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Dissertation sur : "la coutume écrite est-elle encore une coutume?"
Typologie: Exercices
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Dissertation TD Histoire des sources La coutume écrite est-t-elle encore une coutume? « Une coutume bien ancienne est à bon droit tenue pour loi ». La coutume est l’une des principales sources du droit. Elle ne doit pas être confondue avec l’usage dont elle est la verbalisation. Ce terme provient de l’empereur Justinien dans ses écrits. Elle peut être orale ou écrite. Lorsqu’elle est orale, elle constitue un réel problème de preuves alors que lorsqu’elle est écrite dans des recueils, il n’existe plus ce problème-là. Elle est caractérisée par sa durée, son caractère général et l’acceptation du peuple. Dans ce cas- là, la coutume peut être qualifiée de « droit populaire ». Au milieu du XIIème siècle, avec la renaissance de la culture écrite, les coutumes commencent à être mises par écrit. Cette rédaction prend des formes différentes au Nord et au Sud du royaume de France. Cependant, à partir du XIIIème siècle, la rédaction de coutumes prend des réelles formes écrites. En effet, elles sont mises par écrit dans des recueils depuis l’ordonnance de Montil-Lès-Tours de 1453, elles sont publiées aussi dans Les coutumes de Beauvaisis de Beaumanoir en 1283 et d’autres encore. S’intéresser aux coutumes et à leurs mises par écrit permet d’en apprendre plus sur leur provenance et sur les différents avis qu’elles génèrent. Cela permet aussi de voir les différentes étapes de sa création jusqu’à aujourd’hui et surtout de pouvoir comparer la définition de la coutume au Moyen-Age à celle de l’époque contemporaine. Les coutumes, une fois mises par écrit, gardent-t-elles la même valeur que les coutumes orales? Nous pourrions penser que la coutume écrite possède la même valeur que la coutume orale grâce à sa rédaction officielle dans des recueils coutumiers (I) mais cette coutume rédigée se dénaturalise en ayant pour gardien le roi et non plus le peuple et en prenant ses caractéristiques dans d’autres sources du droit (II). I- L’officialisation des coutumes grâce à l’écrit Les coutumes ont commencé à être mises par écrit au XIIème siècle sous différentes formes au Sud et au Nord du royaume (A) puis sont devenues davantage officielles lors de la publication de recueils coutumiers à partir du XIIIème siècle (B). A) Les premières coutumes mises par écrit au XIIème siècle A partir du milieu de XIIème siècle, la coutume commence à être mise par écrit afin de la rendre plus officielle et de pouvoir la prouver en justice. Cependant, cette mise par écrit des coutumes se fait de différentes formes entre le Nord et le Sud du royaume. Au Nord, vers la fin du XIIème siècle, apparaissent des recueils de coutumes appelés
« coutumiers » tels que le Très ancien Coutumier de Normandie. Au Sud, la mise par écrit des coutumes est contrôlée par les seigneurs sous la forme de statuts urbains. Cette rédaction a pour objectif de moderniser et de rendre plus officiel les coutumes. Ces derniers sont donc directement applicables en justice. Les premières coutumes écrites sont l’œuvre de particuliers ou de professionnels. Les auteurs coutumiers ont tenté de maitriser ces coutumes. On peut distinguer les coutumes des statuts urbains qui sont des règles particulières, on parle aussi de charte de franchise. L’enjeu de l’écrit c’est le connaitre et de pouvoir le revendiquer. La coutume s’écrit en marge du développement du droit savant et n’est pas étudié dans les universités. Ces coutumiers sont des œuvres privées, elles ne font donc pas foi en justice. Il y a donc une nécessité de preuve de ces coutumes. Elles peuvent être qualifiées de notoire lorsqu’elles ne font pas l’objet de discussion et que c’est au juge de connaitre leur notoriété. Mais, elles peuvent être privées et dans ce cas-là, c’est la partie qui l’invoque qui doit fournir la preuve de la coutume. Cette preuve de la coutume peut se faire soit par un appel à témoins ou grâce à l’enquête par turbe qui va se faire à partir du XIIIème siècle. Ces coutumes écrites sont donc l’œuvre de particuliers qui ont juste pour objectif de mettre en avant les coutumes plus anciennes, dites orales. Leur mise par écrit dans différents recueils a permis aux coutumes de devenir davantage officielles. B) La coutume écrite : son homologation via des recueils à partir du XIIIème siècle En effet, la rédaction des coutumes à travers des recueils a permis son homologation. Tout d’abord, nous pouvons prendre comme exemple le livre Justice et de Plaid qui a été publié par un anonyme vers 1260. Pour lui, la coutume est comparable à la loi, plus précisément, la loi romaine. Il perçoit donc la force juridique de la coutume. Il dit que la coutume n’est pas le fruit d’un pouvoir souverain mais plutôt sur l’acceptation du peuple. De plus, il y a une autre référence très importante qui permet de comprendre sur quoi reposaient les coutumes : les coutumes de Beauvaisis de Philippe de Beaumanoir écrit en 1283. C’est un recueil de coutumes où il y a un véritable traité de droits coutumiers. Il évoque les bienfaits de la rédaction et dit que l’écrit permet de fixer la règle pour l’avenir. Beaumanoir exprime aussi la faiblesse des coutumes lorsqu’elles ne sont pas énoncées formellement et donc que c’est un atout pour celles-ci d’être écrites quelque part. Les coutumes écrites permettent donc d’officialiser les coutumes qui étaient simplement orales. Elles sont la finalité de ce que sont les coutumes non- rédigées. Cependant, leur rédaction peut être qualifiée de dénaturée car ces coutumes ne sont plus les coutumes anciennes, elles prennent leur source dans d’autres sources de droit et n’ont plus comme gardien le peuple, mais le roi. II- La coutume rédigée : une coutume dénaturée
notamment car elle a changé de nature juridique et a pris plusieurs caractéristiques des autres sources du droit.