L'argot dans la littérature française : une fonction identitaire et cryptique, Study notes of French Literature

Cet article explore l'argot, une forme de langage coloré qui a deux fonctions : identitaire et cryptique. Au Moyen Âge, l'argot définissait une communauté criminelle et avait une fonction identitaire forte. Les exemples de l'argot codé, tels que l'argot largonji et louchébèm, sont présentés. Le document explique comment les mots sont transformés en argot et comment ils peuvent être décodés. L'article discute également de la fonction identitaire de l'argot dans la littérature française, en particulier dans les récits de guerre.

Typology: Study notes

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Littérature française
17 October 2018
L’argot est une manière de s’exprimer qui colore la langue et il a deux fonctions:
1. Identitaire
2. Cryptique
« En lousdoc » c’est largonji pas louchébèm.
À la fin du Moyen Âge l’argot définit une communauté criminelle qui partageait un langage qui devait être
cryptique et qui a aussi commencé à avoir une fonction identitaire très forte. C’est un langage qui créait des liens
et qui est nécessaire d’utiliser pour dire une réalité propre à ce milieu-là.
L’agoni et louchébèm sont deux types d’argot codé : l’argot peut modifier le mot à partir de leur sens ou de leur
forme. Le verlan se construise par l’inversion de syllabes phonétiques composants les mots. Il contient déjà la
clé pour sa décodification.
LARGONJI = JARGON clé : La + partie centrale du mot + syllabe initiale + voyelle
ARGON J I
Eventuellement on peut rajouter des suffixes argotiques : - oche, -iche, -ingue, -oc, -ic.
Exemple avec DOUS : L + OUS + D + OC / L + OUS + D + É
Louchébèm et largonji sont très proche. Le louchébèm est le largonji des bouchers :
Clé : L + OUCHÉ + B + EM
Javanais : redoubler chaque syllabe par un syllabe qui commence par v ( en Italie : FARFALLINO/
FARFALLESE)
Exemples de construction des mots en verlan : cité téci ; mère roem (monosyllabe, il y a une saisie
phonétique : la dernière e est muette et dans le processus du renversement de mot on arrive à roem).
La revernalisation des mots vernalisés : femme meuf (verlan) feumer (revernalisation)
à fond adonf : particularité ! on a récupéré la graphie du mot !
Dans le récit de guerre, le fait qu’il existe une langue de poilus aide à créer une communauté qui va revendiquer
son identité. En 1918, le dictionnaire de l’Argot de poilus fait sa parution (https://archive.org/details/
largotdespoilusd00dcuoft/page/n7 ) en témoignant la volonté de garder la mémoire de ce langage et, au même
temps, de le rendre accessible. Ici, la fonction identitaire de l’Argot est revendiquée. Barbusse dit que on doit
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Littérature française

17 October 2018

L’argot est une manière de s’exprimer qui colore la langue et il a deux fonctions:

  1. Identitaire
  2. (^) Cryptique

« En lousdoc » c’est largonji pas louchébèm.

À la fin du Moyen Âge l’argot définit une communauté criminelle qui partageait un langage qui devait être cryptique et qui a aussi commencé à avoir une fonction identitaire très forte. C’est un langage qui créait des liens et qui est nécessaire d’utiliser pour dire une réalité propre à ce milieu-là.

L’agoni et louchébèm sont deux types d’ argot codé : l’argot peut modifier le mot à partir de leur sens ou de leur forme. Le verlan se construise par l’inversion de syllabes phonétiques composants les mots. Il contient déjà la clé pour sa décodification.

LARGONJI = JARGON clé : La + partie centrale du mot + syllabe initiale + voyelle

ARGON J I

Eventuellement on peut rajouter des suffixes argotiques : - oche, -iche, -ingue, -oc, -ic.

Exemple avec DOUS : L + OUS + D + OC / L + OUS + D + É

Louchébèm et largonji sont très proche. Le louchébèm est le largonji des bouchers :

Clé : L + OUCHÉ + B + EM

Ja va nais : redoubler chaque syllabe par un syllabe qui commence par v ( en Italie : FARFALLINO/ FARFALLESE)

Exemples de construction des mots en verlan : cité téci ; mère roem (monosyllabe, il y a une saisie phonétique : la dernière e est muette et dans le processus du renversement de mot on arrive à roem).

La revernalisation des mots vernalisés : femme meuf (verlan) feumer (revernalisation)

à fond adonf : particularité! on a récupéré la graphie du mot!

Dans le récit de guerre, le fait qu’il existe une langue de poilus aide à créer une communauté qui va revendiquer son identité. En 1918, le dictionnaire de l’Argot de poilus fait sa parution (https://archive.org/details/ largotdespoilusd00dcuoft/page/n7 ) en témoignant la volonté de garder la mémoire de ce langage et, au même temps, de le rendre accessible. Ici, la fonction identitaire de l’Argot est revendiquée. Barbusse dit que on doit

mettre les gros mots à leur place : la réalité de la guerre peut être dite seulement avec le langage de la guerre et par quelqu’un qui était là : je peux vous raconter parce que j’y étais.

Il s’agit de dévoiler le réel tel qu’il était le dévoilement est le geste du réalisme.

Pourquoi Le Feu est réaliste?

  1. On renvoi à un référent connu, c’est-à-dire, la grande guerre. Le fait que Le Feu paraisse dans la grande guerre et les autres romans paraissent après nous montre comme on ne s’agit pas seulement d’écrire sur un référent connu mais ce référent est vérifiable parce que la guerre était encore en cours. Donc on ne peut pas l’accuser de mensonge. Le but de Barbusse est produire un texte qui est témoignage de ce qui a existé.
  2. L’auteur est impliqué à la première personne : c’est un regard qui vient de l’intérieur (de l’action).
  3. Le narrateur fait partie de l’escouade
  4. La focalisation est interne, les yeux qui voient sont les yeux de soldats. C’est une focalisation restreinte pour deux raisons, la première est que celui qui parle est un soldat simple qui n’a pas la vision historiographique du général, la deuxième est que à cause des tranchées on ne voit pas tout, la vision est limitée au type de perception de la tranchée.
  5. Il y a un réalisme qui passe par l’usage d’un langage authentique.
  6. Il y a le geste du réalisme, c’est-à-dire, le dévoilement qui comporte : montrer la réalité quotidienne des soldats (conception qui ne respecte pas l’historiographie : on ne raconte pas les grands batailles), montrer le sentiment de la PEUR au lieu de l’héroïsme.

Sur cette couverture, il y a l’idée que la vision réaliste couvre un peu tout (XIXème siècle), mais dans le réalisme du récit de guerre l’idée c’est plutôt que si on voit du haut on ne voit rien.

Jean Kaempfer a écrit un essai critique, Poétique des récits de guerre, qui concerne tous les récits de guerre moderne. Les traits communs sont au niveau narratologique, thématique et au niveau de l’intertextualité (voir PowerPoint ).