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Devoir surveillé n 7 CORRECTION, Lectures de Physique

Si u est un endomorphisme nilpotent d'indice 1, alors u = 0. A. Réduction d'une matrice de M2(C) nilpotente d'indice 2. Dans toute cette sous-partie A, ...

Typologie: Lectures

2021/2022

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Celestine92
Celestine92 🇫🇷

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bg1
MPSI 3 - Fermat Le 13.03.20
2019-2020
Devoir surveill´e n7
CORRECTION
————————————————————–
I. Premiers esultats
0. On a donc u=u1= 0.
eciproquement, si u= 0, alors uest nilpotent d’indice 0(car u0=idE6= 0).
Mais, compte-tenu de la question, il semble que cela ne soit pas demand´e
Remarques !
/1
Si uest un endomorphisme nilpotent d’indice 1, alors u= 0
A. eduction d’une matrice de M2(C)nilpotente d’indice 2
Dans toute cette sous-partie A, on suppose que n= 2.
Soit uun endomorphisme de Enilpotent d’indice p>2.
1. Puisque uest nilpotent d’indice p, alors up16= 0. /1
C’est-`a-dire, exactement : il existe un vecteur xde Etel que up1(x)6= 0.
2. Soient (λk)06k6p1telle que
p1
X
k=0
λkuk(x) = 0.
On suppose que {k[[0, p 1]] |λk6= 0} Nest non vide.
Il existe donc k0[[0, p 1]] tel que k0= min{k[[0, p 1]] |λk6= 0}.
On a donc
p1
X
k=k0
λkuk(x) =
p1
X
k=0
λkuk(x) = 0, car pour tout k < k0,λk= 0.
On compose alors par up1k0(k06p1, donc p1k0>0) :
0 = u(p1k0)(0) = up1k0 p1
X
k=k0
λkuk(x)!=λk0up1(x) +
p1
X
k=k0+1
uk1k0+p(x)
=λk0up1(x) +
p2k0
X
h=0
uh(
=0
z}|{
up(x))
| {z }
h=k1k0
=λk0up1(x)
par lin´earit´e.
Or up1(x)6= 0, donc λk0= 0. Ce qui est absurde.
Donc {k[[0, p 1]] |λk6= 0}=. Ainsi, pour tout k[[0, p 1]], λk= 0. /2
La famille uk(x)06k6p1est libre.
Eest de dimension 2, donc
p= card uk(x)06k6p1=
|{z}
car la famille est libre
rang uk(x)06k6p16dim E62
Et comme par hypoth`ese, p>2 : /1
p= 2.
3. Soit xIm u, il existe aEtel que u(a) = xet donc u(x) = u2(a) = 0 car u2= 0.
Donc xKer u. Ainsi Im uKer u.
On a donc rang (u)6dim Ker u, puis en ajoutant rang u:
2rang (u)6rang (u) + dim Ker u= dim E= 2 rang (u)61
d’apr`es le th´eor`eme du rang et en divisant par 2.
Or rang (u) = 0 u= 0, ce qui est faux. Donc rang (u) = 1,
et toujours par th´eor`eme du rang : dim Ker u= 1.
Comme les deux espaces sont de eme dimension, l’un inclus dans l’autre : /2,5
Ker (u) = Im (u)
pf3
pf4
pf5
pf8
pf9
pfa

Aperçu partiel du texte

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MPSI 3 - Fermat Le 13.03. 2019-

Devoir surveill´e n◦ 7

CORRECTION

I. Premiers r´esultats

  1. On a donc u = u^1 = 0.

R´eciproquement, si u = 0, alors u est nilpotent d’indice 0 (car u^0 = idE 6 = 0). Mais, compte-tenu de la question, il semble que cela ne soit pas demand´e

Remarques!

/ Si u est un endomorphisme nilpotent d’indice 1, alors u = 0

A. R´eduction d’une matrice de M 2 (C) nilpotente d’indice 2 Dans toute cette sous-partie A, on suppose que n = 2. Soit u un endomorphisme de E nilpotent d’indice p > 2.

  1. Puisque u est nilpotent d’indice p, alors up−^1 6 = 0. /

C’est-`a-dire, exactement : il existe un vecteur x de E tel que up−^1 (x) 6 = 0.

  1. Soient (λk) 06 k 6 p− 1 telle que

p∑− 1

k=

λkuk(x) = 0.

On suppose que {k ∈ [[0, p − 1]] | λk 6 = 0} ⊂ N est non vide. Il existe donc k 0 ∈ [[0, p − 1]] tel que k 0 = min{k ∈ [[0, p − 1]] | λk 6 = 0}.

On a donc

p∑− 1

k=k 0

λkuk(x) =

p∑− 1

k=

λkuk(x) = 0, car pour tout k < k 0 , λk = 0.

On compose alors par up−^1 −k^0 (k 0 6 p − 1, donc p − 1 − k 0 > 0) :

0 = u(p−^1 −k^0 )(0) = up−^1 −k^0

( (^) p− 1 ∑

k=k 0

λkuk(x)

= λk 0 up−^1 (x) +

p∑− 1

k=k 0 +

uk−^1 −k^0 +p(x)

= λk 0 up−^1 (x) +

p−∑ 2 −k 0

h=

uh(

= ︷ ︸︸ ︷ up(x)) ︸ ︷︷ ︸ h=k− 1 −k 0

= λk 0 up−^1 (x)

par lin´earit´e. Or up−^1 (x) 6 = 0, donc λk 0 = 0. Ce qui est absurde. Donc {k ∈ [[0, p − 1]] | λk 6 = 0} = ∅. Ainsi, pour tout k ∈ [[0, p − 1]], λk = 0. /

La famille

uk(x)

06 k 6 p− 1 est libre.

E est de dimension 2, donc

p = card

uk(x)

06 k 6 p− 1

︸︷︷︸^ =

car la famille est libre

rang

uk(x)

06 k 6 p− 1 6 dim^ E^6

Et comme par hypoth`ese, p > 2 : / p = 2.

  1. Soit x ∈ Im u, il existe a ∈ E tel que u(a) = x et donc u(x) = u^2 (a) = 0 car u^2 = 0. Donc x ∈ Ker u. Ainsi Im u ⊂ Ker u. On a donc rang (u) 6 dim Ker u, puis en ajoutant rang u :

2rang (u) 6 rang (u) + dim Ker u = dim E = 2 ⇒ rang (u) 6 1

d’apres le th´eoreme du rang et en divisant par 2. Or rang (u) = 0 ⇒ u = 0, ce qui est faux. Donc rang (u) = 1, et toujours par th´eor`eme du rang : dim Ker u = 1. Comme les deux espaces sont de mˆeme dimension, l’un inclus dans l’autre : /2,

Ker (u) = Im (u)

  1. On sait qu’il existe x tel que u(x) 6 = 0. On sait aussi alors que (x, u(x)) libre. C’est donc une base de E. Comme u

u(x)

= u^2 (x) = 0, on a /1,

M(x,u(x)(u) =

= J 2

  1. Montrons d’abord le r´esultat donn´e. On suppose que A =

a b c d

et B =

e f g h

det(AB) = det /

ae + bg af + bh ce + dg cf + dh

= (ae + bg)(cf + dh) − (af + bh)(ce + dg) = aecf + aedh + bgcf + bgdh − af ce − af dg − bhce − bhdg = ad(eh − f g) + bc(gf − eh) = (ad − bc)(eh − f g) = det(A) × det(B)

Consid´erons une matrice M nilpotente, on note u, l’endomorphisme canoniquement associ´e. Alors u est nilpotent.

M(uk) = M k^ = 0

Si l’indice p est 1, u = 0 et M = 0, donc tr(M ) = 0 et det(M ) = 0. Si l’indice p > 2, alors on a vu que p = 2 et il existe B de E telle que MB(u) = J 2. Donc M est semblable `a J 2 : il existe P ∈ GL 2 (C) tel que M = P J 2 P −^1. On a alors det(M ) = det(P J 2 P −^1 ) = det P det J 2 det P −^1 = det P × 0 det(P −^1 ) = 0. et tr(M ) = tr(P J 2 P −^1 ) = tr(P −^1 P J 2 ) = tr(J 2 ) = 0 + 0 = 0. Donc si M ∈ M 2 (C) est nilpotente, alors det(M ) = 0 et tr(M ) = 0. /1, R´eciproquement, supposons que det(M ) = 0 et tr(M ) = 0. Notons M =

a b c d

. Alors

M 2 =

a^2 + bc ab + bd ca + dc cb + d^2

bc − ad 0 0 bc − ad

+(a+d)

a b c d

= − det(M )M +tr(M )I 2 = 0 2

Donc M est nilpotente. /1,

Les matrices nilpotentes de M 2 (C) sont exactement les matrices de trace et d´eterminant nuls.

B - R´eduction d’une matrice de Mn(C) nilpotente d’indice 2 On suppose que n > 3. Soit u un endomorphisme de E nilpotent d’indice 2 et de rang r.

  1. u^2 = 0, donc pour tout y ∈ Im u, il existe x ∈ E tel que y = u(x) et donc u(y) = u^2 (x) = 0, donc y ∈ Ker u. /

Im (u) ⊂ Ker (u)

On a donc, en prenant les dimensions : rang u 6 dim Ker u, en additionnant rang (u). : /

2 r = 2rang (u) 6 dim Ker u + rang (u) = dim(E) = n

d’apres le th´eoreme du rang.

  1. Im u est de dimension r. Il existe f 1 ,... fr ∈ Im u tel que (f 1 , f 2 ,... fr ) base de Im u. Or pour tout i ∈ Nr , fi ∈ Im u, donc il existe ei ∈ E tel que u(ei) = fi.

Soient λ 1 ,... λr , μ 1 ,... μr ∈ C tel que

∑^ r

i=

λiei +

∑^ r

i=

μiu(ei) = 0.

Si l’on compose par u :

∑^ r

i=

λiu(ei) +

∑^ r

i=

μiu^2 (ei) = u(0) = 0.

Or u^2 (ei) = 0 car u^2 = 0.

Donc

∑^ r

i=

λiu(ei) =

∑^ r

i=

λifi = 0 ainsi ∀ i ∈ Nr , λi = 0, car (f 1 ,... fr ) libre.

Puis,

∑^ r

i=

λiei +

∑^ r

i=

μiu(ei) =

∑^ r

i=

μiu(ei) = 0.

Pour les mˆemes raisons que pr´ec´edemment : pour tout i ∈ Nr , μi = 0. Ainsi, la famille

e 1 , u(e 1 ), e 2 , u(e 2 ),... , er , u(er )

est libre.

  1. Soit A, une matrice triangulaire de Mn(C) a diagonale nulle. Sans perte de g´en´eralit´e, on suppose que A est triangulaire sup´erieure. Sinon, on considere AT^. Posons, pour tout k ∈ N∗^ :

Pk :  ∀ i, j ∈ Nn, i > j − k + 1 =⇒i^ [Ak]j = 0 

— Par d´efinition de A, tous les coefficients sous la diagonale (inclus) sont nuls. Donc si i > j = j − 1 + 1, i[A]j = 0. Donc P 1 est vraie. — Soit k ∈ N∗. On suppose que Pk est vraie. Soient i, j ∈ Nn et i > j − (k + 1) + 1 = j − k i.e. j 6 i + k

i[Ak+1] j =

∑^ n

h=

i[Ak] h ×^ h[A] j =

∑^ j−^1

h=

i[Ak] h ×^ h[A] j +

∑^ n

h=j

i[Ak] h ×^ h[A] j

Or

  • si h > j, h[A]j = 0, donc

∑^ n

h=j

i[Ak] h ×^ h[A] j = 0

  • si h 6 j − 1, alors h 6 i + k − 1, donc i > h − k + 1 et donc d’apr`es Pn : i[Ak]h = 0,

Ainsi

j∑− 1

h=

i[Ak] h ×^ h[A] j = 0

Ainsi, si i > j − (k + 1) + 1, i[Ak+1]j = 0. Donc Pk+1 est vraie. Alors, comme pour tout i, j ∈ Nn, i − j > n − 1, i[An]j = 0. /

Une matrice triangulaire de Mn(C) `a diagonale nulle est nilpotente

On peut aussi faire la d´emonstration avec u, l’endomorphisme canoniquement associ´e (avec l’espace E = Cn et la base canonique). C’est assez classique

Remarques!

  1. Soit P = QXp^ ∈ C[X], un polynˆome (quelconque) multiple de Xp. Alors P (A) = Q(A) × Ap^ = Q(A) × 0 = 0. /

Si A est nilpotente d’indice p, alors pour tout Q polynˆome de C[X], QXp^ est annulateur de A.

R´eciproquement. On suppose que P est un polynˆome annulateur de A nilpotente d’indice p.

  1. Soit X ∈ Ker A, alors, en notant P =

∑^ d

k=

akXk,

0 = 0 × X = P (A) × X = (

∑^ d

k=

akAk)X = a 0 X +

∑^ d

k=

akAk−^1 × AX ︸︷︷︸ =

 (^) = a 0 · X = P (0) · X

Par ailleurs A n’´etant pas inversible, sinon, Ap^ le serait, Ker A 6 = ∅. On peut donc consid´erer X 6 = 0. Donc n´ecessairement : a 0 = P (0) = 0. /

Ainsi 0 est racine de P.

Autre m´ethode : Supposons que P ∧ Xp^ = 1. D’apres le th´eoreme de B´ezout, il existe U, V ∈ C[X] tels que U Xp^ + V P = 1. En appliquant en A : U (A)Ap^ + V (A)P (A) = In. Or Ap^ = P (A) = 0, on a donc 0 = In. Absurde. Donc P ∧ Xp^6 = 1. Comme (P ∧ Xp)|Xp, n´ecessairement il existe a( 6 p) tel que Xa^ = P ∧ Xp^ et donc X|Xa|P.

Remarques!

  1. Comme Q(0) 6 = 0 alors Q ∧ Xp^ = 1. Donc d’apr`es B´ezout : il existe U, V ∈ C[X] tel que U Q + V Xp^ = 1 En composant en A : U (A) × Q(A) + V (A)Ap^ = In = U (A) × Q(A)

car Ap^ = 0. /2, Donc Q(A) est inversible. Son inverse est un polynˆome en A

On a alors P (A) = 0 = AmQ(A). En multipliant par U (A) `a droite : Am^ = 0. Et donc par d´efinition de p, m > p. /

P = Xp^ × (Xm−pQ), donc P est un multiple de Xp.

  1. En faisant la synth`ese des deux questions pr´ec´edentes : /1,

{T ∈ C[X] | T (A) = 0} = XpC[X]

D. Racines carr´ees de matrices nilpotentes On se propose d’´etudier l’existence et les valeurs de racines carr´ees ´eventuelles de matrices nilpotentes.

On note A =

 (^) et u l’endomorphisme de C^3 canoniquement associ´e `a A.

  1. C’est imm´ediat, tr(A) = 0. On remarque que C 2 (A) = 3C 1 (A) et C 3 (A) = − 7 C 1 (A). Donc rg(A) 6 1. Par ailleurs, C 1 (A) 6 = 0, donc rg(A) > 1. /

tr(A) = 0 et rg(A) = 1

A^2 = 0, / A est nilpotente ; son indice de nilpotence vaut 2.

  1. Prenons la colonne X =

. On a alors Y = AX =

 (^) et AY = A^2 X = 0.

Puis avec Z =

, on a AZ = 0.

Enfin, notons que (X, Y, Z) est une famille libre donc une base de M 3 , 1 (C).

Soit P =

 (^) = (X|Y |Z). Par blocs on a :

A × P = (AX|AY |AZ) = (Y, 0 , 0) = (X|Y |Z) ×

 (^) = P × diag(J 2 , J 1 )

Comme P est inversible : /

A est semblable `a la matrice diag(J 2 , J 1 ).

On cherche a d´eterminer l’ensemble des matrices R ∈ M 3 (C) telles que R^2 = A. On note ρ l’endomorphisme canoniquement associ´ea R.

  1. Notons que R^2 = A, donc AR = R^2 × R = R^3 = R × R^2 = RA Donc R et A commutent, donc /

u et ρ commutent

  1. Soit x ∈ Ker u. u (ρ(x)) = (u ◦ ρ)(x) = (ρ ◦ u)(x) = ρ (u(x)) = ρ(0) = 0 Donc ρ(x) ∈ Ker u. Ainsi Ker u est stable par ρ. Soit y ∈ Im u. Il existe a ∈ E tel que y = u(a) ρ(y) = ρ (u(a)) = (ρ ◦ u)(a) = (u ◦ ρ)(a) = u (ρ(a)). Donc ρ(y) ∈ Im u. Ainsi Im u est stable par ρ. /

Im (u) et Ker (u) sont stables par ρ

Par ailleurs, ρ^4 = (ρ^2 )^2 = u^2 = 0 / ρ est nilpotent.

(b) Soit n > 3. Soit p = 2, on a bien 2p − 1 = 3 > n. Soit V = diag(J 2 , On− 2 ). V 2 = diag(J 22 , On− 2 ) = diag(O 2 , On− 2 ) = 0. Donc V est nilpotente d’indice p = 2.

Puis en suivant la r´eponse 5., on prend la matrice (β = γ = 1), W = diag

 (^) , On− 3

on trouve

W 2 = diag

2 , On− 3

 = diag(J 2 , On− 2 ) =^ V

/ Pour toute valeur de n > 3, V = diag(J 2 , On− 2 ) est nilpotente d’indice 2 et admet une racine carr´ee.

II. G´en´eralisations et applications

On cherche dans cette partie `a g´en´eraliser les r´esultats des sous-parties I.A et I.B.

A - R´eduction des matrices nilpotentes On suppose n > 2. Soit u un endomorphisme de E nilpotent d’indice p > 2.

  1. Soit y ∈ Im u. u(y) ∈ Im u, donc n´ecessairement /0,

Im (u) est stable par u.

On note ˜u : Im u → Im u, x 7 → u(x). Alors pour tout x ∈ Im u, il existe a ∈ E tel que u(a) = x. u˜p−^1 (x) = up−^1 (x) = up(a) = 0. Donc u est nilpotent d’indice 6 p − 1. Par ailleurs, il existe x tel que up−^1 (x) 6 = 0, car up−^1 6 = 0. Et donc ˜up−^2 (u(x)) 6 = 0 et u(x) ∈ Im u. Donc l’indice de ˜u > p − 2. /1,

L’endomorphisme induit par u sur Im (u) est nilpotent, d’indice de nilpotence ´egale `a p − 1.

  1. Pour tout vecteur x non nul de E, on note Cu(x) l’espace vectoriel engendr´e par les

uk(x)

k∈N. On rappelle que up^ = 0. Donc Cu(x) = vect

x, u(x),... up−^1 (x)

Soit a ∈ Cu(x). Il existe a 0 , a 1 ,... ap− 1 tel que a =

p∑− 1

k=

akuk(x).

Donc u(a) =

p∑− 1

k=

akuk+1(x) ∈ Cu(x).

{k | uk(x) = 0} ⊂ N, non vide (il contient p) donc admet un plus petit ´el´ement : s(x). On a alors, n´ecessairement, pour tout k > s(x), uk(x) = uk−s(x)(us(x)(x)) = 0. /1,

Cu(x) est stable par u et il existe un plus petit entier s(x) > 1 tel que us(x)(x) = 0.

  1. Nous avons vu que Cu(x) = vect

x, u(x),... up−^1 (x)

Or pour tout k ∈ [[s(x), p − 1]], uk(x) = 0. Donc

x,... , us(x)−^1 (x)

est g´en´eratrice de Cu(x).

Par ailleurs, supposons

s( ∑x)− 1

k=

λkuk(x) = 0.

Supposons que {k ∈ [[0, s(x) − 1]] | λk 6 = 0} est non vide. Il admet un plus petit ´el´ement K.

Alors

s( ∑x)− 1

k=K

λkuk(x) = 0.

En composant par us(x)−K−^1 , on trouve λK us(x)−^1 (x) +

s( ∑x)− 1

k=K+

λk · 0 = 0.

Or λK 6 = 0K et us(x)−^1 6 = 0E. Impossible. Donc {k ∈ [[0, s(x) − 1]] | λk 6 = 0} = ∅. Et la famille

x, u(x),... , us(x)−^1 (x)

est libre. / ( x, u(x),... , us(x)−^1 (x)

est une base de Cu(x)

Le calcul est imm´ediat : /

La matrice, dans cette base, de l’endomorphisme induit par u sur Cu(x) est Js(x).

  1. On fait la d´emonstration par r´ecurrence, comme indiqu´e. Posons pour tout p ∈ N∗, /0,

Qp : Si u est nilpotente d’indice p sur E, il existe x 1 ,... , xt de E tels que E =

⊕^ t

i=

Cu(xi). 

— Pour p = 1, on consid`ere u nilpotent d’indice 1. Alors u = 0. En prenant une base quelconque de E : (e 1 ,... en), on trouve, pour tout i ∈ Nn : Cu(ei) = {ei} car u(ei) = 0. Ainsi E =

⊕n i=1 Cu(ei). Donc Q 1 est vraie. / — Soit p ∈ [[1, n − 1]]. Supposons que Qp est vraie. Soit u, nilpotente d’indice p + 1. Im u est stable par u. On note ˜u : Im u → Im u, x 7 → u(x). Alors ˜u est lin´eaire. Pour tout x = u(a) ∈ Im u, ˜up(x) = up(x) = up+1(a) = 0 car up+1^ = 0. Par ailleurs, il existe b ∈ E tel que up(b) 6 = 0, donc ˜up−^1 (u(b)) 6 = 0. Ainsi, ˜u est nilpotente d’indice p. On peut donc appliquer Pp. Et donc il existe x 1 ,... xt ∈ Im u tel que Im u =

⊕t i=1 Cu˜(xi). Or pour tout i ∈ Nt, il existe ai ∈ E tel que xi = u(ai) et par suite

Cu(ai) = {uk(ai); k ∈ N} = {ai, xi, u(xi).. .} = vect

{ai} ∪ Cu˜(xi)

= vect(ai) + C˜u(xi)

Or cette somme est directe car une base de Cu(ai) est (ai, u(ai),... us(ai)−^1 (ai) ︸ ︷︷ ︸ g´en´erateurs de Cu˜(xi)

Donc Cu(ai) = vect(ai) ⊕ Cu˜(xi) Soit, pour tout i ∈ Nt yi ∈ Cu(ai) tel que

∑^ t

i=

yi = 0.

Alors

∑^ t

i=

u(yi) = u(0) = 0. Or chaque u(yi) ∈ Cu˜(xi),

donc comme la somme est directe : pour tout i ∈ Nt, u(yi) = 0. yi ∈ Ker u ∩ Cu(ai).

Puis yi =

s( ∑ai)− 1

k=

λkuk(ai), donc u(yi) = 0 =

s( ∑ai)− 1

k=

λk− 1 uk(ai).

Or la famille (ai, u(ai),... us(ai)−^1 (ai)) est libre, donc pour tout k 6 s(ai) − 1, λk− 1 = 0. Par cons´equent yi = λs(ai)− 1 us(ai)−^1 (ai) ∈ C˜u(xi). Or, `a nouveau la somme

⊕t i=1 C˜u(xi) est directe, donc^ ∀^ i^ ∈^ Nt,^ yi^ = 0. On a donc la somme directe

⊕t i=1 Cu(ai). Egalement, pour tout i ∈ Nt, us(ai)−^1 (ai) 6 = 0 et u(us(ai)−^1 (ai)) = us(ai)−^1 (ai) = 0. Donc us(ai)−^1 (ai) ∈ Ker u. On applique le th´eoreme de la base incomplete, comme dim(Ker u) = n − r, il existe n − r − t vecteurs at+1,... an−r tels que (us(a^1 )−^1 (a 1 ),... , us(at)−^1 (at), at+1,... an−r ) soit une base de Ker u. Pour tout i > t + 1, Cu(ai) = {ai} (car u(ai) = 0). Puis, comme pr´ec´edemment, la somme est directe :

⊕n−r i=1 Cu(ai). En effet : n∑−r

i=

yi = 0 ⇒

∑^ t

i=

u(yi) + 0 = 0 ⇒ u(yi) = 0 ⇒ yi ∈ vect

us(ai)−^1 (ai)

Or la famille (us(a^1 )−^1 (a 1 ),... , us(at)−^1 (at), at+1,... an−r ) est libre donc pour tout i, yi = 0. Et par ailleurs, (sommes directes)

dim

⊕n−r i=1 Cu(ai)^ =

n∑−r

i=

dim(Cu(ai)) =

∑^ t

i=

(1 + dim(Cu˜(xi)) +

n∑−r

t+

1 = t +

∑^ t

i=

dim(Cu˜(xi)) + n − r − t

= n − r + dim(⊕ti=1Cu˜(xi)) = n − r + dim(Im u) = n = dim(E)

Donc E =

⊕n−r i=1 Cu(ai). Donc^ Pp+1^ est vraie.^ /3,

Si u est nilpotente d’indice p, il existe des vecteurs x 1 ,... , xt de E tels que E =

⊕^ t

i=

Cu(xi).

car si i ∈ Λj− 1 \ Λj , alors αi > j − 1, et αi < j, donc αi = j − 1. On a donc par d´efinition de Λj = {i ∈ Nk| αi ≥ j}, /

dj est ´egal au nombre de blocs Jα dont la taille α est sup´erieure ou ´egale `a j.

  1. Le nombre de blocs Jα est ´egale au nombre de blocs dont la taille est sup´erieure ou ´egale a 1. Il est donc ´egala d 1 = rg(u^0 ) − rg(u^1 ) = rg(id) − rg(u) = n − r /1,

k = n − r

  1. On note ∆j = {i ∈ Nk | αi = j} On a la r´eunion disjointe : ∆j

Λj+1 = Λj , donc

card(∆j ) + card(Λj+1) = card(Λj ) ⇒ card(∆j ) = card(Λj ) − card(Λj− 1 ) = dj − dj+

/ card(∆j ) = dj − dj+1 = rg(uj−^1 ) − 2rg(uj^ ) + rg(uj+1)

C’est le nombre de blocs Jαi de taille exactement ´egale `a j.

  1. N´ecessairement, σ et σ′^ ont toute deux k = n − r termes. Puis n´ecessairement, il y a autant de blocs de taille j pour tout j. Enfin, les blocs ´etant rang´es par ordre d´ecroissants : /

σ = σ′

  1. A chaque matrice nilpotente, on peut associer une unique partition σ de n tel que M est semblable `a Nσ. Il y a donc au plus autant de matrices nilpotentes non semblables que card(Γn). R´eciproquement, pour deux permutations distinctes, on obtient deux matrices non semblables, /

Le cardinal maximal d’un ensemble de matrices nilpotentes, toutes de mˆeme taille n, telles qu’il n’y ait pas dans cet ensemble deux matrices semblables est card(Γn)

C - Applications

  1. Soient A la matrice

et u l’endomorphisme canoniquement associ´e `a

A.

On note que, par r´eduction li´ee :

Im (A) = vect

C 1 (A), C 2 (A), C 3 (A), C 4 (A), C 5 (A)

= vect

C 2 (A), C 4 (A), C 5 (A)

Or cette derni`ere famille est libre donc r = rg(A) = 3. Egalement :

A^2 =

A^3 =

Ainsi p = 3, indice de nilpotence de A. D’apres la question B.6., il y a donc n − r = 5 − 3 = 2 blocsa determiner. D’apr`es la question B.3., le premier bloc est de taille 3. Le second est n´ecessairement de taille 2, pour qu’on puisse avoir une partition de 5. /

On a σ = (3, 2) et Nσ = diag(J 3 , J 2 )

  1. Soit M ∈ Mn(C) nilpotente. On note u l’endomorphisme canoniquement associ´e. Alors, d’apres II.A.5., il existe une base B′, t ∈ N α 1 ,... αt tels que MB′ = diag(Jα 1 ,... Jαt ). Donc M est semblablea M := diag(Jα 1 ,... Jαt ). Et donc 2M est semblable avec 2M et M T^ semblable `a M

T . Supposons que B′^ = (e′ 1 ,... e′ n).

Notons B′′^ = (e′ 1 , 12 e′ 2... (^2) n^1 − 1 e′ n) = (f 1 ,... fn). Alors B′′^ est une famille libre maximale de E, donc c’en est une base.

u(fi) = u(

2 i−^1

e′ i) =

2 i−^1

u(e′ i) =

0 si u(e′ i) = 0 1 2 i−^1 e

′ i+1 = 2^

1 2 i^ ei+1^ = 2f^ (fi+1)^ sinon

Donc MB′′ (u) = 2MB′ (u) = 2M. Donc M est semblable avec 2M , elle mˆeme semblable avec 2M. /

Par transitivit´e : M est semblable avec 2M.

Consid´erons maintenant la base

B(3)^ =

eα 1 , eα 1 − 1 ,... e 1 , eα 2 +α 1 ,... eα 1 +1, · · · , en,... eα 1 +···+αt− 1 +

= (g 1 ,... gn)

(On inverse l’ordre des vecteurs par paquets de Cu(xi).) Alors pour i ∈ Nt, M(eα 1 +···+αi ,eα 1 +···+α 1 − 1 ,...eα 1 +···+αi− 1 +1)(u|Cu(xi)) = JαTi. Et donc par blocs : MB(3) (u) = M T . Ainsi M est semblable a M T , elle mˆeme semblablea M T^. /

Par transitivit´e : M est semblable avec M T^.