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Asignatura: INTRODUCCIÓN A LA LINGÜÍSTICA FRANCESA, Profesor: Elena Elena, Carrera: Lenguas Modernas y sus Literaturas, Universidad: UCM
Tipo: Apuntes
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Introduction : Parmi les comédies de Molière, Le Misanthrope est sans doute la pièce qui a suscité le plus d'interprétations, souvent contradictoires. Sa structure respecte cependant les règles du genre les unités sont appliquées, la pièce se déroule sur cinq actes ; elle est écrite en alexandrins. A la différence de nombreuses pièces de Molière, presque tous les personnages ont un rôle important, même si celui d'Alceste et de Célimène est fondamental.
Résumé du Misanthrope :
Acte 1 : Dans le salon de Célimène, Alceste, le misanthrope , reproche à son ami Philinte sa complaisance et l'amabilité artificielle qu'il témoigne à tous ceux qu'il rencontre. Il plaide pour une sincérité absolue en toutes circonstances et critique avec véhémence l'hypocrisie et les politesses intéressées. Ce combat dans lequel il s'investit, et qu'il a toutes les chances de mener en vain, lui vaut d'éprouver une grande haine pour l'humanité. Philinte s’étonne, qu'avec de tels principes, son ami puisse aimer la coquette Célimène. Sincère jusqu'au bout, Alceste avoue à son ami qu'il vient justement trouver Célimène pour avoir avec elle une discussion décisive. Surgit alors Oronte, un gentilhomme vaniteux venu consulter Alceste sur un sonnet dont il est l'auteur. Alceste se retient autant qu'il peut, mais après quelques tergiversations, il s'exprime avec une franchise brutale : ce sonnet ne vaut rien. Les deux hommes se fâchent.
Acte 2 : Alceste a un entretien houleux avec Célimène. Il lui reproche d'avoir de trop nombreux prétendants. Célimène l'assure de son amour mais Alceste fait une crise de jalousie. Froissée, la jeune femme coupe court à l'entretien. Un valet annonce l'arrivée d'Acaste et de Clitandre, deux "petits marquis". Leurs médisances inspirent Célimène qui dresse avec brio et cruauté un portrait très drôle de plusieurs absents. Ce qui lui vaut un certain succès auprès de ses visiteurs. Alceste reproche à ces deux importuns de flatter l'humeur railleuse de Célimène, et se couvre de ridicule. Il est bien décidé à attendre le départ de ces marquis, mais un garde fait son apparition : la querelle avec Oronte s'envenime, Alceste est convoqué au tribunal des maréchaux.
Acte 3 : Acaste se montre très satisfait de lui et confie à Clitandre la fierté qu'il éprouve de se sentir autant aimé par Célimène. Ils se découvrent rivaux auprès de Célimène et tous deux sont convaincus de pouvoir en apporter rapidement la preuve. Ils s'engagent à être loyaux : celui qui le premier obtiendra une preuve décisive pourra exiger de l'autre qu'il se retire de la compétition. Célimène revient et on la prévient de l'arrivée de la prude Arsinoé. Avec une complicité faussement charitable, elle informe Célimène, de la fâcheuse réputation que suscite sa coquetterie. Célimène lui répond sur le même ton, en lui indiquant que sa pruderie et son austérité ne sont guère appréciées. Piquée au vif, Arsinoé bat en retraite et profite d'un tête-à-tête avec Alceste, qu'elle aime en secret, pour le détourner de sa rivale : elle lui promet de lui apporter la preuve de la trahison de la jeune femme.
Acte 4 : Eliante, cousine de Célimène, et Philinte discutent d'Alceste et évoquent son singulier caractère. Eliante avoue à Philinte qu'elle aime Alceste et Philinte lui avoue, que tout en respectant les sentiments qu'elle éprouve pour son ami, il espère qu'un jour elle l'aimera comme lui l'aime. Alceste, de son côté, est révolté par une lettre que Célimène a adressée à Oronte et qu'Arsinoé lui a montrée. Se croyant trahi par celle qu'il aime, il se tourne vers Eliante et lui demande de l'épouser. Célimène parait. Elle subit les plaintes de son amant qui l'accuse de trahison mais parvient à retourner la situation à son avantage. La colère d'Alceste finit en déclaration d'amour. Leur réconciliation est interrompue par un valet qui vient chercher Alceste de toute urgence et l'informe des conséquences fâcheuses de son procès.
Acte 5 : Alors qu'il avait toutes les raisons de gagner son procès, Alceste l'a perdu. Cette fois, il décide de renoncer définitivement à la compagnie des hommes et souhaite avoir une dernière entrevue avec Célimène. Apparaissent Oronte et Célimène. Alceste se joint à son rival pour exiger de la jeune femme qu'elle choisisse entre eux deux. Puis c'est au tour d'Acaste et de Clitandre, accompagnés d'Arsinoé. Ils se
sont montrés à lire la lettre qu'ils ont chacun reçu de Célimène où elle se moque tour à tour de chacun d'eux. La lecture de ces lettres confond Célimène. Clitandre, Acaste et Oronte se retirent en l'accablant de leur mépris. Alceste, lui, accepte de lui pardonner, à condition qu'elle s'engage à le suivre, hors du monde. Célimène refuse. Alceste part seul, non sans avoir approuvé l'union d'Eliante et de Philinte.
L'acte 1 comprend trois scènes qui présentent trois personnages On y voit Alceste confronté aux valeurs de la politesse
Texte :
La progression du dialogue, à partir, notamment, des tirades :
Vers 118 – 144
Alceste. Non : elle est générale, et je hais tous les hommes : les uns, parce qu' ils sont méchants et malfaisants, et les autres, pour être aux méchants complaisants,
et n' avoir pas pour eux ces haines vigoureuses que doit donner le vice aux âmes vertueuses. De cette complaisance on voit l’injuste excès pour le franc scélérat avec qui j’ai procès : au travers de son masque on voit à plein le traître ; partout il est connu pour tout ce qu' il peut être ; et ses roulements d'yeux et son ton radouci n' imposent qu'à des gens qui ne sont point d'ici. On sait que ce pied plat, digne qu’on le confonde, par de sales emplois s' est poussé dans le monde, et que par eux son sort de splendeur revêtu fait gronder le mérite et rougir la vertu. Quelques titres honteux qu’en tous lieux on lui donne, son misérable honneur ne voit pour lui personne ; nommez-le fourbe, infâme et scélérat maudit, tout le monde en convient, et nul n' y contredit. Cependant sa grimace est partout bienvenue : on l'accueille, on lui rit, partout il s'insinue ; et s'il est, par la brigue, un rang à disputer,
sur le plus honnête homme on le voit l'emporter. Têtebleu! Ce me sont de mortelles blessures, de voir qu'avec le vice on garde des mesures ; et parfois il me prend des mouvements soudains de fuir dans un désert l'approche des humains.
Vers 145 – 165
Philinte. Mon Dieu, des moeurs du temps mettons-nous moins en peine, et faisons un peu grâce à la nature humaine ; ne l' examinons point dans la grande rigueur, et voyons ses défauts avec quelque douceur. Il faut, parmi le monde, une vertu traitable ; à force de sagesse, on peut être blâmable ; la parfaite raison fuit toute extrémité, et veut que l'on soit sage avec sobriété. Cette grande roideur des vertus des vieux âges heurte trop notre siècle et les communs usages ; elle veut aux mortels trop de perfection : il faut fléchir au temps sans obstination ; et c'est une folie à nulle autre seconde de vouloir se mêler de corriger le monde. J' observe, comme vous, cent choses tous les jours, qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours ; mais quoi qu' à chaque pas je puisse voir paraître, en courroux, comme vous, on ne me voit point être ; je prends tout doucement les hommes comme ils sont, j'accoutume mon âme à souffrir ce qu' ils font ; et je crois qu' à la cour, de même qu'à la ville, mon flegme est philosophe autant que votre bile.
Vers 205 – 224
Philinte. Mais cette rectitude que vous voulez en tout avec exactitude, cette pleine droiture, où vous vous renfermez, la trouvez-vous ici dans ce que vous aimez? Je m’étonne, pour moi, qu’étant, comme il le semble, vous et le genre humain si fort brouillés ensemble, malgré tout ce qui peut vous le rendre odieux, vous ayez pris chez lui ce qui charme vos yeux ; et ce qui me surprend encore davantage, c'est cet étrange choix où votre coeur s'engage. La sincère Eliante a du penchant pour vous, la prude Arsinoé vous voit d' un oeil fort doux : cependant à leurs voeux votre âme se refuse, tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse, de qui l' humeur coquette et l'esprit médisant semblent si fort donner dans les moeurs d'à présent. D' où vient que, leur portant une haine mortelle, vous pouvez bien souffrir ce qu' en tient cette belle? Ne sont-ce plus défauts dans un objet si doux? Ne les voyez-vous pas, ou les excusez-vous?
Vers 225 - 234
Alceste. Non, l’amour que je sens pour cette jeune veuve ne ferme point mes yeux aux défauts qu’on lui treuve,
Auteur : Molière : Voir texte 4, Seq
Scène 1 :
La pièce s'ouvre sur une scène très longue construite autour d'un débat qui oppose deux systèmes de valeurs. Alceste reproche à Philinte sa mondanité et son manque de franchise ; puis il s'attaque aux hypocrisies de la politesse. Philinte estime que la vie en société demande certains sacrifices. Il s'étonne de l'inconséquence d'Alceste, qui est amoureux de la coquette Célimène, et s'inquiète de son attitude dans le procès qu'il risque de perdre, en ne « sollicitant » aucun juge. Cette scène d'exposition nous apporte de façon animée et vivante un certain nombre d'informations tout en nous présentant deux personnages principaux. Remarquez, au tout début, à quel mot réagit Alceste qui se met alors à parler plus longuement : « ami ».
En raison de la longueur de cette scène d'ouverture, il est bon d'en avoir une vue d'ensemble puis d'en analyser quelques passages caractéristiques. Relevez notamment quelques tirades où s'affirment les arguments des personnages : vers 14 à 28 : Amitié 41 à 64 : Amitié hypocrisie 118 à 144 : Haine des hommes 145 à 166 : Leçon de sagesse.
On peut distinguer trois étapes dans cette longue scène de 250 vers :
Bilan :
C'est que la folie d'Alceste le conduit nécessairement à l'excès et à la démesure, condamnant son personnage au ridicule. Le comique mis en place ici pousse à la réflexion et ramène à la devise de la comédie : castigat ridendo mores
Les noms des deux personnages ont une origine grecque :
Alceste, de grec Alkestes qui signifie « champion », « combattant » : évoquant la force, le courage, la vigueur.
Philinte, contient la racine phil qui signifie « aimer » : c’est l’ami de tout le monde.