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Comptabilité Analytique: Introduction et Exemples, Lectures de Comptabilité

La comptabilité générale est historiquement la première composante des systèmes d'information de gestion apparue dans les organisations.

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Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique 1
COMPTABILITE ANALYTIQUE
INTRODUCTION GENERALE
La comptabilité générale est historiquement la première composante des
systèmes d’information de gestion apparue dans les organisations. Cependant
cette discipline s’est développée à travers les temps et a donné lieu à plusieurs
systèmes selon les pays. Bien que ces systèmes aient une base commune
consacrée par le principe de la partie double, leurs formes de présentation,
leur périodicité, et les informations qu’ils fournissent, différent sensiblement
selon les pays, du fait des différences des cultures et des règles
administratives et fiscales en place, ainsi que du rythme de réformes
comptables dans chaque pays.
Au Maroc, le Plan Comptable Général des Entreprises est rentré en
vigueur à partir de janvier 1994. Ce plan constitue un progrès certain, en ce
sens qu’il a permis de rapprocher davantage la comptabilité générale des
besoins des gestionnaires en faisant des regroupements plus pertinents des
charges et des produits. Le nouveau plan comptable marocain a également
prévu un certain nombre d’états de synthèse, qui permettent d’avoir une idée
synthétique à la fois des coûts, de la rentabilité et de la situation financière de
l’entreprise.
Cependant, malgré les différents aménagements apportés à ces systèmes à
l’étranger comme au Maroc, leur utilité pour les besoins du contrôle de
gestion reste toute relative. Il est vrai que le nouveau plan comptable est
beaucoup plus proche des préoccupations des gestionnaires que ne l’étaient
ses ancêtres, mais sa préoccupation première reste la même et ne peut
coïncider totalement avec les objectifs du Contrôle de Gestion.
Cela ne veut pas dire que la Comptabilité Générale est totalement inutile
pour le Contrôle de Gestion, mais seulement que son apport en vue de la
maîtrise des coûts reste limité, comparée sur ce point à la comptabilité
analytique, en effet :
Alors que la comptabilité générale considère l’entreprise comme une
boîte noire en ne s’intéressant qu’aux « intrants » et aux « extrants », ce
qui ne lui permet pas de renseigner sur la façon dont les résultats ont
été réalisés, la Comptabilité Analytique elle, considère l’organisation
comme un ensemble « d’unités » interdépendantes ( fonctions, centres,
activités, activités, processus,… ), contribuant chacune pour sa part à
la réalisation des produits et des résultats ;
Par ailleurs, la Comptabilité Générale est tournée essentiellement vers
l’extérieur, alors que la Comptabilité Analytique se préoccupe surtout
des besoins d’information des gestionnaires dans l’entreprise ;
Enfin, contrairement à la Comptabilité Générale, la Comptabilité
Analytique ne souffre d’aucune contrainte légale ou réglementaire et
peut de ce fait s’adapter facilement aux besoins d’information variés et
évolutifs des dirigeants d’entreprise
On peut donc dire que la Comptabilité Analytique est un outil
indispensable au contrôle de gestion des entreprises qui se veulent organisées
et modernes.
Quelles que soient les méthodes de calcul et leurs évolutions, les principes
de base et la terminologie restent les mêmes, et le présent cours est construit
en conséquence. Une première partie concerne l’étude des coûts constatés,
dont la synthèse conduit au coût de revient, et présente les principes
d’analyse des coûts. La variabilité des coûts en fonction du volume de
production est ainsi mise en évidence. Cela conduit à l’étude du seuil de
rentabilité, aux calculs de coûts variables et des marges correspondantes, à
l’imputation rationnelle des charges de structure et au coût marginal. Outre
les principes de ces calculs, chaque notion est présentée en faisant ressortir
son apport à la préparation des décisions de gestion.
Les bases de la comptabilité analytique ainsi posées, il sera possible dans
une deuxième partie d’aborder la gestion prévisionnelle et l’articulation des
coûts avec les budgets.
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Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

COMPTABILITE ANALYTIQUE

INTRODUCTION GENERALE

La comptabilité générale est historiquement la première composante des systèmes d’information de gestion apparue dans les organisations. Cependantcette discipline s’est développée à travers les temps et a donné lieu à plusieurssystèmes selon les pays. Bien que ces systèmes aient une base communeconsacrée par le principe de la partie double, leurs formes de présentation,leur périodicité, et les informations qu’ils fournissent, différent sensiblementselon

les

pays,

du

fait

des

différences

des

cultures

et

des

règles

administratives

et

fiscales

en

place,

ainsi

que

du

rythme

de

réformes

comptables dans chaque pays.

Au

Maroc,

le

Plan

Comptable

Général

des

Entreprises

est

rentré

en

vigueur à partir de janvier 1994. Ce plan constitue un progrès certain, en cesens qu’il a permis de rapprocher davantage la comptabilité générale desbesoins des gestionnaires en faisant des regroupements plus pertinents descharges et des produits. Le nouveau plan comptable marocain a égalementprévu un certain nombre d’états de synthèse, qui permettent d’avoir une idéesynthétique à la fois des coûts, de la rentabilité et de la situation financière del’entreprise.

Cependant, malgré les différents aménagements apportés à ces systèmes à l’étranger comme au Maroc, leur utilité pour les besoins du contrôle degestion reste toute relative. Il est vrai que le nouveau plan comptable estbeaucoup plus proche des préoccupations des gestionnaires que ne l’étaientses ancêtres, mais sa préoccupation première reste la même et ne peutcoïncider totalement avec les objectifs du Contrôle de Gestion.

Cela ne veut pas dire que la Comptabilité Générale est totalement inutile pour le Contrôle de Gestion, mais seulement que son apport en vue de lamaîtrise des coûts reste limité, comparée sur ce point à la comptabilitéanalytique, en effet :

•^

Alors que la comptabilité générale considère l’entreprise comme uneboîte noire en ne s’intéressant qu’aux « intrants » et aux « extrants », ce

qui ne lui permet pas de renseigner sur la façon dont les résultats ontété réalisés, la Comptabilité Analytique elle, considère l’organisationcomme un ensemble « d’unités » interdépendantes ( fonctions, centres,activités, activités, processus,… ), contribuant chacune pour sa part àla réalisation des produits et des résultats ;

-^

Par ailleurs, la Comptabilité Générale est tournée essentiellement versl’extérieur, alors que la Comptabilité Analytique se préoccupe surtoutdes besoins d’information des gestionnaires dans l’entreprise ;

-^

Enfin,

contrairement

à

la

Comptabilité

Générale,

la

Comptabilité

Analytique ne souffre d’aucune contrainte légale ou réglementaire etpeut de ce fait s’adapter facilement aux besoins d’information variés etévolutifs des dirigeants d’entreprise On

peut

donc

dire

que

la

Comptabilité

Analytique

est

un

outil

indispensable au contrôle de gestion des entreprises qui se veulent organiséeset modernes.

Quelles que soient les méthodes de calcul et leurs évolutions, les principes de base et la terminologie restent les mêmes, et le présent cours est construiten conséquence. Une première partie concerne l’étude des coûts constatés,dont

la

synthèse

conduit

au

coût

de

revient,

et

présente

les

principes

d’analyse

des

coûts. La

variabilité

des

coûts

en

fonction

du

volume

de

production est ainsi mise en évidence. Cela conduit à l’étude du seuil derentabilité, aux calculs de coûts variables et des marges correspondantes, àl’imputation rationnelle des charges de structure et au coût marginal. Outreles principes de ces calculs, chaque notion est présentée en faisant ressortirson apport à la préparation des décisions de gestion.

Les bases de la comptabilité analytique ainsi posées, il sera possible dans une deuxième partie d’aborder la gestion prévisionnelle et l’articulation descoûts avec les budgets.

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

PARTIE 1.

LA COMPTABILITE EN COUTS COMPLETS

La Comptabilité Analytique s’est imposée comme discipline du fait que les problèmes des coûts sont devenus prépondérants dans la prise de décisiondes entreprises. La production de masse, qui suppose un bénéfice unitaireréduit pour conquérir le marchés, la concentration industrielle, qui exige –pour bénéficier des économies d’échelle- un contrôle rigoureux des charges destructure et des rendements, sont à l’origine d’une analyse de plus en plusserrée des charges de l’entreprise.

Ainsi, à la constatation des coûts de revient s’est ajoutée l’étude de leurs variations,

d’où

l’éclatement

du

coût

pour

la

recherche

d’une meilleure

adaptation d’une production diversifiée aux conditions du marché, à laprévision de l’exploitation et au contrôle de gestion. Ce qui peut allez jusqu’àgérer les coûts pour ne pas dépasser un niveau préalablement fixé commeobjectif, comme cela se fait actuellement dans la pratique des coûts cibles.

CHAP. 1 : LES OBJECTIFS ET LES MOYENS DE LA

COMPTABILITE ANALYTIQUE

La comptabilité analytique est conçue pour : -^

analyser les résultats et faire apparaître leurs éléments constitutifs ; cefaisant, elle permet des contrôles de rendements et de rentabilités etfournit un grand nombre d’éléments pour la gestion de l’entreprise ;

-^

compléter

la

comptabilité

générale

en

lui

donnant

des

bases

d’évaluation de certains éléments d’actif ( stocks de produits fabriqués,immobilisations créées par l’entreprise…) ;

-^

fournir des bases afin d’établir les prévisions de charges et produits, eten assurer le contrôle. En conséquence, les objectifs d’une telle comptabilité conduisent à faire une analyse des charges et des produits, à calculer des coûts et à évaluer lesstocks apparaissant au cours du processus de fabrication.

1. Analyse des charges : Une comptabilité analytique ayant pour but l’analyse des résultats, son existence dans une entreprise conduit nécessairement à une analyse détailléedes charges. Pour ce faire, plusieurs procédures peuvent être envisagées.

1.1. Analyse par fonction : On entend par fonction un ensemble d’actions concourant à un même but. Il s’agit par exemple de l’approvisionnement, la production, la distribution,l’administration…

L’ensemble des activités d’une entreprise peut être ainsi subdivisé suivant le rôle qu’elles jouent et les charges correspondantes réparties suivants lesmêmes critères.

1.2. Analyse par produit : Pour une entreprise fabriquant plusieurs produits ou plusieurs types de produits, il est donc nécessaire de répartir les charges entre ces produits :

-^

afin de savoir si tous sont rentables lorsque les prix de vente sont fixésindépendamment de la volonté des dirigeants de l’entreprise ;

-^

afin de fixer des prix de vente permettant de réaliser des bénéfices surtous les produits lorsque l’entreprise peut agir librement… Exemple : L’entreprise FAB-INFOP est spécialisée dans la fabrication du matériel informatique. Elle vend deux modèle de micro-ordinateurs A et B. Soncompte de produits et charges se résume ainsi :

Charges

Produits

Achats ConsommésCharges de personnelAutres charges

Production Vendue Perte

Total charges

Total produits

Les ventes de A s’élèvent à 700.000 Dhs et les ventes de B à 500.000 Dhs. Des estimations faites par le comptable, il résulte que 60% des chargesconcernent A, ainsi que 50% des charges du personnel et 1/3 des autrescharges.

Analyser les charges afin de déceler l’origine de la perte.

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique 2.2. La hiérarchie des différents coûts :

Le cycle d’exploitation d’une entreprise industrielle fait apparaître des phases auxquelles correspondent des coûts successifs. Phases de l’exploitationet coûts respectifs peuvent être schématisés de la façon suivante :

Distribution

Achats

Production

Coûts dedistribution

Coûtsd’achat

Charges

incorporables

Coûts deProduction

Coûts deRevient

•^

Les

coûts

d’achat

sont

constitués

par

l’ensemble

des

charges

supportées en raison de l’achat des marchandises ou des matières.

-^

Les coûts de production sont constitués par l’ensemble des chargessupportées

en

raison

de

la

création

de

produits

ou

services

par

l’entreprise.

-^

Les coûts de distribution sont constitués par l’ensemble des chargessupportées en raison des opérations relatives à la conclusion et àl’exécution de la vente. En réalité, les produits qui parcourent le cycle d’exploitation ne le font pas de manière instantanée. En conséquence, lorsqu’on observe la situation à unmoment donnée, il existe des stocks de matières premières, encours deproduction, produits finis… ces stocks modifient alors la procédure de calculdes coûts.

3. Types de coûts : Les calculs et l’analyse conduisent à distinguer de nombreux types de coûts. Le plan comptable général insiste sur leur définition par rapport à troiscritères.

•^

Le

contenu

des

coûts :

chaque

coût

calculé

peut

prendre

en

considération toutes les charges supportées au titre de l’élément étudié

(^

coût complet

) ; ou seulement les charges ayant les caractéristiques

particulières

(^

coût

partiel

)^

telles

que

la

variabilité

lorsque

la

production varie (

coût variable

), ou les liens manifestes avec le

produit étudié (

coût direct

•^

Le moment

de calcul

des coûts : suivant que les coûts sont déterminés

antérieurement aux faits qui les engendrent (

coûts préétablis

) ou

postérieurement (

coûts constatés

,^ coûts réels

ou

coûts historiques

La comparaison de ces coûts conduit à la détermination des écarts.

-^

Le champ d’application

du coût étudié

: le plan comptable cite les

plus usuels en distinguant entre coût par fonction économique, coûtpar

moyen

d’exploitation,

coût

par

production,

coût

par

responsabilité… Exercices 1 : Le compte trimestriel de produits et charges (résumé) de l’entreprise ARBAC, qui fabrique et vend deux articles A et B, se présente comme suit :

CPC

Achats de matières premièresAutres charges externesCharges du personnelDotations aux amortissements

420.000400.00080.00050.

Ventes de produits finis

1.060.

L’analyse des charges et des produits par nature d’article fabriqué et vendu donne les éléments suivants :

Achats

Charges du personnel

Pour A :

Pour B :

Les autres charges doivent se répartir entre A et B proportionnellement aux nombres d’unités fabriquées et vendues, soit 8.000 A et 12.000 B.

Les amortissements doivent être affectés par moitié à chacun des deux produits.

Le prix de vente unitaire est de 50 Dhs pour A et 55 Dhs pour B.Il n’y a aucun stock ni en début ni en fin de trimestre. T.A.F. : Répartir les charges entre les deux produits et déterminer leurs résultats respectif

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

Exercice 2 : Une entreprise de transport urbain exploite deux lignes d’autobus dans une petite ville. Au 31.12.N, sont Compte de Produits et Charges résumé seprésente ainsi :

CPC

Achats de matières premièresVariations de stocks de MPAutres charges externesImpôts et taxesCharges du personnelCharges financièresDotations aux amortissementsRésultat

740.000- 40.000284.00040.000240.00038.000130.000268.

Ventes de produits finis

1.700.

La

ventilation

des

charges

et

des

produits

entre

les

deux

lignes

en

exploitation se fait conformément aux éléments suivants :

-^

Recettes : à partager entre les deux lignes en fonction des passagerstransportés, soit 460.000 pour la ligne A et 1.240.000 pour la ligne B.

-^ Consommations de matières : 260.000 pour la ligne A, le reste pour laligne B. -^ Autres charges externes : 160.000 pour la ligne A, 124.000 pour la ligne B. -^ Charges de personnel : 150.000 sur la ligne A, 90.000 sur la ligne B. -^ Charges financières : 20.000 pour la ligne A et le reste pour la ligne B. -^ Impôts et taxes : 75% pour la ligne A et 25% pour la ligne B. -^ Amortissement : 30.000 sur la ligne A et le reste pour la ligne B. T.A.F. :1. Présenter un tableau de répartition des charges entre les deux lignes.2. Calculer le résultat obtenu sur chaque ligne. Questions de cours :1.

Définissez un coût de revient. 2.

Comparez prix d’achat et coût d’achat. 3.

Comparez une marge et un résultat. 4.

Expliquez

pourquoi

la

flexibilité

de

la

production

crée

des

conditions particulières pour le calcul des coûts.

CHAP. 2 : LE CALCUL DES CHARGES INCORPORABLES Les charges que la comptabilité analytique incorpore dans les coûts et les coûts de revient constituent les charges incorporables.

Ces charges sont supportées par l’entreprise et pour la plupart constatées par

la

comptabilité

générale.

Leur

détermination

conduit

cependant

à

examiner deux particularités.

La première est due à la différence de temps qui peut exister entre le moment où se fait le calcul des coûts et celui où une charges est constatée parla comptabilité générale.

La seconde difficulté tient au fait que l’on peut laisser de côté, pour le calcul des coûts, des charges qui ont un caractère exceptionnel ou anormal.

Il faut donc identifier les charges à retenir pour le calcul des coûts. 1. Importance de la périodicité des calculs : La période de calcul des coûts est généralement plus courte que l’exercice : période trimestrielle ou plus souvent mensuelle.

Certaines

charges

sont

quotidiennes

ou

mensuelles

et

sont

alors

communes au moment de calcul des coûts ( Exp. Consommation des matières,dépenses de salaires, loyer,… ), d’autre sont trimestrielles ou annuelles ( Exp.Amortissements, impôts et taxes, assurances,…. ).

On détermine alors le montant correspondant à la période de calcul des coûts par une répartition de la charge annuelle. Cette répartition est diteméthode de l’abonnement.

2. Importance du choix des charges : Il convient d’inclure dans les coûts toutes les charges correspondant à des facteurs concourant à la production ou la vente du produit.

Les critères conduisant à l’inclusion ou l’exclusion d’un élément dans le calcul des coûts doivent avoir un caractère de

permanence

dans le temps et

dans l’espace.

Par

exemple,

les

pertes

sur

créances

irrécouvrables

peuvent

être

incorporées ou non dans le coût des produits, selon leur caractère plus oumoins normal pour l’entreprise considérée.

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

CHAP. 3 : LES CHARGES DIRECTES ET LES CHARGES

INDIRECTES

La distinction entre charges directes et charges indirectes ainsi que la terminologie correspondante apparaissent clairement dans le schéma suivant :

Chargesdirectes

Affectation

Imputation

Répartition

Charges incorporables

Chargesindirectes

Coûts

1. Les charges directes et leur affectation : Comme le montre le schéma, les charges directes sont affectables. Elles concernent le coût d’un seul produit ou d’une seule commande et sontdirectement affectées aux coûts, c-à-d sans répartition préalable.

Les deux catégories essentielles de charges directes sont : •^

les

matières

et

fournitures

,^

qui

sont

nécessairement

des

charges

directes

lorsqu’elles

entrent

dans

la

composition

des

produits

fabriqués ;

-^

la main-d’œuvre directes

: ils ‘agit des frais de personnel résultant des

travaux effectuée sur un seul produit.

2. Les charges indirectes et leur imputation : Alors que les charges directes sont aisément affectées aux coûts, sans calculs

intermédiaires,

les

charges

indirectes

doivent

être

analysées

et

réparties avant leur imputation.

Des

méthodes

rapides

mais

nécessairement

arbitraires

peuvent

être

envisagées en vue de cette répartition.

2.1. La prérépartition : Compte tenu de la hiérarchie des différents coûts, une prérépartition permet de séparer les charges imputables :

-^

aux coûts d’achat : charges d’approvisionnement ;

-^

aux coûts de production : charges de production ;

-^

aux coûts de commercialisation : charges de distribution. Il s’agit en partie d’une répartition par fonctions des charges indirectes. Les charges qui ne peuvent être réparties aisément entre ces trois fonctionsconstituent les charges générales.

2.2. L’imputation aux coûts : Les totaux des charges indirectes de chaque fonction sont alors imputés aux coûts des produits proportionnellement à des coefficients d’imputation.

Citons par exemple : -^

Pour

les

charges

d’approvisionnement,

le

partage

entre

les

coûts

d’achat des matières peut se faire proportionnellement aux quantitésachetées, aux prix d’achat…

-^

Pour

les

charges

de

production,

le

partage

peut

se

faire

proportionnellement aux charges directes contenues dans ces coûts,aux

salaires

directs,

aux

matières

consommées,

aux

quantités

de

produits fabriqués…

-^

Pour

les

charges

de

distribution,

le

partage

peut

se

faire

proportionnellement

au

montant

des

coûts

de

production,

aux

quantités vendues… Exemple : Soit une entreprise spécialisée dans la fabrication de deux produits P1 et P2, pour lesquels elle supporte 240.000 Dhs de charges de production. Lesconditions de production des deux produits sont comme suit :

Quantitésproduites

Matières

consommées ( Kg )

Heures de main-d’œuvre directe

Produit P1Produit P

Total

Supposons que le coût des matières premières soit de 20 Dhs le Kg et le coût horaire de la main-d’œuvre directe de 160 Dhs.

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

Différentes clés de répartition sont envisageables pour les charges de production : (a) les quantités de matières, (b) les heures de main-d’œuvredirecte, (c) le total des charges directes.

Solution : a- La répartition en fonction des quantités de matières conduit aux calculs suivants :

-^

pour P1 : 240.000 x 1.500 / 4.000 = 90.

-^ pour P2 : 240.000 x 2.500 / 4.000 = 150.

b- La répartition en fonction des heures de travail donne les résultats suivants :

-^

pour P1 : 240.000 x 150 / 250 = 144.

-^ pour P2 : 240.000 x 100 / 250 = 96.

c- La répartition en fonction du total des charges directes nécessite le calcul préalable de leur montant.

P

P

Total

Matières

Main-d’œuvre

Total

Ce qui conduit à la répartition suivante : -^

pour P1 : 240.000 x 54.000 / 120.000 = 108.

-^

pour P2 : 240.000 x 66.000 / 120.000 = 132.000. En totalisant les charges directes et les charges indirectes calculées selon les trois modes précédents, on aboutit aux coûts de production suivants :

P

P

CD

CI

Coût

CD

CI

Coût

Total

a^

b^

c^

Si le total des coûts est identique dans les trois méthodes, leur répartition entre

P

et

P

apparaît

très

différente.

Cet

écart

nous

amène

donc

à

s’interroger sur la pertinence de chacune de ces méthodes de calcul.

Exercices 1 : L’entreprise SODEX, consomme deux types de matières premières M1 et M2 en vue de fabriquer deux produits P1 et P2, a procédé à une ventilation deses charges indirectes faisant apparaître :

-^

charges d’approvisionnement : 100.000 Dhs ;

-^

charges de production : 600.000 Dhs ;

-^

charges de distribution : 300.000 Dhs ;

-^

charges générales : 150.000 Dhs. En vue de l’imputation de ces charges aux coûts, on procède à une répartition simple.

Les charges générales sont d’abord réparties entre approvisionnement, production et distribution, proportionnellement aux montants respectifs decharges de ces fonctions. Ensuite, les imputations aux coûts sont faites ainsi :

-^

charges d’approvisionnement imputées aux coûts d’achat de M1 et M2proportionnellement aux quantités achetées ;

-^

charges de distribution imputées aux coûts de distribution de P1 et P2proportionnellement aux quantités vendues ;

-^

charges de production imputées aux coûts de production de P1 et P2proportionnellement aux quantités de matières consommées. Vous disposez des informations suivantes pour la période étudiée :

Quantités consommées ( Kg )

Quantités achetées

( Kg )

pour P

pour P

M

M

T.A.F. :1. Répartir les charges générales.2. Présenter un tableau faisant apparaître les imputations des chargesaux divers coûts .3. Critiquer ces méthodes de répartition et d’imputation.Exercice 2 : La société SUPERSOL exploite une petite surface commerciale de 600 m² dans une zone résidentielle.

l’activité du magasin est dissociée en deux rayons : l’alimentaire (A), qui occupe deux tiers de la surface, et le non alimentaire (NA).

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

CHAP. 4 : LE TRAITEMENT DES CHARGES INDIRECTES Le

traitement

des

charges

indirectes

s’effectue

en

tenant

compte

des

centres d’analyse de l’entreprise. Ces centres d’analyse impliquent l’adoptiond’une méthode de répartition primaire et secondaire des charges indirectes.

1. Le principe des centres d’analyse : Le centre d’analyse est une division d’ordre comptable de l’entreprise dans laquelle

sont

groupés,

préalablement

à^

leur

imputation

aux

coûts

des

produits, les éléments des charges indirectes.

1.1. Définition du centre d’analyse : Le centre d’analyse peut correspondre : •^

soit à une division fictive de l’entreprise, division qui équivaut alorssouvent à une fonction, comme le financement, l’administration, lasécurité, la gestion du personnel…

-^

soit à une division réelle de l’entreprise, division qui équivaut alorssouvent à un service ; on parle alors de centre de travail, tels l’atelier X,l’atelier Y, le service distribution. 1.2. Caractère du centre d’analyse : Le centre d’analyse doit être choisi de telle manière que les charges indirectes

qu’il

regroupe

présentent

un

caractère

d’homogénéité.

l’homogénéité du centre doit permettre, chaque fois que possible, la mesurede son activité par une unité physique. Ce n’est pas toujours possible, d’où lesdistinctions entre centres opérationnels et centres de structure.

1.2.1. Centres opérationnels :

Ce sont les centres d’analyse dont l’activité peut être mesurée par une unité physique dite « unité d’œuvre », comme l’heure machine, l’heure demain d’œuvre directes, l’unité de produit fabriqué, etc.

Cette unité doit : •^

caractériser l’activité du centre : le montant des charges doit varier enfonction du nombre de ces unités ;

•^

permettre

une

imputation

des

charges

du

centre

aux

coûts

des

produits ou des commandes intéressées. On doit donc être en mesure de déterminer le nombre d’unités d’œuvre correspondant aux différents produits ou aux différentes commandes.

On calcule :

Coût du centre d’analyse

Coût de l’unité d’œuvre =

Nombre d’unités d’œuvre du centre d’analyse

1.2.2. Centres de structure :

Ce sont les centres d’analyse pour lesquels il n’est pas possible de mesurer une activité par une unité physique, comme l’administration générale, lefinancement, etc..

En l’absence d’unité d’œuvre, on calcule un taux de frais en fonction d’une base exprimée en dirhams.

On calcule :

Coût du centre d’analyse

Taux de frais =

Base de répartition en Dirhams

Exemple : Soit un centre « administration générale » dont on souhaite répartir les charges

entre

les

coûts

de

revient

proportionnellement

aux

coûts

de

production des produits vendus.

Dans ce cas on aura :

Coût du centre administration générale

Taux de frais =

Somme des coûts de production des produits vendus

Ce taux de frais donne en fait le coût du centre pour un dirham de coût de production.

Les centres de structure sont ainsi dénommés car ils regroupent des charges qui varient peu dans le cadre d’une structure déterminée, tandis queles centres opérationnels regroupent des charges dont le montant est en partielié au volume des opérations réalisées.

La précision recherchée dans le calcul des coûts conduit parfois à effectuer l’imputation du coût d’un centre d’analyse au moyen de plusieurs unitésd’œuvre. Le centre est alors subdivisé en sections dites sections homogènes.

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

Ex 1 : Dans l’atelier piquage d’une usine de confection sont fabriqués deux modèles de chemises M1 et M2.

L’atelier comprend dix machines identiques, qui ont tourné chacune 160 heures pendant le mois, dont 1000 heures pour fabriquer M1 et 600 heurespour fabriquer M2. Les charges indirectes du centre s’élèvent pour le mois à240.000 Dhs. Les heures machine sont retenues comme unités d’œuvre.

Solution : Coût de l’unité d’œuvre : 240.000 / 1.600 = 150 DhsImputations :

-^

à M1 : 150 x 1.000 = 150.000 Dhs

-^

à M2 : 150 x 600 = 90.000 Dhs. Ex 2 : Les charges du centre « distribution » de la même entreprise s’élèvent à 70.000 Dhs. Le coût de production du produit M1 est de 800.000 Dhs et celuidu produit M2 de 600.000 Dhs. Le coût de production est retenu comme tauxde frais.

Solution : Taux de frais = 70.000 / 1.400.000 = 0,05 ou 5%Imputations :

-^

à M1 : 800.000 x 5% = 40.000 Dhs

-^

à M2 : 600.000 x 5% = 30.000 Dhs.

2. La typologie des centres d’analyse : Les

centres

d’analyse

peuvent

être

plus

ou

moins

nombreux

selon

l’entreprise et son type d’activité.

2.1. Des fonctions aux centres d’analyse : le tableau suivant propose de manière schématique les différents centres qu’on peut rencontrer :

Division fonctionnelle

élémentaire

Division fonctionnelle

évoluée Administration générale

Administration

Gestion financière

Administration

Gestion Du personnel

Gestion Du personnel

Gestion des bâtiments

Gestion des bâtimentset du matériel

Gestion du matériel

Servicesgénéraux

Prestationsconnexes

Prestations connexes

Administration

Gestion des approvisionnements

Gestion des approvisionnements

Gestion des approvisionnements

Etudes techniques

et recherches

Etudes techniques

et recherches

Servicestechniques

Servicestechniques

Production

Production

Distribution

Distribution

Distribution

Distribution

Autres fraisà couvrir

Autres fraisà couvrir

Autres fraisà couvrir

Autres fraisà couvrir

2.2. Des centres d’analyse aux imputations : Les diverses destinations des coûts des centres, lors de leurs imputations, conduisent à une classification des centres d’analyse.

2.2.1. Les centres auxiliaires :

Ce sont les centres dont les coûts sont imputés à d’autres centres d’analyse car l’essentiel de leur activité leur est consacré.

il s’agit par exemple de : -^

Centres

de

gestion

du personnel

( embauche,

formation,

services

sociaux..) ;

-^

Centres de gestion des bâtiments ( éclairage, hygiène, entretien…) ;

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

Solution :

voir tableau ci-après.

Centres

Prestations

connexes

Approvision-

nement

Ebauchage

Finissage

Distribution

Administratio

et générale n

financement

Différence

d’incorporation

Charges^ Fournitures cons

600

600

600

600

Loc et chglocatives

500

500

500

Primes d’assurance

800

800

Impôts et taxes

Chg de personnel

Dot auxprovisions

Dot aux amort

500

Différence d’incorporationpour charges

suplétives

Totaux aprèsrépartition

primaire

-26.

0

Totaux aprèsrépartitionsecondaire

0

5000

Unités d’œuvre ou assiettes de frais

Kg

Kg

H / m

CP

CP

Montant

Coût de l’unité d’œuvre ou taux de

frais

8,

120,

0,

0,

3.2. La cession de prestations entre centres auxiliaires : Les centres auxiliaires fournissent des prestations aux centres principaux mais éventuellement aussi à d’autres centres auxiliaires.

3.2.1. Les prestations sans réciprocité : transfert en escalier.

Exemple :

Considérons la répartition primaire suivante.

Centres auxiliaires

Centres principaux

Gestion dupersonnel

Prestationsconnexes

Atelier

Distribution

Total aprèsrépartitionprimaire

Clés de répartition des centres auxiliaires :

Gestion

du personnel

Prestationsconnexes

Atelier

Distribution

Gestion dupersonnel

Prestations connexes

Solution : Le calcul de la répartition secondaire peut être présenté dans le tableau ci- dessous :

Centres auxiliaires

Centres principaux

Gestion

du personnel

Prestationsconnexes

Atelier

Distribution

Total après répartition primaire

Gestion dupersonnel

Prestations connexes

Total aprèsrépartitionsecondaire

3.2.2. Les prestations avec réciprocité : transfert croisés.

Plusieurs centres auxiliaires peuvent échanger entre eux des prestations. Exemple :

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

Un centre « transport » a eu sur une période une activité de 100.000 Km dont 10.000 ont été réalisés pour un centre « entretien ».

L’entretien a pour sa part travaillé 2.000 heures dont 600 pour le centre « transport ». le total après répartition primaire est de 260.000 pour le centretransport et de 168.000 pour le centre entretien.

Solution : 1)

la méthode algébrique donne la réponse à ce problème : Désignons par E le total définitif du centre entretien et par T le total définitif du centre transport.

On a donc un système de deux équation à deux inconnues :

E = 168.000 + 0,10 TT = 260.000 + 0,30 E

Qui a pour solution E = 200.000 et T = 320.000.Soit un coût de :

200.000 / 2.000 = 100 Dhs par heure d’entretien

Et de :

320.000 / 100.000 = 3,20 Dhs par kilomètre.

D’où le tableau suivant :

Centres auxiliaires Transport

Entretien

Centres Principaux

Total après répartition

primaire

Transport

Entretien

Total après répartition

secondaire

Le plan comptable préconise une évaluation de ces transferts croisés àdes taux standard. Ceux-ci peuvent être fondés, par exemple, sur lestaux des périodes précédentes.

On

peut

aussi

recourir

à^

la

méthode

itérative

programmation

linéaire » Exercices 1 : Dans l’entreprise industrielle RICOH, les charges courantes suivantes, enregistrées en comptabilité générales, doivent être considérées comme descharges indirectes pour le calcul des coûts :

  • Matières consommées

:^

  • Locations et charges locatives

:^

  • Primes d’assurance

:^

  • Charges de personnel

:^

  • Impôts et taxes

:^

  • Dotations aux amortissements

:^

Dotations aux provisions

:^

Les charges indirectes sont réparties entre les centres suivants : -^

Prestations connexes,

-^

Ebauchage,

-^

Finissage,

-^

Ventes au détail,

-^

Ventes en gros. Les bases de répartition sont données dans le tableau suivant :

PrestationsConnexes

Ebauchage

Finissage

Ventes au

détail

Ventesen gros

Matières consommées

Locations et charges locatives

Primes d’assurance

Charges depersonnel

Impôts et taxes

Dotations auxamortissements

Dotations aux

provisions

T.A.F. :1. Etablir le tableau d’analyse des charges.2. Calculer le coût des centres de production et de ventes, sachant que le coût du centre prestations connexes se répartit entre les quatre centresprincipaux, à raison de :

- Ebauchage

- Finissage

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

Exercices 4 : Dans l’entreprise industrielle ICOVA, la répartition primaire des charges indirectes donne les totaux suivants pour les centres auxiliaires :

-^

Gestion du personnel : 63.675 ;

-^

Gestion des bâtiments : 20.000. Le centre Gestion du personnel est réparti comme suit : -^

10% pour la gestion des bâtiments ;

-^

90% pour les centres principaux. Le centre Gestion des bâtiments est réparti comme suit : -^

5% pour la gestion du personnel ;

-^

95% pour les centres principaux. T.A.F. :Calculer le coût total des deux centres auxiliaires, compte tenu des prestations reçues.

Exercices 5 : Le service de fabrication de l’entreprise industrielle JEANCO comprend deux ateliers A et B, qui produisent respectivement le pièces P1 et P2, et unatelier de montage et de finition M.

Vous

disposer

des

informations

suivantes

concernant

les

charges

indirectes de janvier 200N :

Fournitures administrative

:^

Autres fournitures

:^

Locations et charges locatives

:^

Primes d’assurance

:^

Impôts et taxes

:^

Charges de personnel

:^

Provisions et amortissements

:^

Il

est

précisé

qu’un

montant

de

Dhs

dans

les

provisions

et

amortissements concerne une provision non incorporable et que l’on estime à43.200 Dhs par an les charges supplétives.

Le tableau d’analyse a été commencé de la manière suivante :

Tableau d’analyse des charges indirectes

Charges par

nature

Totaux

Energie

Transport

Gestion du

matériel

Approvisio-

Nnement

Atelier A

Atelier B

Atelier M

Distribution

Matières consommables

Fournituresadministrative

996

996

662

Autres fournitures

885

Locations et charges locatives

285

285

950

285

Primes d’assurance

Impôts et taxes

600

Charges depersonnel

Unité d’œuvre

1 pièce

1 pièce

1 objet

On envisage d’utiliser les clés de répartition suivantes pour les lignes non encore chiffrées.

Transport

Gestion du

matériel

Approvisio-

Nnement

Atelier A

Atelier B

Atelier M

Distribution

Amortissements

et provisions

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

Charges supplétives

La

répartition

des

centres

auxiliaires

entre

les

autres

centres

se

fait

conformément aux pourcentages ci-après :

Gestion du

matériel

Approvisio-

Nnement

Atelier A

Atelier B

Atelier M

Distribution

Energie

Transport

Gestion du matériel

Pour le mois de janvier 200N, les productions sont les suivantes :Pièce P

Pièce P

Objets terminés : 5.000 T.A.F. :Compléter le tableau d’analyse et calculer le coût des unités d’œuvre des centres de production.

CHAP. 5 : LA TENUE DES COMPTES DE STOCKS

Les marchandises ou matières achetées au cours d’une période ne sont pas forcément toutes immédiatement vendues ou utilisées. Par ailleurs, lorsque lavente est précédée d’une transformation, les produits obtenus ne vont pasforcément tous à la vente, du moins pendant la période où ils ont ététransformés. Que l’activité soit industrielle ou commerciale, l’opération destockage est souvent nécessaire, même dans les entreprises qui travaillent surcommande ou en juste à temps. Dans ces conditions, il importe de suivre, enquantités et en valeur, les entrées et les sorties des différents éléments quiconstituent

les

stocks

de

l’entreprise,

tout

au

long

de

son

processus

d’exploitation, et d’évaluer les existants en fin de période.

1 – Notion d’inventaire permanent Le plan comptable général donne la définition suivante : «

L’inventaire

comptable permanent

est une organisation des comptes de stocks qui, par

l’enregistrement des mouvements, permet de connaître de façon constante, encours d’exercice, les existants chiffrés en quantités et en valeurs. »

Cette notion s’oppose à celle d’inventaire intermittent qui nécessite un examen périodique des stocks pour en connaître le niveau et la valeur. C’est lecas de l’inventaire physique effectué en fin d’exercice pour les besoins de lacomptabilité générale.

Les stocks peuvent être classés en deux catégories : -^

les produits achetés : dans cette catégorie entrent les marchandises, lesmatières premières, les matières et fournitures consommables et lesemballages commerciaux.

-^

Les produits fabriqués : dans cette catégorie on trouve les produitsfinis, les produits intermédiaires et les produits résiduels. 2 – Suivi en valeur dans les comptes de stocks Contrairement

au

suivi

en

quantité

qui

impose

l’établissement

d’un

document ( bon d’entrée et bon de sortie ), le suivi en valeur présentequelques spécificités et différents méthodes d’évaluation.

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

Entrées

Sorties

Stocks

Dates

Libellés

Quantité

Coûtunitaire

Montant

Quantité

Coûtunitaire

Montant

Quantité

Coûtunitaire

Montant

01/

S initial

28,

02/

BE 356

27,

1.0001.

28,527,

28.50041.

05/

BS 561

800

28,

(^200) 1.

28,527,

5.70041.

09/

BS 575

200200

28,527,

5.7005.

27,

10/

BE 389

29,

1.3002.

27,529,

35.75059.

17/

BS 586

27,

(^100) 2.

27,529,

2.75059.

23/

BS 591

100800

27,529,

2.75023.

29,

Total

L’inconvénient de cette méthode est que les coûts suivent avec retard les variations des prix.

•^

Procédé du dernier entré – premier sorti (LIFO) Les sorties sont considérées comme s’effectuant dans l’ordre inverse des entrées.

Exemple d’application : Reprenons notre exemple.

Entrées

Sorties

Stocks

Dates

Libellés

Quantité

Coûtunitaire

Montant

Quantité

Coûtunitaire

Montant

Quantité

Coûtunitaire

Montant

01/

S initial

28,

02/

BE 356

27,

1.0001.

28,527,

28.50041.

05/

BS 561

800

27,

1.000^700

28,527,

28.50019.

09/

BS 575

400

27,

1.000^300

28,527,

28.5008.

10/

BE 389

29,

1.000^300 2.

28,527,529,

28.5008.25059.

17/

BS 586

29,

1.000^300800

28,527,529,

28.5008.25023.

23/

BS 591

800100

29,727,

2.75023.

1.000^200

28,527,

28.5005.

Total

Exercices 1 : Dans

l’entreprise

industrielle

RICOH,

les

mouvements

de

la

matière

première pendant le mois de janvier ont été les suivants :

Date

Libellé

Quantité

Prix unitaire

Stock initial

320 Kg

0,80 Dhs

Bon de sortie n° 1

80 Kg

? Dhs

Bon d’entrée n° 101

120 Kg

0,98 Dhs

Bon de sortie n° 2

100 Kg

? Dhs

Bon de sortie n° 3

80 Kg

? Dhs

Bon d’entrée n° 102

120 Kg

1,06 Dhs

Bon de sortie n° 4

100 Kg

? Dhs

Bon d’entrée n° 103

150 Kg

1,08 Dhs

Bon de sortie n° 5

80 Kg

? Dhs

T.A.F. :Présenter le compte de stock en évaluant les sorties1. au coût moyen unitaire pondéré.2. suivant la méthode du LIFO.3. suivant la méthode du FIFO. Exercices 2 : La Société Industrielle De l’Est «

SIDE » a commencer sont activité le 1

er

janvier avec un stock de matières premières de 2.000 Kg achetées à 5 Dhs leKilogramme.

Un examen des livres comptables et des fiches de stocks des magasins donne les renseignements suivant pour la période qui s’achève au 30 avril :

Achats

Sorties pour fabrication

Date

Quantité

Prix unitaire

Date

Quantité

02 février

1.200 Kg

6,00 Dhs

15 janvier

500 kg

1er

mars

1.320 Kg

8,10 Dhs

31 janvier

700 kg

1er

avril

1.400 Kg

7,05 Dhs

15 février

600 kg

28 février

720 kg

15 mars

600 kg

31 mars

800 kg

15 avril

700 kg

30 avril

700 kg

Arts Graphiques – Module 18 : Comptabilité Analytique

Au 30 avril, le prix des matières premières sur le marché est de 6,50 Dhs le Kilogramme. La société n’a pas encore choisi la méthode pour calculer lavaleur

des

sorties

de

matières

premières,

mais

la

direction

envisage

d’employer l’une des méthodes suivantes :

-^

Coût moyen pondéré des achats avec cumul du stock ;

-^

Premier entré, premier sorti (FIFO) ;

-^

Dernier entré, premier sorti (LIFO). T.A.F. :1. Etablir le compte de stock des matières premières, pour la période considérée, en appliquant chacune des trois méthodes.

2. Sachant que les ventes des quatre mois s’élèvent à 55.000 Dhs et en admettant que ces ventes correspondent à la production de la périodeconsidérée et que les charges autres que les matières s’élèvent à 19.500 Dhs,déterminer l’incidence de chaque méthode de valorisation des sorties sur lebénéfice.

Questions de cours :1.

Comment les entrées des achats en stock sont-elles valorisées? 2.

Comment

les

entrées

des

produits

finis

en

stock

sont-elles

valorisées? 3.

A quoi sert un stock? 4.

Le mode de valorisation des sorties de stock a-t-il une incidence surle résultat de la comptabilité générale? justifier la réponse. 5.

Qu’entend-on

par

« inventaire

permanent »

et

« inventaire

intermittent »? 6.

Donnez des exemples d’entreprises qui ne peuvent pas avoir destocks de produits finis? 7.

Quels sont les avantages et les inconvénients des stocks importants?

CHAP. 6 : LES COUTS DE PRODUCTION

Le

coût

de

production

est

un

coût

obtenu

après

des

opérations

de

transformation pour un produit, d’exécution pour un service. Suivant lesmodalités du processus de fabrication, on peut avoir à calculer plusieurs coûtsde production.

1 – Typologie des coûts de production : L’analyse

des

coûts

constitue

l’une des

principales

fonction de

toute

comptabilité. Mais contrairement à la comptabilité générale qui opère uneseule

analyse

des

charges

(analyse

globale

par

nature),

la

comptabilité

analytique opère plusieurs types d’analyse et à plusieurs niveaux selon lebesoin des gestionnaires.

1.1. Les coûts par stades de production : Le

processus

de

fabrication

d’un

produit

peut

comporter

des

stades

successifs, avec ou sana stockages intermédiaires, de produits semi-finis ousemi-ouvrés dits intermédiaires.

Ces différents stades de fabrication conduisent à calculer successivement : -^

des coûts de production de produits intermédiaires : produits stockésen attendant d’être utilisés pour la fabrication de produits finis oud’autres produits intermédiaires ;

-^

des coûts de production de produits finis : produits ayant subi lesdernières transformations avant la vente. 1.2. Les coûts par types de production : La production de l’entreprise peut

porter sur des séries de produits

identiques ou sur des biens différents les uns des autres souvent fabriqués surcommande. En conséquence, on peut calculer divers coûts de production.

-^

coûts

de

production

par

produit :

si

l’exploitation

porte

sur

des

ensembles de produits identiques, on calcule :

•^

un coût global par type de produit,

-^

un coût unitaire par division du coût global par le nombred’unités.

-^

coût de production par commande : si, au contraire, l’exploitationporte sur des biens différents les uns des autres, on détermine parunité produite des coûts par commande.