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cultara francesa, Apuntes de Idiomas

Asignatura: INTRODUCCIÓN A LA LINGÜÍSTICA FRANCESA, Profesor: Elena Elena, Carrera: Lenguas Modernas y sus Literaturas, Universidad: UCM

Tipo: Apuntes

2014/2015

Subido el 20/11/2015

littlecandy
littlecandy 🇪🇸

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Séquence 3 : Molière, Le Misanthrope, Etude intégrale
Introduction :
Parmi les comédies de Molière, Le Misanthrope est sans doute la pièce qui a suscité le plus
d'interprétations, souvent contradictoires. Sa structure respecte cependant les règles du genre les unités
sont appliquées, la pièce se déroule sur cinq actes ; elle est écrite en alexandrins. A la diérence de
nombreuses pièces de Molière, presque tous les personnages ont un rôle important, même si celui
d'Alceste et de Célimène est fondamental.
Résumé du Misanthrope :
Acte 1 :
Dans le salon de Célimène, Alceste, le misanthrope, reproche à son ami Philinte sa complaisance
et l'amabilité articielle qu'il témoigne à tous ceux qu'il rencontre. Il plaide pour une sincérité absolue en
toutes circonstances et critique avec véhémence l'hypocrisie et les politesses intéressées. Ce combat
dans lequel il s'investit, et qu'il a toutes les chances de mener en vain, lui vaut d'éprouver une grande
haine pour l'humanité. Philinte s’étonne, qu'avec de tels principes, son ami puisse aimer la coquette
Célimène. Sincère jusqu'au bout, Alceste avoue à son ami qu'il vient justement trouver Célimène pour
avoir avec elle une discussion décisive. Surgit alors Oronte, un gentilhomme vaniteux venu consulter
Alceste sur un sonnet dont il est l'auteur. Alceste se retient autant qu'il peut, mais après quelques
tergiversations, il s'exprime avec une franchise brutale : ce sonnet ne vaut rien. Les deux hommes se
fâchent.
Acte 2 :
Alceste a un entretien houleux avec limène. Il lui reproche d'avoir de trop nombreux
prétendants. Célimène l'assure de son amour mais Alceste fait une crise de jalousie. Froissée, la jeune
femme coupe court à l'entretien. Un valet annonce l'arrivée d'Acaste et de Clitandre, deux "petits
marquis". Leurs médisances inspirent Célimène qui dresse avec brio et cruauté un portrait très drôle de
plusieurs absents. Ce qui lui vaut un certain succès auprès de ses visiteurs. Alceste reproche à ces deux
importuns de atter l'humeur railleuse de Célimène, et se couvre de ridicule. Il est bien décidé à attendre
le départ de ces marquis, mais un garde fait son apparition : la querelle avec Oronte s'envenime, Alceste
est convoqué au tribunal des maréchaux.
Acte 3 :
Acaste se montre très satisfait de lui et cone à Clitandre la erté qu'il éprouve de se sentir autant
aimé par Célimène. Ils se découvrent rivaux auprès de Célimène et tous deux sont convaincus de pouvoir
en apporter rapidement la preuve. Ils s'engagent à être loyaux : celui qui le premier obtiendra une preuve
décisive pourra exiger de l'autre qu'il se retire de la compétition. Célimène revient et on la prévient de
l'arrivée de la prude Arsinoé. Avec une complicité faussement charitable, elle informe Célimène, de la
fâcheuse réputation que suscite sa coquetterie. Célimène lui répond sur le même ton, en lui indiquant que
sa pruderie et son austérité ne sont guère appréciées. Piquée au vif, Arsinoé bat en retraite et prote d'un
tête-à-tête avec Alceste, qu'elle aime en secret, pour le détourner de sa rivale : elle lui promet de lui
apporter la preuve de la trahison de la jeune femme.
Acte 4 :
Eliante, cousine de Célimène, et Philinte discutent d'Alceste et évoquent son singulier caractère.
Eliante avoue à Philinte qu'elle aime Alceste et Philinte lui avoue, que tout en respectant les sentiments
qu'elle éprouve pour son ami, il espère qu'un jour elle l'aimera comme lui l'aime. Alceste, de son côté, est
révolté par une lettre que Célimène a adressée à Oronte et qu'Arsinoé lui a montrée. Se croyant trahi par
celle qu'il aime, il se tourne vers Eliante et lui demande de l'épouser. Célimène parait. Elle subit les
plaintes de son amant qui l'accuse de trahison mais parvient à retourner la situation à son avantage. La
colère d'Alceste nit en déclaration d'amour. Leur réconciliation est interrompue par un valet qui vient
chercher Alceste de toute urgence et l'informe des conséquences fâcheuses de son procès.
Acte 5 :
Alors qu'il avait toutes les raisons de gagner son procès, Alceste l'a perdu. Cette fois, il décide de
renoncer nitivement à la compagnie des hommes et souhaite avoir une dernière entrevue avec
Célimène. Apparaissent Oronte et Célimène. Alceste se joint à son rival pour exiger de la jeune femme
qu'elle choisisse entre eux deux. Puis c'est au tour d'Acaste et de Clitandre, accompagnés d'Arsinoé. Ils se
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Séquence 3 : Molière, Le Misanthrope , Etude intégrale

Introduction : Parmi les comédies de Molière, Le Misanthrope est sans doute la pièce qui a suscité le plus d'interprétations, souvent contradictoires. Sa structure respecte cependant les règles du genre les unités sont appliquées, la pièce se déroule sur cinq actes ; elle est écrite en alexandrins. A la différence de nombreuses pièces de Molière, presque tous les personnages ont un rôle important, même si celui d'Alceste et de Célimène est fondamental.

Résumé du Misanthrope :

Acte 1 : Dans le salon de Célimène, Alceste, le misanthrope , reproche à son ami Philinte sa complaisance et l'amabilité artificielle qu'il témoigne à tous ceux qu'il rencontre. Il plaide pour une sincérité absolue en toutes circonstances et critique avec véhémence l'hypocrisie et les politesses intéressées. Ce combat dans lequel il s'investit, et qu'il a toutes les chances de mener en vain, lui vaut d'éprouver une grande haine pour l'humanité. Philinte s’étonne, qu'avec de tels principes, son ami puisse aimer la coquette Célimène. Sincère jusqu'au bout, Alceste avoue à son ami qu'il vient justement trouver Célimène pour avoir avec elle une discussion décisive. Surgit alors Oronte, un gentilhomme vaniteux venu consulter Alceste sur un sonnet dont il est l'auteur. Alceste se retient autant qu'il peut, mais après quelques tergiversations, il s'exprime avec une franchise brutale : ce sonnet ne vaut rien. Les deux hommes se fâchent.

Acte 2 : Alceste a un entretien houleux avec Célimène. Il lui reproche d'avoir de trop nombreux prétendants. Célimène l'assure de son amour mais Alceste fait une crise de jalousie. Froissée, la jeune femme coupe court à l'entretien. Un valet annonce l'arrivée d'Acaste et de Clitandre, deux "petits marquis". Leurs médisances inspirent Célimène qui dresse avec brio et cruauté un portrait très drôle de plusieurs absents. Ce qui lui vaut un certain succès auprès de ses visiteurs. Alceste reproche à ces deux importuns de flatter l'humeur railleuse de Célimène, et se couvre de ridicule. Il est bien décidé à attendre le départ de ces marquis, mais un garde fait son apparition : la querelle avec Oronte s'envenime, Alceste est convoqué au tribunal des maréchaux.

Acte 3 : Acaste se montre très satisfait de lui et confie à Clitandre la fierté qu'il éprouve de se sentir autant aimé par Célimène. Ils se découvrent rivaux auprès de Célimène et tous deux sont convaincus de pouvoir en apporter rapidement la preuve. Ils s'engagent à être loyaux : celui qui le premier obtiendra une preuve décisive pourra exiger de l'autre qu'il se retire de la compétition. Célimène revient et on la prévient de l'arrivée de la prude Arsinoé. Avec une complicité faussement charitable, elle informe Célimène, de la fâcheuse réputation que suscite sa coquetterie. Célimène lui répond sur le même ton, en lui indiquant que sa pruderie et son austérité ne sont guère appréciées. Piquée au vif, Arsinoé bat en retraite et profite d'un tête-à-tête avec Alceste, qu'elle aime en secret, pour le détourner de sa rivale : elle lui promet de lui apporter la preuve de la trahison de la jeune femme.

Acte 4 : Eliante, cousine de Célimène, et Philinte discutent d'Alceste et évoquent son singulier caractère. Eliante avoue à Philinte qu'elle aime Alceste et Philinte lui avoue, que tout en respectant les sentiments qu'elle éprouve pour son ami, il espère qu'un jour elle l'aimera comme lui l'aime. Alceste, de son côté, est révolté par une lettre que Célimène a adressée à Oronte et qu'Arsinoé lui a montrée. Se croyant trahi par celle qu'il aime, il se tourne vers Eliante et lui demande de l'épouser. Célimène parait. Elle subit les plaintes de son amant qui l'accuse de trahison mais parvient à retourner la situation à son avantage. La colère d'Alceste finit en déclaration d'amour. Leur réconciliation est interrompue par un valet qui vient chercher Alceste de toute urgence et l'informe des conséquences fâcheuses de son procès.

Acte 5 : Alors qu'il avait toutes les raisons de gagner son procès, Alceste l'a perdu. Cette fois, il décide de renoncer définitivement à la compagnie des hommes et souhaite avoir une dernière entrevue avec Célimène. Apparaissent Oronte et Célimène. Alceste se joint à son rival pour exiger de la jeune femme qu'elle choisisse entre eux deux. Puis c'est au tour d'Acaste et de Clitandre, accompagnés d'Arsinoé. Ils se

sont montrés à lire la lettre qu'ils ont chacun reçu de Célimène où elle se moque tour à tour de chacun d'eux. La lecture de ces lettres confond Célimène. Clitandre, Acaste et Oronte se retirent en l'accablant de leur mépris. Alceste, lui, accepte de lui pardonner, à condition qu'elle s'engage à le suivre, hors du monde. Célimène refuse. Alceste part seul, non sans avoir approuvé l'union d'Eliante et de Philinte.

Séquence 3 : Le Misanthrope, Acte I, Scène 1

L'acte 1 comprend trois scènes qui présentent trois personnages On y voit Alceste confronté aux valeurs de la politesse

Texte :

La progression du dialogue, à partir, notamment, des tirades :

Vers 118 – 144

Alceste. Non : elle est générale, et je hais tous les hommes : les uns, parce qu' ils sont méchants et malfaisants, et les autres, pour être aux méchants complaisants,

et n' avoir pas pour eux ces haines vigoureuses que doit donner le vice aux âmes vertueuses. De cette complaisance on voit l’injuste excès pour le franc scélérat avec qui j’ai procès : au travers de son masque on voit à plein le traître ; partout il est connu pour tout ce qu' il peut être ; et ses roulements d'yeux et son ton radouci n' imposent qu'à des gens qui ne sont point d'ici. On sait que ce pied plat, digne qu’on le confonde, par de sales emplois s' est poussé dans le monde, et que par eux son sort de splendeur revêtu fait gronder le mérite et rougir la vertu. Quelques titres honteux qu’en tous lieux on lui donne, son misérable honneur ne voit pour lui personne ; nommez-le fourbe, infâme et scélérat maudit, tout le monde en convient, et nul n' y contredit. Cependant sa grimace est partout bienvenue : on l'accueille, on lui rit, partout il s'insinue ; et s'il est, par la brigue, un rang à disputer,

sur le plus honnête homme on le voit l'emporter. Têtebleu! Ce me sont de mortelles blessures, de voir qu'avec le vice on garde des mesures ; et parfois il me prend des mouvements soudains de fuir dans un désert l'approche des humains.

Vers 145 – 165

Philinte. Mon Dieu, des moeurs du temps mettons-nous moins en peine, et faisons un peu grâce à la nature humaine ; ne l' examinons point dans la grande rigueur, et voyons ses défauts avec quelque douceur. Il faut, parmi le monde, une vertu traitable ; à force de sagesse, on peut être blâmable ; la parfaite raison fuit toute extrémité, et veut que l'on soit sage avec sobriété. Cette grande roideur des vertus des vieux âges heurte trop notre siècle et les communs usages ; elle veut aux mortels trop de perfection : il faut fléchir au temps sans obstination ; et c'est une folie à nulle autre seconde de vouloir se mêler de corriger le monde. J' observe, comme vous, cent choses tous les jours, qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours ; mais quoi qu' à chaque pas je puisse voir paraître, en courroux, comme vous, on ne me voit point être ; je prends tout doucement les hommes comme ils sont, j'accoutume mon âme à souffrir ce qu' ils font ; et je crois qu' à la cour, de même qu'à la ville, mon flegme est philosophe autant que votre bile.

Vers 205 – 224

Philinte. Mais cette rectitude que vous voulez en tout avec exactitude, cette pleine droiture, où vous vous renfermez, la trouvez-vous ici dans ce que vous aimez? Je m’étonne, pour moi, qu’étant, comme il le semble, vous et le genre humain si fort brouillés ensemble, malgré tout ce qui peut vous le rendre odieux, vous ayez pris chez lui ce qui charme vos yeux ; et ce qui me surprend encore davantage, c'est cet étrange choix où votre coeur s'engage. La sincère Eliante a du penchant pour vous, la prude Arsinoé vous voit d' un oeil fort doux : cependant à leurs voeux votre âme se refuse, tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse, de qui l' humeur coquette et l'esprit médisant semblent si fort donner dans les moeurs d'à présent. D' où vient que, leur portant une haine mortelle, vous pouvez bien souffrir ce qu' en tient cette belle? Ne sont-ce plus défauts dans un objet si doux? Ne les voyez-vous pas, ou les excusez-vous?

Vers 225 - 234

Alceste. Non, l’amour que je sens pour cette jeune veuve ne ferme point mes yeux aux défauts qu’on lui treuve,

Auteur : Molière : Voir texte 4, Seq

Scène 1 :

La pièce s'ouvre sur une scène très longue construite autour d'un débat qui oppose deux systèmes de valeurs. Alceste reproche à Philinte sa mondanité et son manque de franchise ; puis il s'attaque aux hypocrisies de la politesse. Philinte estime que la vie en société demande certains sacrifices. Il s'étonne de l'inconséquence d'Alceste, qui est amoureux de la coquette Célimène, et s'inquiète de son attitude dans le procès qu'il risque de perdre, en ne « sollicitant » aucun juge. Cette scène d'exposition nous apporte de façon animée et vivante un certain nombre d'informations tout en nous présentant deux personnages principaux. Remarquez, au tout début, à quel mot réagit Alceste qui se met alors à parler plus longuement : « ami ».

En raison de la longueur de cette scène d'ouverture, il est bon d'en avoir une vue d'ensemble puis d'en analyser quelques passages caractéristiques. Relevez notamment quelques tirades où s'affirment les arguments des personnages : vers 14 à 28 : Amitié 41 à 64 : Amitié hypocrisie 118 à 144 : Haine des hommes 145 à 166 : Leçon de sagesse.

On peut distinguer trois étapes dans cette longue scène de 250 vers :

  • Une phase où les personnages s'abordent : Petit à petit, les deux interlocuteurs entrent dans un débat de fond sur les concessions à faire aux conventions de la politesse mondaine. Alceste expose sa misanthropie avec vigueur, Philinte prenant le parti de la raillerie, soulignant le ridicule de cette attitude excessive. Alceste restant sur ses positions, le dialogue est à la fois relancé et bloqué : Les vers 69-72 répètent les vers 35-36, et, contrairement à la seconde intervention de Philinte, celle d'Alceste, la seconde fois, est deux fois plus longue. On remarque, dans cette partie, un schéma double dans l'argumentation : Les personnages passent du petit fait vrai, du cas précis et concret à l'affirmation de principes d'une part; d'autre part, on passe de constats de Philinte aux hyperboles d'Alceste. Cette étape s'achève sur une tirade importante où Alceste affirme sa haine de toute l'humanité en prononçant un véritable réquisitoire contre la société à partir du portrait de son adversaire dans le procès. (Etudiez la violence du vocabulaire). « haïre », « méchant », « malfaisant », « traître », « infâme » - Contre-épreuve et défi adressé à Alceste : On a alors la première tirade de Philinte, dans laquelle il présente son argumentation de la juste mesure (« la parfaite raison fuit toute extrémité » , vers 151). On trouve ensuite un assez long passage où les répliques s'échangent en stichomythie au sujet du procès d'Alceste qui interrompt souvent Philinte. Cette circonstance du procès est une des causes qui amènent la misanthropie d'Alceste à son paroxysme. L'autre raison de cette situation de crise, principale cause, est l'amour qu'Alceste éprouve pour Célimène, et cet élément est développé dans la dernière étape de la conversation entre les deux amis : vers 206, 250. - Changement de registre et détente de la tension : Pour mettre Alceste à l'épreuve, Philinte le place, sans raillerie cette fois, en contradiction avec lui-même ; la scène d'exposition s'achève en exposant « l'atrabilaire amoureux ». Philinte se fait l'écho des conversations de salon, quand il pose la fameuse question à son ami, non sans malice : vers 210. C'est l'occasion, pour Molière, d'évoquer les trois femmes de la pièce et ce qui les caractérise chacune. Le vers 219 en deux expressions donne la définition du rôle de Célimène : humeur coquette, et esprit médisant. Vers 219, Alceste répond par une réplique calme et pleine de lucidité, où il se laisse aller à un aveu ; « Sa grâce est la plus forte... » « Mais la raison n'est pas ce qui règle l'amour »

Bilan :

  • Méthode par questions de Philinte : vers 2, 4, 12, 107, 208, 222...
    • Longs développements d'Alceste, mis à l'épreuve et qui avait pourtant refusé de parler. Alceste parle beaucoup : la longueur de ses tirades, le caractère répétitif de ses professions de foi et protestations à propos des conventions de la politesse éclairent le personnage, qui aime l'éloquence, qui aime faire des phrases, accumuler des formules. L'enflure et le gonflement de son discours ont un rôle à la fois psychologique et dramatique. Alceste, un homme de parole(s) .... qui sait construire efficacement ses réquisitoires en utilisant habilement les ressources de la langue et même de la versification : ainsi, aux vers 43-45, où « contorsions » et « protestations » miment plaisamment les postures de la salutation.
  • Manie de l'amplification chez Alceste (hyperboles, disposition en crescendo, redondance, accumulation, théâtralité du personnage par rapport à un Philinte plus flegmatique)
  • Outrance du personnage donc, accompagnée de lucidité, d'un talent d'observateur qui ne perd rien du spectacle mondain (vers 17-24. vers 43-52), et dénonce l'hypocrisie sociale, cible de Molière lui- même dans des pièces célèbres : Tartuffe , Don Juan , les précieuses ridicules. Lui-même jouait le rôle de Alceste, en insistant sur le ridicule du personnage pour faire rire le public à ses dépens, ce qui n'a pas manqué de soulever des critiques : La lettre d'Alembert, de Rousseau.

C'est que la folie d'Alceste le conduit nécessairement à l'excès et à la démesure, condamnant son personnage au ridicule. Le comique mis en place ici pousse à la réflexion et ramène à la devise de la comédie : castigat ridendo mores

  • Mise en scène : « On sait bien que les comédies ne sont faites que pour être jouées, et je ne conseille de lire celle-ci qu'aux personnes qui ont des yeux pour découvrir dans la lecture tout le jeu du théâtre. » C'est Molière qui nous rappelle à cette « lecture » du texte de théâtre, et cela quelques mois avant Le Misanthrope. Il faut ajouter à l'approche verbale du théâtre une réflexion sur le lieu, les rapports entre la parole, le geste, le silence et s'interroger constamment sur l'aspect scénique du personnage. Le lecteur est souvent en retard sur le spectateur, informé d'emblée, dès le lever du rideau : Par exemple : - Le ruban vert d’Alceste est un détail vestimentaire qui n'est donné qu'à la fin de la pièce (Acte V, scène 4), et dont le spectateur peut s'apercevoir dès le début. -Comment jouent les personnages dans cette première scène? Silence durable, prostration ou nervosité d'Alceste, attitude de Philinte, mouvements d'approche, d'éloignement, regards..., tout cela bien sûr en relation avec la progression du dialogue, les réactions des personnages.

Les noms des deux personnages ont une origine grecque :

Alceste, de grec Alkestes qui signifie « champion », « combattant » : évoquant la force, le courage, la vigueur.

Philinte, contient la racine phil qui signifie « aimer » : c’est l’ami de tout le monde.