches de la linguistique(4- La sémiologie) La sémiotique ou sémiologie « est l’étude des signes et des processus interprétatifs » Dictionnaire des sciences du langage. Exemples de signes : couleur, panneaux, feux routiers, symptômes d’une maladie, vêtement, langage informatique, gestes, musique, le morse etc. Tous ces signes relèvent d’une pratique sociale porteuse d’un message qui signifie en dehors de la langue. Les signes culturels renseignent sur les habitudes culturelles d’un groupe comme : la télé, le ciné, le livre etc. signe de culte, signe de consommation. Ces signes ne sont pas des produits informes, anarchiques, ils sont régis par des règles et par des pratiques sociales, ils peuvent être abordés de deux façons, soit : sous l’angle de la codification ou de la formation, soit sous l’angle de la convention et de l’interprétation. Le terme sémiologie a été forgé en 1690 par un philosophe appelé Locke dans L’essai philosophique sur l’entendement humain, c’est lui qui a forgé le mot de sémiotique, pour lui c’est la science des significations. En 1897, Peirce lui aussi utilise le terme de sémiotique dans tout un ensemble d’articles réunis par un commentateur sous le nom de Ecrit sous le signe. Peirce définit la sémiotique comme « une formalisation générale du savoir et de l’expérience du monde perçue comme un ensemble de signes ». En 1917, Saussure dans Le cours de linguistique générale introduit le terme de sémiologie pour nommer « la science des signes au sein de la vie sociale », Saussure va inscrire la linguistique comme une partie de la sémiologie. Avec Roland Barthes, c’est la linguistique qui va fournir des modèles d’expériences pour tous les autres champs.
Elle se fixe comme tâche de faire apparaître dans la mesure du possible la covariance des phénomènes linguistiques et sociaux et, éventuellement, d’établir une relation de cause à effet. La sociolinguistique comme discipline est apparue dans les années soixante aux Etats-Unis sous l’impulsion de William Labov, John Gumperz et Dell Hymes. Cette discipline, qui a bénéficié des apports de certains courants de la sociologie, se propose d’étudier la langue dans son contexte social, à partir du langage concret plutôt qu’à partir des seules données de l’introspection. Elle s’est développée dans trois directions principales, la sociolinguistique variationniste, l’ethnographie de la communication et la sociolinguistique interactionnelle. La sociolinguistique n’a pas pour but de faire ressortir les répercussions linguistiques des clivages sociaux. Elle doit procéder à des descriptions parallèles indépendantes l’une de l’autre : d’un côté, on, a des structures sociologiques, de l’autre des structures linguistiques et , ce n’est qu’une fois ces descriptions préalables achevées qu’on peut confronter les faits des deux ordres. Antoine Meillet, dès 1906, est le premier à mentionner une linguistique sociale : « il faudra déterminer à quelle structure sociale répond une structure linguistique donnée, et comment d’une manière générale les changements de structure sociale se traduisent par des changements de structure linguistique ». Le sociolinguiste américain Fishman donne, sous une forme un peu « journalistique », un contenu plus précis à cet ambitieux programme, en fixant pour objet à l’enquête linguistique de répondre aux questions suivantes : qui parle? Avec qui? Où? Quand? Pour dire quoi? On voit bien que ce qu est pointé comme domaine d’investigation, c’est la parole. Les concepts essentiels de la sociolinguistique
noires, il en est ainsi dans la plupart des pays du monde. Il faut considérer que la communauté linguistique est constituée elle-même de communautés linguistiques intérieures, plus petites définies par des critères comme l’âge, le sexe, la profession, le lieu de résidence, l’origine ethnique, etc. Ainsi, on peut établir un rapprochement entre la communauté linguistique et le groupe social, chacun des deux éclairant et équilibrant le sens de l’autre. Une autre définition de la communauté linguistique est proposée par Christine de Hérédia à savoir qu’une communauté linguistique est ce que les autres ne sont pas.